Liturgie de la Parole 29e vendredi TO-II Luc 12, 54-59 ; Éphésiens 4, 1-6 Psaume 23
Homélie
Nous consultons la météo avant de
sortir : quelques nuages sur l’application, et nous prenons un parapluie ; un
rayon de soleil annoncé, et nous changeons de veste. Nous savons assez bien
lire les signes du ciel quand il s’agit de ne pas être trempés. Mais
sommes-nous aussi attentifs aux signes qui nous entourent et qui concernent
notre manière de vivre ensemble ?
C’est la question que Jésus pose
à ses contemporains. Ils savent interpréter l’aspect du ciel, mais ne
discernent pas ce qui se joue au moment présent. Ils regardent les nuages, mais
ne voient pas l’urgence de la conversion. Nous pouvons faire pareil : commenter
les événements du monde, analyser les crises, déplorer les divisions… sans nous
demander ce que ces réalités nous appellent à changer, personnellement et
concrètement.
Le pape François, méditant
précisément sur cet Évangile, rappelait que « les temps changent et nous
chrétiens devons changer continuellement », tout en demeurant solides dans la
foi au Christ et dans la vérité de l’Évangile. Il invitait à faire silence, à
observer, à réfléchir et à prier pour reconnaître ce que Dieu nous demande à
travers les événements. Discerner les signes des temps, ce n’est donc pas jouer
aux devinettes : c’est laisser l’Évangile éclairer notre manière d’habiter le
monde.
Et Jésus poursuit avec cette
image de l’homme qui se rend devant un juge. Il l’invite à chercher un accord
avant qu’il ne soit trop tard. Voilà un signe très concret à discerner : les
tensions qui s’installent, les conflits que nous laissons traîner, les paroles
blessantes que nous ne réparons pas. Nous savons parfois très bien reconnaître
les torts des autres, mais nous tardons à faire le premier pas vers la
réconciliation. Jésus nous presse : pourquoi attendre que le conflit se
durcisse ? Pourquoi remettre à demain une parole qui pourrait ouvrir un chemin
?
Saint Paul nous indique comment
avancer : « En toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns
les autres avec amour. » Il ne dit pas que nous devons être tous semblables, ni
que les désaccords vont disparaître. Il nous rappelle que nous appartenons à un
seul Corps, que nous avons un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême.
L’unité n’est pas l’uniformité ; elle est un don à accueillir et une tâche à
vivre. Elle demande de renoncer parfois à avoir le dernier mot pour préserver
ce qui nous unit.
Le psaume pose alors une question
décisive : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? » Celui qui a les mains
innocentes et le cœur pur. La foi ne consiste donc pas seulement à regarder
vers Dieu, mais à laisser notre manière de traiter les autres devenir le lieu
où nous le rencontrons.
Aujourd’hui, le Seigneur nous
invite à ouvrir les yeux sur les signes qui nous entourent et sur les
conversions qu’ils rendent nécessaires. Peut-être qu’un conflit attend un
premier pas, qu’une habitude doit changer ou qu’une situation injuste demande
notre attention. Ne nous contentons pas de prévoir le temps qu’il fera.
Demandons à l’Esprit de nous apprendre à discerner le temps qu’il est venu de
vivre : un temps pour écouter, pour nous réconcilier et pour faire grandir
l’unité.
Pierre Hannosset le 23 octobre 26
https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/vendredi-de-la-29eme-semaine-du-temps.html

