mercredi 15 juillet 2026

Liturgie de la Parole 15e mercredi TO-II Matthieu 11, 25-27

Méditation 

Fin mai, Brigitte s’est trompée de références dans la préparation de la célébration et elle a commenté Matthieu 11, 11-25. Son texte ne correspondant pas alors à l’Evangile du jour, je lui ai proposé de l’utiliser pour aujourd’hui, ce qui est plus en adéquation. Elle est absente et donc je suis son porte-parole !


Jésus reconnait la grandeur de Jean-Baptiste, il lui rend hommage. Cependant Jésus ajoute : « Dans le royaume de Dieu le plus petit est encore le plus grand ». Comment l’entendre, comment le comprendre ?

Jean il annonce…tandis que les disciples, eux, vivent déjà la présence de Dieu en Jésus. S’engager avec Dieu voilà le chemin des disciples.

La violence est toujours présente dans les villes. Il y a eu des signes, des miracles des mots. Le peuple a vu, entendu, reçu. L’espace intérieur de certaine personne n’a pas bougé et Jésus crie sa douleur.

On dit de Jean-Baptiste qu’il est possédé, On dit de Jésus qu’il est un glouton…

Dans ce passage de l’évangile selon saint Matthieu, au milieu des paroles sur la violence et le royaume, le bruit des avions militaires sur mon village devient presque une parabole. J’écoute avec effroi, je suis distraite et me rappelle combien notre monde gronde, lutte, domine, se défend, s’agite. Et pourtant au cœur même de ce vacarme, une autre voix demeure :

« Heureux les petits »

Jésus dit : « Père… tu l’as révélé aux tout petits ». Jésus nous demande d’avoir un cœur désarmé. Un cœur qui ne cherche pas à écraser, convaincre, posséder ou avoir raison. Un cœur humble pour accueillir. 

Peut-être que devenir « tout petit » c’est ne pas nourrir de la violence intérieure ? Consentir à ne pas tout maitriser ? Rester tendre dans un monde dur ? Garder une capacité d’émerveillement malgré les menaces ? Garder confiance ? 

Alors que les avions sur Freux traversent le ciel, une autre traversée est possible en nous : passer du bruit à l’écoute, de la peur à la paix, de la dureté à la simplicité. Le cœur d’un tout petit reste ouvert au ‘Souffle’, il accueille, il s’émerveille, il se rend disponible pour recevoir.

Les tout petits ne change pas le monde par la force. Ils ouvrent un espace où Dieu peut respirer dans son humanité.


Matthieu 11, 25 25:  En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : " Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. 26 Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance".


Brigitte le 15 juillet 26


mardi 14 juillet 2026

Liturgie de la Parole 15e mardi TO-II Matthieu 11, 20-24

Méditation 

Dans l’Evangile nous voyons Jésus enseigner les foules. Nous le voyons guérir des malades, prendre soin des plus faibles, des plus démunis, des rejetés mis au ban de la société.  Il dit et agit sans violence et beaucoup de bienveillance. 

Ce n’est pas qu’il marchait à côté de ses pompes, il allait tout simplement à l’encontre des normes établies et des comportements adoptés par un peuple manipulé par des responsables politiques et religieux mal intentionnés. 

Je me demande ce qui a changé aujourd’hui ? Le constat que nous pouvons faire de la situation, qu’elle soit sociale, climatique, économique ou philosophique est le même. L’intolérance, le repli sur soi, la cupidité, le manque d’empathie est le même.

Jésus fait tout cela en parcourant la Galilée, la Judée, même la Samarie et les régions étrangères.  Il entre dans les villes et villages, parfois sans y être accueilli quand ce n’est pas rejeté. Et, c’est aussi là, où l’enfant du pays devrait être écouté et reçu, qu’il est le plus souvent méprisé.

Nul n’est prophète en son pays, dit-on encore aujourd’hui !

