mardi 7 juillet 2026

Liturgie 14e mardi TO-II Matthieu9, 32-38 ; Osée 8, 4-7.11-13

Introduction

« Ils ont fait des rois, mais sans mon aveu, ils ont fait des chefs mais à mon insu… puisqu’ils sèment le vent, ils moissonneront la tempête. » Que faisons-nous du Seigneur ? Qui ou que mettons-nous à sa place ? Cette parole d’Osée est vraiment prophétique et toujours d’actualité. Jésus, dans l’Evangile de Matthieu va nous enseigner qui est Dieu et ce qu’il attend de nous. Une invitation à prier, écouter puis répondre.

Méditation

Ce que nous venons d’entendre n’est pas un slogan publicitaire ou une proposition de boulot via la voix d’un agent intérimaire. C’est la demande de Jésus à ses disciples et à tous ceux qui ont le désir de le suivre : prier, écouter, répondre ; décider une fois pour toutes que notre vie est sous la guidance du Saint-Esprit et non pas sous la guidance de nos projets ou de notre volonté.

La guidance du Saint Esprit. C’est celle que Jésus a vécue : « Je dis ce que j’ai vu chez mon Père » (Jean 8, 38) ; « Ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé ce que j’avais à dire et à faire connaître » (Jean 12, 49). Je trouve cela fascinant ! C’est possible de se laisser mouvoir, de se laisser émouvoir, de se laisser bouger par le Saint Esprit.

Ce serait intéressant de s’arrêter pour une relecture de nos vies où nous pourrions mettre le doigt sur ces visitations du Saint-Esprit à travers des rencontres, des événements, des activités, des partages… et de voir comment nous l’avons écouté et lui avons répondu.

Je voudrais que nous regardions d’un peu plus près comment ça se passe pour Jésus pour mieux comprendre à quoi il nous invite !

Jésus est en pleine activité. Il parcourt toutes les villes et villages, il y enseigne dans les synagogues, il proclame la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et guérit toute sorte de maladies et d’infirmités. Tout ce qu’il fait est pour restaurer et mettre en œuvre la vie. L’ampleur du travail est immense.

« Voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles, parce qu’elles étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger »

Cette attitude de Jésus me touche beaucoup. De quelle pitié s’agit-il ? Il y a une manière viscérale de ressentir de la compassion : il est saisi aux entrailles. Il a la boule au ventre de voir toutes ces foules de gens fatigués, abattus, qui errent comme des brebis sans berger. Tous ces gens ont leur raison pour suivre Jésus. Certains, il ne faut pas être dupe, viennent pour être guéris, leur confiance est liée à leur besoin du moment, un besoin de guérison, et Jésus les guérit ou les libère de démons. D’autres ont soif de plus de vie, de mieux être. Alors, à travers ses paroles et ses miracles, Jésus fait plus que guérir, il fait apparaître Dieu ; mais cette vision, cette perception de Dieu ne s’impose pas. Elle se propose. Ce que Jésus induit, c’est que la puissance de l’Amour de Dieu est le seul pouvoir de guérir de manière définitive. En ce sens, ses miracles, au même titre que ses paroles, sont des enseignements qui ouvrent sur des perspectives de vie.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson »

Le constat est criant, aujourd’hui pas moins que hier. Si le Saint Esprit. nous suggère de faire quelque chose, le faisons-nous ?  La vie dans le Saint Esprit demande un lâcher-prise total parce que se laisser conduire par lui, c’est lâcher la conduite uniquement par mode de projet. Sans doute il est nécessaire de réfléchir mais aussi remettre le fruit de la réflexion au Saint Esprit. L’intelligence seule, la rationalité seule n’a aucun goût. C’est juste cohérent, ou pas cohérent, selon le cas, mais ça n’a pas de goût. Par contre, la rationalité remise au Saint Esprit nous fait dire : « Cette solution-ci, quand je l’envisage, me donne de l’enthousiasme et de la joie, et cette solution-là, quand je l’envisage, m’alourdit complètement ». Cà c’est le goût.

