jeudi 5 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e jeudi carême Luc 16, 19-31

Comment vivre l’appel à la conversion permanente ? 

 

Méditation

Je vous partage des extraits d’un commentaire de Pierre-Baptiste Cordier, laïc

« Convertis-toi et crois à l’Évangile » : nous connaissons bien cette phrase. Nous la recevons à chaque début de Carême, lors de l’imposition des Cendres. (…)
La parabole de Lazare et du riche n’est pas là pour attester d’une quelconque lutte des classes. Elle ne condamne pas plus la richesse que la pauvreté, même si elle vient les mettre en contraste. Ce que nous pouvons retenir, au-delà du rang de Lazare et de l’homme riche, c’est que le rang, la situation sociale, la santé ou la maladie… ne sont pas des critères pour le jugement de Dieu. Ce qui importe pour lui, c’est notre manière, notre désir de le chercher dans et par toutes choses.
Chercher Dieu, c’est mettre sa parole au cœur de notre vie. Notre vie est un appel continuel à la conversion, à la recherche de l’accord juste entre notre désir et celui de Dieu. Un des critères pour vivre correctement cet appel est de vérifier ma capacité d’être avec les autres. Est-ce que je vis, dans mon palais, vêtu de lin ou de pourpre, ou bien suis-je capable de me laisser émouvoir par l’autre ? Nous pouvons avoir une vie confortable et être attentifs aux autres, ou une vie pauvre et ne pas l’être. Mais cette capacité d’être en relation les uns avec les autres, de faire du lien avec les femmes et les hommes de ce temps, c’est vivre l’Évangile.
Le pauvre Lazare n’avait aucune relation : seuls les chiens (comprendre les méchants) s’intéressaient à lui, mais pour ses plaies. Le riche semble avoir une vie sociale bien remplie, avec de nombreux festins. Mais dans ces libations, il ne semble pas y avoir de place pour un autre qui n’est pas de son cercle. C’est une forme d’égoïsme, d’aveuglement.
Si nous voulons suivre le Christ de plus près, nous avons à chercher à lui ressembler d’une manière particulière. Ainsi, nous pouvons nous interroger sur nos capacités d’accueil. Dans les groupes auxquels nous appartenons, dans nos paroisses, nos communautés : sommes-nous capables de faire de la place à l’autre ? De quelles manières savons-nous montrer l’hospitalité qui doit être au cœur de notre manière d’être ? Il s’agit là d’être conformes au désir de Dieu pour nous. Être accueillants, ouverts, hospitaliers, c’est aussi ressembler au Christ. Dans son chemin, sur les routes, il n’a fait fi d’aucune personne. Toutes ses rencontres étaient en vérité, parfois rudes, mais toujours sincères.
Nous le savons, la rencontre, tout comme le dialogue, nous font grandir et nous conduisent vers des chemins autres que ceux que nous empruntons. (…)
En fait, la rédemption n’est pas autre chose que de choisir le chemin qui mène à la conversion. C’est un chemin aride, qui permet de combler le fossé entre notre désir et le désir de Dieu. Sur ce chemin (…) ce qui est certain, c’est que Dieu nous parle en ce monde et en ce temps par les événements du monde et la parole de l’autre.
(…) C’est ainsi que nous marcherons vers la sainteté. Il ne s’agit pas de chercher à être sans aspérité, sans caractère, sans volonté, mais de vivre avec et de devenir des femmes et des hommes pour les autres. Il s’agit de se laisser toucher par l’Amour de Dieu pour vivre de cet amour en plein monde. C’est-à-dire que cela nous engage toujours davantage à être acteurs de la transformation de nous-mêmes et de notre monde.
(…) C’est une invitation à la charité. Il s’agit de nous laisser travailler par l’Esprit pour qu’il nous évangélise jour après jour. Ainsi, nous comprenons que nous ne sommes ni les auteurs, ni la source de notre salut, de notre croissance. C’est Dieu qui est premier en tout, et son profond désir est que nous fassions du monde qu’il nous confie un lieu de croissance, de paix et de liberté.

