dimanche 14 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e dimanche TO A Matthieu 9,36-10,8 ; Exode 19,2-6a ; Psaume 99 ; Romains 5, 1-11

Compassion, moisson, prière mission

Homélie

Cinq fêtes ou solennités viennent de se succéder ces dernières semaines : l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité, le Saint Sacrement et enfin le Sacré-Cœur de Jésus voici deux jours.  Nous en revenons au temps ordinaire.  Une bonne vingtaine de dimanches du temps ordinaire nous conduiront à la fin novembre. La couleur liturgique est le vert, couleur de l’espérance.

Compassion, moisson prière et mission : ces 4 termes apparaissent, l’un après l’autre, dans cette page de l’évangile de Matthieu que nous venons d’entendre.  Ces 4 termes donnent le fil rouge et la finalité de notre existence humaine.  Je les reprendrai l’un après l’autre en en faisant un bref commentaire.

1 Jésus est saisi de compassion, a pitié de ces foules abandonnées à leur sort par le roi Hérode et méprisées par les autorités religieuses juives de l’époque c-à-d les pharisiens.

Cette compassion affecte Jésus quand il regarde les foules qui se sont approchées.  La compassion signifie littéralement : les entrailles remuées, déchirées, bouleversées.  

Ce ne sont pas d’abord leurs souffrances ou leur extrême pauvreté qui émeuvent Jésus mais c’est en premier lieu leur état d’abandon, leur abattement.  « Elles sont désemparées et abattues comme des brebis qui n’ont pas de berger ». 

2 Alors, Jésus leur parle d’une moisson abondante et d’ouvriers peu nombreux.  Cependant, certains ouvriers étaient bien connus à l’époque de Jésus : scribes, pharisiens qui devraient être guides mais qui s’étaient repliés sur eux-mêmes, sur des articles de loi, des traditions, des rites vieillots et sur leurs certitudes, fermés à toutes questions et sûrs de leur bon droit.  Comment la foule pourrait-elle trouver des raisons de vivre et d’avancer avec de tels bergers ?

3 La compassion du Christ est un sentiment mobilisateur.  Mais alors que j’attendais des décisions pratiques immédiates, la première mesure d'urgence que Jésus prend est de nous mettre en prière : "Priez le Père d'envoyer des ouvriers à sa moisson !"  Le Christ lui‑même a prié toute la nuit avant de choisir les Douze.

La prière nous apprend à sortir de l'indifférence, à refuser le pessimisme, et à "aimer les personnes rencontrées à la manière de Dieu, aimer ce temps qui est le nôtre malgré ses ombres.

4 Ensuite, Jésus appelle les 12 apôtres.  Il les envoie en mission.  L'appel des Apôtres va donc s'enraciner dans la compassion et la prière de Jésus.

Jésus choisit douze hommes pour leur confier une mission : « proclamer que le Royaume de Dieu est tout proche » Chacun des Apôtres est appelé par son prénom, c'est à dire par ce qui fait son identité profonde.

Compassion, moisson prière et mission riment dans le cœur de Jésus et de ses douze apôtres.  Ils seront engagés dans une œuvre qui les dépasse.

Ils iront vers des brebis perdues, non pour asseoir un pouvoir, mais pour parler, guérir, faire revivre, purifier, extirper le mal des recoins obscurs où il règne encore en un mot les délivrer de ce qui les enferme C’est une immense tâche, dont les apôtres sont incapables seuls sauf s’ils comprennent que tout est don. « Vous avez reçu gratuitement.  Donnez gratuitement » dit l’évangile d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, comment ne serions‑nous pas émus, secoués au fond du cœur, par la détresse non seulement matérielle mais également morale et spirituelle des foules contemporaines: par exemple des enfants et des jeunes sans parents, qui ne peuvent souhaiter aujourd’hui bonne fête à leur papa, des jeunes sans repères et sans avenir; des adultes sans raison de vivre ni perspectives parce qu’au chômage; des croyants déçus qui s'éloignent des Eglises parce que des prêtres n’ont plus le feu sacré, etc ...

Aujourd'hui le Seigneur nous appelle aussi par notre prénom comme il l’a fait pour les apôtres pour la même mission.  Il compte sur nous parce que "La moisson est abondante".

