dimanche 15 septembre 2019

Se servir avec moi dans le plat


Mc 14
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, celui qui est en train de se servir avec moi dans le plat. 21 Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »

Viens Esprit Saint, rends-nous attentifs à ces dernières paroles de Jésus

Les apôtres viennent donc de poser, chacun à leur tour, une drôle de question : « Serait-ce moi ? » ; moi qui t’ai trahi ! Jésus va pourtant leur répondre, mais à sa façon. Sans citer personne : aucun nom sur ses lèvres. Juste un petit geste anodin, se servir avec lui dans le plat.

Mais, d’abord, il insiste à nouveau sur cette appartenance au groupe des apôtres ; il avait déjà dit « l’un de vous » ; maintenant il redit « c’est l’un des Douze ». Pour lui, c’est cela le plus frappant : être trahi par un ami !

Puis ce geste, tellement banal qu’il échappe à plusieurs ou bien qu’ils l’oublient aussitôt (nous savons par ailleurs que, quand Judas sortira du cénacle, cela sera mal interprété).

Ce geste, donc, est certes banal, mais c’est en même temps un geste de proximité, comme si les mains allaient se toucher, comme s’il y avait encore une chance…

Mais non, Jésus ne peut plus que plaindre le traître : qu’il est malheureux cet homme ! Tandis que « le Fils de l’homme s’en va » pour parachever sa mission, celui qui le livre s’en va, lui, vers sa perte.

Seigneur Jésus, nous entendons ta plainte, nous voyons ton geste, nous contemplons ton courage. Toi qui auras tout affronté, y compris la trahison de tes tout proches, nous te bénissons de t’être donné ainsi jusqu’au bout pour nous sauver, nous entraîner avec toi.

samedi 14 septembre 2019

Qui mange avec moi


Mc 14
17 Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze. 18 Pendant qu’ils étaient à table et mangeaient, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. » 19 Ils devinrent tout tristes et, l’un après l’autre, ils lui demandaient : « Serait-ce moi ? »

Viens Esprit Saint, permets-nous d’accueillir ces paroles abruptes de Jésus que nous transmet l’Ecriture, qu’elles atteignent notre cœur et le convertissent.

Les voilà donc tous arrivés dans cette fameuse « chambre haute », cette pièce à l’étage, qui était déjà « aménagée et prête pour un repas » et où les apôtres ont encore tout préparé pour la Pâque. Cette salle était – paraît-il – belle, vaste, jonchée de tapis…
Ils se sont donc installés à table et se sont mis à manger.

C’est ce moment que choisit Jésus pour annoncer à tous la prochaine trahison… Il le fait très solennellement – « Amen, je vous le dis » – car, à son habitude, il parle avec autorité. Avant tout, il désigne la personne dans sa relation au groupe des Douze – « l’un de vous » en même temps qu’envers lui. – « il va me livrer ».

Deux sentiments se font immédiatement jour chez les apôtres : la tristesse et la crainte d’être le responsable de la trahison.

Ils ne discutent plus (comme Pierre l’avait fait), ils sentent bien que l’on est passé dans le domaine de l’inéluctable. On se demande cependant un peu sur quoi porte leur tristesse : sur la mort de Jésus ou sur la trahison ? On pourrait garder cette seconde hypothèse car la question que chacun va poser est « Serait-ce moi ? ». Dans la mesure où il est sans doute inimaginable pour eux que quelqu’un ait trahi volontairement leur maître, à ce moment-là ils sont tous susceptibles d’en être la cause…

Jésus va répondre, mais pas tout de suite, il laisse d’abord le temps à chacun – l’un après l’autre – de se poser la question et de la poser à Jésus. Moment d’angoisse pour chacun.

Jésus a dit : « l’un de vous, qui mange avec moi ». Quelle insistance (presque insupportable) de la part de Jésus pour souligner ce qui unit le groupe des apôtres, ce qui les unit à lui : ils partagent la même table, le même pain, ce sont des « convives » comme ils l’ont été depuis trois ans, des « compagnons ».

Seigneur Jésus, comme toujours, tu regardes la réalité en face, toi qui connais le cœur de l’homme. Comme tous les apôtres qui se savent susceptibles de te trahir, nous sommes là à t’écouter et à mesurer quelle est notre fidélité à ta personne. Nous t’en supplions, préserve-nous de te trahir, préserve-nous de toutes les « petites » trahisons quotidiennes. Toi seul es notre force. Nous voulons regarder vers toi et te suivre quelles que soient les embûches de la route.

jeudi 12 septembre 2019

Ils trouvèrent tout comme il leur avait dit


Mc 14
12  Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »  13  Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau.  Suivez-le,   14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »  15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ;  faites-y pour nous les préparatifs. »  16  Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.

Au début de l’épisode, Marc nous rapporte que la Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours. Tout a été très vite car nous voici le premier jour des Azymes où l’on immolait la Pâque, c’est-à-dire le 14 du premier mois.

C’est l’heure de préparer la fête ! Sans doute une heure chronologique, celle du moment qui se précise, celle de la Pâque mais pas encore l’heure de l’accomplissement, de la glorification qui donnera son poids dans l’histoire, la révélation de l’amour déployé au maximum. Mais ça, c’est une autre… Pâque !

