lundi 7 septembre 2026

Liturgie 23e lundi TO-II Luc 6,6-11 ; 1Corinthiens 5, 1-8

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

Mort et vie.

Le ministère de Jésus oscille entre les deux et fait passer de l’une à l’autre.

Comme le mystère pascal, qui opère un basculement décisif de la mort vers la vie.

Tel est le thème unifiant les lectures de ce lundi de la 23e semaine.

Dans la communauté de Corinthe, un scandale est évoqué par Paul : un cas d’inconduite qu’il dénonce. Une situation de mort, à ses yeux.

Dans le récit de l’évangile, c’est le jour du sabbat. Un homme dont la main droite est paralysée. Et les regards inquisiteurs des scribes et des pharisiens portés vers Jésus. Là aussi, situation de mort.

Comment basculer de la mort à la vie ? La clé nous sera donnée dans ces lectures.

A présent, rejoignons les situations de mort et de vie de nos contemporains, par la prière des psaumes.


Méditation

Mort et vie.

Dans l’Eglise de Corinthe, un homme est enfoncé dans une situation répréhensible. Sans issue.

La réponse de Paul est radicale : « au nom du Seigneur Jésus… dans la puissance de notre Seigneur Jésus, il faut livrer cet individu au pouvoir de Satan ».

Mais le verset qui suit oriente vers la vie :

« Ainsi, son esprit pourra être sauvé au jour du Seigneur ».

Ce récit de la première épître aux Corinthiens peut être interpellant pour les question morales et éthiques d’aujourd’hui.

Comme l’écrit Sr Véronique Margron, théologienne moraliste et présidente de la CORREF :

« Accueillir, plutôt que d’être dans le soupçon et la condamnation sans appel d’une société qui irait à vau-l’eau, qui perdrait tout repère. L’hospitalité éthique n’est pas une ‘bénédiction’ de ces modes de vie ou pratiques, mais c’est entendre la souffrance et le désir que portent ces évolutions, ces demandes, ces mœurs »[1]

Il ne s’agit donc pas de condamner, mais d’accueillir. De percevoir une aspiration profonde à la Vie.

Et, dans l’Evangile, Jésus pose la question fondamentale : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »

Pour Jésus, la réponse coule de source : « … il dit à l’homme : ‘Étends la main’. Il le fit, et sa main redevint normale »

Ce qui compte pour Jésus, c’est de « faire le bien », de « sauver une vie ».

Et de prendre ainsi le contre-pied des « scribes et pharisiens », attachés à la lettre de la Loi.

La question se pose, identique, en nos vies.

Face aux situations « irrégulières », quel est notre sentiment ?

Pouvons-nous découvrir derrière une situation qui s’éloigne de la « norme » un appel à la Vie et contribuer à la faire triompher ?

Pouvons-nous prendre distance par rapport au regard critique des scribes et des pharisiens qui font de la Loi un absolu, sans poser leur regard sur l’homme et sa situation concrète ?

Pouvons-nous faire pressentir la proximité de Dieu à nos routes humaines, quelles qu’elles soient ?

Comme l’écrit encore Véronique Margron :

« Mon souci est de rendre possible de croire à l’amour du Christ pour chacun et à sa capacité, alors, de vivre le plus en conformité avec cet art d’aimer qu’il nous offre. Il n’y a pas de circonstance qui interdirait le bonheur »

Prenons un temps de silence afin de laisser descendre l’Esprit en nos cœurs qui nous inspirera un juste discernement…

Temps de silence

 

Notre Père

Le rôle des chrétiens, écrit Véronique Margron est de « se faire, les uns pour les autres, les compagnons d’une humanité, ébranlée et sauvée ».

Goûtons cette commune humanité appelée au salut en redisant la prière que Jésus lui-même nous a apprise.


Oraison

Seigneur, face à la lettre de la Loi, ton amour s’offre, dans l’accueil de nos existences, aux aspects forts et fragiles.

Tu te fais solidaire et proche de chacun.

Accorde-nous de toujours mieux en goûter la profondeur et l’intensité, afin que nous répondions à ton amour et en soyons d’authentiques témoins.

