mercredi 11 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e mercredi carême Matthieu 5, 17-19 ; Deutéronome 4, 1.5-9

Introduction

La Loi : Qu’est-ce que cela nous évoque ?
Obligation ? austérité ? sévérité ? amende, punition, voire prison, condamnation…
Pourtant quand j’entends dans la première lecture « et maintenant Israël, écoute les lois et les coutumes que je vous enseigne AFIN QUE VOUS VIVIEZ », je ne peux m’empêcher de penser à 
« Ecoute, mon fils, l’enseignement du maître, ouvre l’oreille de ton cœur. 
Accepte volontiers les conseils d’un père qui t’aime et fais vraiment tout ce qu’il te dit… » (Règle de saint Benoît Prologue 1).
Jésus était-il hors la loi ?
Écoutons donc !
Nous verrons que la parole de Dieu est DENSE et qu’un seul verset peut résumer
    Le plan de Dieu pour l’humanité
    Et son amour infini.
Chantons les Psaumes et entrons en prière.

Méditation

N’allez pas croire, dit Jésus, 
Que je suis venu ABOLIR la loi et les prophètes
Je ne suis pas venu ABOLIR mais ACCOMPLIR.
À la fin de sa mission, il dira en effet : « Tout est accompli » (Jean 19,30).

Mais qu’est-ce qu’on entend par « la loi et les prophètes » ?
-quand on utilise cette expression « la loi et les prophètes » dans le Nouveau Testament, cela représente l’ensemble des Ecritures de l’Ancien Testament, donc le Christ n’est pas venu faire table rase de l’Ancien Testament.
-cela désigne aussi et surtout l’exigence de la loi divine
    La loi divine se présente comme un choix : 
    Positif : l’adhésion, l’obéissance qui conduit à la VIE, à la bénédiction (1ère lecture)
    Négatif : le refus, le péché qui mène à la mort, à la malédiction : Deutéronome 27 « Maudit soit l’homme qui se fait des idoles, maltraite ses parents, vole, n’accueille aps l’étranger, couche avec sa mère, sa sœur, sa belle-mère, frappe son voisin » (cf. Deutéronome 27,15-24). 
Il est important de retenir ces deux volets de la Loi, bénédiction/ malédiction, pour comprendre la suite.

Pourquoi le Christ déclare-t-il qu’il n’est pas venu abolir ?
Tout au long des Evangiles, on ressent l’opposition vis-à-vis du Christ
    -des scribes qui sont les copistes, gardiens et enseignants de la loi
    -des pharisiens qui sont les défenseurs tatillons des moindres détails à observer.
Ils l’accusent de transgresser la loi de Dieu.
Jésus met les points sur les i (ou les iota) : malgré la réputation que certains me font de vouloir abolir la loi de Dieu, n’en croyez rien !
Ce que Jésus constes, ce n’est pas la LOI, c’est leur interprétation et leur manière de l’exécuter en la réduisant à des pratiques matérielles, corporelles, dont l’esprit a disparu.
Or, loin de s’opposer à Moïse, le Christ renforce ses prescriptions. Rappelez-vous « il a été dit, vous ne tuerez pas, moi je vous dis dès que vous vous mettez en colère… » ( cf. Matthieu 5, 21-22).
Donc il est clair que le Christ n’est pas venu abolir la loi.

Qu’en est-il d’ACCOMPLIR ?
Tout l’Ancien Testament est une période de préparation à la venue du Christ.
Christ en est l’accomplissement, il en était le but, il en est la fin si l’on peut dire, puisque le but est accompli. Il fait la jonction entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Il est la CLÉ des Ecritures.
Rappelons-nous, après la résurrection, deux marcheurs déprimés quittent Jérusalem, leurs espoirs se sont effondrés. Le Christ les rejoint sur la route d’Emmaüs, et là il leur ouvre l’intelligence pour qu’ils comprennent dans la loi de Moïse, dans les prophètes, TOUT CE QUI LE CONCERNE.
Combien de fois ne trouve-t-on pas dans le Nouveau Testament l’expression « afin que s’accomplisse les Ecritures » ? Accomplir, ce n’est pas seulement « c’était annoncé, c’est arrivé ». Le verbe utilisé en grec est « rendre plein ». Comme si l’Ancien Testament était le moule, la préfiguration. On y trouve par exemple des « rédemptions » j-hsitoriques comme la sortie d’Egypte. Ce n’est qu’une préfiguration de la rédemption par jésus-Christ, qui amène à la vie Eternelle.

