mercredi 1 avril 2026

Liturgie mercredi saint Matthieu 26, 14-25 ; Isaïe 50, 4-9a

Méditation

Le texte d’Isaïe que nous venons d’écouter est le seul qui soit lu deux fois chaque semaine sainte : c’est en effet la première lecture du dimanche des Rameaux et de la Passion ainsi que du mercredi saint !

C’est un très beau texte, mais il contient une phrase qui m’a toujours posée problème et sur laquelle je voudrais partager avec vous aujourd’hui.

J’ai rendu ma face dure comme pierre ! Quand je lis cela, je pense à un visage impassible, dur, sévère. Mais en y réfléchissant, ce n’est pas forcément cela ! Il existe des statues au visage très expressif. Si j’applique cela à Jésus comme le suggère la liturgie, comment essayer de comprendre ?

Devant l’opposition rencontrée le Serviteur rend sa face dure comme pierre pour ne pas être dégradé par les traitements subis. Une pierre ne s’érode pas facilement. Pour ne pas être confondu, pour ne pas perdre son identité, le Serviteur cherche une force intérieure qui le maintient sur le chemin. Quelle est cette force ? Il vient de le dire : il a reçu du Seigneur le langage des disciples pour soutenir celui qui est épuisé ; chaque matin le Seigneur éveille son oreille pour qu’il écoute en disciple. Et lui ne s’est pas dérobé. Le Seigneur son Dieu vient à son secours.

Comment ? Il ne le sait pas. Mais cela est pour lui un roc sur lequel s’appuyer pour continuer. Le début du Psaume 17 le chante très bien :

Je t’aime, Seigneur, ma force :

Seigneur, mon roc, ma forteresse,

Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,

mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

 Le Seigneur est son roc. C’est sur lui qu’il s’appuie et du coup la fermeté du roc, sa solidité, s’infusent dans le cœur du Serviteur, se transmettent à tout son être, apparaissent sur son visage, l’aident et le soutiennent dans l’épreuve.

 Il y a aussi une chose paradoxale : pour soutenir celui qui est épuisé, le Serviteur va passer par l’épreuve du refus, des outrages et des crachats. Autrement dit il va vivre l’épreuve avec et comme celui qui n’en peut plus, il va l’accompagner dans la souffrance. Il n’y a que Dieu pour agir ainsi, et les saints ! La certitude d’une Présence ou plutôt la confiance en cette Présence au cœur de l’épreuve est effectivement un soutien. « Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ? » Même si le Serviteur est condamné par les hommes, il ne l’est pas par Dieu ; même si la persécution aboutit à la mort, le Seigneur est là. C’est très difficile à vivre, mais pourtant cela change tout.

 Nous en arrivons à l’Evangile et à l’annonce de la trahison par « l’un de vous ». Le climat extérieur est tendu et voilà que le climat à l’intérieur du groupe des disciples se trouble. Ils sont tous « profondément attristés » et inquiets de ce qu’ils seraient capables de faire : trahir celui qu’ils aiment et suivent depuis trois ans ! « Ils se mirent à lui demander, chacun son tour : ’’Serait-ce moi, Seigneur ? ’’»

Oui, chacun de nous est capable de trahir le Seigneur… Et cela ne décourage pas Jésus, il célèbre la Pâque avec eux. Il déclare malheureux celui qui le trahira, il ne le rejette pas comme il ne rejettera pas Pierre après son reniement. D’une parole, d’un regard il soutient celui qui est épuisé par ce qu’il a fait, il le régénère en lui offrant encore et toujours son amour. « Il est proche, celui qui me justifie » disait le Serviteur. Il reste fidèle.

Vivons ces jours en nous appuyant sur le roc de l’amour indéfectible du Seigneur offert encore et toujours à celui, à celle qui l’accueille quoiqu’il ou elle ait fait. Saint Paul a écrit aux Romains : « Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » (Romains 5, 7-8).


Invitation au Notre Père

Père, Jésus, ton Serviteur, nous as aimés jusqu’à l’extrême et il a donné sa vie pour nous donner Ta Vie. Par Lui, avec Lui et en Lui nous te chantons avec un cœur de disciples la prière reçue de lui.

Sr Marie-Christine le 1er avril 26


mardi 31 mars 2026

Liturgie de la Parole mardi saint Jean 13, 21-33.36-38

Communion ?

