mercredi 30 septembre 2026

Liturgie de la Parole 26e mercredi TO-II Luc 9, 57-62 ; Job 9, 1-12.14-16

Introduction

Nous fêtons donc aujourd’hui saint Jérôme, son 1600ème anniversaire ! Il a traduit la Bible… et donc aussi le livre de Job. Il en a même fait un commentaire. Le livre de Job est un des plus beaux livres de la Bible, d’un point de vue littéraire, un chef-d’œuvre. Mais c’est aussi un des plus difficiles à traduire ! Livre poétique exprimant l’immense problématique du lien entre souffrance humaine et puissance divine. Cette question ne se résout pas en quelques lignes. Elle s’étend sur 42 chapitres. Elle utilise le langage de la poésie parce que c’est un langage qui exprime le fond des choses sans les épuiser, sans leur donner de réponse définitive. Tout reste ouvert.

Jérôme a donc traduit Job. Mais je me pose la question dans le cas d’un livre comme celui-là : est-ce que le traducteur, tout en traduisant les mots, est capable de traduire aussi le ton ? En effet, le passage de Job que nous entendrons peut être compris comme une magnifique méditation sur la puissance de Dieu et sa justice, mais peut signifier exactement le contraire, si on suppose que Job s’exprime ici sur le ton de l’ironie. Et il me semble qu’il ne faut pas exclure cette hypothèse.

Qu’est-ce que l’ironie ? C’est par exemple quand une maman a demandé à son ado de bien vouloir ranger sa chambre, que l’ado n’en fait rien, évidemment, et que la maman revient quelque temps plus tard, voit le bazar et s’écrie : « eh bien, c’est du joli ! ». La parole dit une chose qui veut dire exactement le contraire.

Je pense que pour entrer dans le livre de Job et ses paroles tellement paradoxales, il faut supposer que de temps en temps il manie l’ironie. C’est une façon, parfois, de se protéger contre un trop grand malheur. Et n’est-ce pas aussi un peu ce que Jésus fera dans l’évangile ? Mais d’abord, chantons les psaumes.

 

Commentaire des lectures

Ce passage de l’évangile nous déroute : Jésus a des paroles dures et exigeantes à l’égard de ses disciples. Ce passage se comprend mieux si on lit ce qui précède (et que nous aurions dû entendre hier) : « Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem ». Jésus va donc au-devant de sa passion. Il « durcit sa face », ce qui est une expression hébraïque marquant sa détermination. Alors, vis-à-vis de ceux qui expriment leur désir de le suivre, il ne cache pas que le chemin sera rude. Si tu cherches une vie de loisirs à écouter de beaux sermons, si tu cherches un cocon où vivre avec de bons copains, tu te trompes d’adresse. Si tu aimes m’écouter, mais que tu restes attaché à ton passé, coupe le cordon ! Nous sommes ici en présence d’un maître qui ne cache pas les aspérités du chemin… peut-être aussi pour ne pas s’embarrasser, sur sa route, de gens trop hésitants. Il va droit au but, il parle vrai.

Dieu parle vrai avec nous. Il attend aussi de notre part un parler-vrai avec lui. Et pour cela, nous avons dans la Bible un bel exemple : Job. Il faudrait lire l’ensemble du livre pour mieux percevoir les va-et-vient, les paradoxes des paroles de Job. Dans les versets que nous avons entendus, il reconnaît la grandeur de Dieu, il reconnaît le rien de l’homme et l’inutilité (voire le danger) de tenir tête à Dieu. Pourtant, la suite du texte le montrera, c’est exactement ce qu’il va faire : tenir tête à Dieu… au point de lui faire un procès, au point de l’accuser d’être responsable de tout le malheur du monde. Oui, dira Job, en exerçant sa justice, Dieu entraîne l’injustice ! C’est pour cela que je discerne comme de l’ironie dans le passage où il exalte la grandeur et la puissance de Dieu.

