lundi 2 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e lundi de carême Luc 6, 36-38 ; Daniel 9, 4-10

Introduction

Un mot qui m’a touchée dans la première lecture : la honte.
L’année dernière, Benoît Lejeune a organisé avec la pastorale de la santé du diocèse de Liège un colloque psychiatrie et pastorale sur le thème de la honte. Il en ressort notamment que la honte a à voir avec le regard de l’autre. Le regard de Dieu sur moi, mais aussi mon propre regard sur moi. Il y a une honte existentielle, qui colle à la peau, parfois de génération en génération (« tu n’as pas le droit d’exister, tu aurais mieux fait de ne pas naître »), et une honte fonctionnelle, qui fonctionne comme un moteur de résilience. La Bible aussi parle de plusieurs sortes de hontes. Il y a la mauvaise honte, celle qui vient de l’humiliation. Et il y a la bonne honte, celle qui vient de la prise de conscience de mon péché. Le pape François a dit un jour qu’il nous faut être attentif à ne pas laisser de côté « la bonne honte ».
Le prophète Daniel déclare : « à nous la honte au visage, car nous avons péché… » Il parle au nom d’une collectivité, son peuple, plusieurs générations. Il y a donc ici la reconnaissance de ce qu’aujourd’hui on appelle un « péché systémique ». On peut transposer sur l’actualité de l’Église : le péché systémique des abus nous couvre tous de honte. Ne craignons pas cette honte-là, dirait le pape François, car elle peut être thérapeutique…


Résonances

Les deux lectures parlent de pardon et de miséricorde. Dans la lecture de Daniel, c’est le pardon de Dieu qu’on invoque, sur un collectif qui prend conscience de sa faute. On l’invoque parce qu’on sait qu’un des attributs majeurs de Dieu, c’est sa miséricorde. On reconnaît que la miséricorde ne peut venir que de Dieu. 
Lien avec l’évangile : « soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». On commence par reconnaître que la miséricorde vient de Dieu, mais on ajoute qu’elle peut rebondir sur nous, puisque nous devons ressembler à notre Père. Du coup, on donne des exemples de comment mettre cela en œuvre et on promet une réciprocité (« donnez, on vous donnera, etc »). Cet extrait d’évangile nous invite à entrer dans la dynamique de la générosité de Dieu. C’est très beau…
Mais c’est très dangereux, si on fait de ces versets une injonction moralisatrice : « parce que tu es un bon chrétien, tu dois être généreux, tu dois donner, tu dois pardonner… », sous-entendu : « si tu ne pardonnes pas, tu n’es pas un bon chrétien » … Perversion de la formule évangélique ! Et qui, dans le cadre des abus, a été utilisée comme une arme de soumission. Que de vies détruites ! Il y a bien là un péché systémique, collectif, une honte que nous devons assumer ensemble.
Au quotidien, le pardon comme habitude à prendre au cœur de nos relations agit rapidement et empêche que les blessures s’encroûtent. Mais il y a parfois des blessures et des traumatismes qui affectent l’être même de la personne. Le pardon, alors, est parfois tout simplement impossible, il ne peut jamais être exigé. Il ne peut y avoir de pardon sans justice et vérité. Le pardon peut survenir comme une grâce au bout d’un long chemin. Il passe par la grâce de la croix du Christ. Nous le verrons mercredi.


Prière

Père de toute miséricorde, en toi, le don est sans mesure. Apprends-nous à te ressembler. Ouvre nos yeux sur la réalité de notre péché et sur la grâce du pardon à recevoir et à donner. Fais-nous entrer dans la dynamique de ta générosité, afin que la grâce touche les cœurs et se propage à tous les niveaux de nos relations.


