Liturgie 18e samedi TO-II Matthieu 17, 14-20 ; Habacuc 1, 12-2,4
Ouverture
Bonjour, nous voici en Eglise pour célébrer notre Dieu,
pour l’écouter, pour partager sa vie. Prenons le temps de réaliser pourquoi
nous sommes ici. Prenons le temps d’être avec Lui comme Lui est avec
nous ! prenons le temps chacune au plus profond de lui parler, avec cette
même simplicité du prophète : Seigneur, depuis les temps anciens,
n’es-tu pas mon Dieu, mon Saint, toi qui es immortel ? tes yeux sont trop
purs pour voir le mal, tu ne peux supporter la vue de l’oppression. Alors
pourquoi regardes-tu ces perfides, pourquoi restes-tu silencieux quand le
méchant engloutit l’homme juste ? et nous poursuivrons avec le
psalmiste : ils s’appuieront sur toi, ceux qui connaissent ton nom,
jamais tu n’abandonnes, Seigneur, ceux qui te cherchent... Tu as vu, tu
regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main ; sur toi
repose le faible, c’est toi qui viens en aide à l’orphelin. Tu entends Seigneur, le désir des pauvres, tu
rassures leur cœur, tu les écoutes.
Descendons dans notre cœur pour vivre avec notre Dieu
cette liturgie.
Après l’évangile
Voici un récit qui flaire bon le parfum de la compassion
de notre Dieu. Jésus a souci de cet enfant, et du désarroi de son père. Mais ce
récit transpire la tristesse de Jésus face à nous… son espérance un brin déçue
peut-être…
Nous voyons Jésus attentif à la souffrance qui lui est
présentée… le tout est de lui présenter ! et pour cela d’avoir une foi
vivante et confiante. Nous voyons Jésus éprouvant un brin de lassitude : Génération
incrédule et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ?
combien de temps devrai-je vous supporter ?
Certains exégètes ont essayé de faire un tri dans les
paroles qui sont placées sur les lèvres de Jésus : celles que Jésus aurait
vraiment dites, et celles que la première communauté lui aurait attribuées. Il
me semble que jamais la première communauté n’aurait osé attribuer une telle
parole de lassitude à Jésus et qu’il est fort probable que Jésus l’ait
réellement prononcée. Puis-je être à l’écoute de cette peine de Jésus, suis-je
prête à y remédier ? Jésus, Dieu notre Père avec Lui, souffre de notre
incrédulité, de notre façon d’appréhender le réel, sans foi.
Et on dit : ben, je crois quand même un peu… ma foi
est minuscule. Même pas comme un grain de moutarde, d’accord, elle est faible,
petite, fragile, mais je ne suis pas sans foi…
Et on se trompe peut-être sur la quête de Jésus, est-ce
vraiment la faible quantité de foi que nous avons qu’il nous reproche ? de
nombreuses traductions disent : si vous aviez de la foi gros comme un
grain de moutarde… alors on se met à évaluer, soupeser notre foi… mais
regardez le texte grec, et dites-moi où vous trouvez cette expression ? le
texte grec dit : si vous aviez de la foi, comme un grain de sénevé…. Pas
gros comme un grain de sénevé, mais comme un grain de
sénevé. Alors Jésus est-il occupé à soupeser notre foi ? ou à en voir
la fécondité ? en mesure-t-il le tour de taille ? ou en regarde-t-il
la vitalité ? si ta foi est comme un grain de sénevé, cela veut dire
qu’elle porte en elle une force de vie, une puissance de vie, aussi petite
soit-elle. Et cette puissance de vie te permettra de poser les gestes que Jésus
lui-même a posé. Cette foi qui est une confiance, t’unit par le plus intime à
Dieu, et alors tu peux devenir instrument du salut de Dieu, car tu es branché
sur ta source. Si ta foi est union profonde à celui qui t’a créé, appelé, qui
t’a partagé sa vie, alors tu peux à ton tour transmettre cette vie, la partager
à ceux et celles que tu croises sur ton chemin.
Demandons au Seigneur, une telle foi, forte, puissante,
vivante comme un grain de sénevé. Une foi qui nous donne de rayonner de la vie
de Jésus. Et alors nous pourrons secourir ceux qui nous appellent à l’aide.
Introduction au Notre Père
avec Jésus qui nous a confié, partagé sa relation au
Père, nous osons dire :
Prière de conclusion
Père, toi qui nous as donné ta vie en partage, toi qui
nous reconnais pour tes enfants, vois nos cœurs, nous les ouvrons devant toi,
déposes-y une graine de foi, de foi vivante, que nous puissions transmettre ta
vie. Et que de proche en proche, ton royaume se répande sur notre terre. Nous
te le demandons par Jésus Christ, ton fils…
Sr Myrèse le 8 août 2020