Comment le Christ accomplit-il la loi et les prophètes?
1) En accomplissant les prophéties faites à son sujet.
Ce qui était annoncé soit textuellement : sa naissance, son ministère, l’opposition, sa mort, sa résurrection, sa gloire éternelle ; soit de manière figurée, comme je disais l’exode qui préfigure la rédemption, mais encore les personnages d’Isaac, de Joseph, de Moïse, de David.
2) Une deuxième sens, c’est que le Christ vient accomplir la justice de la Loi, c’est-à-dire les exigences de Dieu. Nous avons vu que la loi comporte deux « volets ». Une parfaite obéissance qui mène à la VIE : Dieu demande un amour, une justice semblables aux siens. L’autre volet, c’est celui du péché, du refus.
Or Jésus rappelle (il a été dit…moi je vous dis) que Dieu ne condamne pas seulement les actes, mais qu’il voit les cœurs et condamne les pensées, les intentions.
Autrement dit, la loi est nécessaire pour avoir la VIE, mais il est humainement impossible de ne pas les transgresser.
C’est là que réside le mystère de la rédemption : Jésus, par une obéissance parfaite à son Père ET par l’acceptation d’un « châtiment » qu’il prend sur lui, va nous ouvrir les portes du Royaume.
Lu qui était le Juste par excellence
Qui était sans péché
A pris sur lui tous nos péchés
En subissant la pire infamie
Jusqu’à la mort, et la mort sur une croix.

Comment pouvons-nous bénéficier de ce « rachat » ?
Par la foi en Jésus, en se mettant à sa suite, en se plaçant sous son joug qui n’est plus celui de la loi ancienne mais qui est résumée, purifiée en une loi d’AMOUR. Cf. Romains 3,28-31 l’homme est JUSTIFIÉ (rendu juste) par la foi sans la pratique de la loi.
Dieu a tant aimé le monde
Qu’il a donné son fils unique
Afin qu’il vienne accomplir la loi
Pour sauver les pécheurs qui croiraient en lui (cf. Jean 3, 16-17)

Prenons un temps de silence pour méditer l’amour du Christ qui se donne et qui nous envoie l’Esprit saint.

Invitation au Notre Père

Ensemble, nous nous tournons vers le Père pour redire la prière que Jésus nous a donnée.

Gaston le 11 mars 26


mardi 10 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e mardi Carême Matthieu 18, 21-35 ; Daniel 3, 25.34-43 ; Psaume 25 

Hymne : E 262 (voir ci-dessous) 

Introduction

En ce 3e mardi de Carême, comme l’hymne vient de le suggérer, la liturgie nous aide à percevoir ce qu’est la miséricorde, le pardon.
Dans le Premier Testament, le prophète nous apprend que la miséricorde relève précisément du nom de Dieu. Je cite le prophète Daniel : « A cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours et ne romps pas ton alliance. Ne nous retire pas ta miséricorde… »
Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus raconte une parabole à Pierre : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs… quelqu’un qui devait soixante millions de pièces d’argent… (un autre qui devait) cent pièces d’argent… ». Un maître qui pardonne. Un serviteur qui n’a pas de compassion…
Qui voulons-nous être ? A quoi nous invite Jésus ?
Pourquoi le pardon est-il important ? Quel en est l’enjeu ?
La liturgie, comme chaque jour, nous questionne, nous interpelle…
Accueillons, aujourd’hui, ce que Dieu souhaite nous dire au creux du cœur. 
Pour le découvrir, portons les intentions de notre monde par le chant des Psaumes.


