jeudi 30 juillet 2026

Liturgie 17e jeudi TO-II Matthieu 13, 37-53 ; Jérémie 18, 1-6

Méditation

L’Evangile de ce jour est en partie ce lui de dimanche dernier… Je m’en suis aperçue alors que j’avais déjà avancé dans ma réflexion. De plus Mgr Jean Kockerols l’a commenté. J’étais tentée de me taire. Mais comme l’Ecriture est inépuisable et que j’étais partie sur une autre piste, je vous livre tout de même ma méditation.

L’expérience que fait Jérémie à la maison du potier est parlante : il doit commencer par se lever, sortir de chez lui et descendre. Il observe en silence puis le Seigneur lui parle. La parole du Seigneur est une bonne nouvelle : vous m’avez fait échec par votre conduite, je change mon plan et suis prêt à tout recommencer avec vous, autrement, pour que vous deveniez de plus en plus la maison d’Israël ! Je veux vous façonner comme maison. Une maison dans l’antiquité est constituée de l’ensemble des personnes qui l’habitent et collaborent pour qu’elle tourne. Chacun, chacune y a sa place, son rôle à jouer.

Ce passage de Jérémie complète bien l’Evangile. D’abord, dans ce filet, il y a toutes sortes de poisson. Pas d’uniformité, mais une grande diversité. Chacun est unique et cela ne gêne pas du tout le Seigneur. Ce qu’il regarde c’est le cœur. Alors à première lecture, je me suis dit : le Seigneur rejette ce qui ne vaut rien. D’autant que ce qui est traduit par « ce qui ne vaut rien » signifie plutôt « pourri » ! Alors, échec ?

Oui nous pouvons mettre le Seigneur en échec, nous pouvons le rendre impuissant. Si c’est pourri, on ne peut vraiment rien faire… sauf prévenir avant que la situation soit telle. Et c’est que fait Jésus.

Comme dans Jérémie, il y a une invitation à la conversion : à la fin du monde, les méchants, qui jusque-là étaient mêlés aux justes, en seront séparés et jetés dans la fournaise.

Mais si le Seigneur prévient… c’est pour qu’il n’en soit pas ainsi, pour que chacun puisse se convertir, rejeter le mal et choisir le bien.

J’ajoute une petite note : ce qui est pourri et donc rejeté, va continuer à pourrir et finalement va se transformer en compost… qui fécondera la terre. Intolérable si nous le regardons comme concernant des personnes, ce verset devient source de vie et Bonne Nouvelle si nous regardons tout ce qui, en nous, nous « pourrit la vie » comme on dit parfois : le Seigneur en tirera quelque chose… laissons-lui, laissons-nous, le temps ! Gardons confiance !

 

Puis Jésus termine par une petite question à ses disciples « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondirent : « Oui ». »

J’ai envie de dire : ils ont bien de la chance d’avoir compris tout cela !

Mais Jésus ne les détrompe pas, il ajoute une petite parabole.

Que pourrait-il bien vouloir dire avec cette histoire du scribe ?

Déjà, ce scribe a un trésor en lui. Ce trésor n’est pas figé, statique, mais divers, vivant, agissant. Le scribe est en effet l’homme de la Parole : il passe son temps à la lire, à la transcrire, à la commenter. Il ne cesse de s’en nourrir : il y a donc en lui du neuf qu’il vient de recevoir (le long discours des paraboles), et de l’ancien, qu’il a au fond de lui-même (tout ce qu’il a déjà entendu et vu). Tout cela se « combine » et fait de lui de plus en plus un disciple du Royaume des Cieux.

