jeudi 19 mai 2022

Liturgie de la Parole, 5e jeudi du Temps Pascal

 (Danièle)

 Introduction

Cette semaine, dans l’Évangile de Jean, Jésus parle à ses disciples. Il leur disait, celui qui m'aime sera aimé de mon Père. Et encore « ne soyez pas bouleversés ni effrayés, si vous m'aimiez vous seriez dans la joie ». Aujourd'hui, il est encore question d'amour et de joie. « Je vous dis cela pour que votre joie soit parfaite »

Avant d'entendre la Parole, entrons dans cette célébration en chantant les psaumes.

Après l’évangile

« Demeurez dans mon amour » nous demande Jésus. Parfois, il y a en nous une certaine énergie qui ne vient pas de nous, nous faisons alors l'expérience de l'amour infini de Dieu. « Le Seigneur nous couvre de ses ailes », chantons nous lors des complies avant le psaume 90. Nous nous sentons enveloppé(e)s par ce profond amour que Dieu a pour nous. J'aime célébrer avec la communauté, ici, dans cette église d'Hurtebise ; pas chaque fois, mais souvent, c'est comme si je ressentais cette tendresse de Dieu qui nous enveloppe... Mais, en dehors des offices, comment demeurer dans cette communion avec le Père et le Fils ? Le regard du Seigneur pénètre notre cœur, notre intériorité, notre puits profond. Nous ressentons une présence, sa présence, et il nous appelle à demeurer en elle. « Cette intériorité est un passage du « nous sommes nés de Dieu » (1 Jn 5, 19) à « nous vivons en Dieu » (Rm 14, 8). Dans ce « demeurer », Jésus nous transfigure, nous transforme. (1)

Nous en sommes sûr(e)s, Dieu nous aime , c'est pour cela que Jésus insiste, il nous recommande de demeurer en lui et il promet de demeurer en nous parce qu'il nous aime. Il ne parle pas de l'amour des apôtres pour lui, mais de son amour immense pour eux, pour nous. Il nous ouvre un chemin de vie, de paix, de liberté, dans lequel nous pouvons respirer, aimer, agir.

Dans ce texte, pourquoi ces verbes sont-ils au passé : « mon père m'a aimé, je vous ai aimés »? Parce que Jésus, à la fin de sa vie, constate que jamais l'amour de son Père ne lui a fait défaut.(2.)

« Si vous gardez mes commandements »  L’Évangile de dimanche dernier nous le rappelait « je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés... » C'est simple, Jésus veut que nous soyons heureux(ses) et il sait que c'est en nous souciant des autres, en étant en relation avec eux et avec Dieu que nous aurons la joie.

Et, comme disait Daniel dimanche dans son homélie, Jésus recommande, il ne commande pas, il ne veut pas nous contrôler ni nous dominer, mais il veut notre bonheur « que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ».Joie d'être aimé(e) de manière absolue, d'un amour inconditionnel par le Père. Même pendant sa passion, la joie de Jésus est profonde parce qu'il est aimé du Père.

Le Seigneur est proche, proche dans l'espace, à côté et en nous, et proche dans le temps, Il reviendra.

Mettons notre confiance en lui, reconnaissons chaque jour sa présence, son amitié, sa tendresse et notre joie sera grande.

Invitation au Notre Père

Dans la joie de se savoir aimé(e)s, adressons nous à notre Père.

Prière finale

Seigneur, en nous recommandant de demeurer en toi, Tu nous prouves encore que Tu nous aimes.

Tu te préoccupes de nous afin que notre joie soit parfaite, joie profonde d'être aimé(e)s par le Père.

Nous te rendons grâce.

Aide-nous à reconnaître chaque jour, ta présence à nos côtés.

Nous te le demandons à Toi qui est vivant maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

(1.)  Blog Carmel saint Joseph

mardi 17 mai 2022

Liturgie de la Parole, 5e mardi du Temps Pascal

 (sœur Marie-Christine)

Introduction

Rassemblés en communauté et en Église pour célébrer le Seigneur, chantons-le avec les croyants du monde entier. Prions-le avec les Paroles mêmes qu’IL nous a données, les Psaumes, reflets « des joies et des espérances, des tristesses et des angoisses », des peines et des souffrances de l’humanité.[1]

 Méditation

Paul et Barnabé « affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » »

Jésus nous dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. »

La vie chrétienne n’est pas une assurance anti épreuve ! Et heureusement car alors ce serait ambigu, illusoire, voire magique.