Mais il y autre chose dans le cheminement de Job : chose qui apparaît en filigrane dans la longueur du poème : c’est le passage progressif (pas linéaire !) de la lamentation à la plainte. La différence entre les deux est la clé de tout. La lamentation est un cri qui reste enfermé à l’intérieur. L’homme souffrant est replié sur lui-même, sur son malheur, et tourne en rond dans sa misère. Il n’a pas d’autre issue que de vouloir mourir. C’est ce qu’on voit dans le premier discours de Job. La plainte, en revanche, s’adresse à un autre, à l’autre qui est Dieu. Le malheur est le même, mais je le dis à quelqu’un, je ne le garde pas pour moi. Et celui à qui je le dis est quelqu’un qui peut l’entendre. Job parle à Dieu, il parle vrai, il ne parle pas pour flatter Dieu, ni pour lui faire plaisir. Il parle pour demander des comptes. Et c’est ce qui lui permet peu à peu de relever la tête.

Jérôme aussi avait son franc-parler. Peut-être pas toujours à bon escient. Peut-être que Jérôme avait des affinités avec Job. En tout cas, comme nous le voyons avec Jésus, il y a des moments de la vie où il faut se montrer déterminé. Pour que l’ironie grinçante se transforme en vrai dialogue où l’on va au fond des choses.

 

Conclusion

Dieu, tu es l’auteur d’innombrables merveilles, toi seul tu déploies les cieux, tu marches sur la crête des vagues… Révèle-nous aussi la hauteur et la profondeur de ton amour, rends justice au pauvre et guéris le cœur brisé. Apprends-nous la confiance en ton salut, entraîne-nous à la suite de ton Fils sur la route de Jérusalem, sur le chemin de la passion d’amour et de la résurrection. Lui qui…

Sr Marie-Raphaël le 30 septembre 2020

mardi 29 septembre 2026

Liturgie de la Parole 29 septembre Sts Archanges, Michel, Gabriel et Raphaël Jean 1, 47-51 ; Apocalypse 12, 7-12a

Introduction

Nous voici avec une fête quelque peu étrange... vous avez déjà croisé un archange vous ? Mais non, je ne parle pas de sr Marie-Raphaël, qui s’est super bien présentée ce matin... elle porte que le nom d'un des trois "super-vivants"... mais elle reste parmi nous, femme parmi les femmes. Mais avez-vous déjà rencontré un vrai archange, en plume et en os ? Non ? Alors laissons ces représentations pour les amateurs de fantastique, et demandons-nous plutôt ce que signifient ces textes que nous allons recevoir... et qui sont ces êtres mystérieux qui échappent à nos représentations mentales.

 

Méditation

Il y eut un combat dans le ciel... ah ! Pour qui pensait que les anges avaient un comportement angélique, c’est bien parti ! Ou alors, changeons le contenu de l’angélisme !!! Un combat, la Bonne Nouvelle n’est pas de tout repos aujourd’hui. Un combat, entre deux factions, Michel et ses anges, le Dragon, avec, lui aussi, ses anges. Comme quoi vouloir faire l’ange, ne garantit pas encore qu’on soit du bon côté !  La scène est campée. Mais tant pis pour les assoiffés de spectacle : 3 petits versets suffisent à l’auteur de l’Apocalypse, pour nous dire qu’il y a eu un combat, pour nous poser les adversaires, le lieu et donner le résultat. Ce n’est donc pas à un spectacle qu’il nous invite. Que veut-il nous dire ? Voyons les deux partis : Michel (dont le nom énigmatique est une question « qui est comme Dieu ?») et le Dragon. Pour lui l’auteur ne manque pas d’appellations variées : Serpent (bonjour le rampant de la Genèse), Diable (ce terme grec est on ne peut plus clair : il signifie le diviseur), Satan (l’adversaire), le séducteur, et enfin l’accusateur. Bref, l’ennemi dans toute sa splendeur. Le combat a lieu dans le ciel. C'est-à-dire ? dans les nuages, et on va voir voler les plumes ? pas vraiment ! Le ciel représente, il me semble, l’aspect invisible et transcendant de l’histoire. Il dit la vérité profonde, le lieu de Dieu, le lieu des esprits, donc un lieu qui n’est pas un lieu, mais une réalité profonde. On aurait pu dire la profondeur... Mais notre imaginaire en a décidé autrement, plaçant ce qui relève de l’esprit en haut. La terre figure l’aspect visible et humain. Au ciel se déroule le combat le plus important, le combat spirituel.

