mardi 19 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 29e mardi TO

 (sœur Marie-Christine)

 

Introduction :

Bonjour et bienvenue à la célébration de la Parole où ensemble nous sommes à l'écoute du Seigneur.

Le Psaume 39 chante « Tu seras l’allégresse et la joie de tous ceux qui te cherchent », avec l'évangile nous pourrions ajouter '' de tous ceux qui t'attendent''. Tandis que Saint Paul déploie sous nos yeux l'abondance de la « grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus-Christ. ». Ce mystère est grand.

Jésus, dans les versets qui précèdent le passage d'aujourd'hui et qui ne sont pas lus nous le dit d’une certaine manière : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » (Luc 12,32)

Quelles attitudes favorisent l'accueil de ce don du Père ? Jésus nous en indiquera une dans l'évangile : « restez en tenue de service. »

Chantons d'abord les psaumes unis à la prière de tant d'hommes et de femmes dans le monde qui veillent et attendent.

 

Méditation :

Nous venons de l'entendre :« Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. »

Jésus ne demande là que ce qu’il a lui-même vécu au long de sa vie. En tenue de service auprès des hommes et des femmes qu’il a rencontré sur sa route, chez qui il a fait surgir la vie. Sans cesse disponible pour les accueillir, les écouter, les servir, les nourrir de sa parole, guérir leur cœur et parfois aussi leur corps.

 La tenue de service ? C’est d'abord la « ceinture autour des reins »

Comme les hébreux quittant l’Égypte pour la Terre Promise (Exode 12,11), la ceinture des pèlerins, de ceux qui font route vers… comme Jésus sans cesse en route dans l'évangile de Luc. Le serviteur est un pèlerin, le pèlerin est un serviteur.

Jésus nous demande d'avoir « nos lampes allumées », « sans-cesse-brûlant » traduit le Père Radermakers, comme ceux qui veillent en attendant leur maître au retour des noces. Non pas veiller une fois, mais sans cesse. Le maître ne vient pas d'un voyage quelconque, mais des noces. Noces, signe et symbole de l’Alliance de Dieu avec son peuple.

 Un détail m'a frappé : c'est au pluriel. C'est ensemble que les serviteurs veillent. Ils se soutiennent les uns les autres dans cette veille.

Tout cela est, devrait être, l’attitude normale des disciples de Jésus.

Que font les serviteurs : ils attendent leur maître pour les ouvrir la porte dès qu'il arrive et frappe à la porte, et sans doute le servir.

 C'est pour eux la grande surprise, l'inattendu.

Le maître bouleverse tout. « C’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. »

Ce n’est pas dans l’ordre des choses selon la manière humaine de voir. Mais c’est celle de Dieu. Notre Dieu se fait serviteur, se met à notre disposition, s’ajuste à nous, nous fait entrer dans le bonheur, la joie qu'il a de nous servir.

Pensons à l'évangile de dimanche dernier : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Marc 10,45, 29ème dimanche B). Pensons au lavement des pieds (Jean 13,1-15).

Non pas servir Dieu, mais être servis par Lui ! Non du haut de sa grandeur, mais Lui, notre Dieu en tenue de service. Jamais l’homme n’aurait osé inventer un message pareil. Cette petite parabole propre à Luc nous dit vraiment une facette merveilleuse du cœur de notre Dieu. Laissons-nous émerveiller ! Soyons heureux, heureuses, de servir ce Dieu qui nous sert et se donne à nous, de nous servir mutuellement dans l'amour et le respect. De nous ajuster aux manières de notre Dieu. C'est peut-être cela le « trésor inépuisable dans les cieux » dont parle Jésus dans les verset précédents.

 

Introduction au Notre Père :

Dans l'émerveillement devant l'amour de  notre Dieu qui s'est fait serviteur, nous osons chanter…

 

Prière de conclusion :

Seigneur Dieu de paix, Toi qui as pris la tenue de service pour servir chaque personne unique à tes yeux. Donne à tous les hommes de se laisser bouleverser par ton amour. Viens les régénérer par ton Esprit. Qu’il nous garde vigilants ; que notre lampe reste allumée et notre cœur ardent, pour t’accueillir et entrer à notre tour dans la joie du service. Toi qui vis et aimes avec le Père et l’Esprit dès aujourd’hui et jusque dans les siècles.

jeudi 14 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 28e jeudi T.O.

