vendredi 9 octobre 2026

Liturgie 27e vendredi TO-II Luc 11, 15-26 ; Galates 3, 6-14

Homélie

Certaines maisons sont directement identifiées comme habitées. Une lumière allumée, quelques chaussures dans l’entrée, une tasse oubliée sur la table… Et puis il y a ces maisons parfaitement rangées, impeccables, mais où l’on se demande presque : « Est-ce que quelqu’un vit vraiment ici ? » L’Évangile de ce matin nous parle justement d’une maison. Un homme a été délivré d’un esprit mauvais. Sa maison est « balayée et bien rangée ». Tout semble aller mieux. Mais Jésus ajoute quelque chose d’étonnant : l’esprit revient et trouve la maison vide. Alors il revient avec d’autres esprits, plus mauvais encore.

 

Pourquoi Jésus nous dit-il cela ? Parce que le mal ne consiste pas seulement à faire quelque chose de mauvais. Il peut aussi consister à laisser un vide. On se débarrasse d’une mauvaise habitude, d’une colère, d’une addiction, d’une rancune… mais par quoi la remplace-t-on ? Car une vie simplement « nettoyée » ne suffit pas. Il faut encore qu’elle soit habitée.

 

Et c’est peut-être là que la première lecture rejoint magnifiquement l’Évangile. Paul rappelle aux Galates qu’ils ont commencé leur chemin avec Dieu par la foi. Et maintenant ils cherchent à tout accomplir par leurs propres forces. Comme si la vie chrétienne consistait à devenir suffisamment parfait pour que Dieu puisse enfin être content de nous ! Paul leur pose une question très simple : avez-vous commencé par l’Esprit pour finir par vos propres forces ?

 

Nous connaissons bien cette tentation. Nous voulons régler nos problèmes, nous corriger, devenir meilleurs… et même parfois nous réussissons à transformer la foi en programme de développement personnel ! Mais l’Évangile nous rappelle que le salut n’est pas d’abord une affaire de rangement intérieur. Ce n’est pas notre force qui chasse le mal : c’est la présence du Christ. Jésus parle de « l’homme plus fort » qui vient vaincre l’homme fort. Et le plus fort, c’est lui.

 

Le pape François, commentant précisément cet Évangile, insistait sur le discernement et la vigilance : il faut apprendre à reconnaître ce qui vient de Dieu et ce qui nous éloigne de lui. Alors la question n’est peut-être pas seulement : « De quoi dois-je me débarrasser ? » Mais : « Qu’est-ce qui habite aujourd’hui mon cœur ? »

La rancune ou le pardon ? La peur ou la confiance ? Le découragement ou l’espérance ? Le repli sur moi-même ou la présence du Christ ? La foi d’Abraham dont parle saint Paul n’est pas la foi d’un homme qui maîtrise tout. C’est la foi d’un homme qui fait confiance.

 

Peut-être qu’aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de mettre toute notre vie en ordre. Peut-être avons-nous simplement besoin de laisser au Christ une vraie place. Car une maison peut être parfaitement rangée… et pourtant vide. Que notre cœur ne soit pas seulement débarrassé du mal : qu’il soit habité par Dieu.

Pierre Hannosset le 9 octobre 2020

https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/vendredi-de-la-27eme-semaine-du-temps.html


jeudi 8 octobre 2026

Liturgie de la Parole 27e jeudi TO-II Luc 11, 5-13 ; Galates 3, 1-5

Toutes mes excuses: cette méditation était déjà publiée en 2020! (Sr Marie-Christine)