Nous te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 7 septembre 2020



[1] V. Margron – Cl. Plettner, Fragiles existences, Orienter sa vie, Montrouge, Bayard, 2010.

samedi 5 septembre 2026

Liturgie de la Parole 22e samedi TO-II Luc 6,1-5 ; 1 Corinthiens 4, 6b-15

Evrage le Pontique

Méditation

Saint Paul invite les Corinthiens à ne pas prendre le parti de l’un contre l’autre, à ne pas opposer Apollos et Paul : c’est très mauvais, cela crée des divisions et les renforce. Saint Benoît aussi met en garde contre ce défaut, c’est l’objet de son chapitre 69 « Que nul dans le monastère ne se permette d’en défendre un autre ».

Cela réclame de la vigilance, de la garde du cœur.

Et cela rejoint aussi l’Évangile où les pharisiens sont dans le registre du permis / défendu et où Jésus les invite à regarder les personnes et leurs besoins vitaux, dans ce cas, la faim.

 

Alors en guise de commentaire je voudrais juste vous offrir deux petits textes. Le premier est d’Evagre le Pontique, moine du 4e siècle dans le désert d’Égypte.

Le second est attribué à Sainte Thérèse d’Avila.

 

« Sois le portier de ton cœur,

ne laisse entrer aucune pensée sans l’interroger : « es-tu de notre parti

ou du parti de l’Adversaire ? »

Si c’est une pensée qui vient de Dieu,

 elle te comblera de joie. »

Évrage le Pontique (moine du 4e siècle dans le désert d’Égypte)

 

PRIÈRE DU MATIN

Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
Je viens te demander la paix, la sagesse et la force.
Je veux regarder aujourd'hui le monde
Avec des yeux remplis d'amour;
Être patient, compréhensif, doux et sage;
Voir tes enfants au-delà des apparences,
Comme tu les vois toi-même,
Et ainsi, ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie,
Garde ma langue de toute malveillance
Et que seules les pensées qui bénissent
Demeurent en mon esprit.
Que je sois si bienveillant et si joyeux
Que tous ceux qui m'approchent
Sentent Ta Puissance et Ta Présence.
Revêts-moi de Ta Beauté, Seigneur,
Et qu'au long du jour je Te révèle.

Sainte Thérèse d’Avila

 

Sr Marie-Christine le 5 septembre 26

vendredi 4 septembre 2026

Liturgie de la Parole 22e vendredi TO-II Luc 5, 33-39 ; 1 Corinthiens 4, 1-5

Accueil

Quelques mots sur St Remacle dont nous faisons mémoire en ce jour. Il était moine de Luxeuil. Après plusieurs années d'abbatiat près de Limoges il fonde des monastères dont celui double de Stavelot-Malmédy vers 650. Aujourd'hui le monastère de Wavreumont situé entre ces deux villes porte son nom.

 

St Paul dans la 1ère lecture veut que les baptisés soient regardés comme des « serviteurs du Christ et des intendants de Dieu », sans soucis pour le jugement porté sur eux ou qu'ils se portent eux-mêmes.

Cette 1ère lecture nous invite donc à transformer notre regard sur ce que l'on peut voir afin de ne pas porter de jugement. C'est « Dieu qui met en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et qui fera paraître les intentions secrètes ». Et comme le dit le psaume : « Fais confiance au Seigneur et agis bien, fais lui confiance et lui, il agira. » L'Évangile nous montrera que Jésus ne répond pas directement aux questions qui lui sont posées mais il remet chacun (e) face à sa conscience pour diriger sa vie pour ne plus être dans l'ordre du permis et du défendu.

 

Méditation

Remettons dans son contexte le texte d'Évangile que nous venons d'entendre.

Lévi après s'être levé et avoir suivi Jésus offre un repas où se trouvent réunis Jésus et ses disciples, les pharisiens et les scribes et les amis de Lévi, les publicains. Assemblée vraiment disparate où les pharisiens ne manquent pas de relever l'attitude de Jésus : il mange avec les publicains et les pécheurs. Le passage de l'Évangile qui nous est offert aujourd'hui en est la suite.

Jésus apporte avec lui une nouveauté et celle-ci dérange : jusqu'où va-t-il aller ? Il a de drôle de fréquentations ce Rabbi : des pécheurs, des collecteurs d'impôts, des prostituées. Il ne respecte pas la loi en ce qui concerne le jeûne, le sabbat et diverses autres traditions … Qu'est-ce que cela veut bien dire ?

