vendredi 2 octobre 2026

Liturgie 2 octobre anges gardiens Matthieu 18, 1-5.10 ; Exode 23, 20-23a ; Psaume 90 (Lectures propres)

Introduction

Nous voici rassemblés, en communauté, en Église.

En ce 2 octobre, nous fêtons la mémoire des Anges gardiens.

Comme vous vous en doutez, cette fête ne remonte pas à la haute Antiquité !

Si le culte des anges gardiens collectifs (patrons de villes, de corps de métiers et de corporations) se développe à la fin du 14e siècle, la fête des anges gardiens personnels n’est instituée par le pape Paul V qu’en 1608.

Et un tel culte peut poser question, lorsqu’on lit un verset de la lettre aux Colossiens, où saint Paul met en garde contre le culte des anges :

« … La réalité, c’est le Christ. Ne vous laissez pas frustrer de votre récompense par ceux qui veulent vous humilier par un culte des anges et qui s’évadent dans des visions et se laissent vainement gonfler d’orgueil par des idées purement humaines » (2, 17-18)

Certes, une telle fête remporte un certain succès à notre époque : l’idée d’un ange qui accompagne chacun, de sa naissance à la vie dans l’au-delà, qui guide, protège et conseille, peut séduire. Sans compter les sites qui proposent de trouver son ange gardien…

 

Si cette mémoire est inscrite en notre calendrier liturgique, c’est que le Seigneur a quelque chose de neuf à nous dire !

D’ailleurs, les lectures du 2 octobre sont choisies en fonction de la fête…

Que nous dit l’Évangile ?

Il nous confronte à une question des disciples :

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Cette question peut nous interpeler, en notre époque où la grandeur ne cesse d’être mise en évidence, en termes de succès, de beauté, de performance…

Laissons-nous toucher par la Parole de Dieu.

Et, en priant les psaumes au nom des hommes et femmes de notre monde, recevons déjà la confidence qu’Il nous adresse : « Je vais envoyer un ange devant toi… »

 

Méditation

La question des disciples vise un certain contexte :

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Ils perçoivent bien que la grandeur humaine et la grandeur selon le projet de Dieu ne reçoivent pas nécessairement le même contenu…

Pour répondre à cette question, « Jésus appelle un petit enfant (et) le place au milieu d’eux »

Mais ne confondons pas : il ne s’agit pas de l’enfant-roi de notre 21e siècle !

Le portrait de l’enfant de l’Antiquité est tout différent : il doit servir les grands, n’a pas la parole et doit obéir en tout.

Comme le dit Paul dans la Lettre aux Galates :

« Tant que l’héritier est un petit enfant, il ne diffère en rien d’un esclave… » (4, 1)

Par sa réponse, Jésus situe la vraie grandeur et ouvre l’accès du Royaume :

« changer pour devenir comme les enfants… se faire petit comme cet enfant »

Retrouver la voie de l’enfance – on fêtait hier Ste Thérèse de Lisieux ! -.

Vivre sa vie dans la simplicité, l’humilité, la confiance.

Voilà la vraie grandeur.

Tel est celui qui a de l’importance aux yeux de Dieu et dans son Royaume.

Et, à cette vraie grandeur, Jésus associe une autre dimension :

« Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi »

 

Ce propos de Jésus dévoile le message qui est au cœur de la fête de ce jour.

L’humilité de nos chemins d’hommes, l’accueil que nous réservons aux petits attire la Providence de Dieu, sa proximité, sa protection, sa sollicitude :

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits… leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux »

Invitation à choisir la vraie grandeur, à revisiter notre accueil des plus petits, à relire notre vie, pour en faire un chemin d’accès au Royaume de Dieu.

Sur ce chemin, gardons confiance !

Par le psalmiste, Dieu nous exprime une promesse :

« Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure : Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins »

 Temps de silence

Notre Père

Avec les petits de notre monde qui nous appellent à la fraternité, adressons notre prière à Notre Père…

Oraison

Dieu notre Père, en cette fête des anges gardiens, nous avons perçu combien tu te fais proche des petits, des humbles ; et de nous-mêmes, lorsque nous choisissons le chemin de la simplicité, de l’humilité, de la confiance. Inspire-nous un comportement, des paroles, qui s’accordent à la vraie grandeur, celle qui nous ouvrira ton Royaume. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils Ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

Sr Marie-Jean le 2 octobre 2021

jeudi 1 octobre 2026

Liturgie de la Parole 26e jeudi TO-II Luc 10, 1-12 ; Job 19, 21-27

Résonnances

Les lectures de ce jour nous invitent à faire dialoguer sainte Thérèse de Lisieux, Job, le psalmiste, Jésus et ses disciples… et saint François d’Assise ! Pourquoi saint François ? Vous le verrez !

