samedi 11 juillet 2026

Liturgie 11 juil. Fête de St Benoît

Homélie

Tous les bons randonneurs savent qu’il est très dangereux de s’aventurer sans en emporter une boussole. Ce n'est pas un objet très impressionnant. De nos jours, tout le monde préfère son GPS. Il est plus moderne, plus sophistiqué, plus précis.

 Et pourtant... lorsque le brouillard tombe, lorsque le téléphone n'a plus de batterie ou ne capte plus le réseau, la vieille boussole retrouve toute son importance. Elle ne vous dit pas où se trouve le prochain refuge. Elle indique simplement le nord.

 En préparant cette fête de saint Benoît, je me suis dit qu'il ressemblait un peu à cette vieille boussole. Aujourd'hui, il aurait sans doute été un peu dérouté par nos GPS ! Ils nous disent sans cesse : « Recalcul de l'itinéraire... » Alors que Benoît nous poserait probablement une seule question : « Es-tu toujours orienté vers le Christ ? »

 Il ne nous donne pas toutes les réponses. Il ne prévoit pas toutes les situations. Il nous aide simplement à garder le cap. C'est sans doute pour cela que la Règle commence par un seul mot : « Écoute… » Non pas : organise, réussis, maîtrise... Mais : Écoute.

Chères moniales, vous connaissez ce premier mot depuis longtemps. Peut-être même trop bien. Et c'est là le risque. Les paroles que nous connaissons le mieux sont parfois celles que nous n'entendons plus. Pensons aux cloches du monastère. Elles sonnent chaque jour avec la même fidélité. Pourtant, il arrive qu'on ne les entende même plus. Elles sont devenues familières.

Il peut en être ainsi de la Parole de Dieu. Les psaumes reviennent. La Règle revient.

L'Évangile revient. Mais Dieu, lui, ne se répète jamais. C'est toujours nous qu'il rejoint autrement. C'est pourquoi Benoît écrit : « Écoute, mon fils, les préceptes du Maître et incline l'oreille de ton cœur. »

 L'oreille du cœur... Quelle magnifique expression ! Les oreilles entendent des sons.

Le cœur, lui, entend un appel.

 Et cette écoute n'est jamais terminée. À vingt ans, on n'écoute pas la Parole comme à cinquante. Ce n'est pas la Parole qui change. C'est notre cœur qui se creuse, qui s'élargit, qui devient capable d'entendre autrement.

 Jésus nous parle de la maison bâtie sur le roc. Le roc ne supprime pas les tempêtes. Il permet simplement à la maison de tenir.

La vie de saint Benoît n'a pas été un long fleuve tranquille.

Et la nôtre ne l'est pas davantage. Il y a les enthousiasmes des commencements. Il y a les fidélités plus discrètes des années. Il y a les jours lumineux. Et il y a aussi les jours où le brouillard tombe.

Mais une boussole n'empêche pas le brouillard. Elle évite seulement de perdre le nord. Et quel est ce nord ? Saint Benoît répond en une seule phrase, l'une des plus belles de toute la Règle : « Ne rien préférer à l'amour du Christ. »

 Voilà le nord. Tout est là. Non pas une observance parfaite. Non pas une vie sans failles. Le Christ !

Et chaque matin, il nous faut vérifier doucement la direction de notre cœur. Car il est toujours possible de préférer autre chose. Ses habitudes. Ses certitudes. Son caractère. Sa tranquillité. Même dans un monastère, le cœur humain reste un cœur humain. C'est pourquoi Benoît nous ramène sans cesse à l'essentiel.

 Et puis il y a cette phrase du Prologue que je trouve extraordinaire :

« À mesure que l'on progresse dans la vie monastique et dans la foi, le cœur se dilate, et l'on court dans la voie des commandements de Dieu avec l'indicible douceur de l'amour. » Quelle confiance dans la grâce !

 Nous aurions peut-être écrit le contraire. Avec les années, on marche moins vite. Les jambes deviennent plus prudentes. Le corps rappelle ses limites.

Et Benoît, lui, ose parler d'un cœur qui se dilate... d'une personne qui court !