Mais nous avons l’assurance d’une Présence, celle de Jésus : « Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. » Et sur lui le Prince de ce monde « n’a aucune prise. »

Il offre sa paix à un moment clé, celui où la Passion est toute proche, où, parce qu’il aime le Père, il ne se dérobera pas à ceux qui veulent l’anéantir justement à cause de sa relation si particulière, déconcertante et déstabilisante, avec Dieu qui appelle son Père. À cause aussi de sa relation et de son attention aux plus pauvres, aux exclus du système religieux et politique. À cause de sa manière libre d’interpréter la Loi, la Torah, en donnant priorité à la personne, en mettant en lumière l’intention du texte (la vie et le relèvement de la personne) et non son application littérale. Nous l’avons entendu la semaine dernière : Je suis venu pour que les hommes aient la vie, la vie en abondance.[2]

La paix qu’il nous offre est une paix intérieure, une force de vie, une capacité de se relever, de rebondir, de repartir, de marcher même si la route est difficile. Et quelle route humaine est un long fleuve tranquille sans épreuve ? Aucune !

Et le Seigneur place sur nos routes des personnes qui, comme Paul et Barnabé, nous affermissent, nous encouragent à persévérer dans la foi, dans la confiance. Le témoignage de Paul est d’autant plus parlant qu’il a été lapidé et laissé pour mort !

Accueillons en silence cette paix que Jésus nous offre chaque jour et laissons-nous aimer et relever par lui.

 

Introduction au Notre Père

Fortifiés par l’amour et la paix que Jésus nous offrent, entrons avec confiance dans la prière qu’Il nous a laissée.

 

Prière d’envoi

Seigneur, fais-nous prendre au sérieux ta promesse de paix pour atteindre enfin la confiance à laquelle tu nous appelles.

Que ta présence dans les cœurs pacifie les baptisés.

Et que, dans l’épreuve, tes témoins encouragent tes disciples, et toute personne, à se relever et à persévérer, car rien ne pourra nous séparer de l’amour du Père manifesté en toi.[3]

Nous t’en prions toi qui nous aimes et nous conduis, dans l’Esprit, au Royaume du Père, dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles.



[1]Cf. Vatican II Constitution Gaudium et spes N° 1

[2] Cf. Jean 10,10

[3] Cf. Romains 8,39 ; et tout le passage 8,31-39.

samedi 14 mai 2022

Liturgie de la Parole, saint Matthias

(Rosy)

Ouverture

Nous voilà en présence de bien beaux textes, tous deux d’une grande richesse.

Dans les Actes, les critères de choix de Matthias nous éclairent sur le rôle des apôtres : ce sont des hommes qui ont accompagné Jésus durant tout le temps où il vécut parmi eux et qui sont témoins de sa résurrection. C’est donc du domaine du compagnonnage et du témoignage.

Mais la péricope évangélique est particulièrement au cœur de la Révélation. C’est pourquoi je m’en tiendrai à celle-ci et au verset qui est pour moi le plus beau de toute l’Ecriture “Je vous appelle Amis”

Chantons d’abord les psaumes et accueillons la Parole de ce jour.

Commentaire

Devant un texte évangélique si grand, si inspirant, si commenté, … que dire encore ?

J’ai donc choisi de l’aborder par un biais qui nous est sans doute plus familier, nous autres, gens ordinaires : celui de l’amitié.

Jésus va nous donner un nom nouveau.  Comme c’est le cas pour Joseph Barsabas, qui eut même droit à 3 noms !  Mais comme c’est le cas aussi depuis Abram, Jacob…  en passant par plusieurs apôtres et jusqu’à aujourd’hui.  Nous voilà donc nommés “Amis”. “Mes amis” dit le texte liturgique, ce qui n’est sans doute pas nécessaire : ce n’est pas une description de ce que nous  sommes, c’est un nom nouveau que nous pouvons porter fièrement et qui est riche de signification.