En ce 1er octobre, nous faisons mémoire de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui « voulait tout », parce qu’elle ne voulait pas devoir choisir… On en connaît d’autres comme ça… Mais du coup, elle est devenue, au plus secret de sa vie contemplative, patronne des missionnaires. Et cela tombe bien, en ce 1er octobre, qui inaugure le mois de la Mission. En plus, l’évangile que nous venons d’entendre ne pouvait pas mieux tomber ! Voilà donc déjà un premier lien.

Mais quel lien voyons-nous entre sainte Thérèse et Job ? L’extrait du livre de Job que nous venons d’entendre est célèbre, car il est souvent lu en lien avec la foi en la résurrection. « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair, je verrai Dieu ». Quelle foi ! Quel sursaut d’espérance que ces paroles de Job, par ailleurs si doué pour la plainte, la lamentation, les reproches… En réalité, le texte hébreu ici est difficile à traduire, et rien ne montre qu’il s’agit de la foi en la résurrection. Mais ce que ce passage laisse émerger, c’est une relation toute particulière de Job avec son Dieu. Un Dieu dont l’image ne correspond pas aux conceptions qu’on en a généralement. Un Dieu qu’il espère un jour pouvoir rencontrer face à face pour lui demander et lui rendre des comptes. D’où la dernière phrase : « Je le verrai, moi, en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger ».

Regarder, chercher la face de Dieu, c’est aussi l’espérance du psalmiste qui dit, dans le psaume 26 : « Mon cœur m’a redit ta parole : ‘cherchez ma face’. C’est ta face, Seigneur, que je cherche ; ne me cache pas ta face ! » Chercher la face de Dieu : quel immense désir ! C’est ici que nous nous souvenons que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a voulu qu’on l’appelle aussi « et de la Sainte Face » …

Regarder Dieu en face… C’est aussi ce qu’a fait François d’Assise, tant et si bien qu’il en est devenu aveugle. Par l’intensité de sa vie et par la simplicité de son message, il a beaucoup d’affinités avec sainte Thérèse. Mais pourquoi parler de lui aujourd’hui ? Cette année, nous fêtons le 8ème centenaire de sa mort : grand jubilé… qui tombera dimanche… et que du coup, nous ne fêterons pas… Alors, j’anticipe, d’autant plus que l’évangile du jour m’y invite fortement.

Saint François, au moment de sa conversion, cherchait intensément à savoir ce que Dieu voulait de lui : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » D’abord, il a compris que Dieu lui disait : « répare mon église », mais il l’a pris au sens matériel, et il s’est mis à réparer la petite église Saint Damien, qui tombait en ruines… en utilisant notamment l’argent de son père… au grand dam de celui-ci ! Ensuite, quand le petit groupe de frères a commencé à s’étoffer, il s’est posé à nouveau la même question. Il se trouvait dans l’église de la Portioncule. Il a ouvert le livre des évangiles, qui se trouvait là, et par hasard, il est tombé sur l’extrait que nous venons d’entendre (Luc 10). Pour lui, ce fut une révélation ! Voilà ce que Dieu lui demandait : partir deux par deux, porter la paix, prendre soin des malades, annoncer le Royaume.

Avec François, avec Thérèse, laissons-nous toucher par la parole de Dieu qui résonne pour nous dans la liturgie. Mettons-nous à l’écoute de notre désir le plus profond : contempler la face de Dieu, la face du Christ. Continuons à l’interpeller : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

Sr Marie-Raphaël le 1er octobre 26

mercredi 30 septembre 2026

Liturgie de la Parole 26e mercredi TO-II Luc 9, 57-62 ; Job 9, 1-12.14-16

Introduction

Nous fêtons donc aujourd’hui saint Jérôme, son 1600ème anniversaire ! Il a traduit la Bible… et donc aussi le livre de Job. Il en a même fait un commentaire. Le livre de Job est un des plus beaux livres de la Bible, d’un point de vue littéraire, un chef-d’œuvre. Mais c’est aussi un des plus difficiles à traduire ! Livre poétique exprimant l’immense problématique du lien entre souffrance humaine et puissance divine. Cette question ne se résout pas en quelques lignes. Elle s’étend sur 42 chapitres. Elle utilise le langage de la poésie parce que c’est un langage qui exprime le fond des choses sans les épuiser, sans leur donner de réponse définitive. Tout reste ouvert.