Il ne parle évidemment pas des jambes. Il parle du cœur.

Voilà la jeunesse de l'Évangile !

Le corps peut vieillir. Le cœur, lui, peut continuer à grandir. Il peut devenir plus libre.

Plus paisible. Plus accueillant. Plus aimant.

 N’est-ce pas là, la véritable joie bénédictine ? Une joie discrète. Une joie qui ne fait pas de bruit. Une joie qui ne nie pas les difficultés, mais qui naît de la certitude que le Christ demeure toujours le nord.

 En ce jour de fête, demandons à saint Benoît que notre cœur ne cesse jamais de se dilater, afin que nous puissions courir, aujourd'hui encore, « avec l'indicible douceur de l'amour », sur le chemin où le Seigneur nous précède.

Doyen Philippe Goosse, Hurtebise le 11 juillet 26

vendredi 10 juillet 2026

Liturgie 14e vendredi TO-II Matthieu 10, 16-23 ; Osée 14, 2-10

Introduction

Nous sommes rassemblés en ce jour en Église élargie.

Osée dans son texte dit à Israël : « de revenir au Seigneur son Dieu, car elle est effondrée par suite de ses fautes. » Israël est effondrée. Osée lui demande de revenir à la Source qui est Dieu, Lui qui est Vie et Résurrection. Ensemble prions et mettons notre cœur en Lui.

 

Méditation

Osée nous invite à revenir au Seigneur quand nous sommes effondrés, quand quelque chose ne va pas, ne « fonctionne » pas. Soit en nous- mêmes, soit dans nos relations, notre travail ou autres circonstances. Car c’est Dieu qui est notre source, notre force, notre chemin. Il est la VIE. Osée conseille à Israël, que nous sommes, d’offrir en sacrifice les paroles de nos lèvres. Non pas de jeûner, pas d’autres genres de sacrifices, mais « d’offrir en sacrifice les paroles de nos lèvres. » Nous avons l’opportunité de Lui parler, de le louer ; d’échanger nos joies et nos difficultés. C’est extraordinaire, vous ne trouvez pas !!! … L’Esprit Saint nous guide. Il est bon de s’arrêter quelques secondes et de l’écouter dans la journée. Écouter ce qu’il nous dit, nous conseille. Il nous oriente et nous aide à agir. Pourquoi, si c’est le cas, nous ne l’écoutons pas au moment opportun ? Qu’est-ce qui nous en empêche ? Le Seigneur répond « qu’Il prodiguera son amour ». L’amour de Dieu est l’engrais nécessaire, indispensable pour notre vie. Il fait croître , grandir , fleurir , fructifier .Pourquoi l’ignorer ? Profitons de cet amour qu’Il nous offre.

 

En Matthieu, Jésus dit aux apôtres : « voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » Jésus au long de sa vie en a fait l’expérience. Il sait ce qu’il dit.  Envoyer des brebis là où il y a des loups, elles risquent de se faire dévorer. La brebis va devoir amadouer, apprivoiser le loup…Quel audace ! Quel renversement ! Jésus nous invite à vivre notre foi profonde, d’avoir confiance en LUI. De nous débarrasser de nos peurs.

Jésus dit aussi d’être adroits comme des serpents, et candides comme les colombes. Quand nous entendons serpents, on a peur, on y voit du mauvais, on y voit du venin. Mais c’est beau de voir Jésus lui donner une qualité : le serpent est adroit. Et Jésus nous le donne comme exemple à suivre.

Jésus prend deux êtres vivants bien différents, deux animaux, comme référence : le serpent et les colombes.  Le serpent rampe. Il garde contact avec la terre. Si vous me permettez l’expression : « Il a les pieds sur terre » bien qu’il n’en ait pas. Il est humain. La colombe peut marcher mais elle vole surtout. Comme l’Esprit plane sur les eaux. Je la vois comme signe de transcendance, contact avec Dieu. (Donc relation entre Terre et Ciel : serpent et colombe). Quand nous avons devant nous une (ou des) personne(s) envers qui nous avons la tentation de cracher notre venin, comme le serpent quand il se sent en danger ; ou de fuir, comme la colombe dès qu’elle entend un bruit, Jésus nous dit d’avoir une certaine sagesse avec ces personnes : réfléchir avant d’agir , maintenir le calme , la douceur , la tendresse . Avoir un esprit pur, franc et simple comme la colombe. Oser dire la vérité en maintenant la sagesse en nous-mêmes et envers autrui.