Pour cela, deux choses me semblent nécessaires.
1          S’arrêter, comme Jésus, pour discerner le sens et le fondement des demandes.  Car les appels qui nous sont adressés des périphéries sont nombreux.

2          Puis, personnellement ou en communauté, s’efforcer d’être Bonne Nouvelle pour « les brebis perdues », comme le dit l’évangile de ce dimanche.  Notre engagement ne sera pas teinté de « pitié », au sens négatif du terme, mais d’une réelle compassion.   Puissions-nous être ces ouvriers à la moisson de personnes qui croisent notre regard.

 

2 P’titS rawettS.

Les jeux olympiques du cœur

Le temps était venu.  Jésus décida de choisir ses douze apôtres.  Passer une annonce dans les journaux ne lui semblait pas suffisant.  A l’instar des jeux olympiques modernes, il décida d'organiser des jeux où il pourrait choisir les douze.  Les concurrents arrivèrent de partout.  Les compétitions furent acharnées.  Jésus devait' juger tous les résultats.

En premier lieu sont venues les prières.  Les candidats s’y étaient exercés.  Cela se voyait par la vitesse à laquelle ils pouvaient les réciter.  Quelques-uns articulaient chaque mot avec la plus grande précision.  D'autres se servaient de grands mots expressifs.  D'autres encore exprimaient de nobles idées.

Mais quand vint le temps de désigner le vainqueur, Jésus n'en choisit aucun.  Il n'y avait apparemment aucun cœur dans leurs prières.  Elles n'étaient que des mots.

 

Puis vint le culte.  Là aussi, les concurrents s'étaient préparés sérieusement.  Certains portaient des vêtements magnifiques, d'autres utilisaient l'encens à profusion.  D'autres encore mettaient l'accent sur la musique ou sur la beauté des gestes.  Mais de nouveau, quand vint le temps du choix, il n'y eut aucun vainqueur.  Il ne semblait pas non plus qu'il y eût du cœur dans leur culte.  Il n'y avait qu'une belle façade.

 

En troisième lieu arriva l'enseignement.  Ce groupe-là était vraiment prêt.  Certains avaient élaboré des affiches raffinées.  D'autres se servaient de power point pour faire leur démonstration.  Et de nouveau, pas de vainqueur. Il n'y avait pas de cœur dans leur enseignement.  Les méthodes semblaient plus importantes.

 

Et on arriva à la fin des jeux.  Pas de vainqueurs, pas d'apôtres.  Epuisé par cette longue et irritante épreuve, Jésus descendit près du lac pour y trouver un peu de fraîcheur et se détendre.  Et c'est là que le miracle se produisit.  Il vit des hommes en train de pêcher.  Il trouva des gens qui mettaient du cœur à leur ouvrage ! Et il les choisit.

Journal philippin 1987 (reçu par Entraide et Fraternité)

 

QUAND LE JOUR SE LèVE-T-IL ?

Un rabbin venait d’enseigner à ses élèves de commencer leur prière  très précisément au lever du jour.
Alors un sage ayant aussi entendu cet enseignement demanda à ces étudiants à quoi on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence.

            - Est-ce lorsqu’on peut, sans peine, distinguer un chien d’un mouton ?

            - Non, répondit le sage.

            - Est-ce quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ?

            - Non, dit le sage.

            - Mais alors, quand est-ce donc ? demandèrent les étudiants ?

Le sage répondit:

            - C’est lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu y reconnais ton frère ou ta sœur.  Avant cela il faisait encore nuit dans ton cœur

Abbé Fernand Stréber, Hurtebise le 14 juin 26

samedi 13 juin 2026

Liturgie de la Parole 10e samedi TO-II Coeur Immaculé de Marie Luc 2, 41-51 ; 1 Rois 19, 19-21

Introduction

Ce jour, nous fêtons le Cœur immaculé de Marie.

Nous sommes invités à regarder Marie, à contempler son cœur, un cœur tourné vers Dieu qu’elle confie sans réserve à sa bonté, son amour et sa tendresse.  Marie est une femme pleine de sagesse. Elle se laisse toucher et fait entière confiance en ce Dieu proche et sensible à nos misères humaines   L’événement douloureux qui est relaté dans l’Evangile aujourd’hui est une expérience fondatrice qui lui donne de renouveler son « oui » posé lors de la visite de l’ange pour être la mère de l’Emmanuel.

