vendredi 24 avril 2026

Liturgie 3e vendredi de Pâques Jean 6, 52-59

Méditation

Jésus nous dit aujourd’hui :

 « « Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous ». 

Enfant ce passage me laissait dans une inquiétude et un questionnement.

Jai en mémoire un très beau souvenir de mon papa lorsqu’il faisait c’est « Pâques »,  expression ancienne. Son rituel du weekend de Pâques, prendre un bain, puis  costume cravate il se rendait à l’église pour vivre le sacrement de réconciliation. La messe de Pâques, il allait communier. Petite j’ai toujours été en admiration devant sa démarche. Se faire beau en dehors et en dedans. Sa démarche remplissait mon cœur d’enfant de joie, de questionnements. Une démarche essentielle s’invitait en lui et cette démarche m’interpellait.  

 Dieu ne reste pas à distance, ‘Il ‘ se donne comme nourriture, ‘Il’ veut habiter en nous. ‘Il’ offre sa Vie plus forte que la mort.

Jésus ne propose pas seulement une morale, une sagesse, ‘Il’ se donne lui-même.

Depuis le début de ses enseignements, Jésus se présente comme une nourriture pour la vie. Ces paroles peuvent surprendre, voir déranger. Pourtant, elles ouvrent un chemin : celui d’une relation intime, vivante, nourrissante avec ‘Lui’.

Dans le pain et le vin, il y a la forme. Ce bon pain fruit du travail des hommes. Au parfum délicat, enveloppant,  croustillant, doré, aux saveurs subtiles et le vin qui trace  un parfum vivant qui s’élève lentement et qui met de la joie au cœur.

Dans ce pain et ce vin, le Seigneur prend la forme de la fragilité, prends la forme d’une force douce. Le pain et le vin qui nous relient.

Voici une de mes réflexions, une aide qui m’a permis d’entrer dans le mystère de l’eucharistie.

Il y a la forme : le pain et le vin.

Il y a le fond : Un intime dans sa réalité la plus profonde, l’ouverture à Dieu.

La forme est la partie la plus externe. C’est un peu comme quelqu’un qui veut dire à l’autre je t’aime, il va le faire par un baiser, par un câlin. Il manifeste extérieurement ce qui se vie à l’intérieur dans le fond.

Un autre exemple, un bouquet de roses dans un magasin, fruit du travail des hommes. Ce bouquet je l’achète et l’offre à ma grande sœur que j’aime. Quel est la différence entre le bouquet du magasin et le bouquet offert à ma grande sœur. Il contient un lien d’amour. Le bouquet à un plus…il y a un ‘’fond’’. Il y a dans la rose offerte un ‘plus’…

Je reçois  L’Eucharistie comme cela. En fond c’est réellement Jésus qui se donne, qui aime, qui nous donne la ‘Vie’. Jésus se met en lien, en union par le dedans avec nous.

Par la forme du pain et du vin, Jésus se donne. Il y a une invitation à se laisser faire, à être, à vivre avec humilité, et ainsi s’abandonner dans les bras du Père.

Dans le mystère du pain et du vin, Seigneur tu te fais proche, humble, offert.

Viens nous fortifier en ce lieu caché, là où nos faims sont vraies, là où nos cœurs cherchent sans toujours savoir. Apprends-nous à accueillir ce don avec un cœur simple et ouvert, à reconnaitre Ta présence dans ce qui est humble dans notre quotidien.

Que nourrit de ‘Toi ‘nous devenions à notre tour présence vivante pour les autres.

 

‘Notre Père’

Dans le corps et le sang de Jésus, nous accueillons un amour qui se donne jusqu’au bout, un amour qui vient habiter notre vie. Unis dans une même confiance nous pouvons chanter…

Brigitte le 24 avril 26

jeudi 23 avril 2026

Liturgie 3e jeudi de Pâques Jean 6, 44-51, Actes 8, 26-40

 Introduction

 Dans la lecture du livre des Actes des Apôtres, on voit Philippe qui est envoyé près d'un eunuque, un Ethiopien qui lit le prophète Isaïe, sans comprendre : « comme une brebis, il fut conduit à l'abattoir... » Il se demande de qui on parle. Il cherche peut-être un sens à sa vie, eunuque, il n'aura pas de descendant ni d'avenir ? Alors, Philippe lui explique et lui annonce la Bonne nouvelle. La bonne nouvelle de Jésus ressuscité qui est pour nous aussi, une bonne nouvelle qui vient à la rencontre de nos blessures.