 Lc 11, 47-54

(Danièle)

 

Introduction

Les Lectures d'aujourd'hui font référence à la loi. Dans sa lettre aux Romains, st Paul précise qu'en plus de la loi, Dieu a manifesté sa justice or nous savons que la justice des hommes n'est pas celle de Dieu qui est amour infini et «gratuitement, Il rend juste celui qui a la foi en Jésus ». Dans l’Évangile, Jésus sermonne les pharisiens, docteurs de la Loi parce qu'ils bâtissent les tombeaux des prophètes  alors que leurs pères les ont persécutés.

Sous Hérode le Grand, des sépultures monumentales ont été édifiées pour les prophètes. Roselyne Dupont Roc dit qu'après l'an 70,  « la polémique chrétienne contre le judaïsme pharisien voit en Jésus et ses premiers témoins, des prophètes et des apôtres persécutés et cette polémique dénonce toute institution qui se fige dans sa connaissance et ses exigences rituelles et morales »...

« Heureux est l'homme qui se plaît dans la loi du Seigneur » voilà  ce que dit le psaume que nous allons chanter en rendant grâce.

 

Après l’Évangile

Jésus se fâche sur les pharisiens. « Quel malheur pour vous parce que vous bâtissez  les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués ». Les contemporains de Jésus ont approuvé leurs ancêtres puisqu'ils ont livré Jésus pour qu'il soit tué. Notre génération commet aussi des crimes contre des personnes et des peuples innocents. Certains justifient leur violence par référence à Dieu, pour lui obéir. Les prophètes sont toujours gênants parce qu'ils laissent faire l'Esprit et réveillent en nous une certaine insécurité. Dans cet Évangile, Jésus s'adresse aux pharisiens. Ce sont des gens orgueilleux, râleurs, agaçants, pleins de mépris pour les autres, ils adorent imposer leurs idées, ils connaissent la loi et se prennent pour le centre du monde... La question de mariage et de divorce les occupent beaucoup, ils sont passionnés par le permis et l'interdit ; le pur et l'impur.  Ils utilisent la loi comme une arme pour attaquer les autres et se sauver eux-mêmes. Nous en connaissons toutes... Ne nous arrive t-il pas parfois d'agir comme les pharisiens ? Je viens de les juger un peu facilement.  « Il n'y a pas de différence dit st Paul, tous les hommes ont péché »...

Jésus s'adresse aux pharisiens mais sa Parole est pour nous aussi.

Sommes-nous en danger d'entrer dans ce monde des pharisiens sans amour mais politiquement correct ?

Parler des pharisiens aujourd'hui, c'est parler de nos frères et sœurs, c'est donc parler en partie de nous. Comme eux, nous partageons de belles idées, nous sommes fières  de nos engagements, de notre sens de la fraternité... Il n'y a pas de quoi s'enorgueillir. Dans la réalité du quotidien, il nous arrive de connaître des rancœurs,  des mesquineries, l'envie d'imposer nos idées...

 Je ne comprenais pas très bien la phrase « Quel malheur pour vous parce que vous avez enlevé la clef de la connaissance »  le pape François dit ceci :

« Quand un chrétien devient disciple de l'idéologie, il a perdu la foi et n'est plus disciple de Jésus qui est amour, tendresse et douceur tandis que les idéologies sont toujours rigides ; l'unique antidote est la prière, si un chrétien ne prie pas, la porte se ferme. Empêcher certains d'entrer, c'est  offrir l'image d'une Église fermée dans laquelle les gens qui passent devant ne peuvent pas entrer et où le Seigneur qui est à l'intérieur ne peut pas sortir. La source est amour, si tu emportes la clef de l'amour, tu ne seras pas à la hauteur de la gratuité du salut que tu as reçu »...

Ne mettons pas la lumière sous le boisseau, ne fermons pas à clef notre cœur, n'enfermons pas les dons reçus !

Si l 'Évangile nous interpelle dans notre manière de vivre, nous bouscule souvent, ce n'est pas pour nous condamner mais c'est une promesse de chemin possible, une invitation de Jésus à quitter le confort de nos certitudes pour le suivre sur le chemin en quête d'amour et d'espérance. Ce n'est pas parce qu'on a toujours fait comme ça qu'il ne faut pas changer .

Heureux sommes-nous si nous entendons l'appel de Jésus qui invite à ouvrir notre cœur à la présence de Dieu, à la confiance qu'il a en nous et que nous pouvons avoir par lui, les uns pour les autres.

Oui, l’Évangile d'aujourd'hui s'adresse aux pharisiens, il les bouscule, il les appelle à la conversion...

