dimanche 26 avril 2026

Liturgie 4e dimanche de Pâques A Jean 10, 1-10

« Je suis la porte des brebis »

Homélie

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus utilise l’image de la porte à 4 reprises. Avec les progrès de l'aviation militaire, le recours aux drones et aux missiles, les portes des villes ont perdu leur usage. Quelques exemples de portes ayant acquis une valeur symbolique : La porte de Trèves à Bastogne, la porte de Hal à Bruxelles, la porte de Brandebourg à Berlin.

Dans les civilisations des temps bibliques et jusqu’aux temps modernes, les sociétés humaines se protégeaient collectivement dans des sites fortifiés.  Dans ces  constructions, les portes permettaient d'ouvrir et de fermer les murailles, d'accueillir et de rejeter.  C’est dans ce contexte que Jésus se présente dans l’évangile de ce dimanche comme étant la porte. 

Ces significations données aux portes dans la bible ont été illustrées dans l'aménagement des églises romanes et gothiques, dont le seuil et le porche sont mis en valeur par l'architecture et l'iconographie.  Parfois, des représentations du Christ sont disposées de part et d'autre du portail, en référence à l'évangile de ce dimanche.

    Nous rencontrons des portes perpétuellement verrouillées, répondant à l’adage : "Pour vivre heureux, vivons cachés. " Il y a des portes rébarbatives annonçant "chien méchant".  Il y a des portes avec un "juda" qui annoncent tout de suite la  méfiance.  Certaines portes closes sont déprimantes .  Ne dit-on pas : « un tel est aimable comme une porte de prison ». 

Mais je trouve beaucoup de portes grandes ouvertes, des portes que je pousse sans arrière-pensée; des portes qui s'ouvrent pour laisser apparaître la chaleur humaine et la fraternité ; des portes qui m’accueillent tel que je suis, à bras grands ouverts.  Ces portes sont prometteuses de « vie en abondance. »  Elles reflètent bien l’image de Jésus, bon pasteur, thème de cette célébration.

    Chaque année, des journées « portes ouvertes » sont organisées dans des écoles.  Les enseignants sont fiers de valoriser le travail qui s’y réalise.  Même chose cette semaine avec la mission économique présidée par le roi dans les deux plus grandes régions du pays.  Des entreprises ont ouvert leurs portes.

Dans l'Evangile que nous venons d’entendre, Jésus se présente à deux reprises comme étant la porte ouverte du Royaume : "Je suis la porte" dit-il.  Pas n’importe quelle porte ! Jésus est la porte qui laisse entrer et sortir tous ceux qui veulent passer par lui.  Cette porte permet d’accéder aux bons pâturages.  Dans l'Evangile de Matthieu, il encense les personnes qui sont portes ouvertes accueillant ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont étrangers, qui sont nus, malades ou en prison.  (Mt 25)

Avec vous, je prie le Seigneur pour qu'il y ait, dans l'Eglise, de plus en plus de portes ouvertes, que ce soit au Vatican, à l'Evêché, au presbytère, dans nos églises et dans nos cœurs pour faire grandir à la fois le bonheur de celles et ceux qui les ouvrent et de celles et ceux qui sont accueillis.  L’Evangile c’est la porte.

Une porte fermée, c'est un rêve qui s'en va.  Une porte ouverte, c'est un amour qui peut naître.  Ouvrons donc les portes de notre cœur et l'amour grandira.

C’est aujourd’hui le dimanche des vocations.

Nous venons de l’entendre, Jésus appelle ses brebis chacune par son nom. Il n’en appelle pas quelques-unes, mais toutes personnellement.

Chacun-e a sa vocation, sa mission, son rôle, sa responsabilité pour construire avec d’autres, des lieux de paix et de liberté.

Fernand STREBER

 

2 P’tits’ rawett’.

En attendant l’ouverture du magasin le 1er jour des soldes

Nous sommes devant un grand magasin.

 De nombreux clients sont venus très tôt pour des soldes exceptionnelles.

 Une longue file s’est formée depuis le petit matin.

