mardi 19 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 29e mardi TO

 (sœur Marie-Christine)

 

Introduction :

Bonjour et bienvenue à la célébration de la Parole où ensemble nous sommes à l'écoute du Seigneur.

Le Psaume 39 chante « Tu seras l’allégresse et la joie de tous ceux qui te cherchent », avec l'évangile nous pourrions ajouter '' de tous ceux qui t'attendent''. Tandis que Saint Paul déploie sous nos yeux l'abondance de la « grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus-Christ. ». Ce mystère est grand.

Jésus, dans les versets qui précèdent le passage d'aujourd'hui et qui ne sont pas lus nous le dit d’une certaine manière : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » (Luc 12,32)

Quelles attitudes favorisent l'accueil de ce don du Père ? Jésus nous en indiquera une dans l'évangile : « restez en tenue de service. »

Chantons d'abord les psaumes unis à la prière de tant d'hommes et de femmes dans le monde qui veillent et attendent.

 

Méditation :

Nous venons de l'entendre :« Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. »

Jésus ne demande là que ce qu’il a lui-même vécu au long de sa vie. En tenue de service auprès des hommes et des femmes qu’il a rencontré sur sa route, chez qui il a fait surgir la vie. Sans cesse disponible pour les accueillir, les écouter, les servir, les nourrir de sa parole, guérir leur cœur et parfois aussi leur corps.

 La tenue de service ? C’est d'abord la « ceinture autour des reins »

Comme les hébreux quittant l’Égypte pour la Terre Promise (Exode 12,11), la ceinture des pèlerins, de ceux qui font route vers… comme Jésus sans cesse en route dans l'évangile de Luc. Le serviteur est un pèlerin, le pèlerin est un serviteur.

Jésus nous demande d'avoir « nos lampes allumées », « sans-cesse-brûlant » traduit le Père Radermakers, comme ceux qui veillent en attendant leur maître au retour des noces. Non pas veiller une fois, mais sans cesse. Le maître ne vient pas d'un voyage quelconque, mais des noces. Noces, signe et symbole de l’Alliance de Dieu avec son peuple.

 Un détail m'a frappé : c'est au pluriel. C'est ensemble que les serviteurs veillent. Ils se soutiennent les uns les autres dans cette veille.

Tout cela est, devrait être, l’attitude normale des disciples de Jésus.

Que font les serviteurs : ils attendent leur maître pour les ouvrir la porte dès qu'il arrive et frappe à la porte, et sans doute le servir.

 C'est pour eux la grande surprise, l'inattendu.

Le maître bouleverse tout. « C’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. »

Ce n’est pas dans l’ordre des choses selon la manière humaine de voir. Mais c’est celle de Dieu. Notre Dieu se fait serviteur, se met à notre disposition, s’ajuste à nous, nous fait entrer dans le bonheur, la joie qu'il a de nous servir.

Pensons à l'évangile de dimanche dernier : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Marc 10,45, 29ème dimanche B). Pensons au lavement des pieds (Jean 13,1-15).

Non pas servir Dieu, mais être servis par Lui ! Non du haut de sa grandeur, mais Lui, notre Dieu en tenue de service. Jamais l’homme n’aurait osé inventer un message pareil. Cette petite parabole propre à Luc nous dit vraiment une facette merveilleuse du cœur de notre Dieu. Laissons-nous émerveiller ! Soyons heureux, heureuses, de servir ce Dieu qui nous sert et se donne à nous, de nous servir mutuellement dans l'amour et le respect. De nous ajuster aux manières de notre Dieu. C'est peut-être cela le « trésor inépuisable dans les cieux » dont parle Jésus dans les verset précédents.