J’expérimente avec bonheur ce travail de restauration au nom de Jésus, dans l’accompagnement de détenus. Je pourrais sûrement me sentir dépasser par l’ampleur du travail si j’en faisais une affaire personnelle mais dans cette perspective de collaborer à l’œuvre du Saint Esprit il y a une légèreté, un bonheur et un enthousiasme qui ne trompe pas. La vie dans le Saint Esprit a un goût. Comme dit Bernard BASTIAN quand on n’a pas le cœur brûlant on a le cerveau brûlant. On a plein d’idées, de bonnes idées, on construit des plans, des projets, des stratégies, des pastorales… et il arrive que personne n’en veuille ou que ça ne marche pas. Et après, on est fatigué. Tout cela doit nous éveiller. Cela signifie que c’est l’Esprit qui conduit, l’Esprit qui est dans l’Evangile et l’Esprit qui est dans notre cœur.

Alors, oui, en lisant l’évangile d’aujourd’hui, je reconnais les prophètes, les guérisseurs, les pacifistes et les pacifiants, aussi les pourvoyeurs de justice, les écoutants, les accueillants, les aidants qui, aujourd’hui travaillent, consciemment ou inconsciemment, à la réalisation du Royaume. Je reconnais aussi tous les lépreux, les aveugles, les sourds, les malades, les endeuillés, les exclus pour toutes sortes de raisons qui, dans la foi, consciente ou inconsciente, sont mis ou remis debout. Aucune de ces personnes ne fait la « une » des journaux… ou trop rarement. Cependant chacun et chacune d’entre elles sont un levier créateur du Royaume annoncé. Chacun et chacune d’entre elles me donnent à croire que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans le monde ou plus particulièrement dans le cœur des hommes. Voilà ce que les récits de miracles me permettent de discerner, voilà ce qu’ils me font percevoir de cette présence bénéfique de l’Esprit de Pentecôte à l’œuvre dans nos vies d’hommes et de femmes.

Priez le maître de la moisson qu’il envoie les ouvriers, que nous sommes tous et toutes, à sa moisson.

Introduction au Notre Père

Seigneur Jésus, c’est toi qui nous montres l’exemple, c’est toi qui nous invites à mettre nos pas dans les tiens et à goûter au bonheur de vivre de ta vie. Pour que nous osions l’aventure avec toi, inspirés par l’Esprit de vérité et de vie, prions notre Père comme toi-même tu nous l’as enseigné.

Prière de conclusion

Seigneur, Tu es le Dieu de l’inattendu, de l’imprévisible mais avec certitude Tu es le Dieu de la Vie. Apprends-nous à entendre ta voix, rends-nous docile à ton enseignement et donne-nous le bonheur de te servir là où Tu nous y appelles.

Raymond le 7 juillet 2020

lundi 6 juillet 2026

Liturgie de la Parole 14e lundi TO-II Matthieu 9, 18-26 ; Osée 2, 16-18.21-22

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en église.

Infidélité – conversion – confiance.

Les deux lectures proposées à notre méditation et à notre prière s’harmonisent dans leurs différences.

La belle page du prophète Osée nous parle du cœur de Dieu :

« Mon épouse infidèle, je vais la séduire… ».

Quant à l’extrait de l’évangile selon Matthieu, il nous parle aussi du cœur de Dieu, lorsque Jésus le reflète, en répondant aux sollicitations et détresses de ses contemporains.

Afin que notre cœur batte à l’unisson de celui de Dieu, faisons nôtres les intentions des hommes et femmes de notre temps.

Et chantons avec le psalmiste :

« Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais »

 

Méditation

Les deux lectures proposées me semblent se situer en miroir.

Rappelons que la prédication du prophète Osée se situe au 8e siècle, dans le Royaume du Nord.

L’infidélité de l’épouse – image de son peuple – offre au Dieu d’Israël de manifester sa fidélité amoureuse.

Il veut lui faire retrouver son amour d’antan et renouveler l’alliance avec elle :

« dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse… dans la loyauté »

L’évangile, lui, répond à l’attente de Dieu.