Introduction

Aujourd’hui, la liturgie nous invite tout particulièrement à vivre dans la foi, et non dans le légalisme. Si on vit dans le légalisme, on transforme la vie en Christ en une religion, bien instituée, avec des ordres et des préceptes. Et on renvoie l’Esprit au ciel, comme superflu. Bien sûr il faut des lois pour organiser une vie en commun, mais la vie en Christ, la vie de la foi, ne vient pas superposer un registre de lois supplémentaires aux croyants : elle les invite à vivre dans le souffle de l’Esprit, avec pour priorité le seul commandement légué par Jésus : le commandement de l’amour. Un commandement qui ne nous laissera jamais en paix ! car si on peut penser qu’on a bien suivi la loi, il sera toujours difficile de dire qu’on a accompli totalement la loi de l’Amour ! Aussi pour le vivre il n’y a pas 36 façons : il nous faut accueillir à plein poumons, le souffle de Dieu, l’Esprit, qui est l’amour du Père et du Fils. Et donc ne pas hésiter à le demander encore et toujours, comme nous y invite l’Evangile d’aujourd’hui. Entrons en cette célébration par la prière des psaumes.

 

Méditation

Après avoir livré les paroles du Notre Père, Jésus poursuit un brin son enseignement sur la prière. Et plus particulièrement la prière de demande. Écoutons-le.

Tout d’abord les trois premiers versets de l’évangile du jour : l’histoire de l’ami importun. Marguerat à la suite de Maillot, nous fait remarquer un point que l’on oublie peut-être trop souvent. On lit ces versets, et on campe la scène : deux amis, un qui frappe à la porte avec insistance pour emprunter trois pains, et l’autre qui dort et se voit dérangé par cet appel, mais fini par se lever à cause du sans-gêne de l’ami ! Mais a-t-on bien lu le texte ? Il y a un premier ami dans l’histoire que l’on a oublié. Il y a une cascade d’amitié en ce texte : Il y a un premier homme qui arrive de voyage chez un deuxième. Le deuxième l’accueille et n’ayant pas de quoi le nourrir s’en va trouver le troisième pour lui demander du pain ! Voilà un beau contexte pour insérer notre prière. La demande du deuxième homme, appelé ami importun, est en fait enracinée dans un geste premier : il a lui-même ouvert sa porte à l’autre. Il l’a accueilli sous son toit, il a fait tout ce qu’il a pu, mais voilà il manque de pain. Alors il va demander ce pain à un tiers ! Ainsi la prière n’est pas ici une histoire à deux, entre moi et Dieu. Elle est manière d’apporter devant Dieu l’humanité entière, et l’humanité plus particulière qui a frappé à ma porte aujourd’hui. Ainsi en introduisant ce premier personnage dans la parabole, Jésus ouvre la prière à une sollicitude première. La prière ne me déresponsabilise pas ! Elle m’engage.

La deuxième partie de l’évangile de ce jour, est un appel à la confiance et à la persévérance : demandez, cherchez, frappez… Tu t’es laissé dérangé par l’humanité en détresse, va avec elle à Dieu, et demande. Et Jésus appuie son encouragement par un raisonnement a fortiori… quel père (digne de ce nom bien entendu) quel père bien qu’il ne soit pas parfait, donnerait la mort (serpent, scorpion) à son fils qui lui demande la vie (poisson, œuf). Si vous agissez ainsi, combien plus Dieu ! Lui qui est vraiment Père, absolument Père.

Enfin, dernière partie de l’évangile du jour, un conseil de Jésus : dans ta prière au Père, demande l’Esprit Saint !!! En accueillant l’Esprit tu entreras dans la danse de la Trinité. Tu comprendras alors de l’intérieur la prière, ce dialogue qui circule au sein même de la Trinité !

 

Invitation au Notre Père

Demandons au Père, l’Esprit Saint, afin de pouvoir dire avec Jésus, la prière qu’il nous a enseignée.

 

Prière conclusive

Seigneur, tu nous as donné ta Parole, tu nous partages ta vie trinitaire. Nous te rendons grâce. Aujourd’hui, nous t’en prions, dépose en nos cœurs la plénitude de ta grâce. Que ton Esprit prie en nos cœurs, les rendant toujours plus solidaire de l’humanité entière, nous accordant toujours davantage à ton cœur qui n’est qu’amour.

