dimanche 4 octobre 2026

Liturgie 27e dimanche A Matthieu 21, 33-43 ; Isaïe 5, 1-7 ; Philippiens 4, 6-9 800 ans de la mort de St François

Homélie

Il y a une différence assez simple entre être propriétaire et être responsable. Quand quelque chose nous appartient, nous pouvons parfois nous dire : « J’en fais ce que je veux. » Mais quand quelqu’un nous confie quelque chose, notre première question devient plutôt : « Comment vais-je en prendre soin ? » C’est précisément cette différence qui traverse les lectures d’aujourd’hui.

Jésus parle d’une vigne. Le propriétaire l’a préparée avec soin : il l’a plantée, entourée, protégée, équipée. Puis il la confie à des vignerons. Il ne leur demande pas de l’inventer. Il leur demande de la faire fructifier. Et le drame commence lorsqu’ils oublient une chose essentielle : la vigne ne leur appartient pas.

Cette parabole parle évidemment d’Israël et de son histoire avec Dieu. Mais elle parle aussi de nous. Car qu’est-ce qui nous appartient vraiment ? Notre vie ? Nous ne nous sommes pas donnés la vie. Nos enfants ? Ils nous sont confiés, mais ils ne nous appartiennent pas. Notre maison, notre travail, nos talents, notre temps ? Nous pouvons les gérer, les développer, les organiser… mais nous n’en sommes jamais les propriétaires absolus. Et il en va de même de cette terre sur laquelle nous vivons.

C’est l’un des grands accents de Laudato si’. Le pape François écrit : « Tout est lié ». Et il ajoute que la protection de la nature est « inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres » Voilà pourquoi la sauvegarde de la création n’est pas une question marginale pour un chrétien. Elle touche à notre manière de comprendre le don de Dieu. Si la terre est un don, elle n’est pas une réserve dans laquelle nous pouvons simplement nous servir. Si elle est une maison commune, alors nous avons des devoirs envers ceux qui y vivent aujourd’hui, mais aussi envers ceux qui y vivront demain.

Et c’est ici que saint François d’Assise devient particulièrement lumineux. François ne regardait pas la création comme une collection de choses. Il parlait du soleil comme d’un frère, de la lune comme d’une sœur, de l’eau comme d’une sœur. Pourquoi ? Parce qu’il avait retrouvé quelque chose que nous perdons facilement : le regard émerveillé de celui qui reçoit au lieu de celui qui possède.

Le pape François écrit dans Laudato si’ que saint François « vivait avec simplicité et dans une merveilleuse harmonie avec Dieu, avec les autres, avec la nature et avec lui-même ». Et il ajoute que, chez lui, « la préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres, l’engagement pour la société et la paix intérieure » sont inséparables.

 C’est important. Saint François n’est pas seulement le saint des petits oiseaux et des paysages bucoliques ! Il est le saint d’une fraternité qui embrasse Dieu, les hommes et toute la création. Car Jésus nous oblige à aller encore plus loin. Les vignerons maltraitent les serviteurs et finalement le fils. Quand on oublie que le monde est un don, on finit facilement par considérer aussi les autres comme des choses utilisables. C’est pourquoi François nous apprend une conversion du regard : ne plus dire seulement « c’est à moi », mais « cela m’est confié ».

 Et cela vaut pour la planète comme pour une personne âgée, pour un enfant, pour un conjoint, pour un collègue, pour un pauvre, pour celui qui nous dérange. La vigne de Dieu, c’est aussi notre vie. Et Dieu nous demandera un jour non pas combien nous avons possédé, accumulé ou contrôlé, mais quel fruit nous avons fait porter à ce qui nous avait été confié.

 Saint François nous apprend alors une belle manière de vivre : recevoir avec gratitude, utiliser avec sobriété, partager avec justice, et rendre grâce. Peut-être qu’en cette fin du mois de prière pour la sauvegarde de la création, nous pouvons simplement garder cette question dans notre cœur : Seigneur, qu’as-tu placé entre mes mains ? Et quel fruit attends-tu de moi ?

 Car nous ne sommes pas propriétaires de la vigne. Nous en sommes les gardiens.

Pierre Hannosset le 4 octobre 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/27eme-dimanche-du-temps-de-leglise.html

Liturgie 27e dimanche A Matthieu 21, 33-43 ; Isaïe 5, 1-7 ; Philippiens 4, 6-9

Homélie

Frères et sœurs,

Manifestement, Jésus connaît bien son petit Isaïe : une vigne, un pressoir, une tour de garde, le début de la parabole reprend exactement les mêmes éléments que le début du chant du bien-aimé à sa Vigne chez Isaïe. Et les grands-prêtres et les anciens du peuple auxquels Jésus s’adresse ont la référence eux aussi. Ils savent que l’image de la vigne et ce que le maître de la vigne f         ait à sa vigne a pour but de faire comprendre pourquoi le peuple d’Israël se retrouve en exil à Babylone, temple détruit, loin de leur pays, en terre étrangère.