Méditation

Je souhaite vous partager quelques extraits d’une homélie du Père Joseph-Marie Verlinde :
« … Je te demande de pardonner ‘pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois’…
Il me semble que si nous entendons vraiment cette Parole, si nous la laissons descendre en nous, le sol se dérobe sous nos pieds. Quel vertige ! Ne rien retenir qui enchaînerait l’autre à moi par quelque lien que ce soit : la haine, le ressentiment, la rancœur, etc.
Le laisser totalement libre des actes coupables qu’il aurait pu commettre envers moi ; refuser de revendiquer mon droit non par faiblesse, mais pour ne pas être un obstacle sur sa route, dans la certitude que Jésus marche avec lui et saura écrire droit sur ses lignes courbes… Quel vertige, et en même temps, quelle liberté ; non seulement pour l’offenseur absous, mais aussi pour l’offensé, qui se trouve libéré de ses ressentiments !
Somme toute, n’est-ce pas cela aimer ? Le premier mot de l’amour n’est-il pas le respect, en particulier le respect de ce que mon prochain a de plus précieux : cette liberté qui le configure à son Créateur ? ‘Aimer mon ennemi’ signifierait donc avant tout lui pardonner, refuser de le lier par mes sentiments négatifs ; le laisser libre malgré la dette qu’il a contractée envers moi par son offense. Ce qui implique de combattre généreusement, au cœur même de l’offense, du mépris, de l’humiliation, contre les passions qui assaillent inévitablement mon âme…
C’est de moi, de ma vie que parle Jésus dans cette parabole par laquelle il désire m’aider à choisir entre les deux voies qui s’ouvrent devant moi à chaque rencontre avec mon prochain : la voie ‘de la vie et du bonheur’, pour que je vive, moi et ma descendance, en bénissant au lieu de maudire ; ou la voie ‘de la mort et du malheur’ en refusant de partager le bon pain de la miséricorde, dont j’ai pourtant été moi-même le premier bénéficiaire…
Qui donc manifeste une telle miséricorde sinon notre Père céleste, qui ‘fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes’ ?
C’est probablement parce qu’il n’a pas pris conscience du prix de sa propre liberté, que ce serviteur ingrat se retire sans même un mot de remerciement, et se jette sur son compagnon endetté…
En refusant de pardonner à son prochain, cet homme qui venait d’être remis gratuitement dans sa pleine dignité et liberté, a à nouveau perdu ces biens précieux. En se faisant le tortionnaire de son frère, il est devenu son propre bourreau, auquel il demeure livré ‘jusqu’à ce qu’il eût tout remboursé’…
Seigneur, viens déchirer le voile de mes ténèbres, inonde mon cœur de la douce lumière de ta miséricorde pour que je puisse sans cesse me souvenir… du prix de ma liberté et du prix de la liberté de tous mes frères… »
(J.-M. VERLINDE, L’anneau et la couronne – V, Demeurez dans mon amour. Homélies pour chaque jour du temps ordinaire, Langres, Parole et Silence, 2008 : commentaire de Mt 18, 21-35, p. 258-260)
Silence

Notre Père

Comme (fils et) filles d’un même Père, nous voulons redire la prière que Jésus nous a enseignée : « Notre Père… »

Oraison conclusive

« Seigneur, ton projet pour chacun de nous est une proposition de vie, de bonheur et de liberté. Nous te rendons grâces.
En ce temps de Carême, nous voulons déposer devant Toi tout ce qui y fait obstacle. Aide-nous à choisir ce qui nous rapproche de Toi et des autres. A rejeter ce qui nous éloigne de Toi. Nous nous appuyons sur ton secours. Nous espérons ton pardon, Dieu de miséricorde.
Que Ta Parole nous inspire, nous enseigne et nous conduise à pardonner nous aussi.
Nous serons alors les fils et les filles de ton Père, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, pour les siècles des siècles »


Sr Marie-Jean le 20 mars 20


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E 262 Point de prodigue sans pardon
Auteur : CFC (Commission Francophone Cistércienne)
Compositeur : Joseph Gelineau


1-Point de prodigue sans pardon qui le cherche,
Nul n'est trop loin pour Dieu ;
Viennent les larmes où le fils renaît,
Joie du retour au Père.