A la question du jeûne Jésus va lancer une invitation : l'époux est présent parmi vous, vous pouvez participer au banquet du Royaume de Dieu, dès aujourd'hui. Ce n'est pas pour demain. La nouvelle alliance de Dieu avec son peuple est commencée.  Alors pas question de jeûner. La présence de Jésus bouleverse tout. Jésus apporte avec lui la nouveauté.

Cette nouveauté, Jésus va montrer par une petite parabole qu'elle ne s'accorde plus avec ce qui est du passé : pas question de prendre le morceau d'un vêtement neuf pour le mettre sur le vieux, pour rénover et faire comme si … ça ne tiendra pas. A la 1ère lessive tout sera déchiré et le vêtement neuf et le vieux ne seront plus utilisables.

Il en est de même dans la vie humaine et spirituelle : il y a un temps pour tout : il est des manières de faire qui étaient bonnes à une certaine période de la vie mais arrive un temps où il faut les remplacer car pour progresser, grandir, il est nécessaire de laisser tomber ce qui nous a fait du bien à ce moment-là et d'opter pour d'autres manières de faire sinon notre vie va se scléroser et n'arrivera pas à maturité. Il est vrai que la nouveauté, le changement, l'inconnu font peur.  Et le « on a toujours fait comme cela » a bon dos pour éviter le changement. Osons la vie qui est toujours devant et non derrière. Même si c'était le bon vieux temps !!!

 

Pour le vin : c'est le vieux qui est bon. Alors là conservons le. Ce n'est pas un problème. Mais que faire avec le vin nouveau ? Mettons-le dans des outres neuves et prenons patience, il a l'espérance de devenir bon à son tour. Il faut du temps

L'Évangile c'est le vin nouveau que Jésus nous a laissé. Où trouver les outres neuves pour le recueillir et le conserver ? N'est-ce pas Jésus lui-même qui va nous les donner ? N'est-il pas écrit dans le prophète Ezéchiel au chapitre 36 : « Je mettrai en vous un cœur nouveau. » Cette conversion du cœur prend du temps mais la miséricorde de Dieu le façonne. Travaillons avec lui pour que cet évangile vieux de plus de 2000 ans soit un bon vin qui nous renouvelle en profondeur et nous attache non plus à des principes mais à une personne, l'Époux divin, le Christ.

 

Notre Père

Jésus lui-même nous a donné des mots nouveaux pour s'adresser à son Père. Redisons ensemble cette prière.

 

Prière de conclusion

Père de miséricorde, en Jésus ton Fils tu fais toutes choses nouvelles, fais-nous la grâce de savoir nous détacher de tout ce qui est vieux, de ne pas nous accommoder de ce qui vieillit et qui ne peux que mourir pour nous attacher à la nouveauté de l'Évangile, source de vie. Que la Parole renouvelle nos cœurs en profondeur, que nous sachions y puiser chaque jour des forces neuves pour suivre Jésus … qui vit et règne avec toi et l'Esprit Saint pour les siècles des siècles

Sr Jean-Baptiste le 4 septembre 2020

jeudi 3 septembre 2026

Liturgie de la Parole 3 septembre saint Grégoire le Grand Luc 22, 24-30 ; 2 Corinthiens 4, 1-2.5-7

Méditation

Aujourd’hui nous fêtons saint Grégoire le grand, préfet de Rome, puis moine. Devenu Pape, il a envoyé des moines évangéliser la Grande Bretagne. Il a écrit beaucoup, d’autant plus que, malade les deux dernières années de sa vie, c’est un autre qui devait lire ses sermons. Nous lui devons la Vie de Saint Benoît. Il est Docteur de l’Eglise.

« A l’image du Christ, il était serviteur » avons-nous chanté dans l’antienne de l’Office de Vigiles et de midi, et cela a chanté dans ma tête toute la matinée. Et à Laudes « Moine parmi les moines, Grégoire fut un Père pour la Ville de Rome, et une joie pour le monde ». Il est mort en 604.

« Ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur » nous dit saint Paul. Et cela correspond bien à saint Grégoire, comme nous l’avons entendu dans la lecture de Vigiles : Il souhaitait que celui qui parle fasse découvrir le Christ ; pour cela qu’il se fasse aimer mais sans détourner du Christ.