Le maître a pris soin de sa vigne, comme le Seigneur de l’univers a pris soin de son peuple Israël, il y a mis toute son énergie et tout son cœur. Et voilà que cette vigne donne de mauvais fruits malgré tous les soins qui lui ont été consacrés. Alors, le maître, déçu, change d’attitude. Au lieu de prendre soin, il abandonne et retire sa protection à sa vigne, en sorte que les animaux sauvages y viennent, la piétinent et le dévorent et qu’il ne reste à la place que pente désolée, couverte d’épines et de ronces. Image de ce que le prophète a vu se produire pour Jérusalem et Israël et tentative de comprendre comment tout cela, destruction et exil, a pu se passer.

Voilà ce que les grands-prêtres ont en tête quand Jésus commence sa parabole. Mais, Jésus, très vite, change les termes de l’histoire. Le point crucial n’est plus la qualité des fruits produits par la vigne, bons ou mauvais, mais le comportement des vignerons qui doivent prendre soin de la vigne et à qui le maître, le propriétaire, a confié son exploitation.

Difficile pour les grands-prêtres de ne pas se sentir visés, eux qui ont la charge d’être les porte-parole et les intermédiaires de Dieu pour leur peuple, eux à qui est confié le soin du peuple d’Israël de la part de Dieu, le soin de la vigne de Dieu de la part de son propriétaire.

Et que se passe-t-il ? Dans la parabole, le maître envoie des serviteurs pour recevoir les fruits de la vigne et ils sont tués, puis il en envoie d’autres, plus nombreux, qui sont aussi tués, puis enfin, il envoie son fils lui-même, en personne, qui subit le même sort. Que va faire le maître ?

Remarquez que Jésus ne répond pas lui-même à cette question. Il la pose à ses interlocuteurs, aux grands-prêtres à qui il parle, et c’est eux qui répondent : « les misérables, il les fera périr misérablement, et il louera sa vigne à d’autres vignerons ».

Est-ce là le dernier mot de l’histoire ? Jésus valide-t-il la réponse des grands-prêtes, ? Pas totalement. Car si, d’un côté, il leur dit, en effet, « le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits », de l’autre, dans la bouche de Jésus, pas question de faire périr misérablement quiconque. Au contraire, Jésus cite le psaume « la pierre qu’on rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle », comme pour annoncer que, dans la réalité, contrairement à la parabole, le meurtre du Fils ne sera pas le mot de la fin, et que la vigne pourra encore donner du fruit, cultivée par de bons vignerons, lorsque la pierre d’angle, le Christ, sera à sa place.

Il y a là une sorte d’avertissement et d’appel à tous ceux qui sont les vignerons d’une vigne qui leur est confiée. Vont-ils s’approprier les fruits de la vigne, vont-ils l’utiliser à leur propre profit, s’en faire les maîtres et seigneurs ? Ou vont-ils au contraire la cultiver pour que ses fruits soient rendus à qui de droit, pour que ses fruits aillent au juste destinataire ?

Si Jésus raconte cela aux prêtres et aux docteurs de la loi, c’est en espérant leur faire réaliser qu’il s’agit d’eux-mêmes, comme lorsque Nathan fait prononcer à David une parole de justice avant de lui dire : « cet homme, c’est toi » et de provoquer son repentir et sa conversion.

Si seulement les grands-prêtres s’étaient rendu compte qu’ils s’apprêtaient eux-mêmes à tuer le fils du propriétaire de la vigne qui leur était confiée, la conversion et le Royaume de Dieu leur auraient été tout proches. Hélas, ils ne l’ont pas compris. Mais heureusement, Dieu n’a pas agit avec eux, ni avec personne, selon leur propre justice. Avec la pierre rejetée, il a fait la pierre d’angle, la pierre angulaire, Jésus ressuscité, Jésus sauveur, et la vie est à nouveau possible. Et les vignerons misérables ne périssent pas misérablement mais reçoivent une nouvelle chance. Tel est le véritable maître de la vigne, tel est véritablement, notre Dieu. Amen.