Et le texte de l’Apocalypse, qui est un livre d’espérance pour chrétiens vivant la persécution, nous dit : c’est vrai il y a un combat, mais Dieu en est victorieux, il a donné mission à ses anges de veiller sur chacun de vos pas. Et celui qui se prenait la tête à accuser constamment ses frères, le Satan, est réduit à rien, il est anéanti. Cette victoire est celle du Christ, et il nous la donne. Cette victoire nous mène à dépasser l’amour de nous-même pour nous donner jusqu’au bout. Tandis que nous choisissons d’aimer nos frères et sœurs plutôt que de les accuser sans cesse.

Cette victoire annonce aussi une réconciliation entre ces deux lieux : la terre et le ciel. L’homme a toujours rêvé de trouver l’échelle qui le mènerait dans les hauteurs, le songe de Jacob en témoigne. Une échelle plantée en terre qui monte aux cieux, une échelle que parcourent les anges. L’Evangile y fait allusion. Jésus annonce : Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme.  Et vous voyez l’échelle ? Écoutez ce que cela donne littéralement : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent sur le Fils de l'homme.  Elle n’est autre que le Fils de l’homme, c’est lui l’échelle qui unit terre et ciel. C’est par lui que les anges vont et viennent.

Célébrer cette victoire du monde céleste, c’est célébrer la victoire du Christ sur le mal. C’est aussi célébrer cette communion à laquelle nous sommes conviés. Il n’y a pas deux mondes : celui du ciel et celui de la terre. Il y a un seul univers, celui de Dieu : déjà nous y sommes de plain-pied et pourtant nous y sommes encore invités… Alors chantons le Seigneur,… en présence des anges !

 

Invitation au Notre Père

Seigneur Jésus, tu nous as confié ta prière, pour nous tourner vers le Père, donne-nous aujourd’hui de la redire encore, avec foi, espérance en ton salut.

Prière conclusion

Seigneur Dieu, tu veilles avec attention sur nos pas, tandis que nous vivons ce pèlerinage qu’est la vie sur terre. Aujourd’hui encore nous te bénissons pour ces êtres que tu places sur notre route, ils nous assistent et nous protègent. Qu’ils nous mènent jusqu’en la gloire, où tous ensemble nous chanterons les merveilles de ton salut.

Sr Myrèse le 29 septembre 2020

 

lundi 28 septembre 2026

Liturgie de la Parole 26e lundi TO-II Luc 9, 46-50 ; Job 1, 6-22

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Église.

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »

C’est bien le début de l’histoire de Job que la liturgie nous propose de découvrir à neuf en ce jour : à l’instigation de Satan, de l’Adversaire, des malheurs l’assaillent…

Pourra-t-il rester juste devant Dieu ? Si oui, comment favoriser cette justice ?

Dans l’Évangile, une discussion éclate : « Qui, parmi eux, était le plus grand ? »

Peut-on tisser un lien entre justice et grandeur ?

Emboîtons le pas du psalmiste et invoquons le Seigneur pour tous les hommes et femmes de notre temps :

« Seigneur, écoute la justice ! Entends ma plainte, accueille ma prière… »

 

Méditation

Job était un bien-aimé de Dieu, un « chouchou ».

Ce que Dieu dit de lui est éloquent :

« Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal »

Mais dans cette prospérité, le Malin trouve une brèche et glisse le soupçon :

« Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? »

Habileté de l’Adversaire qui dénonce :

« Tu (as) élevé une clôture pour le protéger… Tu as béni son travail… »

S’ensuit une invitation à l’éprouver :

« Étends seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te maudira en face ! »

Dieu laisse faire…

Par ce récit de Sagesse, une question nous est posée : quelle est l’attitude « juste » devant Dieu ?

