Liturgie dimanche des Rameaux
Je vous propose ce que nous avions préparé pour RCF en 2021 :
https://partage-de-lectio.blogspot.com/2021/03/dimanche-des-rameaux.html
Découvre le coeur de Dieu dans la Parole de Dieu ! (St Grégoire)
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Les quelques versets que nous venons d’entendre, je ne peux les séparer de ce qui précède, ni de ce qui vient à la suite : d’une part la mort de Lazare et la présence de Jésus auprès des sœurs de Lazare, les sœurs du mort… pour ne pas dire des sœurs de la mort, car pris par la douleur c’est difficile pour Marthe et Marie de voir clair. A la mort d’un proche on peut vite être happé voire englouti dans la mort.
D’autre part, il y a ce qui va suivre dans le récit : l’onction à Béthanie, l’attitude de Marie et le parfum qu’elle diffuse. Marie, elle qui côtoyait la mort, désormais côtoie la vie. Elle est aux pieds de Celui qui lui a dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi-même s’il meure, vivra ».
Voilà pour ce qui précède et qui va suivre ce qui nous est rapporté aujourd’hui.
Ce qui s’est passé entre les deux événements c’est l’entre-deux, là où l’ombre et la lumière se côtoient. Jésus l’avait pourtant bien dit : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu »
« Si tu crois » : Croire n’est pas une évidence. Même si nous prétendons avoir la foi, il y a toujours quelque chose qui résiste. La fragilité nous habite et elle est le propre de notre humanité. Les doutes nous assaillent, des doutes qui vont et viennent. Ils interrogent notre liberté.
Plusieurs voient ce que Jésus fait et ils croient. Quelques-uns sont suspicieux, ils doutent ou refusent de croire.
Pourquoi ces attitudes si différentes ?
L’écart entre ces deux postures naît d’un manque de discernement. Nous venons de l’entendre :
En premier, c’est l’attitude me semble-t-il la plus honnête, il y a la rationalité : je ne comprends pas ce que j’ai vu, ce que j’ai entendu de Jésus, ça ne correspond pas à la logique humaine, ça me fait peur et je refuse de croire.
La deuxième est une peur plus insidieuse, la peur de perdre. C’est celle que nous refusons de reconnaître car elle touche à notre image. Il faut donc trouver à se justifier : Jésus est une menace pour leur autorité et leur pouvoir. Puis aussi le risque est grand, voire très grand, de perdre ce qui les sécurise et les rend respectables : l’argent. Celui de la compromission bien entendu.
Tout cela affecte le discernement et ils se laissent prendre au piège tendu par leur besoin de reconnaissance. L’orgueil, la jalousie et la convoitise font bon ménage pour faire pencher la balance de la justesse d’où la conclusion qui clôture le débat : « Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure ».
Ce qui prime c’est : votre intérêt. L’hypocrisie va jusqu’à dire « votre » au lieu de « notre » intérêt.
Inaudibles toutes ces paroles de Jésus qui affirme « Je suis la vérité et la vie, je suis la résurrection et la vie, je suis la porte étroite du discernement ». Jésus tout entier, sa personne, son identité sont associés à la vie.
Il n’y a pas si longtemps, preuve que ce récit nous concerne encore aujourd’hui, Guy Béart chantait : « Le premier qui dit la vérité il doit être exécuté »
Seigneur envoie sur nous ton Esprit de discernement et d’audace. Mets en nous la foi qui éveille à la justice et au service selon ce que Jésus, ton fils a vécu et annoncé. A son invitation nous pouvons dire…
Raymond le 28 mars 26
Le prophète Jérémie dont nous parle la 1ère
lecture est une figure du Christ, épié, persécuté, il garde malgré tout une
grande confiance en son Dieu, il sait qu'il est avec lui dans cette épreuve, il
lui a remis sa cause et Dieu le délivrera de la main des méchants.
De son côté, l 'évangile nous rapporte la façon dont les pharisiens épient
les paroles de Jésus pour l'accuser de blasphème. Jésus va se servir d'un
psaume pour déjouer leur plan. Que les psaumes deviennent pour nous Paroles
vivantes pour notre vie. Chantons-les.