Père Paul Malvaux, jésuite, Hurtebise le 4 octobre 26


samedi 3 octobre 2026

Liturgie de la Parole 26e samedi TO -II Luc 10, 17-24 ; Job 42, 1…17

Introduction

Nous voici convoqués, rassemblés par le Seigneur autour de sa Parole. Nous sommes en communion avec toute l’Eglise, répandue à travers le monde, répandue aussi à travers les temps. Ainsi aujourd’hui, nous faisons mémoire du bienheureux Columba Marmion, un abbé de Maredsous, qui par ses ouvrages (le Christ vie de l’âme, le Christ idéal du moine) a contribué à former toute une génération de moines, de prêtres, de chrétiens. Ainsi pour célébrer et vivre notre foi, nous ne sommes pas seuls !

Souvent la liturgie nous invite avec insistance à l’écoute ! mais aujourd’hui elle nous interroge aussi sur le regard : Comment regardes-tu ? que regardes-tu ? souvent, nous insistons en présentant la foi pour dire que la foi n’est pas vision, mais aujourd’hui, je voudrais attirer votre attention sur le regard nouveau auquel nous invitent les textes de la liturgie du jour. Job a affronté longuement Dieu, il l’a fait, dit-il, parce qu’il ne connaissait Dieu que par ouï dire, mais maintenant il se rétracte, car ses yeux ont vu. Le Psaume demande que le visage de Dieu s’illumine pour son serviteur. Enfin, l’évangile va nous parler aussi de ce que Jésus voit, de ce que les disciples voient. Alors entrons non seulement dans l’écoute de la Parole, mais aussi dans ce qu’elle ouvre à nos regards !

 

Après l’évangile

Alors qu’avez-vous vu ? il est bon de demander au Seigneur d’ouvrir nos regards, que nous puissions entrer en cette béatitude qui achevait la proclamation de l’Evangile : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! de quel regard s’agit-il ?

Lorsque Job se rétracte de ses paroles virulentes, contre Dieu, il déclare en traduction Chouraqui : je t’avais entendu à ouïe d’oreille, et maintenant mon œil t’a vu. Et Chouraqui commente : Il n’est de pénétration que par le pouvoir de la vision contemplative. Il ne suffit pas d’entendre le Seigneur, d’écouter sa parole, ou même de pratiquer ses ordres. L’essentiel se situe dans le regard, la vision de l’être contemplé face à face. Et il poursuit :  Job peut se rétracter sans se renier parce que désormais, sa vision l’a rendu à lui-même, dans la conscience pacifiée de son néant. Désormais il accepte dans la joie de n’être que poussière et cendre. Et n’est-ce pas cela que nous sommes appelés à vivre, chaque fois que nous nous rassemblons pour vivre un temps de prière ? chaque fois que nous partageons la Parole ? il s’agit de passer de la simple vue du texte, à son écoute, pour que notre regard s’ouvre sur la profondeur. Et ce même chemin s’illumine dans l’Evangile que nous venons de recevoir :

Tandis que les apôtres étaient en mission, Jésus voyait Satan tomber du ciel. Non point d’une vision physique, mais bien d’une vision toute contemplative, spirituelle. Vision contemplative, qui n’en est pas moins réelle. Et qui le fait exulter de joie. Les apôtres racontant le succès de leur mission, se situent à l’opposé de Job, qui a dû traverser la misère pour parvenir à la vision juste ! à la parole juste avec Dieu. Les apôtres eux, ont fait une expérience positive : ils ont vu le succès. Mais Jésus les interpelle : ce n’est pas tant le succès qui doit vous réjouir, que le fait que vos noms sont inscrits dans les cieux.

Ainsi, que l’on traverse l’épreuve comme Job, ou que l’on traverse le succès comme les apôtres, il s’agit d’avoir le regard ajusté, un regard contemplatif qui souvent naît dans la ténèbre, qui par-delà les apparences découvre la profondeur : ton nom est inscrit dans les cieux, ton nom est inscrit dans le cœur de Dieu, tu as ta place dans le cœur de Dieu. Seul le regard intérieur peut s’ouvrir à cette réalité, Job en fait l’expérience, Jésus en témoigne dans l’évangile. Et il exulte sous l’action de l’Esprit, bénissant le Père, pour la révélation faite aux petits (et ce n’est pas de la poésie, les petits ce ne sont pas des enfants joufflus, cajolés, dorlotés… les petits ce sont les méprisés, les rejetés, les oubliés. Job vient d’en faire l’expérience, et il recouvre une vie nouvelle, et dans son élan nomme ses filles : Colombe (annonce de l’Esprit ?) Fleur de Cannelle (qui entre dans la composition de l’huile d’onction du Messie, du Christ) Cornet à fard, ou autrement dit « ombre du regard ». N’a-t-il pas fait l’expérience d’un regard qui s’illumine dans l’ombre, dans la petitesse ?