Sa foi, sa fidélité à la parole reçue et donnée, est une réponse à la fidélité de Dieu qui fait alliance avec Marie selon sa promesse.

Le Cœur immaculé de Marie est aussi ce cœur de femme meurtri par les douleurs qu’elle a vécues et traversées dans la confiance et la fidélité au Seigneur.

Aujourd’hui, prions Marie pour obtenir le réconfort et la paix dont nous avons tant besoin quand nous sommes dans l’épreuve mais surtout pour recevoir d’elle la foi en la parole du Fils de Dieu.

Gratitude à toi Marie médiatrice au cœur pur pour ton rôle dans notre vie et notre salut.

 

Commentaire

L’Evangile, une Bonne Nouvelle difficile à admettre si nous nous arrêtons sur l’événement effrayant qui survient de manière inopinée dans la vie de cette famille, dans la vie de Marie et Joseph. Un événement douloureux pour ceux qui y sont confrontés.

La peur, celle de la séparation, de la disparition est une peur de la mort. Ils le croyaient mort durant trois jours : « Vois comme nous avons souffert ton père et moi ! » Le cœur de Marie n’est pas désincarné, celui de Joseph non plus. C’est une souffrance indicible que seul, celui ou celle qui l’a vécue peut comprendre.

Finalement l’histoire se termine bien même si elle est énigmatique.  Elle aurait pu se finir de manière plus tragique comme on le voit trop souvent et encore récemment en France avec cette fille, une enfant de 11 ans dont les funérailles ont eu lieu ce vendredi. Gardons cet événement insupportable en nous pour comprendre la douleur des parents, celle de Marie et de Joseph.

Trois jours sans nouvelle, c’est long, très long, un temps interminable. J’associe Joseph à Marie puisqu’il n’y a aucune raison de faire abstraction de la douleur vécue par Joseph.

Nous savons et comprenons bien que nos enfants ne nous appartiennent pas ; qu’ils sont confiés à notre tendresse pour les conduire à être eux-mêmes.

En ce sens, nous sommes leurs éducateurs et comme parents, nous donnons le meilleur de nous pour qu’ils s’épanouissent et grandissent. Tout ce qui les rend heureux réjouit notre cœur. Le départ et l’autonomie de nos enfants, aussi douloureux que cela puisse être, doivent nous réjouir, non nous déprimer.

Ils partent et exercent leur liberté. Liberté à tous points de vue, y compris celle de croire en Dieu, de lui être fidèle et reconnaissant… ou pas. C’est souvent difficile pour les parents mais ce qui nous est demandé c’est de réaliser la part qui nous appartient et d’accepter, faire confiance pour celle qui ne nous appartient pas.

Marie et Joseph croyait que leur fils, que Jésus était dans la caravane mais il n’était pas là.  Il se démarque déjà de sa famille, des liens de parenté, des solidarités familiales et même de la Loi. Il sort des habitudes, des traditions.

Il se démarque et affirme sa liberté.  Il est déjà ailleurs.  L’appel qu’il reçoit au fond de lui est une invitation puissante à croire en la mission, la force et la vie qu’il reçoit de son Père.

Quant à « Marie, elle gardait tous ces événements dans son cœur » Elle ne comprend pas tout ce qui se passe mais choisit une fois de plus de faire confiance. En regardant ce cœur immaculé de Marie nous nous souvenons et réfléchissons sur les moments où le Seigneur s’est manifesté pour nous.  Cette relation qui s’installe quand nous faisons mémoire et méditons ces événements dans notre cœur, cette relation peut aussi nous apporter réconfort et courage dans les épreuves et les moments difficiles de notre vie.

Puis comme Marie, nous ne comprenons pas tout. Il est vital d’apprendre à faire confiance au Seigneur même lorsque les choses ne sont pas claires.

Comme Marie, gardons les événements vécus dans notre cœur, méditons-les et prions pour discerner la volonté de Dieu et approfondir notre relation à Lui.

