mercredi 9 février 2022

Liturgie de la Parole, 5e mercredi TO

 (Isabelle)

Introduction

La première lecture du jour (1 R 10, 1-10) est magnifique ! Un vrai film hollywoodien se déroule devant nos yeux : La Reine de Saba rend visite à Salomon avec toute son escorte et tous ses présents. Elle lui pose des énigmes pour éprouver son intelligence et sa sagesse - malheureusement, on ne nous dit pas lesquelles. « Tu surpasses en sagesse et en magnificence la renommée qui était venue jusqu’à moi ! Béni soit le Seigneur qui t’a montré sa bienveillance en te plaçant sur le trône d’Israël ». Et elle s’en retourne dans son royaume, impressionnée.

 Nous entendrons la suite du chapitre 7 de l’Evangile de Marc qui, hier, nous donnait une bonne entrée en matière sur ce qui va nous interpeller aujourd’hui. Rappelez-vous : aux pharisiens et aux scribes qui l’interrogeaient parce que les disciples prenaient leur repas avec des mains impures, Jésus citait Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. ». Le Christ ajoutait, à l’adresse des pharisiens : « Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes ». L’évangile se poursuit aujourd’hui, en donnant la raison de l’impureté de l’homme : « Tout ce mal vient du dedans de lui-même ! ».  Pas de l’extérieur !

 Avant de méditer cette Parole de Dieu, entrons en prière avec le chant des psaumes.

 

Méditation (Mc 7, 14-23)

« Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur ». « Le mal vient du dedans de lui-même ».

Le Christ était juif. Il connaissait bien les prescriptions de la Torah (« mitzvot ») qu’il fallait suivre pour être pur et accéder Dieu ! Les plus connues sont les 10 commandements, bien sûr. Et il y a 603 autres prescriptions positives (« tu feras ») et négatives (« tu ne feras pas »), parmi lesquelles les ablutions rituelles, les incompatibilités alimentaires et les obligations culinaires un peu surprenantes que les juifs connaissent encore aujourd’hui. Jésus pratiquait sans doute avec assiduité ces prescriptions depuis qu’il était petit.

On a entendu hier que certains disciples négligeaient les ablutions rituelles ; cela gênait beaucoup les pharisiens car tout le système était basé sur l’obéissance à ces règles d’inspiration divine. Elles garantissaient la pureté du juif car impur, « contaminé », « mélangé », il ne pouvait prétendre à rencontrer Dieu. Etaient « impurs chroniques » les lépreux et les étrangers. Des infréquentables, des intouchables. Tous les hommes n’auraient donc pas accès à l’expérience de Dieu ? A sa miséricorde ? A la communauté des croyants ? A cause de sa naissance ? Ou faute de pratiques rituelles ? Aujourd’hui, pour la plupart de nos contemporains, c’est impensable - quoique … ! Pour le Christ, c’était inacceptable de limiter l’accès à son Père ! « Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. », disait-il aux pharisiens.

Dans cet évangile, nous voyons Jésus clarifier les choses et ouvrir des perspectives pour tous. Il s’exprime face à la foule, composée sans doute de toutes sortes de personnes, pures et impures. Il rejette, ou en tout cas minimise, les règles de purification instituées. Il insiste sur ce qui empêche vraiment la rencontre avec le Seigneur : l’homme lui-même, avec ses « pensées perverses » qui empêchent la relation vraie avec les autres, avec soi-même et avec Dieu. Jean Cassien le redisait autrement, avec peut-être des mots plus proches de notre vécu quotidien que « vol, meurtre, adultère, débauche, etc.». Je cite : « Ne connaître ni l’envie, ni la colère ; n’agir point par frivolité ; ne pas chercher son intérêt propre ; ne tenir point compte du mal ; et le reste : n’est-ce pas offrir continuellement à Dieu un cœur parfait et très pur, et le garder intact de tout mouvement de la passion ». Cela ressemble bien aux instruments de l’art spirituel de la Règle (RB, ch. IV, 22-31).

