mardi 28 juillet 2026

Liturgie 17e mardi TO-II Matthieu 13, 36-43 ; Jérémie 14, 17-22

Introduction

Bonjour à chacun, à chacune ! Sommes-nous en carême ? Le texte de Jérémie pourrait nous le faire penser ! Mais n’est-ce pas tous les jours qu’il nous faut reconnaître nos fautes, nos dérapages, nos manques d’amour, et en demander pardon ? Implorer la miséricorde du Seigneur, en s’appuyant, non sur nos soit disant mérites, mais sur son Alliance et sa fidélité !

L’Evangile va dans le même sens quand Jésus nous montre à quel point le blé et l’ivraie sont mêlés et inséparables avant l’heure choisie par Dieu. Nous le sentons bien en nous-mêmes !

Prions le Dieu de miséricorde en notre nom, au nom de l’Église et du monde.

 

Méditation

Nous venons d’entendre l’explication de la parabole de l’ivraie dans le champ, mais la parabole nous aurions dû l’entendre samedi si nous n’avions pas fêté saint Jacques. Cependant nous l’avons écoutée il y a 8 jours, le 16ème dimanche.

Le Père Radermackers traduit «  la belle semence » : non seulement elle est bonne, mais aussi belle. Et c’est normal puisque ce bon et beau grain est semé par le Fils de l’homme, Jésus lui-même dont saint Pierre a si bien dit « Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui » (Actes 10,38) et j’ajoute : « et lui avec Dieu », ils sont inséparables. Cette belle semence : elle est unique, c’est la vie semée dans les cœurs par le Fils de l’homme ; elle rend ceux qui la reçoivent fils du Royaume de leur Père

L’accueillir et la laisser croître en nous, rend bons et donc belles, beaux. Oui la bonté rend belle, rend beau ! Ce n’est pas de l’esthétique mais de la lumière. La dernière phrase de notre évangile est si vraie et encourageante « les justes (les bons, car comment être juste, ajusté au Seigneur sans être véritablement bon) resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père ». La beauté du visage, nous en avons des exemples en tête et devant nous ! Ils resplendissent !

Et pourtant il y a « les ivraies »comme traduit le Père Radermackers, elles sont là, en nous, et dans le monde. Elles aussi ont une force de croissance, elles nous contrarient, nous empoisonnent l’existence, nous voudrions bien les arracher et en être définitivement débarrassés ! Le pluriel manifeste que ce sont multiples et variées mais toujours forces de divisions, de zizanies comme traduit le latin. Zizanies, ce mot si expressif !

Nous le sentons bien notre cœur divisé, (voir Romains 7,18b-19). Nous nous prenons en flagrant délit : pas de découragement ! Tournons-nous vers le Seigneur : « qui regarde vers lui resplendira » dit le Psaume 33. Crions vers lui comme avec le psaume qui accompagne la lecture de Jérémie :

Que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !

 

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !

Pour la gloire et la cause de ton nom, viens nous ajuster à toi Seigneur. Viens resplendir en nous, viens unifier notre cœur ! Viens changer les ivraies en beau grain du Christ.

 

Introduction au Notre Père

« Le Royaume de leur Père » …Seigneur Jésus en parlant ainsi, tu nous invites à une relation de proximité avec ton Père et notre Père, à une tendresse confiante. Appuyés sur toi nous osons redire avec toute l’Église…

 

Oraison de conclusion

Seigneur Jésus n’arrête pas l’œuvre de tes mains dans tous les cœurs ! Que ton Esprit unifie ce qui est divisé, redresse ce qui est tordu, lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, rende droit ce qui est faussé… et change les ivraies en beau et bon grain de la vie avec le Christ. Toi notre Seigneur et notre Vie qui règnes avec le Père et l’Esprit pour les siècles des siècles. Amen

Sr Marie-Christine le 28 juillet 2020

dimanche 26 juillet 2026

Liturgie 17e dimanche A Matthieu 13, 44-52 ; 1 Roi s3,5.7-12 ; Romains 8,28-30

Homélie

-Nous sommes tous passés par là, comme le petit enfant qui est assis là. On est tous passés par là, par cet âge béni de l’enfance, où, comme tout enfant, nous interrogions nos parents ou nos grands-parents : « Papa, c’est quoi ça ? Maman, ça veut dire quoi ça ? Bon-Papa qu’est-ce que c’est ? » Le bel âge de l’exploration du monde.

Certes, de temps à autre, papa ou maman, bon-papa ou bonne-maman est un peu ennuyé et répond : « ça tu comprendras ça plus tard. »

-En apprenant à prier, l’enfant à le droit de demander : « ça veut dire quoi, Père, que ton Règne vienne ? » Un règne, un royaume c’est quoi, c’est pour quoi ?

