mardi 10 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e mardi Carême Matthieu 18, 21-35 ; Daniel 3, 25.34-43 ; Psaume 25 

Hymne : E 262 (voir ci-dessous) 

Introduction

En ce 3e mardi de Carême, comme l’hymne vient de le suggérer, la liturgie nous aide à percevoir ce qu’est la miséricorde, le pardon.
Dans le Premier Testament, le prophète nous apprend que la miséricorde relève précisément du nom de Dieu. Je cite le prophète Daniel : « A cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours et ne romps pas ton alliance. Ne nous retire pas ta miséricorde… »
Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus raconte une parabole à Pierre : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs… quelqu’un qui devait soixante millions de pièces d’argent… (un autre qui devait) cent pièces d’argent… ». Un maître qui pardonne. Un serviteur qui n’a pas de compassion…
Qui voulons-nous être ? A quoi nous invite Jésus ?
Pourquoi le pardon est-il important ? Quel en est l’enjeu ?
La liturgie, comme chaque jour, nous questionne, nous interpelle…
Accueillons, aujourd’hui, ce que Dieu souhaite nous dire au creux du cœur. 
Pour le découvrir, portons les intentions de notre monde par le chant des Psaumes.


Méditation

Je souhaite vous partager quelques extraits d’une homélie du Père Joseph-Marie Verlinde :
« … Je te demande de pardonner ‘pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois’…
Il me semble que si nous entendons vraiment cette Parole, si nous la laissons descendre en nous, le sol se dérobe sous nos pieds. Quel vertige ! Ne rien retenir qui enchaînerait l’autre à moi par quelque lien que ce soit : la haine, le ressentiment, la rancœur, etc.
Le laisser totalement libre des actes coupables qu’il aurait pu commettre envers moi ; refuser de revendiquer mon droit non par faiblesse, mais pour ne pas être un obstacle sur sa route, dans la certitude que Jésus marche avec lui et saura écrire droit sur ses lignes courbes… Quel vertige, et en même temps, quelle liberté ; non seulement pour l’offenseur absous, mais aussi pour l’offensé, qui se trouve libéré de ses ressentiments !
Somme toute, n’est-ce pas cela aimer ? Le premier mot de l’amour n’est-il pas le respect, en particulier le respect de ce que mon prochain a de plus précieux : cette liberté qui le configure à son Créateur ? ‘Aimer mon ennemi’ signifierait donc avant tout lui pardonner, refuser de le lier par mes sentiments négatifs ; le laisser libre malgré la dette qu’il a contractée envers moi par son offense. Ce qui implique de combattre généreusement, au cœur même de l’offense, du mépris, de l’humiliation, contre les passions qui assaillent inévitablement mon âme…
C’est de moi, de ma vie que parle Jésus dans cette parabole par laquelle il désire m’aider à choisir entre les deux voies qui s’ouvrent devant moi à chaque rencontre avec mon prochain : la voie ‘de la vie et du bonheur’, pour que je vive, moi et ma descendance, en bénissant au lieu de maudire ; ou la voie ‘de la mort et du malheur’ en refusant de partager le bon pain de la miséricorde, dont j’ai pourtant été moi-même le premier bénéficiaire…
Qui donc manifeste une telle miséricorde sinon notre Père céleste, qui ‘fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes’ ?
C’est probablement parce qu’il n’a pas pris conscience du prix de sa propre liberté, que ce serviteur ingrat se retire sans même un mot de remerciement, et se jette sur son compagnon endetté…
En refusant de pardonner à son prochain, cet homme qui venait d’être remis gratuitement dans sa pleine dignité et liberté, a à nouveau perdu ces biens précieux. En se faisant le tortionnaire de son frère, il est devenu son propre bourreau, auquel il demeure livré ‘jusqu’à ce qu’il eût tout remboursé’…
Seigneur, viens déchirer le voile de mes ténèbres, inonde mon cœur de la douce lumière de ta miséricorde pour que je puisse sans cesse me souvenir… du prix de ma liberté et du prix de la liberté de tous mes frères… »
(J.-M. VERLINDE, L’anneau et la couronne – V, Demeurez dans mon amour. Homélies pour chaque jour du temps ordinaire, Langres, Parole et Silence, 2008 : commentaire de Mt 18, 21-35, p. 258-260)
Silence