2-Point de blessure que sa main ne guérisse,
Rien n'est perdu pour Dieu ;
Vienne la grâce où la vie reprend,
Flamme jaillie des cendres.


3-Point de ténèbres sans espoir de lumière,
Rien n'est fini pour Dieu ;
Vienne l'aurore où l'amour surgit,
Chant d'un matin de Pâques. 


lundi 9 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e lundi carême 2 Rois 5, 1-15

« Naaman, le lépreux syrien » 

Méditation

On n'est jamais trop jeune pour être témoin du Seigneur.
On n’est jamais trop petite pour prodiguer un bon conseil.

Elle m’émeut cette petite fille hébraïque de 7, 8 ans, arrachée à ses parents et à ses camarades de jeu … et jetée en terre étrangère privée de liberté et de l’insouciance de l’enfance. … Comme beaucoup d’enfants aujourd’hui, d’ailleurs !!!
Cette fillette est au service de Naaman et de son épouse.
                       
Lui, un grand homme ; elle, une petite fille.
Lui, un chef d’armée éminent ; elle, une humble servante dévouée.
Lui, un héros couvert de gloire et de distinctions ; elle, une enfant captive, insignifiante.
Lui, a un nom ; elle, sans nom. 
Lui, il vit devant le roi de Syrie ; elle, elle vit devant l’Eternel, le Dieu de ses pères.
Mais … 
Lui, son bel uniforme cache un corps rongé par une maladie honteuse : la lèpre, qui, en ce temps-là, était la marque du jugement de Dieu, suite à une souillure de péché.
Elle, sa pureté est porteuse de bonnes nouvelles : un remède à cette maladie incurable.
    
La foi de cette fillette fait réfléchir Naaman : « Alors ce prophète de Samarie me délivrerait de ma lèpre ? … Mais jamais personne n’a pu constater la guérison d’une lèpre en Israël, Jésus nous l’affirme, même, dans l’Evangile d’aujourd’hui. !!!...

Pourtant, … cette jeune fille a une confiance éperdue dans la puissance de l’Eternel.
Elle n’est pas tournée vers elle-même, elle veut le bien de cet homme, malgré qu’il la retient prisonnière, loin de l’affection des siens.

Alors, on décide d’écouter sa proposition :
      -   preuve, sans aucun doute, que sa conduite, chez Naaman, est irréprochable.
      -   preuve aussi que Naaman est à bout de force et de ressources.

Décision prise, Naaman se met en route, chargé de cadeaux faramineux pour le roi d’Israël
Et, oui, les grands de ce monde négocient tout, … loin de discerner, que Dieu, au contraire, se glorifie dans ce qui est peu considéré.
      
Pourtant, … la petite servante n’a pas parlé du roi d’Israël mais bien du prophète de Samarie, Elisée. … Avoir foi dans les ressources divines … !!!  Non !... Il vaut mieux faire appel aux puissances humaines !

Mais ce roi d’Israël est-il vraiment puissant ? … il croit à une provocation … il s’emporte, … se met en colère. Ne serait-ce pas un aveu de son impuissance ? 

Enfin, l’intervention d’Elisée
: puisque les ressources des grands de ce monde ne sont pas efficaces, rien ne dépassera, espérons-le, les ressources divines !

Oui ! c’est la bonne adresse ! Mais …. Pas du tout la bonne manière … :
Elisée ne se dérange même pas : il envoie un messager avec un mot : 
 « Va te baigner dans le Jourdain. » 
           Mais c’est ignoble, cette façon de faire ! 
           Une blessure à son amour-propre ! 
           Naaman est en colère : on n’a pas tenu compte de son rang, lui, un haut dignitaire !
           Il est profondément déçu !