                                                                                                                         Sr Myrèse le 8 octobre 2020

mercredi 7 octobre 2026

Liturgie de la Parole 27e mercredi TO-II Luc 11,1-4 ; Galates 2, 1-2.7-14




En cette mémoire de Notre-Dame du Rosaire je vous mets aussi le lien vers la belle méditation de Pierre Hannosset : 
https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/notre-dame-du-rosaire-mettons-nous-en.html






Un peu d'air...

Photo: Sahara de Lommel, Belgique, Sept.2024

 Introduction

La prière que Jésus apprend à ses disciples, telle que Luc nous la rapporte dans l’évangile du jour, n’est pas tout à fait celle que nous récitons chaque jour. Je vous invite à l’écouter/ la lire attentivement. Elle est beaucoup plus courte. L’entendre sous cette forme « un peu différente » peut nous donner d’y réfléchir davantage. Je trouve même que cela peut raviver nos esprits.

 

Commentaire

J’aime bien cette prière proposée par Luc. Elle me donne un peu d’air... Je vous explique pourquoi.

 1.« Père ». Luc commence par « Père » et pas par « Notre Père qui es aux cieux ». Quelle entrée en matière : « Père ». Une proximité directe, avec un interlocuteur proche, accessible. Une relation intime « one to one » se crée immédiatement.

 « Père, Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne ».

Cela me rappelle mes cours de langue et de culture du Proche & Moyen Orient, et aussi un de mes séjours dans le désert du Sinaï. Nous étions emmenés par le fils d’un nomade qui nous a conduit à sa famille. Il salue son père et commence une longue série de phrases échangées dans une succession qui semble bien établie. Une cérémonie surprenante dans ce lieu totalement perdu. Ils multiplient les formules de politesse, les bénédictions, les vœux de paix, puis les questions sur la santé, la famille, la situation personnelle, en marquant un intérêt sincère pour l’autre. Plus cela dure, et plus on marque le respect pour celui à qui on s’adresse.

 C'est la tradition de chesed : bonté et bienveillance. C'est aussi du temps donné à la rencontre. On est loin d’un « bonjour », « salut », « Ave » lancé à la volée…

 Père. Je te salue. Je te bénis. Que tu sois. Paix sur toi et ta famille. Comment allez-vous ?

 2.La deuxième raison pour laquelle j’aime bien cette version de la prière, c’est sa simplicité, son inscription dans la tradition juive et dans la vie-même de Jésus, rabbi, juif. Jésus en a récité les paroles lui-même bien des fois : les paroles du Kaddisch avec ses thèmes de sanctification du nom de Dieu et de l’avènement de son règne, la bénédiction de l’Amidah (ou Shemoneh Esrei, avec les 18 bénédictions) et ses demandes de pardon et de protection contre les tentations, la bénédiction du Birkat Hamazon après les repas (« Que l’Éternel, notre Dieu, nous donne en abondance de la subsistance et de la nourriture chaque jour, et qu'il nous envoie les bénédictions célestes »).  

 Le contenu de la prière que Jésus propose résonne avec les thèmes juifs bien connus des disciples. Elle reprend les enseignements du Christ : le nom de Dieu est saint, Dieu est confiance et on peut avoir confiance, Dieu est pardon et on peut pardonner, Dieu peut protéger contre la tentation et on peut résister…

 La version de Matthieu est plus développée, structurée, avec des accents théologiques chrétiens : « Notre Père qui est aux cieux », « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », « Délivre-nous du mal ». On ne trouve pas ça dans Luc. La prière que nous récitons est bien adaptée à une dimension communautaire : « Notre Père ».

