Liturgie 19e jeudi TO-II Matthieu 18, 21-19, 1, Ezéchiel 12, 1-12
Introduction
Dans
la première Lecture, Dieu demande à Ezekiel de quitter sa maison occupée par
des gens qui ne voient pas, qui n'entendent pas, « une engeance de
rebelles », dit-il. Ezekiel doit quitter cet endroit, comme un exilé et
les yeux bandés, vers un autre lieu.
C'est un signe pour la maison d'Israël qui partira en exil. Le prince se
bandera les yeux pour ne plus voir son pays.
En
saint Mathieu, Pierre demande à Jésus combien de fois il faut pardonner à son
frère, alors Jésus raconte la parabole du roi qui règle ses comptes avec ses
serviteurs.
Pour
entrer dans cette célébration, chantons les psaumes en rendant gloire à Dieu
qui nous pardonne.
Commentaire
Combien
de fois n'entendons-nous pas cette phrase « je ne lui pardonnerai
jamais » ?
Les
pharisiens disaient qu'il fallait pardonner trois fois. Pierre pense rejoindre
la pensée de Jésus en pardonnant sept fois, mais Jésus l'invite à pardonner
sans limite.
« Nous
qui entendons aujourd'hui cette invitation, ne risquons-nous pas d'en rester
aux belles théories sans réel impact sur la réalité ? Il nous est déjà
bien difficile de pardonner à ceux qui nous ont blessés par une parole
désobligeante... ou une indifférence méprisante ou à ceux qui nous ont trompés.
Alors, comment parler de pardon pour un assassin, un violeur, un dictateur qui
écrase son peuple, un grand propriétaire qui exploite les petits paysans, un
trafiquant de drogue qui détruit toute une jeunesse ?
Et
Dieu répond : « je sais que le pardon n'est pas à votre portée. La
pardon, c'est moi qui l'ai inventé et mon Fils sur la croix m'a supplié de
pardonner aux hommes.
Le
pardon, c'est un don que j'accorde à ceux qui me le demandent ; c'est la
plus belle manifestation de mon Esprit au cœur de l'homme. Pardonner, c'est
avoir part au don de ma propre vie, c'est accueillir une part-donnée de mon
amour. »
C'est
vrai que le pardon défie toute logique humaine, mais il est la seule force
capable d'enrayer la spirale de la violence. Il est la seule brèche possible
dans le mur de béton armé de la rancune. Réfléchissons, celui qui ne pardonne
pas rend captive la miséricorde de Dieu. En refusant de la communiquer aux
autres, il l'empêche de prendre corps en lui. On ne reçoit la liberté de Dieu,
qu'en devenant soi-même libérateur.
La parabole est celle de notre vie quotidienne : celui qui a été gracié ne
fait pas de grâce alors que le don de Dieu est fait pour être partagé, le
pardon pour être imité. La grâce est bloquée par celui qui garde ce qu'il a
reçu. Le pardon de Dieu précède notre pardon pour le rendre possible mais
celui qui ne pardonne pas ne peut être pardonné. Si nous faisons obstacle au
pardon divin en ne le partageant pas, nous nous en excluons nous-mêmes. Le
pardon de Dieu s'accomplit dans la communauté dans la mesure où il circule
entre les frères et sœurs.
Finalement,
seule la contemplation amoureuse de Dieu nous fera entrer dans le mystère du
pardon évangélique qui est une nouvelle naissance pour le pardonné et pour le
pardonnant. Si Jésus nous demande l'impossible, c'est justement pour le rendre
possible ». (*)
Danièle le 13 août 26
(*) Extrait du livre « Paroles pour la route » (quelques homélies de l'Abbé Roger Gillet)