 

Invitation au Notre Père 

Nous vous saluons Marie et Joseph, vous êtes bénis parmi tous les couples de la terre et Jésus, le Fils de Dieu confié à votre tendresse nous le bénissons. Sainte Marie et Saint Joseph, prier pour nous vos enfants maintenant et à l’heure de notre naissance.

Notre Père

Raymond le 13 juin 26

vendredi 12 juin 2026

Liturgie Sacré Cœur de Jésus A Matthieu 11, 25-30 ; Deutéronome 7, 6-11 ; Psaume 102 ; 1Jean 4, 7-16

Méditation

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples ».

Que veut dire être disciple de Jésus ? L’Evangile de Matthieu est parcouru par cette question et à la fin de l’Évangile Jésus dit : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ». Il ne dit pas, « allez enseigner toutes les nations ». Il dit « de toutes les nations, faites des disciples ». Une petite différence. Jésus n’a pas fondé une école dont les bons élèves seraient sortis avec un diplôme en main ! Il enseigne, certes, mais son enseignement n’est pas une matière à apprendre, c’est une manière. Pas une matière, mais une manière. Pas une doctrine, mais une façon d’être, un art de vivre, une manière d’être. Pas quelque chose que les sages et les savants acquièrent par de longues études, mais un secret que les tout-petits comprennent de l’intérieur.

Que devons-nous faire pour apprendre ce secret ? Non pas étudier beaucoup, mais accompagner. Accompagner Jésus. Être disciples, ou plutôt, devenir disciple, car on ne cesse jamais de le devenir, cela ne s’apprend pas à l’école, cela s’apprend par le compagnonnage avec Jésus. À force de le fréquenter, devenir un peu comme lui, acquérir sa manière d’être au monde, par contagion, par imitation.

Aujourd’hui Jésus nous dit : « prenez sur vous mon joug ». Dans la Bible, le joug est l’image de la Loi, de la Torah. Et c’est la Sagesse qui invite en disant : « venez à moi vous qui me désirez ».

Mais en écoutant ce texte dans le contexte de cette fête du Sacré Cœur, comment pouvons-nous interpréter cette parole de Jésus : « prenez sur vous mon joug » ? Ce n’est pas « prenez sur vous ma Loi ». Les autres lectures que nous avons entendues peuvent nous éclairer. Dans le Deutéronome, Dieu dit au peuple d’Israël : « tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu ». Pourquoi ? Pas parce que vous êtes le plus nombreux, le plus fort, le plus observant de tous les peuples. Justement pas ! Mais parce que vous êtes le plus petit, et parce qu’Il vous aime ! C’est par amour pour vous, qu’il vous a sauvés. Première clé.

La deuxième lecture confirme cette clé en disant en quoi consiste l’amour. « Ce n’est nous qui avons aimé Dieu, c’est Dieu qui nous a aimés ». Donc l’initiative est chez lui, pas chez nous. Si cela est vrai, si l’amour de Dieu nous devance, alors qu’attend-il de nous en réponse ? Alors oui, Jean dit « puisque Dieu nous aime, aimons-nous les uns les autres ». Mais la première réponse ce n’est pas ça. La première réponse c’est : laissons-nous aimer ! Puisque Dieu nous aime, laissons-nous aimer ! Serait-ce cela le joug de Jésus : son amour pour nous, sa tendresse. Et quand il nous dit « venez à moi » : laissez-vous aimer.

Quand je regarde l’icône que nous mettons toujours les jours de fête et de solennité, je me demande où sont les épaules de Jésus. Parce qu’il est tout rond, comme s’il n’avait pas d’épaules, ça me frappe toujours. Sur cette icône, il n’a pas d’épaules ou bien ça pèse tellement lourd qu’il en est voûté. Ça donne un peu l’impression qu’il est voûté en avant. Le poids de la tendresse a arrondi ses épaules, c’est comme la voûte d’une église romane, c’est tout simple. Et nous pouvons entrer dans cette tendresse, comme dans une église romane. Recevons sans crainte sur nos épaules le joug, la chape de tendresse de Jésus et devenons ses disciples en nous laissant imprégner par sa façon d’être au monde, doux et humble de cœur. Alors nous pourrons chanter avec saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi ». Amen

Sr Marie-Raphaël le 12 juin 26

jeudi 11 juin 2026

Liturgie de la Parole 11 juin st Barnabé Matthieu 10, 7-13 ; Actes 11, 21b-26, 13, 1-3

Introduction

Aujourd'hui, nous fêtons donc saint Barnabé, ce saint qui, d'après le dicton, doit arrêter la pluie de saint Médard.