 3.Enfin, la 3e raison pour laquelle j’aime bien cette prière c’est qu’elle m’aide à redonner du sens (de la fraîcheur ?) aux demandes qui suivent les bénédictions :

    1. « Donne-nous le pain dont nous avons besoin chaque jour » (Luc) versus « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » (Mattieu). Le pain dont nous avons besoin chaque jour - ce n’est pas une demande pour avoir aujourd’hui le pain du jour… C’est un remerciement pour le pain donné aujourd’hui (cfr. supra).
    2. « Pardonne-nous nos péchés car nous-mêmes nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous » (Luc) versus « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu).

i.Péché, offense : ce ne sont pas les mêmes mots en français ; en grec non plus. Le « péché », c’est un acte contre Dieu, un tort envers Dieu. L’« offense », c’est une faute morale envers Dieu. Nuance !

ii.« Car nous pardonnons » (Luc) versus « Comme nous pardonnons » (Matthieu) - en anglais : « for we also forgive » vs « as we have also forgiven » 

Car : parce que. Dans Luc, on demande à Dieu de pardonner parce que nous pardonnons. Le pardon est en cours et cela soutient notre demande à Dieu. C’est là, maintenant que cela se passe, en parallèle.

Comme… « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons » (Matthieu). Dans le texte grec, le verbe est au passé « comme nous avons pardonné à ceux qui nous ont offensés ». Nous avons déjà pardonné et nous demandons de Dieu de nous pardonner de la même manière. Le pardon humain est accompli et c’est cette condition remplie qui sert de modèle pour le pardon divin. Similitude stricte.

    1. Les nuances sont subtiles, mais elles remettent toutes deux en lumière que le pardon humain et divin sont liés…. Perso, j’aime bien l’approche spirituelle plus ouverte de Luc, plus spontanée et personnelle…
    2. « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Luc demande une aide, une sorte de support, de guidance divine. Il n’ajoute pas « et délivre-nous du mal ». Dans Matthieu, avec cela, je sens exprimée la vulnérabilité humaine et la nécessité d’une protection divine sur laquelle on s’appuie ; dans Luc je sens exprimée une responsabilité personnelle dans la vie spirituelle, une invitation à rester vigilant et à prendre des mesures pour éviter le péché avec l’aide de Dieu. J’aime bien ! Mais par expérience, nous savons que c’est un mix des deux : acceptation de la vulnérabilité et responsabilité personnelle.

Nous voilà déjà à la fin de la prière. Pas de Amen, de puissance et de gloire.

Retenez que cette prière apprise par Jésus à ses disciples, telle que rapportée par Luc, est une mise en relation personnelle avec Dieu, qui est accessible et bienveillant. C'est une prière de juif mais aussi une prière de chrétien lucide et responsable. Une prière à dire, une prière à relire de temps en temps...

NB : Je n’ai rien contre la version de Matthieu, hein ! 😉😇🙏

Isabelle le 7 octobre 24

mardi 6 octobre 2026

Liturgie de la Parole 27e mardi TO-II Luc 10, 38-42

Ouverture

C’est une belle scène de la vie de Jésus que nous allons contempler aujourd’hui. Jésus, en chemin avec ses disciples, entre chez Marthe pour partager un repas.

Une scène ordinaire, toute simple. Marthe prépare le repas et, dans le récit, Marie sa sœur s’est assise aux pieds de Jésus et écoute sa Parole. Elle semble faire partie du décor. Marthe ne parle pas à sa sœur et Jésus s’adresse uniquement à Marthe. Je ne peux m’empêcher en voyant cette scène de penser à cette merveilleuse Parole de l’Apocalypse : Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un écoute ma voix ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je dînerai avec lui et lui avec moi. (Apocalypse.3,20) Ainsi le Seigneur se tient à la porte de notre cœur et désire partager un repas avec chacun de nous, être accueilli en nous.