Oui, l’Évangile d'aujourd'hui est pour nous, il nous bouscule, il nous invite à cheminer à la suite de Jésus.


Invitation au Notre Père

Heureux sommes-nous de pouvoir appeler Dieu « Père »

Chantons lui cette prière apprise par Jésus !

 

Prière finale

-      Il nous arrive d'enfermer nos cœurs et de ne voir le mal que chez les autres. Nous te demandons la grâce de ne jamais cesser de prier et de rester humbles de manière à ne pas devenir des personnes fermées qui bloquent la route au Seigneur.

-      Nous te prions pour les prophètes d'aujourd'hui et pour les communautés chrétiennes qui souffrent de la persécution dans de nombreuses parties du monde.

-      Permets nous de grandir dans ton amour afin d'avoir une plus grande ouverture d'esprit qui ouvre notre cœur au partage des dons reçus.

-      Nous te le demandons, à Toi qui vis et règnes avec le Fils et le saint Esprit maintenant et pour les siècles des siècles.

mardi 12 octobre 2021

Liturgie de la Parole 28e mardi TO

(sœur Marie-Christine)

 Introduction

Bonjour et bienvenue à cette célébration de la Parole.

Dans les lectures de ce jour Paul nous parle de l'évangile de Dieu qui «  est puissance de Dieu pour le salut de quiconque est devenu croyant ». Qu'est-ce que l'évangile ? Qu'elle est la Bonne Nouvelle ?

Jésus nous invite à l'authenticité : ce qui compte ce c’est l’intérieur, le cœur et non les apparences.

Maintenant « chantons les psaumes… de telle sorte que notre esprit soit en accord avec notre voix » (Règle de saint Benoît 19 ;7)

 

Méditation :

La pureté du cœur Eloi Leclerc, la Sagesse d'un pauvre (1991 p105-107)

https://www.latoilescoute.net/la-purete-du-coeur

 Nous venons de l’entendre : « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »

« Tout sera pur pour vous » : qu’est-ce que la pureté du cœur ? Je laisse Saint François nous répondre par la voix du Père Éloi Leclerc dans « la sagesse d’un pauvre »

« Sais-tu Frère ce qu'est la pureté du cœur ? Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur.

Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté.

Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer frère Léon.

Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude. Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme. Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâce à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’Esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C’est cela avoir le cœur pur. Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant.

Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aiguë de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu.

 

Introduction au Notre Père :

« Dieu est, cela suffit ». Chantons-lui la prière reçue du Seigneur Jésus…

 

Prière d’envoi :

Dieu de toute miséricorde que ton Esprit travaille en nos cœurs et nous donne de nous réjouir de toi, de vibrer à ton éternelle innocence et à ton éternelle joie. Que nous trouvions en toi toute notre paix, tout notre plaisir au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être.

Toi qui nous irradies de ta vie dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles.

lundi 11 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 28e lundi TO

 Introduction :

Aujourd'hui nous commençons la lettre de St Paul aux Romains. Après avoir fondé des communautés chrétiennes en Orient, Paul se tourne vers l'occident. Il se présente sous trois titres à ces chrétiens de Rome qui ne le connaissent pas encore : Serviteur – Apôtre – Mis à part. Paul a bien conscience d'avoir été choisi, saisi part Dieu. Il s'adresse à eux en les appelant : « Bien aimés de Dieu » et il annonce dès le début le thème de cette lettre : le salut par la foi.

L'évangile va nous montrer Jésus déçu par la foule qui le suit et parmi elle certains demandent un signe pour croire en lui,  sa parole ne suffit pas ni les gestes qu'il accomplit devant eux. Que le chant des psaumes nous apporte la nourriture dont notre foi a besoin pour grandir.

 

Méditation :

« Génération mauvaise » C'est ainsi que Jésus interpelle la foule qui s'est attroupée autour de lui. Alors que Jésus a expulsé un démon devant cette foule, certains réclament « un signe venant du ciel ». Ce qui les obligerait à croire. De cette même foule, une femme s'exclame : Heureuse celle qui t'a porté.. » mais Jésus de répondre : « Heureux ceux qui écoutent la parole et qui la gardent. » Nous avons là le portrait spirituel de Marie.
Deux attitudes se font face : ceux qui savent mettre à profit la parole entendue et ceux qui ne sont jamais satisfait de ce que Dieu leur offre et qui veulent voir au lieu d'entendre. A ces derniers Jésus ne  leur donnera rien d'autre que le signe de Jonas.