Notre Père

Comme (fils et) filles d’un même Père, nous voulons redire la prière que Jésus nous a enseignée : « Notre Père… »

Oraison conclusive

« Seigneur, ton projet pour chacun de nous est une proposition de vie, de bonheur et de liberté. Nous te rendons grâces.
En ce temps de Carême, nous voulons déposer devant Toi tout ce qui y fait obstacle. Aide-nous à choisir ce qui nous rapproche de Toi et des autres. A rejeter ce qui nous éloigne de Toi. Nous nous appuyons sur ton secours. Nous espérons ton pardon, Dieu de miséricorde.
Que Ta Parole nous inspire, nous enseigne et nous conduise à pardonner nous aussi.
Nous serons alors les fils et les filles de ton Père, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, pour les siècles des siècles »


Sr Marie-Jean le 20 mars 20


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E 262 Point de prodigue sans pardon
Auteur : CFC (Commission Francophone Cistércienne)
Compositeur : Joseph Gelineau


1-Point de prodigue sans pardon qui le cherche,
Nul n'est trop loin pour Dieu ;
Viennent les larmes où le fils renaît,
Joie du retour au Père.


2-Point de blessure que sa main ne guérisse,
Rien n'est perdu pour Dieu ;
Vienne la grâce où la vie reprend,
Flamme jaillie des cendres.


3-Point de ténèbres sans espoir de lumière,
Rien n'est fini pour Dieu ;
Vienne l'aurore où l'amour surgit,
Chant d'un matin de Pâques. 


lundi 9 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e lundi carême 2 Rois 5, 1-15

« Naaman, le lépreux syrien » 

Méditation

On n'est jamais trop jeune pour être témoin du Seigneur.
On n’est jamais trop petite pour prodiguer un bon conseil.

Elle m’émeut cette petite fille hébraïque de 7, 8 ans, arrachée à ses parents et à ses camarades de jeu … et jetée en terre étrangère privée de liberté et de l’insouciance de l’enfance. … Comme beaucoup d’enfants aujourd’hui, d’ailleurs !!!
Cette fillette est au service de Naaman et de son épouse.
                       
Lui, un grand homme ; elle, une petite fille.
Lui, un chef d’armée éminent ; elle, une humble servante dévouée.
Lui, un héros couvert de gloire et de distinctions ; elle, une enfant captive, insignifiante.
Lui, a un nom ; elle, sans nom. 
Lui, il vit devant le roi de Syrie ; elle, elle vit devant l’Eternel, le Dieu de ses pères.
Mais … 
Lui, son bel uniforme cache un corps rongé par une maladie honteuse : la lèpre, qui, en ce temps-là, était la marque du jugement de Dieu, suite à une souillure de péché.
Elle, sa pureté est porteuse de bonnes nouvelles : un remède à cette maladie incurable.
    
La foi de cette fillette fait réfléchir Naaman : « Alors ce prophète de Samarie me délivrerait de ma lèpre ? … Mais jamais personne n’a pu constater la guérison d’une lèpre en Israël, Jésus nous l’affirme, même, dans l’Evangile d’aujourd’hui. !!!...

Pourtant, … cette jeune fille a une confiance éperdue dans la puissance de l’Eternel.
Elle n’est pas tournée vers elle-même, elle veut le bien de cet homme, malgré qu’il la retient prisonnière, loin de l’affection des siens.

Alors, on décide d’écouter sa proposition :
      -   preuve, sans aucun doute, que sa conduite, chez Naaman, est irréprochable.
      -   preuve aussi que Naaman est à bout de force et de ressources.

Décision prise, Naaman se met en route, chargé de cadeaux faramineux pour le roi d’Israël
Et, oui, les grands de ce monde négocient tout, … loin de discerner, que Dieu, au contraire, se glorifie dans ce qui est peu considéré.
      