 Les gens attendent paisiblement l’ouverture du magasin.

 

Voilà que surgit un homme qui remonte la file calmement, en dépassant tout le monde.

 Avant qu’il n’atteigne la porte d’entrée, la foule a déjà réagi en l’insultant.

 

Tout s’enchaîne, on le repousse violement, quelques coups pleuvent,

la situation s’envenime dans un brouhaha indescriptible…

 

  Cet homme se retrouve avec de multiples contusions et on le conduit aux urgences.

  Mais quelle ne fût pas la surprise d’apprendre quelques minutes plus tard

que les gens venaient de refouler celui qui avait la clef du magasin et qui venait tout simplement ouvrir les portes… !

 

 

Laisser-passer indispensable pour le paradis      Dieu, miséricorde

 Un jour, une paroissienne arrive au ciel.

Saint Pierre est à la porte, le trousseau de clefs dans sa main et lui dit :

- Madame, pour entrer il vous faut 100 points.

Avec confiance, elle lui dit :

- J’ai fait ma première communion, ma profession de foi et ma confirmation ; j’ai été mariée à l’église et avec mon mari nous avons élevé chrétiennement nos enfants.  De plus, je dis mes prières chaque jour, j’ai été catéchiste et j’ai supporté courageusement un curé qui n’avait pas un bon caractère mais je suis restée quand même !

- 3 points, lui dit Saint Pierre.

Pour elle, c’est un coup dans l’estomac parce qu’il lui semble que cela valait bien 80 points. Mais elle se ressaisit, retrouve ses idées et dit à Saint Pierre :

- Mais j’ai fait partie de la Saint-Vincent de Paul ; j’ai aidé mes voisins dans le besoin ; j’ai rendu visite à des personnes âgées dans des maisons de repos et j’ai fait des dons à des œuvres caritatives.

- 5 points, dit Saint Pierre.

Elle perd tous ses moyens, elle éclate en sanglots :

- Si c’est comme cela, moi je ne peux compter que sur la miséricorde de Dieu !

- 100 points, dit Saint Pierre. Vous pouvez entrer. Bienvenue !

R.P. TREVET Pierre /10/2012

 

samedi 25 avril 2026

Liturgie de la Parole 25 avril fête de st Marc, Marc 16,15-20

Introduction

Aujourd’hui nous fêtons st Marc, disciple à qui on attribue la rédaction du tout premier évangile. On le découvre tantôt avec Barnabé, tantôt avec Paul (et cela a parfois chauffé !) tantôt avec Pierre. Aujourd’hui encore son Évangile nourrit la vie des communautés chrétiennes. En ces temps de manque du pain eucharistique, nous avons cette chance, de pouvoir ensemble nous asseoir à la table de la Parole, pour en vivre. Entrons dans cette liturgie, en chantant les psaumes, en écoutant l’épitre et l’évangile. Dieu nous partage le pain de sa parole, le pain de sa vie. Bon appétit !

 

Après l’Évangile

Jésus, ressuscité, dit aux onze Apôtres...  C’est le Vivant, c’est le Ressuscité qui aujourd’hui encore adresse la Parole aux siens ! Il dit aux onze... nous savons combien ce chiffre marque le manque, l’incomplet... pourquoi l’avoir ainsi souligné ? Pourquoi avoir souligné qu’un des douze avait fait défection, et cruelle défection ! 

Marc aurait pu écrire : Jésus ressuscité dit aux Apôtres. Non, il spécifie aux onze... comme pour nous faire réaliser, que cette parole attend un douzième auditeur, que cette parole nous attend !!! il y a un appel ! et cet appel reste encore pour aujourd’hui. Quand les 11 voudront combler ce manque, revenir à la plénitude du 12 en adjoignant Matthias au groupe, le Seigneur s’empressera d’éclater cette plénitude en ajoutant un treizième... comme pour nous dire : non, non, la plénitude ne sera pas atteinte de sitôt, j’aurai toujours et encore soif... tant qu’il restera un être loin de la communion fraternelle du Royaume.