On dit aussi qu’il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

La surdité et l’aveuglement du cœur entraîne, soit à la paralysie, soit à l’exaction, à la violence.  C’est aussi ce que l’on constate aujourd’hui.

Jésus à pourtant tout fait pour que le feu qui l’anime, celui de la Bonne Nouvelle qu’il nous donne, devienne le moteur de nos vies. C’est aussi sa manière de nous dire que son père compte sur lui pour faire surgir et grandir un monde différent de celui dans lequel trop souvent nous vivons et que nous connaissons trop bien. Le monde nouveau qu’il nous invite à créer à sa suite et dans lequel il nous invite à vivre, il l’appelle le Royaume de Dieu.

Avec Jésus nous apprenons et découvrons que Dieu son père est aussi notre Père et qu’il est profondément lié à nous personnellement, à l’humanité et à sa création… c’est-à-dire aux êtres que nous sommes et à la planète Terre dont nous ne prenons pas suffisamment soin.

Jésus nous apprend également que lorsqu’un être humain est blessé, atteint dans sa dignité, sa liberté, son humanité, c’est Dieu lui-même que l’on atteint. La solidarité, la compassion, la miséricorde et la fidélité de Dieu ne sont pas des vains mots.

Alors, on comprend la douleur de Jésus qui constate les résistances au changement, au retournement des cœurs que l’on appelle la conversion.

Malheureuse es-tu Chorazin, malheureuse es-tu Bethsaïda. Il y a en chacun de nous un peu ou beaucoup de Chorazin, de Bethsaïda ou de Capharnaüm, même, et il ne faut pas le nier, s’il y a aussi un peu de Tyr et de Sidon.

Jésus est d’autant plus dur que nous sommes informés, nous avons été enseignés et parfois guéris, alors, si nous restons fermés, si nous ne travaillons pas à l’œuvre de Dieu, nous sommes moins pardonnables que celui qui ne le connaît pas et ignore sa présence faute de connaissance de son existence.

Nous avons tout pour choisir la vie, découvrir qu’il y a en nous plus que nous-mêmes. Nous faisons parfois ou souvent l’expérience que le feu de l’Esprit habite et agit en nous. En accueillant cet Esprit je peux changer ma vie et participer avec joie et enthousiasme à l’œuvre créatrice de Dieu. Cette œuvre créatrice que le Christ accomplit pleinement.

Aujourd’hui nous sommes invités à changer notre regard et nos comportements, à choisir la vie, choisir la confiance en sa parole et à expérimenter la joie qu’il suscite en nous et autour de nous.

Raymond le 14 juillet 26


lundi 13 juillet 2026

Liturgie de la Parole 15e lundi TO-II Matthieu 10, 34-11,1

Méditation

Frères et sœurs, bon dimanche !

Encore dans l’Évangile d’aujourd’hui (Mattieu 10, 37-42) nous entendons quelques exhortations de Jésus afin de marcher à sa suite et d’être témoins de son Royaume. Il ne s'agit pas d'un simple geste extérieur, mais de nous engager pleinement dans une relation d'amour avec Lui. Et pour porter du fruit, l’amour exige au moins trois choses : le détachement, la perte et l’accueil.

Tout d’abord, le détachement. Jésus dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (v. 37). Au moment où il commence à envoyer ses apôtres en mission, le Seigneur veut qu’ils soient libres de tout lien. Mais cela vaut pour chacun, même les liens affectifs les plus importants trouvent leur plénitude grâce à l’amour que le Christ nous offre. Pensons, par exemple, à la vie conjugale : on ne peut la vivre pleinement qu’en « quittant » la maison de ses parents (cf. Mattieu 19, 6) pour s’engager dans la relation conjugale. Pensons aussi à l’éducation des enfants : on les aide à s’épanouir et à être heureux en les apprenant à « marcher par eux-mêmes » et à faire leurs propres choix. Saint Augustin dit : « La séparation d’avec ce que l’on aime est douloureuse. Mais même le laboureur perd temporairement ce qu’il sème » (Discours 330, 2). Ce n’est qu’en « perdant » cette graine, semée dans la terre, qu’il pourra la voir fleurir.

En ce sens, l’amour est aussi une perte. Nous avons du mal à le comprendre, surtout dans un monde où perdre semble être une faiblesse et où l’on est obsédé par le fait d’avoir et de posséder. Cependant l’amour ne porte du fruit que dans le don de soi : lorsque nous sommes prêts à perdre un peu de nous pour faire de la place à l’autre, à perdre un peu de temps pour écouter un ami, à perdre un peu de confort pour partager une situation de détresse. Celui qui garde la vie seulement pour lui – dit l’Évangile – la perd en réalité (cf. v. 39), car elle ne s’ouvre pas à la joie de l’amour et devient stérile. C’est pourquoi Jésus nous invite à embrasser la Croix : Il s’est offert, Il s’est perdu lui-même et, c’est précisément ainsi, que nous avons pu recevoir sa vie en abondance. De la même manière, si nous vivons dans la logique du don, nous serons nous aussi capables de faire naître une vie nouvelle dans nos relations.

Enfin, l’accueil. L’amour, en effet, s’exprime à travers des choix et des actions concrètes, dans un engagement fait de petits gestes quotidiens, comme celui d’offrir un verre d’eau à celui qui a soif (cf. v. 42). Jésus, en envoyant ses disciples au-devant de lui, leur demande d’y aller sans provisions, c’est-à-dire d’être dans le besoin, car c’est ainsi qu’ils pourront susciter l’accueil chez ceux qu’ils rencontreront. Et ainsi, en accueillant ceux qui viennent au nom de Jésus, on accueille Jésus lui-même et le Père céleste qui l’a envoyé. L’amour pour le Seigneur passe toujours par l’accueil des frères.

Chers amis, prions la Vierge Marie, qui a aimé son Fils tout en sachant aussi le perdre : qu’elle nous aide à être des témoins humbles et joyeux de l’amour du Christ.

Pape Léon XIV, Angelus, le 28 juin 26

https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260628-angelus.html

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dimanche 12 juillet 2026

Liturgie de la Parole 15e dimanche A Matthieu 13, 1-23 ; Isaïe 55, 10-11 ; Psaume 64(65) ; Romains 8, 18-23

Homélie

Frères et sœurs, cette parabole du semeur, nous la connaissons depuis notre enfance : elle est toujours au programme d’une première initiation à l’Evangile et à ce qu’il implique dans la vie. Mais même si ce texte nous est très connu, cela vaut la peine de le considérer une nouvelle fois. Cette parabole n’est pas tout à fait comme les autres, elle est pour ainsi dire LA PARABOLE-type : la parabole qui nous dit ce qui arrive quand les gens écoutent des paraboles…. Certains ne comprennent pas et la parole n’a dans ce cas aucun effet ; d’autres comprennent quelque chose, mais pour des raisons diverses (manque de persévérance, tentations du monde, etc.) la parole est étouffée et ne porte pas de fuit ; chez d’autres enfin, elle est bien accueillie et y produit beaucoup de fruits.

C’est ce qu’on observe dans toute communication humaine ; il y a des paroles de certaines personnes don nous nous souvenons des années après et qui ont fait tout un chemin en nous ; il y a des paroles qu’on oublie au fil du temps et d’autres qui le sont presque aussitôt avoir été prononcées. Toute personne qui a eu une mission d’enseignement le sait bien : lorsqu’on rencontre par après d’anciens élèves ou auditeurs, ils disent : « Ah ! Un jour vous avez dit cela, cela m’a marqué. Et puis à tel autre moment vous fait ceci ou cela. J’en ai un souvenir vraiment clair et lumineux. » Alors que tout le reste de ce qui a été enseignement n’a laissé qu’un souvenir très confus. Pourquoi retient-on certains mots ou certains gestes alors que le reste sombre dans l’oubli ? D’où vient cette alchimie subtile entre un esprit, un cœur et une parole qui joue pour ainsi dire le rôle de clef pour avancer dans la vie ? Tout cela reste fort mystérieux finalement….

Mais revenons à la communication de la Parole de Dieu dont Jésus nous parle. Cet Evangile nous parle de la façon dont nous pouvons nous approprier le message de Jésus. Une première façon d’être disciple serait de vouloir conserver vivant le moindre fragment de verset de l’Evangile, de vouloir scrupuleusement mettre tout en pratique, ne négliger aucun iota, ne rien perdre. Mais cela est illusoire : personne ne comprend à fond la totalité des paroles de Jésus ; vouloir ne rien perdre, vouloir tout pratiquer nous mènerai à vivre comme un robot, une Intelligence artificielle, mais pas comme un disciple humain de Jésus. L’autre façon d’être fidèle, suggérée par la parabole, serait de se concentrer sur certains passages de l’Evangile, certains versets en nombre limite, que l’on comprend d’une façon satisfaisante, de les méditer, d’en vivre et de les pratiquer avec zèle et amour. Accepter de ne pas tout comprendre, accepter la perte apparente du tout illusoire mais ré-engendrer pour ainsi dire  de l’intérieur, par une pratique humble mais résolue, la totalité de l’Evangile. Les Pères de l’Eglise disaient qu’un seul verset de l’Evangile contient en fait la Bonne Nouvelle en totalité. Une parole du Christ est comme une bouture. Nous savons qu’avec une simple bouture, si elle est réalisée, nous pouvons ré-engendrer la totalité d’une plante. Eh bien il en va de même pour la Parole de Dieu. C’est aussi comme dans l’eucharistie où, nous le savons, le moindre petit morceau d’hostie contient la totalité du corps du Christ. Si nous creusons à fond certains versets ou passages de l’Evangile, nous allons le retrouver en totalité. Marie est à cet égard pour nous un modèle. Luc nous dit qu’elle gardait mémoire des événements entourant la naissance de Jésus et qu’elle les méditait dans son cœur. Dans la tradition juive, les choses et les événements de la vie sont aussi des paroles de Dieu, des paraboles qui nous sont adressée. Marie, en méditant profondément ces « paroles », a fait preuve d’une fécondité de vie de la foi tout à fait exceptionnelle.

Ce temps d’été, frères et sœurs, est pour beaucoup, un temps de repos, de vie plus calme, de vacances. Pourquoi ne pas prendre une heure pour coucher sur le papier, les quelques scènes évangéliques qui nous marquent le plus, pour les méditer profondément dans notre prière et les pratiquer vraiment avec toute l’énergie dont notre cœur est capable. Nous et d’autres autour de nous auront alors la joie, n’en doutons pas, de porter du fruit à raison de trente, de soixante voire de cent pour un


Jean-Michel Counet, Hurtebise le 12 juillet 26


samedi 11 juillet 2026

Liturgie de la Parole 11 juillet Fête de St Benoît Patron de l'Europe, Matthieu 19, 27-29

Homélie

Tous les bons randonneurs savent qu’il est très dangereux de s’aventurer sans en emporter une boussole. Ce n'est pas un objet très impressionnant. De nos jours, tout le monde préfère son GPS. Il est plus moderne, plus sophistiqué, plus précis.

 Et pourtant... lorsque le brouillard tombe, lorsque le téléphone n'a plus de batterie ou ne capte plus le réseau, la vieille boussole retrouve toute son importance. Elle ne vous dit pas où se trouve le prochain refuge. Elle indique simplement le nord.

 En préparant cette fête de saint Benoît, je me suis dit qu'il ressemblait un peu à cette vieille boussole. Aujourd'hui, il aurait sans doute été un peu dérouté par nos GPS ! Ils nous disent sans cesse : « Recalcul de l'itinéraire... » Alors que Benoît nous poserait probablement une seule question : « Es-tu toujours orienté vers le Christ ? »

 Il ne nous donne pas toutes les réponses. Il ne prévoit pas toutes les situations. Il nous aide simplement à garder le cap. C'est sans doute pour cela que la Règle commence par un seul mot : « Écoute… » Non pas : organise, réussis, maîtrise... Mais : Écoute.