Pierre-Baptiste Cordier Simonneau membre de la société de vie évangélique du cœur  de Jésus le 28 septembre 25

https://jardinierdedieu.fr/2025/09/lc-16-19-31-comment-vivre-l-appel-a-la-conversion-permanente.html 

Invitation au Notre Père

« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » : Seigneur ouvre nos yeux et notre cœur, donne-nous un cœur semblable au tien. Nous te le demandons en chantant la prière que tu nous as transmise.

Sr Marie-Christine le 5 mars 26


mercredi 4 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e mercredi de carême Matthieu 20, 17-28

Résonnances 

Ils ont de l’ambition, les deux fils de Zébédée ! Et leur mère, pour eux ! Ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir de l’ambition. Mais il faut voir dans quelle vision du monde on la situe.
Ce que l’évangile de ce jour suggère, c’est qu’il y a deux visions du monde qui s’opposent de manière frontale. D’un côté : « les chefs des nations les commandent en maîtres et les grands font sentir leur pouvoir ». C’est la vision du monde où règne la loi du plus fort. Le brutal, l’arrogant, le menteur. L’usage de la force pour obtenir ce que je veux. Et tant pis pour les victimes… il est inévitable qu’il y ait des victimes. Ainsi parlait tout récemment à la face du monde les président des États-Unis. On connaît la suite : l’usage de la violence est un grand engrenage. La violence engendre une violence plus grande et tout se tient, tout s’embrase. On sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça se termine. Face à ce monde-là, que pouvons-nous faire ?
Mais Jésus suggère qu’il y a une autre façon de voir le monde, une autre manière de regarder. Il ne s’agit pas de deux mondes distincts, mais de deux manières de voir le réel et de se montrer forts. Car il s’agit bien de se montrer forts ! « Parmi vous, celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave ». Un monde où le grand utilise son pouvoir, sa force, pour la mettre au service du petit, de l’autre, du bien commun. 
Donc : deux façons de voir le monde. Qui va l’emporter dans cette confrontation ? Ce n’est pas le fort contre le faible. C’est une certaine conception de la force contre une autre conception de la force. Il est possible de se montrer plus forts que ceux qui parlent le langage de la force brutale et égoïste. Il faut être plus fort pour faire la paix que pour faire la guerre. Et cette force-là, elle n’est pas réservée aux grands de ce monde, elle est à la portée de chacun. En effet, nous nous sentons souvent impuissants devant la brutalité et la spirale du mal. Mais dans le monde de Jésus, dans le Royaume du Père, chacun est appelé à déployer en lui-même la force de la douceur.
Telle devrait être notre ambition. Certes, c’est difficile. On préférerait se replier dans son coquillage et attendre que ça passe. Jésus lui-même est parfaitement conscient de la difficulté. Il annonce sa passion. Il sait ce que cela va lui coûter.
En relisant cette annonce de la passion, je vois qu’elle est encadrée par deux verbes au passif. La passivité, est-ce une fatalité ? S’agit-il d’un « passif divin » ? Le premier verbe : « le Fils de l’homme sera livré » … par qui ? Par Judas ? Oui, au sens historique. Par son Père ? Oui, il est donné par le Père à l’humanité… Le deuxième verbe : « le troisième jour, il sera ressuscité ». (Généralement on traduit : « il ressuscitera », mais c’est un passif !). 
Entre ces deux passivités, une activité suprême : il donne sa vie. « Le Fils de l’homme est venu… pour donner sa vie pour la multitude … » Dans ce petit mot, « pour », se trouve le secret de Jésus et le secret du Père. Jésus donne sa vie avec l’intime conviction que ce n’est pas en vain, pas en pure perte. Que ce don est un don « pour ». Pour Jésus lui-même, cette intime conviction donne le sens de ce qu’il fait : sa souffrance ne sera pas absurde. Tout est lié, tout se tient. L’engrenage est inversé. Mais c’est l’œuvre du Père…

