jeudi 15 octobre 2026

 Liturgie de la Parole 28e jeudi TO-II Luc 11, 47-54 ; Éphésiens 1, 1-10

Méditation

« Vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »
Comme Jésus peut avoir des paroles dures pour ceux qui ne travaillent pas à aider leur frère à connaitre Dieu !! L’accusation est tranchante et grave.
Thérèse d’Avila que le Carmel et l’Eglise Universelle fêtent aujourd’hui eut à cœur de travailler à faire connaître le chemin vers une connaissance plus grande du Seigneur. Ainsi fut elle reconnue docteur de l’Eglise : sa pensée, ses écrits élaborent une pensée de la foi, à la lumière de l’Ecriture et de manière nouvelle.
Pour Thérèse, la clé de la connaissance est l’oraison. L’oraison est même plus que la clé !! Elle est la porte de la connaissance de Dieu. Alors que Thérèse grandit dans une Europe du XVIe siècle, qui découvre l’existence du Nouveau Monde, Thérèse invite à une autre découverte : celle de Dieu par le chemin de la prière personnelle, par ce cœur à cœur dans l’intimité de chaque histoire, chaque être. La prière d’oraison va devenir ce chemin de connaissance de Dieu, dans un amour de contemplation.
En ce XXI siècle qui développe le monde du net, avec Thérèse d’Avila, ne nous dispersons pas et retrouvons le chemin vers Dieu dans l’intimité de notre cœur : « Je tâchais autant que possible de vivre en gardant en moi la présence de Jésus-Christ, notre Bien et Seigneur, et c’était là mon mode d’oraison. »

Sr Marie, Carmel saint Joseph le 15 octobre 2020

https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/luc-11-47-54-4/

Autre commentaire: Pierre Hannosset ce 15 octobre 26: https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/sainte-therese-de-jesus-davila-mettons.html



mercredi 14 octobre 2026

Liturgie de la Parole 28e mercredi TO-II Luc 11, 42-46 ; Galates 5, 18-25

Méditation

Mes Sœurs, Frère François nous a commenté cet Évangile lundi lors de sa conférence. Aussi je suis dans « mes petits souliers » … qui de toute façon chez moi, ne peuvent être pas grands ! Même si j’étais bien avancée dans ma méditation lundi matin, j’ai été tentée de me taire, mais c’était trop facile et un peu lâche. Alors je vous partage mes réflexions, vous en ferez ce que vous voudrez.

« La visite de Jésus n’est pas que pacifique. Comme un défi, elle met chacun en face de sa responsabilité et le force à se démasquer. L’amour de Dieu n’est pas faiblesse. Il voudrait bien pénétrer jusqu’à l’intérieur de l’homme pour y réveiller la vie, pour y remettre en place l’essentiel. Mais il ne peut forcer les barrières que l’homme construit pour ne pas être dérangé, pour ne perdre la face. Dieu ne peut accéder au cœur de celui qui vit à l’extérieur de lui-même, et se justifie dans les apparences. Scribes et pharisiens entrent en fureur contre lui et veulent le perdre. Que le Seigneur perce notre carapace ! ... »[1] (Mgr Lucien Daloz, 1930-2012)

Je pense à saint Benoît « Il est un mauvais zèle, un zèle amer, qui sépare de Dieu et mène à l’enfer. De même, il est un bon zèle qui sépare des vices, et mène à Dieu et à la vie éternelle. »[2]

Selon le zèle qui habite le cœur, il y a le risque de « passer à côté du jugement et de l’amour de Dieu ». C’est-ce que Jésus reproche aux Pharisiens. Ils pensent à l’accessoire et à l’apparence, ils en oublient l’essentiel. Et aux docteurs de la loi « vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. »

Jésus n’y va pas dans la douceur ! Mais c’est pour qu’ils se rendent compte que leurs attitudes les rendent malheureux, les conduisent au malheur parce qu’ils passent à côté du jugement de Dieu et de l’amour.

Ces risques nous guettent tous et toutes. Le jugement de Dieu, Jésus le mettra en scène au chapitre 25 de saint Matthieu ! « Amen je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait (ou … que vous ne l’avez pas fait) à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »[3]… ou « que vous ne l’avez pas fait »[4]

C’est alors qu’il est important de revenir à saint Paul. Par qui, par quoi nous laissons-nous conduire ? Un peu plus haut dans sa lettre (Galates 5, 14 que nous n’avons pas entendu) saint Paul écrit : « Toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : ’’tu aimeras ton prochain comme toi-même’’[5] »

Est-ce que je choisis d’aimer mon prochain ? En théorie, nous répondons tous oui… mais dans la pratique ce OUI n’est pas toujours facile à mettre en œuvre !