Une méditation de sœur Anne Lécu (1) sur le verset du psaume 82 cité par Jésus en réponse à ses accusateurs pourra nous aider à mieux saisir la profondeur de la Parole et comment aujourd'hui elle peut être encore vivante pour nous.
« Les Pharisiens ne supportent pas d'entendre Jésus dire : Moi et le Père, nous sommes un (Jean 10,30), et veulent le lapider, parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. Comme souvent, en accusant le Christ, ils dévoilent leur propre péché : ce sont eux qui se font Dieu en jugeant les autres et le monde, et eux-mêmes. Mais Jésus ne se laisse pas faire, et cite la Parole de Dieu, non plus pour la désaxer, sinon pour la remettre dans son axe :
N'est-il pas écrit dans votre loi : « J'ai dit, vous êtes des dieux ». Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée – et l'Ecriture ne peut–être récusée - à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites « Tu blasphèmes », parce que j'ai dit « Je suis le Fils de Dieu » ! (Jn 10, 34-46)
En citant le psaume 82, Jésus rappelle que depuis la création du monde, lorsque Dieu a fait l'homme à son image et ressemblance, il le destine à vivre pleinement avec lui. Notre vocation première est là : Vous des dieux, des fils du très-haut, vous tous (Ps 82, 6). Depuis toujours la Bible n'a de cesse de proclamer que l'homme est couronné de gloire et d'honneur (Ps 8). Et Jésus ne veut pas que l'on passe sous silence ce dessein bienveillant de son Père. Mais cela contrecarre la manière de penser de ceux qui se réfèrent à la loi en oubliant sa source.
Jésus meurt de ce que l'on ne comprend pas que la loi n'existe que d'être référée à sa source, la vie de Dieu qui coule en nous. Jésus meurt, encore aujourd'hui, de la torsion de l'évangile, lorsque l'on annonce le jugement, quand lui est venu proclamer le salut. Être de véritable « fils du Très-Haut », n'est-ce pas être voués à la Parole, pour accueillir et annoncer non ce que nous voudrions qu'elle dise , mais ce qu'elle dit ?
Lui qui est la Parole du Père, en habitant notre chair, redresse notre propre parole. Avec lui, nous pouvons entendre que le commandement du Père est vie éternelle et non condamnation. Avec lui, nous pouvons dire « je suis », et même « je suis le fils de Dieu ». Et parce que le Verbe fait ce qu'il dit, en le disant avec lui, voilà que nous le sommes. »
Puisque nous sommes fils du Très Haut, redisons la prière que Jésus notre frère nous a donnée
Apprends- nous Père très bon à accueillir ce don que tu nous as fait : être des fils du très haut ; que nous n'ayons pas peur de l'annoncer et d'en vivre malgré les contradictions et les moqueries qui peuvent surgir car c'est à toi que nous avons remis notre vie et nous savons que tu es toujours avec nous. Nous te le demandons par Jésus ton Fils qui vit et règne avec toi le l'Esprit Saint pour les siècles des siècles.
Sr Jean-Baptiste le 6 avril 2022
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(1) Citation : Anne Lécu, Marcher vers l'innocence, p. 80-81
« Jamais il ne verra la
mort » (v. 51b). Une telle promesse paraît impossible : comment
l’entendre ? D’ailleurs, Jésus connaîtra lui aussi la mort. Alors de quelle mort
parle-t-il ?
Quand Jésus parle de vie, ses interlocuteurs ne voient que la vie
terrestre. Ainsi, appliquant ses propos à la seule mort physique, ils les
réduisent à une simple promesse d’immortalité ! « Es-tu donc plus grand
qu’Abraham, notre Père, qui est mort ? » (v. 53). « Tu n’as
pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! » (v. 57) … paroles
difficiles à entendre et impossibles à croire !
Voici la clé, me semble-t-il : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne
verra jamais la mort » (v. 51). Sa parole est une parole de vie
qui préserve de la mort éternelle celui qui l’accueille et la fait sienne.