C’est peut-être comme si Jésus disait à ses disciples : Oui, vous avez compris, mais ne cessez pas de chercher à comprendre. Parce que ce trésor de la Parole est tellement riche que vous ne l’épuiserez pas, au contraire, plus vous y puisez, plus il se renouvelle et vous renouvelle.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur comme un potier tu veux nous façonner à ton image et à ta ressemblance. Quand nous nous éloignons de ton projet d’amour, tu restes fidèle. Par le Christ et dans l’Esprit que nous annoncions ta miséricorde en priant le « Notre Père »

Sr Marie-Christine le 30 juillet 26

mercredi 29 juillet 2026

Liturgie de la Parole 29 juillet Sts Marthe, Marie et Lazare Jean 11, 19-27 ; Genèse 18, 1-6.8

Les amis du Seigneur
Méditation

Deux récits qui ne font pas l’apologie de la souffrance mais celle de la Vie.

Ce qui trouve un écho en moi dans ces récits est cette part d’hospitalité qui est à la fois un accueil et une disponibilité à l’Autre et pour l’Autre.

Je perçois alors la nécessité d’un éveil, une écoute, pour une découverte au cœur de notre être d’une présence bienveillante de Quelqu’un qui me veut du bien.

Si « l’ordinaire » des jours ordinaires nous ouvre à cette disposition hospitalière, je dois bien reconnaître que le plus souvent, les événements imprévisibles et surprenants de la vie dilatent notre cœur par le biais d’émotions fortes, douloureuses ou joyeuses. Il arrive parfois qu’une ouverture à l’écoute et l’hospitalité se manifeste de façon pressante.

L’histoire biblique vient ici révéler nos histoires humaines. En même temps, elle nous enseigne des attitudes que je relève de manière succincte :

-        Abraham est assis à l’entrée de la tente. Il voit trois hommes qui se tiennent debout près de lui.

Marthe et Marie sont assises dans la maison.  Jésus est debout. Il s’approche, il arrive.

-        Ce qu’Abraham voie, ce sont trois hommes dont l’un qui lui parle divinement bien.  C’est le Seigneur.

-        Marthe et Marie voient Jésus, leur ami, un homme qu’elles aiment et sur qui elles comptent beaucoup. Marthe perçoit qu’il y a du divin en Jésus et le reconnaît « Fils de Dieu »

-        Abraham court à leur rencontre : « il vit et il courut. » Il y a un empressement.

Quand Marthe apprend que Jésus arrive, elle va à sa rencontre. Puis elle annonce la nouvelle à Marie qui, à son tour, se lève bien vite et va vers lui.

-        Abraham se prosterne à terre

Marie tombe aux pieds de Jésus

-        Abraham dit : Je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux

Marthe et Marie disent, chacune à leur tour : Seigneur, si tu avais été ici, si tu avais été là… mais je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.

C’est le même empressement, le même respect, le même désir qui président aux deux destinées. Il y a une hospitalité, un accueil à une promesse de vie.

Cela part de deux situations désespérées.

-        D’une part, Abraham et sa femme sont désespérés et résignés, vu leurs âges, à l’idée de ne pas avoir d’enfant. C’est une forme de deuil à traverser.

-        D’autre part, Marthe et Marie sont confrontées à la mort de leur frère Lazare. C’est le deuil d’une séparation humaine douloureuse.

J’aime assez ces récits parce qu’ils nous parlent d’expériences humaines qui viennent tous et toutes nous impacter à un moment ou l’autre de notre existence.

Cette réalité humaine est manifestée par l’ambivalence des attitudes vécues : d’une part la douleur et d’autre part « la force de vie » qui se donne au cœur « ouvert » et « hospitalier ». Je crois que ce chemin de l’hospitalité donne à découvrir ce qui commence à apparaître au-dedans de nous : l’espace pour Quelqu’un d’autre. Le temps de l’épreuve et de la séparation peut se révéler être le temps du développement et du mûrissement en soi d’une Présence.

Il faut vivre ces expériences pour que des ténèbres jaillissent la Lumière. Il faut une expérience suffisamment forte pour croire que Quelqu’un me garde, que Quelqu’un prend soin de moi et me veut du bien.