Les épreuves peuvent nous atteindre, nous, ceux que nous aimons, notre Eglise, notre monde : où trouverons-nous une sécurité ?

Le psalmiste nous instruit :

« Mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres. J’ai gardé le chemin prescrit ; j’ai tenu mes pas sur tes traces : jamais mon pied n’a trébuché… »

Job se tient en silence et accueille.

Il ne prononce pas un flot de paroles imprécatoires ! Job se tait :

« Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête, il se jeta à terre et se prosterna »

Gestes de deuil, déchirure du vêtement qui exprime la déchirure du cœur, humilité, abandon à la volonté de Dieu.

Job s’en remet à Dieu, s’ouvre à Sa Parole, déploie un espace pour accueillir l’œuvre de Dieu en lui.

Il ne se place pas au-dessus de Dieu.

Dans son humilité, il accueille, comme Jésus invite dans l’Evangile :

« Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé »

L’enfant est symbole de confiance et d’abandon :

« Montre les merveilles de ta grâce ! », chante le psalmiste.

Alors, seulement, dans cette disposition d’accueil, une parole peut surgir :

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »

Job redit sa disponibilité…

Et il se montrera prêt, après 41 chapitres de dialogues avec ses amis, à recevoir la Parole de Dieu, comme un fruit mûr :

« Vous n’avez pas parlé de moi avec justesse comme l’a fait mon serviteur Job » (42, 7)

Ainsi, la vraie grandeur se situe dans cette attitude d’humilité, dans cet accueil de Dieu, de Sa Parole et de la parole de celui qui est envoyé en Son nom…

Garderons-nous nos cœurs ouverts à l’Inattendu de Dieu ?

Temps de silence. Notre Père


Oraison

Seigneur, l’expérience de Job nous montre où se trouve la justice, l’ajustement, dans l’écoute de ta Parole et l’accueil de Celui que tu es et de ce que tu veux nous dire.

Accorde-nous de garder le cœur disponible et de découvrir qu’en cet abandon réside la vraie grandeur, celle que ton Fils a vécue sur notre terre.

Lui, aujourd’hui ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 28 septembre 2020

samedi 26 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e samedi TO-II Luc 9, 43b-45 ; Qohèleth 11, 9-12,8

Méditation

« Vanité des vanités, disait Qohèleth, tout est vanité ! » Cette phrase est connue, beaucoup cependant  ignorent qu’elle vient de la Bible ! Tout est léger comme du vent, la brume, l’haleine de vie, et tout passe. Aussi le conseil que donne Qohèleth au début de la lecture de ce jour est-il si important : « Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu’approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ; avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie ».

Souviens-toi de ton Créateur, garde la mémoire de sa présence au plus intime de ton cœur, vis en sa présence, comme il invitait Abraham à le faire (Genèse 17, 1).

Tu peux suivre les sentiers de ton cœur et les désirs de tes yeux ! … Mais sois vigilant sur ce qu’ils sont. C’est à toi de choisir ces sentiers, d’orienter les désirs de ton cœur vers la vraie vie, car la vie présente a une fin, et pas forcément de la manière que tu voudrais.

C’est un peu ce que Jésus laisse entendre aux disciples : si je reste fidèle à ce que je suis, à ce que je porte au plus profond de moi, à cet amour du Père pour chacun, chacune, quel qu’il ou qu'elle soit, cela va se terminer mal ! Vous avez dû mal à l’admettre, cela va contre vos désirs, et pourtant…

 

Deux jours de suite la liturgie nous fait lire l’annonce de la Passion ! Hier Jésus annonçait aussi sa résurrection, aujourd’hui uniquement la Passion. Peut-être parce que l’espérance de la résurrection ne peut suffire à les soutenir en cette épreuve. Ils ne savent pas trop ce que c’est et nous, pas vraiment non plus ! Il faut autre chose…

Les foules sont dans l’admiration, dans l’émerveillement devant ce que fait Jésus, mais ses paroles, même les disciples ne les comprennent pas. Du moins, ils sont loin de tout comprendre !

