mercredi 12 août 2026

Liturgie 19e mercredi TO-II Matthieu 18, 15-20 ; Ezéchiel 9, 1-7 ; 10, 18-22

Résonances

Ah les visions fantastiques du prophète Ezéchiel ! Dans ce long livre prophétique, il y a toutes sortes de visions, plus fantastiques ou effrayantes les unes que les autres. Il y a pourtant une cohérence, un fil rouge, que l’on pourrait résumer par les derniers mots du livre : « le Seigneur est là » (adonai shamma).

Le passage de ce jour est morcelé. Deux parties : la première raconte les châtiments qui s’abattent sur les habitants de Jérusalem qui se sont détournés de Dieu. Seul un petit nombre est sauvé : ceux qui sont marqués au front d’un signe qui les distingue. C’est d’ailleurs un thème récurrent chez Ézéchiel, cette question du petit nombre de rescapés. La deuxième partie raconte comment la gloire de Dieu quitte le temple de Jérusalem, en chevauchant des Kéroubim, ces êtres ailés qui viennent tout droit de la culture babylonienne. Signe que le texte a été écrit dans le contexte de l’exil. Les Kéroubim sont aussi ceux qui se tiennent aux deux extrémités du propitiatoire, au-dessus de l’arche de l’alliance. C’est le lieu où « Dieu se laisse rencontrer », le lieu de la présence. Ici, chez Ézéchiel, il parle de « la gloire » de Dieu. Autre mot pour dire sa présence. Dans la littérature rabbinique, ce sera la shekina, la « demeurance » de Dieu.

Et donc la gloire de Dieu, la présence de Dieu, quitte le temple. Ce n’est pas le lieu saint qui fait la présence du Seigneur, c’est la présence du Seigneur qui fait qu’un lieu est saint. Dieu suit la logique des hommes : si personne ne vient m’adorer dans le temple, si le temple devient même bien plutôt le lieu où on adore les idoles, qu’à cela ne tienne, je quitte le temple pour aller là où se trouvent mes fidèles. C’est le grand fil rouge du prophète Ézéchiel : le Seigneur reste avec son peuple, où qu’il soit.

Et c’est ici qu’on peut faire un lien avec l’évangile, et cette belle formule de Jésus : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ».

Dans la tradition juive, il y a un nombre requis : ce qu’on appelle le minyan. Pour qu’il y ait une assemblée de prière, il faut au moins dix hommes ayant atteint leur maturité religieuse. « Si dix hommes prient ensemble, la Chekhinah (Présence divine) plane au-dessus d’eux », dit une maxime des Pirké Avôt.[1]

Jésus connaissait-il cette maxime ? Voici une citation plus longue : « rabbi Halaphta de Kephar Hananyah dit : Quand dix personnes sont assises et s’occupent de la Torah, la gloire de Yhwh est au milieu d’elles. Quand elles ne sont que cinq, elle est encore au milieu d’elles. Quand elles ne sont que trois, la gloire de Yhwh est encore au milieu d’elles. Et si elles ne sont que deux, la gloire de Yhwh est au milieu d’elles. Et s’il n’y a qu’une seule personne à s’occuper de la Torah, la gloire de Yhwh l’habite encore »[2].

Sr Marie-Rapahël le 14 août 24



[1] Voir dictionnaire encyclopédique du judaïsme au mot minyan.

[2] Cité par le commentaire de Chouraqui

mardi 11 août 2026

Liturgie de la Parole 19e mardi TO-II Matthieu 18, 1-5.10.12-14 ; Ezéchiel 2, 8-3,4

Résonnances

En ce jour, nous allons essayer de mettre en lien la fête de sainte Claire, le début de la retraite des enfants, la première lecture avec Ezéchiel et l’évangile de Matthieu.

Est-ce que vous aimez lire ? Alors, vous connaissez l’expression « dévorer un bouquin ». La Bible est un vieux bouquin… ne va-t-il pas nous faire avaler beaucoup de poussière ? Peut-être, au contraire, va-t-il avoir dans notre bouche le goût du miel. Le prophète Ezéchiel fait cette expérience. Dieu lui demande de « manger un livre » ! Quand Dieu veut nous parler, il passe par des hommes à qui il demande de manger sa parole ! Manger, assimiler, faire sien, être imprégné, nourri transformé par ce que l’on a mangé.

Dans ce sens, Jésus aussi est un prophète, un homme habité par la Parole de Dieu pour nous la transmettre. Mais il est plus que cela, parce qu’il est lui-même la Parole de Dieu. Quand nous écoutons Jésus, nous écoutons Dieu. Quand nous regardons Jésus, nous regardons Dieu. Et que dit-il ? Que donne-t-il à voir ?