 

Introduction au Notre Père :

Dans l'émerveillement devant l'amour de  notre Dieu qui s'est fait serviteur, nous osons chanter…

 

Prière de conclusion :

Seigneur Dieu de paix, Toi qui as pris la tenue de service pour servir chaque personne unique à tes yeux. Donne à tous les hommes de se laisser bouleverser par ton amour. Viens les régénérer par ton Esprit. Qu’il nous garde vigilants ; que notre lampe reste allumée et notre cœur ardent, pour t’accueillir et entrer à notre tour dans la joie du service. Toi qui vis et aimes avec le Père et l’Esprit dès aujourd’hui et jusque dans les siècles.

jeudi 14 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 28e jeudi T.O.

 Lc 11, 47-54

(Danièle)

 

Introduction

Les Lectures d'aujourd'hui font référence à la loi. Dans sa lettre aux Romains, st Paul précise qu'en plus de la loi, Dieu a manifesté sa justice or nous savons que la justice des hommes n'est pas celle de Dieu qui est amour infini et «gratuitement, Il rend juste celui qui a la foi en Jésus ». Dans l’Évangile, Jésus sermonne les pharisiens, docteurs de la Loi parce qu'ils bâtissent les tombeaux des prophètes  alors que leurs pères les ont persécutés.

Sous Hérode le Grand, des sépultures monumentales ont été édifiées pour les prophètes. Roselyne Dupont Roc dit qu'après l'an 70,  « la polémique chrétienne contre le judaïsme pharisien voit en Jésus et ses premiers témoins, des prophètes et des apôtres persécutés et cette polémique dénonce toute institution qui se fige dans sa connaissance et ses exigences rituelles et morales »...

« Heureux est l'homme qui se plaît dans la loi du Seigneur » voilà  ce que dit le psaume que nous allons chanter en rendant grâce.

 

Après l’Évangile

Jésus se fâche sur les pharisiens. « Quel malheur pour vous parce que vous bâtissez  les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués ». Les contemporains de Jésus ont approuvé leurs ancêtres puisqu'ils ont livré Jésus pour qu'il soit tué. Notre génération commet aussi des crimes contre des personnes et des peuples innocents. Certains justifient leur violence par référence à Dieu, pour lui obéir. Les prophètes sont toujours gênants parce qu'ils laissent faire l'Esprit et réveillent en nous une certaine insécurité. Dans cet Évangile, Jésus s'adresse aux pharisiens. Ce sont des gens orgueilleux, râleurs, agaçants, pleins de mépris pour les autres, ils adorent imposer leurs idées, ils connaissent la loi et se prennent pour le centre du monde... La question de mariage et de divorce les occupent beaucoup, ils sont passionnés par le permis et l'interdit ; le pur et l'impur.  Ils utilisent la loi comme une arme pour attaquer les autres et se sauver eux-mêmes. Nous en connaissons toutes... Ne nous arrive t-il pas parfois d'agir comme les pharisiens ? Je viens de les juger un peu facilement.  « Il n'y a pas de différence dit st Paul, tous les hommes ont péché »...

Jésus s'adresse aux pharisiens mais sa Parole est pour nous aussi.

Sommes-nous en danger d'entrer dans ce monde des pharisiens sans amour mais politiquement correct ?

Parler des pharisiens aujourd'hui, c'est parler de nos frères et sœurs, c'est donc parler en partie de nous. Comme eux, nous partageons de belles idées, nous sommes fières  de nos engagements, de notre sens de la fraternité... Il n'y a pas de quoi s'enorgueillir. Dans la réalité du quotidien, il nous arrive de connaître des rancœurs,  des mesquineries, l'envie d'imposer nos idées...

 Je ne comprenais pas très bien la phrase « Quel malheur pour vous parce que vous avez enlevé la clef de la connaissance »  le pape François dit ceci :

« Quand un chrétien devient disciple de l'idéologie, il a perdu la foi et n'est plus disciple de Jésus qui est amour, tendresse et douceur tandis que les idéologies sont toujours rigides ; l'unique antidote est la prière, si un chrétien ne prie pas, la porte se ferme. Empêcher certains d'entrer, c'est  offrir l'image d'une Église fermée dans laquelle les gens qui passent devant ne peuvent pas entrer et où le Seigneur qui est à l'intérieur ne peut pas sortir. La source est amour, si tu emportes la clef de l'amour, tu ne seras pas à la hauteur de la gratuité du salut que tu as reçu »...