Jérôme a donc traduit Job. Mais je me pose la question dans le cas d’un livre comme celui-là : est-ce que le traducteur, tout en traduisant les mots, est capable de traduire aussi le ton ? En effet, le passage de Job que nous entendrons peut être compris comme une magnifique méditation sur la puissance de Dieu et sa justice, mais peut signifier exactement le contraire, si on suppose que Job s’exprime ici sur le ton de l’ironie. Et il me semble qu’il ne faut pas exclure cette hypothèse.

Qu’est-ce que l’ironie ? C’est par exemple quand une maman a demandé à son ado de bien vouloir ranger sa chambre, que l’ado n’en fait rien, évidemment, et que la maman revient quelque temps plus tard, voit le bazar et s’écrie : « eh bien, c’est du joli ! ». La parole dit une chose qui veut dire exactement le contraire.

Je pense que pour entrer dans le livre de Job et ses paroles tellement paradoxales, il faut supposer que de temps en temps il manie l’ironie. C’est une façon, parfois, de se protéger contre un trop grand malheur. Et n’est-ce pas aussi un peu ce que Jésus fera dans l’évangile ? Mais d’abord, chantons les psaumes.

 

Commentaire des lectures

Ce passage de l’évangile nous déroute : Jésus a des paroles dures et exigeantes à l’égard de ses disciples. Ce passage se comprend mieux si on lit ce qui précède (et que nous aurions dû entendre hier) : « Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem ». Jésus va donc au-devant de sa passion. Il « durcit sa face », ce qui est une expression hébraïque marquant sa détermination. Alors, vis-à-vis de ceux qui expriment leur désir de le suivre, il ne cache pas que le chemin sera rude. Si tu cherches une vie de loisirs à écouter de beaux sermons, si tu cherches un cocon où vivre avec de bons copains, tu te trompes d’adresse. Si tu aimes m’écouter, mais que tu restes attaché à ton passé, coupe le cordon ! Nous sommes ici en présence d’un maître qui ne cache pas les aspérités du chemin… peut-être aussi pour ne pas s’embarrasser, sur sa route, de gens trop hésitants. Il va droit au but, il parle vrai.

Dieu parle vrai avec nous. Il attend aussi de notre part un parler-vrai avec lui. Et pour cela, nous avons dans la Bible un bel exemple : Job. Il faudrait lire l’ensemble du livre pour mieux percevoir les va-et-vient, les paradoxes des paroles de Job. Dans les versets que nous avons entendus, il reconnaît la grandeur de Dieu, il reconnaît le rien de l’homme et l’inutilité (voire le danger) de tenir tête à Dieu. Pourtant, la suite du texte le montrera, c’est exactement ce qu’il va faire : tenir tête à Dieu… au point de lui faire un procès, au point de l’accuser d’être responsable de tout le malheur du monde. Oui, dira Job, en exerçant sa justice, Dieu entraîne l’injustice ! C’est pour cela que je discerne comme de l’ironie dans le passage où il exalte la grandeur et la puissance de Dieu.

Mais il y autre chose dans le cheminement de Job : chose qui apparaît en filigrane dans la longueur du poème : c’est le passage progressif (pas linéaire !) de la lamentation à la plainte. La différence entre les deux est la clé de tout. La lamentation est un cri qui reste enfermé à l’intérieur. L’homme souffrant est replié sur lui-même, sur son malheur, et tourne en rond dans sa misère. Il n’a pas d’autre issue que de vouloir mourir. C’est ce qu’on voit dans le premier discours de Job. La plainte, en revanche, s’adresse à un autre, à l’autre qui est Dieu. Le malheur est le même, mais je le dis à quelqu’un, je ne le garde pas pour moi. Et celui à qui je le dis est quelqu’un qui peut l’entendre. Job parle à Dieu, il parle vrai, il ne parle pas pour flatter Dieu, ni pour lui faire plaisir. Il parle pour demander des comptes. Et c’est ce qui lui permet peu à peu de relever la tête.

Jérôme aussi avait son franc-parler. Peut-être pas toujours à bon escient. Peut-être que Jérôme avait des affinités avec Job. En tout cas, comme nous le voyons avec Jésus, il y a des moments de la vie où il faut se montrer déterminé. Pour que l’ironie grinçante se transforme en vrai dialogue où l’on va au fond des choses.