Jésus est-il rabat-joie ?

Je ne le crois pas. Mais Il veut tout simplement les prévenir : c’est vrai, maintenant tout le monde est dans l’admiration. Mais l’opposition viendra et la foule oubliera son admiration. Vous, appuyez-vous sur votre admiration, sur votre émerveillement, sur l’amour que j’ai manifesté à tous, même à ceux et celles dont tout le monde pensait qu’ils ou elles ne le méritaient pas. Que ces souvenirs vous aident à accumuler de la confiance, de la foi. Vous en avez vu et entendu plus que tous les autres, puisque vous étiez toujours avec moi.

Cependant sachez-le, l’épreuve de me voir livré aux mains des hommes viendra. Ce seront des jours où vous direz, comme Qohèleth « je ne les aime pas ». Souvenez-vous alors de tout ce que j’ai fait, de tout ce que je vous ai dit et que je savais que mon comportement ne serait pas accueilli, pire, que je serai rejeté et livré. Souvenez-vous aussi quand vous avez entendu la voix du Père lors de la Transfiguration « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le » (Luc 9,35). Appuyez-vous sur tout cela pour essayer de traverser l’épreuve.

Ils ne comprennent pas, ils ont peur de l’interroger… Mais plus tard ils s’en sont souvenus, puisque Luc nous le rapporte.

Nous aussi, gardons présents dans nos cœurs le souvenir des moments forts où nous nous sommes sentis portés, où nous avons comme touché du doigt la grâce à l’œuvre, en nous, en d’autres personnes, en différentes situations. Et appuyons-nous sur l’action du Seigneur dans le passé, sur sa fidélité, pour garder confiance malgré tout dans l’épreuve, pour le présent et aussi pour l’avenir, pour nous-même, pour les autres...

Demandons au Seigneur cette grâce… et si nous constatons notre manque de foi, ne craignons pas. Avouons-lui tout simplement ce manque de foi, notre incompréhension, et venons à lui comme nous sommes. Cela lui suffit ! Il ne nous lâchera pas!

 

Invitation au Notre Père

Seigneur, dans la prière que Jésus nous a donnée, il nous invite à te demander de ne pas nous laisser entrer en tentation. Que nous soyons dans l’admiration ou dans l’épreuve, fais-nous la grâce de nous appuyer sur toi et de chanter en communion avec nos frères et sœurs chrétiens le Notre Père.

Sr Marie-Christine le 26 septembre 26

vendredi 25 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e vendredi TO-II Luc 9, 18-22 ; Qohèleth 3, 1-11

Introduction

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose. Beaucoup connaissent cet adage, mais si on interroge dans la rue, qui sait qu’il vient de la Bible ? de cet auteur assez moderne qu’est Qohéleth ? Et le sage d’enfiler une série d’activités, les unes après les autres, nous disant qu’il y a un temps pour chacune. Puis en finale du texte que nous allons recevoir, il y a cette parole qui me semble-t-il est trop méconnue : la traduction actuelle dit : Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, que l’on pourrait traduire en Dieu a mis l’éternité (l’infinité du temps) dans le cœur de l’homme. Ainsi vivant au cœur du temps, l’humain porte en son cœur un poids d’infini ! IL y a en l’homme comme l’écrit Noël Quesson un infini qui se construit. Et il me semble que la liturgie participe de cette construction. C’est déjà dans l’aujourd’hui que nous pouvons goûter l’éternité, tout ce que nous faisons, disons, reçoit déjà aujourd’hui son poids d’éternité. Alors nous pouvons même si nous éprouvons parfois durement notre finitude, percevoir combien en cette finitude même, s’inscrit l’éternité. Notre être dès aujourd’hui est appelé à participer à l’éternité de Dieu. Entrons en cette liturgie, en accueillant cette éternité en notre cœur. En laissant s’épanouir en nous la vie de Dieu qui déjà nous est donnée.