Ne mettons pas la lumière sous le boisseau, ne fermons pas à clef notre cœur, n'enfermons pas les dons reçus !

Si l 'Évangile nous interpelle dans notre manière de vivre, nous bouscule souvent, ce n'est pas pour nous condamner mais c'est une promesse de chemin possible, une invitation de Jésus à quitter le confort de nos certitudes pour le suivre sur le chemin en quête d'amour et d'espérance. Ce n'est pas parce qu'on a toujours fait comme ça qu'il ne faut pas changer .

Heureux sommes-nous si nous entendons l'appel de Jésus qui invite à ouvrir notre cœur à la présence de Dieu, à la confiance qu'il a en nous et que nous pouvons avoir par lui, les uns pour les autres.

Oui, l’Évangile d'aujourd'hui s'adresse aux pharisiens, il les bouscule, il les appelle à la conversion...

Oui, l’Évangile d'aujourd'hui est pour nous, il nous bouscule, il nous invite à cheminer à la suite de Jésus.


Invitation au Notre Père

Heureux sommes-nous de pouvoir appeler Dieu « Père »

Chantons lui cette prière apprise par Jésus !

 

Prière finale

-      Il nous arrive d'enfermer nos cœurs et de ne voir le mal que chez les autres. Nous te demandons la grâce de ne jamais cesser de prier et de rester humbles de manière à ne pas devenir des personnes fermées qui bloquent la route au Seigneur.

-      Nous te prions pour les prophètes d'aujourd'hui et pour les communautés chrétiennes qui souffrent de la persécution dans de nombreuses parties du monde.

-      Permets nous de grandir dans ton amour afin d'avoir une plus grande ouverture d'esprit qui ouvre notre cœur au partage des dons reçus.

-      Nous te le demandons, à Toi qui vis et règnes avec le Fils et le saint Esprit maintenant et pour les siècles des siècles.

mardi 12 octobre 2021

Liturgie de la Parole 28e mardi TO

(sœur Marie-Christine)

 Introduction

Bonjour et bienvenue à cette célébration de la Parole.

Dans les lectures de ce jour Paul nous parle de l'évangile de Dieu qui «  est puissance de Dieu pour le salut de quiconque est devenu croyant ». Qu'est-ce que l'évangile ? Qu'elle est la Bonne Nouvelle ?

Jésus nous invite à l'authenticité : ce qui compte ce c’est l’intérieur, le cœur et non les apparences.

Maintenant « chantons les psaumes… de telle sorte que notre esprit soit en accord avec notre voix » (Règle de saint Benoît 19 ;7)

 

Méditation :

La pureté du cœur Eloi Leclerc, la Sagesse d'un pauvre (1991 p105-107)

https://www.latoilescoute.net/la-purete-du-coeur

 Nous venons de l’entendre : « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »

« Tout sera pur pour vous » : qu’est-ce que la pureté du cœur ? Je laisse Saint François nous répondre par la voix du Père Éloi Leclerc dans « la sagesse d’un pauvre »

« Sais-tu Frère ce qu'est la pureté du cœur ? Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur.

Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.

Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer frère Léon.

Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude. Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme. Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâce à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’Esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C’est cela avoir le cœur pur. Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant.

Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aiguë de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu.

 

Introduction au Notre Père :

« Dieu est, cela suffit ». Chantons-lui la prière reçue du Seigneur Jésus…

 

Prière d’envoi :

Dieu de toute miséricorde que ton Esprit travaille en nos cœurs et nous donne de nous réjouir de toi, de vibrer à ton éternelle innocence et à ton éternelle joie. Que nous trouvions en toi toute notre paix, tout notre plaisir au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être.

