Liturgie de la Parole 17e vendredi TO-II Matthieu 13, 54-58 ; Jérémie 26, 1-9a
Saint Ignace de Loyola
Homélie
Reconnaître en Mère Teresa une femme exceptionnelle, cela ne nous coûte guère. Mais si c'est quelqu'un de chez nous... c'est une autre histoire. « Pourtant, c'est un gars de Liège ! » Et pour paraphraser Nathanaël : « De Liège, peut-il sortir quelque chose de bon ? » La proximité émousse souvent l'émerveillement. Nous croyons connaître ; alors nous ne regardons plus. C'est exactement ce qui arrive à Jésus. Les habitants de Nazareth ne contestent ni son intelligence, ni les miracles dont ils entendent parler. Ils posent simplement cette question : « D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? » Autrement dit : « Ce n'est pas possible. Nous savons bien qui il est. » Ils connaissent son métier. Ils connaissent sa famille. Ils connaissent son adresse. Ils savent tout de son passé ; mais ils ne voient plus Celui qui se tient devant eux. Ils connaissent son histoire, ils ne reconnaissent plus son mystère.
Voilà peut-être le plus grand danger de la foi. Nous aussi, nous pouvons tomber dans ce piège. « Je connais mon catéchisme. Je vais à la messe. J'ai déjà fait plusieurs pèlerinages... » Bref : je suis baptisé, donc je connais Dieu. Comme si Dieu pouvait un jour tenir tout entier dans nos définitions !
Jérémie fait la même expérience. Il annonce fidèlement la Parole de Dieu. Et on veut le faire taire. Pourquoi ? Parce qu'une parole qui dérange est toujours plus facile à éliminer qu'à écouter. Rappelez-vous la chanson de Guy Béart : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ». Nous préférons souvent un Dieu qui dit ce que je pense à un Dieu qui m’invite à changer.
Et c'est ici que saint Ignace entre discrètement dans cette liturgie. Au début de sa vie, Ignace était un chevalier qui rêvait de gloire. Puis un boulet de canon est venu briser ses projets. Pendant sa longue convalescence, il n'avait presque rien à lire. On lui donna une Vie du Christ et des vies de saints. Et, peu à peu, il découvrit qu'il existait une autre manière de gagner le monde : laisser le Christ gagner son cœur. Il écrira plus tard cette phrase célèbre des Exercices spirituels : « Il faut chercher et trouver Dieu en toutes choses. » Quelle merveilleuse réponse à l'Évangile ! Ignace n'a pas trouvé Dieu ailleurs ; il l'a découvert autrement. Les habitants de Nazareth cherchaient un Dieu extraordinaire ; Ignace apprend à reconnaître l'extraordinaire de Dieu dans l'ordinaire de la vie.
Où cherchons-nous Dieu ? Dans des expériences extraordinaires ? Dans des miracles spectaculaires ? Ou bien dans cette journée qui commence ?
À la fin de l'Évangile, une phrase est particulièrement émouvante : « Il ne fit pas beaucoup de miracles à cause de leur manque de foi. » Ce n'est pas que Jésus ne puisse plus agir. C'est que les cœurs sont fermés. Dieu ne force jamais une porte. Il frappe. Il attend. Il espère. L’Apocalypse le dit : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et qu’il m’ouvre, je prendrai mon repas avec lui, moi avec lui et lui avec moi. »
Alors peut-être que le plus grand miracle d'aujourd'hui ne sera pas spectaculaire. Ce sera simplement de laisser une porte s'ouvrir dans notre vie. Et si cette porte s'ouvre, le Christ fera le reste. Amen.
Pierre Hannosset le 31 juillet 26
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