Liturgie 8 septembre fête de la Nativité de Marie
Cachée avec le Christ
Méditation
Cette fête de la
nativité de Marie est très ancienne. D’abord en Orient, puis en Occident, où
elle est attestée à partir du 8ème siècle. Sa date correspond à
celle de la Dédicace d’une basilique bâtie à l’endroit où la tradition plaçait
la maison de sainte Anne
Fêter un anniversaire,
c’est important, c’est une façon de se rappeler que tout a commencé un jour
précis de l’histoire, une façon de se situer dans une lignée, par rapport à
ceux qui précèdent et par rapport à ceux qui suivent, une façon de rendre grâce
pour le don de la vie. Il est tout normal que l’Église ait eu envie de célébrer
la naissance de Marie. Un cantique byzantin donne à Marie, pour cette fête, le
titre de « terre du ciel ».
Mais qui
est-elle ? Quand est-elle née ? Quel âge avait-elle quand l’ange la
visita ? Les évangiles nous donnent des généalogies de Jésus. C’est une
façon claire de le situer dans l’histoire des hommes. Il y a une longue
continuité qui remonte jusqu’à l’ancêtre Abraham, jusqu’au père de tous les
hommes, Adam. Mais cette généalogie est celle de Joseph, pas de Marie. En
parlant de Marie, soudain, Matthieu et Luc introduisent une rupture dans la
continuité, une fraîcheur, une nouveauté. Voyez comment Luc introduit Marie
dans son récit : « une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à
un homme nommé Joseph, de la famille de David, et cette jeune fille s’appelait
Marie ». De Joseph, nous savons donc qu’il est de la maison de David, de
lignée royale. Mais de Marie, nous ne savons rien, sinon qu’elle était fiancée
à Joseph. Matthieu n’en dit pas plus que Luc.
Les chrétiens des
premiers siècles ont aimé imaginer davantage les origines de Marie. Ils ont
produit la tradition qui aboutit à plusieurs évangiles apocryphes, dont le
protévangile de Jacques, écrit vers le milieu du 2ème siècle et
évoquant les parents de Marie, Joachim et Anne. Joachim était lui aussi de la
maison de Juda, il était un riche berger, le couple était stérile.
Mais l’Écriture reste
discrète. Comme s’il était de la nature de Marie de s’effacer devant le grand
mystère qui se déroule en elle. On pourrait très bien appliquer à Marie ce
verset de la lettre aux Colossiens que nous avons entendu hier : « votre
vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie,
alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire « (Col 3,
3-4).
Elle est le fruit
d’une longue attente messianique qui a façonné patiemment l’espérance d’Israël.
Cette attente messianique est évoquée par le prophète Michée, parlant aussi de
la mère du Messie comme « celle qui doit enfanter », avec une discrétion
qui correspond tout à fait à la personnalité de Marie. D’après cette prophétie,
le Messie à venir sera issu de Bethléem Ephrata, donc de la maison de David. Il
deviendra le « berger » de ses frères et leur permettra de vivre en
sécurité. Michée lui donne un attribut tout particulier : « lui-même,
il sera la paix ».
La mère du Messie est
donc mère de la paix. Sa discrétion, son humilité vont dans le même sens. Et
l’oraison de ce jour nous le propose aussi en disant : « puisque la
maternité de la Vierge Marie fut pour nous le commencement du salut, que la fête
de sa nativité nous apporte un surcroît de paix ». Accueillons cette paix
et rendons grâce à Dieu pour la douceur de Marie, si humaine en sa divine
maternité.
Sr Marie-Raphaël le 8 sept 2011