-Les apôtres ont dû poser cette question à Jésus - lui qui commence sa mission avec cette première parole : « Le Règne de Dieu s’est approché » (Marc 1,15). Si souvent Jésus va parler du Royaume.

-Jésus répond à la question des disciples « c’est quoi ? » il répond à ses disciples comme dimanche dernier, rappelez-vous, nous l’entendions nous dire : le Royaume, c’est comme un ferment dans la pâte, le levain, c’est comme une graine de moutarde, ou encore comme la mauvaise herbe, la zizanie, qui surgit dans un champ (sans pesticides). Jésus aujourd’hui dans l’Evangile répond : le Royaume, c’est comme un trésor, un trésor caché qu’on découvre. C’est comme une perle si belle, si magnifique qu’on donnerait tout pour l’avoir. Ou encore c’est comme un filet, un filet de pêche, où on attrape des beaux poissons et puis aussi des menus fretins. Et puis, il faudra un jour enlever ces menus fretins pour ne garder que le beau, le bon, le vrai. Ou encore le Royaume c’est si précieux. C’est le même ce que demande Salomon dans sa prière : le discernement et le cœur attentif et tout le reste, c’est, comme on dirait à Bruxelles, c’est du brol. Tout ce qui est précieux, tout ce qui est rare, tout ce qui est si beau Jésus le met en consonnance avec « c’est quoi le Règne ? C’est quoi le Royaume ? »

-« C’est comme…, c’est comme ci, c’est comme ça » … « Oui mais Jésus, maintenant, sérieusement, en fin de compte, c’est quoi ? Est-ce que tu ne serais pas en train de tourner un peu autour du pot ? » La question posée est-elle donc si difficile, si exigeante ? Alors Jésus, à l’occasion, dit à ses disciples : « vous comprendrez, vous comprendrez plus tard », comme lors du lavement des pieds en saint Jean (Jean 13, 7). « Vous comprendrez ». Mais surtout, surtout, à la question de ses disciples « c’est quoi », il dit : regarde, vois, écoute, et vis ! Suis-moi, suis-moi !

-Le Royaume ne serait-il donc pas ce que nous, chacun de nous et nous ensemble, en Eglise, ce que nous vivons avec lui, avec le Seigneur - nous avec lui- et lui avec nous ?

- Ne serait-ce pas cela ce Royaume si indéfinissable, indéfinissable parce qu’on ne peut pas y mettre de fin. Ne serait-il par tout lui, le Seigneur, lui, lui et nous, nous avec lui, dans la communion de l’amour ? Le Royaume ce ne serait pas tout ce qui fait signe de lui, tout le beau, tout le bon, tout le vrai – tout ce qui nous rapproche de lui, ou mieux encore, tout ce par quoi Lui se rapproche de nous.

-Je l’ai raconté aux retraitants, quand j’étais séminariste, il y a donc un certain temps, un vieux prêtre, qui vivait dans un quartier très difficile, et qui avait envie de partir tout le temps, et pourtant qui restait. Il restait grâce à une question qu’il posait au Seigneur tous les soirs, après avoir prié le Notre Père. Il disait au Père : « Je viens de prier que ton Règne vienne. Alors, Seigneur montre-moi, montre-moi les signes de ton Royaume que tu m’as donnés à voir aujourd’hui dans la vie, ici et maintenant. Montre-moi ces signes du Royaume vient, qui vient aujourd’hui. »

-Jésus dans l’Evangile, souvent dit : Regarde et vois. Tous ces signes du Royaume à « dénicher », si vous voulez, à dénicher, à révéler. Les signes de ce Royaume caché, mais si précieux, si beau et tellement PRÉSENT.

-Dans la fin de l’Evangile aujourd’hui, aux apôtres, Jésus demande « avez-vous compris tout cela ? » Et nous savons, comme l’Evangile de hier nous le révélait déjà, les apôtres sont parfois assez candides. Alors ils répondent, dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Oui, oui, oui, oui, on a tout compris. Ça va, on a tout compris ».

-Oui, on a tout compris !... Non ! Mais on peut commencer à comprendre. Le oui des apôtres, et notre oui, ce n’est pas un oui qui clôture notre recherche, qui ne termine pas par une définition. Notre « Oui, Seigneur », c’est un oui qui ouvre, et qui nous appelle, nous invite à continuer cette recherche du Royaume, le faire surgir, le faire aimer, et contribuer à le rendre présent. Alors oui qui nous fera comprendre ce que saint Paul dit aux Romains : que tout, tout concoure au bien de ceux qui aiment Dieu, et donc ceux qui le recherchent.