Deux personnes, un homme et une femme, se tournent vers Jésus.

Le notable se prosterne, comme on le ferait devant Dieu, en démarche de supplication.

Il intercède pour sa fille et témoigne d’une foi puissante :

« Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra »

 

Une femme, ensuite, « souffrant d’hémorragies depuis douze ans », témoigne aussi d’une grande foi :

« Elle se disait en elle-même : ‘Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée’ »

 

De part et d’autre, il y a exaucement :

« ‘Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée’. Et, à l’heure même, la femme fut sauvée »

« Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort »

 

Ces deux récits sont offerts à notre méditation, questionnent notre vie.

Dieu nous prend tels que nous sommes, en situation d’infidélité ou de fidélité, de cœur totalement ou partiellement tourné vers Lui.

Dieu nous montre le chemin de la foi, de la vraie vie.

Il nous invite à faire mémoire de notre « jeunesse », de ce jour « où nous sommes sortis du pays d’Égypte ».

Faire mémoire de ces « minutes étoilées », comme disait Maurice Zundel, où s’est manifesté un salut, un relèvement.

 

Aujourd’hui, le Seigneur s’adresse à chacun(e) de nous.

Et même si, comme dans l’évangile, les joueurs de flûte font entendre un chant de deuil, de souffrance, d’épreuve, de désespérance, de mort, n’hésitons pas à nous tourner vers Jésus et à le supplier.

Il n’est jamais trop tard !

Les mots du psalmiste peuvent nous y aider…

Laissons-les résonner en nos profondeurs :

« Le Seigneur est tendresse et pitié,

lent à la colère et plein d’amour ;

la bonté du Seigneur est pour tous,

sa tendresse, pour toutes ses œuvres ».

Temps de silence

 

Notre Père

Entrons dans la prière de Jésus, cette prière qui l’a aidé à trouver Sa force en Son Père…

 

Prière

Dieu notre Père, Dieu d’Israël, par ton prophète Osée, tu as redit ton désir d’une Alliance renouvelée avec ton peuple, avec chacun de nous.

Cette alliance se manifeste dans toute démarche de foi, de confiance, envers ton Fils.

Accorde-nous de nous tourner vers Toi, jour après jour, pour T’offrir nos souffrances, nos combats, nos morts. C’est en Toi que nous trouverons la source de Vie, c’est de Toi que nous recevrons la force pour poursuivre le chemin, c’est grâce à Toi que nous renouvellerons notre Espérance.

Nous te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

Bénédiction

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde…

(Sr Marie-Jean Noville) le 8 juillet 2024

 

dimanche 5 juillet 2026

Liturgie de la Parole 14e dimanche A Matthieu11, 25-30 ; Zacharie 9, 9-10 ; Romains 8, 9.11-13

Homélie

            Lorsque je dis « le soleil se lève » ou « se couche » tout le monde comprend qu’il s’agit d’un langage symbolique et non pas que le soleil sort de son lit ou s’y couche ! Notre vocabulaire est plein d’expressions imagées.   Quelques exemples : « Il a mis les pieds dans le plat » ou « je suis passé par le petit trou » … Les Evangélistes utilisaient aussi ce procédé. Il ne faut donc pas interpréter de manière littérale certaines expressions de l’Evangile que nous venons d’entendre.

            Lorsque Jésus dit : « Père ce que tu as caché aux sages et aux savants tu l’as révélé aux tout-petits » je comprends ainsi : « Père, je suis heureux parce que, parmi les personnes qui ont entendu ma parole, il se fait que ce sont les plus petits qui l’ont comprise. »

Il est évident que Dieu n’a rien voulu cacher volontairement aux sages et aux savants.  Il n’a rien contre eux.  Mais il est certain que pour s’approcher de Dieu, il ne suffit pas d’utiliser son raisonnement et son intelligence.  Il faut surtout y mettre son cœur.  De la même façon que nous pouvons lire tous les livres sur l’amour sans le vivre, connaître toute la théologie sans vivre selon l’Evangile.  La foi est d’abord une affaire de cœur !