Oui, Jésus exulte dans l’Esprit : je te bénis Père, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume. Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez.  

 

Introduction au Notre Père

Seigneur Jésus, dans l’Esprit tu as exulté, découvrant la manifestation du Royaume aux tout petits. Avec toi, nous nous tournons vers le Père, …

 

Prière conclusive

Père, par la grâce de ton Esprit, tu invites notre humanité à partager la profondeur de ta vie. Nous t’en prions, clarifie notre regard, tourne-le vers l’intérieur, là où tu révèles ta présence, alors nous vivrons ensemble ton évangile, pour ta joie, et celle de tous nos frères et sœurs.

Sr Myrèse le 3 octobre 2020

vendredi 2 octobre 2026

Liturgie de la Parole 2 octobre anges gardiens Matthieu 18, 1-5.10 ; Exode 23, 20-23a ; Psaume 90 (Lectures propres)

Introduction

Nous voici rassemblés, en communauté, en Église.

En ce 2 octobre, nous fêtons la mémoire des Anges gardiens.

Comme vous vous en doutez, cette fête ne remonte pas à la haute Antiquité !

Si le culte des anges gardiens collectifs (patrons de villes, de corps de métiers et de corporations) se développe à la fin du 14e siècle, la fête des anges gardiens personnels n’est instituée par le pape Paul V qu’en 1608.

Et un tel culte peut poser question, lorsqu’on lit un verset de la lettre aux Colossiens, où saint Paul met en garde contre le culte des anges :

« … La réalité, c’est le Christ. Ne vous laissez pas frustrer de votre récompense par ceux qui veulent vous humilier par un culte des anges et qui s’évadent dans des visions et se laissent vainement gonfler d’orgueil par des idées purement humaines » (2, 17-18)

Certes, une telle fête remporte un certain succès à notre époque : l’idée d’un ange qui accompagne chacun, de sa naissance à la vie dans l’au-delà, qui guide, protège et conseille, peut séduire. Sans compter les sites qui proposent de trouver son ange gardien…

 

Si cette mémoire est inscrite en notre calendrier liturgique, c’est que le Seigneur a quelque chose de neuf à nous dire !

D’ailleurs, les lectures du 2 octobre sont choisies en fonction de la fête…

Que nous dit l’Évangile ?

Il nous confronte à une question des disciples :

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Cette question peut nous interpeler, en notre époque où la grandeur ne cesse d’être mise en évidence, en termes de succès, de beauté, de performance…

Laissons-nous toucher par la Parole de Dieu.

Et, en priant les psaumes au nom des hommes et femmes de notre monde, recevons déjà la confidence qu’Il nous adresse : « Je vais envoyer un ange devant toi… »

 

Méditation

La question des disciples vise un certain contexte :

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Ils perçoivent bien que la grandeur humaine et la grandeur selon le projet de Dieu ne reçoivent pas nécessairement le même contenu…

Pour répondre à cette question, « Jésus appelle un petit enfant (et) le place au milieu d’eux »

Mais ne confondons pas : il ne s’agit pas de l’enfant-roi de notre 21e siècle !

Le portrait de l’enfant de l’Antiquité est tout différent : il doit servir les grands, n’a pas la parole et doit obéir en tout.

Comme le dit Paul dans la Lettre aux Galates :

« Tant que l’héritier est un petit enfant, il ne diffère en rien d’un esclave… » (4, 1)

Par sa réponse, Jésus situe la vraie grandeur et ouvre l’accès du Royaume :

« changer pour devenir comme les enfants… se faire petit comme cet enfant »

Retrouver la voie de l’enfance – on fêtait hier Ste Thérèse de Lisieux ! -.

Vivre sa vie dans la simplicité, l’humilité, la confiance.

Voilà la vraie grandeur.

Tel est celui qui a de l’importance aux yeux de Dieu et dans son Royaume.

Et, à cette vraie grandeur, Jésus associe une autre dimension :

« Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi »

 

Ce propos de Jésus dévoile le message qui est au cœur de la fête de ce jour.

L’humilité de nos chemins d’hommes, l’accueil que nous réservons aux petits attire la Providence de Dieu, sa proximité, sa protection, sa sollicitude :

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits… leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux »

Invitation à choisir la vraie grandeur, à revisiter notre accueil des plus petits, à relire notre vie, pour en faire un chemin d’accès au Royaume de Dieu.

