Liturgie 27e mardi TO-II Luc 10, 38-42
Ouverture
C’est
une belle scène de la vie de Jésus que nous allons contempler aujourd’hui. Jésus,
en chemin avec ses disciples, entre chez Marthe pour partager un repas.
Une
scène ordinaire, toute simple. Marthe prépare le repas et, dans le récit, Marie
sa sœur s’est assise aux pieds de Jésus et écoute sa Parole. Elle semble faire
partie du décor. Marthe ne parle pas à sa sœur et Jésus s’adresse uniquement à
Marthe. Je ne peux m’empêcher en voyant cette scène de penser à cette
merveilleuse Parole de l’Apocalypse : Voici
que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un écoute ma voix ouvre la porte, j’entrerai chez lui ;
je dînerai avec lui et lui avec moi. (Apocalypse.3,20) Ainsi le Seigneur se
tient à la porte de notre cœur et désire partager un repas avec chacun de nous,
être accueilli en nous.
Et
nous, n’avons-nous pas au fond du cœur le désir d’accueillir Jésus, de le
recevoir, de le laisser être et demeurer en nous ? En commençant cette
célébration, demandons au Seigneur d’ouvrir la porte de notre cœur,
demandons-lui la lumière de son Esprit pour nous laisser vivifier, transformer
par sa Parole
Après l’évangile
La
rencontre de Marthe avec Jésus est une rencontre de désir. Jésus est entré chez
Marthe par la porte de son cœur. Marthe est magnifique dans son désir
d’accueillir le Seigneur, de le servir, d’être aux petits soins, de lui donner
la première place. Ce qui la contrarie, c’est de voir Marie aux pieds de Jésus,
qui écoute sa Parole, la laissant seule au service. Jésus connaît le cœur de
l’homme, cette tendance à regarder à l’extérieur, à regarder ce que l’autre
reçoit et qui éveille en nous une pointe de jalousie. Dans notre cheminement
spirituel nous perdons parfois ce regard intérieur qui nous met en lien profond
avec ce qui fait notre unité, avec ce qui nous est donné. Quand Jésus s’adresse
à Marthe : Marthe, Marthe, tu te
soucies et tu t’agites pour beaucoup de choses,
pourtant il en faut peu, une seule même… il le fait avec tendresse et
amour, avec beaucoup d’amour. Il connaît le cœur de Marthe. Il connaît son
désir profond de vivre cette rencontre avec Lui. Il sait combien son agitation
peut être source de division, de tension. Il l’aime avec sa fragilité, son
énervement, son regard assombri. Marie n’est pas si éloignée de Marthe, elle
est le reflet de cette intériorité, disponibilité à la Parole, et si Marthe est
au service du Seigneur c’est qu’elle a déjà entendu la Parole…et la met en
pratique. Jésus avec Marthe comme avec chacun d’entre nous ne cherche pas à
attiser la jalousie ou à valoriser Marie. Il regarde et aime Marthe en femme
unifiée, pacifiée, reliée à cette Parole qui la met debout pour être à son
service et sans doute à celui de ses disciples. Il la regarde dans sa beauté,
sa force intérieure. Quand il lui parle de cette part que Marie a choisie et
qui ne lui sera pas enlevée, il invite Marthe à rejoindre ce lieu de profondeur
où elle peut à nouveau entendre : « la
Parole est tout près de toi, elle est
dans ta bouche, et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique » (Deutéronome
30, 14). Marthe a pu repartir apaisée, réconfortée, avec un cœur renouvelé.
A Marthe comme à chacun d’entre nous cette part ne sera jamais enlevée.
Prenons
le temps de reconnaître dans le silence de nos cœurs la voix de Celui qui nous
invite à nous laisser aimer.
Introduction au Notre Père
Ensemble,
frères et sœurs, prions notre Père qui nous aime chacun d’un même amour :
…
Prière de conclusion
Seigneur,
tu nous invites à enraciner notre vie à la source de ton amour, à l’écoute de
ta Parole. Viens purifier nos pensées, dissiper nos ténèbres et nos agitations.
Viens demeurer en nous. Que par la grâce de ton Esprit notre humble travail
quotidien soit offrande et louange à la gloire de ton nom.
Chantal
Guiot le 6 octobre 2020