Cette vérité est également révélée lors de la résurrection de Lazare : « quiconque
vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11, 26). Elle est vie car
la Parole nous bouscule, nous change de l’intérieur, nous fait grandir.
Jésus se révèle comme l’Isaac
véritable, la véritable postérité promise par Dieu à Abraham, leur père. Il est
le « Je Suis » du buisson ardent révélé à Moïse. Il est la
Résurrection, la vérité et la Vie.
Cette révélation nous engage. Elle prend chair en nous si nous gardons la
parole, si nous croyons qu’elle est vie, si nous la vivons. Alors, une autre
vie peut naître en nous, une vie qui donne la force d’aimer, de continuer à
s’ouvrir, d’espérer, en somme, une vie, qui ne cesse de poser les possibilités
d’une nouveauté au quotidien. Alors, nous serons des Hommes Vivants qui
glorifient et contemplent Dieu dans leur vie car « la Gloire de Dieu,
c’est l’Homme Vivant ; la vie de l’homme, c’est de contempler Dieu »
(St Irénée de Lyon).
Sœur Josette Barouki Carmel saint Joseph 6 avril 2017
https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/jean-8-51-59-2/
De toutes les lectures que la liturgie nous propose un petit mot a retenu mon attention. Je l'ai vu rebondir d'un texte à l'autre et il me semble qu'il suffit à notre méditation : VOICI.
Voici, c'est le mot de la disponibilité, le mot de l'offrande, le mot du don...
* Voici, dit Dieu à Achaz, ... je vous donne un signe.
Dieu aime qu'on lui demande ce qu'il est prêt à nous donner. Il nous donne même les mots pour le prier... « Invoque-moi, dit-il par Jérémie, et je te répondrai, je t'annoncerai des choses grandioses et cachées dont tu ne sais rien... »
Achaz refuse d'invoquer Dieu mais ces choses grandioses et cachées que Dieu veut annoncer sont tellement le rêve de Dieu pour l'humanité, Dieu brûle tellement du désir de sauver l'homme qu'il passe outre du scrupule d'Achaz.
Mon cadeau, mon désir, le don que je vous ai préparé... le voici : « la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils et on l'appellera Emmanuel, c'est-à-dire, Dieu-avec-nous ».
Me Voici, dit Dieu, en ce Fils vous verrez que je suis au milieu de vous.
* Voici, je viens faire ta volonté
Ce cri du psaume, la lettre aux Hébreux le met sur les lèvres du Christ.
Le Christ acquiesce au désir du Père, au projet du Père. Il est partie prenante et Il s'y engage tout entier.
Voici, Père, dispose de moi comme il te plaira. Accomplis ton œuvre en moi, par moi. Non pas ce que je veux mais ce que tu veux car c'est là ma nourriture, c'est là ce qui me fait vivre.
* Voici, tu vas concevoir et enfanter un fils car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Tel est le salut de l'ange Gabriel à Marie.
La jeune femme est enceinte, avait annoncé Isaïe... Mes paroles ne me reviennent pas sans avoir accompli leur mission, dit-il un peu plus loin.
Oui la promesse se réalisera mais pas sans le concours de l'humanité.
Aujourd'hui toute l'humanité se concentre en Marie et attend sa réponse car comme le dit si bien st Bernard, Dieu a voulu suspendre le salut du monde au consentement de Marie.
* Voici la servante du Seigneur
La prophétie prend fin, la réalisation de la promesse commence.
Marie s'offre corps et âme ; elle entre pleinement dans le projet de Dieu, dans son œuvre de salut au point que ce salut prend chair en elle, qu'elle lui donne un nom et un visage : Jésus.
* Voici, mon retour est proche (Apocalypse 22,7.12)
Ce sont là les derniers mots de l'Apocalypse et donc de toute la Bible...
* Voici.... ?
Mais le Fils de l'Homme quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Trouvera-t-il l'accueil, la disponibilité, l'oblation d'un cœur qui n'a rien de plus cher que le Christ ? (RB 5,2)
La réponse est entre nos mains...
Sr Elisabeth le 25 mars 2011