Dans l'évangile, saint Jean rapporte les paroles de Jésus : « Je suis le pain de la vie » ou encore « personne ne peut venir à moi si le Père ne l'attire » Dieu est comme un aimant pour nous, un aimant qui attire en nous « aimant...tant »

Tournons-nous vers lui et chantons les psaumes pour lui rendre gloire !

 

Commentaire

 Ce soir-là, nous aurions pu être comme les apôtres : inquiets, incrédules, déçu(e)s, désespéré(e)s avec si peu de confiance en la Parole « comment ne pas s'y reconnaître ? Pourtant aujourd'hui, le Christ se tient au milieu de nous et dit « la Paix soit avec vous !

« La stupeur des disciples, leurs craintes, leurs hésitations à croire soulignent la difficulté qu'ils éprouvent à entrer dans cette manière inédite de rencontrer désormais le Christ. Il faut un cœur attentif et une âme ouverte à sa présence, soudaine et inattendue parfois, pour le reconnaître » (1)

Ce n'est pas un fantôme mais un Jésus avec un corps qui mange et que l'on peut toucher. Incarnation et résurrection ne peuvent être séparées. Jésus est pleinement homme mais aussi pleinement Dieu.

« Le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour la vie du monde » , sa vie humaine tout entière donnée pour nous. On sait qu'il ne s'agit pas de viande. Jésus emploie ce terme concret pour faire comprendre qu'il n'a pas vécu de manière éthérée.

« la chair dont il est question n'est pas l'organisme biologique opposé à l'esprit et à l'âme. C'est la personne vivante, agissante, parlante. On peut traduire la parole de Jésus comme ceci « le pain que je donne, c'est moi, pain rompu, pain offert, pain partagé ». (1) « Jésus, Fils de Dieu se fait notre nourriture, il est notre pain vivant ! Il est le pain de notre vie ! Cela ne signifie pas que Dieu devient un morceau de "pain béni" mais bien que le pain devient Dieu vivant ! Nous ne communions pas à un morceau de farine, mais à Dieu. Jésus ne se fait pas nourriture juste pour le temps de la messe, il vient en nous pour que nous vivions véritablement de lui en toute notre vie ! La communion c’est Dieu qui vit en nous. (2)

« Je suis le pain vivant descendu du ciel. Jésus fut un homme de la terre, il a travaillé de ses mains pour gagner ce pain et s'il a partagé avec nous ce pain de la terre, c'est pour nous éveiller à une faim essentielle, la faim de Dieu. » (1)


Invitation au Notre Père

Dans la joie de la résurrection, adressons-nous à notre Père avec la prière des chrétiens du monde

Danièle le 23 avril 26

(1) Abbé Roger Gillet                                                                                                                                       (2) Myriam de Gemma

mercredi 22 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e mercredi de Pâques Jean 6, 35-40

Voulez-vous encore du pain ?

Méditation

Depuis lundi, avec le chapitre 6 de saint Jean, nous sommes entrés dans le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Il y est question de pain.

Au fil des jours,  nous passons doucement de la recherche du pain que l'on mange à la rencontre de Celui qui se donne comme pain. Mais peu à peu, le texte devient déroutant. Il nous « déplace ». Jusqu’à ces paroles radicales : « manger ma chair et boire mon sang » que nous entendrons demain (Jean 6, 51.53).

Je vais m’arrêter sur ces mots :

« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

 « Je suis le pain de la vie »

Jésus ne dit pas qu’il est le pain qui nourrit. Il ne vient pas répondre à ce besoin.

Il se présente comme le pain de la vie - de la vie même de Dieu.  Il se place à l’endroit même de notre manque. Il touche à ce lieu en nous qui cherche à vivre pleinement, à ce désir profond que rien ne suffit à combler.


« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim »

Venir, c’est se laisser attirer. C’est plus qu’un simple mouvement, c’est consentir à se laisser déplacer par Dieu.

Jésus dit « n’aura jamais faim » et pas « n’aura plus jamais faim ». Cela ne signifie pas que la faim disparaîtra : il la rend impossible à combler ailleurs.

« Celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

Croire, ce n’est pas seulement comprendre ou adhérer, c’est consentir à ce qui nous échappe, consentir à habiter cette relation et y demeurer.

