mercredi 23 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e mercredi TO-II Luc 9, 1-6 ; Proverbes 30, 5-9

Introduction

Bonjour !

Comme les Douze, nous sommes rassemblés par et autour de Jésus, à l’écoute de ce qu’il veut nous dire personnellement aujourd’hui.

Le court passage du livre des Proverbes est un riche enseignement vital : « Éloigne de moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté ni richesse accorde-moi seulement ma part de pain. » Justesse de nos paroles et de nos actions, justesse de nos besoins, ni trop, ni trop peu, se contenter du nécessaire ! Pas si facile, mais quelle paix quand nous sommes heureux de ce que nous avons.

Jésus nous invite aussi à cette attitude et nous demande d’annoncer l’Évangile sans rien prendre pour la route : Accepter de recevoir le nécessaire d’autrui, quelle remise de soi entre les mains du Père ! Quelle confiance ! Quelle attitude filiale et fraternelle ! « Ils doivent espérer et attendre du père du monastère tout ce qui leur est nécessaire » nous dit saint Benoît au chapitre 33 (RB 33,5). Le Père du monastère ? C’est et le Père Abbé et surtout le Père du ciel.

C’est lui que nous prions ce midi par le chant des psaumes, en notre nom et au nom de l’Église et de l’humanité tout entière.

 

Méditation

Nous voici donc rassemblés par Jésus, convoqués par lui. « Convoqués » c’est-à-dire appelés de la voix : Il nous a regardés et appelés chacun personnellement. « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » reconnaît saint Jean dans sa 1ère lettre (1 Jean 4,10). Il est toujours le premier, tout vient de lui ! Quelle chance nous avons de le savoir. Quelle force vitale cela nous donne d’y revenir sans cesse.

Cette chance est une responsabilité. Annoncer la Bonne Nouvelle : voilà la mission que Jésus confie aux Douze, que Jésus nous confie aujourd’hui. Comment ? Les moyens n’ont guère changé depuis 2000 ans : Recevoir de lui ce que nous avons à vivre et à transmettre. Et donc rester « branchés » sur lui. Par un cœur à cœur. Ou du moins essayer de rester brancher !

Aux Douze il a donné pouvoir et autorité sur tous les démons : tous les démons, démons de toutes sortes qui rendent malades au sens propre et au sens figuré.

Et guérir, ou plutôt, soigner sans cesse! Soigner, être soigné, les deux à la fois. Actions de longue haleine qui demandent patience et persévérance de part et d’autre. C’est ensemble que nous avançons sur le Chemin de l’Évangile.

Le mode d’action : la pauvreté ! Non la misère, mais faire avec ce que nous avons, être heureux de la situation présente, Ce qui rejoint la première lecture, ce qui est un enseignement vital, qui donne la paix au cœur ! Nous savons tous que l’insatisfaction permanente ronge !

Alors qu’être heureux de notre quotidien et le vivre avec et pour le Seigneur et nos frères et sœurs donne un dynamisme incroyable, et ne nous empêche pas d’avoir de grands désirs, de grands rêves, au contraire.

De même savoir en qui nous avons mis notre foi, comme le dit si bien la 1ère lecture « Toute parole de Dieu est éprouvée au feu ; il est un bouclier pour qui s’abrite en lui ». En écho j’entends saint Paul : « Je sais en qui j’ai cru, et j’ai la conviction qu’il est assez puissant pour sauvegarder, jusqu’au jour de sa venue, le dépôt de la foi qu’il m’a confié » (2Timothée 2,12)

 

Ce dépôt dynamique de la foi que le Seigneur nous a confié, comment puis-je l’annoncer, moi qui n’ai pas d’apostolat visible ? Écoutons le Pape François : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours ». (La Joie de l’Évangile n°1)

Le Pape aime noter cette action évangélisatrice de la joie comme il l’a dit aux consacrés en 2014: « La joie, la vraie, est contagieuse, elle contamine... elle fait avancer » (Pape François « Réjouissez-vous »n° 10 lettre circulaire aux consacrés 2 février 2014)

Que le Seigneur soit et reste notre joie. Que cette joie rayonne et soit contagieuse.

 

Introduction au Notre Père

Seigneur toi qui veilles sur chacun de tes enfants et qui es un bouclier pour qui s’abrite en toi, toi qui nous donnes la vraie joie, nous te prions avec confiance…


Prière de conclusion

Seigneur Jésus, tu as aimé et choisi chacun de tes disciples.

