Liturgie 6e mercredi de Pâques Jean 16, 12-15
Méditation
« Pour vous le faire connaître », littéralement, « il vous l’annoncera » ou « il vous le communiquera » : nous trouvons cette expression trois fois dans l’Evangile de ce jour, elle désigne l’action de l’Esprit saint dans le cœur des disciples.
Faire connaître c’est aussi annoncer, communiquer, transmettre, faire entrer dans une communion intime. Ce n’est pas de l’ordre de l’intellectuel, mais du cœur.
Jésus n’a pas tout dit à ses disciples. Il avait encore beaucoup de choses dans le cœur à leur communiquer mais c’était trop tôt : ils devaient vivre d’abord le scandale de l’arrestation, du jugement, de la Passion de Jésus, de sa mort ignominieuse…et sa Résurrection. « La vérité tout entière » dans laquelle conduit l’Esprit de vérité c’est aussi ce chemin qu’a suivi Jésus de l’amour jusqu’à l’extrême, jusqu’au rejet des hommes, la fuite de ses disciples, l’abandon apparent du Père… L’épreuve nous souhaiterions l’éviter ! Mais Jésus en la vivant et en la traversant dans et par amour l’a transformée : un chemin de mort peut devenir en lui et par lui un chemin de relèvement, de rebondissement de la vie. Comme le grain qui meurt porte du fruit, sans faire de bruit. Parfois un fruit inespéré, inconcevable, parce que la vie de Dieu en nous agit silencieusement, en douceur, mais une douceur transformante.
Si l’Esprit nous fait cheminer « dans toute la vérité » … c’est que c’est un chemin dans lequel on marche. Ce chemin est une personne, Jésus n’a-t-il pas dit « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » ? Cette marche dure toute notre vie. C’est comme une source qui part du Père, se déverse dans le Fils, dans l’Esprit, et par eux dans celles et ceux qui l’accueillent.
Cela me fait penser à la source de vie d’Ezéchiel qui, au fur et à mesure qu’elle coule devient un fleuve de plus en plus abondant : « cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent… Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. » (Ezéchiel 47 ,9.12)
Cette prophétie d’Ezéchiel s’actualise en celle, en celui, qui se laisse conduire par l’Esprit dans le fleuve de l’Amour. « Fais toi capacité et je me ferai torrent » disait le Christ à sainte Catherine de Sienne. Au fur et à mesure ce fleuve nous travaille intérieurement, nous transforme, augmente notre capacité de l’accueillir : c’est une spirale vertueuse qui porte du fruit en nous, autour de nous, dans l’Eglise et dans le monde, de manière insensible mais réelle.
Laissons-nous entrainer dans ce fleuve de vie et d’amour et comme le dit saint Benoît « à mesure que l’on progresse dans la vie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l’on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l’amour. » (Prologue de la Règle verset 49)
Invitation au Notre Père
« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » : Que l’Esprit nous conduise dans le chemin de l’amour et de la prière, qu’il dilate nos cœurs tandis que nous chantons le Notre Père
Sr Marie-Christine le 13 mai 26
