Liturgie 14e mardi TO-II Matthieu9, 32-38 ; Osée 8, 4-7.11-13
Introduction
« Ils ont
fait des rois, mais sans mon aveu, ils ont fait des chefs mais à mon insu…
puisqu’ils sèment le vent, ils moissonneront la tempête. » Que
faisons-nous du Seigneur ? Qui ou
que mettons-nous à sa place ? Cette
parole d’Osée est vraiment prophétique et toujours d’actualité. Jésus, dans l’Evangile de Matthieu va nous
enseigner qui est Dieu et ce qu’il attend de nous. Une invitation à prier,
écouter puis répondre.
Méditation
Ce que nous venons
d’entendre n’est pas un slogan publicitaire ou une proposition de boulot via la
voix d’un agent intérimaire. C’est la
demande de Jésus à ses disciples et à tous ceux qui ont le désir de le
suivre : prier, écouter, répondre ; décider une fois pour toutes que notre
vie est sous la guidance du Saint-Esprit et non pas sous la guidance de nos
projets ou de notre volonté.
La guidance du Saint
Esprit. C’est celle que Jésus a vécue : « Je dis ce que j’ai vu chez
mon Père » (Jean 8, 38) ; « Ce n’est pas de moi-même que j’ai
parlé mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé ce que j’avais à dire
et à faire connaître » (Jean 12, 49). Je trouve cela
fascinant ! C’est possible de se
laisser mouvoir, de se laisser émouvoir, de se laisser bouger par le Saint Esprit.
Ce serait
intéressant de s’arrêter pour une relecture de nos vies où nous pourrions
mettre le doigt sur ces visitations du Saint-Esprit à travers des rencontres,
des événements, des activités, des partages… et de voir comment nous l’avons
écouté et lui avons répondu.
Je voudrais que
nous regardions d’un peu plus près comment ça se passe pour Jésus pour
mieux comprendre à quoi il nous invite !
Jésus est en
pleine activité. Il parcourt toutes les villes et villages, il y enseigne dans
les synagogues, il proclame la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et guérit toute sorte de
maladies et d’infirmités. Tout ce qu’il fait est pour restaurer et mettre en
œuvre la vie. L’ampleur du travail est immense.
« Voyant les
foules, il fut pris de pitié pour elles, parce qu’elles étaient harassées et
prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger »
Cette attitude de
Jésus me touche beaucoup. De quelle pitié s’agit-il ? Il y a une manière
viscérale de ressentir de la compassion : il est saisi aux entrailles. Il
a la boule au ventre de voir toutes ces foules de gens fatigués, abattus, qui
errent comme des brebis sans berger. Tous ces gens ont leur raison pour suivre
Jésus. Certains, il ne faut pas être dupe, viennent pour être guéris, leur
confiance est liée à leur besoin du moment, un besoin de guérison, et Jésus les
guérit ou les libère de démons. D’autres ont soif de plus de vie, de mieux
être. Alors, à travers ses paroles et
ses miracles, Jésus fait plus que guérir, il fait apparaître Dieu ; mais
cette vision, cette perception de Dieu ne s’impose pas. Elle se propose. Ce que Jésus induit, c’est
que la puissance de l’Amour de Dieu est le seul pouvoir de guérir de manière
définitive. En ce sens, ses miracles, au
même titre que ses paroles, sont des enseignements qui ouvrent sur des
perspectives de vie.
« La moisson
est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le maître de la
moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson »
Le constat est
criant, aujourd’hui pas moins que hier. Si le Saint Esprit. nous suggère de
faire quelque chose, le faisons-nous ? La vie dans le Saint Esprit demande un lâcher-prise
total parce que se laisser conduire par lui, c’est lâcher la conduite
uniquement par mode de projet. Sans doute il est nécessaire de réfléchir mais
aussi remettre le fruit de la réflexion au Saint Esprit. L’intelligence seule, la rationalité seule n’a
aucun goût. C’est juste cohérent, ou pas cohérent, selon le cas, mais ça n’a
pas de goût. Par contre, la rationalité remise au Saint Esprit nous fait
dire : « Cette solution-ci, quand je l’envisage, me donne de
l’enthousiasme et de la joie, et cette solution-là, quand je l’envisage,
m’alourdit complètement ». Cà c’est le goût.
J’expérimente avec
bonheur ce travail de restauration au nom de Jésus, dans l’accompagnement de
détenus. Je pourrais sûrement me sentir
dépasser par l’ampleur du travail si j’en faisais une affaire personnelle mais
dans cette perspective de collaborer à l’œuvre du Saint Esprit il y a une
légèreté, un bonheur et un enthousiasme qui ne trompe pas. La vie dans le Saint Esprit a un goût. Comme
dit Bernard BASTIAN quand on n’a pas le cœur brûlant on a le cerveau brûlant.
On a plein d’idées, de bonnes idées, on construit des plans, des projets, des
stratégies, des pastorales… et il arrive que personne n’en veuille ou que ça ne
marche pas. Et après, on est fatigué. Tout cela doit nous éveiller. Cela
signifie que c’est l’Esprit qui conduit, l’Esprit qui est dans l’Evangile et
l’Esprit qui est dans notre cœur.
Alors, oui, en lisant l’évangile
d’aujourd’hui, je reconnais les prophètes, les guérisseurs, les pacifistes et
les pacifiants, aussi les pourvoyeurs de justice, les écoutants, les
accueillants, les aidants qui, aujourd’hui travaillent, consciemment ou
inconsciemment, à la réalisation du Royaume. Je reconnais aussi tous les lépreux, les aveugles, les sourds, les
malades, les endeuillés, les exclus pour toutes sortes de raisons qui, dans la
foi, consciente ou inconsciente, sont mis ou remis debout. Aucune de ces personnes ne fait la
« une » des journaux… ou trop rarement. Cependant chacun et chacune d’entre elles
sont un levier créateur du Royaume annoncé. Chacun et chacune d’entre elles me donnent à croire que l’Esprit de Dieu
est à l’œuvre dans le monde ou plus particulièrement dans le cœur des
hommes. Voilà ce que les récits de
miracles me permettent de discerner, voilà ce qu’ils me font percevoir de cette
présence bénéfique de l’Esprit de Pentecôte à l’œuvre dans nos vies d’hommes et
de femmes.
Priez le maître de
la moisson qu’il envoie les ouvriers, que nous sommes tous et toutes, à sa
moisson.
Introduction au Notre Père
Seigneur Jésus,
c’est toi qui nous montres l’exemple, c’est toi qui nous invites à mettre nos
pas dans les tiens et à goûter au bonheur de vivre de ta vie. Pour que nous
osions l’aventure avec toi, inspirés par l’Esprit de vérité et de vie, prions
notre Père comme toi-même tu nous l’as enseigné.
Prière de conclusion
Seigneur, Tu es le
Dieu de l’inattendu, de l’imprévisible mais avec certitude Tu es le Dieu de la
Vie. Apprends-nous à entendre ta voix, rends-nous docile à ton enseignement et
donne-nous le bonheur de te servir là où Tu nous y appelles.
Raymond le 7
juillet 2020