Le « manque » n’est plus alors un vide à remplir mais devient un passage où quelque chose peut advenir.

 « Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés» (Jn 6, 39).

Rien n’est perdu parce que tout — même ce qui semble manqué, abîmé, éloigné — peut être repris, relevé et conduit à la vie dans cette relation

Et l’Eucharistie apparaît alors autrement. Elle nous expose à la fidélité de Dieu. Elle engage. Elle nous tient dans cette relation où plus on lâche prise, plus on y consent, plus elle devient vraie pour nous.

N’est-ce pas cela entrer dans la vie éternelle ?

Isabelle Halleux le 22 avril 26

mardi 21 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e mardi de Pâques Jean 6, 30-35 ; Actes 7, 51-8,1 a

Introduction

Nous avons dans la première lecture le beau récit du martyr d’Étienne, le premier à verser son sang pour le Christ, et saint Luc met dans sa bouche les paroles même du Christ en Croix. Il meurt en ayant les yeux fixés sur le Seigneur. Qu'il soit un exemple pour nous aujourd'hui : quoique nous fassions, que nous gardions les yeux fixés sur le Seigneur.

 

Méditation

En entendant cet évangile, je me dis à chaque fois : ils exagèrent ces Juifs : Jésus vient de nourrir 5000 hommes... et ils demandent un signe pour le voir et croire, une œuvre ! J'ai toujours envie de dire : qu'est-ce qu'il vous faut alors !... Mais je suis souvent comme eux, je ne vois rien et ne comprends rien à l’œuvre du Seigneur qui est devant mes yeux.

Les Juifs parlent de la manne, don de Dieu, pain du ciel, mais ils en parlent au passé. Et Jésus répond : « C’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. »

Il vous le donne, à vous, maintenant ! À nous maintenant ! Est-ce du mauvais humour, alors que cela fait des semaines que nous n'avons pas vécu l'Eucharistie ?

Je ne crois pas. C'est vrai, nous sommes privés d'Eucharistie, comme tant de chrétiens en ce moment... comme tant de chrétiens de manière habituelle sans que nous n'y prenions garde ? Une des grâces de ce confinement est de nous en avoir fait prendre conscience.

Mais sommes-nous pour autant privés du Pain du ciel que nous donne le Père ?

 Jésus ne dit pas : ce Pain c'est moi, mais Je suis le Pain de Dieu. Nuance importante ! Il dit : « le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde... Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. ». Il est Pain de vie, il est vie donnée, dès le début de sa venue sur terre. Toute sa vie est Pain donné ; « la manifestation qu'il fait de lui-même par paroles et œuvres, par signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et sa résurrection glorieuse d'entre les morts, par l'envoi enfin de l'Esprit de vérité » (Dei Verbum : la révélation divine n° 4 de Vatican II)

Sa Présence nous nourrit, la foi en lui nous fait vivre. Le Père donne le Pain. Il est donné, mais pour en être rassasié il faut venir à lui. Comme la manne était donnée aux Hébreux, mais ils devaient sortir pour la recueillir. Et cela chaque jour. Mais cette manne, ce pain du ciel offert, qu'en dit l’Écriture ? « Le Seigneur t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » (Deutéronome 8,3)

Oui depuis des semaines nous sommes abondamment nourris par le Pain de la Parole et de la communion fraternelle. Ils sont eux aussi sacrements de la Présence réelle du Christ comme l'a dit Vatican II dans la constitution sur la liturgie au n° 7. Oui l'Eucharistie est « source et sommet de la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11), mais rien ne nous empêche d'entrer dans le mouvement auquel conduit l'Eucharistie : s'offrir nous-mêmes avec le Christ, faire de nos vies « une vivante offrande à la louange de la gloire du Père » (Prière eucharistique n° 4).

Rien ne nous empêche de nous nourrir du Christ.

Chaque petite action de ma vie, essayer de la transformer, en offrande, en don de moi-même au Christ, au Père et à ceux et celles que je côtoie. Cela nourrit ! C'est du pain complet. Cela construit la vie personnelle, communautaire et familiale, enrichit toutes les relations. Cela donne la vie au monde par la contagion dont aime à parler le Pape François. Que les chrétiens aient une vie et une joie contagieuses. C'est peut-être ainsi que le dernier verset de notre pain d'évangile de ce jour sera vrai pour nous : la présence du Seigneur comble notre faim et notre soif de vie… et peu à peu nous donne de moins en moins faim et soif des erzast de pain et d'eau de vie qui se présentent à nous et nous tentent.