Tu les as convoqués, envoyés pour annoncer la Bonne Nouvelle et lutter contre le mal.

Accorde-nous de marcher comme les Apôtres, dans la simplicité, l’enthousiasme et la joie, pour aider nos frères et sœurs à entrer dans le Royaume où tu accueilleras tous les tiens et seras leur joie pour les siècles des siècles. Amen.

Sr Marie-Christine le 23 septembre 2020

mardi 22 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e mardi TO-II Luc 8, 19-21

Méditation

Une des problématiques les plus vive dans notre vie est celle de la fraternité. Comment vivre en frères ? Or dans l’Ancien Testament et la Bible, ces questions sont particulièrement développées. Comment éviter de rester sur sa colère (Caïn et Abel), vivre avec son frère en vis-à-vis (Isaac et Ismaël), faire place et pardonner à son frère (Jacob et Esaü), comment gérer la jalousie (Joseph et ses frères) … Pour chacun d’entre nous, cette œuvre n’est pas simple.

Mais elle est œuvre de Dieu qui a ardemment désiré nous rejoindre pour nous apprendre à être Homme. Il nous aide car étonnement, il s’émerveille devant nous : « Et Dieu vit que cela était bon ». Jésus est devenu notre frère, en grande proximité, pour tous, pour chacun d’entre nous. Et Jésus ne limite pas ce don de la fraternité à quelques-uns de sa famille, ou de ses disciples ou de ses apôtres. Tous, nous avons part à un tel Trésor. Et donc tous, nous sommes invités à travailler à l’accueil de ce Trésor. Pour cela, Jésus nous indique deux clés pour devenir pleinement frères : écouter et mettre en pratique. Pas seulement écouter et pas seulement mettre en pratique sans plus écouter. La règle de vie du Carmel Saint Joseph reprend cette dynamique et invite à :

– écouter Dieu, se livrer à son écoute

– dire Dieu pour l’écouter encore.

Cet échange entre l’écoute et le faire (la mise en pratique) permet à tout homme de dilater son écoute, son attention à Dieu, à lui-même et aux autres, dans ces trois directions. Elle nous permet de grandir dans notre humanité, d’apprendre toujours plus à être frère, une tâche qui nous semble si difficile mais qui n’est pas impossible à Dieu.

Sr Marie, Carmel st Joseph le 20 septembre 2022

https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/luc-819-21-2/ 



lundi 21 septembre 2026

Liturgie de la Parole 21 septembre St Matthieu Matthieu 9, 9-13 ; Éphésiens 4, 1-7.11-13

Introduction

« Jamais ne manquent les témoins de cette joie au long des siècles… » Oui, on peut dire qu’à sa manière, Matthieu a été un témoin de la joie de Dieu, en nous laissant son évangile. Un évangile bien enraciné dans le 1er testament (comme nous le verrons dans le passage d’évangile d’aujourd’hui, où il cite le prophète Osée), mais rayonnant d’une nouveauté qui révèle en Jésus le Fils bien-aimé du Père et le Serviteur. Il ouvre l’accès de la Bonne Nouvelle aux exclus de la société, pécheurs et gens peu fréquentables, mais aussi à toutes les nations. Si Matthieu l’évangéliste est le publicain de Mt 9,9, on peut dire qu’l a converti ses talents de comptable en talents de conteur, qu’il a mis son intelligence au service de la Parole de Dieu et nous lui en sommes reconnaissants !

 

Commentaire des lectures

Matthieu 9,9 : c’est facile à retenir ! Un seul verset et tout est dit de la vocation de Matthieu le publicain. Un seul verset, mais riche de sens, riche comme l’était Matthieu. Verset très bref, où tous les mots comptent. Jésus est en marche : il passe d’un lieu à l’autre. Il passe devant un bureau et voit cet homme qui est assis / vissé sur sa chaise. Il lui dit : « accompagne-moi, viens avec moi » ; et l’homme aussitôt « s’étant mis debout », se met à l’accompagner. Le verbe « s’étant mis debout » (anastas) est l’un des verbes pour dire la résurrection.

 

Avant de voir la suite, voyons ce qui précède ce verset : c’est l’épisode de la guérison du paralytique. Là, un homme était couché, incapable de bouger. Et Jésus lui dit « lève-toi… et marche ! » En disant « lève-toi », il utilise l’autre verbe qui désigne la résurrection (egeirô). Nous avons donc ici deux épisodes de résurrection, toutes les deux déclenchées par une parole de Jésus. Un souffle de résurrection, de renouveau, accompagne le passage de Jésus. Pour ceux qui en bénéficient, il y a un avant et un après, une transformation radicale qui s’exprime par un changement de posture, un passage de l’immobilité au mouvement, de la position couchée ou assise à la marche.