Je me suis longtemps demandé pourquoi Jésus ne les appelait plus “serviteurs” : c’est un si beau nom “serviteur”, celui qui se met au service…  D’ailleurs, lui-même, ne vient-il pas de prendre la position du serviteur pour leur laver les pieds ?  Non, leur nom, notre nom, est bien “ami” et notre mode d’action, c’est le service, inspiré par l’amour.  C’est cela, garder les commandements que nous avons reçus

Si ce beau nom nous montre qui nous sommes, il nous révèle aussi qui est Jésus, qui est le Père.

Car on n’est pas ami tout seul, l’amitié, par essence, est réciproque : elle se propose, se construit. Certes, c’est Jésus qui nous aime le premier, mais notre réponse est essentielle.

Oui, Jésus, notre Dieu, est notre ami ! Il se glisse ainsi dans une des plus belles réalités humaines, il nous parle avec des mots que nous connaissons, qui résonnent en nous.

Si l’on demande, même à de jeunes enfants, ce que veut dire être amis, beaucoup parleront de confiance, de confidences , de partages… C’est exactement ce que dit Jésus : je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Dieu se fie donc à nous, nous fait connaître son amour, et nous-mêmes pouvons nous adresser à lui dans cette totale confiance. Il attend notre parole en réponse à sa Parole.

Qu’est-ce que ce nom d’ami nous apprend encore sur notre relation à notre Dieu ? Nous pouvons puiser chacun dans nos expériences d’amitié pour mieux entendre les invitations de Jésus.  J’en relèverai deux ici.

D’abord l’expérience de la joie.  Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite !  Oui, notre joie est un don, et personne ne peut nous la ravir.  C’est la “petite joie increvable” de Sulivan. Et pourtant…  si l’amitié ne peut être que réciproque…  rappelons-nous Isaïe (62,5) : “Tu seras la joie de ton Dieu”. Nous pouvons apporter de la joie à Dieu !

Enfin, il y a une petite phrase de Michel Tournier qui me semble bien à propos ici.

Il n’y a d’amitié que dans le partage d’admirations communes”.  Oui, l’émerveillement partagé est en connivence avec l’amitié. Que notre regard puisse s’émerveiller devant ce Dieu Trinité qui n’est qu’amour et qui nous donne part à cet amour, comme lui s’émerveille devant l’homme et toute sa création « qui est très bonne ». Partageant son regard, nous pouvons même nous émerveiller « devant la merveille que nous sommes ».

Accueillons la joie et la beauté de l’amitié !

 Notre Père

« Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. » Forts de cette promesse, tournons-nous vers notre Père avec confiance.

 Oraison

Nous te prions, Seigneur, avec Matthias, le compagnon et le témoin.

Donne-nous de demeurer en ton amour et de nous aimer les uns les autres, comme tu nous le commandes,

Toi qui es vivant, avec le Père et l’Esprit, aujourd’hui et pour toujours.

 

vendredi 13 mai 2022

Liturgie de la Parole, 4e vendredi du Temps Pascal

(Isabelle)

Lectures du jour : Ac 13, 26-33 ; Ps 2 ; Jn 14, 1-6

Introduction

Par sept fois, dans l’Evangile de Jean, Jésus dit « Je suis… » (Je suis + un attribut avec un article défini). « Je suis le pain de vie », « Je suis la lumière du monde », « Je suis la porte des brebis », « Je suis le bon berger », « Je suis la Résurrection et la vie », « Je suis le chemin, la vérité et la vie », « Je suis le cep ».

 Les « Je suis… » sont donnés par Jésus en réponse au questionnement de ses disciples et de ses amis, notamment quand la pression monte autour de lui, avant la passion : Que se passe-t-il ? Comment cela va-t-il se terminer ? Qu’allons-nous devenir ? Où vas-tu ? Comment ferons-nous sans toi ? Jésus ne leur donne pas de longues explications contextuelles. Il leur dit  « Vous me connaissez », « Je suis… ». Quelle reconnaissance de la relation intime existant entre eux : « Vous me connaissez » ! Quelle transparence, dirait-on aujourd’hui : « Je suis… ». Et en même temps, quelle invitation à la foi ! Il y a dans les attributs des « Je suis... » (la lumière, le bon berger, la vérité, la vie,…) tout l’indicible de la passion, et surtout de la résurrection que les disciples semblent avoir du mal à appréhender, et c’est normal.  Ils ont compris plus tard, et les suivants l’ont expliqué, avec l’aide de l’Esprit, comme Paul quand il annonce, à la synagogue d’Antioche de Piside, « … cette Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a pleinement accomplie pour nous, en ressuscitant Jésus » (Ac 13, 26-33). Nous savons que le Christ est ressuscité, nous comprenons ce que cela signifie - même si nous avons toujours besoin de nous convertir - et nous pouvons relire et méditer ces paroles, en toute sérénité.