Demandons au Seigneur d’être adroits comme le serpent tout en restant humain et d’être candides comme la colombe tout en restant connectés à l’Esprit-Saint.  De maintenir notre esprit lucide, en toutes circonstances ; d’être des disciples fidèles là où nous sommes. D’être bien ancrés dans notre vie humaine tout en restant en relation avec le Seigneur, avec l’Esprit Saint.

Silence

 

Introduction au Notre Père

Jésus nous invite à mettre notre confiance en lui. Prions ensemble la prière qu’il nous a confiée et qui nous unit à notre Père

 

Unissons nos prières

Seigneur, Tu nous invites à revenir à Toi. Tu nous invites à vivre notre foi profonde et à développer notre confiance en Toi. Donne-nous ta Sagesse, ton Esprit pour que nous devenions des témoins adroits comme le serpent et candides comme la colombe au long de notre vie. Par Jésus-Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Véronique le 10 juillet 2020

jeudi 9 juillet 2026

Liturgie de la Parole 14e jeudi TO-II Matthieu 10, 7-15 : Osée 11, 1-4.8c-9

Introduction

Entends-tu la voix qui au plus profond t’appelle ? le Seigneur, aujourd’hui encore nous appelle à sortir de notre Egypte ! nous sommes ses enfants, il nous appelle où que nous soyons. Il veut nous apprendre à vivre, à marcher sur les chemins du Royaume, les chemins de l’Evangile. Et souvent nous ne comprenons pas… nous ne voulons pas revenir à lui. Ecoutons dans cette liturgie la Parole de notre Dieu et Père qui nous appelle.

 

Méditation

« Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche ». On a déjà entendu cette prédication dans l’Evangile. Au chapitre 3 de l’Evangile de Matthieu, ce sont les mots du Baptiste, au chapitre 4, ce sont ceux de Jésus inaugurant sa mission ! mais il y a une différence de taille : le Baptiste et Jésus, ajoutaient à l’annonce de la proximité du Royaume, l’invitation à la conversion ! Ici rien de cela. Les apôtres sont envoyés annoncer la proximité du Royaume. Ils n’ont pas à parler de conversion. Ceux qui autrefois parcouraient nos campagnes pour inviter à la conversion, semant la terreur de l’enfer, ne pouvaient se revendiquer de cet envoi en mission par Jésus. Jésus demande d’annoncer le Royaume, point. La conversion viendra comme un surcroît si l’invitation du Royaume est reçue ! et peut être la plus grande conversion attendue, sera celle même de l’envoyé !

Et puis Jésus décrit le comportement du missionnaire : il guérit les malades et ressuscite les morts : il est au service de la vie, de la lutte contre le mal. Il purifie les lépreux : il lutte contre toutes les sources d’exclusion. Il expulse les démons : il lutte contre tout ce qui aliène les humains.  Bref, il participe à la mission même de Jésus, car ces quatre actions en fait sont celles que Jésus vient de poser juste avant de prendre la parole pour ce discours de mission. L’apôtre prêche la proximité du Royaume par les actes. Il pose des gestes de libération, de salut.

 Jésus continue ses conseils : vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. La mission n’est pas un travail salarié. Il est partage de la grâce reçue de Jésus. On pourrait alors penser que le disciple doit prévoir de quoi subvenir à ses besoins, emporter de l’argent, prévoir une tunique de rechange, etc. et non, rien de cela. Il doit partir dans la confiance, les mains vides. Il ne va pas jouer au généreux donateur qui distribue des monnaies sonnantes et trébuchantes. Il va aller à la rencontre les mains vides. L’auto-suffisance ne serait pas signe du Royaume. L’ouvrier mérite sa nourriture, dit Jésus. Sa nourriture, pas son salaire. IL va entrer dans une démarche de partage. IL va apprendre à recevoir ! IL va prêcher la conversion par sa manière de vivre, et non par des paroles ! Il va se convertir lui-même !