Et nous, n’avons-nous pas au fond du cœur le désir d’accueillir Jésus, de le recevoir, de le laisser être et demeurer en nous ? En commençant cette célébration, demandons au Seigneur d’ouvrir la porte de notre cœur, demandons-lui la lumière de son Esprit pour nous laisser vivifier, transformer par sa Parole

 

Après l’évangile

La rencontre de Marthe avec Jésus est une rencontre de désir. Jésus est entré chez Marthe par la porte de son cœur. Marthe est magnifique dans son désir d’accueillir le Seigneur, de le servir, d’être aux petits soins, de lui donner la première place. Ce qui la contrarie, c’est de voir Marie aux pieds de Jésus, qui écoute sa Parole, la laissant seule au service. Jésus connaît le cœur de l’homme, cette tendance à regarder à l’extérieur, à regarder ce que l’autre reçoit et qui éveille en nous une pointe de jalousie. Dans notre cheminement spirituel nous perdons parfois ce regard intérieur qui nous met en lien profond avec ce qui fait notre unité, avec ce qui nous est donné. Quand Jésus s’adresse à Marthe : Marthe, Marthe, tu te soucies et tu t’agites pour beaucoup de choses, pourtant il en faut peu, une seule même… il le fait avec tendresse et amour, avec beaucoup d’amour. Il connaît le cœur de Marthe. Il connaît son désir profond de vivre cette rencontre avec Lui. Il sait combien son agitation peut être source de division, de tension. Il l’aime avec sa fragilité, son énervement, son regard assombri. Marie n’est pas si éloignée de Marthe, elle est le reflet de cette intériorité, disponibilité à la Parole, et si Marthe est au service du Seigneur c’est qu’elle a déjà entendu la Parole…et la met en pratique. Jésus avec Marthe comme avec chacun d’entre nous ne cherche pas à attiser la jalousie ou à valoriser Marie. Il regarde et aime Marthe en femme unifiée, pacifiée, reliée à cette Parole qui la met debout pour être à son service et sans doute à celui de ses disciples. Il la regarde dans sa beauté, sa force intérieure. Quand il lui parle de cette part que Marie a choisie et qui ne lui sera pas enlevée, il invite Marthe à rejoindre ce lieu de profondeur où elle peut à nouveau entendre : « la Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche, et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique » (Deutéronome 30, 14). Marthe a pu repartir apaisée, réconfortée, avec un cœur renouvelé. A Marthe comme à chacun d’entre nous cette part ne sera jamais enlevée.

Prenons le temps de reconnaître dans le silence de nos cœurs la voix de Celui qui nous invite à nous laisser aimer.

 

Introduction au Notre Père

Ensemble, frères et sœurs, prions notre Père qui nous aime chacun d’un même amour : …

 

Prière de conclusion

Seigneur, tu nous invites à enraciner notre vie à la source de ton amour, à l’écoute de ta Parole. Viens purifier nos pensées, dissiper nos ténèbres et nos agitations. Viens demeurer en nous. Que par la grâce de ton Esprit notre humble travail quotidien soit offrande et louange à la gloire de ton nom.

Chantal Guiot le 6 octobre 2020

lundi 5 octobre 2026

Liturgie de la Parole 27e lundi TO-II Luc 10, 25-37 ; Galates 1, 6-12

Introduction

Bonjour, nous sommes rassemblés autour de la Parole pour l’écouter et nous en nourrir, pour la laisser nous transformer à la ressemblance du Seigneur.

Saint Paul dans la lettre aux Galates défend l’Évangile du Christ. Pourquoi ? « Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Évangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine. »

Cet Évangile, le verset de l’Alléluia le résume bien « Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »

Quelle invitation ! Que le Seigneur vienne lui-même la réaliser en nous.

Prions-le avec confiance par le chant des psaumes.

 

Méditation

Regardons ensemble cet évangile bien connu. Le scribe vient mettre Jésus à l’épreuve, ce qui n’est pas forcément négatif, les rabbins dialoguaient, et peut-être le font-ils encore aujourd’hui, je ne sais, sur le mode des questions et réponses, comme chez les pères du désert où un moine venait voir un ancien pour lui poser LA question « Abba, dis-moi une parole de vie ».

 

Ce scribe nous ressemble « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Faire et avoir ! Je raisonne souvent ainsi.