Dans les Actes des Apôtres, Luc dit de lui que c'était un homme de bien, rempli d'Esprit-Saint et de foi. A Antioche, il découvre un grand nombre de gens devenus croyants. Il part à Tarse pour aller chercher Saul et le ramener à Antioche. Ils instruisent une grande foule. Il y avait d'autres prophètes chargés d'enseigner et un jour, le Seigneur leur demande de laisser partir Saul et Barnabé sur d'autres routes.

Dans l'évangile de Mathieu, Jésus envoie les apôtres sur la route pour proclamer que le Royaume est tout proche. A Antioche, les croyants reçoivent le nom de « chrétiens ».

 

Le psaume 97 que nous entendrons entre les Lectures dit ceci : « Chantons au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles » !

Rendons lui grâce !


Commentaire

 Jésus donne plusieurs consignes, ne pas s'encombrer d'argent, de sac ou de vêtements de rechange. Il conseille de se débarrasser du superflu. « Même sur les chemins de crête, il faut marcher léger... pas d'autre issue que la confiance ». (Soeur Marie Raphaël dans le livre « Chemins de crête » ed Htb). Les disciples n'emportent ni connaissance ni culture. Dans les villages, ils doivent se renseigner pour savoir qui est digne ou non de les accueillir... Ce n'est pas une question de religion, puisqu'ils enseignent à tous, même aux non-juifs. Aujourd'hui, ils seraient peut-être venus demander refuge dans des abbayes ou des monastères ?

Comment savoir sans connaître qui est digne ou non d’accueillir ? Est-ce que j'aurais été digne d'accueillir les disciples, sommes-nous dignes d'accueillir la Bonne Nouvelle ?

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ». De nos jours, la gratuité se fait de plus en plus rare... Mais il n'y a pas que ça. Jésus envoie ses disciples sur les routes, ils doivent quitter leur quotidien, la routine. Dans les Actes, ce sont Barnabé et Saul qui doivent partir, ils se plaisaient sans doute bien à Antioche où il y avait une foule de chrétiens, ils auraient pu y rester toute leur vie. On se sent bien, entouré(e)s de gens qui ont la même foi que nous. Barnabé et Saul n'ont pas dù avoir facile de quitter cette ville.

Sommes-nous prêt(e)s à renoncer à notre bien-être, à savoir dire oui à tout appel de Dieu ? « Que ta volonté soit faite et non la mienne » disait Jésus à son Père avant de mourir.

« Tous, nous sommes d'accord pour donner un verre d'eau ou au moins un petit quelque chose aux personnes dans le besoin. C'est humain. L'évangile nous pousse beaucoup plus loin... Jésus n'envoie pas des gens bavarder sur lui ni essayer de convaincre... Au début de l'ère chrétienne, il n'y avait ni doctrines, ni œuvres à faire connaître, mais seulement l'émerveillement de nous découvrir aimés avant toute compétence ou connaissance... Jésus envoie des gens capables de savoir qu'ils ne savent pas, émerveillés de se savoir aimés pour ce qu'ils sont et non pour ce qu'ils font » (1)

Nous sommes aimés de Dieu malgré nos imperfections, il nous accompagne sur les routes sur lesquelles il nous envoie parce qu'il nous a estimé(e)s capables d'accomplir la mission qu'il nous confie. « Je vous enverrai un défenseur » a-t-il dit, il reste à nos côtés.

 Danièle le 11 juin 26

 

 (1) https://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre/2022-c-mt-10-7-13-samedi-de-la-10e-semaine-ordinaire-nemportez-rien

mercredi 10 juin 2026

Liturgie de la Parole 10e mercredi TO-II Matthieu 5, 17-19 1Rois 18, 20-39

Introduction

Quel Dieu voulez-vous servir ? Baal ou le Dieu d’Israël ? Choisissez mais ne dansez pas pour l'un et pour l'autre. C'est en ces termes que le prophète Elie s'adresse au peuple d'Israël convoqué par le roi Acab en présence des prophètes de Baal. Après les sacrifices offerts à Baal et au Seigneur, le peuple reconnaîtra qu'il n'y a pas d'autre Dieu que le Dieu d'Israël.