Homélie

Il y a, dans l’Évangile de ce jour, une atmosphère étrange… comme un repas qui ressemble à tous les autres… et qui pourtant n’est plus tout à fait un repas comme les autres. Une table. Du pain. Des amis.
Et au milieu… un silence qui commence à peser. Jésus est là. Et il sait. Il sait que quelque chose est en train de basculer. Il sait que la Passion a déjà commencé… pas encore sur la croix, mais déjà dans les cœurs. Et puis, cette phrase étonnante : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Geste d’une proximité incroyable. Tremper le pain dans le même plat, c’est partager l’intimité, la confiance, l’amitié. C’est dire : « Tu es des miens ». Quand je suis en Inde et que nous fêtons l’anniversaire d’un enfant, il coupe le gâteau et vient déposer une bouchée de celui-ci dans la bouche de tous ceux qui sont là ; on dirait la communion. C’est un peu ce que Jésus fait. Chez Jean, pas de récit de la première eucharistie, mais le lavement des pieds et la « communion » à Judas, la communion avec Judas, que nous sommes chacune et chacun.

Et pourtant… c’est au cœur même de ce geste d’amitié, de communion intime que surgit la trahison. Cela nous trouble profondément. Parce que nous aimerions que le mal soit loin, clairement identifiable, avec une étiquette bien visible : “Attention : traître officiel”. Mais non. Le mal passe… par un geste familier. Et peut-être que cela nous rejoint. Parce que nos propres contradictions ne sont jamais très loin de nous. Nous pouvons aimer… et blesser. Être fidèles… et parfois nous dérober. Et là, Jésus ne fait pas un grand discours. Il ne dramatise pas. Il ne retient pas Judas. Il lui dit simplement : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Étrange parole. Comme si Jésus ne fuyait pas l’épreuve. Comme s’il ne cherchait pas à gagner du temps. Il ne dit pas : “Attends encore un peu…” Il ne dit pas : “Réfléchis…” Non. Il laisse la liberté aller jusqu’au bout. C’est vertigineux. Dieu respecte tellement notre liberté qu’il accepte même qu’elle puisse se tromper. Et Augustin écrit : « Dieu a jugé meilleur de tirer le bien du mal que de ne permettre aucun mal. » Autrement dit : même ce qui nous échappe, même ce qui nous blesse, même ce qui semble briser, Dieu peut encore en faire un chemin.

Et alors, Judas sort. Et l’Évangile ajoute simplement : « Il faisait nuit. » Phrase courte. Mais immense. Ce n’est pas seulement la nuit dehors. C’est la nuit dans un cœur. La nuit dans une histoire. La nuit dans le monde. Et si nous sommes honnêtes… nous connaissons un peu cette nuit. Ces moments où l’on ne comprend plus. Où tout devient flou. Où la lumière semble absente.
Mais ce qui est bouleversant… c’est que Jésus reste à table. Il ne fuit pas la nuit. Il ne s’en va pas. Il demeure.
Et pendant que Judas s’enfonce dans la nuit, Jésus parle… de gloire. « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié. » Franchement… ce n’est pas le moment qu’on aurait choisi. Nous, à sa place, on aurait plutôt dit : “Maintenant, tout s’écroule.” Mais Jésus dit :  “Maintenant, tout commence.” C’est cela, la logique de Dieu. Là où nous voyons une fin, Dieu voit un passage, une Pâque. Là où nous voyons une nuit, Dieu voit une aurore, la Résurrection, en train de naître.

Et même si, parfois, nous passons par la nuit… la nuit n’a jamais le dernier mot. Parce que, déjà, au cœur de ce repas troublé, quelque chose est en train de naître. Une lumière discrète. Une espérance fragile. Une victoire invisible.
Dieu est déjà en train d’accomplir son œuvre. Car avec lui, même la nuit devient un passage. Et même nos ténèbres peuvent, un jour, apprendre à laisser passer la lumière.

Belle et douce Semaine Sainte.

Pierre Hannosset le 31 mars 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/03/mardi-de-la-semaine-sainte-mettons-nous.html 

Liturgie Jeudi Saint

Méditation

je vous propose ce que nous avions préparé pour RCF en 2021. Voici le lien:  https://partage-de-lectio.blogspot.com/2021/04/blog-post.html 

 

lundi 30 mars 2026

Liturgie de la Parole lundi saint Jean 12, 1-11

« L’onction à Béthanie »

Méditation 

Six jours avant la Pâque ! L’heure s’est approchée ! Les autorités ont pris leur décision !
Jésus vint à Béthanie ! Le lieu de l’amitié et de la vie retrouvée !

La maison est remplie de monde : Lazare, Marthe et Marie, Jésus, ses apôtres … 
et de nombreux convives, ainsi que des Juifs curieux, de voir Lazare ressuscité.  