 

Vient ensuite le récit du repas que Jésus prend avec les publicains et les pécheurs. C’est un beau prolongement de la vocation de Matthieu. Là, les convives sont assis. Mais la marche se poursuit… dans la tête. En effet, elle doit se produire dans la tête (et dans le cœur) de l’assistance. Car il y a les autres, ceux qui observent la scène et qui font leurs commentaires.  Des scribes qui assistaient à la scène avec le paralytique marmonnaient : « celui-là blasphème ! », parce que Jésus avait dit « tes péchés sont pardonnés ». Des pharisiens qui voient Jésus faire la fête avec les publicains et les personnes non fréquentables disent aux disciples de Jésus : « pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »

 

Pourquoi les pharisiens posent-ils la question aux disciples et pas directement à Jésus ? D’autant plus que les disciples sont incapables de répondre et que c’est quand même Jésus qui entend la question et qui répond. Il y a là, sans doute, le reflet littéraire de tout un débat intérieur qui se joue aussi dans le cœur des disciples. Les pharisiens disent à haute voix ce que les disciples pensent peut-être tout bas. Pensez donc : parmi ces disciples, il y a Pierre et André, des pêcheurs du lac de Galilée, des hommes qui ont dû trimer pour gagner leur pain et qui doivent détester, profondément, les publicains… Mine de rien, quand l’évangéliste écrit que Jésus était à table avec ses disciples et avec les publicains, cela devait représenter une fameuse conversion dans le cœur des disciples. Comment Pierre a-t-il pu s’asseoir sans réticence à la même table que Matthieu ?

 

Jésus répond en citant le prophète Osée. Il introduit sa réponse par les mots : allez apprendre ce que signifie la parole… ». Il vaudrait mieux traduire : « vous étant mis en route, apprenez ce que signifie etc », ou « avancez et apprenez… (poreuthentes mathete). Il les invite donc à un déplacement, une mise en route, une sortie de l’immobilisme. « Bougez-vous » … Ce n’est qu’en sortant des idées toutes faites et des jugements hâtifs qu’ils pourront comprendre. Apprenez … Ce verbe est le verbe du disciple et il est très important chez Matthieu. Pour apprendre, il leur propose de prendre appui sur une parole d’un prophète du 1er Testament : il les rejoint sur leur terrain pour leur ouvrir le cœur à une meilleure compréhension de leur propre foi. Tout Matthieu est là.

 

Et nous ? En recevant l’évangile de Matthieu, nous pouvons aussi nous mettre en route, ne pas rester assis ni couchés, mais marcher. Marcher avec Jésus, à ses côtés, comme le suggère le verbe de la vocation de Matthieu. Nous mettre à l’écoute des paroles de l’écriture, puis mettre nos talents au service de l’évangile, selon la mesure de la grâce que Dieu distribue à chacun, comme le suggère la lettre aux Éphésiens.

 

Conclusion

Seigneur, tu n’es pas venu pour appeler des justes, mais des pécheurs… fais de nous tes disciples, ressuscite-nous, envoie-nous proclamer l’évangile à toutes les nations, afin que la Bonne Nouvelle parvienne aux extrémités du monde, et change les cœurs ! Toi qui…

Sr Marie-Raphaël le 21 septembre 2020

dimanche 20 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e dimanche A Matthieu 20, 1-16

Homélie

Frères et sœurs,

-Le Royaume des cieux est comparable à, voilà une petite phrase qui est comme un refrain dans l’Évangile de Matthieu, et on pourrait jouer à qui retrouve le plus de comparaisons : le Royaume des cieux est comparable à un trésor dans un champ, à un négociant en perles fines, à un filet que l’on jette dans la mer, à un roi qui règle ses comptes avec ses serviteurs, à un roi qui célèbre les noces de son fils, à dix jeunes filles invitées à des noces, à un homme qui part en voyage et puis, aujourd’hui,  la Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sort embaucher des ouvriers à sa vigne. C’est comme si, pour dire le Royaume des cieux, il fallait l’approcher par différents côtés à la fois, pour comprendre peu à peu en quoi il consiste et de quoi il retourne.

-Alors, puisqu’aujourd’hui, le Royaume des cieux est comparable à un maître de vigne regardons-le ce maître pour comprendre ce que Jésus essaie de nous dire.