Reprenons le texte, Jésus, ressuscité, dit aux onze Apôtres... Pourquoi ne pas dire simplement : Jésus dit aux apôtres ? pourquoi nous redire que c’est le ressuscité qui parle ? cela veut-il nous être comme un tourment ? Oui, on ne tue pas la Vie ! Le Ressuscité est là au plus profond de nos cœurs, et avec une mission en plus. On ne peut plus faire comme-ci Jésus n’était pas ressuscité. Nous sommes définitivement entrés dans un monde nouveau, où il faut agir en tenant compte de la résurrection. Jésus, ressuscité, dit aux onze Apôtres : Sommes-nous prêts à entendre ? à accueillir ce message qui nous est adressé ? Allez, dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.

Le Père créateur s’est reposé de sa création le septième jour, en la remettant totalement aux mains des hommes. Le Fils Sauveur, ressuscité, se repose de l’œuvre qui lui avait été confiée, en la remettant aux mains de ses disciples... dont nous sommes ! Confiance inouïe de notre Dieu, confiance renouvelée par-delà le mal, la violence, la résistance que nous lui avons opposée dans la croix ! Confiance absolue... qui est comme une nécessité de l’amour... Dieu ne peut que se donner... Alors : Allez, dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ! Ne faites pas le tri, c’est à tous que vous devez porter cette annonce ! Aujourd’hui, cette Bonne Nouvelle est entre nos mains, entre nos cœurs... A nous de lui rendre témoignage par toute notre vie ! Aujourd’hui, le Ressuscité a besoin de toi ! Comment témoigneras-tu de lui ? Es-tu rongé par cet appel de vie au plus profond de toi ? par cet appel de résurrection ?

 Je vous livre la fin d’un poème de Julia Esquivel, une théologienne guatémaltèque. Poème intitulé : ils nous ont menacé de résurrection, poème écrit en des heures sombres, témoignant de la manière dont la résurrection l’avait envahie : Mon frère, ce n’est pas le bruit de la rue qui ne nous laisse pas dormir. Accompagne-nous en cette vigile, et tu sauras ce que c’est que rêver ! Tu sauras alors quelle merveille c’est de vivre menacé de Résurrection ! Rêver éveillé, veiller endormi, vivre en mourant et se savoir déjà ressuscité.

 

Prière de conclusion

Seigneur notre Dieu, loué sois-tu pour la Parole que tu ne cesses de nous offrir. Loué sois-tu pour la résurrection qui déjà germe en nous. Père, toi qui nous as donné ton Fils unique, comme tu l’as inspiré à st Marc, inspire-nous comment rendre compte par toute notre vie de l’espérance que tu as chevillée en nous par la Résurrection de Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Sr Myrèse le 25 avril 2020

vendredi 24 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e vendredi de Pâques Jean 6, 52-59

Méditation

Jésus nous dit aujourd’hui :

 « « Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous ». 

Enfant ce passage me laissait dans une inquiétude et un questionnement.

Jai en mémoire un très beau souvenir de mon papa lorsqu’il faisait c’est « Pâques »,  expression ancienne. Son rituel du weekend de Pâques, prendre un bain, puis  costume cravate il se rendait à l’église pour vivre le sacrement de réconciliation. La messe de Pâques, il allait communier. Petite j’ai toujours été en admiration devant sa démarche. Se faire beau en dehors et en dedans. Sa démarche remplissait mon cœur d’enfant de joie, de questionnements. Une démarche essentielle s’invitait en lui et cette démarche m’interpellait.  

 Dieu ne reste pas à distance, ‘Il ‘ se donne comme nourriture, ‘Il’ veut habiter en nous. ‘Il’ offre sa Vie plus forte que la mort.

Jésus ne propose pas seulement une morale, une sagesse, ‘Il’ se donne lui-même.

Depuis le début de ses enseignements, Jésus se présente comme une nourriture pour la vie. Ces paroles peuvent surprendre, voir déranger. Pourtant, elles ouvrent un chemin : celui d’une relation intime, vivante, nourrissante avec ‘Lui’.

