Liturgie 27e jeudi TO-II Luc 11, 5-13 ; Galates 3, 1-5
Introduction
Aujourd’hui, la liturgie nous invite tout
particulièrement à vivre dans la foi, et non dans le légalisme. Si on vit dans
le légalisme, on transforme la vie en Christ en une religion, bien instituée,
avec des ordres et des préceptes. Et on renvoie l’Esprit au ciel, comme
superflu. Bien sûr il faut des lois pour organiser une vie en commun, mais la
vie en Christ, la vie de la foi, ne vient pas superposer un registre de lois
supplémentaires aux croyants : elle les invite à vivre dans le souffle de
l’Esprit, avec pour priorité le seul commandement légué par Jésus : le commandement
de l’amour. Un commandement qui ne nous laissera jamais en paix ! car si
on peut penser qu’on a bien suivi la loi, il sera toujours difficile de dire
qu’on a accompli totalement la loi de l’Amour ! Aussi pour le vivre il n’y
a pas 36 façons : il nous faut accueillir à plein poumons, le souffle de
Dieu, l’Esprit, qui est l’amour du Père et du Fils. Et donc ne pas hésiter à le
demander encore et toujours, comme nous y invite l’Evangile d’aujourd’hui.
Entrons en cette célébration par la prière des psaumes.
Méditation
Après avoir livré les paroles du Notre Père, Jésus
poursuit un brin son enseignement sur la prière. Et plus particulièrement la
prière de demande. Écoutons-le.
Tout d’abord les trois premiers versets de l’évangile du
jour : l’histoire de l’ami importun. Marguerat à la suite de Maillot, nous
fait remarquer un point que l’on oublie peut-être trop souvent. On lit ces
versets, et on campe la scène : deux amis, un qui frappe à la porte avec
insistance pour emprunter trois pains, et l’autre qui dort et se voit dérangé
par cet appel, mais fini par se lever à cause du sans-gêne de l’ami ! Mais
a-t-on bien lu le texte ? Il y a un premier ami dans l’histoire que l’on a
oublié. Il y a une cascade d’amitié en ce texte : Il y a un premier homme
qui arrive de voyage chez un deuxième. Le deuxième l’accueille et n’ayant pas
de quoi le nourrir s’en va trouver le troisième pour lui demander du
pain ! Voilà un beau contexte pour insérer notre prière. La demande du
deuxième homme, appelé ami importun, est en fait enracinée dans un geste
premier : il a lui-même ouvert sa porte à l’autre. Il l’a accueilli sous
son toit, il a fait tout ce qu’il a pu, mais voilà il manque de pain. Alors il
va demander ce pain à un tiers ! Ainsi la prière n’est pas ici une
histoire à deux, entre moi et Dieu. Elle est manière d’apporter devant Dieu
l’humanité entière, et l’humanité plus particulière qui a frappé à ma porte
aujourd’hui. Ainsi en introduisant ce premier personnage dans la parabole,
Jésus ouvre la prière à une sollicitude première. La prière ne me
déresponsabilise pas ! Elle m’engage.
La deuxième partie de l’évangile de ce jour, est un appel
à la confiance et à la persévérance : demandez, cherchez, frappez… Tu t’es
laissé dérangé par l’humanité en détresse, va avec elle à Dieu, et demande. Et
Jésus appuie son encouragement par un raisonnement a fortiori… quel père
(digne de ce nom bien entendu) quel père bien qu’il ne soit pas parfait,
donnerait la mort (serpent, scorpion) à son fils qui lui demande la vie
(poisson, œuf). Si vous agissez ainsi, combien plus Dieu ! Lui qui est
vraiment Père, absolument Père.
Enfin, dernière partie de l’évangile du jour, un conseil
de Jésus : dans ta prière au Père, demande l’Esprit Saint !!! En
accueillant l’Esprit tu entreras dans la danse de la Trinité. Tu comprendras
alors de l’intérieur la prière, ce dialogue qui circule au sein même de la
Trinité !
Invitation au Notre Père
Demandons au Père, l’Esprit Saint, afin de pouvoir dire
avec Jésus, la prière qu’il nous a enseignée.
Prière conclusive
Seigneur, tu nous as donné ta Parole, tu nous partages ta
vie trinitaire. Nous te rendons grâce. Aujourd’hui, nous t’en prions, dépose en
nos cœurs la plénitude de ta grâce. Que ton Esprit prie en nos cœurs, les
rendant toujours plus solidaire de l’humanité entière, nous accordant toujours
davantage à ton cœur qui n’est qu’amour.
Sr Myrèse le 8 octobre 2020