Saint Paul énumère 16 actions mauvaises qui atteignent la personne et ses relations et il laisse la liste ouverte « et autres choses du même genre ». Ces actions rendent malheureux ceux et celles qui les font, ceux et celles qui les subissent !

Et puis il nous donne LE fruit de l’Esprit. Il n’y en a qu’un, l’amour, qui se déploie en 8 attitudes, c’est-à-dire la moitié du nombre des actions mauvaises, sans compter les « autres choses (mauvaises) du même genre ». Comme pour nous dire que le bien porte au moins deux fois plus de fruit que le mal, même s’il est silencieux et se fait moins remarquer !

« Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » Nous parlons parfois des 9 fruits de l’Esprit. Mais à la suite d’autres personnes, je pense que le premier, l’amour, est LE fruit de l’Esprit ! Les huit autres en sont les harmonies concrètes. Si nous nous employons à les exercer l’une après l’autre, jour après jour, dans l’ordre qui se présente à chacun, à chacune, selon les circonstances, l’amour grandira en nous, entre nous. Et nous aurons à un moment ou à un autre la joie de le constater.

Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit d’amour et de vérité.

 

Invitation au Notre Père

« Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » : qu’il porte le fruit de l’amour et chante en nous la prière reçue du Seigneur Jésus : Notre Père

sr Marie-Christine le 14 octobre 26



[1] Lucien DALOZ Dieu a visité son peuple, lecture spirituelle de Luc. Desclée de Brouwer, Paris, 1985, p. 100-101

[2] Règle de saint Benoit 72,1

[3] Matthieu 25, 40

[4] Matthieu 25, 45

[5] Cf. Lévitique 19, 18 et Matthieu 22, 39 et parallèles 

mardi 13 octobre 2026

Liturgie de la Parole 28e mardi TO-II Luc 11, 37-41

Méditation

Luc 11, 33-36

"Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met dans une cachette ou bien sous le boisseau : on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. La lampe de ton corps, c’est ton œil. Quand ton œil est limpide, ton corps tout entier est aussi dans la lumière ; mais quand ton œil est mauvais, ton corps aussi est dans les ténèbres. Examine donc si la lumière qui est en toi n’est pas ténèbres ; si ton corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, alors il sera dans la lumière tout entier, comme lorsque la lampe t’illumine de son éclat."

 

(…) Jésus dit qu'on met la lampe sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. C'est un peu étrange. Il me semble que la lumière ne brille pas pour être vue, mais pour qu'on puisse voir ce qu'elle éclaire.

 

Il m'est alors venu une petite idée. Je ne prétends pas qu'elle venait de l'Esprit. J'ai même fini par en avoir deux. J'ai dû choisir. Nous allons lire tout à l'heure, pendant l'eucharistie, quelques paroles de l'évangile, tirées d'un discours de Jésus. Il sera utile de les raccrocher à celles qui précèdent. Car la liturgie interrompt souvent Jésus, il peut être bon de relire l'ensemble pour saisir le fil de sa pensée. Et si c'est vrai de ce qui précède, cela peut l'être aussi de ce qui suit. Je me suis dit que j'allais lire avec vous les passages d'évangile que nous entendrons jusqu'à la fin de la semaine. Ainsi, celles qui devront préparer la liturgie de la Parole sauront qui contredire. Les quatre versets que j'ai lus en commençant sont la suite immédiate de l'évangile de ce jour, mais ils ne sont pas lus à l'eucharistie, alors qu'ils introduisent sans doute à l'évangile de demain.

 

Luc 11, 37-41

Pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas. Le Seigneur lui dit : "Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous."

 

Les versets 33 à 36, disais-je, ne sont pas lus à l'eucharistie. Pourtant, le texte de Luc suggère que c'est à cause d'eux que le pharisien a invité Jésus pour le repas de midi. Le pharisien a senti une connivence entre Jésus et lui. Les pharisiens, par définition, sont préoccupés par la pureté, et celui-ci s'est reconnu, sans doute à juste titre, dans ce que Jésus vient de dire de la lampe, qu'on allume pour éclairer les visiteurs. Par malheur, Jésus et le pharisien ne semblent pas avoir la même conception de la pureté.

 

Pour le pharisien, elle est d'abord affaire de rites, respect des usages. Non pas d'abord pureté morale, mais pureté symbolique, expression de l'appartenance à un peuple choisi par Dieu, mis à part, reconnaissable à des signes extérieurs.

 

Pour Jésus, être pur, c'est être sans mélange. Quand nous disons de notre whisky que nous le prenons pur, cela veut dire que nous n'y ajoutons pas d'eau. Cela ne veut pas dire que l'eau n'est pas potable, qu'elle apporterait au whisky une souillure. Mais seulement que nous ne voulons pas faire de mélange.