En voyageant ces deniers jours sur les pas d’Etty Hillesum que beaucoup d’entre vous connaissent, j’ai vécu beaucoup d’émotions, touché que j’étais par l’accueil qu’elle offrait à Celui qu’elle ne connaissait pas et qu’elle appelait Dieu. Juive, brimée comme l’ensemble de ses congénères, déportée à Westerbork puis à Auschwitz pour être gazée, elle ne dit pas : « Si tu avais été là ». Elle dit :

« Mon Dieu, assiste-moi, donne-moi ta force. Prends-moi dans ta grande main et fais de moi ton instrument. »

L’impulsion religieuse de s’agenouiller, le visage caché dans les mains, était plus forte qu’elle. C’étaient les seules manières d’écouter les sources cachées en elle. Elle devait rester en contact avec le « courant souterrain » en elle. Elle avait appris à écouter au plus profond de soi ; à se laisser guider, non par des incitations du monde extérieur, mais par une urgence intérieure. 

Elle se persuadait qu’il n’y avait d’autre réponse à la terreur que de suivre le chemin vers l’intérieur et d’éradiquer la haine là où elle prenait naissance. :  dans le cœur des hommes, à commencer par le sien propre. C’est tellement facile aussi ce désir de vengeance.  Cela ne nous apportera rien, la haine et la vengeance ne peuvent être la solution.    Il n’y a d’autre chemin que celui de l’amour… « Mon Dieu, je continue à tout regarder en face, je ne me sauve devant rien, je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j’essaye toujours de retrouver la trace de l’homme dans sa nudité, sa fragilité ; retrouver la trace de cet homme bien souvent introuvable parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes »

Une chose est sûre, écrit Etty, il faut contribuer à agrandir les réserves d’amour sur cette terre. Chaque petite portion de haine que l’on ajoute aux haines déjà bien trop nombreuses rend ce monde encore plus inhospitalier et invivable.

Je ne me sens entre les griffes de personne, je me sens seulement dans les bras de Dieu.  On pourra peut-être me briser physiquement, mais c’est tout.

« Je te remercie de me donner parfois ce sentiment de dilatation, qui n’est rien d’autre que le sentiment d’être pleine de toi. »

« Quand on a une certitude nouvelle dans sa vie il faut lui donner un abri, lui trouver une place.

Sur les paroles tirées de la Bible et quelques paroles du témoignage de vie d’Etty Hillesum sur sa manière de vivre l’hospitalité, je vous souhaite une bonne méditation.

 

Invitation au « Notre Père »

Toi qui es bon, qui nous relèves et nous donnes vie, tu es plein d’amour pour ceux qui t’appellent.  Ecoute notre prière, Seigneur, entends nos voix qui te supplient.

Raymond le 29 juillet 26

mardi 28 juillet 2026

Liturgie de la Parole 17e mardi TO-II Matthieu 13, 36-43 ; Jérémie 14, 17-22

Introduction

Bonjour à chacun, à chacune ! Sommes-nous en carême ? Le texte de Jérémie pourrait nous le faire penser ! Mais n’est-ce pas tous les jours qu’il nous faut reconnaître nos fautes, nos dérapages, nos manques d’amour, et en demander pardon ? Implorer la miséricorde du Seigneur, en s’appuyant, non sur nos soit disant mérites, mais sur son Alliance et sa fidélité !

L’Evangile va dans le même sens quand Jésus nous montre à quel point le blé et l’ivraie sont mêlés et inséparables avant l’heure choisie par Dieu. Nous le sentons bien en nous-mêmes !

Prions le Dieu de miséricorde en notre nom, au nom de l’Église et du monde.

 

Méditation

Nous venons d’entendre l’explication de la parabole de l’ivraie dans le champ, mais la parabole nous aurions dû l’entendre samedi si nous n’avions pas fêté saint Jacques. Cependant nous l’avons écoutée il y a 8 jours, le 16ème dimanche.