Sœur Marie-Raphaël le 6 mars 23


dimanche 1 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e dimanche de Carême A Matthieu 17, 1-9 ; Genèse 12, 1-4a ; Psaume 32 ; 2 Timothée 1, 8b-10

Méditation

Pars... quitte ton pays, va vers le pays que je te montrerai. Et Abraham partit... Il partit sans savoir où il allait, précise la lettre aux Hébreux (1). Je me demande combien d’entre nous, auraient fait de même. Partir sans savoir où on va ! Bien sûr nous sommes ici dans le contexte de civilisations nomades ou semi-nomades. Mais quand même ! Partir sans savoir où on va, sur un simple appel du Seigneur ! Et pourtant, profondément, ne sommes-nous pas tous en cette situation ? Tous nous avons été appelés à l’existence, tous nous sommes nés un jour, et depuis nous faisons route sur cette terre, comme à tâtons. Les images du séisme au Japon ou des violences en Lybie et ailleurs, nous ont bouleversés. Où allons-nous ? Abraham partit sans savoir où il allait... si ce n’est qu’il répondait à un appel du Seigneur. Et nous sommes embarqués avec lui ! 

Abraham partit, comme le Seigneur le lui avait dit. A cet ordre de départ, le Seigneur joint une promesse : Je ferai de toi une grande nation : promesse incroyable quand on sait que Abraham a alors 75 ans, qu’il n’a pas d’enfant, que son épouse est stérile et âgée comme lui. Je te bénirai continue le Seigneur, tu deviendras une bénédiction, ... en toi seront bénies toutes les familles de la terre. Avec notre Dieu, une élection est une mission. Les dons que le Seigneur fait aux hommes sont toujours en vue du partage. Tu seras bénédiction. Et qu’est-ce que la bénédiction divine ? Il ne faut pas comme l’indique l’étymologie latine la réduire à un « dire bien », un « dire du bien ». La bénédiction, beraka en hébreu, est un don de Dieu par lequel il partage son pouvoir de donner la vie, et sa seigneurie sur la création. Relisez si vous le voulez les récits de création dans le livre de la Genèse. 
La bénédiction offerte par Dieu est véritablement un partage de sa vie divine. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Abraham devait bien se le demander, mais il fait confiance. C’est pourquoi il est notre père dans la foi. Il est parti sur la simple invitation du Seigneur vers ce partage de vie divine. Quitterons-nous à notre tour nos sécurités, pour mettre nos pas dans ceux du Seigneur ? 

Oui, nous le ferons en redisant notre confiance avec les versets du psaume : Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! Nous attendons notre vie du Seigneur. Il est fidèle en tout ce qu’il fait. 

Et comment vivre cette vie humaine ? Dimanche dernier, nous avions suivi Jésus au désert. Nous l’avions contemplé partageant notre condition humaine, dans la lutte contre le tentateur, celui qui veut semer la division entre nous, entre Dieu et nous. Dans ce rude combat, Jésus, pleinement homme nous a ouvert la voie de la résistance. Prenant appui sur la parole de Dieu, il a remporté pour nous la victoire. 
Aujourd’hui, c’est le Père, et non plus le tentateur qui nous entraîne sur la montagne. Jésus a déjà longuement parcouru les routes de Galilée, s’il a quelques fois rencontré l’enthousiasme des foules, il a tout autant connu l’opposition des responsables religieux de son époque. Et peu à peu, il a vu l’inéluctable devant lui. Il a compris que son message, le message d’amour du Père, cette lettre d’amour qu’il est lui-même, n’était pas reçu. Il a compris que s’il demeurait fidèle à sa mission, il allait le payer de sa vie. Il l’a annoncé à ses disciples, qui en ont été choqués, bouleversés. Le fils de l’homme va être livré, crucifié, et le troisième jour il ressuscitera. Et comme si cela ne suffisait pas, il a annoncé que ses disciples connaîtraient eux aussi un chemin difficile. Il les a par avance exhorté à prendre leur croix. C’est à ce moment que se situe l’épisode de la transfiguration qui vient de nous être proclamé. Que voyons-nous ? un instant de grâce ! un moment de lumière. Sur la face de Jésus, rayonne l’amour du Père. Il est transfiguré. Et la voix du Père, confirme la parole donnée au baptême : celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour (2),  et la voix poursuit à l’intention des disciples : écoutez-le ! 
En Jésus transfiguré, nous découvrons, le Fils de Dieu. Alors que dimanche dernier nous l’avions contemplé, vrai homme, aujourd’hui, il nous est révélé vrai Dieu. Les disciples reçoivent là un avant-goût du Ressuscité. Ils sont effrayés devant cette révélation. Mais Jésus s’approche, les touche, et leur dit : « relevez-vous » (un verbe de résurrection) ! Il les entraîne par avance en sa résurrection. Relevez-vous. Voilà où ils vont. Voilà où nous allons. Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu . (3)
Pour les aider à traverser l’épreuve de la passion et de la mort, celle de Jésus et la leur propre, les disciples ont reçu ce moment de lumière, de grâce. Ce moment nous est offert à nous aujourd’hui, pour nous fortifier sur le chemin, comme il était offert aussi à Timothée. 