Toi qui nous irradies de ta vie dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles.

lundi 11 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 28e lundi TO

 Introduction :

Aujourd'hui nous commençons la lettre de St Paul aux Romains. Après avoir fondé des communautés chrétiennes en Orient, Paul se tourne vers l'occident. Il se présente sous trois titres à ces chrétiens de Rome qui ne le connaissent pas encore : Serviteur – Apôtre – Mis à part. Paul a bien conscience d'avoir été choisi, saisi part Dieu. Il s'adresse à eux en les appelant : « Bien aimés de Dieu » et il annonce dès le début le thème de cette lettre : le salut par la foi.

L'évangile va nous montrer Jésus déçu par la foule qui le suit et parmi elle certains demandent un signe pour croire en lui,  sa parole ne suffit pas ni les gestes qu'il accomplit devant eux. Que le chant des psaumes nous apporte la nourriture dont notre foi a besoin pour grandir.

 

Méditation :

« Génération mauvaise » C'est ainsi que Jésus interpelle la foule qui s'est attroupée autour de lui. Alors que Jésus a expulsé un démon devant cette foule, certains réclament « un signe venant du ciel ». Ce qui les obligerait à croire. De cette même foule, une femme s'exclame : Heureuse celle qui t'a porté.. » mais Jésus de répondre : « Heureux ceux qui écoutent la parole et qui la gardent. » Nous avons là le portrait spirituel de Marie.
Deux attitudes se font face : ceux qui savent mettre à profit la parole entendue et ceux qui ne sont jamais satisfait de ce que Dieu leur offre et qui veulent voir au lieu d'entendre. A ces derniers Jésus ne  leur donnera rien d'autre que le signe de Jonas.

Jonas, ce prophète étranger que les habitants de Ninive ont su écouter et qui se sont convertis à sa parole, reconnaissant leur péché. Et bien dit Jésus, ici,  il y a plus que Jonas.  Le Fils de l'Homme est un signe pour cette génération.

Jésus a prêché la conversion tout comme Jonas et pour bien montré que ce message de conversion est celui de la Sagesse de Dieu, il rappelle que la Reine de Saba est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon. Si elle, qui était une étrangère a su faire un si long voyage pour écouter les proverbes d'un roi pourquoi ceux qui écoutent Jésus se détournent -ils de lui alors qu'il leur révèle les mystères du Royaume ?

Et nous ? Sommes-nous prêts à écouter ce que nous dit Jésus, sommes-nous prêts à nous convertir ? Nous sommes tellement habitués à la Parole, nous l'entendons si souvent proclamée que la routine et la banalité nous empêchent de la laisser résonner tout au fond de notre cœur. Que nous faut il faire pour nous laisser toucher, pour nous convertir ? Voulons- nous, nous aussi des signes grandioses qui nous obligeraient à nous convertir ?

 Aujourd'hui Jésus ne nous donne pas d'autre signe que celui de Jonas : Celui de sa mort et de sa résurrection. Signe de l'amour fou et merveilleux de Dieu pour l'humanité, pour chacun de nous. Amour que nous ne comprendrons jamais mais qui nous enveloppe et dans lequel Jésus nous entraîne  pour que sa croix demeure le seul signe qui nous attire à lui comme il l'a dit : « Quand j'aurai été élevé de terre j'attirerai tous les hommes à moi. »

 

Notre Père :

Jésus nous a donné les mots pour nous adresser à son Père,  prions le :

 

Conclusion :

De même que Jonas a été signe pour les habitants de Ninive, qu'ils ont fait pénitence et se sont convertis à sa parole,  que ta mort et ta résurrection, Seigneur Jésus soient pour nous le signe véritable qui donne la vie et nous invite à faire pénitence et à nous convertir chaque jour pour être trouvés dignes au jour du jugement.  Toi qui vis et règne avec le Père et l'Esprit d'amour pour les siècles des siècles.

vendredi 8 octobre 2021

Liturgie de la Parole 27e vendredi TO

 (sœur Marie-Christine)

 Introduction :

Bonjour et bienvenue à la célébration de la Parole qui nous rassemble en Église.