            Jésus est allé vers tous sans exclusion : vers les riches comme vers les pauvres, les savants comme les illettrés, vers les pharisiens et les scribes comme vers les publicains et les pécheurs.  A tous, Jésus dit ce qu’il pense. :
3 exemples :

1- Aux pharisiens il déclare : C’est l’extérieur de la coupe et du plat que vous purifiez mais votre intérieur est rempli de rapacité et de méchanceté. (Luc 11,39
2- Après la multiplication des pains il déclare au peuple : « c’est parce que vous avez reçu à manger gratuitement que vous me suivez » (Jean 6,26).
3- Jésus rabroue Pierre en disant : « Arrière de moi Satan tes vues ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. » (Marc 8,33) 

Jésus avait son franc-parler.  Très vite, il a été rejeté par les gens du pouvoir.  Les pharisiens se sont acharnés contre lui.

            Jésus en a beaucoup souffert et s’est retrouvé dans le camp des blessés de la vie.  Il leur dit : « Venez-à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. »   « Venez à moi », je suis avec vous.

            Aujourd’hui, chez nous, ceux qui sont accablés par le fardeau de la vie sont les foules qui n'ont pas le minimum vital.  Ce sont aussi ceux qui travaillent pour un salaire de misère.

Lorsque nous souffrons il est toujours plus facile d’être compris par des personnes qui ont connu une souffrance semblable.  Il existe des groupes de paroles pour personnes atteintes d’un cancer, pour parents qui ont perdu un enfant, pour personnes veuves, etc …  Cela soulage énormément de porter ensemble le fardeau.

 

            De même dans l’évangile, Jésus ne prend pas notre croix à notre place, mais il la porte avec nous.

Jésus utilise l’image du joug.  Jadis, les cultivateurs travaillaient avec des bœufs.  Ceux-ci étaient reliés l’un à l’autre par un joug.  Un bœuf seul tirait difficilement une charrue.  A deux, en étant reliés par un joug, leurs forces étaient plus que doublées. 
Le Christ voit nos peines.  Il ne veut pas nous laisser seuls.  S’il nous invite à prendre son joug, c’est parce qu’il veut porter nos fardeaux avec nous.  Il nous suffit d’accepter d’être reliés à Lui afin de rendre notre fardeau plus léger.

            « Je vous procurerai le repos. »  dit Jésus.  Avec Lui, nos fardeaux n’auront pas disparu.  Mais ils cesseront de nous anéantir.  Nous ne serons plus seuls à les porter.

            L’invitation de Jésus : « Venez à moi » est toujours actuelle surtout lorsque nous avons de lourds fardeaux à porter.  Par exemple : soucis de santé ou de famille, soucis financiers, soucis de voisinage ou avec des collègues, soucis avec les règles de l’Eglise ou avec le message diffusé par le curé de la paroisse, …

 

« Personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » Pour « con-naître » Dieu, autrement dit littéralement pour naître avec Lui, il nous faut accepter de nous laisser aimer, comme un enfant se laisse prendre dans les bras de son papa et de sa maman.

Aujourd’hui, à travers jésus, c'est l'infinie tendresse de notre Dieu que nous découvrons.  Lui qui est « doux et humble de cœur ».

Puissions-nous aussi dire à des personnes : « Viens, toi qui peines sous le fardeau… trouve un peu de repos, de paix, d’amitié !’ »
Abbé. Fernand STREBER, Hurtebise le 5 juillet 26

 

Li p’tit rawett’

LA MARCHE D'UN ANE

J'avance comme l'âne de Jérusalem dont le Messie, un jour des Rameaux, fit une monture royale.  Je ne sais pas grand-chose, mais je sais que je porte le Christ sur mon dos et j'en suis fier.  Je le porte, mais c'est Lui qui me mène.

J'avance à petits pas par des chemins escarpés.  Quand je bute contre une pierre, mon Maître doit être bien caboté, mais il ne me reproche jamais rien.  Il me laisse même le temps de saluer une ravissante ânesse, de rêver devant un champ de lavande.