 Entrons en prière en chantant les psaumes.

 Méditation

 « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». En entendant « Je suis », je ne peux pas m’empêcher de penser à la réponse donnée par Dieu à Moïse dans l’Exode (Ex 3, 13-14). Rappelez-vous l’épisode du buisson ardent : Dieu confie à Moïse la mission de faire sortir d’Egypte les fils d’Israël et de les délivrer de l’oppression. Moïse demande à Dieu ce qu’il doit répondre s’ils demandent qui l’envoie. Et Dieu dit : « Tu répondras ainsi : Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est "Je suis" ». La traduction littérale serait « Je suis l’étant », « Je suis celui qui est, qui était et qui vient ». Je pense ne pas me tromper en disant que, dans l’Evangile de Jean, « Je suis… » est une affirmation réfléchie de la nature divine du Christ, une référence à Dieu, son Père. Jésus est Dieu.

 « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». Cela m’a rappelé une petite discussion autour du Siracide, un soir, avec mon mari - oui, on a parfois des drôles de conversations. Il me racontait les accents déjà entendus de ce livre de notre bible[1]. Au chapitre 24 : « la Sagesse divine (…) prend la parole, devant le Dieu tout puissant elle se glorifie : Je suis sortie de la bouche du Très Haut et, comme la brume, j’ai couvert la terre (…), j’ai dressé ma tente (…), j’ai cherché le lieu de mon repos (…), je me suis enracinée dans le peuple élu ». Et la Sagesse ajoute : « J’ai reçu toute grâce pour montrer le chemin et la vérité. En moi, toute espérance de vie et de force » (Si 24, 18).  Tiens, les mêmes mots que ceux du « Je suis… » du jour : « chemin, vérité, vie » ! Il est évident[2] que, pour les juifs, la Sagesse, c’est la loi de Moïse, la Torah, le don de Dieu à son peuple pour éclairer toute la terre et conduire à lui. Pour Jean, pour nous, chrétiens, le Christ est « la nouvelle Torah ». Vivre par lui, avec lui et en lui, c’est vivre en Dieu. Il est le chemin, la vérité, la vie.

 Je reprends brièvement les sept « Je suis… » prononcés par le Christ dans l’Evangile de Jean, et je les laisse au choix à votre méditation :

-       « Je suis le pain de vie » (Jn 6,35) : Jésus ne donne pas le pain du ciel : il est le pain qui donne la vie. Celui qui vient à lui n’aura plus jamais faim car Jésus remplit « son vide ». 

-       « Je suis la lumière du monde » (Jn 8,12) : La lumière, c’est Dieu en action qui produit la vie. Jésus est cette lumière-là, pour tous.

-       « Je suis la porte » (Jn 10,9): Il n’existe qu’un moyen d’entrer dans la vie divine, dans le royaume et de recevoir la vie éternelle : Jésus. « Personne ne va au Père sans passer par moi » (Jn 14,6).

-       « Je suis le bon berger » (Jn 10,11) : Jésus est le berger généreux, prêt à donner sa vie pour ses brebis, en faisant la volonté du Père.

-       « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25) : Il n’y a pas que la résurrection des morts au dernier jour : ceux qui croient en Dieu ont immédiatement la vie éternelle et ne mourront jamais. Il n’existe ni résurrection ni vie en dehors de Jésus.

-       « Je suis le chemin, la vérité, la vie » (Jn 14,6) : Jésus n’est pas qu’un chemin vers Dieu : il est le chemin, parce qu’il est la vérité de Dieu et la vie de Dieu. Il est vérité parce qu’il incarne la révélation de Dieu ; il est vie, parce qu’il a la vie divine en lui-même.

-       « Je suis le cep » (Jn 15,1) : La vigne, dans l’Ancien Testament, c’est Israël. Jésus est le cep et tous ceux qui croient en lui, qui tirent leur vie de lui, sont les sarments. Dieu prend soin de sa vigne, de tous, de toutes les nations. La vigne porte du fruit.

