Liturgie 25 juillet St Jacques Matthieu 20, 20-38 ; 2 Corinthiens 4,7-15
Homélie
Donc Jésus avait souvent parlé du
Royaume. Il en avait parlé avec des images, des paraboles qui se complètent. Il
en avait beaucoup parlé. Mais il avait aussi annoncé sa Passion, et juste avant
l’épisode que nous venons d’entendre, pour la troisième fois, il avait évoqué
que le Fils de l’homme serait livré et crucifié pour ressusciter le troisième
jour.
Ils ne devaient pas avoir compris
grand-chose !
La seule chose que Jacques et
Jean savaient sûrement, puisqu’ils marchaient vers Jérusalem et que Jésus
n’arrêtait pas de parler du Royaume, c’est que Jésus serait bientôt le Roi.
Ouh ! Alors il s’agit de réserver les deux postes à côté, à droite et à
gauche, le siège du grand Vizir et celui du grand Mufti. Alors ils envoient
Maman pour en parler avec Jésus. Madame Zébédée est en effet une femme
charmante et, parfois même charmeuse, et elle règlera ça pour eux. Voilà
qu’elle arrive et Jésus se doute bien qu’elle a quelque chose à lui demander :
« qu’est-ce que tu veux ? » Alors, Madame Zébédée dit
« Oui, Jésus, tu connais Jacques et Jean, ce sont des types très bien,
parfois un petit peu colériques, fils du tonnerre, j’en conviens, mais ce sont vraiment
des gens bien, les deux qu’il te faut pour siéger à ta droite et à ta
gauche ! » « Vous ne savez pas ce que vous demandez » dit
Jésus directement aux deux concernés. « Pouvez-vous boire la coupe que je
vais boire, pouvez-vous aller jusqu’au bout de l’amour, comme allez en être
témoins ? » Et ils disent avec une candeur, une naïveté qui est très belle
: « oh, oui, oui, oui, oui ! Nous le pouvons. » Ils n’ont
toujours rien compris. Alors Jésus fait cette prophétie : « oui,
effectivement, ma coupe vous la boirez. Quant à cette histoire de siège, ce
n’est pas le moment d’en parler. Cela viendra bien plus tard, et c’est
l’affaire du Père. »
Et l’Evangile continue :
« les dix autres qui avaient entendu s’indignèrent contre les deux
frères » Pourquoi est-ce qu’ils s’indignent ? C’est très simple :
parce qu’ils avaient pensé exactement la même chose ! Et les voilà qu’ils
se font « griller » par Jacques et Jean avec leur mère. Ils voulaient
aussi cette place-là ! Alors Jésus, vous l’avez entendu, met les pendules
à l’heure et renverse entièrement les perspectives qui étaient les leurs :
« celui qui veut devenir grand, qu’il soit votre serviteur, celui qui veut
être le premier, qu’il soit votre esclave ». St Matthieu met sur les lèvres
de Jésus, ce que St Jean mettra « en scène » avec le lavement des
pieds.
La scène que nous venons
d’entendre décrite par Matthieu est, j’en conviens, assez cocasse.
On peut en sourire, on peut
imaginer les différents protagonistes. Mais sérieusement : ne nous moquons
pas trop vite de Jacques et Jean, des dix autres, de Madame Zébédée.
Parce que nous aussi, qu’est-ce
qu’on en a compris du Royaume annoncé par Jésus ? Chaque jour, nous prions
le Père que son Règne vienne…
Mais sommes-nous si prêts à
l’accueillir ? Sommes-nous prêts à en être, par le Christ, avec lui et en
lui, les artisans ?
Il y a encore un long chemin à
parcourir avec Jésus, il y a encore bien des questions à lui poser, même
maladroitement, il y a encore bien des incompréhensions à clarifier, avant que
nous saisissions, que le Royaume de Dieu, si caché, est aussi si présent, car
si proche de nous.
À suivre…dans l’Evangile de
demain.
Amen
Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le
25 juillet 26