 Le Christ met en effet en avant, indirectement d’accord, l’essence même de la chrétienté : la pureté du cœur de l’homme comme seul critère d’accès au divin. Le cœur. Je cite ici le pape François aux JMJ en 2015 : « le cœur, le centre des sentiments, des pensées, et des intentions de la personne humaine, le résumé de l’être humain dans sa totalité et dans son unité de corps et d’âme, dans sa capacité d’aimer et d’être aimé. Dieu ne regarde pas les apparences, mais le cœur (1S 16, 7) ;  on peut dire que c’est à partir de notre cœur que nous pouvons voir Dieu et dialoguer avec lui.  Chacun doit ainsi apprendre à discerner ce qui peut polluer son cœur, se former une conscience droite et sensible, capable de « discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait (Rm 12, 2) ».  Anselm Grün parle de « se fondre en Dieu ». J’aime bien l’expression. « Une écologie humaine qui nous aide à respirer l’air pur qui vient des belles choses, de l’amour vrai, de la sainteté ». Pureté du cœur. Calme intérieur.

 Rabbi Simlaï, contemporain d’Origène au IIIe siècle, affirmait qu’Amos (Amos 5:4) avait réduit les mitzvot, ces innombrables commandements de la Torah, à un seul : « Cherchez moi, et vous vivrez ». Quel beau résumé ! C’est la base de la vie en Dieu, pour tout homme ! C’est la base de la vie monastique ! Un travail permanent de conversion, de purification intérieure par la réconciliation avec soi-même et avec les autres.

Jésus, dans cet évangile, nous dit-il autre chose ?

Oraison

Dieu notre Père, aide-nous à être « les gardiens de notre cœur et de nos passions » (Evagre le Pontique), à descendre au fond de notre réalité, à la transformer en prière et à trouver ce lieu de paix dans lequel tu demeures en nous et nous en toi. Nous te le demandons, par Jésus Christ, ton fils notre Seigneur.

 

mardi 8 février 2022

Liturgie de la Parole, 5e mardi, TO

 (Sr Marie Raphaël)

 Ouverture

Hymne : « Dieu s’est préparé une demeure ». J’ai choisi cette hymne à cause de la première lecture : la dédicace du Temple de Jérusalem (suite de la lecture d’hier). Salomon n’est pas dupe : ce n’est pas le temple qui lui permettra d’enfermer Dieu dans un lieu circonscrit.

À quoi sert le temple ? Avant tout pour les hommes : c’est une maison de prière. Même si on peut prier Dieu partout, il est bon d’avoir des lieux réservés à cela : ça aide, ça donne une dimension plus concrète et physique à la prière. Et le lieu finit par s’imprégner de ce qui s’y passe. Comme ici, pour nous, maintenant : nous avons la chance d’avoir une si belle église ! Souvent, les hôtes me disent qu’ils sentent l’énergie particulière de ce lieu. Pour moi, la psalmodie elle-même est comme un lieu, un écrin pour la prière. L’acte de psalmodier est comparable à celui de construire une maison de prière. À l’intérieur de cette maison, le cri du cœur de l’homme trouve un espace pour s’épancher. En chantant les psaumes, ce midi, édifions la maison de notre prière.

Résonances

Salomon a hérité de son père David un grand royaume en paix. Que fait-on pour occuper ses troupes quand on est roi et qu’on n’a plus de guerre à mener ? Par exemple : construire un temple, mobiliser la population autour d’un projet commun qui prendra son temps, qui sera grandiose. Et qui servira l’unité du pays, qui servira le contrôle du roi sur ses sujets, jusque dans leur vie religieuse. Vraiment, c’est un roi sage que Salomon. Une sagesse qui est aussi une habilité politique et stratégique. Quand on parcourt, dans le premier livre des Rois, les chapitres consacrés à la construction du temple, jusqu’à l’apothéose de sa dédicace, on se rend bien compte que le temple est pour Salomon un instrument pour étaler aux yeux du monde sa puissance, sa richesse, son prestige. C’est plus à la gloire de Salomon qu’à la gloire de Dieu ! Et il est habile quand il va jusqu’à remettre Dieu à sa place dans le ciel en disant : « Est-ce que vraiment Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison que j’ai bâtie ! »