Sœur Marie-Raphaël le 3 mars 26


mardi 3 mars 2026

Liturgie de la Parole 2è mardi de carême Matthieu 23, 1-12 ; Isaïe 1, 10.13-20


Introduction 

« Ecoutez » « Prêtez l'oreille, » « apprenez à faire le bien. » C'est en ces termes que le prophète Isaïe nous interpelle ce matin mais n'y entendons -nous pas comme en écho le début du Prologue de la Règle de St Benoît : « Ecoute mon fils l'enseignement du maître, ouvre l'oreille de ton coeur, accepte volontiers les conseils d'un père et fait vraiment ce qu'il te dit. »  Et Jésus dans l'évangile dit aux foules « Faites et observez ce que vous enseignent les scribes et les pharisiens mais ne les imitez pas : ils disent et ne font pas. » Qu'en est-il pour nous ? Chantons les psaumes et que « notre esprit soit d'accord avec notre voix. »

Méditation

Au début du carême Jésus nous a dit de prier, de faire l'aumône, de jeûner de telle façon à ne pas être vus des hommes mais seulement de notre Père du ciel. Reconnaissons-le humblement notre « moi » a bien du mal à s’accommoder d'une telle exigence et il aime à être reconnu. C'est cette attitude des scribes et des pharisiens qui cherchent à paraître devant les hommes que Jésus dénonce et dont il veut préserver la foule des disciples et nous-même aujourd'hui. Que faire ? Comment faire ? Isaïe nous lance une invitation : « Venez et discutons. Si vous consentez à m'obéir les bonnes choses du pays vous les mangerez. » Revenir à Dieu en choisissant de faire le bien et en renonçant de faire le mal portera un fruit abondant. 
Faire le bien cela s'apprend : Jésus nous l'enseigne : « Voici mon commandement : aimer-vous les uns les autres. » C'est donc un appel à l'amour, un appel à la vie. St Benoît lance également cet appel : « Qui veut la vie ? Qui désire le bonheur ? » 
Nous sommes appelés à poser un choix libre : Isaïe nous le dit « cessez de faire mal, apprenez à faire le bien » et St Benoît de même, toujours au Prologue : « Tourne le dos au mal et fais le bien. » En agissant ainsi le Seigneur lui-même nous montrera le chemin de la vie, chemin que nous pourrons emprunter en nous laissant conduire par l'évangile. 

Jésus est le seul vrai maître et, lui, Parole faite chair nous enseigne par ses paroles mais aussi par ses actes : il s'est fait serviteur et il nous invite tous à vivre en actes et pas seulement en paroles nos relations fraternelles car nous sommes tous frères aussi « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé » par le Seigneur lui-même. 

Notre Père

Nous n'avons qu'un seul Père et nous sommes tous frères chantons ensemble la prière que Jésus nous a apprise. 

Conclusion

Seigneur tu nous mets en garde contre l'hypocrisie, dire et ne pas faire. Apprends-nous à vivre dans la vérité et l'humilité, à servir plutôt qu'à être servi et la joie de notre Père du ciel sera grande de reconnaître en nous ses enfants qui désirent se repentir, écouter la Parole et la mettre en pratique et suivre le seul Maître, Jésus ton Fils qui vit et règne avec toi et l'Esprit Saint maintenant et pour les siècles des siècles.

Sr Jean-Baptiste le 15 mars 22


lundi 2 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e lundi de carême Luc 6, 36-38 ; Daniel 9, 4-10

Introduction

Un mot qui m’a touchée dans la première lecture : la honte.
L’année dernière, Benoît Lejeune a organisé avec la pastorale de la santé du diocèse de Liège un colloque psychiatrie et pastorale sur le thème de la honte. Il en ressort notamment que la honte a à voir avec le regard de l’autre. Le regard de Dieu sur moi, mais aussi mon propre regard sur moi. Il y a une honte existentielle, qui colle à la peau, parfois de génération en génération (« tu n’as pas le droit d’exister, tu aurais mieux fait de ne pas naître »), et une honte fonctionnelle, qui fonctionne comme un moteur de résilience. La Bible aussi parle de plusieurs sortes de hontes. Il y a la mauvaise honte, celle qui vient de l’humiliation. Et il y a la bonne honte, celle qui vient de la prise de conscience de mon péché. Le pape François a dit un jour qu’il nous faut être attentif à ne pas laisser de côté « la bonne honte ».
Le prophète Daniel déclare : « à nous la honte au visage, car nous avons péché… » Il parle au nom d’une collectivité, son peuple, plusieurs générations. Il y a donc ici la reconnaissance de ce qu’aujourd’hui on appelle un « péché systémique ». On peut transposer sur l’actualité de l’Église : le péché systémique des abus nous couvre tous de honte. Ne craignons pas cette honte-là, dirait le pape François, car elle peut être thérapeutique…