Sa réaction est en contraste flagrant avec le centurion romain, ou … 
avec la syro-phénicienne ou encore … avec l’aveugle-né.
Pourquoi, Naaman ne saisit-il pas, comme eux, la parole que lui offre le prophète ?

                                        
Naaman s’attendait à des paroles inédites, à des gestes extravagants au-dessus de sa personne, quelque chose de magique, de visible, qui se réglerait de l’extérieur ! 
Mais … rien de tout cela ! …. Elisée fait simplement appel à sa foi. 

Heureusement ses serviteurs sont là : relayant la petite servante !
Naaman doit découvrir que sa guérison dépend de son accueil intérieur.


Autrement dit : Dieu a tout fait pour les pécheurs que nous sommes. Nous ne pouvons rien ajouter à l’œuvre du salut sinon que de l’accueillir de tout notre cœur, un cœur rempli de foi.

Notre Père

Et nous -mêmes n’attendons-nous pas trop souvent de l’inédit pour réveiller notre foi ?
Ou … une parole surprenante qui crèverait l’écran de nos habitudes trop durcies ? 
Offrons à notre Père, un cœur ouvert afin d’entendre sa voix dans le secret de notre quotidien.

Sr Anne-Françoise le 9 mars 26


dimanche 8 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e dimanche Carême A Jean 4, 5-52

4 dérapages contrôlés
La Samaritaine au pied du puits et l’eau vive

ACCUEIL

En voyant l’actualité, nous aurions envie de crier : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »
Mais l’évangile de ce dimanche nous révèle le visage bouleversant d’un Dieu qui se montre en manque, un Dieu pauvre, en totale dé-maîtrise : « Donne-moi à boire », « J’ai soif »  dit-il.
Aujourd’hui, Jésus nous invite à croire en ce Dieu pauvre, assoiffé, ce Dieu qui nous stimule à croire en l’Homme.
 
Ne désespérons jamais ni de Dieu, ni de l’humain…

HOMÉLIE

    Ce fait divers a lieu près du puits de Jacob, ancêtre commun aux Juifs et aux Samaritains.  Il est mis en scène par Saint Jean.  Il  provoque au moins quatre dérapages.   En effet, Jésus et la Samaritaine, c'était le jour et la nuit.

1° dérapage : Jésus est homme.  La samaritaine est femme.
"Donne-moi à boire  (V7). D'emblée, Jésus prend l’initiative de demander de l’eau à une femme.
Cela ne se faisait pas à l'époque, de parler ainsi en public à une femme.  Vous n'imaginez quand même pas que le commérage est une invention d'aujourd'hui! D'ailleurs, les disciples étaient "stupéfaits" nous dit pudiquement l'Evangile. Surpris?  Scandalisés, vous voulez dire! Leur rabbi qui parle avec une femme en public.
Jésus effectue un premier dérapage contrôlé en demandant un service, un verre d’eau à une femme en public.

2° dérapage : Jésus est Juif... La femme est Samaritaine
C'est-à-dire qu’elle appartient à un peuple "bâtard" qui avait organisé un culte tout différent de celui des Juifs.  Les Samaritains vénéraient des divinités païennes.  Ainsi, ils font cavaliers seuls depuis près de dix siècles.  En plus, jadis, ils ont fait bon accueil à l'envahisseur assyrien (pays d’Iran et Irak actuels) et ils ont construit un temple rival de celui de Jérusalem.  C'est pourquoi les Juifs ne veulent rien avoir de commun avec eux.
La femme est choquée : « Comment! Toi, Juif, tu parles à une Samaritaine? »(v 9)  Jésus effectue un deuxième dérapage contrôlé en s’adressant à une Samaritaine autrement-dit à une personne pratiquant un culte différent, une personne provenant d’une région maudite par les Juifs.