Pourtant, … la petite servante n’a pas parlé du roi d’Israël mais bien du prophète de Samarie, Elisée. … Avoir foi dans les ressources divines … !!!  Non !... Il vaut mieux faire appel aux puissances humaines !

Mais ce roi d’Israël est-il vraiment puissant ? … il croit à une provocation … il s’emporte, … se met en colère. Ne serait-ce pas un aveu de son impuissance ? 

Enfin, l’intervention d’Elisée
: puisque les ressources des grands de ce monde ne sont pas efficaces, rien ne dépassera, espérons-le, les ressources divines !

Oui ! c’est la bonne adresse ! Mais …. Pas du tout la bonne manière … :
Elisée ne se dérange même pas : il envoie un messager avec un mot : 
 « Va te baigner dans le Jourdain. » 
           Mais c’est ignoble, cette façon de faire ! 
           Une blessure à son amour-propre ! 
           Naaman est en colère : on n’a pas tenu compte de son rang, lui, un haut dignitaire !
           Il est profondément déçu !


Sa réaction est en contraste flagrant avec le centurion romain, ou … 
avec la syro-phénicienne ou encore … avec l’aveugle-né.
Pourquoi, Naaman ne saisit-il pas, comme eux, la parole que lui offre le prophète ?

                                        
Naaman s’attendait à des paroles inédites, à des gestes extravagants au-dessus de sa personne, quelque chose de magique, de visible, qui se réglerait de l’extérieur ! 
Mais … rien de tout cela ! …. Elisée fait simplement appel à sa foi. 

Heureusement ses serviteurs sont là : relayant la petite servante !
Naaman doit découvrir que sa guérison dépend de son accueil intérieur.


Autrement dit : Dieu a tout fait pour les pécheurs que nous sommes. Nous ne pouvons rien ajouter à l’œuvre du salut sinon que de l’accueillir de tout notre cœur, un cœur rempli de foi.

Notre Père

Et nous -mêmes n’attendons-nous pas trop souvent de l’inédit pour réveiller notre foi ?
Ou … une parole surprenante qui crèverait l’écran de nos habitudes trop durcies ? 
Offrons à notre Père, un cœur ouvert afin d’entendre sa voix dans le secret de notre quotidien.

Sr Anne-Françoise le 9 mars 26


dimanche 8 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e dimanche Carême A Jean 4, 5-52

4 dérapages contrôlés
La Samaritaine au pied du puits et l’eau vive

ACCUEIL

En voyant l’actualité, nous aurions envie de crier : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »
Mais l’évangile de ce dimanche nous révèle le visage bouleversant d’un Dieu qui se montre en manque, un Dieu pauvre, en totale dé-maîtrise : « Donne-moi à boire », « J’ai soif »  dit-il.
Aujourd’hui, Jésus nous invite à croire en ce Dieu pauvre, assoiffé, ce Dieu qui nous stimule à croire en l’Homme.
 
Ne désespérons jamais ni de Dieu, ni de l’humain…

HOMÉLIE

    Ce fait divers a lieu près du puits de Jacob, ancêtre commun aux Juifs et aux Samaritains.  Il est mis en scène par Saint Jean.  Il  provoque au moins quatre dérapages.   En effet, Jésus et la Samaritaine, c'était le jour et la nuit.

1° dérapage : Jésus est homme.  La samaritaine est femme.
"Donne-moi à boire  (V7). D'emblée, Jésus prend l’initiative de demander de l’eau à une femme.
Cela ne se faisait pas à l'époque, de parler ainsi en public à une femme.  Vous n'imaginez quand même pas que le commérage est une invention d'aujourd'hui! D'ailleurs, les disciples étaient "stupéfaits" nous dit pudiquement l'Evangile. Surpris?  Scandalisés, vous voulez dire! Leur rabbi qui parle avec une femme en public.
Jésus effectue un premier dérapage contrôlé en demandant un service, un verre d’eau à une femme en public.