 

Conclusion

Dieu, tu es l’auteur d’innombrables merveilles, toi seul tu déploies les cieux, tu marches sur la crête des vagues… Révèle-nous aussi la hauteur et la profondeur de ton amour, rends justice au pauvre et guéris le cœur brisé. Apprends-nous la confiance en ton salut, entraîne-nous à la suite de ton Fils sur la route de Jérusalem, sur le chemin de la passion d’amour et de la résurrection. Lui qui…

Sr Marie-Raphaël le 30 septembre 2020

mardi 29 septembre 2026

Liturgie de la Parole 29 septembre Sts Archanges, Michel, Gabriel et Raphaël Jean 1, 47-51 ; Apocalypse 12, 7-12a

Introduction

Nous voici avec une fête quelque peu étrange... vous avez déjà croisé un archange vous ? Mais non, je ne parle pas de sr Marie-Raphaël, qui s’est super bien présentée ce matin... elle porte que le nom d'un des trois "super-vivants"... mais elle reste parmi nous, femme parmi les femmes. Mais avez-vous déjà rencontré un vrai archange, en plume et en os ? Non ? Alors laissons ces représentations pour les amateurs de fantastique, et demandons-nous plutôt ce que signifient ces textes que nous allons recevoir... et qui sont ces êtres mystérieux qui échappent à nos représentations mentales.

 

Méditation

Il y eut un combat dans le ciel... ah ! Pour qui pensait que les anges avaient un comportement angélique, c’est bien parti ! Ou alors, changeons le contenu de l’angélisme !!! Un combat, la Bonne Nouvelle n’est pas de tout repos aujourd’hui. Un combat, entre deux factions, Michel et ses anges, le Dragon, avec, lui aussi, ses anges. Comme quoi vouloir faire l’ange, ne garantit pas encore qu’on soit du bon côté !  La scène est campée. Mais tant pis pour les assoiffés de spectacle : 3 petits versets suffisent à l’auteur de l’Apocalypse, pour nous dire qu’il y a eu un combat, pour nous poser les adversaires, le lieu et donner le résultat. Ce n’est donc pas à un spectacle qu’il nous invite. Que veut-il nous dire ? Voyons les deux partis : Michel (dont le nom énigmatique est une question « qui est comme Dieu ?») et le Dragon. Pour lui l’auteur ne manque pas d’appellations variées : Serpent (bonjour le rampant de la Genèse), Diable (ce terme grec est on ne peut plus clair : il signifie le diviseur), Satan (l’adversaire), le séducteur, et enfin l’accusateur. Bref, l’ennemi dans toute sa splendeur. Le combat a lieu dans le ciel. C'est-à-dire ? dans les nuages, et on va voir voler les plumes ? pas vraiment ! Le ciel représente, il me semble, l’aspect invisible et transcendant de l’histoire. Il dit la vérité profonde, le lieu de Dieu, le lieu des esprits, donc un lieu qui n’est pas un lieu, mais une réalité profonde. On aurait pu dire la profondeur... Mais notre imaginaire en a décidé autrement, plaçant ce qui relève de l’esprit en haut. La terre figure l’aspect visible et humain. Au ciel se déroule le combat le plus important, le combat spirituel.

Et le texte de l’Apocalypse, qui est un livre d’espérance pour chrétiens vivant la persécution, nous dit : c’est vrai il y a un combat, mais Dieu en est victorieux, il a donné mission à ses anges de veiller sur chacun de vos pas. Et celui qui se prenait la tête à accuser constamment ses frères, le Satan, est réduit à rien, il est anéanti. Cette victoire est celle du Christ, et il nous la donne. Cette victoire nous mène à dépasser l’amour de nous-même pour nous donner jusqu’au bout. Tandis que nous choisissons d’aimer nos frères et sœurs plutôt que de les accuser sans cesse.

Cette victoire annonce aussi une réconciliation entre ces deux lieux : la terre et le ciel. L’homme a toujours rêvé de trouver l’échelle qui le mènerait dans les hauteurs, le songe de Jacob en témoigne. Une échelle plantée en terre qui monte aux cieux, une échelle que parcourent les anges. L’Evangile y fait allusion. Jésus annonce : Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme.  Et vous voyez l’échelle ? Écoutez ce que cela donne littéralement : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent sur le Fils de l'homme.  Elle n’est autre que le Fils de l’homme, c’est lui l’échelle qui unit terre et ciel. C’est par lui que les anges vont et viennent.