Il ne cesse de nous parler d’une réalité mystérieuse qu’il appelle la « Royaume des cieux ». Qu’est-ce que c’est ? Un lieu ? Un groupe ? Une manière de vivre ? Les disciples de Jésus se posent la question. Et ils se posent une question tout humaine à ce propos : « qui est grand, qui est petit dans le Royaume des cieux ? » Autrement dit : quelle est l’échelle des valeurs dans le Royaume des cieux ? Y a-t-il une hiérarchie ?

Nous les humains, nous avons toujours besoin de nous comparer, besoin de nous sentir plus grands, meilleurs, plus forts, plus doués… besoin d’être admirés, besoin de se sentir aimés… C’est important de se sentir aimé… mais cet esprit de concurrence peut tout abîmer dans nos relations. Peut même aboutir à des guerres terribles. Il y a des gens qui aiment la guerre, juste pour montrer qu’ils sont les plus forts. Et tant pis pour tous ceux qui vont souffrir ou mourir à cause de cela !

François d’Assise rêvait de cela, lui aussi : être aimé, admiré, être le plus beau, le plus riche. Il mettait de beaux habits, il entraînait ses copains dans les fêtes, il payait la tournée… Il rêvait de gloire !

Un jour, Dieu est venu à la rencontre de François et il l’a rejoint dans ce rêve même : tu veux la gloire ? Je vais t’en proposer une qui surpasse toutes les autres. Dieu a touché la corde sensible de François.

Revenons à l’évangile. Pour répondre à la question des disciples, Jésus ne dit rien, mais il pose un geste fort : il prend un enfant et le place au milieu du groupe. C’est inattendu, parce que les enfants, du temps de Jésus, n’étaient pas admis au milieu des adultes. Jésus dit deux choses :

-        « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux »

-        « Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille moi. »

Premièrement : devenir comme un enfant, devenir petit comme un enfant… Pourtant, je me dis : les enfants ne désirent-ils pas devenir grands ? Mais Jésus parle ici à des adultes. Les adultes pensent parfois qu’ils ne doivent plus grandir. Or, Jésus nous dit : pour grandir dans le Royaume des cieux, il faut apprendre à devenir petits. Pas évident ! Nous pouvons ici regarder Jésus lui-même : n’est-ce pas lui qui est « le plus grand dans le Royaume des cieux » ? Et pourtant, il s’est abaissé pour devenir semblable aux hommes…

Deuxièmement : celui qui accueille un enfant accueille Jésus lui-même. Saint François a vécu quelque chose de semblable : il a découvert que Jésus se cachait dans la personne des tout-petits. Et singulièrement, dans la personne d’un lépreux. D’abord, il a croisé la route du lépreux et il s’est dit : je vais m’abaisser jusqu’à lui, je vais l’embrasser, lui témoigner un peu d’affection, même si cela me dégoûte. Mais en pensant cela, François n’était pas encore à la hauteur du lépreux. Il était au-dessus, il était « plus grand ». Le baiser au lépreux est devenu le baiser du lépreux. Et là, il a compris que le baiser du lépreux était le baiser du Christ. « Qui accueille le petit accueille Jésus… et qui accueille Jésus dans la personne du petit se laisse en fait accueillir par Jésus. Retournement de perspective !

Retenons ces deux grandes idées de l’évangile de ce jour :

-        Devenir petit pour devenir grand.

-        Accueillir Jésus et se laisser accueillir par lui.

Quand le prophète a été invité à manger le petit livre, il lui semblait que ce livre était très poussiéreux, indigeste. Et puis, il a fait l’expérience que ce livre, dans sa bouche, avait le goût du miel…

Sœur Marie-Raphaël le 11 août 26

lundi 10 août 2026

Liturgie de la Parole 10 août st Laurent Jean 12, 24-26 ; 2 Corinthiens 9,6-10

Lumineuse joie
Méditation

Voici la fête d’un personnage bien sympathique. Les Actes de sa Passion, nous disent que ce brave diacre a placé en sureté les biens de l’Église de Rome dont il avait la charge, en les donnant aux pauvres. Et lorsque l’empereur Valérien l’a sommé de livrer les trésors de l’Église, il s’est présenté avec des pauvres et des infirmes ! Voilà les trésors de l’Église ! Il pouvait dire avec st Cyprien : Celui qui a la crainte de Dieu découvre Dieu sous les haillons des pauvres.[1]

 Oui, voilà le bonheur de Laurent : lumineuse joie qui découvre le visage de Dieu dans le pauvre, le petit, et se donne à son service.