Le temple de Jérusalem restera un signe ambigu tout au long de l’histoire d’Israël. Les prophètes dénonceront le culte hypocrite qui s’y joue. Le temple sera détruit au moment de l’exil et les prophètes montreront combien cela n’empêchera pas Dieu de demeurer présent au milieu de son peuple. La reconstruction du temple après l’exil mobilisera les énergies, mais là encore, pas sans ambiguïtés. Puis le temple sera profané par Antiochos Epiphane à l’époque des Séleucides, ce qui justifiera la guerre sainte menée par Judas Maccabée. Hérode enfin, reconstruira le troisième temple pour asseoir son prestige aux yeux des Romains et consolider son contrôle sur la caste des prêtres… C’est ce temple-là que Jésus a connu. Jésus respecte le temple, il en fait un lieu de son enseignement et il observe ce qui s’y passe. Surtout, il redonne à ce lieu sa véritable vocation : « maison de prière ». Ce qu’il dénonce, à la manière des prophètes, c’est le ritualisme creux, la commercialisation de la piété, la récupération du sacré à des fins économiques ou politiques.

Salomon, dans sa prière, rappelle que Dieu a dit du temple : « C’est ici que sera mon Nom ». Je trouve que c’est la plus belle définition. Le temple est le lieu où Dieu fait habiter son Nom, sa présence. Et nous savons que le nom de Dieu est vie, dynamisme, un nom insaisissable, le verbe « être » toujours en devenir. Or, Jésus est celui qui incarne parfaitement ce nom : il est « Dieu-avec-nous » en personne. Plus besoin de temple si nous avons le Christ. Il y a ici bien plus que Salomon !

Prière

Seigneur, en cette maison de prière, nous invoquons ton Nom. Accueille l’offrande de notre prière et viens manifester ta présence au cœur de l’humanité qui se tourne vers toi avec confiance.

lundi 7 février 2022

Liturgie de la Parole, 5e lundi TO

 (Rosy)

 Introduction

Nous voici aujourd’hui en présence de textes relativement connus.

Cependant, le fait de les lire en parallèle les éclaire d’une lumière nouvelle et nous en permet la re-découverte.

Il me semble qu’en se faisant mutuellement écho, ces deux textes nous posent la question :

« Où est Dieu ? » et donc « Qui est Dieu ? » 

Il n’y a pas de question plus fondamentale et c’est avec elle que je nous propose d’écouter les lectures. Nous les accueillerons après le chant des psaumes.

 Commentaire

Le livre des Rois nous raconte un jour exceptionnel, unique, décisif : celui de l’installation de l’Arche d’Alliance dans le Temple que Salomon a enfin réussi à construire.

C’est une maison somptueuse, comme il le dit lui-même. Une maison où Dieu « demeurera pour toujours », mais seul, enfermé en quelque sorte.

L’évangile de Marc nous décrit au contraire un jour banal fait du quotidien de Jésus.

Lui est sorti – avec ses disciples – et il parcourt toute la région ; il se rend dans les villages, les villes et leurs places, les campagnes… On ne lui connaît pas de maison personnelle et nous savons « qu’il n’a pas où reposer la tête. » Avec Salomon, on passe de la Tente (de la Rencontre) au temple, mais Jésus n’a même pas de tente…

 Lors de l’installation de l’Arche, tout est somptueux, tout est à la gloire d’un Dieu, depuis la construction (avec le cèdre, le bronze…) jusqu’aux trésors « de la Maison du Seigneur » et ceux « de la Maison du Roi », avec tous les objets sacrés.

Dans l’Arche, c’est le vide – à part les tables de la Loi ; Dieu est là, mais inaccessible.

L’Arche (Dieu) est entourée de tous les notables, les « grands » ; une incise – supprimée dans notre passage – répète « ce sont les prêtres et les lévites qui firent monter l’arche ».

Rassurons-nous donc, aucune main profane ne s’est approchée de l’Arche et des trésors !

 Et Jésus ? Il est aussi entouré, mais par les malades et les infirmes. Par les « petits » : il se laisse approcher et même toucher !

A Sion, il y eu tant de sacrifices qu’on ne pouvait les dénombrer. La joie y est exubérante mais si Dieu y est présent, c’est à l’ombre de la nuée, une nuée qui a accompagné Israël durant son exode, signe de la fidélité de Dieu.

Jésus est le seul « agneau » non pas sacrifié mais qui s’offre lui-même. Non pour la gloire d’un dieu, mais pour sauver les hommes. La joie y est peut-être plus discrète, et pourtant Dieu est bien là, et Jésus est tout donné, sans distance.