Dans le pain et le vin, il y a la forme. Ce bon pain fruit du travail des hommes. Au parfum délicat, enveloppant,  croustillant, doré, aux saveurs subtiles et le vin qui trace  un parfum vivant qui s’élève lentement et qui met de la joie au cœur.

Dans ce pain et ce vin, le Seigneur prend la forme de la fragilité, prends la forme d’une force douce. Le pain et le vin qui nous relient.

Voici une de mes réflexions, une aide qui m’a permis d’entrer dans le mystère de l’eucharistie.

Il y a la forme : le pain et le vin.

Il y a le fond : Un intime dans sa réalité la plus profonde, l’ouverture à Dieu.

La forme est la partie la plus externe. C’est un peu comme quelqu’un qui veut dire à l’autre je t’aime, il va le faire par un baiser, par un câlin. Il manifeste extérieurement ce qui se vie à l’intérieur dans le fond.

Un autre exemple, un bouquet de roses dans un magasin, fruit du travail des hommes. Ce bouquet je l’achète et l’offre à ma grande sœur que j’aime. Quel est la différence entre le bouquet du magasin et le bouquet offert à ma grande sœur. Il contient un lien d’amour. Le bouquet à un plus…il y a un ‘’fond’’. Il y a dans la rose offerte un ‘plus’…

Je reçois  L’Eucharistie comme cela. En fond c’est réellement Jésus qui se donne, qui aime, qui nous donne la ‘Vie’. Jésus se met en lien, en union par le dedans avec nous.

Par la forme du pain et du vin, Jésus se donne. Il y a une invitation à se laisser faire, à être, à vivre avec humilité, et ainsi s’abandonner dans les bras du Père.

Dans le mystère du pain et du vin, Seigneur tu te fais proche, humble, offert.

Viens nous fortifier en ce lieu caché, là où nos faims sont vraies, là où nos cœurs cherchent sans toujours savoir. Apprends-nous à accueillir ce don avec un cœur simple et ouvert, à reconnaitre Ta présence dans ce qui est humble dans notre quotidien.

Que nourrit de ‘Toi ‘nous devenions à notre tour présence vivante pour les autres.

 

‘Notre Père’

Dans le corps et le sang de Jésus, nous accueillons un amour qui se donne jusqu’au bout, un amour qui vient habiter notre vie. Unis dans une même confiance nous pouvons chanter…

Brigitte le 24 avril 26

jeudi 23 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e jeudi de Pâques Jean 6, 44-51, Actes 8, 26-40

 Introduction

 Dans la lecture du livre des Actes des Apôtres, on voit Philippe qui est envoyé près d'un eunuque, un Ethiopien qui lit le prophète Isaïe, sans comprendre : « comme une brebis, il fut conduit à l'abattoir... » Il se demande de qui on parle. Il cherche peut-être un sens à sa vie, eunuque, il n'aura pas de descendant ni d'avenir ? Alors, Philippe lui explique et lui annonce la Bonne nouvelle. La bonne nouvelle de Jésus ressuscité qui est pour nous aussi, une bonne nouvelle qui vient à la rencontre de nos blessures.

Dans l'évangile, saint Jean rapporte les paroles de Jésus : « Je suis le pain de la vie » ou encore « personne ne peut venir à moi si le Père ne l'attire » Dieu est comme un aimant pour nous, un aimant qui attire en nous « aimant...tant »

Tournons-nous vers lui et chantons les psaumes pour lui rendre gloire !

 

Commentaire

 Ce soir-là, nous aurions pu être comme les apôtres : inquiets, incrédules, déçu(e)s, désespéré(e)s avec si peu de confiance en la Parole « comment ne pas s'y reconnaître ? Pourtant aujourd'hui, le Christ se tient au milieu de nous et dit « la Paix soit avec vous !