Jonas, ce prophète étranger que les habitants de Ninive ont su écouter et qui se sont convertis à sa parole, reconnaissant leur péché. Et bien dit Jésus, ici,  il y a plus que Jonas.  Le Fils de l'Homme est un signe pour cette génération.

Jésus a prêché la conversion tout comme Jonas et pour bien montré que ce message de conversion est celui de la Sagesse de Dieu, il rappelle que la Reine de Saba est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon. Si elle, qui était une étrangère a su faire un si long voyage pour écouter les proverbes d'un roi pourquoi ceux qui écoutent Jésus se détournent -ils de lui alors qu'il leur révèle les mystères du Royaume ?

Et nous ? Sommes-nous prêts à écouter ce que nous dit Jésus, sommes-nous prêts à nous convertir ? Nous sommes tellement habitués à la Parole, nous l'entendons si souvent proclamée que la routine et la banalité nous empêchent de la laisser résonner tout au fond de notre cœur. Que nous faut il faire pour nous laisser toucher, pour nous convertir ? Voulons- nous, nous aussi des signes grandioses qui nous obligeraient à nous convertir ?

 Aujourd'hui Jésus ne nous donne pas d'autre signe que celui de Jonas : Celui de sa mort et de sa résurrection. Signe de l'amour fou et merveilleux de Dieu pour l'humanité, pour chacun de nous. Amour que nous ne comprendrons jamais mais qui nous enveloppe et dans lequel Jésus nous entraîne  pour que sa croix demeure le seul signe qui nous attire à lui comme il l'a dit : « Quand j'aurai été élevé de terre j'attirerai tous les hommes à moi. »

 

Notre Père :

Jésus nous a donné les mots pour nous adresser à son Père,  prions le :

 

Conclusion :

De même que Jonas a été signe pour les habitants de Ninive, qu'ils ont fait pénitence et se sont convertis à sa parole,  que ta mort et ta résurrection, Seigneur Jésus soient pour nous le signe véritable qui donne la vie et nous invite à faire pénitence et à nous convertir chaque jour pour être trouvés dignes au jour du jugement.  Toi qui vis et règne avec le Père et l'Esprit d'amour pour les siècles des siècles.

vendredi 8 octobre 2021

Liturgie de la Parole 27e vendredi TO

 (sœur Marie-Christine)

 Introduction :

Bonjour et bienvenue à la célébration de la Parole qui nous rassemble en Église.

Le texte de Joël est un appel à la conversion devant le désastre qui menace à cause de la négligence du peuple et de ses responsables. Le temple et le cœur des hommes sont envahis et négligés. Comme la maison dont l’esprit du mal a été chassé… mais qui n’est pas gardée. Gardée par qui ? Comment ?

Joël nous suggère déjà un remède : prier, prier ensemble. Si nous ne trouvons pas les mots, nous pouvons crier vers le Seigneur.

Jésus nous donne une piste complémentaire.

L’évangile d’hier se terminait par « combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. » (Luc 11,13). Pour faire la jonction avec celui d’aujourd’hui il manque la guérison du sourd-muet : un homme renaît à la parole et à l’écoute.

Si Jésus chasse un démon sourd-muet, il agit par la puissance de l’Esprit Saint qui donne de parler. Si c’était par Béelzéboul, le royaume de Satan serait divisé et donc proche de la ruine.

Une seule force peut s’opposer à l’esprit du mal : celle de Dieu.

N’ayons pas peur et prions avec confiance le Psaume 17 qui justement chante le Seigneur, ma force et mon salut.

 

Méditation :

Qui est Jésus, par quelle puissance agit-il ? C’est la question que se posent ses contemporains. Question toujours actuelle. « Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? … En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous

 

« Le doigt de Dieu » c'est ainsi que les magiciens de Pharaon désignaient l'action de Dieu par Moïse et Aaron dans l'Exode (Ex 8,15). Matthieu dans le passage parallèle à Luc (Mt 12,28) parle explicitement de « l'Esprit de Dieu ».

 

« C'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous. » « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors, dit le Seigneur ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » chante le verse de l'alléluia. (Jean 12, 31b-32)

Le prince de ce monde, l'homme fort, Jésus l'a jeté dehors. C'est fait, mais…

 

Le retour en force de l’ennemi demeure une menace dont il faut se garder sans cesse. La victoire de Jésus est certaine (cf 10,18 ; 11,20) : mais une vigilance reste nécessaire. Si tout, est bien rangé, balayé mais non gardé, ce qui avait bien commencé peut mal tourner !

