Liturgie 27e dimanche A Matthieu 21, 33-43 ; Isaïe 5, 1-7 ; Philippiens 4, 6-9 800 ans de la mort de St François
Homélie
Il y a une différence assez simple entre être propriétaire et être responsable. Quand quelque chose nous appartient, nous pouvons parfois nous dire : « J’en fais ce que je veux. » Mais quand quelqu’un nous confie quelque chose, notre première question devient plutôt : « Comment vais-je en prendre soin ? » C’est précisément cette différence qui traverse les lectures d’aujourd’hui.
Jésus parle d’une vigne. Le propriétaire l’a préparée avec soin : il l’a plantée, entourée, protégée, équipée. Puis il la confie à des vignerons. Il ne leur demande pas de l’inventer. Il leur demande de la faire fructifier. Et le drame commence lorsqu’ils oublient une chose essentielle : la vigne ne leur appartient pas.
Cette parabole parle évidemment d’Israël et de son histoire avec Dieu. Mais elle parle aussi de nous. Car qu’est-ce qui nous appartient vraiment ? Notre vie ? Nous ne nous sommes pas donnés la vie. Nos enfants ? Ils nous sont confiés, mais ils ne nous appartiennent pas. Notre maison, notre travail, nos talents, notre temps ? Nous pouvons les gérer, les développer, les organiser… mais nous n’en sommes jamais les propriétaires absolus. Et il en va de même de cette terre sur laquelle nous vivons.
C’est l’un des grands accents de Laudato si’. Le pape François écrit : « Tout est lié ». Et il ajoute que la protection de la nature est « inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres » Voilà pourquoi la sauvegarde de la création n’est pas une question marginale pour un chrétien. Elle touche à notre manière de comprendre le don de Dieu. Si la terre est un don, elle n’est pas une réserve dans laquelle nous pouvons simplement nous servir. Si elle est une maison commune, alors nous avons des devoirs envers ceux qui y vivent aujourd’hui, mais aussi envers ceux qui y vivront demain.
Et c’est ici que saint François
d’Assise devient particulièrement lumineux. François ne regardait pas la
création comme une collection de choses. Il parlait du soleil comme d’un frère,
de la lune comme d’une sœur, de l’eau comme d’une sœur. Pourquoi ? Parce qu’il
avait retrouvé quelque chose que nous perdons facilement : le regard émerveillé
de celui qui reçoit au lieu de celui qui possède.
Le pape François écrit dans Laudato si’ que saint François « vivait avec simplicité et dans une merveilleuse harmonie avec Dieu, avec les autres, avec la nature et avec lui-même ». Et il ajoute que, chez lui, « la préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres, l’engagement pour la société et la paix intérieure » sont inséparables.
Pierre Hannosset le 4 octobre 26
https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/27eme-dimanche-du-temps-de-leglise.html