2° dérapage : Jésus est Juif... La femme est Samaritaine
C'est-à-dire qu’elle appartient à un peuple "bâtard" qui avait organisé un culte tout différent de celui des Juifs.  Les Samaritains vénéraient des divinités païennes.  Ainsi, ils font cavaliers seuls depuis près de dix siècles.  En plus, jadis, ils ont fait bon accueil à l'envahisseur assyrien (pays d’Iran et Irak actuels) et ils ont construit un temple rival de celui de Jérusalem.  C'est pourquoi les Juifs ne veulent rien avoir de commun avec eux.
La femme est choquée : « Comment! Toi, Juif, tu parles à une Samaritaine? »(v 9)  Jésus effectue un deuxième dérapage contrôlé en s’adressant à une Samaritaine autrement-dit à une personne pratiquant un culte différent, une personne provenant d’une région maudite par les Juifs.

3° dérapage : Jésus est Fils de Dieu, …la samaritaine est prostituée... 
Quand Jésus propose son eau, la femme réplique avec ironie. "Donne-la-moi, cette  eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir ici pour puiser."(v 15) La Samaritaine se défend.  On ne lui fait pas le coup du verre d'eau!
Pourtant, cette méfiance va s'écrouler comme un château de cartes quand la femme entend ces quelques mots: "Si tu savais le don de Dieu."(v 10)  Oui, si tu savais comme Dieu a soif de toi, comme je suis sûr que tu aurais soif de lui!
Jésus effectue un troisième dérapage contrôlé en parlant à une prostituée de telle manière qu’il la touche directement au cœur.  Il a fait résonner pour elle le murmure d'un amour possible.  Alors, elle s'est redressée.

4° dérapage : Un pèlerin galiléen s’est arrêté en Samarie
La Samarie est une des trois régions d’Israël.  Elle a fait sécession avec les deux autres (la Judée et la Galilée).
Mais ce n’est pas une raison suffisante pour arrêter Jésus, ce pèlerin infatigable pourtant tellement à l'aise en Galilée. (au Nord de la Samarie).. A ses yeux, rien ne peut enchaîner l'être humain à tout jamais: ni son passé, ni les différences de culture, race, culte, ni l'exclusion des autres, ni son péché.  Tout l'univers est appelé à recevoir le don de Dieu.  La femme abandonne sa cruche et va annoncer la bonne nouvelle à la ville.  Elle s'en va appeler les siens à partager sa foi.(v 28-29)
Ainsi, les Samaritains conquis par le message de celle qui était montrée du doigt proclameront que Jésus est LE sauveur s'adressant au monde entier.(v 42)
Jésus effectue son quatrième dérapage contrôlé en propageant l’Evangile en dehors du pays juif.

    Nous lisons ce récit un mois avant la fête de Pâques.  Choix judicieux.    En effet, avec ses 4 dérapages ce récit anticipe déjà la résurrection.  De la même manière, Marie de Magdala, la pécheresse, sera la 1ère témoin de la résurrection, (Jn 20,1-18), la 1ère envoyée pour porter la bonne nouvelle.  Ici également, c’est une femme qui a eu cinq maris qui court annoncer à la ville qu’elle a rencontré le Christ (V 29).
  Le rendez-vous et l’échange au pied de la margelle ne sont pas seulement une belle histoire du passé mais une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui :  J’en ai détecté 4 : 1    Dieu a soif. 2    Dieu rencontre. 3    Dieu risque. 4    Dieu aime.

Sur la route pascale, Jésus nous attend nous aussi pour nous présenter l'eau vive.  Ne fermons pas notre cœur! (Ps. 94 : psaume du jour) 

Fernand STREBER Hurtebise le 8 mars 26


 P’TIT RAWETT’ :  PETIT CLIN D’ŒIL À LA JOURNÉE MONDIALE DU DROIT DES FEMMES. (8 MARS)