Le chemin est parfois empli d’obstacles. St Paul lorsqu’il écrit à Timothée veut l’encourager. Il l’invite à traverser courageusement les épreuves du chemin les yeux fixés sur Jésus. La grâce donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, est devenue visible à nos yeux, dit-il, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté en détruisant la mort, et en faisant resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile

Cette annonce c’est à nous qu’elle est faite aujourd’hui. Et en participant à cette eucharistie, nous participons déjà à la résurrection de Jésus. Que cette communion nous entraîne plus avant en la vie divine à laquelle nous sommes appelés tous et toutes. 

Sr Myrèse le 20 mars 2011

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(1) Hébreux 11,8

(2) Texte écrit en 2011 avec l’ancienne traduction liturgique : la nouvelle dit : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie".

(3)   " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B). 

samedi 28 février 2026

Liturgie de la Parole 1er  samedi Matthieu 5, 43-48 ; Deutéronome 26, 16-19

Commentaire 

« Vous avez appris »
Il y a tellement de choses, que l’on apprend ou que l’on a apprises, qui correspondent à des règles, des lois, bref, un cadre de vie à respecter pour notre bien.  Des règles qui sont pourtant d’une logique implacable au niveau du raisonnement : Tu donnes, je te rends ou je te donne ; Tu retires, je reprends aussi ; Tu m’invites, je te retourne l’invitation ; Tu me fais du mal, je te fais du mal…
Et pourtant, ce qui est écrit dans le Deutéronome, ce livre qui déploie l’alliance de Dieu avec son peuple, c’est-à-dire avec nous, précise quelque chose d’essentiel : « Aujourd’hui, l’Eternel, ton Dieu, te commande de mettre en pratique ces lois et ces ordonnances et tu les mettras en pratique de tout ton cœur et de toute ton âme. » Le cœur n’incite pas à faire abstraction de notre intelligence, il l’englobe. Et ça nous devons l’entendre.
Le neuf avec Jésus, et qui nous est transmis comme une bonne nouvelle, est totalement incompréhensible pour la raison. Sa parole d’autorité : « Mais moi je vous dis » ne contredit pas la Loi mais la complète en lui donnant un sens inattendu et surprenant : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent »
C’est hors de toute logique et de toute compréhension. Ce que Jésus propose est pure folie. Et, grâce à St-Paul, nous le savons, « ce qui est folie dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ». Jésus dit aussi dans l’Evangile de Jean : « Et moi, je fais exactement ce que m’ordonne le Père, vous aussi faites de même » 
Mais est-ce pour autant que nous devons nous exposer pour être victime de personnes qui savent comment nous blesser et qui parfois semblent même y prendre plaisir ! Nous sommes censés aimer et pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois.
Ecouter les détenus à la prison fait apparaître, comme dans un miroir, combien nous sommes avant tout prisonnier de nous-mêmes. Pardonner c’est libérer le prisonnier que nous sommes plutôt qu’accuser l’autre ou les autres comme la cause de nos malheurs.
Aimer ceux que nous considérons comme nos ennemis est un outil de discernement et un moyen d’accéder à notre propre libération. L’essentiel n’est pas de connaître tout l’histoire vécue avec cette collègue mais de comprendre que cette violence dans la manière de nommer, exprime une blessure profonde.  Le véritable ennemi est le fruit de son ressentiment profond qui la blessait et non pas l’autre.  Nous sommes tous confrontés à ce que le pardon exige de nous. Nous pouvons pardonner à quelqu’un avec une intention sincère de miséricorde, en pensant vraiment à nos paroles, et pourtant désirer aussi consciemment prendre nos distances avec cette personne afin de protéger ce pardon d’éventuelles attaques futures qui pourraient mettre à l’épreuve notre désir d’aimer.


