Liturgie de la Parole 28e mercredi TO-II Luc 11,
42-46 ; Galates 5, 18-25
Méditation
Mes Sœurs,
Frère François nous a commenté cet Évangile lundi lors de sa conférence. Aussi
je suis dans « mes petits souliers » … qui de toute façon chez moi, ne
peuvent être pas grands ! Même si j’étais bien avancée dans ma méditation
lundi matin, j’ai été tentée de me taire, mais c’était trop facile et un peu
lâche. Alors je vous partage mes réflexions, vous en ferez ce que vous voudrez.
« La
visite de Jésus n’est pas que pacifique. Comme un défi, elle met chacun en face
de sa responsabilité et le force à se démasquer. L’amour de Dieu n’est pas
faiblesse. Il voudrait bien pénétrer jusqu’à l’intérieur de l’homme pour y
réveiller la vie, pour y remettre en place l’essentiel. Mais il ne peut forcer
les barrières que l’homme construit pour ne pas être dérangé, pour ne perdre la
face. Dieu ne peut accéder au cœur de celui qui vit à l’extérieur de lui-même,
et se justifie dans les apparences. Scribes et pharisiens entrent en fureur
contre lui et veulent le perdre. Que le Seigneur perce notre carapace ! ... » (Mgr Lucien
Daloz, 1930-2012)
Je pense à
saint Benoît « Il est un mauvais zèle, un zèle
amer, qui sépare de Dieu et mène à l’enfer. De même, il est un bon zèle qui
sépare des vices, et mène à Dieu et à la vie éternelle. »
Selon le zèle
qui habite le cœur, il y a le risque de « passer à côté du jugement et
de l’amour de Dieu ». C’est-ce que Jésus reproche aux Pharisiens. Ils
pensent à l’accessoire et à l’apparence, ils en oublient l’essentiel. Et aux
docteurs de la loi « vous chargez les gens de fardeaux impossibles à
porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. »
Jésus n’y va
pas dans la douceur ! Mais c’est pour qu’ils se rendent compte que leurs
attitudes les rendent malheureux, les conduisent au malheur parce qu’ils
passent à côté du jugement de Dieu et de l’amour.
Ces risques
nous guettent tous et toutes. Le jugement de Dieu, Jésus le mettra en scène au
chapitre 25 de saint Matthieu ! « Amen je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait (ou … que vous ne l’avez pas fait) à
l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »… ou
« que vous ne l’avez pas fait »
C’est alors
qu’il est important de revenir à saint Paul. Par qui, par quoi nous
laissons-nous conduire ? Un peu plus haut dans sa lettre (Galates 5, 14
que nous n’avons pas entendu) saint Paul écrit : « Toute la
Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : ’’tu aimeras ton
prochain comme toi-même’’ »
Est-ce que je
choisis d’aimer mon prochain ? En théorie, nous répondons tous oui…
mais dans la pratique ce OUI n’est pas toujours facile à mettre en œuvre !
Saint Paul
énumère 16 actions mauvaises qui atteignent la personne et ses relations et il
laisse la liste ouverte « et autres choses du même genre ».
Ces actions rendent malheureux ceux et celles qui les font, ceux et celles qui
les subissent !
Et puis il
nous donne LE fruit de l’Esprit. Il n’y en a qu’un, l’amour, qui se déploie en
8 attitudes, c’est-à-dire la moitié du nombre des actions mauvaises, sans
compter les « autres choses (mauvaises) du même genre ».
Comme pour nous dire que le bien porte au moins deux fois plus de fruit que le
mal, même s’il est silencieux et se fait moins remarquer !
« Voici
le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance,
fidélité, douceur et maîtrise de soi. » Nous parlons parfois des 9
fruits de l’Esprit. Mais à la suite d’autres personnes, je pense que le
premier, l’amour, est LE fruit de l’Esprit ! Les huit autres en sont les
harmonies concrètes. Si nous nous employons à les exercer l’une après l’autre,
jour après jour, dans l’ordre qui se présente à chacun, à chacune, selon les
circonstances, l’amour grandira en nous, entre nous. Et nous aurons à un moment
ou à un autre la joie de le constater.
Puisque
l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit d’amour et de vérité.
Invitation au
Notre Père
« Puisque l’Esprit nous
fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » :
qu’il porte le fruit de l’amour et chante en nous la prière reçue du Seigneur
Jésus : Notre Père
sr Marie-Christine le 14 octobre 26