 

Oraison de conclusion

 Béni sois-tu Seigneur pour le Pain de ta Présence que tu nous offres sans te lasser. Donne-nous de nous nourrir de ce pain avec persévérance et de garder les yeux fixés sur toi au long de os journées. Toi notre Pain de vie qui te donne à nous pour nous transformer et nous conduire à la vie avec toi, avec le Père et l'Esprit Saint pour toujours.

Sr Marie Christine le 28 avril 2020

lundi 20 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e lundi de Pâques Jean 6, 22-29

 « Discours sur le pain de vie »

Méditation 

Nous sommes en plein jeu de piste me semble-t-il !

Des gens cloués sur place regardent, avec envie, l’autre rive, Capharnaüm. Mais il n’y a plus d’embarcation. La seule barque disponible a été prise par les apôtres.

A vive allure, d’autres barques arrivent de Capharnaüm, pour rejoindre le lieu du pique-nique d’hier, un pique-nique géant, .… convivial …. et …. économique !

Mais Jésus n’est plus là, … alors on réembarque et …. hop ! demi-tour vers Capharnaüm !

Des interrogations fusent de toutes parts : « Où est-il donc cet homme qui procure du pain à sassiété sans rien demander, sans rien payer, sans devoir travailler ?

C’est agréable financièrement… vous ne trouvez pas !

 Jésus s’est dérobé !

Si nous montions dans l’une de ces barques, pour aller à sa recherche, nous aussi !

Mais quel Jésus cherchons-nous, au fait ? Et les foules que cherchent-elles en vérité ?

 

Jésus n’est pas dupe !

 

A leur question et à la nôtre, il oppose une autre question plus fondamentale

et même, …. il y répond lui-même :  

« Pourquoi me cherchez-vous ? Vous me cherchez, NON parce que vous avez vu des SIGNES, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés ! »

Travaillez, NON pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure

en vie éternelle ! »

 

De temps en temps, écoutons Jésus, nous poser la même question :

« Et toi, pour quoi me cherches-tu ? »

 

II nous laisse entendre, dans ces paroles, qu’il a le secret d’un pain plus nourrissant, plus désirable que ce pain matériel : une nourriture qui demeure dans l’éternité !

Lorsqu’il s’était entretenu avec la Samaritaine, ne lui avait-t-il pas laisser sous-entendre qu’il avait le secret d’une eau plus vive que l’eau qu’elle venait puiser au puits: une source jaillissant en vie éternelle !

Il allait au-devant du désir de cette femme et le faisait grandir en elle.

 

Jésus agit de la même façon avec la foule et avec nous, aujourd’hui : Il nous envoie des signes mais … savons-nous les dépasser, savons-nous aller au-delà de leur matérialité éphémère pour décrypter le message d’amour qu’ils sous-entendent ?  

Jésus veut creuser en nous la vraie faim et dilater notre désir ! .... le faire grandir afin que nous participions, à une communion intime avec la vie ardente de Dieu.

 

Mais que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ?      

Pour les Juifs, les œuvres de Dieu étaient avant tout, les œuvres de la loi, souvent comprises d’une manière légaliste.

Jésus, alors, répond à leur question d’une façon inattendue : « L’œuvre de Dieuc’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » 

Hmm … Humm… !

 

L’œuvre de Dieu, c’est tout autre chose que les œuvres de la loi !

L’œuvre de Dieu, c’est son grand dessein sur le monde, sur sa création.

Et ce dessein est vie et communication de vie.

 

Mais l’homme pécheur que nous sommes, ne pouvait entrer en communication avec Dieu sans avoir un relais. Dieu envoie donc, à notre secours, son propre Fils Bien-Aimé.

 

La plus belle œuvre de Dieu c’est donc que nous accueillions Jésus, son Fils Bien-Aimé,

que nous croyions en lui, pour ainsi, coopérer à l’œuvre de Dieu et naître à sa vie divine.

 

Notre Père

 

Moi, personnellement, dans l’état de vie où je suis,

                                          dans l’état de santé dans lequel je me trouve,

                                          au point où j’en suis dans ma vie spirituelle,

                  comment vais-je coopérer à l’œuvre de Dieu ?

                  Demandons-le à Notre Père.

 sr Anne-Françoise le 20 avril 26