Le Père Radermackers traduit «  la belle semence » : non seulement elle est bonne, mais aussi belle. Et c’est normal puisque ce bon et beau grain est semé par le Fils de l’homme, Jésus lui-même dont saint Pierre a si bien dit « Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui » (Actes 10,38) et j’ajoute : « et lui avec Dieu », ils sont inséparables. Cette belle semence : elle est unique, c’est la vie semée dans les cœurs par le Fils de l’homme ; elle rend ceux qui la reçoivent fils du Royaume de leur Père

L’accueillir et la laisser croître en nous, rend bons et donc belles, beaux. Oui la bonté rend belle, rend beau ! Ce n’est pas de l’esthétique mais de la lumière. La dernière phrase de notre évangile est si vraie et encourageante « les justes (les bons, car comment être juste, ajusté au Seigneur sans être véritablement bon) resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père ». La beauté du visage, nous en avons des exemples en tête et devant nous ! Ils resplendissent !

Et pourtant il y a « les ivraies »comme traduit le Père Radermackers, elles sont là, en nous, et dans le monde. Elles aussi ont une force de croissance, elles nous contrarient, nous empoisonnent l’existence, nous voudrions bien les arracher et en être définitivement débarrassés ! Le pluriel manifeste que ce sont multiples et variées mais toujours forces de divisions, de zizanies comme traduit le latin. Zizanies, ce mot si expressif !

Nous le sentons bien notre cœur divisé, (voir Romains 7,18b-19). Nous nous prenons en flagrant délit : pas de découragement ! Tournons-nous vers le Seigneur : « qui regarde vers lui resplendira » dit le Psaume 33. Crions vers lui comme avec le psaume qui accompagne la lecture de Jérémie :

Que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !

 

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !

Pour la gloire et la cause de ton nom, viens nous ajuster à toi Seigneur. Viens resplendir en nous, viens unifier notre cœur ! Viens changer les ivraies en beau grain du Christ.

 

Introduction au Notre Père

« Le Royaume de leur Père » …Seigneur Jésus en parlant ainsi, tu nous invites à une relation de proximité avec ton Père et notre Père, à une tendresse confiante. Appuyés sur toi nous osons redire avec toute l’Église…

 

Oraison de conclusion

Seigneur Jésus n’arrête pas l’œuvre de tes mains dans tous les cœurs ! Que ton Esprit unifie ce qui est divisé, redresse ce qui est tordu, lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, rende droit ce qui est faussé… et change les ivraies en beau et bon grain de la vie avec le Christ. Toi notre Seigneur et notre Vie qui règnes avec le Père et l’Esprit pour les siècles des siècles. Amen

Sr Marie-Christine le 28 juillet 2020

lundi 27 juillet 2026

Liturgie de la Parole 17e lundi TO-II Matthieu 13,3-35 ; Jérémie 15, 1-11

Homélie

-Il y a parfois des « clash » liturgiques, entre les lectures du lectionnaire du dimanche, en trois années, et l’Evangile de la semaine. Donc on a réentendu l’Evangile qu’on avait déjà entendu dimanche, il y a huit jours, et sur lequel j’ai un peu prêché hier. Donc Soeur Marie-Christine, sur le blog où vous mettez les commentaires, vous mettez : voir homélie de hier !

-Cette coïncidence m’oblige à… - parce que comme je suis bavard, il faut bien que je dise quelque chose - à me pencher sur la première lecture, le prophète Jérémie, avec cette image, cette parabole très amusante, très curieuse, de la ceinture de lin. La ceinture de lin que le prophète est invité à aller cacher dans le creux du rocher et qui finit par pourrir, à cause de l’eau de l’Euphrate qui l’a imbibée. L’image que le Seigneur utilise, par son prophète Jérémie, pour dénoncer, dénoncer les peuples d’Israël qui se compromettent au contact d’autres religions, en l’occurrence celles des babyloniens. Ils se sont laissés contaminés, ils ont ainsi perdu leur identité, ils sont devenus idolâtres. La ceinture de lin est pourrie.