 Accueillons dans notre prière les « Je suis… » de l’Evangile de Jean, et rendons grâce à Dieu pour Jésus, Parole incarnée, qui Le révèle à nous. Il est son Fils. Il est Dieu.

 Prière finale

Avec Saint Augustin[3], nous prions :

Christ, notre espérance, tu es la paix du monde !

Tu es la lumière, la vie, la route, le salut et la gloire de tous les tiens.

Tu es notre Dieu vivant et véritable, notre Seigneur, notre Sauveur et notre Roi.

Tu es la joie de notre vie, le prêtre de notre éternité, le guide qui nous conduit à la vraie patrie, la lumière véritable, la divine sagesse et la paix du monde.

Tu es le meilleur de nous-mêmes, notre salut à jamais, celui qui nous donne miséricorde, patience, rédemption et espérance, amour et résurrection.

Nous t’en supplions, fais-nous venir jusqu’à toi, afin que nous trouvions notre repos en toi, sans qui personne ne va au Père, car tu es chemin, vérité et vie.



[1] Le « Siracide », appelé aussi « Ecclésiastique » ou « Livre de Ben Sira le Sage » est un livre présent dans les bibles orthodoxe et catholique (« livre deutérocanonique ») qui ne fait pas partie des bibles juive et protestante (pour savoir pourquoi :  https://regardsprotestants.com/bible-theologie/quelles-sont-les-differences-entre-une-bible-protestante-catholique-orthodoxe/ )

[2] lire la suite du texte : Si 24, 23 ss

[3] in « Prières glanées par Enzo Bianchi », Ed. Fidélité, Namur, 2011, 80p. 

mercredi 11 mai 2022

Liturgie de la Parole, 4e mercredi du Temps pascal

(sœur Marie Raphaël)

 Ouverture

 En ce jour où nous faisons mémoire des saints abbés de Cluny, j’ai cherché à faire un lien entre les textes de ce jour et la Règle de saint Benoît. Le lien, le voici : « écoute ! »

Écoute, prête l’oreille de ton cœur, accueille la parole du maître comme la Parole même de Dieu. La parole de Dieu est vivante, « la parole de Dieu était féconde et se multipliait », nous disent les Actes des Apôtres.

Heureux sommes-nous de pouvoir l’entendre et de pouvoir l’accueillir !

 Résonances

L’extrait de l’évangile de Jean que nous venons d’entendre se situe à la fin du chapitre 12, c’est-à-dire à la fin de la première partie de l’évangile de Jean, le « livre des signes ». La grande thématique qui parcourt ce livre, c’est la foi. Il se termine un peu par un constat d’échec, puisque le verset 37 disait : « alors qu’il avait fait tant de signes devant eux, les gens ne croyaient pas en lui ». Il ne suffit pas de voir des signes pour croire en Jésus. Il s’agit de faire bon accueil à sa parole, de discerner à travers la personne de Jésus la présence même du Père.

 Cette conclusion du chapitre 12 offre comme un résumé de l’enseignement de Jésus, composé de phrases que l’on trouve ailleurs. Ainsi, par exemple, quand il dit : « celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé, et celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé », il rappelle ce que nous avons entendu dimanche et encore hier : « Le Père et moi, nous sommes un ».

Contemplons cette audace, cette unité profonde entre Jésus et le Père.

 Nous pouvons faire un lien avec la RB en regardant la grâce de l’obéissance. L’entrée dans la vie monastique est un grand saut dans la foi. La persévérance dans la vie monastique l’est tout autant. La grâce de l’obéissance vient de la foi qui nous fait discerner, au-delà des contingences humaines, la parole même de Dieu. C’est elle qui permet à la Parole de Dieu de prendre consistance dans nos vies, de devenir féconde, de se multiplier. C’est elle qui nous fait devenir fils / filles du Père, dans la confiance en sa Parole qui nous guide intérieurement.

 « Écoute mon fils, prête l’oreille de ton cœur, cours dans la voie des volontés de Dieu ».

 Prière

 Seigneur Jésus, tu n’es pas venu pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé. Devant ta parole, tout apparaît dans la lumière : c’est ta parole qui nous juge, nous fait venir à la vérité, nous aide à sortir des ténèbres. Béni sois-tu ! prononce encore sur nous, sur toute l’humanité, la Parole qui vient du Père et qui transforme les cœurs pour les ouvrir à la joie !