 

C'est à cela que Jésus vient d'appeler ses auditeurs : si ton corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, sans mélange d'obscurité, alors il sera éclairé tout entier, comme sous la brillante clarté d'une lampe. La pureté, pour Jésus, c'est d'abord une cohérence. C'est pourquoi il dit au pharisien : "Cela ne sert à rien de faire des ablutions pour vous purifier de souillures extérieures si vous laissez votre cœur se remplir de cupidité. Il vaudrait mieux faire l'aumône, c'est-à-dire faire les ablutions dans vos réserves et vous débarrasser de tout ce qui vous encombre, alors que cela pourrait soulager vos voisins. Ainsi, vous seriez vous aussi sans mélange."

Frère François de Wavreumont

Extrait de la conférence donnée à Hurtebise le 12 octobre 26

lundi 12 octobre 2026

Liturgie de la Parole 28e lundi TO-II Luc 11, 29-32 Galates 4, 22-24.26-27.31-5,1

 Homélie

De l'eau a coulé sous les ponts depuis vendredi. Nous avons eu le temps d'oublier ce que l'évangile nous a raconté alors : comme Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : "C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons." D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus a aussitôt répondu à ceux qui le soupçonnaient d'avoir partie liée avec le prince des démons. Et on en est resté là.

 

Puis samedi, une femme est intervenue pour dire son admiration. Puis il y a eu dimanche, et nous avons quitté Luc pour aller à la noce avec Matthieu. Nous revenons à Luc sans plus trop savoir où nous en sommes. Mais Jésus doit encore répondre à ceux qui lui demandent un signe. Bède le Vénérable commente : "Ils demandent un signe, comme si ceux qu'ils avaient vus n'en étaient pas." Plus précisément, ils demandent un signe venant du ciel, un signe plus manifeste de l'intervention de Dieu dans leur vie, un signe qui, justement, clouerait pour de bon le bec à ceux qui accusent Jésus d'agir avec la complicité de Béelzéboul. Et Jean suggère un signe qui serait convaincant : au désert, Dieu a donné à nos pères un pain venu du ciel. Ça, au moins, on voyait clairement d'où ça venait.

 

La réponse de Jésus est assez énigmatique : vous n'aurez pas d'autre signe que celui de Jonas. En lisant cela, j'ai eu l'impression que vous m'aviez déjà entendu sur le sujet. Ma mémoire me joue des tours, mais celle de mon ordinateur reste fidèle. Oui, c'était le 21 juillet 2025, quand je suis venu animer une retraite. Car on lisait ce jour-là un des deux passages où Matthieu parle de ce signe de Jonas.

 

Alors, je ne vais pas vous ennuyer en redisant ce que j'ai déjà dit. Je me contente de rappeler que le signe de Jonas peut être interprété de trois façons.

 

Celle que nous venons d'entendre est une invitation à la conversion : de même que Jonas a servi de signe pour les gens de Ninive, ainsi le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. Ninive, symbole de la perversion, ennemie jurée du peuple de Dieu, vous précédera dans le Royaume, car elle, au moins, elle a écouté la parole et s'est convertie. Mais il n'est pas trop tard : convertissez-vous et vous vivrez.

 

Deuxième interprétation : Jonas n'a fait aucun signe. Il a proclamé une parole et on l'a cru sur parole, sans demander de preuve. Faites de même. Et si Jonas ne vous suffit pas, faites comme la reine de Saba qui a écouté la sagesse de Salomon. Je suppose que vous avez déjà noté à son propos la petite différence entre le texte de Luc et celui de Matthieu. Matthieu se contente de dire que la reine de Saba condamnera cette génération. Luc précise : les hommes de cette génération (ce n'est pas seulement une païenne qui condamne des croyants, c'est une femme qui condamne des hommes).

 

Troisième interprétation du signe de Jonas : on le croyait mort et il est revenu sur terre après trois jours. Jésus dit : je ferai pareil. Autrement dit, le signe venu du ciel, c'est moi. Ce que Jean explicitera : "Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement" (Jean 6,51).

 

Les trois interprétations pourraient correspondre aux trois parties de l'eucharistie : la première au rite pénitentiel, la seconde à la liturgie de la Parole et la troisième à la liturgie eucharistique.

Frère François de Wavreumont, Hurtebise le 12 octobre 26

dimanche 11 octobre 2026

Liturgie de la Parole 28e dimanche A Matthieu 22, 1-15

Homélie

Il arrive que des gens ordinaires, des gens comme vous et moi, soient invités au Palais Royal à Laeken pour un concert, une réception ou autre chose. La plupart des gens qui reçoivent une telle invitation sont tout émoustillés à l’idée de côtoyer le roi, la reine, d’autres membres de la famille royale, de voir une partie du cadre dans lequel ils vivent, et surtout d’avoir beaucoup de choses à raconter après l’événement… Il n’est pas rare que ces personnes achètent une nouvelle tenue pour l’occasion, afin de faire bonne figure et on peut les comprendre. D’autres refusent l’invitation, parce qu’ils sont intimidés, ou bien parce qu’ils ne veulent pas fréquenter ce monde.