 On comprend alors le choix de lectures que nous offre le lectionnaire du jour.

Le psaume que reprend st Paul chante : De grand cœur il donne au pauvre, sa justice, demeure à jamais.  Oui, donner au pauvre, ce n’est pas œuvre de luxe, œuvre méritoire ; c’est justice ! C’est simple justice dont il n’y a pas à se glorifier.

Le passage de la lettre aux Corinthiens que nous avons reçu est véritable hymne au partage. Il y a joie à considérer cette terre comme bien commun, et à y vivre le partage. Saint Paul reconnaît que tout bien vient de Dieu, et qu’il nous est confié non point pour se replier dessus, mais pour vivre en communion, en communauté de partage.

Les biens qui doivent assurer notre subsistance, tissent des liens entre humains.

Lors donc que tu mets en œuvre la miséricorde, si tu tends un pain, souffre avec celui qui a faim ; si tu donnes à boire, souffre avec celui qui a soif ; si tu offres un vêtement, souffre avec celui qui est nu, si tu reçois un hôte, souffre avec celui qui est étranger, nous dit st Augustin[2]

Là nous devenons véritablement humain, à l’image de Dieu, en effet, nous dit Grégoire de Nazianze : L’homme n’a rien de plus commun avec Dieu, que la faculté de faire le bien[3]

 Voilà qui doucement nous fait basculer vers la lecture de l’Évangile de ce jour. En effet, il ne faudrait pas que la méditation de la Parole s’arrête simplement en une invitation à une pratique morale aussi vertueuse soit elle, détachée de son fondement intérieur. S’il nous faut entrer en la danse du partage, c’est bien plus profondément, parce que nous sommes invités à entrer dans la danse de l’amour, qui est don non plus de ce que l’on possède, mais bien de ce que l’on est !

 N’est-ce pas au don total et absolu de soi, que nous convie Jésus ? Comme le grain de blé qui meurt en terre, pour donner vie à un bel épi, nos vies données totalement dans l’obscurité de la terre, liées à la vie donnée de Jésus en l’incarnation, porteront fruit pour le Royaume.

Se donner, servir, trouve tout son sens, en la présence de Dieu qui s’y vit.

 Joignons nos vies au pain et au vin offert en cette eucharistie, et Jésus en fera son corps,  les prendra, il les rompra, et les donnera : pain rompu pour la vie du monde.

Sr Myrèse le 10 août2011



[1] Cyprien, De la bienfaisance et de l’aumône, n° 8

[2] Augustin, Sermon 6, (Morin)

[3] Grégoire de Nazianze, De l’amour des pauvres, n° 27

dimanche 9 août 2026

Liturgie de la Parole 19e dimanche A Matthieu 14,22-33 ; 1Rois 19, 9a.11-13 ; Romains 9, 1-5

Présence réelle dans la tempête
Homélie

Il y a exactement trois ans, nous étions huit cents Belges à revenir des Journées Mondiales de la Jeunesse, qui s’étaient déroulées au Portugal.

De nombreux jeunes ont relaté que le moment le plus marquant vécu à Lisbonne était la veillée de prière qui s’est déroulée le samedi soir, au Parc Tejo, en présence du Pape, et surtout du Saint-Sacrement.

Imaginez. Vous vous retrouvez au milieu d’une marées de jeunes, tout autour de vous, à perte de vue, dans un silence parfait, en adoration devant le Saint-Sacrement.

Plusieurs ont exprimé l’extrême douceur qu’ils ont ressentie à ce moment. C’était comme une onction céleste qui se déversait dans les cœurs.

N’est-ce pas une minuscule préfiguration de la vie éternelle, où nous serons bien plus nombreux encore ?

Ce fut l’expérience d’Élie qui a rencontré le Seigneur, non pas à travers de redoutables manifestations météorologiques, mais dans l’humble caresse d’une brise légère. Alors que lui-même, Élie, était en proie à des tempêtes comparables à celles d’un nombre incalculable de nos contemporains, il se tourne vers le Seigneur et lance son S.O.S.

Un peu comme ces trois marins de Micronésie qui ont échoué sur une île minuscule du Pacifique suite à une panne de leur embarcation et qui ont été sauvés grâce à un immense « S.O.S. » qu’ils ont tracé dans le sable. Des avions ont repéré le « SOS » géant.

