Liturgie 21 mars fête de saint Benoît Jean 17, 1a.20-26 : Philippiens 4, 4-9
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(texte à venir)
Méditation
Vie communautaire et amour fraternel
ANONYME DU IV° SIÈCLE
Il importe que les frères vivent ensemble dans une grande charité. Soit qu'ils prient, soit qu'ils lisent l’Ecriture, soit qu'ils s'occupent à quelque travail, ils auront pour fondement l'amour fraternel. C'est ainsi qu'on pourra goûter le partage de ces diverses occupations, et que ceux qui prient, ceux qui lisent et ceux qui travaillent pourront tous s'édifier mutuellement dans la transparence et la simplicité...
Quoi qu'ils fassent, les frères doivent se montrer charitables et joyeux les uns avec les autres. Celui qui travaille parlera ainsi de celui qui prie : « Le trésor que mon frère possède, je l'ai, moi aussi, puisqu'il nous est commun. » De son côté, celui qui prie dira de celui qui lit : « Le bénéfice qu'il tire de sa lecture m'enrichit, moi aussi. » Et celui qui travaille dira encore : « C'est dans l'intérêt de la communauté que j'accomplis ce service. »
Les multiples membres du corps ne forment qu'un seul corps et ils se soutiennent mutuellement en remplissant chacun sa tâche. L'ceil voit pour tout le corps ; la main travaille pour les autres membres ; le pied, en marchant, les porte tous ; un membre souffre dès qu'un autre souffre. Voilà comment les frères doivent se comporter les uns avec les autres. Celui qui prie ne jugera pas celui qui travaille parce qu'il ne prie pas. Celui qui travaille ne jugera pas celui qui prie en disant : « En voilà un qui s'attarde, tandis que moi, je travaille. » Celui qui sert ne jugera pas les autres. Au contraire, chacun, quoi qu'il fasse, agira pour la gloire de Dieu. Celui qui lit pensera avec amour à celui qui prie et se dira : « Il prie aussi pour moi. » Et celui qui prie pensera au sujet de celui qui travaille : « Ce qu'il fait, il le fait au profit de toute la communauté. »
Ainsi une grande concorde et une sereine harmonie formeront le lien de la paix, qui les unira entre eux et les fera vivre avec transparence et simplicité sous le regard bienveillant de Dieu. L'essentiel, évidemment, c'est de persévérer dans la prière. D'ailleurs une seule chose est requise : chacun doit posséder en son cœur ce trésor qu'est la présence vivante et spirituelle du Seigneur. Qu'il travaille, prie ou lise, chacun doit pouvoir se dire en possession de ce bien impérissable qu'est le Saint-Esprit.
(* Troisième homélie, 1-3. Texte grec dans Die 50 Geistichen Homilien des Makarios, Walter de Gruyter & Co, Berlin 1964, p. 20-22 ; cf. PG 34, 467-470.
Lectures chrétiennes pour notre temps © 1971 Abbaye d’Orval Belg Fiche T 6)