Invitation au Notre Père 

Seigneur notre Dieu, Toi la Source de la vie, toute joie nous vient de toi. Dans la foi et la confiance, accueillons ces paroles d’un évangile difficile à entendre car elles sont aussi des paroles de bienveillance. Tournons notre prière vers Celui qui est notre Père. 

Raymond le 28 février 26



vendredi 27 février 2026

Liturgie de la Parole 1er vendredi de carême Matthieu 5, 20-26 ; Ezéchiel 18, 21-28

Méditation.

« Vous dites, la conduite du Seigneur n’est pas la bonne » dit le Seigneur par la bouche d’Ezéchiel. La conversion c’est peut-être cela : changer de lunettes et discerner que, malgré les apparences, la conduite du Seigneur est la bonne, la meilleure pour chacun, mais aussi qu’elle respecte notre liberté.
« Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant – oracle du Seigneur Dieu –, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? »
Cette phrase devrait être gravée en notre cœur, dans le cœur de chaque chrétien : qu’elle soit pour chacune,, chacun, une parole de vie, une parole d’espérance, une parole de lumière.
Dieu veut la vie de chaque personne, quelle qu’elle soit ! Quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle ait fait. 
Ce n’est pas si facile à croire et encore moins à vivre. Et pourtant Ezéchiel nous le dit dans cette page admirable : « Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes décrets, s’il pratique le droit et la justice, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée. » Et le juste qui devient méchant parce qu’il s’est détourné de la justice peut lui aussi changer encore de vie, se convertir et revenir vers le Seigneur.
C’est comme si le Seigneur disait : ne désespérez pas, je ne suis qu’amour et miséricorde !
Mais cet amour, cette miséricorde, il faut accepter de l’accueillir et pour cela reconnaître que j’en ai besoin, un besoin vital. C’est peut-être cela la justice, l’ajustement à Dieu.
Quand Jésus nous dit : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux », nous invite-t-il aux Jeux Olympiques de la justice ? Ce n’est pas son genre. Et pourtant il invite à surpasser la justice des scribes et des pharisiens. Surpasser, passer au-dessus. Jésus nous invite à aller en profondeur... non pas à faire plus. Oui, colère, insulte, traiter l’autre de fou, c’est une façon de le mettre à mort, souvent sans même nous en rendre compte. Jésus nous dit d’ouvrir les yeux, non sur l’extraordinaire, mais sur l’ordinaire de nos vies. Saint Benoît devait penser à ce passage d’Evangile quand il recommandait de ne pas terminer les Laudes, les Vêpres et les autres Offices sans le Notre Père « à cause des épines de querelle qui ont accoutumé de se produire. Ainsi les frères engagés par la promesse qu’ils font en cette oraison : « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons » se purifieront de ces sortes de fautes. » (RB 13, 12-13). Les scribes et les pharisiens, nous-mêmes, ne nous ne tuons personne et heureusement. Du coup nous pourrions nous croire quittes et la conscience tranquille. Or Jésus nous alerte : Ce sont d’abord les épines de querelle, d’incompréhensions, de désaccord qui ruinent la relation et sèment la mort. Les épines ça blesse et les blessures peuvent s’infecter : il faut les soigner, sortir les épines et désinfecter ! D’où l’importance de les reconnaître et d’en demander pardon. Surpasser les pharisiens c’est ne pas se croire quittes et tranquilles parce que nous n’avons pas fait de gros crimes ! C’est aussi remercier le Seigneur de nous en avoir préservés ! C’est faire ce chemin de la réconciliation au quotidien. Le Pape François aimait à rappeler les trois mots indispensables à la vie quotidienne : S’il te plaît, merci, pardon. « Ce sont des mots simples, mais pas si simples à mettre en pratique ! Ils contiennent une grande force : la force de protéger la maison, également à travers mille difficultés et épreuves ; en revanche leur absence, peu à peu, ouvre des failles qui peuvent aller jusqu’à son effondrement.  »(1)


Invitation au Notre Père

Seigneur que ton Esprit nous aide à pardonner, à demander pardon avec un cœur filial et fraternel, qu’il habite notre prière quand nous te chantons le Notre Père.