-D’abord, ce maître, nous le voyons embaucher des ouvriers non pas une fois, ou deux, mais cinq fois, tout au long de la journée en fait, depuis tôt le matin jusque peu avant le coucher du soleil. Qu’est-ce que cela nous évoque, à quoi cela nous fait-il penser ? Un maître de vigne qui, depuis la naissance du jour jusqu’au coucher du soleil sort sur la place pour appeler à sa vigne sans se décourager, encore et encore ; c’est comme si, pour ce maître, appeler, donner l’occasion d’être embauché était le plus important, était son vrai but. N’oublier personne, ne laisser personne en arrière, donner à chacun la possibilité de répondre à l’appel, que ce soit à la première heure de la journée ou à la dernière heure au moment où tout espoir de trouver du travail semble perdu. Qu’est-ce que cela pourrait vouloir nous dire du Royaume des cieux ?

-Et puis, il y a cette manière étrange de rétribuer les ouvriers qui semble défier les lois du l’économie. Donner le même salaire à ceux qui ont travaillé une heure seulement, qu’à ceux qui ont travaillé toute la journée. N’est-ce pas injuste ? Du point de vie économique, sans doute, mais quand il s’agit du Royaume des cieux, qu’est-ce à dire ?

-Prenons un exemple. Nous savons tous qu’une des choses qui donne le plus de sens à la vie, c’est de rencontrer l’amour, l’amour de sa vie ! Et nous savons bien que beaucoup, pour ne pas dire tous, cherchent, espèrent, attendent, de trouver l’amour qui va transfigurer la vie, et combien il manque quelque chose à l’existence tant que la vraie rencontre n’a pas eu lieu. Et quand elle a lieu, alors, précisément, la vie trouve soudain et en une fois tout son sens, les questions existentielles trouvent une réponse, et la vie prend un goût à nul autre pareil. La personne qui vit cette rencontre décisive change. Elle s’épanouit, prend de l’assurance, et tout semble s’ordonner, s’orienter : elle sait désormais pourquoi elle vit.

-Mais, remarquez-le, c’est là le point, que cette rencontre décisive ait lieu à 16 ans, à 25 ans, à 40 ans ou à 60 ans, le résultat est le même. La vie trouve d’un coup tout son sens dans l’amour vécu et partagé. La seule différence, c’est le temps passé à vivre de cet amour : toute la journée à la vigne ou seulement la dernière heure. Mais le salaire est le même : une vie pleine de sens et entière.

-Ainsi en va-t-il du Royaume des cieux et de la rencontre avec Dieu. Que j’ai la chance de découvrir l’amour de Dieu et son appel pour moi à 6 ans, à 15 ans, à 50 ou sur mon lit de mort, le résultat, le salaire, est le même. Ma vie est transfigurée, elle reçoit tout son sens, elle reçoit sa plénitude de cette rencontre. La différence, c’est que les premiers auront eu la chance de vivre de cette plénitude toute la journée à la vigne, alors que les derniers ne l’auront vécu qu’une heure. Mais tous auront le même salaire : la joie de connaître enfin la vie en plénitude et la communion avec Dieu, de connaître et d’entrer dans le Royaume. Marie et le bon larron réunis sur la même ligne d’arrivée. La joie du Royaume des cieux.

-Dieu ne cesse de sortir sur les places pour appeler et embaucher, toute la journée. À chaque heure du jour et de la vie. Certains l’y croisent plus tôt que d’autres. Mais tous son embauchés et tous reçoivent le même salaire, le fruit de la rencontre, la plénitude de la vie qui ne se compare pas et ne se mesure pas, mais se reçoit. Alors, si nous-mêmes nous avons déjà fait cette rencontre, d’une manière ou d’une autre, ne cessons pas de rendre grâce pour la chance que nous avons de pouvoir passer le reste de notre journée à la vigne, et de nous réjouir de tous ceux qui nous y rejoindront, tôt ou tard, jusqu’à la 11ème heure. Amen.