 

Méditation

Un jour Jésus priait à l’écart : sans doute, Jésus priait-il ainsi tous les jours. Mais saint Luc se plait à nous le rappeler aux moments clés de son évangile. Et aujourd’hui, ce qu’il y a de spécifique, c’est que ses disciples étaient avec lui. Souvent on pense Jésus se retire seul, sur la montagne pour prier. Et voici qu’aujourd’hui, ses disciples sont avec lui. Les disciples ainsi ont été formés par Jésus, à cette prière silencieuse qui porte la vie, la mission. Et puis voilà, Jésus fait sa petite enquête : qui suis-je au dire des gens ? et la réponse vient du groupe des disciples : la même que celle qui était donnée à Hérode quelques versets plus hauts dans l’évangile : certains disent Jean-Baptiste, d’autres Elie, d’autres encore un prophète qui serait ressuscité. Voilà le sondage d’opinion. Pourquoi cette question dans le fond ? Jésus ne s’arrête guère à cette réponse, il ne la discute pas. Il fait un tour de plus dans le sondage : et vous, que dites-vous ? pour vous qui suis-je ? Et Pierre répond : le Messie de Dieu. La première fois que Jésus avait interrogé, tous répondaient ensemble ; ici c’est Pierre qui prend la parole. Les autres ont-ils répondu ensuite ? ont-ils fait de Pierre leur porte-parole ? se sont-ils dispensés de réfléchir, puisque Pierre, avec son impulsivité habituelle, avait répondu ? souvent lorsque nous lisons cet évangile nous insistons sur l’aspect personnel de la réponse : et toi que dis-tu ? pour toi qui suis-je ? et on interroge : et pour toi Raphaël, pour toi Brigitte, pour toi René, pour toi Isabelle, ... qui suis-je ?  et dans la prière, nous tentons de répondre à Jésus. C’est bien, très bien même, ok. Mais avez-vous remarqué la question ? et vous, que dites-vous, pour vous qui suis-je ?  C’est vrai qu’il y a une réponse personnelle à donner, mais il y a aussi une réponse communautaire ! pour vous qui suis-je ? Jésus s’adresse aussi au groupe. En communauté d’Eglise ce matin, nous laisserons nous ensemble interpeller par Jésus ? sommes-nous venus en Église ? ou simplement comme des entités séparées, chacune venu pour un moment moi et mon Dieu ? C’est important de venir en Eglise, en communauté... ainsi aux jours de doute, notre foi sera portée par la communauté. Alors, dites-moi, répondrons-nous ensemble à cette question ? Prenons un temps de silence, pour renouveler notre acte de foi personnel en Jésus, Christ, fils de Dieu. Et puis inscrivons notre acte de foi personnel, en l’acte de foi communautaire, qui ce matin encore nous rassemble. Après le temps de silence, nous redirons cet acte de foi communautaire par le chant. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Qui décline en termes bibliques un peu le contenu de cette confession de foi. (Vigne, Pasteur, Chemin, Vérité, Vie, Résurrection, Lumière…)

Silence puis chant :

Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, louange et gloire éternelle.

 

Invitation au Notre Père

Jésus priait à l’écart, entouré de ses disciples, unissons notre prière à la sienne, remettons nos vies aux mains du Père

 

Prière de conclusion

Seigneur Jésus, aujourd’hui encore ta vie, ta parole nous interpellent. Et nous voulons avec tous tes disciples partager ta vie. Que ton Esprit dépose en nous cette foi que tu voudrais trouver en nos cœurs. Et que nous menions toujours davantage une vie qui te plaise. Nous le demandons par toi Jésus, Christ, Fils du Dieu vivant, qui vis et règnes avec le Père dans l’unité du Saint Esprit, notre Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Myrèse le 25 septembre 2020