« La stupeur des disciples, leurs craintes, leurs hésitations à croire soulignent la difficulté qu'ils éprouvent à entrer dans cette manière inédite de rencontrer désormais le Christ. Il faut un cœur attentif et une âme ouverte à sa présence, soudaine et inattendue parfois, pour le reconnaître » (1)

Ce n'est pas un fantôme mais un Jésus avec un corps qui mange et que l'on peut toucher. Incarnation et résurrection ne peuvent être séparées. Jésus est pleinement homme mais aussi pleinement Dieu.

« Le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour la vie du monde » , sa vie humaine tout entière donnée pour nous. On sait qu'il ne s'agit pas de viande. Jésus emploie ce terme concret pour faire comprendre qu'il n'a pas vécu de manière éthérée.

« la chair dont il est question n'est pas l'organisme biologique opposé à l'esprit et à l'âme. C'est la personne vivante, agissante, parlante. On peut traduire la parole de Jésus comme ceci « le pain que je donne, c'est moi, pain rompu, pain offert, pain partagé ». (1) « Jésus, Fils de Dieu se fait notre nourriture, il est notre pain vivant ! Il est le pain de notre vie ! Cela ne signifie pas que Dieu devient un morceau de "pain béni" mais bien que le pain devient Dieu vivant ! Nous ne communions pas à un morceau de farine, mais à Dieu. Jésus ne se fait pas nourriture juste pour le temps de la messe, il vient en nous pour que nous vivions véritablement de lui en toute notre vie ! La communion c’est Dieu qui vit en nous. (2)

« Je suis le pain vivant descendu du ciel. Jésus fut un homme de la terre, il a travaillé de ses mains pour gagner ce pain et s'il a partagé avec nous ce pain de la terre, c'est pour nous éveiller à une faim essentielle, la faim de Dieu. » (1)


Invitation au Notre Père

Dans la joie de la résurrection, adressons-nous à notre Père avec la prière des chrétiens du monde

Danièle le 23 avril 26

(1) Abbé Roger Gillet                                                                                                                                       (2) Myriam de Gemma

mercredi 22 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e mercredi de Pâques Jean 6, 35-40

Voulez-vous encore du pain ?

Méditation

Depuis lundi, avec le chapitre 6 de saint Jean, nous sommes entrés dans le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Il y est question de pain.

Au fil des jours,  nous passons doucement de la recherche du pain que l'on mange à la rencontre de Celui qui se donne comme pain. Mais peu à peu, le texte devient déroutant. Il nous « déplace ». Jusqu’à ces paroles radicales : « manger ma chair et boire mon sang » que nous entendrons demain (Jean 6, 51.53).

Je vais m’arrêter sur ces mots :

« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

 « Je suis le pain de la vie »

Jésus ne dit pas qu’il est le pain qui nourrit. Il ne vient pas répondre à ce besoin.

Il se présente comme le pain de la vie - de la vie même de Dieu.  Il se place à l’endroit même de notre manque. Il touche à ce lieu en nous qui cherche à vivre pleinement, à ce désir profond que rien ne suffit à combler.


« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim »

Venir, c’est se laisser attirer. C’est plus qu’un simple mouvement, c’est consentir à se laisser déplacer par Dieu.

Jésus dit « n’aura jamais faim » et pas « n’aura plus jamais faim ». Cela ne signifie pas que la faim disparaîtra : il la rend impossible à combler ailleurs.

« Celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

Croire, ce n’est pas seulement comprendre ou adhérer, c’est consentir à ce qui nous échappe, consentir à habiter cette relation et y demeurer.

Le « manque » n’est plus alors un vide à remplir mais devient un passage où quelque chose peut advenir.

 « Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés» (Jn 6, 39).

Rien n’est perdu parce que tout — même ce qui semble manqué, abîmé, éloigné — peut être repris, relevé et conduit à la vie dans cette relation

Et l’Eucharistie apparaît alors autrement. Elle nous expose à la fidélité de Dieu. Elle engage. Elle nous tient dans cette relation où plus on lâche prise, plus on y consent, plus elle devient vraie pour nous.

N’est-ce pas cela entrer dans la vie éternelle ?

Isabelle Halleux le 22 avril 26