Résonances

Les deux lectures parlent de pardon et de miséricorde. Dans la lecture de Daniel, c’est le pardon de Dieu qu’on invoque, sur un collectif qui prend conscience de sa faute. On l’invoque parce qu’on sait qu’un des attributs majeurs de Dieu, c’est sa miséricorde. On reconnaît que la miséricorde ne peut venir que de Dieu. 
Lien avec l’évangile : « soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». On commence par reconnaître que la miséricorde vient de Dieu, mais on ajoute qu’elle peut rebondir sur nous, puisque nous devons ressembler à notre Père. Du coup, on donne des exemples de comment mettre cela en œuvre et on promet une réciprocité (« donnez, on vous donnera, etc »). Cet extrait d’évangile nous invite à entrer dans la dynamique de la générosité de Dieu. C’est très beau…
Mais c’est très dangereux, si on fait de ces versets une injonction moralisatrice : « parce que tu es un bon chrétien, tu dois être généreux, tu dois donner, tu dois pardonner… », sous-entendu : « si tu ne pardonnes pas, tu n’es pas un bon chrétien » … Perversion de la formule évangélique ! Et qui, dans le cadre des abus, a été utilisée comme une arme de soumission. Que de vies détruites ! Il y a bien là un péché systémique, collectif, une honte que nous devons assumer ensemble.
Au quotidien, le pardon comme habitude à prendre au cœur de nos relations agit rapidement et empêche que les blessures s’encroûtent. Mais il y a parfois des blessures et des traumatismes qui affectent l’être même de la personne. Le pardon, alors, est parfois tout simplement impossible, il ne peut jamais être exigé. Il ne peut y avoir de pardon sans justice et vérité. Le pardon peut survenir comme une grâce au bout d’un long chemin. Il passe par la grâce de la croix du Christ. Nous le verrons mercredi.


Prière

Père de toute miséricorde, en toi, le don est sans mesure. Apprends-nous à te ressembler. Ouvre nos yeux sur la réalité de notre péché et sur la grâce du pardon à recevoir et à donner. Fais-nous entrer dans la dynamique de ta générosité, afin que la grâce touche les cœurs et se propage à tous les niveaux de nos relations.


Sœur Marie-Raphaël le 6 mars 23


dimanche 1 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e dimanche de Carême A Matthieu 17, 1-9 ; Genèse 12, 1-4a ; Psaume 32 ; 2 Timothée 1, 8b-10

Méditation

Pars... quitte ton pays, va vers le pays que je te montrerai. Et Abraham partit... Il partit sans savoir où il allait, précise la lettre aux Hébreux (1). Je me demande combien d’entre nous, auraient fait de même. Partir sans savoir où on va ! Bien sûr nous sommes ici dans le contexte de civilisations nomades ou semi-nomades. Mais quand même ! Partir sans savoir où on va, sur un simple appel du Seigneur ! Et pourtant, profondément, ne sommes-nous pas tous en cette situation ? Tous nous avons été appelés à l’existence, tous nous sommes nés un jour, et depuis nous faisons route sur cette terre, comme à tâtons. Les images du séisme au Japon ou des violences en Lybie et ailleurs, nous ont bouleversés. Où allons-nous ? Abraham partit sans savoir où il allait... si ce n’est qu’il répondait à un appel du Seigneur. Et nous sommes embarqués avec lui ! 