Proclamer Jésus est Seigneur, cela veut dire quoi ?

Celui qui est mort d’une manière honteuse et ignominieuse est en vérité Seigneur, LE SEIGNEUR ! Dans cette mort vécue par amour et miséricorde envers chaque personne, la lumière a brillé du milieu des ténèbres et elle a vaincu les ténèbres. Toutes les ténèbres.

Est-ce que je le crois existentiellement ? Croire, c’est s’appuyer sur. Est-ce que je m’appuie sur ce Dieu-là ? Est-ce que je lui fais vraiment confiance quoiqu’il arrive ?

« Qui peut être sauvé ? Pour les hommes c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu » dit Jésus en saint Marc (Marc 10, 26-27).

Oui tout est possible à Dieu… il ne veut que nous sauver… mais pas sans nous !

Il offre sa lumière pour qu’elle brille en nos cœurs : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » écrit saint Jean dans son Prologue (Jean 1, 5).

C’est cette lumière, accueillie jour après jour, qui fait « resplendir en nos cœurs la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ ». Du Christ tel qu’il se révèle au long des Evangiles.

Paul vient de dire « nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus » comme le traduit la Bible de Jérusalem. Ce verset que j’aime beaucoup me stimule dans ma vie quotidienne. Être serviteur, servant à cause de Jésus ! Tout un programme de vie… qui prend toute la vie.

Et l’Évangile choisi pour cette fête le complète si bien. Dans le Christ qui sert se révèle la gloire du Père. La gloire ? Tout le poids de sa vie, de ce qu’il est : un Dieu de miséricorde à genoux devant les humains pour les servir, pour leur laver les pieds, pour les regarder avec miséricorde et leur offrir encore et toujours son amour quand ils se sont éloignés de lui. C’est lui le plus grand qui se fait petit pour nous rejoindre.

Le grand rejoint le plus jeune qui a la dernière place, le chef rejoint celui qui sert :il sert avec lui, et même plus, il le sert lui-même.

Jésus ajoute « Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume ». Dans le Royaume, est-ce lui qui nous servira ? Il dispose pour nous du Royaume ! C’est comme s’il nous le proposait : en veux-tu ? Je le tiens prêt pour toi ! Entre dans la joie de ton Maître qui se fait ton serviteur, fais-toi serviteur, servante et tu recevras ma joie, le Royaume sera déjà présent dans ton cœur et autour de toi.

Invitation au Notre Père

Seigneur Jésus, tu disposes pour nous du Royaume comme le Père en a disposé pour toi : en toute confiance nous te chantons la prière des serviteurs qui désirent marcher à ta suite : Notre Père

Sr Marie-Christine le 3 septembre 26

mercredi 2 septembre 2026

Liturgie de la Parole 22e mercredi TO-II Luc 4, 38-44 ; 1 Corinthiens 3, 1-9a

Accueil

Bonjour ! Quelle chance ! Nous avons aujourd’hui deux beaux textes offerts sur la table de la Parole !

Le premier plat qui nous est servi est amer : les divisions dans la communauté de Corinthe ! Pourquoi ? Parce que chacun se réclame de SON Apôtre ou Évangélisateur. Rien de neuf sous le soleil ! Mais Paul en profite pour donner l’ingrédient qui change l’amertume en nourriture de vie. Il nous recentre sur l’essentiel : « Seul importe celui qui donne la croissance : Dieu… Vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison qu’il construit. » Laissons-nous construire !

Le plat de résistance, l’évangile, nous présente Jésus qui guérit, par l’imposition des mains, tous ceux qui lui sont amenés. Mais il refuse d’être mis au service de quelques-uns, « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. ». Laissons-nous évangéliser.

Amenons maintenant à Jésus tous ceux que nous portons dans notre cœur, les intentions de l’Église et du monde et prions-le avec les paroles que lui-même nous a données dans les psaumes.