Dans l'évangile Jésus nous dira que la loi du Sinaï n'est pas dépassée ni l'enseignement des prophètes mais qu'il est venu pour les mener à leur achèvement. Chantons la dernière partie du psaume 118 qui est l'éloge de la loi divine  

 

Méditation

« je ne suis pas venu abolir la loi et les prophètes mais accomplir ». 
Qu’est-ce que la Loi ? Ce sont les cinq livres de la Torah qui contiennent le code de l’Alliance, appelé « les dix commandements » ou dix paroles. La loi est là comme une balise pour nous aider à avancer sur la route, à aller dans la bonne direction et ne pas emprunter des chemins de traverse.

 Le cœur de cette Loi était et demeure « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… et ton prochain comme toi-même. » selon la réponse de Jésus à la question des pharisiens qui l'interrogeaient sur le plus grand commandement en Mt 22, 37-39. Ce que Jésus demande ce n'est ni une simple connaissance de la loi, ni une observance tout extérieure mais sa mise en pratique, en fait avoir un cœur comme le sien qui aille jusqu'au bout de l'amour. « Jésus ayant aimé les siens...les aima jusqu'à la fin » nous rapporte St jean au chapitre 13 de son évangile. Jésus ne change pas la loi, il l'embellit, la remplit d'amour, il la porte à son achèvement et au terme de sa vie il pourra dire sur la croix : « Tout est accompli. »

 

Qu'en est-il pour nous ?  Nous est-il possible de vivre la loi d'amour jusqu'au bout ? Laissés à nos seules forces nous en sommes bien incapable. Mais nous venons de célébrer la fête de la Pentecôte où l'Esprit, le « souffle d'Amour » a été répandu en abondance, les dons qui nous ont été donnés resteront-ils sans effets ?
Dans un commentaire de ce passage d'évangile - site Nicodème- j'ai trouvé cette image qui me parle : la loi, c'est la terre du potier qui fabrique un pot, elle nous constitue mais elle a besoin d'être mise en forme pour qu'apparaisse « l'œuvre d'art » que nous sommes. Une œuvre unique, créées à l'image et à la ressemblance de Dieu.  L'image est gravée en nous mais la ressemblance a été perdue. Comment allons-nous la retrouver ? Ressembler à Jésus n'est-ce pas notre désir le plus cher. Nous y sommes appelés certes mais cela nous dépasse. Alors, laissons-nous conduire par l'Esprit comme le dit St Paul car par l'Esprit qui travaille en nous, qui nous façonne, la ressemblance va s'affiner de plus en plus à mesure que nous laisserons l'Esprit d'Amour nous transformer souvent à notre insu.

Une citation de Lytta Basset trouvée dans ce même commentaire peut aider à faire résonner ce texte d'évangile :

"Le souffle d'amour c'est quand nous regardons notre personne comme une œuvre d'art en cours de réalisation, pour nous donner les mêmes formes que "l'icône de Jésus", une icône de l'amour accompli. Pour nous l'icône de notre personnalité, à la ressemblance de l'amour, est en plein chantier. Elle est pour ainsi dire notre horizon. Le Souffle d'Amour a mis à notre horizon notre accomplissement en amour. Nous marchons vers cette œuvre d'art, sculptée par l'amour, qui nous précède !...

Laissons l'Esprit nous façonner et nous sculpter pour retrouver la ressemblance perdue.

 

Notre Père

Ensemble prions le Père avec les mots que Jésus le Fils bien aimé nous a donné...

 

Conclusion

Jésus tu es venu sur terre, tu as accompli la loi par la parole mais aussi par tes actes en guérissant et en sauvant. Que cette loi d’amour nous aide à avancer sur la route à ta suite, qu'elle nous transforme au plus profond de notre être pour retrouver la ressemblance avec toi qui vis et règne avec  le Père et l'Esprit d'Amour pour les siècles des siècles.

Sr Jean-Baptiste le 8 juin 22