Un hélicoptère a été dépêché secourant ainsi les trois naufragés. S.O.S. : Save Our Souls (« Sauvez nos âmes »).

Le récit évangélique de ce dimanche, qu’on pourrait intituler : « Présence réelle dans la tempête » n’a pas été rédigé pour être seulement écouté mais d’abord pour être revécu. À chaque fois, celui qui en prend connaissance est invité à passer d’auditeur à acteur.

Savons-nous, en toute détresse, nous tourner promptement vers Dieu ? Savons-nous aussi discerner les appels au secours de notre prochain ? Et savons-nous y répondre ?

Au milieu de leurs angoisses, les apôtres font une expérience de salut. Nous pourrions prendre quelques instants pour identifier les tempêtes que nous avons traversées récemment ou qui nous agitent encore.

L’Église primitive a souvent été confrontée à des dangers mortels. Lorsque l’Évangéliste écrit, des vents contraires se sont déjà levés : l’Église doit faire face à de violentes persécutions, — une réalité, pour certains chrétiens, encore terriblement actuelle.

Cet Évangile nous rappelle que Jésus n’est jamais loin, qu’on peut toujours compter sur lui. Combien de fois notre vie ressemble à cette barque “battue par les vagues” à cause des vents contraires. La barque en difficulté peut être la santé, les affaires, notre couple, notre famille, les difficultés financières, le délitement de la morale ambiante, la pollution, l’instabilité géopolitique, …

Cette peur des apôtres sera à son comble quand ils confondront Jésus avec un fantôme.

Aujourd’hui encore, combien de personnes prennent le Christ pour un être imaginaire voire un épouvantail ! En fait, si nous étions toujours éveillés à sa présence nous le reconnaîtrions instantanément. Mais les gens ont tant de fantasmes dans le cœur !

Pierre, progressivement rassuré, se distingue des autres, il veut “en imposer”. En fait, dans les épreuves, il donnera des contrexemples d’héroïsme. Celui que Jésus a baptisé “le rocher” n’avait rien d’un surhomme. Mais il n’était pas inutile que Pierre connaisse cet échec, lui qui devait, par la suite, perpétuer la miséricorde dans l’Église naissante.

Au passage, cela plaide en faveur de l’historicité des récits évangéliques, car si les apôtres avaient inventé une histoire, ils auraient trouvé d’autres fictions que celles où leur chef à plusieurs reprises se prend les pieds dans le tapis !

Comparez avec certains régimes autoritaires contemporains, où le pouvoir entretient un véritable culte de la personnalité : statues monumentales, portraits omniprésents et immenses panneaux couverts de slogans exaltant continuellement les dirigeants.

Au contraire, les Évangiles, montrent les apôtres, Pierre compris, pleins de limites et de défauts, exactement comme nous, finalement. Le premier pape, un moment, n’a plus pensé qu’à la tempête et il a cessé de regarder le Christ. Souvent, plus le danger est imminent et plus nous sommes tentés d’agir par nous-mêmes. Et quand Pierre appelle enfin son Seigneur, le Christ vole à son secours. Parce que Jésus comprend nos faiblesses son reproche est plein de douceur : « Pourquoi as-tu douté ? »

En d’autres mots qu’y a-t-il de positif à remettre en question sa présence, sa puissance et sa volonté de nous venir en aide ?

Nous n’aimons pas que les autres doutent de nous, de notre parole, de notre amour, … Cela ne fait pas plaisir non plus au Christ que nous doutions de sa présence et de sa capacité à agir.

Au milieu des petites ou des violentes tempêtes, apprenons jour après jour, cette sublime leçon du Christ : « Confiance ! … N’ayez plus peur. » Cette assurance procure l’allégresse intérieure. Elle nous permet de percevoir le sourire réconfortant du Christ, le capitaine de nos vies, et celui, exquis, de la Vierge bénie qu’il nous plaira d’honorer solennellement dans quelques jours.