D’une manière générale, ce n’est pas évident de vivre un événement – heureux ou malheureux- qui nous sort tout à fait de notre quotidien. Plusieurs écoles de philosophie antique proposaient à leurs adeptes de s’entrainer à vivre des événements malheureux en les anticipant par l’imagination. « Efforcez-vous d’imaginer qu’on vous annonce que vous allez mourir demain. Que feriez-vous ? Quelles pensées, quels sentiments vous agiteraient ? » « Imaginez que vous perdiez brutalement un être proche, que votre maison soit complètement ruinée, qu’on vous annonce une grave maladie. Que ressentiriez-vous, comment réagiriez-vous ? » Les stoïciens, en particulier, recommandaient de tels exercices ; ils nous préparent, disaient-ils, à être à la hauteur des événements, lorsqu’ils se présenteront effectivement. Trop souvent, par manque de préparation, ces événements nous dévastent totalement, alors que la véritable dignité humaine consiste à rester debout même dans ces circonstances.

Chose curieuse, ils ne proposaient rien pour se préparer aux événements heureux inattendus. Ce n’est pourtant pas non plus toujours évident d’y faire face. Il n’est pas rare qu’un gagnant du gros lot à la loterie soir retrouvé quelques mois ou années plus tard dans le plus grand désarroi, ayant tout perdu, y compris ses amis. Le procès Ullens vient encore de tristement nous rappeler qu’être à la tête d’une grande fortune ne facilite pas toujours la vie. Même chose pour la célébrité. Je suis chaque fois frappé quand je regarde un épisode de The Voice ou de la Star Academy, de voir tous ces jeunes avides de succès et de notoriété. Savent-ils vraiment ce que cela implique d’être sous les feux de la rampe ? Plus de vie privée, subir l’envie des personnes moins chanceuses, vivre avec des journalistes à vos trousses pour dénicher le moindre cliché compromettant…. Pas mal de ces vedettes se retrouvent à la dérive sur le plan personnel et moral.

Avec le Seigneur, cela peut être un peu la même chose. Il arrive que Dieu nous gratifie de dons inattendus. Mais est-ce toujours aisé à vivre ? Le malheureux convive qui n’a pas l’habit de noce de l’Evangile d’aujourd’hui en sait quelque chose… Il est jeté dehors devant tout le monde. Outre le fait que le repas lui passe sous le nez, quelle humiliation ! Comment comprendre cette attitude du roi ? Cet habit de noce est bien entendu symbolique. Dieu donne sa grâce à des personnes très diverses, y compris sur le plan religieux et moral. Il n’y a pas de mérite à ce niveau. La grâce est donnée à des gens bien, mais aussi à des mécréants, à des crapules. L’évangile nous dit que les serviteurs invitent les bons comme les mauvais. Mais une fois qu’on reçoit la grâce (et en particulier celle de la foi), il faut essayer de correspondre à ce don, y répondre par une vie qui s’efforce d’incarner les valeurs évangéliques, les béatitudes. Il s’agit d’essayer d’aimer, d’aimer vraiment. Il ne s’agit pas d’être parfaite, heureusement mais de montrer notre bonne volonté. Ceux qui ne mettent pas cela en œuvre ne comprennent pas vraiment le don qui leur est fait, ne le reconnaissent pas en tant que don et se condamnent eux-mêmes.

Frères et sœurs, qu’avons-nous à faire concrètement ? A rendre grâce pour les dons que Dieu nous a faits, à commencer par le don de la vie. Être reconnaissant, le louer pour cette existence qu’il nous donne, pour le don de la foi et nous efforcer de nous donner à Lui en retour. De la sorte, nous affermirons en nous les dons reçus et nous nous préparerons à en recevoir d’autres. Dieu cherche toujours à se donner davantage, mais il veille à ce que nous ayons les ressources pour recevoir et supporter ce qu’il nous offre. Regardons ce qui se passe dans chaque eucharistie : nous offrons à Dieu le pain et le vin, signe de cette vie qu’il nous donne au fil des jours et nous rendons grâce pour cela. Et que se passe-t-il ? Ce pain et ce vin de la terre nous sont rendus, sous la forme d’un pain venu du ciel, un pain transfiguré par la présence et l’amour du Christ, promesse d’éternité qui comblera notre cœur de bonheur et de paix.

Jean-Michel Counet, Hurtebise le 11 octobre 26