Liturgie 15e lundi TO-II Matthieu 10, 34-11,1
Méditation
Frères et sœurs, bon dimanche
!
Encore dans l’Évangile
d’aujourd’hui (Mattieu 10, 37-42) nous entendons quelques exhortations
de Jésus afin de marcher à sa suite et d’être témoins de son Royaume. Il ne
s'agit pas d'un simple geste extérieur, mais de nous engager pleinement dans
une relation d'amour avec Lui. Et pour porter du fruit, l’amour exige au moins
trois choses : le détachement, la perte et l’accueil.
Tout d’abord, le détachement.
Jésus dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne
de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de
moi » (v. 37). Au moment où il commence à envoyer ses apôtres en mission, le
Seigneur veut qu’ils soient libres de tout lien. Mais cela vaut pour chacun,
même les liens affectifs les plus importants trouvent leur plénitude grâce à
l’amour que le Christ nous offre. Pensons, par exemple, à la vie conjugale : on
ne peut la vivre pleinement qu’en « quittant » la maison de ses parents (cf. Mattieu
19, 6) pour s’engager dans la relation conjugale. Pensons aussi à
l’éducation des enfants : on les aide à s’épanouir et à être heureux en les
apprenant à « marcher par eux-mêmes » et à faire leurs propres choix. Saint
Augustin dit : « La séparation d’avec ce que l’on aime est douloureuse. Mais
même le laboureur perd temporairement ce qu’il sème » (Discours 330, 2).
Ce n’est qu’en « perdant » cette graine, semée dans la terre, qu’il pourra la
voir fleurir.
En ce sens, l’amour est aussi
une perte. Nous avons du mal à le comprendre, surtout dans un monde
où perdre semble être une faiblesse et où l’on est obsédé par le fait d’avoir
et de posséder. Cependant l’amour ne porte du fruit que dans le don de soi :
lorsque nous sommes prêts à perdre un peu de nous pour faire de la place à
l’autre, à perdre un peu de temps pour écouter un ami, à perdre un peu de
confort pour partager une situation de détresse. Celui qui garde la vie
seulement pour lui – dit l’Évangile – la perd en réalité (cf. v. 39), car elle
ne s’ouvre pas à la joie de l’amour et devient stérile. C’est pourquoi Jésus
nous invite à embrasser la Croix : Il s’est offert, Il s’est perdu lui-même et,
c’est précisément ainsi, que nous avons pu recevoir sa vie en abondance. De la
même manière, si nous vivons dans la logique du don, nous serons nous aussi
capables de faire naître une vie nouvelle dans nos relations.
Enfin, l’accueil.
L’amour, en effet, s’exprime à travers des choix et des actions concrètes, dans
un engagement fait de petits gestes quotidiens, comme celui d’offrir un verre
d’eau à celui qui a soif (cf. v. 42). Jésus, en envoyant ses disciples
au-devant de lui, leur demande d’y aller sans provisions, c’est-à-dire d’être
dans le besoin, car c’est ainsi qu’ils pourront susciter l’accueil chez ceux
qu’ils rencontreront. Et ainsi, en accueillant ceux qui viennent au nom de
Jésus, on accueille Jésus lui-même et le Père céleste qui l’a envoyé. L’amour
pour le Seigneur passe toujours par l’accueil des frères.
Chers amis, prions la Vierge
Marie, qui a aimé son Fils tout en sachant aussi le perdre : qu’elle nous aide
à être des témoins humbles et joyeux de l’amour du Christ.
Pape Léon XIV, Angelus,
le 28 juin 26
https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2026/documents/20260628-angelus.html
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