Frères et sœurs, au cœur de nos tempêtes, ne quittons jamais le Christ des yeux. Osons lui adresser, en toute simplicité, nos S.O.S. tout en demeurant attentifs à ceux de nos frères. Demandons à la Vierge, la grâce d’accueillir, comme elle, la volonté divine et de nous y réfugier à chaque instant. Gardons confiance : le Seigneur est toujours actif et il nous murmure, comme à Pierre, comme à Élie : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus jamais peur ! »

Abbé Vincent Jemine, Hurtebise le 9 août 26

samedi 8 août 2026

Liturgie de la Parole 18e samedi TO-II Matthieu 17, 14-20 ; Habacuc 1, 12-2,4

Ouverture

Bonjour, nous voici en Eglise pour célébrer notre Dieu, pour l’écouter, pour partager sa vie. Prenons le temps de réaliser pourquoi nous sommes ici. Prenons le temps d’être avec Lui comme Lui est avec nous ! prenons le temps chacune au plus profond de lui parler, avec cette même simplicité du prophète : Seigneur, depuis les temps anciens, n’es-tu pas mon Dieu, mon Saint, toi qui es immortel ? tes yeux sont trop purs pour voir le mal, tu ne peux supporter la vue de l’oppression. Alors pourquoi regardes-tu ces perfides, pourquoi restes-tu silencieux quand le méchant engloutit l’homme juste ? et nous poursuivrons avec le psalmiste : ils s’appuieront sur toi, ceux qui connaissent ton nom, jamais tu n’abandonnes, Seigneur, ceux qui te cherchent... Tu as vu, tu regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main ; sur toi repose le faible, c’est toi qui viens en aide à l’orphelin.  Tu entends Seigneur, le désir des pauvres, tu rassures leur cœur, tu les écoutes.

Descendons dans notre cœur pour vivre avec notre Dieu cette liturgie.

 

Après l’évangile

Voici un récit qui flaire bon le parfum de la compassion de notre Dieu. Jésus a souci de cet enfant, et du désarroi de son père. Mais ce récit transpire la tristesse de Jésus face à nous… son espérance un brin déçue peut-être…

Nous voyons Jésus attentif à la souffrance qui lui est présentée… le tout est de lui présenter ! et pour cela d’avoir une foi vivante et confiante. Nous voyons Jésus éprouvant un brin de lassitude : Génération incrédule et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? combien de temps devrai-je vous supporter ?

Certains exégètes ont essayé de faire un tri dans les paroles qui sont placées sur les lèvres de Jésus : celles que Jésus aurait vraiment dites, et celles que la première communauté lui aurait attribuées. Il me semble que jamais la première communauté n’aurait osé attribuer une telle parole de lassitude à Jésus et qu’il est fort probable que Jésus l’ait réellement prononcée. Puis-je être à l’écoute de cette peine de Jésus, suis-je prête à y remédier ? Jésus, Dieu notre Père avec Lui, souffre de notre incrédulité, de notre façon d’appréhender le réel, sans foi.

Et on dit : ben, je crois quand même un peu… ma foi est minuscule. Même pas comme un grain de moutarde, d’accord, elle est faible, petite, fragile, mais je ne suis pas sans foi…

Et on se trompe peut-être sur la quête de Jésus, est-ce vraiment la faible quantité de foi que nous avons qu’il nous reproche ? de nombreuses traductions disent : si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde… alors on se met à évaluer, soupeser notre foi… mais regardez le texte grec, et dites-moi où vous trouvez cette expression ? le texte grec dit : si vous aviez de la foi, comme un grain de sénevé…. Pas gros comme un grain de sénevé, mais comme un grain de sénevé. Alors Jésus est-il occupé à soupeser notre foi ? ou à en voir la fécondité ? en mesure-t-il le tour de taille ? ou en regarde-t-il la vitalité ? si ta foi est comme un grain de sénevé, cela veut dire qu’elle porte en elle une force de vie, une puissance de vie, aussi petite soit-elle. Et cette puissance de vie te permettra de poser les gestes que Jésus lui-même a posé. Cette foi qui est une confiance, t’unit par le plus intime à Dieu, et alors tu peux devenir instrument du salut de Dieu, car tu es branché sur ta source. Si ta foi est union profonde à celui qui t’a créé, appelé, qui t’a partagé sa vie, alors tu peux à ton tour transmettre cette vie, la partager à ceux et celles que tu croises sur ton chemin.

Demandons au Seigneur, une telle foi, forte, puissante, vivante comme un grain de sénevé. Une foi qui nous donne de rayonner de la vie de Jésus. Et alors nous pourrons secourir ceux qui nous appellent à l’aide.

 

Introduction au Notre Père

avec Jésus qui nous a confié, partagé sa relation au Père, nous osons dire :

 

Prière de conclusion

Père, toi qui nous as donné ta vie en partage, toi qui nous reconnais pour tes enfants, vois nos cœurs, nous les ouvrons devant toi, déposes-y une graine de foi, de foi vivante, que nous puissions transmettre ta vie. Et que de proche en proche, ton royaume se répande sur notre terre. Nous te le demandons par Jésus Christ, ton fils…

Sr Myrèse le 8 août 2020