-Alors, aujourd’hui, risquons-nous encore de pourrir, de devenir, idolâtres au contact d’autres religions ? C’est une question à se poser. Peut-être, oui peut-être. Mais, par rapport à la prophétie de Jérémie, j’ai quand même envie d’ajouter : ce contact avec d’autres religions, le concile Vatican II l’a d’abord inscrit dans le registre du respect, de la rencontre et du dialogue.

-Le respect, en particulier, parce que, à y regarder de plus près, dit le concile, les autres religions portent en elles des « semences du Verbe ». On y discerne ce que le concile a appelé des « pierres d’attente de l’Evangile ». Et serait-ce en vertu de ces pierres d’attente de l’Evangile, les autres confessions, les autres religions méritent le respect. Elles témoignent aussi d’une quête de Dieu.

-Mais, au-delà du respect, il y aussi une invitation du concile à la rencontre et au dialogue, et à être ainsi ensemble religions pour la paix sur cette terre.

-C’est ce qui s’est passé ce week-end à St Etienne du Rouvray, près de Rouen, lors de la commémoration de l’attentat du P. Jacques HAMEL par deux terroristes islamistes. C’était il y a 10 ans, jour pour jour. Eh bien, ce week-end, chrétiens et musulmans se sont rencontrés, à l’occasion de cette commémoration, sans craindre que leur propre « ceinture de lin » en pâtisse. Et ils se sont rencontrés. Et ils nous invitent, nous aussi, lorsque l’occasion se présente, de rencontrer celui qui professe une autre religion.

-Se rencontrer, pour se parler. Se parler, pour se connaître. Et se connaître, pour apprendre à s’aimer, ensemble sous le regard de Dieu. Fratelli Tutti. Tous frères et sœurs. Amen

Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 27 juillet 26

dimanche 26 juillet 2026

Liturgie 17e dimanche A Matthieu 13, 44-52 ; 1 Roi s3,5.7-12 ; Romains 8,28-30

Homélie

-Nous sommes tous passés par là, comme le petit enfant qui est assis là. On est tous passés par là, par cet âge béni de l’enfance, où, comme tout enfant, nous interrogions nos parents ou nos grands-parents : « Papa, c’est quoi ça ? Maman, ça veut dire quoi ça ? Bon-Papa qu’est-ce que c’est ? » Le bel âge de l’exploration du monde.

Certes, de temps à autre, papa ou maman, bon-papa ou bonne-maman est un peu ennuyé et répond : « ça tu comprendras ça plus tard. »

-En apprenant à prier, l’enfant à le droit de demander : « ça veut dire quoi, Père, que ton Règne vienne ? » Un règne, un royaume c’est quoi, c’est pour quoi ?

-Les apôtres ont dû poser cette question à Jésus - lui qui commence sa mission avec cette première parole : « Le Règne de Dieu s’est approché » (Marc 1,15). Si souvent Jésus va parler du Royaume.

-Jésus répond à la question des disciples « c’est quoi ? » il répond à ses disciples comme dimanche dernier, rappelez-vous, nous l’entendions nous dire : le Royaume, c’est comme un ferment dans la pâte, le levain, c’est comme une graine de moutarde, ou encore comme la mauvaise herbe, la zizanie, qui surgit dans un champ (sans pesticides). Jésus aujourd’hui dans l’Evangile répond : le Royaume, c’est comme un trésor, un trésor caché qu’on découvre. C’est comme une perle si belle, si magnifique qu’on donnerait tout pour l’avoir. Ou encore c’est comme un filet, un filet de pêche, où on attrape des beaux poissons et puis aussi des menus fretins. Et puis, il faudra un jour enlever ces menus fretins pour ne garder que le beau, le bon, le vrai. Ou encore le Royaume c’est si précieux. C’est le même ce que demande Salomon dans sa prière : le discernement et le cœur attentif et tout le reste, c’est, comme on dirait à Bruxelles, c’est du brol. Tout ce qui est précieux, tout ce qui est rare, tout ce qui est si beau Jésus le met en consonnance avec « c’est quoi le Règne ? C’est quoi le Royaume ? »