Le texte de Joël est un appel à la conversion devant le désastre qui menace à cause de la négligence du peuple et de ses responsables. Le temple et le cœur des hommes sont envahis et négligés. Comme la maison dont l’esprit du mal a été chassé… mais qui n’est pas gardée. Gardée par qui ? Comment ?

Joël nous suggère déjà un remède : prier, prier ensemble. Si nous ne trouvons pas les mots, nous pouvons crier vers le Seigneur.

Jésus nous donne une piste complémentaire.

L’évangile d’hier se terminait par « combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. » (Luc 11,13). Pour faire la jonction avec celui d’aujourd’hui il manque la guérison du sourd-muet : un homme renaît à la parole et à l’écoute.

Si Jésus chasse un démon sourd-muet, il agit par la puissance de l’Esprit Saint qui donne de parler. Si c’était par Béelzéboul, le royaume de Satan serait divisé et donc proche de la ruine.

Une seule force peut s’opposer à l’esprit du mal : celle de Dieu.

N’ayons pas peur et prions avec confiance le Psaume 17 qui justement chante le Seigneur, ma force et mon salut.

 

Méditation :

Qui est Jésus, par quelle puissance agit-il ? C’est la question que se posent ses contemporains. Question toujours actuelle. « Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? … En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous

 

« Le doigt de Dieu » c'est ainsi que les magiciens de Pharaon désignaient l'action de Dieu par Moïse et Aaron dans l'Exode (Ex 8,15). Matthieu dans le passage parallèle à Luc (Mt 12,28) parle explicitement de « l'Esprit de Dieu ».

 

« C'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous. » « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors, dit le Seigneur ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » chante le verse de l'alléluia. (Jean 12, 31b-32)

Le prince de ce monde, l'homme fort, Jésus l'a jeté dehors. C'est fait, mais…

 

Le retour en force de l’ennemi demeure une menace dont il faut se garder sans cesse. La victoire de Jésus est certaine (cf 10,18 ; 11,20) : mais une vigilance reste nécessaire. Si tout, est bien rangé, balayé mais non gardé, ce qui avait bien commencé peut mal tourner !

« Sois le portier de ton cœur, ne laisse entrer aucune pensée sans l’interroger? « Es-tu de notre parti ou du parti de l’Adversaire ?» Si c’est une pensée qui vient de Dieu, elle te comblera de joie. » a écrit Evagre le Pontique moine en Égypte au 4ème siècle.

C’est la garde du cœur dont aiment à parler les pères monastiques.

Si petite que soit une faute dans son germe, il nous faut l’arracher bien vite avant qu’elle ne mûrisse, n’acquière croissance et vigueur, et ne fructifie.

Si selon saint Séraphin de Sarov « La vie chrétienne consiste à acquérir l’Esprit-Saint » nous pouvons le demander avec constance pour qu’il nous fortifie et lutte avec nous dans cette garde du cœur si importante pour notre persévérance dans la vie chrétienne.

 

Introduction au Notre Père :

« l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » (Romains 8,26) « C’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » (Romains 8,15)

 

Prière d'envoi :

Seigneur Jésus sur toi repose l’Esprit Saint: « Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (cf. Isaïe 11,2).

Que ce même Esprit nous habite et nous garde.

Qu’il ouvre nos cœurs à l’écoute de ta Parole.

Qu’il nous aide à veiller sur nos pensées, nos paroles et nos actions.

Qu’il nous éclaire, nous soutienne et nous donne sa force pour te choisir jour après jour.

Nous te le demandons, toi, notre vie, notre joie.

Toi qui nous conduis au Père dans l’Esprit dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles.