Liturgie de la Parole mardi de Pâques Jean 20, 11-18 ; Actes 2,
36-41 ; Psaume 32
Pourquoi ?
Homélie
Il y a, dans ce matin de Pâques qui se prolonge, quelque
chose de très humain… et de profondément divin. Un mélange de lumière… et de
larmes.
Dans la première lecture, Pierre parle. Mais ce n’est plus
tout à fait le même Pierre. Celui qui avait renié… devient celui qui annonce.
Celui qui avait eu peur… devient celui qui ose dire : « Convertissez-vous… et
vous recevrez le don de l’Esprit Saint. » Autrement dit : Pâques n’est pas
seulement un événement à admirer… C’est une vie à recevoir. C’est comme un
recommencement. Comme si Dieu nous disait : « Tu peux repartir. Tu peux
renaître. » Et cela porte un nom très concret : le baptême. Pas seulement celui
que nous avons reçu un jour… (peut-être avec une jolie robe blanche et des
photos un peu floues…) Mais un baptême à vivre aujourd’hui.
Plonger dans la vie de Dieu. Sortir de l’eau… autrement. Un
peu plus vivant. Un peu plus libre.
Après l’appel du baptême dans la première lecture, le psaume
ne nous met pas en marche… il nous met en confiance. « Oui, elle est droite, la
parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. » Voilà peut-être le
premier pas du chemin pascal : non pas faire… mais s’appuyer. Car apprendre à
vivre, dans la foi, ce n’est pas d’abord réussir son parcours spirituel… c’est
découvrir que Dieu, lui, ne dévie pas. Sa parole est droite. Ses œuvres sont
sûres. Même quand notre vie, elle, ressemble davantage à un sentier de montagne
qu’à une autoroute bien tracée… Et le psaume ajoute : « la terre est
remplie de son amour. » Pas seulement les églises. La terre. Toute la terre.
Même les zones un peu désertiques de nos vies. Même les endroits où nous
n’irions pas spontanément chercher Dieu. Puis vient cette phrase magnifique : «
Le Seigneur veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son
amour. » Voilà l’attitude du croyant pascal : mais quelqu’un qui espère.
Quelqu’un qui se tient, un peu comme Marie Madeleine, entre les larmes et la
lumière, et qui choisit de faire confiance.
Et enfin :« Nous attendons notre vie du Seigneur : il est
pour nous un appui, un bouclier. » Attendre… Mot difficile pour nous. Nous
préférons agir, comprendre, prévoir… Mais le psaume nous apprend autre chose :
demeurer. Comme quelqu’un qui veille dans la nuit, sachant que l’aube viendra.
Alors, si la première lecture nous disait : “Replonge dans
la vie nouvelle du baptême”, le psaume nous murmure : “Et maintenant… fais
confiance. Même si tu ne vois pas encore tout.”
Car la foi pascale, au fond, c’est s’appuyer sur une
fidélité plus grande que nous.
Et enfin l’Évangile. Et là… tout se concentre dans une
question. Une question posée deux fois. À Marie Madeleine : « Pourquoi
pleures-tu ? » Question étrange. Parce que, franchement, elle a de bonnes
raisons de pleurer. Le tombeau est vide. Le corps a disparu. Le monde s’est
effondré. Et pourtant… on lui pose la question. Pour l’ouvrir. Comme si Dieu
disait : « Ta tristesse est réelle… mais elle n’est pas toute la réalité. » Et
la deuxième fois, la question s’approfondit : « Qui cherches-tu ? » Ah… voilà.
On passe des larmes… à la quête. Du chagrin… au désir.
Car Marie Madeleine cherche. Elle cherche un mort… et elle
va rencontrer un Vivant. Elle cherche un souvenir… et elle découvre une
présence.
Et au cœur de tout cela, il y a ce moment bouleversant :
Jésus l’appelle par son nom. « Marie. » Et tout bascule. La foi commence dans
une relation.
Alors aujourd’hui, trois chemins s’ouvrent devant nous :
Replonger dans la grâce de notre baptême, renaître, encore. Apprendre à
marcher, même maladroitement, mais avec Dieu. Entendre cette question : «
Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »
Et peut-être découvrir, au détour de notre journée, que
quelqu’un nous appelle… par notre nom.
Et si c’est le cas… alors tout pourra recommencer.
Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia
!
Pierre Hannosset le 7 avril 26
https://padrepierre.blogspot.com/2026/04/mardi-de-paques-mettons-nous-en.html