« Sois le portier de ton cœur, ne laisse entrer aucune pensée sans l’interroger? « Es-tu de notre parti ou du parti de l’Adversaire ?» Si c’est une pensée qui vient de Dieu, elle te comblera de joie. » a écrit Evagre le Pontique moine en Égypte au 4ème siècle.

C’est la garde du cœur dont aiment à parler les pères monastiques.

Si petite que soit une faute dans son germe, il nous faut l’arracher bien vite avant qu’elle ne mûrisse, n’acquière croissance et vigueur, et ne fructifie.

Si selon saint Séraphin de Sarov « La vie chrétienne consiste à acquérir l’Esprit-Saint » nous pouvons le demander avec constance pour qu’il nous fortifie et lutte avec nous dans cette garde du cœur si importante pour notre persévérance dans la vie chrétienne.

 

Introduction au Notre Père :

« l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » (Romains 8,26) « C’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » (Romains 8,15)

 

Prière d'envoi :

Seigneur Jésus sur toi repose l’Esprit Saint: « Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (cf. Isaïe 11,2).

Que ce même Esprit nous habite et nous garde.

Qu’il ouvre nos cœurs à l’écoute de ta Parole.

Qu’il nous aide à veiller sur nos pensées, nos paroles et nos actions.

Qu’il nous éclaire, nous soutienne et nous donne sa force pour te choisir jour après jour.

Nous te le demandons, toi, notre vie, notre joie.

Toi qui nous conduis au Père dans l’Esprit dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles.

mercredi 6 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 27e mercredi TO

(Raymond)

Introduction

Ce 06 octobre, nous fêtons Saint Bruno, prêtre, fondateur de la Grande Chartreuse. Il a vécu au 11ème siècle, de 1030 à 1101. C’est un allemand qui vient de Cologne. Il s’établit à Reims pour étudier puis enseigner. Il se sent appelé à vivre comme ermite et, dans un endroit quasi inaccessible, avec six compagnons, ils construisent des baraques toutes faites de pailles où ils vont pouvoir vivre leur vocation.  Maintenant, Bruno peut passer sa vie dans le silence, en parlant seul à seul avec Dieu qu’il rencontre dans la prière et le recueillement. Lui et ses compagnons ne sont pas conscients de fonder quelque chose de nouveau, l’ordre des Chartreux. Ce n’est pas leur intention, ils veulent simplement rester loin des marchands du sacré et vivre radicalement l’Evangile.

L’Evangile de Luc que nous entendrons, nous donnera certainement de mieux comprendre l’intention de Saint-Bruno à vivre selon l’invitation de Jésus dans la prière, dans le silence et la relation à Notre Père : « Père que ton nom soit sanctifié et que ton règne vienne. »

Puis, comme Jésus le faisais à son époque là où il passait, entrons dans la louange par la prière des psaumes.

Commentaire

Ce mardi 05 octobre est publié le rapport de la commission sur les abus sexuels dans l’Eglise.  La parole du Seigneur nous est adressée comme elle le fut à Jonas.  Ce récit nous invite à une relecture des événements qui ont bousculé et jeté l’Eglise dans la tempête. Le récit en entier vaudrait vraiment la peine d’être revisité pour entrer dans une dynamique de compassion pleine d’espérance.  Cependant, ce qui est proposé aujourd’hui c’est une première étape d’un cheminement, une descente et une fuite de Jonas qui s’assimile à une sorte de descente aux enfers de l’Eglise.

Des pans entiers de notre Eglise ont des accointances avec Ninive.             

Au début du texte, Jonas est envoyé, porteur d’une parole de condamnation : « Crie contre elle, car le mal de Ninive est monté devant le Seigneur » Le Seigneur vient, aujourd’hui encore, susurrer à l’oreille de celui qui veut bien l’entendre, de se lever et de crier.  Il a le souci des hommes d’aujourd’hui de la même manière qu’il a le souci des gens de Ninive dont la méchanceté est montée jusqu’à Lui.

Au sein de l’Eglise, Jonas est apparu sur le visage de ceux qui fuient leur responsabilité. Ils entendent les cris de ceux qui souffrent et ils fuient vers Tarsis.  Ils descendent au fond du navire loin de la face du Seigneur et préfèrent dormir. Ces cris sont évidemment ceux du Seigneur souffrant puisqu’il nous dit : « Tout ce que vous faites à l’un de ces petits c’est à moi que vous le faites. »

Les milliers de victimes abusées souffrent toujours quand elles ont été sacrifiées aux raisons de cette institution dont le silence aura été leur seul secours ! La fuite vers Tarsis consiste à se préoccuper davantage de l’onde de choc que provoquera le rapport de la commission. Le principe de réalité voudrait que le choc atteigne en priorité et profondément ces responsables de l’Eglise qui ont usé d’artifices pour reporter, voire rendre difficile le travail de vérité.

Revenons au texte. Le mot qui caractérise les versets du récit que nous venons d’entendre, c’est le mot « descendre » : « Jonas descendit à Jaffa.  Il descendit à l’intérieur du bateau pour partir avec eux loin de la face de Yahvé. »  Autrement dit, Jonas fait des marins ses complices involontaires, il les embarque dans sa fuite.  Il est descendu au fond du bateau et prend en fait, la place de la cargaison jetée à la mer.  Devant le déchaînement des éléments, le déferlement des événements, il se désolidarise des marins et du bateau.  Bien plus, il s’est couché et dort profondément. Il s’est donc figé dans la mort, silencieux, privé de relations avec Dieu et aussi avec les marins.

Comment ne pas faire de rapprochement avec notre Eglise et cette descente aux enfers, là où amiral de vaisseau et autres seconds, autres marins, se sont faits complices, tous embarqués dans la fuite.

Pour terminer, je voudrais vous inviter à lire le récit jusqu’au bout et toucher à l’espérance dont je faisais mention au début de ce commentaire. En effet, à la fin du récit, Jonas est caractérisé par la compassion pour un ricin, un quiqaillon, tandis que le Seigneur revendique la possibilité d’être, lui aussi, caractérisé par la compassion, non pas pour un quiqaillon, mais pour Ninive. Ninive, comme l’Eglise, est peut-être en attente inconsciente, d’un Dieu qui la fasse vivre.

Notre Père

Comme Jésus nous l’apprend et nous y invite aujourd’hui dans l’Evangile, adressons notre prière et notre louange à Dieu Notre Père, ce Père que nul ne connaît si ce n’est celui à qui, lui, le Fils veut bien le révéler : « Notre Père…

 Oraison finale

« Enseigne-moi Seigneur tes voies, afin que je marche en ta vérité ; rassemble mon cœur pour craindre ton nom. Ô Dieu, des orgueilleux ont surgi contre moi, une bande de forcenés pourchasse mon âme, point de place pour toi devant eux.  Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, tourne-toi vers nous.  Donne à tes serviteurs, ta force et ton salut, fais pour nous un signe de bonté. » (Ps 85)

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde et nous donne sa Paix.

mardi 5 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 27e mardi TO

 (Rosy)

 Ouverture

 Nous sommes réunis en assemblée priante pour accueillir la Parole de Dieu.

J’ai reçu un récit évangélique auquel je suis très attachée.

Surtout depuis ce jour où l’on m’a demandé d’écrire une pièce de théâtre sur Béthanie.

A la même époque, j’ai rencontré, au monastère de Béthanie près de Bruges, sur le mur d’un couloir, une œuvre de Claúdio Pastro qui m’a séduite au point de demander à Claúdio de pouvoir en faire l’affiche du spectacle « Au jardin de Béthanie ».


Si vous prenez un peu de temps pour la contempler, vous découvrirez ces petits détails qui changent tout par rapport à l’icône classique dont il a pourtant conservé la structure.

Je pense, par exemple, à la proximité entre les personnages et au petit bol fumant qu’apporte Marthe. Nous sommes loin des raisonnements sur le rapport entre action et contemplation : nous sommes dans le registre de la fraternité, de l’amitié, de l’écoute.

Pour creuser cela, j’aurai aussi recours à une réécriture de ce récit par sœur Myrèse, réécriture qui est devenue un des tous premiers fascicules des « Petites éditions » sous le titre « Marthe et Marie, une école de communion. » C’est déjà tout dire.

Mais d’abord, chantons les psaumes et écoutons les lectures.

 Commentaire

 Pour rafraîchir notre regard sur ce texte, nous pouvons jouer avec différentes hypothèses : imaginer une variante, un autre déroulement … cela peut nous ouvrir ensuite plus profondément à  ce que dit le texte… Car, un peu à la manière des paraboles, ce récit suscite des surprises, des aspects qui ne tournent pas rond, en tous cas pas comme attendus… tout cela qui nous étonne révèle aussi, non pas une réflexion morale, mais quelque chose du Royaume et surtout du visage de Jésus.