Sur ce chemin, gardons confiance !

Par le psalmiste, Dieu nous exprime une promesse :

« Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure : Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins »

 Temps de silence

Notre Père

Avec les petits de notre monde qui nous appellent à la fraternité, adressons notre prière à Notre Père…

Oraison

Dieu notre Père, en cette fête des anges gardiens, nous avons perçu combien tu te fais proche des petits, des humbles ; et de nous-mêmes, lorsque nous choisissons le chemin de la simplicité, de l’humilité, de la confiance. Inspire-nous un comportement, des paroles, qui s’accordent à la vraie grandeur, celle qui nous ouvrira ton Royaume. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils Ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

Sr Marie-Jean le 2 octobre 2021

jeudi 1 octobre 2026

Liturgie de la Parole 26e jeudi TO-II Luc 10, 1-12 ; Job 19, 21-27

Résonnances

Les lectures de ce jour nous invitent à faire dialoguer sainte Thérèse de Lisieux, Job, le psalmiste, Jésus et ses disciples… et saint François d’Assise ! Pourquoi saint François ? Vous le verrez !

En ce 1er octobre, nous faisons mémoire de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui « voulait tout », parce qu’elle ne voulait pas devoir choisir… On en connaît d’autres comme ça… Mais du coup, elle est devenue, au plus secret de sa vie contemplative, patronne des missionnaires. Et cela tombe bien, en ce 1er octobre, qui inaugure le mois de la Mission. En plus, l’évangile que nous venons d’entendre ne pouvait pas mieux tomber ! Voilà donc déjà un premier lien.

Mais quel lien voyons-nous entre sainte Thérèse et Job ? L’extrait du livre de Job que nous venons d’entendre est célèbre, car il est souvent lu en lien avec la foi en la résurrection. « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair, je verrai Dieu ». Quelle foi ! Quel sursaut d’espérance que ces paroles de Job, par ailleurs si doué pour la plainte, la lamentation, les reproches… En réalité, le texte hébreu ici est difficile à traduire, et rien ne montre qu’il s’agit de la foi en la résurrection. Mais ce que ce passage laisse émerger, c’est une relation toute particulière de Job avec son Dieu. Un Dieu dont l’image ne correspond pas aux conceptions qu’on en a généralement. Un Dieu qu’il espère un jour pouvoir rencontrer face à face pour lui demander et lui rendre des comptes. D’où la dernière phrase : « Je le verrai, moi, en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger ».

Regarder, chercher la face de Dieu, c’est aussi l’espérance du psalmiste qui dit, dans le psaume 26 : « Mon cœur m’a redit ta parole : ‘cherchez ma face’. C’est ta face, Seigneur, que je cherche ; ne me cache pas ta face ! » Chercher la face de Dieu : quel immense désir ! C’est ici que nous nous souvenons que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a voulu qu’on l’appelle aussi « et de la Sainte Face » …

Regarder Dieu en face… C’est aussi ce qu’a fait François d’Assise, tant et si bien qu’il en est devenu aveugle. Par l’intensité de sa vie et par la simplicité de son message, il a beaucoup d’affinités avec sainte Thérèse. Mais pourquoi parler de lui aujourd’hui ? Cette année, nous fêtons le 8ème centenaire de sa mort : grand jubilé… qui tombera dimanche… et que du coup, nous ne fêterons pas… Alors, j’anticipe, d’autant plus que l’évangile du jour m’y invite fortement.

Saint François, au moment de sa conversion, cherchait intensément à savoir ce que Dieu voulait de lui : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » D’abord, il a compris que Dieu lui disait : « répare mon église », mais il l’a pris au sens matériel, et il s’est mis à réparer la petite église Saint Damien, qui tombait en ruines… en utilisant notamment l’argent de son père… au grand dam de celui-ci ! Ensuite, quand le petit groupe de frères a commencé à s’étoffer, il s’est posé à nouveau la même question. Il se trouvait dans l’église de la Portioncule. Il a ouvert le livre des évangiles, qui se trouvait là, et par hasard, il est tombé sur l’extrait que nous venons d’entendre (Luc 10). Pour lui, ce fut une révélation ! Voilà ce que Dieu lui demandait : partir deux par deux, porter la paix, prendre soin des malades, annoncer le Royaume.

Avec François, avec Thérèse, laissons-nous toucher par la parole de Dieu qui résonne pour nous dans la liturgie. Mettons-nous à l’écoute de notre désir le plus profond : contempler la face de Dieu, la face du Christ. Continuons à l’interpeller : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

Sr Marie-Raphaël le 1er octobre 26