PRÉCIEUSE ÉTOILE


    Il était une fois une petite étoile tombée du ciel, égarée en plein champ sur la planète Terre. Comment ne pas être repérée quand on scintille de la sorte !
    Survient une femme, toute occupée à ramasser des branches mortes pour chauffer sa maison. La femme doucement s’approche, de ses mains délicates elle écarte la terre qui écrase la malheureuse étoile. Peu à peu celle-ci revit, elle brille bientôt de tous ses feux.
    Oh, se dit la femme, je vais l’emporter dans ma maison, elle éclairera mon mari quand il reviendra du travail.
    Abandonnant ses branches mortes, dans ses deux mains ouvertes, rapprochées en forme de coupe, la femme recueille la petite étoile, et toute joyeuse regagne sa maison.
    Arrivée chez elle, sur un socle près de la porte, elle dépose sa précieuse découverte.
    De retour le soir, le mari est étonné par la vive clarté qui l’accueille en franchissant la porte.
    - Qu’est-ce que cette chose brillante ? demande l’homme.
    La femme raconte.
    - Elle nous est précieuse cette étoile, dit l’homme.  Gardons-la pour nous.
    - Non, dit la femme, mettons-la dehors, elle éclairera tous ceux qui passeront près de notre maison.
    Plus l’homme disait :
    - Gardons-la pour nous ;... plus la clarté de l’étoile diminuait.
    Plus la femme disait :
    - Mettons-la dehors ;... plus l’étoile brillait.
    L’homme prépare une place sur le rebord de la fenêtre et y dépose le brillant trésor.
    Depuis ce jour, la petite étoile n’a pas quitté sa fenêtre et sa clarté est de plus en plus vive.
 

Tagore


samedi 7 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e samedi carême Luc 15, 1-3.11-32


Hymne
: E 235 : Je reviendrai à la maison de mon Père (texte voir ci-dessous)

Introduction 

Nous voici rassemblées pour un temps de prière, à huis clos, mais, en communion avec l’Église entière. Prenons le temps de laisser l’Esprit élargir nos cœurs. Que notre prière ne soit pas limitée aux murs de cette église. Qu’elle rejoigne tous nos frères et sœurs chrétiens, tous nos frères et sœurs humains. Qu’elle les porte devant Dieu. 
Au fait : Qui donc est Dieu ? n’est-ce pas la question que nous devons nous poser à chaque fois que nous entrons en liturgie ? chaque fois que nous écoutons la Parole de Dieu ? qui donc est Dieu ? 
Nietzche l’a pris pour un gendarme, un surveillant malveillant, il s’est déclaré athée, moi aussi je suis athée d’un tel dieu. 
Certains l’ont pris pour un être allergique à la joie, un être dur, ils l’ont abandonné, moi aussi je suis athée d’un tel dieu. 
Alors, qui donc est Dieu ? 
La parabole du « Père prodigue » que nous allons entendre au cours de ce temps de prière, nous pensons la connaître, écoutons-la, comme si c’était la première fois, laissons-nous renouveler encore et toujours dans notre foi en la recevant. Préparons nos cœurs par le chant des psaumes. 


Oraison 

Dieu de tendresse, notre Père,
ta Parole est la Bonne Nouvelle qui illumine la grisaille de nos existences.
Sans te lasser, tu relèves ton peuple de ses misères
et tu l’invites à la joyeuse table de ton Fils.
Éveille notre attention, donne-nous faim de ta Parole.
Que ton Esprit purifie nos pensées de tout ce qui les détourne de ton message,
qu’il nous rende réceptifs.
Gloire et louange à toi pour les siècles des siècles. (1)


Bref commentaire : 

Qui donc est Dieu ? 
Je vous propose un bref temps de silence, que chacune puisse en son cœur, se dire, à l’écoute de cette Parole, qui est Dieu, aujourd’hui, pour elle. 
Silence