 

Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle. .

A peine ouvert, le récit présente déjà deux incongruités :

Spontanément, on se pose la question : mais où sont les disciples qui faisaient route avec Jésus ? Jésus les a-t-il renvoyés ? Pourquoi Marthe ne reçoit-elle que Jésus ? C’est tout de même étonnant, « ils font route, Marthe le reçoit… » A noter que certaines traductions gomment tout simplement le pluriel : une manière de contourner le problème, qui montre surtout que problème il y a bien.

Alors, Marthe  aurait-elle dit inconsciemment,: « Sois bienvenu Jésus, mais tu viens seul... » Aurait-elle refusé d’accueillir Jésus « tel qu’il est » avec ses disciples... Or, pour entrer en communion avec lui, ne faut-il pas entrer en communion avec ses disciples, sans exclusion ?

Second étonnement face à ce verset :

Il entre dans un village, Marthe le reçoit

Mais pourquoi n’est-ce pas « Marthe et Marie »? Marthe aurait-elle écarté de l’horizon sa sœur,: « c’est moi qui reçoit…» Pas étonnant alors que Marie ne soit pas dans l’équipe d’accueil !

 Voici, le décor de notre récit est planté. Alors quelle suite ? Essayons:

Une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison.

Elle s’empressa à le servir… Jésus se réjouit du bon repas, et la félicite: « Marthe, tu es merveilleuse, tu es un vrai cordon bleu !  » Et Marthe jubile … La vie solitaire est quand même aisée… Marthe a reçu Jésus, seule, pas de sœur pour la troubler ou faire monter en elle de mauvaises pensées… 

 Mais le texte poursuit autrement… reprenons : 

Elle avait une sœur, Marie qui, était absente. Marthe accueille le Seigneur, et en même temps, a une pensée pour sa sœur : « Dommage que Marie ne soit pas là »

Bel élan fraternel de Marthe ; Jésus aurait pu y penser et venir à Béthanie un jour où Marie était allée faire des courses ! Alors, nous pourrions vivre les uns à côté des autres... mais pas ensemble. On recevrait chacun en notre maison, et se disant, tiens dommage que l’autre ne soit pas là… et fini les bagarres… mais notre cœur en deviendrait-il plus disciple?

 Bon reprenons le texte…

Elle avait une sœur, Marie qui,  s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marie est dans la position du disciple. Elle écoute.

 Alors Marthe intervint. Elle fait une prière à Jésus, sous forme de question : une très belle question à laquelle j’aimerais m’arrêter un instant.

« Seigneur, cela ne te fait rien… ». Je crois que c’est une question que nous posons souvent et depuis toujours : face aux problèmes, aux souffrances aux difficultés de tous ordres…

Et déjà le psaume y répond :  Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens !

« Seigneur, cela ne te fait rien ? » C’est faire appel à la fibre compatissante de Jésus, à son émotion, à son amitié… Et Jésus l’entend bien ainsi qui répond à Marthe : « Oui, cela me fait quelque chose de te voir ainsi, préoccupée, toute absorbée par le service… ».

 Cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ». Ici aussi les traductions varient et certaines mettent la phrase au présent. Tiens, tiens, un autre point délicat ?

Mais le « dis-lui donc de m’aider »... est bien prononcé tandis que tout est déjà fait, il ressemble à une invitation mensongère... Marthe s’est assurée qu’il est trop tard pour aider !

 Ce « Dis-lui donc de m’aider ». montre bien que c’est une affaire entre Marthe et Jésus, pas entre les deux sœurs car Marthe aurait pu tout simplement demander à Marie de l’aider, mais, en fait, là n’est pas son but. C’est de Jésus qu’elle attend la reconnaissance, l’attention, l’amitié.

 Marie, au pied du Seigneur, est dans la position du disciple, celui qui, le cœur ouvert, écoute la parole, l’accueille…

On ne peut recevoir Jésus, sans avoir un cœur en communion. Si on rejette les disciples pour n’accueillir que Jésus seul, on ignore le véritable visage de Jésus.

 Comme une vraie parabole, ce récit n’a pas de fin : qu’a fait Marthe ?

Je peux vous proposer une réponse grâce à la représentation de Claúdio : Jésus accueille Marthe auprès de lui, avec son bouillon bien fumant. Les visages des deux sœurs expriment la même attention : Marthe est devenue disciple, elle aussi, à l’invitation de Jésus. Lazare aussi est là, ils sont tous les quatre si proches l’un de l’autre, réunis dans l’amitié, la tendresse, l’écoute. Ils sont lumineux dans le halo de leurs vêtements blancs. Jésus et ses amis de Béthanie !

