Liturgie 15 septembre Notre Dame des douleurs Jean 19, 25-27 ; Hébreux 5, 7-9
Introduction
Voici une mémoire qui donne à penser : célébrer
Notre Dame des douleurs… comment vivons-nous cette mémoire ? on aime
méditer les récits joyeux, mais les récits de mort, d’accompagnement jusqu’au
bout dans la douleur, … Par pudeur souvent on évite. Par pudeur ou à cause des
résonances de l’histoire personnelle que cela éveille. Et pourtant pouvons-nous
contourner les récits de la passion de Jésus, de sa souffrance, de sa mort ?
Pouvons-nous contourner la présence de Marie au pied de la croix ? Quelle attitude
adopter ? spectacle ? voyeurisme ? dolorisme ? Non ! Chaque
page d’évangile nous est présentée comme Bonne Nouvelle du salut, et nous
sommes invités à en être acteur ! N’est-ce pas là le seul chemin que nous
pouvons emprunter avec les textes de ce jour ? Aujourd’hui, la liturgie nous
invite à rejoindre Marie, debout au pied de la croix. En Jésus, en Marie, nous
accueillons la souffrance de l’humanité, et plus profond, nous accueillons le
mystère de la souffrance de notre Dieu. Mère et Fils ont en cet instant à vivre
un mystère de souffrance, d’écartèlement, de mort. Et ce mystère est tout à la
fois mystère de communion intense, où l’amour trinitaire se dit jusqu’au bout,
dans une infinie douleur. Pouvons-nous l’accueillir, le partager ?
disposons nos cœurs par la prière des psaumes.
Après l’évangile
Dans la souffrance la plus terrible, Jésus n’est pas
seul, il y a des femmes muettes, douloureuses, à ses pieds. Quelques femmes
dont sa mère, et un disciple aimé, ce peut être toi, ce peut être moi. Oui,
nous pouvons entrer en cette page et la vivre. Et découvrir en ce lieu du
calvaire, le lieu d’une nouvelle naissance. Un nouvel univers : Jésus
confie sa mère au disciple, Jésus confie son disciple à sa mère. Jésus rend son
souffle, il confie son souffle à ceux qui portant avec lui la souffrance
indicible, perdent souffle.
En ce jour, nous pouvons recevoir un immense message.
Rien de nos vies, de nos amours, de nos souffrances, rien n’est oublié. Tout
est pris dans ce grand courant qui unit au calvaire, le Père, le Fils et
l’Esprit, la Mère et le disciple. La Trinité bienheureuse en communion
définitive avec l’Eglise. Un courant d’amour, douloureux, mais victorieux, par-delà
l’incontournable mort du Bien Aimé hors de la vigne. La mémoire de ce jour,
nous invite à ramener nos vies entières au calvaire, non point par un dolorisme
maladif, mais pour une communion de vie, d’amour à travers tout, à travers la
souffrance et la mort. Pour y percevoir ensemble les premières lueurs de
Pâques. Pour y renaître !
Alors demandons au Seigneur, de mettre en nos cœurs son
amour. Car en la passion et la mort de Jésus, ce ne sont pas les coups qu’il
faut contempler, mais l’amour, qui seul peut donner sens à ces instants. Au
mystère de la souffrance, l’amour peut offrir une réponse. Et je vous propose
pour porter notre prière, un petit extrait du Stabat Mater, demande intense à
Marie, de partager son cœur, pour que tout, en nos vies, soit évangélisé
vraiment.
Fac ut ardeat cor meum in amando Christum Deum, ut
sibi complaceam. Fais
que mon cœur brûle, en aimant le Christ Dieu, pour qu’avec toi je lui plaise. Je vous propose de
l’écouter sur la musique de Koen Dejonghe, un compositeur belge contemporain
(né en 1957).
https://www.youtube.com/watch?v=z7nrX6zpx5k
Invitation au Notre Père
Jésus, tu nous as tout donné : ta vie, ton amour, ta
mère. Tu nous as partagé ta vie filiale. Aussi c’est avec les mots que tu nous
as donnés qu’aujourd’hui nous voulons prier notre Dieu et Père.
Prière conclusion
Père, en ton Fils Jésus, tu nous as manifesté ton amour
plus fort que toute mort. De Jésus, nous recevons aujourd’hui Marie notre mère.
Accorde-nous de vivre notre quotidien, en apprenant d’elle à prendre encore et
toujours le chemin des Béatitudes qui nous mènera de la Croix jusqu’en la
Résurrection. Nous te le demandons par Jésus le Christ…
Sr Myrèse le 15 septembre 2020