Chères moniales, vous connaissez ce premier mot depuis longtemps. Peut-être même trop bien. Et c'est là le risque. Les paroles que nous connaissons le mieux sont parfois celles que nous n'entendons plus. Pensons aux cloches du monastère. Elles sonnent chaque jour avec la même fidélité. Pourtant, il arrive qu'on ne les entende même plus. Elles sont devenues familières.

Il peut en être ainsi de la Parole de Dieu. Les psaumes reviennent. La Règle revient.

L'Évangile revient. Mais Dieu, lui, ne se répète jamais. C'est toujours nous qu'il rejoint autrement. C'est pourquoi Benoît écrit : « Écoute, mon fils, les préceptes du Maître et incline l'oreille de ton cœur. »

 L'oreille du cœur... Quelle magnifique expression ! Les oreilles entendent des sons.

Le cœur, lui, entend un appel.

 Et cette écoute n'est jamais terminée. À vingt ans, on n'écoute pas la Parole comme à cinquante. Ce n'est pas la Parole qui change. C'est notre cœur qui se creuse, qui s'élargit, qui devient capable d'entendre autrement.

 Jésus nous parle de la maison bâtie sur le roc. Le roc ne supprime pas les tempêtes. Il permet simplement à la maison de tenir.

La vie de saint Benoît n'a pas été un long fleuve tranquille.

Et la nôtre ne l'est pas davantage. Il y a les enthousiasmes des commencements. Il y a les fidélités plus discrètes des années. Il y a les jours lumineux. Et il y a aussi les jours où le brouillard tombe.

Mais une boussole n'empêche pas le brouillard. Elle évite seulement de perdre le nord. Et quel est ce nord ? Saint Benoît répond en une seule phrase, l'une des plus belles de toute la Règle : « Ne rien préférer à l'amour du Christ. »

 Voilà le nord. Tout est là. Non pas une observance parfaite. Non pas une vie sans failles. Le Christ !

Et chaque matin, il nous faut vérifier doucement la direction de notre cœur. Car il est toujours possible de préférer autre chose. Ses habitudes. Ses certitudes. Son caractère. Sa tranquillité. Même dans un monastère, le cœur humain reste un cœur humain. C'est pourquoi Benoît nous ramène sans cesse à l'essentiel.

 Et puis il y a cette phrase du Prologue que je trouve extraordinaire :

« À mesure que l'on progresse dans la vie monastique et dans la foi, le cœur se dilate, et l'on court dans la voie des commandements de Dieu avec l'indicible douceur de l'amour. » Quelle confiance dans la grâce !

 Nous aurions peut-être écrit le contraire. Avec les années, on marche moins vite. Les jambes deviennent plus prudentes. Le corps rappelle ses limites.

Et Benoît, lui, ose parler d'un cœur qui se dilate... d'une personne qui court !

Il ne parle évidemment pas des jambes. Il parle du cœur.

Voilà la jeunesse de l'Évangile !

Le corps peut vieillir. Le cœur, lui, peut continuer à grandir. Il peut devenir plus libre.

Plus paisible. Plus accueillant. Plus aimant.

 N’est-ce pas là, la véritable joie bénédictine ? Une joie discrète. Une joie qui ne fait pas de bruit. Une joie qui ne nie pas les difficultés, mais qui naît de la certitude que le Christ demeure toujours le nord.

 En ce jour de fête, demandons à saint Benoît que notre cœur ne cesse jamais de se dilater, afin que nous puissions courir, aujourd'hui encore, « avec l'indicible douceur de l'amour », sur le chemin où le Seigneur nous précède.

Doyen Philippe Goosse, Hurtebise le 11 juillet 26