3° dérapage : Jésus est Fils de Dieu, …la samaritaine est prostituée... 
Quand Jésus propose son eau, la femme réplique avec ironie. "Donne-la-moi, cette  eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir ici pour puiser."(v 15) La Samaritaine se défend.  On ne lui fait pas le coup du verre d'eau!
Pourtant, cette méfiance va s'écrouler comme un château de cartes quand la femme entend ces quelques mots: "Si tu savais le don de Dieu."(v 10)  Oui, si tu savais comme Dieu a soif de toi, comme je suis sûr que tu aurais soif de lui!
Jésus effectue un troisième dérapage contrôlé en parlant à une prostituée de telle manière qu’il la touche directement au cœur.  Il a fait résonner pour elle le murmure d'un amour possible.  Alors, elle s'est redressée.

4° dérapage : Un pèlerin galiléen s’est arrêté en Samarie
La Samarie est une des trois régions d’Israël.  Elle a fait sécession avec les deux autres (la Judée et la Galilée).
Mais ce n’est pas une raison suffisante pour arrêter Jésus, ce pèlerin infatigable pourtant tellement à l'aise en Galilée. (au Nord de la Samarie).. A ses yeux, rien ne peut enchaîner l'être humain à tout jamais: ni son passé, ni les différences de culture, race, culte, ni l'exclusion des autres, ni son péché.  Tout l'univers est appelé à recevoir le don de Dieu.  La femme abandonne sa cruche et va annoncer la bonne nouvelle à la ville.  Elle s'en va appeler les siens à partager sa foi.(v 28-29)
Ainsi, les Samaritains conquis par le message de celle qui était montrée du doigt proclameront que Jésus est LE sauveur s'adressant au monde entier.(v 42)
Jésus effectue son quatrième dérapage contrôlé en propageant l’Evangile en dehors du pays juif.

    Nous lisons ce récit un mois avant la fête de Pâques.  Choix judicieux.    En effet, avec ses 4 dérapages ce récit anticipe déjà la résurrection.  De la même manière, Marie de Magdala, la pécheresse, sera la 1ère témoin de la résurrection, (Jn 20,1-18), la 1ère envoyée pour porter la bonne nouvelle.  Ici également, c’est une femme qui a eu cinq maris qui court annoncer à la ville qu’elle a rencontré le Christ (V 29).
  Le rendez-vous et l’échange au pied de la margelle ne sont pas seulement une belle histoire du passé mais une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui :  J’en ai détecté 4 : 1    Dieu a soif. 2    Dieu rencontre. 3    Dieu risque. 4    Dieu aime.

Sur la route pascale, Jésus nous attend nous aussi pour nous présenter l'eau vive.  Ne fermons pas notre cœur! (Ps. 94 : psaume du jour) 

Fernand STREBER Hurtebise le 8 mars 26


 P’TIT RAWETT’ :  PETIT CLIN D’ŒIL À LA JOURNÉE MONDIALE DU DROIT DES FEMMES. (8 MARS)

PRÉCIEUSE ÉTOILE


    Il était une fois une petite étoile tombée du ciel, égarée en plein champ sur la planète Terre. Comment ne pas être repérée quand on scintille de la sorte !
    Survient une femme, toute occupée à ramasser des branches mortes pour chauffer sa maison. La femme doucement s’approche, de ses mains délicates elle écarte la terre qui écrase la malheureuse étoile. Peu à peu celle-ci revit, elle brille bientôt de tous ses feux.
    Oh, se dit la femme, je vais l’emporter dans ma maison, elle éclairera mon mari quand il reviendra du travail.
    Abandonnant ses branches mortes, dans ses deux mains ouvertes, rapprochées en forme de coupe, la femme recueille la petite étoile, et toute joyeuse regagne sa maison.
    Arrivée chez elle, sur un socle près de la porte, elle dépose sa précieuse découverte.
    De retour le soir, le mari est étonné par la vive clarté qui l’accueille en franchissant la porte.
    - Qu’est-ce que cette chose brillante ? demande l’homme.
    La femme raconte.
    - Elle nous est précieuse cette étoile, dit l’homme.  Gardons-la pour nous.
    - Non, dit la femme, mettons-la dehors, elle éclairera tous ceux qui passeront près de notre maison.
    Plus l’homme disait :
    - Gardons-la pour nous ;... plus la clarté de l’étoile diminuait.
    Plus la femme disait :
    - Mettons-la dehors ;... plus l’étoile brillait.
    L’homme prépare une place sur le rebord de la fenêtre et y dépose le brillant trésor.
    Depuis ce jour, la petite étoile n’a pas quitté sa fenêtre et sa clarté est de plus en plus vive.
 