Mais ne s’agirait-il pas plutôt d’être et de recevoir ? Changer la perspective, changer mon regard, finalement me convertir, serait plus juste, plus ajusté à « l’Évangile reçu… par révélation de Jésus Christ » (Galates)

 

Et oui, non pas « avoir en héritage » mais recevoir ! D’ailleurs un héritage se reçoit et seuls les enfants héritent, ou ceux qui sont si proches qu’ils sont assimilés à des enfants par le donateur.

Comment être enfant de Dieu, voilà la grande question de notre vie chrétienne.

 

Et Jésus répond par une autre question : « Comment lis-tu ? » Comment comprends-tu ce que tu lis ? Comment le vis-tu ?

Luc est le seul évangile où c’est le scribe qui fait le rapprochement entre les deux commandements et non Jésus.

Jésus le reconnaît et l’invite à le faire pour vivre : « Fais ainsi et tu vivras ». Telle est la réponse de Jésus ! Le scribe avait demandé que dois-je faire, il a trouvé en lui-même la réponse ! Qu’il la vive pour vivre.

 

Le scribe veut aller plus loin, il veut se justifier, se montrer à lui-même qu’il vit dans la justice, qu’il est ajusté aux commandements

Or le prochain dans la mentalité d’alors, et souvent dans la nôtre, c’est celui qui est proche de nous, notre frère de race et de religion !

Et c’est là que Jésus ouvre une perspective que nous n’avons pas finie de creuser et surtout de vivre : non pas qui est ton prochain, mais de qui t’es-tu fait proche ?

Cela change tout. Au fond c’est ce qu’a fait Dieu, pardon, ce qu’il ne cesse de faire : c’est lui qui se fait proche, qui vient à nous, qui est le premier à faire la route, qui vient nous chercher pour nous conduire à lui.

Il ne suffit pas de le savoir en théorie ! Il faut le vivre à notre tour : prends soin de lui ! C’est ce qu’a fait le samaritain et ce qu’il invite l’aubergiste, celui qui l’accueille chez lui, en lui, à faire.

 

Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.

 

Le samaritain était en route, comme Jésus (Luc note 17 fois le mot « route « les autres évangélistes au plus 4 fois) ; et remarquons le nombre de verbes pour décrire l’arrivée et l’action du samaritain : 10 verbes !

Les pères de l’Église ont reconnu dans ce bon samaritain, Jésus lui-même venant au secours de l’homme blessé par le péché, chaque homme qu’il voit, pour lequel il est saisi de compassion, dont il prend soin comme si lui seul existait !

Et Jésus ne peut que dire à celui qui l’a interrogé pour recevoir une parole de vie : « Va, et toi aussi, fais de même. ».

Va, fais-route sans cesse, et toi, fais sans cesse semblablement. Quelle belle invitation pour marcher sur le chemin de l’Évangile ! Nous comprenons que Paul ne veut pas que les Galates passent à un Évangile différent !

 

Seigneur, pardonne mes indifférences et les fois où je passe à côté de mon frère, de ma sœur, où je ne sais pas me faire proche.

Que ton Esprit m’aide à vivre cet évangile aujourd’hui et chaque jour, sans cesse.

 

Invitation au Notre Père

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » :  Que l’Esprit d’amour et de vie vienne en nous et nous aide à vivre en vérité ta prière, Seigneur… Notre Père

 

Oraison de conclusion

Dieu de vie et de bonté, regarde-nous, regarde tous ceux qui cherchent le chemin de la vie. Accorde-nous la grâce de ne jamais passer de l’autre côté, quand, au détour du chemin, tu nous fais rencontrer une personne meurtrie par la vie.

Toi dont le Fils est venu partager notre vie, nos peines et nos joies, donne-nous de marcher avec Lui dans la voie de l’amour et de laisser notre cœur être touché de compassion. Lui qui avec toi prends soin de nous et nous donne en héritage ta vie dans l’Esprit dès maintenant et pour toujours.

Sr Marie-Christine le 5 octobre 2020