 A chacun de voir si cette relecture le rejoint, si elle est bonne nouvelle pour nous, si elle nous dévoile une facette du visage de notre Dieu... 

 Invitation au Notre Père

Avec une âme de disciple mais aussi de fil et fille, tournons-nous tous ensemble vers notre Père.

 Prière finale

Seigneur Jésus, toi seul peux ouvrir largement nos cœurs afin qu’ils accueillent tes amis, tes disciples et tous les hommes que tu aimes. Nous te rendons grâce pour la merveille de ton amitié : donne-nous de la révéler autour de nous afin que soit touché le cœur de tous.

Nous te le demandons, à toi qui es vivant, avec le Père et l’Esprit Saint, aujourd’hui et pour toujours.

lundi 4 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 27e lundi TO, St François d'Assise

 (sœur Marie-Thérèse)

Introduction

Aujourd’hui, nous fêtons la mémoire de St. François d’Assise. Malgré huit cents ans qui nous séparent de sa mort, les perles de sagesse de saint François s’adressent à nos vies contemporaines avec une actualité saisissante. À travers ses exemples, il nous encourage à aimer Dieu par-dessus tout, et à être empli de gratitude pour tous les dons que nous recevons de lui chaque jour ; il nous encourage également à simplifier nos vies, à retrouver Dieu en toutes choses. Rien de tel pour mener une vie à la fois pacifiée et épanouissante ! [1]Avec saint François, chantons la louange de Dieu.

 

Commentaire

Voici un extrait d’une homélie du Père Claude Étienne :

« Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le docteur de la loi pose une question importante à Jésus : Qui est mon prochain ?  Jésus la retourne en ces termes : Qui s’est fait le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ?

Celui qui a le mieux répondu, ce n’est pas le prêtre ni le lévite. Pourtant, tout les disposait à recevoir l’amour de Dieu et à le transmettre. Celui qui a su se faire proche, c’est un homme qui ne faisait pas partie du peuple élu, c’est un samaritain, un exclu.

Mais ce prêtre et ce lévite, il faut les comprendre. Ils vont à Jérusalem pour la célébration au Temple. En touchant du sang ou un mort, ils se seraient rendus impurs. Ils seraient donc devenus inaptes à célébrer le culte. C’est pour éviter cette impureté qu’ils passent de l’autre côté, à côté du geste humain du secours, à côté de la charité, à côté de l’évangile. Leurs mains sont pures mais ils n’ont pas de main, pas de cœur. En voulant rester fidèles à la loi, ils oublient le vrai commandement de Dieu.

Arrive un samaritain. Cet homme est totalement étranger à tous ces calculs. C’est aussi un exclu. Mais il ouvre tout grand son cœur. Il prend le temps de s’arrêter, de soigner et de transporter le blessé. Il va même jusqu’à donner de l’argent pour qu’il soit soigné correctement ! Lui qui était tenu pour désobéissant à la loi en est le vrai pratiquant. En nous le donnant pour modèle, Jésus nous montre le chemin à suivre pour avoir part à la Vie éternelle.

C’est lui qu’il nous donne comme modèle à imiter. Avec cette parabole, il nous montre que ce n’est pas à nous de décider qui est notre prochain. C’est à nous de devenir le prochain de celui qui est sur notre route, quel qu’il soit. Les docteurs de la loi faisaient des distinctions entre les différentes catégories de prochain. Avec Jésus, il y a un renversement radical. L’important c’est de nous faire proche de l’autre, de nous approcher de lui. »[2]

« La miséricorde a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et des mains pour réconforter. »

 

Notre Père

Avec St. François, louons Dieu par le Notre Père.

 

Oraison[3]

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l’amour.

Là où est l’offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l’union.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à

être consolé qu’à consoler,

à être compris qu’à comprendre,

à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,

C’est en s’oubliant qu’on se retrouve,

C’est en pardonnant qu’on est pardonné,

C’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.



[1] Inspiré du site ALETEIA : https://fr.aleteia.org/2018/10/28/ces-perles-de-sagesse-de-saint-francois-dassise-sont-dune-actualite-etonnante/

[2] Site CATH.CH : https://www.cath.ch/homelie-10-juillet-2016-lc-10-25-37/

[3] Prière de St. François d’Assise : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/prier/prieres/372202-priere-de-saint-francois-dassise/