Jésus est au centre de l’événement : c’est en son honneur qu’est servi un bon souper.
Un peu aussi pour Lazare, quand même !

Prenons le temps de regarder la scène.
L’ambiance est d’une fraternité particulière. C’est vrai qu’autour d’un repas, il y a souvent quelque chose de mémorable ou … d’inoubliable.
Marthe est de service, comme toujours ! Mais cette fois, elle ne s’inquiète de rien, elle est sereine … heureuse de servir le maître !

Et toi Marie ! … Ton regard vagabonde sur chacun des convives qui festoie gaiement.
Les apôtres, insouciants, eux aussi, trinquent de concert. … La fête bat son plein !

Pourtant une tension secrète plombe déjà, cette belle convivialité. 
En effet, ton regard, croise celui de Judas. Seul, dans son coin, il rumine. 
Dans sa tête, se bousculent mille et mille reproches contre Jésus :
 « Puisqu’il se dit Fils de Dieu, pourquoi tarde-t-il à libérer le peuple de l’oppresseur Romain ???» Judas n’a rien compris à la mission de celui qu’il côtoie pourtant, depuis des mois. 
Muré dans son ressentiment, il fulmine même ! 


Marie, toi, tu as tout compris, ! …. Dieu est amour ! … Dieu est cet Amour immanent qui nous enveloppe tous, … oui, absolument tous ! De façon unique et personnelle, il nous enveloppe de sa bonté, de sa miséricorde, de sa fidélité, de sa grâce.
Un Amour qui coule de source, non éveillé par quelque chose de bon ou de beau.   
Non ! Un Amour jaillit en totale gratuité, en générosité ! 
La source, si souvent inconnue, de nos soifs, de nos élans, de nos générosités.

Marie, tu as fait l’expérience unique de ce Dieu d’amour. Tu as vécu, avec Jésus, une relation pure et vraie au plus profond de ton cœur, … une double expérience d’intimité et de transformation.
Alors, je comprends que tu pressentes dans ton âme l’ampleur du sacrifice qu’il s’apprête à faire. 
Tu as vu, ce que peut-être, d’autres n’ont pas vu : La douleur qui habite au plus profond du cœur de ton Seigneur !

Les yeux baignés de larmes, tu t’éclipses … Oui, c’est le bon moment ! … Tu le préparais depuis longtemps, ce moment, mais il fallait la bonne occasion !!!
Tu te tiens, maintenant, dans l’embrasure de la porte et tu les regardes festoyer. … 
Puis, …, le cœur battant, tu pénètres dans la salle. 
Tu protèges de tes mains un beau flacon de nard précieux, importé, sans doute, des profondeurs de l’Inde, et qui t’a demandé de nombreux sacrifices … 

Toute tremblante, tu t’approches de Jésus, tu brises le flacon et répands l’huile parfumée sur ses pieds. 
Tu t’abaisses et de ta chevelure, parure glorieuse de la femme, dans ta culture, tu les essuies. ….  

Ce geste, Marie, t’unit intimement au sacrifice de Jésus, anticipant le lavement des pieds, que lui-même, accomplira à l’égard de ses disciples. 

L’odeur délicieuse de ce nard capiteux se diffuse dans toute la maison … 
N’est-ce pas le signe que l’amour de Dieu atteint tous les hommes, dans le temps et l’espace, et quel que soit leur condition ?...
Les convives, eux, sont subjugués et la salle est devenue brusquement silencieuse.
    
Pas tout à fait ! Judas, dépité, n’a pas quitté son ressassement. Il murmure ! 
Oui, contre cette femme … mais surtout pour cet argent dépensé qu’il aurait voulu voir tomber dans sa poche, sous le prétexte des pauvres !!!!

 « Laisse-la ! »  …  Oui, Marie vient d’accomplir une onction !
Jésus accueille ce cadeau précieux, ce don inestimable et d’une grande portée. 
   En écho, il confirme la justesse de la clairvoyance de Marie : 
 « D’avance, tu as parfumé mon corps, pour mon ensevelissement ».


Notre Père

Rien n’est trop beau pour Dieu ! Cherchons et essayons de déceler, pour aujourd’hui, le don qui fera le plus plaisir à notre Père et prions-le.

Sr Anne-Françoise le 30 mars 26


dimanche 29 mars 2026

Liturgie de la Parole dimanche des Rameaux et le la Passion


Je vous propose ce que nous avions préparé pour RCF en 2021 

https://partage-de-lectio.blogspot.com/2021/03/dimanche-des-rameaux.html