J'avance, en silence.  C'est fou comme on se comprend sans se parler.  D'ailleurs, je n'entends pas trop quand il me souffle des mots à l'oreille.  La seule parole de lui que j'ai comprise semblait être pour moi et je peux témoigner de sa vérité : "Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger". C'est comme quand je portais sa mère vers Bethléem, juste avant Noël.  Elle pesait peu, n'étant occupée que de l'avenir en elle.

Quand je veux chanter ses louanges, je fais un boucan de tous les diables, je chante faux.  Lui, alors, il rit de bon cœur, d'un rire qui transforme les ornières en pistes de danse et mes sabots en sandales de vent.  Ces jours-là, je vous jure, on fait du chemin !

J'avance comme un âne qui porte le Christ sur son dos.

Inspiré de Roger Etchegaray.

samedi 4 juillet 2026

Liturgie de la Parole 13e samedi TO-II Matthieu 9, 14-17 ; Amos 9, 11-15

Introduction

Alors quoi de neuf aujourd’hui ? Rien ? vous êtes sûrs ? attention à l’habitude ! Aujourd’hui les deux lectures nous parlent d’un vin nouveau ! dans le premier Testament, dans un oracle qui date probablement de l’exil, Amos annonce que le Seigneur va relever la hutte de David, que la terre ruissellera de vin nouveau, que le peuple d’Israël rebâtira ses villes dévastées. Promesse de bonheur ! Dans l’évangile, Jésus répond à ceux qui s’étonnent, s’offusquent du manque d’ascèse de ses disciples : voyez un peu, ils ne jeûnent pas comme jeûnent les disciples de Jean ! Et Jésus rappelle que le jeûne est d’actualité en l’absence de l’Epoux, du Messie, non en sa présence. Et il invite à revoir la manière de vivre : on ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres… ah encore du vin nouveau ! dites-moi l’Evangile est-il pour nous un vin nouveau ! un vin qui fait craquer nos vieilles outres ? nos vieilles certitudes, nos vieilles assurances… nous expose-t-il à une vie nouvelle ? demandons la lumière de l’Esprit pour recevoir la Parole que Dieu aujourd’hui nous adresse. 


Après l’évangile

Toujours jamais contents… on pourrait ainsi parler des interlocuteurs de Jésus. Dans le passage précédent, Jésus a appelé Matthieu, celui-ci offre un repas en sa maison. Les pharisiens murmurent parce que Jésus mange avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs. Avec l’épisode d’aujourd’hui, nous sommes toujours en cette maison, à cette même table. Cette fois ce sont les disciples de Jean qui viennent accuser : pourquoi les disciples de Jésus ne jeûnent-ils pas comme eux ? 

Qu’il est difficile d’accueillir la nouveauté de l’Evangile ! qu’il est difficile de ne pas vouloir de suite le l’enfermer dans des normes, des lois, qu’il est difficile de ne pas vouloir l’enfermer dans des rites et des pratiques. Pouvons-nous accepter que l’Evangile est comme un vin nouveau. Si nous voulons l’enfermer dans nos certitudes, dans nos structures, dans nos institutions… il va tout faire craquer… comme les vieilles outres. 

Pouvons-nous accepter un Dieu libre, un évangile qui bouscule, qui renouvelle, qui dérange ? 

La vie spirituelle, qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas un chemin de confort. La vie monastique, la vie religieuse, la vie baptismale, ce n’est pas un style de vie acquis une fois pour toutes, qui nous dispense de remise en question au quotidien. Le moment clé, fondateur, de nos vies, c’est peut-être le jour où nous nous trouvons assis par terre au milieu des décombres de tout ce que nous avions échafaudé : la vie religieuse doit être ainsi, la foi se vit ainsi, se célèbre ainsi. Lorsque nous nous trouvons au cœur d’un champ de décombres : l’Eglise nous savions comment elle devait vivre, prier, s’organiser. Et puis tout s’effondre et est remis en question… on est là assis au milieu d’un champ de ruines. Comme le peuple d’Israël, le peuple de Juda, qui ont vu leur temple saccagé, leurs rois déportés, leur terre, la terre promise, livrée au pillage, occupée par l’ennemi. La tentation dans ces moments, c’est de rassembler ses forces pour rebâtir à l’identique, peut-être même en plus costaud, plus bétonné. On le voit bien aujourd’hui, cette tentative de certains de rebâtir notre Eglise en regardant le passé, les yeux rivés sur le rétroviseur plutôt que sur la route inconnue qui s’ouvre devant nous. 