Voilà donc deux visages de Dieu, tout en contraste, en opposition. Mais tous deux peuvent nous éclairer.

 Le Livre des Rois nous rappelle la gloire de Dieu, sa transcendance, sa fidélité. Dieu qui guide et accompagne son peuple, notamment dans les aventures de l’Arche que rappelle le psaume.

Les tables de pierre – comme le redit le texte -  « y ont été placées par Moïse au mont Horeb, quand le Seigneur avait conclu alliance avec les fils d’Israël, à leur sortie de l’Égypte ».

Un Dieu donc auquel nous pouvons rendre hommage, car il est digne de notre reconnaissance, de notre adoration. Notre prière est alors liturgie d’un peuple qui rend gloire à son Dieu.

 L’évangile, en Jésus, nous révèle le même Dieu, mais en son visage de père, en sa fraternité, sa tendresse, sa compassion. Jésus, plus proche que nous n’osons l’espérer, plus grand que nous ne pouvons l’imaginer. Il nous laisse dans l’émerveillement. Notre prière est alors dialogue secret avec un Dieu qui nous aime personnellement.

Tournons-nous vers lui avec un cœur confiant, un cœur aimant.

 Notre Père

Jésus est venu nous révéler le Père. Prions-le pour que vienne son Règne, mais demandons-lui aussi le pain de ce jour. Tournons-nous ensemble vers notre père.

 Oraison

Seigneur Jésus, ta venue parmi ton peuple a été préparée durant des millénaires.

Ta fidélité s’est manifestée à travers tout.

Mais c’est en toi que nous avons enfin découvert la proximité de notre Dieu.

Donne-nous d’avancer toujours sur cette voie et de découvrir de plus en plus ta présence auprès de nous.

Nous te le demandons avec confiance, toi qui vis avec le Père et l’Esprit, aujourd’hui et pour toujours.


vendredi 4 février 2022

Liturgie de la Parole, 4e Vendredi TO

Liturgie de la Parole 4e vendredi TO-II Marc 6, 14-29 ; Ben Sira 47, 2-11

 (SMJn Noville)

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

La liturgie propose deux textes.

Dans chacun d’eux, un homme est mis en évidence.

Cet homme est bénéficiaire d’une « mise à part » : David, dans le livre de Ben Sira ; Jean le Baptiste, dans l’évangile de Marc.

Mais quels sont les traits de ces deux hommes ?

En quoi sont-ils mis à part ?

« Il invoqua le Seigneur Très-Haut qui a mis dans sa main la vigueur pour supprimer le puissant guerrier et pour exalter la force de son peuple »

La force de David, c’est de s’être « laissé faire », de permettre à Dieu de passer par Lui pour déployer sa force.

Bien plus, « dans tout ce qu’il a fait, il a célébré la louange du Saint, du Très-Haut, en proclamant sa gloire »

Quant à Jean le Baptiste, l’histoire sordide qui le mena à la mort laisse poindre le trait qui caractérise sa mise à part : « Jean lui disait : ‘Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère’ »

Sa mise à part, c’est la parole qu’il prononce au nom de la justice de Dieu.

Comme David, Jean le Baptiste laisse la place à Dieu et ici, à Sa Parole…

Dans le sillage de ces deux hommes éminents, nous pouvons nous poser la question : en quoi nous concerne cette « mise à part » ?

Ecoutons les lectures du jour et recueillons du Seigneur la Parole qu’Il nous destine aujourd’hui…

 

Méditation

« Mis à part ».

Dans le Premier Testament, la « mise à part » visait le retranchement de la meilleure part de l’animal sacrifié à Dieu.

De même, la tribu de Lévi bénéficie de cette « mise à part » : « Parmi les fils d’Israël, tu mettras à part les lévites, et les lévites seront à moi » (Nb 8, 14)

Et puis, le peuple d’Israël, « mis à part » pour appartenir à Dieu : « Soyez saints pour moi, car moi, le Seigneur, je suis saint, et je vous ai mis à part d’entre les peuples pour que vous soyez à moi » (Lv 20, 26)

Dans le Second Testament, Paul revendiquera cette « mise à part » pour sa mission : « Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes… » (Gal 1, 15-16)

Les lectures du jour présentent deux « mises à part » : David, dans le Premier Testament ; Jean le Baptiste, dans le Second.