Lecture d’un commentaire de Pagola : les bras toujours ouverts

    Le véritable protagoniste de cette parabole est le père. A deux reprises, il reprend le même cri de joie : « Mon fils était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et nous l’avons retrouvé ». Ce cri révèle ce qui habite son cœur de père. 
    Ce n’est ni son honneur ni ses intérêts ni le traitement que lui réservent ses fils, qui inquiète ce père. Jamais il n’utilise un langage moralisateur. Il ne pense qu’à la vie de son fils : qu’il ne se détruise pas, qu’il ne demeure pas dans sa mort, qu’il ne se perde pas ignorant la joie de la vie. 
    Le récit décrit bien des détails la rencontre surprenante du père avec ce fils qui avait quitté son foyer. Étant encore loin, le père « le vit », marchant affamé et humilié, et « il fut ému » jusqu’aux entrailles. C’est ce regard bon, plein de bonté et de compassion qui nous sauve. Car seul Dieu nous regarde ainsi. 
    Tout de suite, “il se mit à courir”. Ce n’est pas le fils qui revient à la maison ; C’est le père qui sort en courant et cherche à l’embrasser plus ardemment que son propre fils. « Il se jeta à son cou et se mit à le couvrir des baisers ». Voilà ce que Dieu fait toujours : courir, les bras ouverts, vers tous ceux qui reviennent vers lui. 
    Le fils commence sa confession qu’il a préparée depuis longtemps dans son cœur. Le père l’interrompt pour lui épargner davantage d’humiliations ; Il ne lui impose aucun châtiment, il n’exige de lui aucun rite d’expiation, ne lui met aucune condition, pour l’accueillir dans sa maison. Seul Dieu accueille et protège de la sorte les pécheurs. 
    Le père ne pense qu’à la dignité de son fils. Il faut agir vite. Il fait apporter les meilleurs habits, l’anneau du fils et les sandales pour entrer dans la maison. C’est ainsi qu’il sera reçu lors d’un festin célébré en son honneur. Le fils doit connaître auprès de son père la vie digne et heureuse dont il n’a pas pu jouir loin de lui. 
    Celui qui entend cette parabole du dehors, ne comprend rien. Il continuera sur le chemin de la vie, sans Dieu. Mais celui qui l’écoute dans son cœur, peut-être pleurera-t-il de joie et de reconnaissance. Il sentira pour la première fois que dans le mystère ultime de la vie, il y a Quelqu’un qui nous accueille et qui nous pardonne car il ne veut que notre joie.  


Auteur: José Antonio Pagola

https://www.feadulta.com/es/buscadoravanzado/item/10611-les-bras-toujours-ouverts.html

Silence
Chant méditatif: E 262 (voir ci-dessous)
Oraison
Père de toute bonté,
nous te bénissons pour les paroles de vie reçues en cette célébration ;
elles nous ont ramenés sur des chemins de réconciliation et de résurrection.
Par ton Esprit Saint, guide-nous dans notre marche vers Pâques.
Gloire à toi Dieu béni pour les siècles des siècles . (1)


Notre Père

Sr Myrèse le 14 mars 20

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(1)  Source : Feu Nouveau

E 235 : je reviendrai à la maison de mon Père  Jacques de saroug (IVe-Ve s)
1- Je reviendrai à la maison de mon Père
Comme le prodigue je serai accueilli
Comme il fit, ainsi ferai-je
Ne m’exaucera-t-il pas ?


2- A ta porte, Père miséricordieux, voici que je frappe
Ouvre-moi, fais-moi entrer.
De peur que je ne me perde
Et m’éloigne et périsse.


3- Comme à la pécheresse pardonne-moi, ô Fils de Dieu,
Comme du publicain, aie pitié de moi, et je vivrai par ta grâce
Comme Pierre du milieu des flots, tire-moi
Comme du larron aie pitié et souviens-toi de moi dans ton Royaume.


4- Comme à l’aveugle, ouvre-moi les yeux
Que je voie ta lumière ;
Comme le sourd, guéris-moi
Que j’entende ta voix


5- Comme la brebis qui s’égara
Cherche-moi, Seigneur, trouve-moi
Et, sur tes épaules ramène-moi
A la maison de ton Père.


6- A toi soit la gloire ô Fils unique,
Ainsi qu’au Père et à ton Esprit-Saint,
Au Dieu qui est, qui était et qui vient 
Maintenant et dans les siècles des siècles.