Père Paul Malvaux, jésuite, Hurtebise le 20 septembre 26

samedi 19 septembre 2026

Liturgie de la Parole 24e samedi TO-II Luc 8, 4-15 ; 1 Corinthiens 15, 35-37.42-49

Introduction

Vous croyez en la résurrection ? en la vie plus forte que la mort ? en ce lent cheminement, en ce lent murissement qui nous conduit vers la plénitude du Royaume ? c’est bien de cela que parlent les lectures d’aujourd’hui, comme merveilleux prélude de la célébration du Jour du Seigneur qui va s’ouvrir avec les vêpres ce soir. Jour du Seigneur, jour du Ressuscité, car c’est lui qui est capable de mettre en nous cette puissance de vie, si du moins nous l’accueillons ! Prenons donc le temps d’entrer en cette célébration, en cette liturgie de la Parole, le cœur ouvert, laissons-nous imprégner par l’Esprit de Dieu, qu’il nous conduise à la vie éternelle.

 

Après l’Évangile

Dans les deux lectures du jour, il est question de semence. St Paul utilise l’image de la semence qui meurt en terre, pour porter du fruit. Il essaie ainsi de nous dire le chemin qu’il nous faut prendre pour passer de cette vie terrestre à la vie éternelle : la vie éternelle est déjà en nous, elle se dit en notre corps, lieu-attestation de notre présence au monde, et un jour viendra où cette vie quittant ce corps recevra présence nouvelle, en un corps ressuscité. Tout cela est discours balbutiant. St Paul et tous ceux qui à sa suite ont tenté de dire la résurrection, se sont heurtés aux limites de notre vocabulaire, aux limites de notre entendement. La résurrection est partie de notre credo, elle nous ouvre une espérance, mais elle demeure pour une large part une inconnue en sa concrétisation, si ce n’est qu’elle s’appuie sur la vie de Jésus, aujourd’hui ressuscité.

Alors st Paul nous invite à la foi. Il nous invite par-là à prendre au sérieux notre vie terrestre, car elle prépare notre vie éternelle. Elle l’inaugure en fait. Elle est la vie spirituelle en germe, en semence.

Dans l’évangile Jésus nous parle du Royaume en termes de semence, semée largement dans le champ de nos vies. A ses disciples il explique : la semence c’est la Parole de Dieu. Nous pouvons entendre : la semence c’est Jésus, parole de Dieu, semée en notre monde, en notre vie. Car à force de lire les textes sans les lire vraiment, on fait des mélanges entre les paraboles, et on mémorise, la semence est la Parole de Dieu, le semeur c’est le Christ… et bien ce n’est pas ce que Jésus dit dans la présente parabole. Ici, il dit la semence c’est la Parole. Et il ne précise pas qui est le semeur. Alors j’entends : la semence c’est la Parole de Dieu, c’est Jésus, le Verbe de Dieu. Et alors le semeur… je devine, je soupçonne la présence du Père qui envoie son Fils, qui donne son Fils, qui le confie à notre terre, sans réserver le don de son Fils aux seules bonnes terres. Non, c’est clair, le Père envoie son Fils pour tous et toutes. Alors voilà, quand Jésus vient en nos vies, que rencontre-t-il ? tantôt de la rocaille, tantôt des épines, tantôt une bonne terre. Et la parabole m’interroge sur l’accueil que je fais à Jésus en ma vie…

Dis-moi, Jésus est-il en toi, semence de vie ? es-tu d’accord qu’il puise en ta vie, la sève qui lui permettra de grandir en toi, de faire de toi, un nouveau Christ ? es-tu d’accord que c’est le Christ qui est la semence en toi ? et que c’est le Christ qui en toi peut, si tu l’accueilles, porter son fruit de vie pour le Royaume ? C’est bien plus que de consacrer quelques instants chaque jour à écouter la Parole… es-tu d’accord que le Christ fasse de toi, le lieu où il prend racine, pour déployer sa vie ?

Prenons le temps d’accueillir Jésus Ressuscité en nous, laissons-le au fil du temps, nous montrez les pierres et les ronces qu’il nous faut enlever, pour qu’il puisse s’épanouir totalement, Christ ressuscité, aujourd’hui vivant en nos vies. 

 

Invitation à la prière du Notre Père

Père, béni sois-tu pour ton Fils, Jésus, ta Parole vivante, semence déposée en la terre de nos vies. Par lui, nous vient le salut. Avec lui, nous voulons te prier : …

 

Prière conclusion[1]

Seigneur, en cette célébration de la Parole, la vie du Christ vient germer et grandir en nous. Nous t’en rendons grâces. Que nos vies deviennent de plus en plus une terre féconde pour qu’elles donnent au centuple des fruits d’amour, de justice et de paix, par Jésus ton Fils, notre Seigneur

Sr Myrèse le 19 septembre 2020



[1] Cfr Feu Nouveau 2020