Toutes ces « mises à part » relèvent du registre de la sacralité.

Dans une opposition entre « sacré » et « profane ».

Avec la venue de Jésus, ce registre est balayé, au profit de celui de « sainteté ».

Tous « saints », tous appelés à la sainteté, selon l’exhortation apostolique du pape François[1].

Dès lors, ne sommes-nous pas tous « mis à part » ?

Par notre baptême, nous avons été mandatés, envoyés, missionnés.

 Prenons un temps de silence pour laisser résonner en nous ce terme de « mise à part », de « sainteté », pour en sentir les implications et en percevoir les exigences.

Et laissons-nous renouveler dans notre vocation, aujourd’hui…

L’Esprit-Saint nous appelle ! Dieu compte sur nous !

Et laissons-nous rejoindre par cette parole de Madeleine Delbrêl :

« L’appel du Christ reste le même pour les chrétiens du monde entier et de tous les temps. Mais chacun est interpellé là où il est, au jour qu’il est, dans sa vie et dans sa peau »

 

Temps de silence

 

Notre Père

Avec Jésus, redisons la prière des enfants de Dieu…

 

Oraison

Seigneur, comme tu le fis pour David et Jean le Baptiste, tu nous mets à part et nous confies une mission. Tu nous appelles à la Sainteté, tu nous revêts de la force de ton Esprit et tu nous envoies... Accorde-nous d’être enracinés dans ta Parole, celle qui nous créa et nous recrée aujourd’hui, afin que nous chantions avec le psalmiste : « Notre Dieu a des chemins sans reproche, la parole du Seigneur est sans alliage, il est un bouclier pour qui s’abrite en lui ». Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

 

Bénédiction

Que le Seigneur, qui nous a mis à part parce qu’Il nous aime, nous bénisse et nous garde…

jeudi 3 février 2022

Liturgie de la Parole, 4e jeudi TO

Liturgie de la Parole 4e jeudi TO-II Marc  6, 7-13 ; 1 Rois 2, 1-4.10-12

(Danièle)

 Saint Anschaire, ou Oscar, originaire de Picardie, évêque de Hambourg, puis en même temps de Brême en Saxe. D'abord moine bénédictin, il fut envoyé par le pape Grégoire IV comme légat pour toute l'Europe du Nord. Il annonça l'Évangile à une multitude de peuples au Danemark et en Suède et y établit l'Église du Christ, malgré bien des difficultés qu'il surmonta de grand cœur, jusqu'à ce que, épuisé par ses travaux, il trouve le repos à Brême, en 865.

Introduction

 Dans le premier livre des Rois, David sent venir sa mort prochaine alors il exprime ses volontés à son fils Salomon, il lui confie une mission. « Sois fort, marche dans les chemins du Seigneur, respecte les commandements  et la loi de Moïse »

Dans l’Évangile de Marc, Jésus, sentant peut-être aussi sa mort prochaine, envoie également ses disciples en mission, sans bagage, sans nourriture mais avec le don de guérir les malades.

En juillet, j'ai commenté ici, le même Évangile, l'envoi des disciples, Évangile selon saint Mathieu, mais l’Évangile est tellement riche, je ne pense pas qu'aujourd'hui soit une répétition, je découvre d'autres paroles...

Un dimanche, j'avais expliqué cet Évangile aux enfants. Ils avaient fabriqué une petite valise vide. Le célébrant Charles Delhez, en les voyant revenir après l'homélie, leur demande qu'y a t-il dans votre valise ? « Rien » disent les enfants.

« Comment « rien », mais elle est pleine votre valise, elle est remplie de l'amour de Dieu »... Deux versions différentes...

Avant d'écouter la Parole, chantons les psaumes.

 Après l’Évangile  

 « Ne prenez rien pour la route » . Ce matin, avant de partir, je vérifie, mes clefs, ma carte de banque, mon téléphone... etc. Jésus nous invite à faire confiance. Nous sommes témoins d'un beau message, d'une bonne nouvelle, d'une grande joie. Nous avons été baptisé(e)s, nous sommes donc toutes des prophètes. Attention de ne pas dire « mes idées sont les meilleures, je sais ce qui est juste... », ce ne serait pas annoncer la bonne nouvelle.

