Liturgie 15e mardi TO-II Matthieu 11, 20-24
Méditation
Dans l’Evangile nous voyons Jésus enseigner les foules. Nous le voyons guérir des malades, prendre soin des plus faibles, des plus démunis, des rejetés mis au ban de la société. Il dit et agit sans violence et beaucoup de bienveillance.
Ce n’est pas qu’il marchait à côté de ses pompes, il allait tout simplement à l’encontre des normes établies et des comportements adoptés par un peuple manipulé par des responsables politiques et religieux mal intentionnés.
Je me demande ce qui a changé aujourd’hui ? Le constat que nous pouvons faire de la situation, qu’elle soit sociale, climatique, économique ou philosophique est le même. L’intolérance, le repli sur soi, la cupidité, le manque d’empathie est le même.
Jésus fait tout cela en parcourant la Galilée, la Judée, même la Samarie et les régions étrangères. Il entre dans les villes et villages, parfois sans y être accueilli quand ce n’est pas rejeté. Et, c’est aussi là, où l’enfant du pays devrait être écouté et reçu, qu’il est le plus souvent méprisé.
Nul n’est prophète en son pays, dit-on encore aujourd’hui !
On dit aussi qu’il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
La surdité et l’aveuglement du cœur entraîne, soit à la paralysie, soit à l’exaction, à la violence. C’est aussi ce que l’on constate aujourd’hui.
Jésus à pourtant tout fait pour que le feu qui l’anime, celui de la Bonne Nouvelle qu’il nous donne, devienne le moteur de nos vies. C’est aussi sa manière de nous dire que son père compte sur lui pour faire surgir et grandir un monde différent de celui dans lequel trop souvent nous vivons et que nous connaissons trop bien. Le monde nouveau qu’il nous invite à créer à sa suite et dans lequel il nous invite à vivre, il l’appelle le Royaume de Dieu.
Avec Jésus nous apprenons et découvrons que Dieu son père est aussi notre Père et qu’il est profondément lié à nous personnellement, à l’humanité et à sa création… c’est-à-dire aux êtres que nous sommes et à la planète Terre dont nous ne prenons pas suffisamment soin.
Jésus nous apprend également que lorsqu’un être humain est blessé, atteint dans sa dignité, sa liberté, son humanité, c’est Dieu lui-même que l’on atteint. La solidarité, la compassion, la miséricorde et la fidélité de Dieu ne sont pas des vains mots.
Alors, on comprend la douleur de Jésus qui constate les résistances au changement, au retournement des cœurs que l’on appelle la conversion.
Malheureuse es-tu Chorazin, malheureuse es-tu Bethsaïda. Il y a en chacun de nous un peu ou beaucoup de Chorazin, de Bethsaïda ou de Capharnaüm, même, et il ne faut pas le nier, s’il y a aussi un peu de Tyr et de Sidon.
Jésus est d’autant plus dur que nous sommes informés, nous avons été enseignés et parfois guéris, alors, si nous restons fermés, si nous ne travaillons pas à l’œuvre de Dieu, nous sommes moins pardonnables que celui qui ne le connaît pas et ignore sa présence faute de connaissance de son existence.
Nous avons tout pour choisir la vie, découvrir qu’il y a en nous plus que nous-mêmes. Nous faisons parfois ou souvent l’expérience que le feu de l’Esprit habite et agit en nous. En accueillant cet Esprit je peux changer ma vie et participer avec joie et enthousiasme à l’œuvre créatrice de Dieu. Cette œuvre créatrice que le Christ accomplit pleinement.
Aujourd’hui nous sommes invités à changer notre regard et nos comportements, à choisir la vie, choisir la confiance en sa parole et à expérimenter la joie qu’il suscite en nous et autour de nous.
Raymond le 14 juillet 26