Liturgie 29e mardi TO-II Luc 12, 35-38
Méditation
L’évangile
de ce jour fait suite à une série de consignes données par Jésus à ses
disciples – que la liturgie ne nous a pas fait lire – et qui se rapporte
directement à la petite parabole lue hier, celle de l’homme riche qui
thésaurise pour lui-même et non pour Dieu. Jésus demande à ses disciples
d’avoir confiance en Dieu pour les besoins corporels, de ne pas se soucier en
vain car Dieu sait ce dont nous avons besoin mais de chercher avant tout le
Royaume de Dieu et sa justice. Puis, il leur demande de ne pas faire de
réserves – ceci nous rappelle l’épisode de la manne au désert ou le pain de
chaque jour dans la prière du Notre Père – car notre vrai trésor est dans les
cieux et où sera notre coeur sera notre trésor.
Aujourd’hui,
Jésus poursuit son enseignement aux disciples avec une autre petite parabole
sur la nécessité de veiller. Veiller mais pas n’importe comment, veiller à la
manière des serviteurs qui attendent leur maître à son retour des noces. Cette
vigilance demande d’ignorer l’heure du retour, d’être en tenue de service,
c’est à dire d’avoir les reins ceints – comme les Hébreux à leur départ de la
terre d’Egypte -, d’avoir une lampe allumée – allusion aux vierges sages.
Dans
quel but et pourquoi les serviteurs attendent ? Ils attendent pour ouvrir
la porte quand leur Maître frappera et pour le servir. Belle attitude approuvée et reconnue par le
maître puisque Jésus déclare : « Heureux ces serviteurs-là que le
maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller », et à la fin de
notre passage : « Heureux sont-ils » d’être trouvés ainsi
à l’arrivée de leur maître.
Le
bonheur, la béatitude se trouveraient-ils dans l’attente et le service ?
Car que fait le maître : il se ceint les reins et sert les serviteurs qui
ont pris place à table. Renversement de situation. Peut-être geste
prophétique ? Puisque dans l’évangile de Jean au ch. 13 nous voyons que
Jésus se lève de table, se ceint les reins avec un linge et lave les pieds de
ses disciples. Lorsque qu’il a terminé il leur dit : Vous m’appelez
“Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc
moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous
devez vous laver les pieds les uns aux autres. Amen, amen, je vous le
dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus
grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le
faites. (Jean 13, 13-14. 16-17).
Renversement
de situation mais pas des rôles. Le maître demeure le maître et les serviteurs
des serviteurs car les serviteurs tout en étant servis font encore la volonté
du maître, c’est lui qui est le sujet de l’action, c’est lui qui les sert.
Que
veut nous dire Jésus par cette courte parabole ?
Les
serviteurs veillent, ils attendent : ils attendent leur maître, c’est pour
lui qu’ils veillent. Ils n’ont qu’une hâte c’est que le maître revienne pour le
servir. C’est là leur bonheur : « heureux seront-ils ».
Et
nous qui attendons-nous ? Quel bonheur attendons-nous ?
Les
serviteurs s’attendaient à servir et c’est le maître qui les sert. C’est Dieu le maître, c’est lui qui dit et
qui donne la béatitude, le bonheur. Il donne non selon les services rendus mais
selon ce qu’il est : il donne à la mesure de son coeur et celui-ci est
infini. Servir est ce qui montre le mieux qu’il est le maître. Et c’est peut-être
là le renversement : découvrir que le service fait de nous des maîtres à
la manière de Jésus.
Jésus a dit : « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour
servir et donner ma vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 27).
Que
l’Esprit nous aide à voir qu’en servant nos frères et sœurs, nous pourrons,
nous aussi donner la vie et connaître le vrai bonheur.
Sr Jean-Baptiste le 20 octobre 26