C’est dire, que l’envoyé ne va pas être le grand, celui qui donne : celui qui annonce le salut, celui qui prêche… et les autres, les petits : ceux qui reçoivent. IL ne sera pas celui qui sait, face à ceux qui ne savent pas. Celui qui possède, face à ceux qui ne possèdent pas. Il va s’établir entre l’envoyé et ceux qui le reçoivent une relation d’égalité, où chacun donne et chacun reçoit. Ainsi c’est une fraternité qui se construit, qui s’édifie. Et dans cette fraternité va s’expérimenter la proximité du Royaume des cieux. Et dans cette fraternité, va s’expérimenter combien nous sommes enfants d’un même Père, celui dont parlait déjà Osée. Celui qui nous aime, et nous guide par des liens d’amour.


Introduction au Notre Père 

Jésus tu nous as donné les mots pour la prière. Tu nous as appris que nous avions un Père, qui veille sur nous, qui nous apprends à vivre librement dans l’amour. Avec toi, nous voulons redire la prière que tu nous as apprise.


Prière de conclusion

Seigneur Jésus, tu es passé sur notre terre, annonçant le Royaume, et faisant le bien. Aujourd’hui tu nous partages ta mission. Donne-nous de l’accueillir humblement, et d’y répondre par toute notre vie. Nous te le demandons, toi qui règnes avec le Père dans l’unité de l’Esprit pour les siècles des siècles.

Sr Myrèse le 9 juillet 2020

mercredi 8 juillet 2026

Liturgie de la Parole 14e mercredi TO-II Matthieu 10, 1-7 ; Osée 10, 1-3.7-8.12 ; Ps 104 (105)

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

Un double choix. Une double réalité.

D’un côté, l’idolâtrie, celle qui menaça Israël pendant toute son histoire.

De l’autre, le choix du Royaume des Cieux.

D’un côté, le « péché d’Israël ».

De l’autre, la distanciation (un mot actuel !) face aux nations païennes.

Et, entre les deux termes de l’alternative, l’invitation du psalmiste :

« Cherchez le Seigneur et sa puissance, recherchez sans trêve sa face… »

Laissons-nous interroger en nos vies.

Et accueillons dans notre prière les intentions de notre monde : oui, « Le Seigneur, c’est lui notre Dieu ! »

 

Méditation

Selon les mots de l’acclamation :

« Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! »

Cet appel à la conversion imprègne toute la prédication des prophètes.

Osée, prophète du Nord au 8e siècle, évoque la fécondité d’Israël :

« Une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit »

On devine la main habile et pleine de sollicitude du vigneron, le Dieu d’Israël.

Mais cette fécondité, au lieu de conduire Israël vers son Dieu, l’en détourne :

« Israël multipliait les autels… embellissait les stèles des faux dieux »

Le mal est mis à nu :

« Son cœur est partagé »

Mais Osée ne se contente pas de dénoncer, il ouvre une issue vers « des semailles de justice… (et) une moisson de fidélité… Il est temps de chercher le Seigneur ! »

Dans l’Evangile, Jésus appelle ses 12 disciples et les envoie en mission.

Il leur confie le pouvoir d’ « expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité »

A l’époque de Jésus, la maladie était signe du péché et du règne de Satan.

Et le péché, c’est le refus de Dieu, c’est la non-foi.

Là aussi, l’idolâtrie qui se laisse deviner…

Pour y remédier, Jésus mandate ses disciples :

« Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche ! »

Et nous aujourd’hui, Jésus nous questionne et nous envoie en mission.

Nous laisserons-nous interpeller par son invitation à choisir le Royaume des Cieux, à prendre résolument le chemin de Dieu et à nous détourner des idoles qui nous séduisent ?

Pour nous y aider, le psalmiste nous offre un moyen très efficace :

« Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites »

L’invitation à se souvenir est très présente dans la Bible, surtout dans le Premier Testament.