Ce que nous devons témoigner, c'est d'une grande espérance. Je suis aimée de Dieu, nous sommes tous et toutes aimé(e)s de Dieu, Il est au milieu de nous, ressuscité et il veut nous ressusciter avec lui... Quelle bonne nouvelle ! On n'a rien à craindre.

Partir en mission ne veut pas dire partir loin. On peut être témoin dans notre famille, notre entourage. Et si ils n'écoutent pas ? … Jésus ne demande pas que ça marche, il ne dit pas ce qu'on doit dire mais il explique ce que l'on doit faire. Secouer la poussière des pieds, laisser derrière nous, la résistance, l'antipathie.

-       annoncer le Royaume : ça demande une façon différente de vivre ma vie. Ne rien prendre pour la route, un montagnard disait « l'ennemi de l'homme, c'est le poids », Jésus nous veut libres et légèr(e)s, sûres de l'amour de Dieu et fortes de sa Parole. « Les vagabonds de l’Évangile portaient une richesse folle. Il fallait qu'ils n'aient rien pour qu'on voie  qu'ils avaient tout. A leur contact, tout changeait, ils étaient des guérisseurs du monde... » (6)

-       « Chasser les esprits impurs, ça veut dire, aider les personnes seules et sans défense à se libérer de la peur. Ça veut dire aussi nous libérer du matérialisme qui tue la vie de famille, ça veut dire lutter contre tous nos esclavages »  (1)

-       « nous avons tous besoin d'être guéris parce que nous avons tous des maladies spirituelles mais nous avons tous aussi la possibilité de guérir les autres... Un beau métier de nous guérir entre nous. Je guéris un autre et je me laisse guérir par l'autre, c'est cela une communauté chrétienne.(2)

Les apôtres ont dû être surpris. Je m'imagine avec eux, contente de partir en voyage, deux par deux (petite communauté), préparant ma valise. Au lieu de cela, il faut partir sans bagage, sans nourriture, sans compte en banque, sans voiture, avec seulement un bâton pour s'appuyer mais en comptant sur une richesse, la puissance de la grâce de Dieu. Le royaume de Dieu n'est pas dans l'abondance, il est surtout  dans la pauvreté, la simplicité, le partage avec ceux qui sont dans le besoin...

Voilà les apôtres en route, envoyés pour annoncer le royaume, la paix de Dieu est avec eux, ils ont le pouvoir de la répandre sur tous ceux qui l'accueilleront. « Nous aussi, choisis par le Christ, nous sommes envoyés pour annoncer le Royaume, pour répandre la paix autour de nous et pour soigner les blessés de la vie »(3)

La vie fraternelle est déjà un symbole de l'amour « voyez comme ils s'aiment », disaient les gens au sujet des premiers chrétiens … (4)

Nous sommes toutes et tous des envoyé(e)s, tous sans aucune exception. Contemplons celui qui nous envoie. Il s'offre pour chacun(e) afin de transfigurer chacun de nos frères et sœurs.

Le début de notre mission, c'est notre profond amour de Dieu, nous devons nous réjouir et partir témoigner de cette joie. (5)

Invitation au Notre Père

 Avec notre valise remplie de l'amour de Dieu, prions le Père avec les mots appris par Jésus

 Prière finale

 Sois béni Dieu ! tu nous envoies sur les chemins en toute confiance,

Sois béni Dieu ! tu fais de nous tes fils et tes filles tendrement aimés,

Sois béni Dieu ! Tu nous permets de partager ton amour dans l'amitié et l'affection,

Sois béni Dieu ! Tu nous envoies ton Esprit pour éclairer nos pas,

Sois béni Dieu ! Tu donnes sens à nos existences et nous donnes de vivre dès aujourd'hui des moments au goût d'éternité,

Sois béni Dieu ! Tu nous permets de faire de notre vie une succession de morts et de résurrections continuelles qui nous acheminent vers la Résurrection définitive en Jésus. (6)

Aujourd'hui, tu nous envoies, aide-nous à faire les bons choix !

Nous te le demandons à toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles !

 

(1) Père Yvon Michel (Canada)

(2)  Pape François, 7 février 2019

 (3) Jésuites d'Irlande, moment sacré

(4) Père Yvon Michel (Canada)

(5) Chanoine Roland Jaquenoud- Abbaye de Saint Maurice

(6) Homélie Abbé Gillet