Tagore


samedi 7 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e samedi carême Luc 15, 1-3.11-32


Hymne
: E 235 : Je reviendrai à la maison de mon Père (texte voir ci-dessous)

Introduction 

Nous voici rassemblées pour un temps de prière, à huis clos, mais, en communion avec l’Église entière. Prenons le temps de laisser l’Esprit élargir nos cœurs. Que notre prière ne soit pas limitée aux murs de cette église. Qu’elle rejoigne tous nos frères et sœurs chrétiens, tous nos frères et sœurs humains. Qu’elle les porte devant Dieu. 
Au fait : Qui donc est Dieu ? n’est-ce pas la question que nous devons nous poser à chaque fois que nous entrons en liturgie ? chaque fois que nous écoutons la Parole de Dieu ? qui donc est Dieu ? 
Nietzche l’a pris pour un gendarme, un surveillant malveillant, il s’est déclaré athée, moi aussi je suis athée d’un tel dieu. 
Certains l’ont pris pour un être allergique à la joie, un être dur, ils l’ont abandonné, moi aussi je suis athée d’un tel dieu. 
Alors, qui donc est Dieu ? 
La parabole du « Père prodigue » que nous allons entendre au cours de ce temps de prière, nous pensons la connaître, écoutons-la, comme si c’était la première fois, laissons-nous renouveler encore et toujours dans notre foi en la recevant. Préparons nos cœurs par le chant des psaumes. 


Oraison 

Dieu de tendresse, notre Père,
ta Parole est la Bonne Nouvelle qui illumine la grisaille de nos existences.
Sans te lasser, tu relèves ton peuple de ses misères
et tu l’invites à la joyeuse table de ton Fils.
Éveille notre attention, donne-nous faim de ta Parole.
Que ton Esprit purifie nos pensées de tout ce qui les détourne de ton message,
qu’il nous rende réceptifs.
Gloire et louange à toi pour les siècles des siècles. (1)


Bref commentaire : 

Qui donc est Dieu ? 
Je vous propose un bref temps de silence, que chacune puisse en son cœur, se dire, à l’écoute de cette Parole, qui est Dieu, aujourd’hui, pour elle. 
Silence