Abraham partit, comme le Seigneur le lui avait dit. A cet ordre de départ, le Seigneur joint une promesse : Je ferai de toi une grande nation : promesse incroyable quand on sait que Abraham a alors 75 ans, qu’il n’a pas d’enfant, que son épouse est stérile et âgée comme lui. Je te bénirai continue le Seigneur, tu deviendras une bénédiction, ... en toi seront bénies toutes les familles de la terre. Avec notre Dieu, une élection est une mission. Les dons que le Seigneur fait aux hommes sont toujours en vue du partage. Tu seras bénédiction. Et qu’est-ce que la bénédiction divine ? Il ne faut pas comme l’indique l’étymologie latine la réduire à un « dire bien », un « dire du bien ». La bénédiction, beraka en hébreu, est un don de Dieu par lequel il partage son pouvoir de donner la vie, et sa seigneurie sur la création. Relisez si vous le voulez les récits de création dans le livre de la Genèse. 
La bénédiction offerte par Dieu est véritablement un partage de sa vie divine. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Abraham devait bien se le demander, mais il fait confiance. C’est pourquoi il est notre père dans la foi. Il est parti sur la simple invitation du Seigneur vers ce partage de vie divine. Quitterons-nous à notre tour nos sécurités, pour mettre nos pas dans ceux du Seigneur ? 

Oui, nous le ferons en redisant notre confiance avec les versets du psaume : Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! Nous attendons notre vie du Seigneur. Il est fidèle en tout ce qu’il fait. 

Et comment vivre cette vie humaine ? Dimanche dernier, nous avions suivi Jésus au désert. Nous l’avions contemplé partageant notre condition humaine, dans la lutte contre le tentateur, celui qui veut semer la division entre nous, entre Dieu et nous. Dans ce rude combat, Jésus, pleinement homme nous a ouvert la voie de la résistance. Prenant appui sur la parole de Dieu, il a remporté pour nous la victoire. 
Aujourd’hui, c’est le Père, et non plus le tentateur qui nous entraîne sur la montagne. Jésus a déjà longuement parcouru les routes de Galilée, s’il a quelques fois rencontré l’enthousiasme des foules, il a tout autant connu l’opposition des responsables religieux de son époque. Et peu à peu, il a vu l’inéluctable devant lui. Il a compris que son message, le message d’amour du Père, cette lettre d’amour qu’il est lui-même, n’était pas reçu. Il a compris que s’il demeurait fidèle à sa mission, il allait le payer de sa vie. Il l’a annoncé à ses disciples, qui en ont été choqués, bouleversés. Le fils de l’homme va être livré, crucifié, et le troisième jour il ressuscitera. Et comme si cela ne suffisait pas, il a annoncé que ses disciples connaîtraient eux aussi un chemin difficile. Il les a par avance exhorté à prendre leur croix. C’est à ce moment que se situe l’épisode de la transfiguration qui vient de nous être proclamé. Que voyons-nous ? un instant de grâce ! un moment de lumière. Sur la face de Jésus, rayonne l’amour du Père. Il est transfiguré. Et la voix du Père, confirme la parole donnée au baptême : celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour (2),  et la voix poursuit à l’intention des disciples : écoutez-le ! 
En Jésus transfiguré, nous découvrons, le Fils de Dieu. Alors que dimanche dernier nous l’avions contemplé, vrai homme, aujourd’hui, il nous est révélé vrai Dieu. Les disciples reçoivent là un avant-goût du Ressuscité. Ils sont effrayés devant cette révélation. Mais Jésus s’approche, les touche, et leur dit : « relevez-vous » (un verbe de résurrection) ! Il les entraîne par avance en sa résurrection. Relevez-vous. Voilà où ils vont. Voilà où nous allons. Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu . (3)
Pour les aider à traverser l’épreuve de la passion et de la mort, celle de Jésus et la leur propre, les disciples ont reçu ce moment de lumière, de grâce. Ce moment nous est offert à nous aujourd’hui, pour nous fortifier sur le chemin, comme il était offert aussi à Timothée. 

Le chemin est parfois empli d’obstacles. St Paul lorsqu’il écrit à Timothée veut l’encourager. Il l’invite à traverser courageusement les épreuves du chemin les yeux fixés sur Jésus. La grâce donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, est devenue visible à nos yeux, dit-il, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté en détruisant la mort, et en faisant resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile

Cette annonce c’est à nous qu’elle est faite aujourd’hui. Et en participant à cette eucharistie, nous participons déjà à la résurrection de Jésus. Que cette communion nous entraîne plus avant en la vie divine à laquelle nous sommes appelés tous et toutes. 

Sr Myrèse le 20 mars 2011

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(1) Hébreux 11,8

(2) Texte écrit en 2011 avec l’ancienne traduction liturgique : la nouvelle dit : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie".

(3)   " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B).