La grâce est sans doute ailleurs, travaille sans doute ailleurs que dans la reconstruction à l’identique. Si seulement nous découvrions combien la vérité que nous croyions détenir, nous échappe, nous échappe définitivement. Car la vérité, est une personne, qui en plus s’est présentée comme chemin, vérité, vie. Si nous acceptons de nous mettre en route, avec nos questions et non nos certitudes, avec pour bâton de pèlerin, la foi en Celui qui nous accompagne. Alors l’Evangile pourra être en nos vies, ce pétillant qui fait craquer nos vieilles outres, nos vieilles certitudes. Ce pétillant qui nous invite avec notre Dieu à faire toutes choses nouvelles, sans crainte. 


Introduction au Notre Père

Seigneur Jésus, c’est quoi qui nous a mis en chemin, c’est toi qui encore et toujours nous provoque à la nouveauté de ton Evangile. Pour que nous osions l’aventure avec toi, avec toi nous voulons nous abandonner en la main du Père, avec la prière que toi-même nous a laissée. 


Prière de conclusion

Seigneur Dieu, tu es le Dieu des grands espaces, tu es le Dieu de la vie. Lorsque nous voulons t’enfermer dans nos catégories, dans nos pratiques, dans nos rites et nos préceptes. Tu viens ébranler nos certitudes. Tu nous appelles à vivre dans la foi, découvrant chaque jour le nouveau pas auquel tu nous appelles. Apprends-nous à accueillir, doutes, incertitudes, questionnements, comme le creuset où ta grâce nous invite. Sois l’éternelle nouveauté en nos vies, fais craquer toutes les limites que nous voudrions t’imposer. Que l’éternelle jeunesse de ton Esprit conduise nos pas toujours plus avant ! 

Nous te le demandons par Jésus Christ… 

Sr Myrèse le 4 juillet 2020


vendredi 3 juillet 2026

Liturgie de la Parole 3 juillet St Thomas Jean 20, 24-29

Méditation

Thomas n’était-il pas un des disciples, un homme de la foule pour ainsi dire ? Ses frères lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur. » Et lui : « Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirais pas. » Les évangélistes t’apportent la nouvelle, et tu ne crois pas ? Le monde a cru et le disciple n’a pas cru ? Les paroles se sont répandues, elles sont parvenues jusqu’aux confins de la terre et le monde entier a cru… et lui ne croit pas. Il n’était pas encore devenu ce Jour qu’a fait le Seigneur. Qu’il vienne donc, lui qui le point du Jour, qu’il vienne et qu’il dise avec patience, avec douceur, sans colère, lui qui guérit : Viens, viens, touche ceci et crois. Tu as déclaré : si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt, je ne croirai pas. Viens, touche, mets ton doigt et ne sois plus incrédule, mais fidèle. Je connaissais tes blessures, j’ai gardé pour toi ma cicatrice.

Mais, en approchant sa main, Thomas peut pleinement compléter sa foi. Quelle est, en effet, la plénitude de la foi ? De ne pas croire que le Christ est seulement homme, de ne pas croire non plus que le Christ est seulement Dieu, mais de croire qu’il est homme et Dieu. Telles t la plénitude de la foi. Ainsi le disciple auquel son Sauveur donnait à toucher les membres de osn corps et ses cicatrices s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Il a touché l’homme, il a reconnu Dieu.

Saint Augustin

Sermon 258, 1-3 trad. J-R Bouchet, in Lectionnaire pour les dimanches et fêtes, Le Cerf 1994 ; cité par Parole de Dieu, langage des hommes, tome 1 Textes non bibliques pour l’année liturgique, Les éditions de l’Atelier, vivre, croire, célébrer, Paris 1996, p.102