 

Méditation

À qui appartiens-tu ? Ou plutôt, à qui choisis-tu d’appartenir ? Tel pourrait-être le résumé de la 1ère lecture. Celui que se croit libre de tout maître est dans l’illusion, car il est esclave de lui-même, de ses pensées, de ses envies, de ses pulsions. (cf. Romains 6,6.15-18)

Nous avons un maître mais lequel ? Choisis-tu un maître qui te ramène à lui, ou un maître qui te tourne vers un Autre ? Les véritables maîtres sont des accompagnateurs : ils sont « Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. »

Ils agissent en esprit de communion et non de division. Ils sont des collaborateurs de Dieu. Quelle belle mission : travailler avec Dieu ! Quoique nous fassions, quoique nous disions, quoique nous pensions, si nous le vivons en collaboration avec Dieu, avec l’Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu en nous, cela change tout. Pas besoin d’une mission visible, dans la foi, gardons au cœur cette certitude : nous sommes les collaborateurs, les collaboratrices de Dieu ; il y a de fortes chances que nous ne voyions le fruit de cette collaboration, que lorsque nous serons auprès de LUI. Qu’importe. Que la joie de notre cœur vienne de lui, que notre confiance soit dans son Nom très saint.

Dans l’évangile, la belle-mère de Simon est « oppressée par une forte fièvre ». Il y a toutes sortes d’oppressions intérieures et extérieures. Que faire ? « On demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle » : c’est magnifique comme non précision ! ON, c’est-à-dire, n’importe qui, pourquoi pas moi ? « Quelque chose » : Jésus c’est toi qui sais ce qui est bon pour elle, pour la personne que je te présente, pour moi aussi.

Que fait Jésus ? D’abord «  il se penche » vers la personne : il la regarde, il n’y a plus qu’elle et lui en vis-à-vis. Puis il menace ce qui opprime, et la cause du mal quitte la belle-mère. Quitter, c’est partir pour au moins un temps assez long. Pas d’illusion : le mal peut revenir nous tenter et entrer en nous si nous lui entrouvrons la porte, mais Jésus est toujours là pour nous soigner. La traduction littérale est en effet « soigner » plutôt que « guérir »: Guérir c’est instantané, voire magique ; soigner prend du temps et agit à peu, le soignant et le soigné collaborent pour prendre le dessus de la maladie.

Conséquences de l’intervention de Jésus : la femme se lève (et donc ressuscite, c’est le même verbe) et sert Jésus ! Elle est pleinement réhabilitée dans sa vocation, sa mission. Le sabbat ne pouvait être célébré puisque la mère de famille, qui doit allumer les lumières qui inaugurent le Sabbat, était malade, au lit. Bien sûr, servir est sa mission de femme telle que vue si souvent autrefois comme aujourd’hui ! Mais je pense aussi qu’elle vivait déjà ce que Jésus dira à ses disciples, dans ce même évangile de Luc, la veille de sa mort : « Que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » (Luc 22,26-27). Jésus est le Maître et le Seigneur (Luc 22, 11 et 38), le plus grand, et bien, il est au milieu des siens comme celui qui sert ! Et cette femme devient à son tour la plus grande parce qu’elle sert !

 

Seigneur que je vive avec toi, que je sois au milieu de celles avec qui je vis comme celle qui sert, et qui trouve sa joie à servir ! Et quand il m’arrive de grogner intérieurement parce que «  c’est encore moi qui fais cela » viens pacifier mon cœur et vivre en moi ta joie de servir dans l’amour. Que je vive de plus en plus la joie des enfants du Père « servir Dieu rend l’homme libre comme lui » comme le chante une hymne (Pour que l’homme soit un fils à son image)

 

Introduction au Notre Père

« Seul importe celui qui donne la croissance : Dieu » Tournons-nous vers celui qui cultive nos cœurs, leur donne la croissance, leur fait porter du fruit et chantons-lui…

 

Prière de conclusion

Seigneur Jésus, tu as été envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu à tous. Donne-nous, donne aux hommes d’aujourd’hui d’entendre cette Bonne Nouvelle et de l’accueillir ; qu’ils se laissent guérir par toi de tout ce qui les oppresse, qu’ils se lèvent et soient tes collaborateurs et tes serviteurs qui agissent selon tes dons à chacun d’eux. Que ta vie grandisse dans les cœurs et porte du fruit pour ta plus grande gloire et le salut du monde. Toi qui nous aimes et nous conduis au Père dans l’Esprit dès maintenant et pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Christine le 2 septembre 20