Célébrer cette victoire du monde céleste, c’est célébrer la victoire du Christ sur le mal. C’est aussi célébrer cette communion à laquelle nous sommes conviés. Il n’y a pas deux mondes : celui du ciel et celui de la terre. Il y a un seul univers, celui de Dieu : déjà nous y sommes de plain-pied et pourtant nous y sommes encore invités… Alors chantons le Seigneur,… en présence des anges !

 

Invitation au Notre Père

Seigneur Jésus, tu nous as confié ta prière, pour nous tourner vers le Père, donne-nous aujourd’hui de la redire encore, avec foi, espérance en ton salut.

Prière conclusion

Seigneur Dieu, tu veilles avec attention sur nos pas, tandis que nous vivons ce pèlerinage qu’est la vie sur terre. Aujourd’hui encore nous te bénissons pour ces êtres que tu places sur notre route, ils nous assistent et nous protègent. Qu’ils nous mènent jusqu’en la gloire, où tous ensemble nous chanterons les merveilles de ton salut.

Sr Myrèse le 29 septembre 2020

 

lundi 28 septembre 2026

Liturgie de la Parole 26e lundi TO-II Luc 9, 46-50 ; Job 1, 6-22

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Église.

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »

C’est bien le début de l’histoire de Job que la liturgie nous propose de découvrir à neuf en ce jour : à l’instigation de Satan, de l’Adversaire, des malheurs l’assaillent…

Pourra-t-il rester juste devant Dieu ? Si oui, comment favoriser cette justice ?

Dans l’Évangile, une discussion éclate : « Qui, parmi eux, était le plus grand ? »

Peut-on tisser un lien entre justice et grandeur ?

Emboîtons le pas du psalmiste et invoquons le Seigneur pour tous les hommes et femmes de notre temps :

« Seigneur, écoute la justice ! Entends ma plainte, accueille ma prière… »

 

Méditation

Job était un bien-aimé de Dieu, un « chouchou ».

Ce que Dieu dit de lui est éloquent :

« Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal »

Mais dans cette prospérité, le Malin trouve une brèche et glisse le soupçon :

« Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? »

Habileté de l’Adversaire qui dénonce :

« Tu (as) élevé une clôture pour le protéger… Tu as béni son travail… »

S’ensuit une invitation à l’éprouver :

« Étends seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te maudira en face ! »

Dieu laisse faire…

Par ce récit de Sagesse, une question nous est posée : quelle est l’attitude « juste » devant Dieu ?

Les épreuves peuvent nous atteindre, nous, ceux que nous aimons, notre Eglise, notre monde : où trouverons-nous une sécurité ?

Le psalmiste nous instruit :

« Mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres. J’ai gardé le chemin prescrit ; j’ai tenu mes pas sur tes traces : jamais mon pied n’a trébuché… »

Job se tient en silence et accueille.

Il ne prononce pas un flot de paroles imprécatoires ! Job se tait :

« Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête, il se jeta à terre et se prosterna »

Gestes de deuil, déchirure du vêtement qui exprime la déchirure du cœur, humilité, abandon à la volonté de Dieu.

Job s’en remet à Dieu, s’ouvre à Sa Parole, déploie un espace pour accueillir l’œuvre de Dieu en lui.

Il ne se place pas au-dessus de Dieu.

Dans son humilité, il accueille, comme Jésus invite dans l’Evangile :

« Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé »

L’enfant est symbole de confiance et d’abandon :

« Montre les merveilles de ta grâce ! », chante le psalmiste.

Alors, seulement, dans cette disposition d’accueil, une parole peut surgir :

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »

Job redit sa disponibilité…

Et il se montrera prêt, après 41 chapitres de dialogues avec ses amis, à recevoir la Parole de Dieu, comme un fruit mûr :

« Vous n’avez pas parlé de moi avec justesse comme l’a fait mon serviteur Job » (42, 7)

Ainsi, la vraie grandeur se situe dans cette attitude d’humilité, dans cet accueil de Dieu, de Sa Parole et de la parole de celui qui est envoyé en Son nom…

Garderons-nous nos cœurs ouverts à l’Inattendu de Dieu ?

Temps de silence. Notre Père


Oraison

Seigneur, l’expérience de Job nous montre où se trouve la justice, l’ajustement, dans l’écoute de ta Parole et l’accueil de Celui que tu es et de ce que tu veux nous dire.

Accorde-nous de garder le cœur disponible et de découvrir qu’en cet abandon réside la vraie grandeur, celle que ton Fils a vécue sur notre terre.

Lui, aujourd’hui ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 28 septembre 2020