-« C’est comme…, c’est comme ci, c’est comme ça » … « Oui mais Jésus, maintenant, sérieusement, en fin de compte, c’est quoi ? Est-ce que tu ne serais pas en train de tourner un peu autour du pot ? » La question posée est-elle donc si difficile, si exigeante ? Alors Jésus, à l’occasion, dit à ses disciples : « vous comprendrez, vous comprendrez plus tard », comme lors du lavement des pieds en saint Jean (Jean 13, 7). « Vous comprendrez ». Mais surtout, surtout, à la question de ses disciples « c’est quoi », il dit : regarde, vois, écoute, et vis ! Suis-moi, suis-moi !

-Le Royaume ne serait-il donc pas ce que nous, chacun de nous et nous ensemble, en Eglise, ce que nous vivons avec lui, avec le Seigneur - nous avec lui- et lui avec nous ?

- Ne serait-ce pas cela ce Royaume si indéfinissable, indéfinissable parce qu’on ne peut pas y mettre de fin. Ne serait-il par tout lui, le Seigneur, lui, lui et nous, nous avec lui, dans la communion de l’amour ? Le Royaume ce ne serait pas tout ce qui fait signe de lui, tout le beau, tout le bon, tout le vrai – tout ce qui nous rapproche de lui, ou mieux encore, tout ce par quoi Lui se rapproche de nous.

-Je l’ai raconté aux retraitants, quand j’étais séminariste, il y a donc un certain temps, un vieux prêtre, qui vivait dans un quartier très difficile, et qui avait envie de partir tout le temps, et pourtant qui restait. Il restait grâce à une question qu’il posait au Seigneur tous les soirs, après avoir prié le Notre Père. Il disait au Père : « Je viens de prier que ton Règne vienne. Alors, Seigneur montre-moi, montre-moi les signes de ton Royaume que tu m’as donnés à voir aujourd’hui dans la vie, ici et maintenant. Montre-moi ces signes du Royaume vient, qui vient aujourd’hui. »

-Jésus dans l’Evangile, souvent dit : Regarde et vois. Tous ces signes du Royaume à « dénicher », si vous voulez, à dénicher, à révéler. Les signes de ce Royaume caché, mais si précieux, si beau et tellement PRÉSENT.

-Dans la fin de l’Evangile aujourd’hui, aux apôtres, Jésus demande « avez-vous compris tout cela ? » Et nous savons, comme l’Evangile de hier nous le révélait déjà, les apôtres sont parfois assez candides. Alors ils répondent, dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Oui, oui, oui, oui, on a tout compris. Ça va, on a tout compris ».

-Oui, on a tout compris !... Non ! Mais on peut commencer à comprendre. Le oui des apôtres, et notre oui, ce n’est pas un oui qui clôture notre recherche, qui ne termine pas par une définition. Notre « Oui, Seigneur », c’est un oui qui ouvre, et qui nous appelle, nous invite à continuer cette recherche du Royaume, le faire surgir, le faire aimer, et contribuer à le rendre présent. Alors oui qui nous fera comprendre ce que saint Paul dit aux Romains : que tout, tout concoure au bien de ceux qui aiment Dieu, et donc ceux qui le recherchent.

Un oui qui veut dire : « je commence à comprendre ». un oui qui ne n ous empêche pas de prier, encore et toujours, « Seigneur que ton Règne vienne ! »

Amen

Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 26 juillet 26.