sr Marie Christine le 27 février 26

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[1] https://www.vatican.va/content/francesco/fr/audiences/2015/documents/papa-francesco_20150513_udienza-generale.html



jeudi 26 février 2026

Liturgie de la Parole 1er jeudi de carême Matthieu 7, 7-12 ; Esther 4, 17n.p-r.aa.bb.gg.hh (Néovulgate)

Introduction

Les Lectures d'aujourd'hui parlent de prière. Dans le livre d'Ester, nous découvrons la prière qu'elle adresse à Dieu pour sauver son peuple. Son cousin et tuteur Mardochée est menacé de mort parce qu'il a refusé de s'incliner devant le grand Haman. Tout le peuple juif est menacé. Tout semblait perdu, les Juifs sont hors de leur pays alors ils pensent que Dieu ne les protège pas. Mais la prière d'Esther a été exaucée, le peuple juif a été sauvé. 
Dans l'évangile de Matthieu, Jésus invite les disciples à demander pour recevoir, à frapper à la porte. Il nous invite à prier avec confiance et persévérance, telle la Syrophénicienne ou encore l'importun qui a dérangé son ami la nuit. 
Jésus termine en disant de faire aux autres tout ce qu'on voudrait que les autres fassent pour nous.
En chantant les psaumes, prions, confions à Dieu toutes nos demandes et rendons-lui grâce !

Commentaire

Pendant ce temps de Carême, voilà que Jésus nous rappelle l'importance de la prière. L'importance de lui parler, de demander, d'insister. Ce dialogue ne peut que nous rapprocher de lui. La prière est un rendez-vous avec Dieu, « rendez-vous avec Dieu et avec nous-mêmes. A nous de prendre le temps pour être présent(e)s à ces rendez-vous. Il ne s'agit pas de multiplier les moments de prières, mais de prier vraiment, c'est-à-dire d'entrer en relation avec lui - et dans le secret, précise Jésus. Dieu dit à chacun de nous « je voudrais te rencontrer, tu es mon enfant » La prière n'est pas un monologue, c'est un dialogue ». (1)
Faites pour les autres ce que vous voudriez qu'on fasse pour vous, autrement dit, si tu veux recevoir, donne ! Le premier à donner, c'est notre Père. Quand nous prions, il ne nous donne que des bonnes choses, pas toujours ce qu'on a demandé mais il sait ce qui est bon pour nous. 
Je me souviens d'une gamine au catéchisme qui me disait « j'ai prié tous les jours pour que ma petite cousine guérisse de sa leucémie, et ça n'a servi à rien, maintenant elle est morte. » Je lui ai expliqué que sa prière n'a pas été vaine, Jésus ne nous abandonne jamais il sera là pour partager la peine des parents et porter la souffrance du départ avec eux.
En priant, nous augmentons notre capacité d'aimer. Comme le dit le premier psaume, nous sommes comme un arbre planté près d'un ruisseau qui donne du fruit en son temps. C'est peut-être à travers nous qu'il console ou qu'il guérit nos frères et sœurs. Il est toujours à l'écoute, même s'il ne répond pas de suite ou même s’il semble absent, il répond en ouvrant notre cœur.
« Par la prière, nous plongeons dans la source profonde qui ne tarit jamais, apprenons à ne plus penser seul(e), à penser à deux, lui et moi. Jésus nous invite à passer de la prière pour nos besoins, à la prière comme l'accueil à la volonté de Dieu ». (2)
Dieu nous aime tel(le)s que nous sommes, il attend que nous ouvrions notre cœur pour pouvoir dialoguer...
Puissions-nous en ce début de carême, prendre du temps pour ne pas manquer les rendez-vous avec Dieu, avec nos frères et sœurs et avec nous-mêmes. 
« C'est un Dieu Père que nous rencontrons dans la prière, c'est un Christ frère que nous rencontrons dans le partage et c'est un Christ sauveur que nous rencontrons dans notre vie, tout cela doit nous réjouir. Bon et joyeux carême » ! (1)

Danièle le 26 février 26

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(1)    Abbé Roger Gillet
(2)    Père Gilles