Un oui qui veut dire : « je commence à comprendre ». un oui qui ne n ous empêche pas de prier, encore et toujours, « Seigneur que ton Règne vienne ! »

Amen

Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 26 juillet 26.

samedi 25 juillet 2026

Liturgie 25 juillet St Jacques Matthieu 20, 20-38 ; 2 Corinthiens 4,7-15

Homélie

Donc Jésus avait souvent parlé du Royaume. Il en avait parlé avec des images, des paraboles qui se complètent. Il en avait beaucoup parlé. Mais il avait aussi annoncé sa Passion, et juste avant l’épisode que nous venons d’entendre, pour la troisième fois, il avait évoqué que le Fils de l’homme serait livré et crucifié pour ressusciter le troisième jour.

Ils ne devaient pas avoir compris grand-chose !

La seule chose que Jacques et Jean savaient sûrement, puisqu’ils marchaient vers Jérusalem et que Jésus n’arrêtait pas de parler du Royaume, c’est que Jésus serait bientôt le Roi. Ouh ! Alors il s’agit de réserver les deux postes à côté, à droite et à gauche, le siège du grand Vizir et celui du grand Mufti. Alors ils envoient Maman pour en parler avec Jésus. Madame Zébédée est en effet une femme charmante et, parfois même charmeuse, et elle règlera ça pour eux. Voilà qu’elle arrive et Jésus se doute bien qu’elle a quelque chose à lui demander : « qu’est-ce que tu veux ? » Alors, Madame Zébédée dit « Oui, Jésus, tu connais Jacques et Jean, ce sont des types très bien, parfois un petit peu colériques, fils du tonnerre, j’en conviens, mais ce sont vraiment des gens bien, les deux qu’il te faut pour siéger à ta droite et à ta gauche ! » « Vous ne savez pas ce que vous demandez » dit Jésus directement aux deux concernés. « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, pouvez-vous aller jusqu’au bout de l’amour, comme allez en être témoins ? » Et ils disent avec une candeur, une naïveté qui est très belle : « oh, oui, oui, oui, oui ! Nous le pouvons. » Ils n’ont toujours rien compris. Alors Jésus fait cette prophétie : « oui, effectivement, ma coupe vous la boirez. Quant à cette histoire de siège, ce n’est pas le moment d’en parler. Cela viendra bien plus tard, et c’est l’affaire du Père. »

Et l’Evangile continue : « les dix autres qui avaient entendu s’indignèrent contre les deux frères » Pourquoi est-ce qu’ils s’indignent ? C’est très simple : parce qu’ils avaient pensé exactement la même chose ! Et les voilà qu’ils se font « griller » par Jacques et Jean avec leur mère. Ils voulaient aussi cette place-là ! Alors Jésus, vous l’avez entendu, met les pendules à l’heure et renverse entièrement les perspectives qui étaient les leurs : « celui qui veut devenir grand, qu’il soit votre serviteur, celui qui veut être le premier, qu’il soit votre esclave ». St Matthieu met sur les lèvres de Jésus, ce que St Jean mettra « en scène » avec le lavement des pieds.

La scène que nous venons d’entendre décrite par Matthieu est, j’en conviens, assez cocasse.

On peut en sourire, on peut imaginer les différents protagonistes. Mais sérieusement : ne nous moquons pas trop vite de Jacques et Jean, des dix autres, de Madame Zébédée.

Parce que nous aussi, qu’est-ce qu’on en a compris du Royaume annoncé par Jésus ? Chaque jour, nous prions le Père que son Règne vienne…

Mais sommes-nous si prêts à l’accueillir ? Sommes-nous prêts à en être, par le Christ, avec lui et en lui, les artisans ?

Il y a encore un long chemin à parcourir avec Jésus, il y a encore bien des questions à lui poser, même maladroitement, il y a encore bien des incompréhensions à clarifier, avant que nous saisissions, que le Royaume de Dieu, si caché, est aussi si présent, car si proche de nous.

À suivre…dans l’Evangile de demain.

Amen

Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 25 juillet 26

vendredi 24 juillet 2026

Liturgie de la Parole 16e vendredi TO-II Matthieu 13, 18-23 ; Jérémie 3, 14-17

Homélie

« Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, ils vous conduiront avec savoir et intelligence. »

Et cette promesse encore doit valoir aujourd’hui. Que cela ne nous empêche pas de prier à cette intention comme nous l’avons fait à l’office de Laudes.