Se souvenir, faire mémoire, des œuvres de Dieu, de ses interventions en nos vies, de son amour pour nous, des traces de son action sur notre terre.

Se souvenir nous conduit à l’action de grâces et nous ouvre à l’Espérance…

Comment pourrions-nous encore nous attarder avec les idoles ?

Elles sont des « citernes lézardées qui ne tiennent pas l’eau », selon l’expression savoureuse de Jérémie (2, 13)

Choisissons plutôt Celui qui est « la source d’eau vive » !

Ecoutons la voix intérieure qui nous appelle.

Tournons-nous vers notre cœur, là où Dieu habite, nous attend, nous espère…


Oraison

Seigneur, lorsque la recherche des faux dieux avilit ton peuple, ton prophète exhorte : « Il est temps de chercher le Seigneur ! »

À ses disciples, ton Fils Jésus donne le pouvoir de se détourner du péché et de reprendre résolument le chemin qui conduit à Toi.

Aujourd’hui, tu nous invites à te chercher, à te choisir et tu nous offres le cadeau et la mission de bâtir, avec Toi, le Royaume des Cieux.

Accorde-nous de te répondre oui avec enthousiasme, afin que la joie du psalmiste soit nôtre : « Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ! »

Nous te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 8 juillet 2020

mardi 7 juillet 2026

Liturgie de la Parole 14e mardi TO-II Matthieu9, 32-38 ; Osée 8, 4-7.11-13

Introduction

« Ils ont fait des rois, mais sans mon aveu, ils ont fait des chefs mais à mon insu… puisqu’ils sèment le vent, ils moissonneront la tempête. » Que faisons-nous du Seigneur ? Qui ou que mettons-nous à sa place ? Cette parole d’Osée est vraiment prophétique et toujours d’actualité. Jésus, dans l’Evangile de Matthieu va nous enseigner qui est Dieu et ce qu’il attend de nous. Une invitation à prier, écouter puis répondre.

Méditation

Ce que nous venons d’entendre n’est pas un slogan publicitaire ou une proposition de boulot via la voix d’un agent intérimaire. C’est la demande de Jésus à ses disciples et à tous ceux qui ont le désir de le suivre : prier, écouter, répondre ; décider une fois pour toutes que notre vie est sous la guidance du Saint-Esprit et non pas sous la guidance de nos projets ou de notre volonté.

La guidance du Saint Esprit. C’est celle que Jésus a vécue : « Je dis ce que j’ai vu chez mon Père » (Jean 8, 38) ; « Ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé ce que j’avais à dire et à faire connaître » (Jean 12, 49). Je trouve cela fascinant ! C’est possible de se laisser mouvoir, de se laisser émouvoir, de se laisser bouger par le Saint Esprit.

Ce serait intéressant de s’arrêter pour une relecture de nos vies où nous pourrions mettre le doigt sur ces visitations du Saint-Esprit à travers des rencontres, des événements, des activités, des partages… et de voir comment nous l’avons écouté et lui avons répondu.

Je voudrais que nous regardions d’un peu plus près comment ça se passe pour Jésus pour mieux comprendre à quoi il nous invite !

Jésus est en pleine activité. Il parcourt toutes les villes et villages, il y enseigne dans les synagogues, il proclame la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et guérit toute sorte de maladies et d’infirmités. Tout ce qu’il fait est pour restaurer et mettre en œuvre la vie. L’ampleur du travail est immense.

« Voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles, parce qu’elles étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger »

Cette attitude de Jésus me touche beaucoup. De quelle pitié s’agit-il ? Il y a une manière viscérale de ressentir de la compassion : il est saisi aux entrailles. Il a la boule au ventre de voir toutes ces foules de gens fatigués, abattus, qui errent comme des brebis sans berger. Tous ces gens ont leur raison pour suivre Jésus. Certains, il ne faut pas être dupe, viennent pour être guéris, leur confiance est liée à leur besoin du moment, un besoin de guérison, et Jésus les guérit ou les libère de démons. D’autres ont soif de plus de vie, de mieux être. Alors, à travers ses paroles et ses miracles, Jésus fait plus que guérir, il fait apparaître Dieu ; mais cette vision, cette perception de Dieu ne s’impose pas. Elle se propose. Ce que Jésus induit, c’est que la puissance de l’Amour de Dieu est le seul pouvoir de guérir de manière définitive. En ce sens, ses miracles, au même titre que ses paroles, sont des enseignements qui ouvrent sur des perspectives de vie.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson »

Le constat est criant, aujourd’hui pas moins que hier. Si le Saint Esprit. nous suggère de faire quelque chose, le faisons-nous ?  La vie dans le Saint Esprit demande un lâcher-prise total parce que se laisser conduire par lui, c’est lâcher la conduite uniquement par mode de projet. Sans doute il est nécessaire de réfléchir mais aussi remettre le fruit de la réflexion au Saint Esprit. L’intelligence seule, la rationalité seule n’a aucun goût. C’est juste cohérent, ou pas cohérent, selon le cas, mais ça n’a pas de goût. Par contre, la rationalité remise au Saint Esprit nous fait dire : « Cette solution-ci, quand je l’envisage, me donne de l’enthousiasme et de la joie, et cette solution-là, quand je l’envisage, m’alourdit complètement ». Cà c’est le goût.

J’expérimente avec bonheur ce travail de restauration au nom de Jésus, dans l’accompagnement de détenus. Je pourrais sûrement me sentir dépasser par l’ampleur du travail si j’en faisais une affaire personnelle mais dans cette perspective de collaborer à l’œuvre du Saint Esprit il y a une légèreté, un bonheur et un enthousiasme qui ne trompe pas. La vie dans le Saint Esprit a un goût. Comme dit Bernard BASTIAN quand on n’a pas le cœur brûlant on a le cerveau brûlant. On a plein d’idées, de bonnes idées, on construit des plans, des projets, des stratégies, des pastorales… et il arrive que personne n’en veuille ou que ça ne marche pas. Et après, on est fatigué. Tout cela doit nous éveiller. Cela signifie que c’est l’Esprit qui conduit, l’Esprit qui est dans l’Evangile et l’Esprit qui est dans notre cœur.

Alors, oui, en lisant l’évangile d’aujourd’hui, je reconnais les prophètes, les guérisseurs, les pacifistes et les pacifiants, aussi les pourvoyeurs de justice, les écoutants, les accueillants, les aidants qui, aujourd’hui travaillent, consciemment ou inconsciemment, à la réalisation du Royaume. Je reconnais aussi tous les lépreux, les aveugles, les sourds, les malades, les endeuillés, les exclus pour toutes sortes de raisons qui, dans la foi, consciente ou inconsciente, sont mis ou remis debout. Aucune de ces personnes ne fait la « une » des journaux… ou trop rarement. Cependant chacun et chacune d’entre elles sont un levier créateur du Royaume annoncé. Chacun et chacune d’entre elles me donnent à croire que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans le monde ou plus particulièrement dans le cœur des hommes. Voilà ce que les récits de miracles me permettent de discerner, voilà ce qu’ils me font percevoir de cette présence bénéfique de l’Esprit de Pentecôte à l’œuvre dans nos vies d’hommes et de femmes.

Priez le maître de la moisson qu’il envoie les ouvriers, que nous sommes tous et toutes, à sa moisson.

Introduction au Notre Père

Seigneur Jésus, c’est toi qui nous montres l’exemple, c’est toi qui nous invites à mettre nos pas dans les tiens et à goûter au bonheur de vivre de ta vie. Pour que nous osions l’aventure avec toi, inspirés par l’Esprit de vérité et de vie, prions notre Père comme toi-même tu nous l’as enseigné.

Prière de conclusion

Seigneur, Tu es le Dieu de l’inattendu, de l’imprévisible mais avec certitude Tu es le Dieu de la Vie. Apprends-nous à entendre ta voix, rends-nous docile à ton enseignement et donne-nous le bonheur de te servir là où Tu nous y appelles.

Raymond le 7 juillet 2020