Liturgie de la Parole 18e mercredi TO-II Matthieu 15, 21-28 ; Jérémie 31, 1-7
Ouverture
Depuis deux semaines le prophète Jérémie nous a
habitués, à des paroles rudes. Aujourd’hui et demain, avec le chapitre 31, le
ton change : ce sont de magnifiques textes d’espérance. En préparant cette
célébration, hier soir, j’ai eu un choc. Après Vêpres, je prenais le temps de
méditer cet extrait de Jérémie et je me disais : que beau texte sur
l’espérance ! Puis, après Complies, j’ai parcouru les pages du journal, et
j’ai été interpelée par tant de très mauvaises nouvelles, qui font penser à une
sorte de fin du monde. Guerre entre l’Ukraine et la Russie, menace de guerre
entre le Chine et Taiwan, méga-feux et inondations mortelles aux USA, menace de
grave crise énergétique en Europe, etc. Et à côté de cela, publication de
magnifiques photos de la galaxie de la Roue de Chariot, loin, très loin dans
l’univers, beauté infinie ! Notre vie quotidienne, avec ses monotonies,
ses grandeurs et ses petitesses, se déroule au cœur d’immenses peines et
d’immenses beautés. Comment tenir ? Comment se situer ? Nous prendrons
le temps de réécouter Jérémie.
Résonances
Reprenons quelques clés que nous donne la prophétie de
Jérémie :
Le
1er verset nous resitue dans l‘alliance : Dieu ne l’a jamais
reniée, cette alliance, et il nous la rappelle : je serai le Dieu de
toutes les familles d’Israël et elles seront mon peuple. Dieu attend une
réciprocité.
Le
verset 2 nous dit : Israël est en route vers Celui qui le fait reposer.
Et pas « Israël est en route vers son repos ». On est en route vers
quelqu’un, pas vers quelque chose, pas vers un état passif, mais vers une
rencontre.
Au
verset 3, Dieu nous dit par la bouche du prophète : « je t’aime
d’un amour éternel, je te garde ma fidélité ». Si nous pouvons appuyer
nos vies sur le socle de cette certitude intime, quelle force !
Les
versets 4 et 5 répètent trois fois un tout petit adverbe monosyllabique qui
veut dire « de nouveau ». Cet adverbe est le secret de la résilience.
De nouveau, tu seras rebâtie, de nouveau, tu danseras, de nouveau tu planteras
des vignes… C’est tout l’espoir de Dieu ! Il y a toujours moyen de
recommencer.
Le
verset 7 est étonnant parce que, si on le lit bien, on comprend que c’est Dieu
lui-même qui nous dit comment nous devons prier, par quels mots nous devons
nous adresser à lui : car ainsi parle le Seigneur : poussez des
cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations, faites résonner vos
louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste
d’Israël ! »
Dieu
nous fait comprendre que, par ces paroles, nous lui adressons une prière qui
lui plaît, une prière qui est à la fois louange et supplication.
« Sauve-nous ! ». Cette prière se prolonge dans le cri de la
femme Cananéenne qui ne se laisse pas décourager par les réticences de
Jésus : « viens à mon secours ! ». Que son audace nous
inspire à maintenir vive la flamme de l’espérance.
Prière.
Seigneur,
donne-nous la constance des veilleurs d’Israël, donne-nous l’audace de la
Cananéenne, pour t’adresser la prière que tu mets toi-même sur nos lèvres, le
cri qui ouvrira la brèche de ton salut pour nous-mêmes et pour le monde dans
lequel nous vivons. Sauve-nous, par Jésus Christ, ton fils, notre
Seigneur !
Sœur
Marie-Raphaël le 3 août 22