Quant à l’Evangile de ce jour, il rapporte l’explication Jésus de sa parabole, celle du semeur. Alors je me suis posé la question : Est-ce bien la peine de donner une explication à l’explication ?

Je vais plutôt me risquer – et que le Seigneur me pardonne si je me plante ! – de voir, outre son explication, une ou deux autres possibles explications à sa parabole.

Partant de ce constat, qui m’a toujours un peu intrigué, que le semeur en question dans la parabole, le semeur sème vraiment n’importe où, pas seulement dans la bonne terre, mais aussi dans les ronces, sur du sol pierreux et au bord des chemins. Ce semeur fait vraiment n’importe quoi. Il est un peu fou, ou un peu distrait, peut-être qu’il a un verre dans le nez, enfin je ne sais pas ! Mais il sème en dépit de toutes les réserves que pourrait avoir un spécialiste, quelqu’un qui sait ce que ça signifie semer. Le semeur est fou peut-être, mais n’est-il pas un peu fou d’espérance, espérant que le sol pierreux, les bord durcis du chemin ou les ronces, laisseraient passer quand même, malgré tout, quelques petites pousses vigoureuses. Autrement dit : même là, même là, un jour, qui sait, la Parole porterait du fruit. Qui sait ?

Et puis… encore une autre nuance, Seigneur, encore ceci : tous ces sols dont tu nous parles, des plus féconds aux plus arides, ne se retrouvent-ils pas tous dans le cœur de tout homme, de toute femme ? Et le semeur un peu fou, un peu fou d’espérance, ne fait pas de distinction dans nos cœurs, entre ce qui est, de toute façon, prometteur et ce qui en apparence ne l’est pas ou ne l’est plus. Ce semeur-là sème dans notre cœur partout. Il inonde en quelque sorte notre cœur de sa Parole. À la mesure sans mesure de son immense amour…

Amen.

Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 24 juillet 26

jeudi 23 juillet 2026

Liturgie  de la Parole 23 juillet Ste Brigitte co-patronne de l'Europe Jean 15, 1-8 ; Tobie 8, 4b-7 

Homélie

Sainte Brigitte, épouse et mère de 8 enfants, - c’est pas mal ! - Ste Brigitte et son mari firent le pèlerinage de St Jacques de Compostelle. Et à leur retour en Suède, ils décidèrent ensemble de consacrer leur vie au Seigneur, de placer leur vie de couple et de parents entièrement sous le regard de Dieu. C’est la raison pour laquelle l’Eglise nous propose, pour honorer Ste Brigitte, la prière de Tobie et de Sarra au soir de leur mariage. Une très belle prière que nous avons entendue, au moins en partie. Et qui fait aujourd’hui partie du choix des lectures bibliques pour les fiancés qui préparent leur messe de mariage.

Quant à l’Évangile, il évoque la vie que Brigitte a choisie de vivre lors de son veuvage, et qui aboutit dans la fondation de l’ordre du Saint Sauveur- congrégation que l’on appelle communément les brigittines, mais c’est quand même plus joli de parler d’ordre du Saint Sauveur ! Elle choisit la vie consacrée, et de fonder cet ordre religieux, qui a connu une aile masculine, et si je me souviens, c’était la mère abbesse qui avait juridiction sur les deux ! Une bonne trouvaille ! 

Revenons à l’Evangile : demeurer, demeurer en Christ. Demeurer, le verbe est utilisé 9 fois dans ce bref petit passage. Demeurer en Christ et DONC être émondé- car, pour que la vigne porte du fruit, pour que le Christ puisse rayonner, l’un ne va pas sans l’autre. Et je peux personnellement en témoigner - il m’est arrivé jadis de travailler dans les vignes du vignoble charentais. Et nous allions en hiver « tirer les bois ». C’est-à-dire, tirer ce que le vigneron avait fait que nous passions : Le vigneron était passé en coupant résolument, résolument, d’immenses morceaux de sarments, pour qu’au printemps, tout puisse reprendre et jaillir de plus belle. Et ramassant le bois mort pour qu’il brûle, je vous avoue que j’étais SIDERE de voir tout ce que le vigneron avait estimé nécessaire de couper dans sa vigne, en vue d’abondantes vendanges l’année suivante, inouï, inouï ! Émonder, perdre, renoncer, lâcher prise… tout cela pour demeurer en Christ. Demeurer avec patience, fidélité, persévérance. Cela, l’un ne va pas sans l’autre, Brigitte l’a bien compris. Puissions-nous, nous aussi le comprendre pour devenir, comme elle, de plus en plus disciple du Bien-Aimé et, pour la gloire du Père, porter beaucoup de fruits, Beaucoup. Beaucoup. 

Amen

Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 23 juillet 26