Ce qui se prépare c’est l’événement de Pâque. Le récit s’appuie sur une mise en scène historique sur fond d’un dialogue entre Jésus et ses disciples qui font progresser l’histoire.
« Les disciples partirent et vinrent à la ville et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. » Les disciples sont donc allés préparer la Pâque, une Pâque qui aurait du être comme toutes les autres sauf que, Jésus leur avait annoncé sa Passion à trois reprises et qu’ils n’ont pas pu entendre et admettre cette réalité.                      

Ce jour préparatif de la Pâque, ils ne peuvent soupçonner qu’à l’occasion de son dernier repas Jésus offre son corps et son sang. Ils ont obéi à une demande simple et œuvré ainsi à préparer la Nouvelle Pâque ! C’est providentiel puisqu’ils « trouvèrent » tout comme il leur avait dit.

Et nous, comprenons-nous parfois ce que l’Evangile nous suggère ? Or le fait d’adhérer et obéir permet à la volonté de Dieu de se réaliser, souvent au-delà de nos limites ou de ce que nous espérions.  Il ne nous est pas possible d’entrer dans une compréhension totale de la volonté de Dieu.  Elle ne répond pas à notre logique humaine. Il nous est demandé et il nous suffit d’obéir avec confiance et amour pour que le Règne de Dieu puisse venir.   

Contemplons l’obéissance et la confiance des disciples en cette occasion et posons aussi notre regard sur la distance qu’il y a entre le geste posé et le fruit que Dieu a donné !  Apprenons à obéir dans l’amour et la confiance dans les moindres petits actes de notre vie.
Raymond

mercredi 11 septembre 2019

Ils se réjouirent


Mc 14
10  Judas Iscarioth, l’un des Douze, s’en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.  11  A cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l’argent.  Et ils cherchaient une occasion favorable pour le livrer.

Nous revoici au nœud du problème qui ronge l’esprit des chefs religieux. 
« Ils cherchaient comment arrêter Jésus »…  et ils n’ont  pas trouvé de solution !                                                                                                                    
Voilà que Judas se présente et offre ses services.  Une véritable aubaine ! Bien évidemment, Ils s’en réjouissent et veulent « à tout prix » manifester leur reconnaissance : ils promettent de l’argent.  Ce n’est pas le prix de la vie de Jésus qu’ils vont lui donner, - sa vie n’a pas de prix -  mais le prix de l’infamie. Pour Judas, il ne reste plus qu’à trouver une occasion favorable pour livrer Jésus.  Lui fallait-il une occasion, une bonne raison ?

Ce qui vient d’être évoqué à l’occasion d’un « avant dernier repas » chez Simon, pour autant que Judas ait été présent, a peut-être été la goutte qui a fait déborder le vase.  Il faudrait  être sûr que les comportements d’une femme à l’égard de Jésus et les considérations de son maître, aient eu raison de la ‘’tolérance’’ de Judas.  
                     
Accueillir le message de Jésus, un message qui dérange, c’est jusqu’où ? C’est jusque quand ? Je ne sais pas mais il est possible, probable même, qu’il ait vécu en désaccord avec Jésus et qu’un moment donné il exprime son désaveu. La trahison dit les limites de cet homme qui n’a pu trouver réponse favorable pour lui, à ses questionnements. 

Oui, Seigneur, ta Parole est une arme tranchante. Mettre mes pas dans les pas de Jésus c’est me fier à quelqu’un qui me précède, dont je ne peux faire le tour et qu’il est impossible d’encadrer. Toutes mes perceptions sont au-delà des mots.  Donne-moi d’accepter la part énigmatique que tu es mais aussi la capacité de pouvoir te suivre. Jésus en qui je me fie. Oui, j’ai confiance en toi.
Raymond

mardi 10 septembre 2019

Ce qui était en son pouvoir


Mc 14
8  « Elle a fait ce qui était en son pouvoir : d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement.  9  En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Evangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. »

« Elle a fait ce qui était en son pouvoir » !  Ne serait-ce pas aimer, entrer dans le mouvement suggéré par l’Esprit qui donne la vie ?  Elle aime à sa manière,  comme elle est, selon son charisme. 

Il y a quelque chose chez cette femme qui tourne autour d’une perception, d’une sensibilité féminine.  Est-ce que cette finesse d’esprit est plus naturelle que suggérée ? Je ne le sais pas. Toujours est-il, nous dit Marc : « ce qu’elle vient de faire sera proclamé à sa mémoire, au monde entier, en lien avec l’Evangile. » Jésus vient de le dire : « moi, vous ne m’aurez pas toujours » ; il y a donc une urgence, une priorité d’aimer, de parfumer… 

C’est la seule chose qui compte et cette femme a su écouter et entendre au fond d’elle-même ce qui se révèle être le moment favorable. Elle brave les interdits pour déployer un amour qui dépasse toutes ses peurs, -  pour autant qu’elle en soit habitée !  -  et les jugements des hommes.  Son discernement ouvre sur une attitude qui montre la primauté de l’amour.     

Son geste prophétique  -  un em-parfumement,  prémices d’un embaumement – est peut-être un pressentiment, mais cette vision prophétique est plus à mettre à l’actif de Marc qui voit dans la manière d’aimer de cette femme un accomplissement des événements qui arrivent.

« En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’Evangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire ». Marc ne croyait pas si bien dire ! Deux mille ans plus tard, nous sommes en train de faire mémoire de l’amour manifesté par cette femme envers Jésus. On pourrait dire que la « bonne odeur » de son amour est venue jusqu’à nous.

Seigneur Jésus, mets dans nos cœurs un amour qui réponde à ton amour.
Raymond