Liturgie 25e vendredi TO-II Luc 9, 18-22 ; Qohèleth 3, 1-11
Introduction
Il
y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose. Beaucoup
connaissent cet adage, mais si on interroge dans la rue, qui sait qu’il vient
de la Bible ? de cet auteur assez moderne qu’est Qohéleth ? Et le
sage d’enfiler une série d’activités, les unes après les autres, nous disant
qu’il y a un temps pour chacune. Puis en finale du texte que nous allons
recevoir, il y a cette parole qui me semble-t-il est trop méconnue : la
traduction actuelle dit : Dieu a mis toute la durée du temps dans
l’esprit de l’homme, que l’on pourrait traduire en Dieu a mis l’éternité
(l’infinité du temps) dans le cœur de l’homme. Ainsi vivant au cœur du
temps, l’humain porte en son cœur un poids d’infini ! IL y a en l’homme
comme l’écrit Noël Quesson un infini qui se construit. Et il me semble
que la liturgie participe de cette construction. C’est déjà dans l’aujourd’hui
que nous pouvons goûter l’éternité, tout ce que nous faisons, disons, reçoit
déjà aujourd’hui son poids d’éternité. Alors nous pouvons même si nous
éprouvons parfois durement notre finitude, percevoir combien en cette finitude
même, s’inscrit l’éternité. Notre être dès aujourd’hui est appelé à participer
à l’éternité de Dieu. Entrons en cette liturgie, en accueillant cette éternité
en notre cœur. En laissant s’épanouir en nous la vie de Dieu qui déjà nous est
donnée.
Méditation
Un
jour Jésus priait à l’écart : sans doute, Jésus priait-il ainsi tous les
jours. Mais saint Luc se plait à nous le rappeler aux moments clés de son
évangile. Et aujourd’hui, ce qu’il y a de spécifique, c’est que ses disciples
étaient avec lui. Souvent on pense Jésus se retire seul, sur la montagne pour
prier. Et voici qu’aujourd’hui, ses disciples sont avec lui. Les disciples
ainsi ont été formés par Jésus, à cette prière silencieuse qui porte la vie, la
mission. Et puis voilà, Jésus fait sa petite enquête : qui suis-je au
dire des gens ? et la réponse vient du groupe des disciples : la
même que celle qui était donnée à Hérode quelques versets plus hauts dans
l’évangile : certains disent Jean-Baptiste, d’autres Elie, d’autres
encore un prophète qui serait ressuscité. Voilà le sondage d’opinion.
Pourquoi cette question dans le fond ? Jésus ne s’arrête guère à cette
réponse, il ne la discute pas. Il fait un tour de plus dans le sondage : et
vous, que dites-vous ? pour vous qui suis-je ? Et Pierre
répond : le Messie de Dieu. La première fois que Jésus avait
interrogé, tous répondaient ensemble ; ici c’est Pierre qui prend la
parole. Les autres ont-ils répondu ensuite ? ont-ils fait de Pierre leur
porte-parole ? se sont-ils dispensés de réfléchir, puisque Pierre, avec
son impulsivité habituelle, avait répondu ? souvent lorsque nous lisons
cet évangile nous insistons sur l’aspect personnel de la réponse : et toi
que dis-tu ? pour toi qui suis-je ? et on interroge : et pour
toi Raphaël, pour toi Brigitte, pour toi René, pour toi Isabelle, ... qui
suis-je ? et dans la prière, nous
tentons de répondre à Jésus. C’est bien, très bien même, ok. Mais avez-vous
remarqué la question ? et vous, que dites-vous,
pour vous qui suis-je ?
C’est vrai qu’il y a une réponse personnelle à donner, mais il y a aussi
une réponse communautaire ! pour vous qui suis-je ? Jésus
s’adresse aussi au groupe. En communauté d’Eglise ce matin, nous laisserons
nous ensemble interpeller par Jésus ? sommes-nous venus en Église ?
ou simplement comme des entités séparées, chacune venu pour un moment moi et
mon Dieu ? C’est important de venir en Eglise, en communauté... ainsi aux
jours de doute, notre foi sera portée par la communauté. Alors, dites-moi, répondrons-nous
ensemble à cette question ? Prenons un temps de silence, pour renouveler
notre acte de foi personnel en Jésus, Christ, fils de Dieu. Et puis inscrivons
notre acte de foi personnel, en l’acte de foi communautaire, qui ce matin
encore nous rassemble. Après le temps de silence, nous redirons cet acte de foi
communautaire par le chant. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Qui
décline en termes bibliques un peu le contenu de cette confession de foi.
(Vigne, Pasteur, Chemin, Vérité, Vie, Résurrection, Lumière…)
Silence puis chant :
Tu
es le Christ, le Fils du Dieu vivant, louange et gloire éternelle.
Jésus
priait à l’écart, entouré de ses disciples, unissons notre prière à la sienne,
remettons nos vies aux mains du Père
Prière de conclusion
Seigneur
Jésus, aujourd’hui encore ta vie, ta parole nous interpellent. Et nous voulons
avec tous tes disciples partager ta vie. Que ton Esprit dépose en nous cette
foi que tu voudrais trouver en nos cœurs. Et que nous menions toujours
davantage une vie qui te plaise. Nous le demandons par toi Jésus, Christ, Fils
du Dieu vivant, qui vis et règnes avec le Père dans l’unité du Saint Esprit,
notre Dieu pour les siècles des siècles.
Sr
Myrèse le 25 septembre 2020