E 262 Point de prodigue sans pardon
Auteur : CFC (Commission Francophone Cistércienne)
Compositeur : Joseph Gelineau

1-Point de prodigue sans pardon qui le cherche,
Nul n'est trop loin pour Dieu ;
Viennent les larmes où le fils renaît,
Joie du retour au Père.


2-Point de blessure que sa main ne guérisse,
Rien n'est perdu pour Dieu ;
Vienne la grâce où la vie reprend,
Flamme jaillie des cendres.


3-Point de ténèbres sans espoir de lumière,
Rien n'est fini pour Dieu ;
Vienne l'aurore où l'amour surgit,
Chant d'un matin de Pâques. 


vendredi 6 mars 2026

Liturgie de la Parole 2e vendredi carême Matthieu 21, 33-46

La pierre rejetée 

Méditation 

     Comme beaucoup de paraboles de Jésus, la parabole des vignerons homicides peut se lire successivement à deux niveaux : 
- au niveau du destin de Jésus lui-même, 
- au niveau actuel de notre vie chrétienne. 


- Au moment où Jésus la prononçait, les Juifs ne s'y sont pas trompés : Jésus voulait décrire ses relations avec son propre peuple. La vigne, c'est le peuple de l'Alliance. Dieu, qui l'a plantée, l'a confiée d'abord au roi, puis à d'autres chefs au retour de l'exil. Il attendait de sa vigne Israël des fruits de sainteté, et de temps à autre il a envoyé ses serviteurs les prophètes pour recueillir les fruits en son nom ... Mais on a battu, lapidé, tué les prophètes. Alors Dieu a envoyé son propre Fils, celui qu'il a fait héritier de toutes choses, et Jésus annonce ce qui va lui arriver : on le tuera hors de la vigne sur la colline du Golgotha. 


 Mauvais calcul, prévient Jésus : vous voulez tuer l'héritier pour avoir l'héritage, mais Dieu ne renoncera pas à son plan de salut : - l'héritage passera aux Gentils, qui seront le peuple de la nouvelle alliance ; - d'autres vignerons, ses propres Apôtres, prendront en main le peuple fidèle. 


 Mauvais calcul, vous voulez bâtir sans moi et vous me rejetez, comme matériau sans valeur, c'est pourtant sur moi que reposera pour toujours l'œuvre du salut ! 


-Cette erreur tragique guette encore notre monde. Même des hommes qui ont rencontré le Christ voudraient vendanger sans lui dans leur propre vie et dans la vie des autres. Même dans l'Eglise on laisse parfois se distendre la référence à l'Envoyé de Dieu. Ou bien l'on dévalue la personne même de Jésus Christ, en effaçant sa divinité, au point que Jésus n'est plus qu'un modèle de droiture, un rêveur de génie. 


Et Jésus, Fils de Dieu venu sauver des hommes, attend, oublié, méprisé, comme une pierre de rebut, non loin de la grande Babel où de nouveau les hommes se disputent. 


Mais nous-mêmes qui sommes responsables de la vigne du Carmel, que pourrions-nous offrir si aujourd'hui le Seigneur venait chercher des fruits ? La question que chacun/e d'entre nous entend dans cet Évangile concerne l'authenticité de sa vie, de son service de Dieu et de sa prière ; c'est une question amicale que le Sauveur nous pose sur la fécondité de notre existence sur terre : "Si aujourd'hui, ce soir, je viens chercher les fruits de ma vigne, tes fruits de foi, et d'espérance courageuse, les fruits de ta charité, que vas-tu me donner ? Qu'est-ce qui remplit tes mains, qu'est-ce qui habite ton cœur ?" 


Frères et sœurs, que cette Eucharistie, comme toutes celles qu'il nous est donné de vivre, soit pour nous à la fois célébration de la fidélité de Dieu, rencontre de Jésus l'Envoyé, et offrande filiale de nos derniers fruits.

Père Jean Lévêque ocd (Carme)

http://bibleetviemonastique.free.fr/matthieu/turris.htm 
Proposé par Sœur Samuel le 5 mars 20