Lecture d’un commentaire de Pagola : les bras toujours ouverts

    Le véritable protagoniste de cette parabole est le père. A deux reprises, il reprend le même cri de joie : « Mon fils était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et nous l’avons retrouvé ». Ce cri révèle ce qui habite son cœur de père. 
    Ce n’est ni son honneur ni ses intérêts ni le traitement que lui réservent ses fils, qui inquiète ce père. Jamais il n’utilise un langage moralisateur. Il ne pense qu’à la vie de son fils : qu’il ne se détruise pas, qu’il ne demeure pas dans sa mort, qu’il ne se perde pas ignorant la joie de la vie. 
    Le récit décrit bien des détails la rencontre surprenante du père avec ce fils qui avait quitté son foyer. Étant encore loin, le père « le vit », marchant affamé et humilié, et « il fut ému » jusqu’aux entrailles. C’est ce regard bon, plein de bonté et de compassion qui nous sauve. Car seul Dieu nous regarde ainsi. 
    Tout de suite, “il se mit à courir”. Ce n’est pas le fils qui revient à la maison ; C’est le père qui sort en courant et cherche à l’embrasser plus ardemment que son propre fils. « Il se jeta à son cou et se mit à le couvrir des baisers ». Voilà ce que Dieu fait toujours : courir, les bras ouverts, vers tous ceux qui reviennent vers lui. 
    Le fils commence sa confession qu’il a préparée depuis longtemps dans son cœur. Le père l’interrompt pour lui épargner davantage d’humiliations ; Il ne lui impose aucun châtiment, il n’exige de lui aucun rite d’expiation, ne lui met aucune condition, pour l’accueillir dans sa maison. Seul Dieu accueille et protège de la sorte les pécheurs. 
    Le père ne pense qu’à la dignité de son fils. Il faut agir vite. Il fait apporter les meilleurs habits, l’anneau du fils et les sandales pour entrer dans la maison. C’est ainsi qu’il sera reçu lors d’un festin célébré en son honneur. Le fils doit connaître auprès de son père la vie digne et heureuse dont il n’a pas pu jouir loin de lui. 
    Celui qui entend cette parabole du dehors, ne comprend rien. Il continuera sur le chemin de la vie, sans Dieu. Mais celui qui l’écoute dans son cœur, peut-être pleurera-t-il de joie et de reconnaissance. Il sentira pour la première fois que dans le mystère ultime de la vie, il y a Quelqu’un qui nous accueille et qui nous pardonne car il ne veut que notre joie.  


Auteur: José Antonio Pagola

https://www.feadulta.com/es/buscadoravanzado/item/10611-les-bras-toujours-ouverts.html

Silence
Chant méditatif: E 262 (voir ci-dessous)
Oraison
Père de toute bonté,
nous te bénissons pour les paroles de vie reçues en cette célébration ;
elles nous ont ramenés sur des chemins de réconciliation et de résurrection.
Par ton Esprit Saint, guide-nous dans notre marche vers Pâques.
Gloire à toi Dieu béni pour les siècles des siècles . (1)


Notre Père

Sr Myrèse le 14 mars 20

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(1)  Source : Feu Nouveau

E 235 : je reviendrai à la maison de mon Père  Jacques de saroug (IVe-Ve s)
1- Je reviendrai à la maison de mon Père
Comme le prodigue je serai accueilli
Comme il fit, ainsi ferai-je
Ne m’exaucera-t-il pas ?


2- A ta porte, Père miséricordieux, voici que je frappe
Ouvre-moi, fais-moi entrer.
De peur que je ne me perde
Et m’éloigne et périsse.


3- Comme à la pécheresse pardonne-moi, ô Fils de Dieu,
Comme du publicain, aie pitié de moi, et je vivrai par ta grâce
Comme Pierre du milieu des flots, tire-moi
Comme du larron aie pitié et souviens-toi de moi dans ton Royaume.


4- Comme à l’aveugle, ouvre-moi les yeux
Que je voie ta lumière ;
Comme le sourd, guéris-moi
Que j’entende ta voix


5- Comme la brebis qui s’égara
Cherche-moi, Seigneur, trouve-moi
Et, sur tes épaules ramène-moi
A la maison de ton Père.


6- A toi soit la gloire ô Fils unique,
Ainsi qu’au Père et à ton Esprit-Saint,
Au Dieu qui est, qui était et qui vient 
Maintenant et dans les siècles des siècles.

E 262 Point de prodigue sans pardon
Auteur : CFC (Commission Francophone Cistércienne)
Compositeur : Joseph Gelineau

1-Point de prodigue sans pardon qui le cherche,
Nul n'est trop loin pour Dieu ;
Viennent les larmes où le fils renaît,
Joie du retour au Père.


2-Point de blessure que sa main ne guérisse,
Rien n'est perdu pour Dieu ;
Vienne la grâce où la vie reprend,
Flamme jaillie des cendres.


3-Point de ténèbres sans espoir de lumière,
Rien n'est fini pour Dieu ;
Vienne l'aurore où l'amour surgit,
Chant d'un matin de Pâques.