mercredi 30 septembre 2026

Liturgie de la Parole 26e mercredi TO-II Luc 9, 57-62 ; Job 9, 1-12.14-16

Introduction

Nous fêtons donc aujourd’hui saint Jérôme, son 1600ème anniversaire ! Il a traduit la Bible… et donc aussi le livre de Job. Il en a même fait un commentaire. Le livre de Job est un des plus beaux livres de la Bible, d’un point de vue littéraire, un chef-d’œuvre. Mais c’est aussi un des plus difficiles à traduire ! Livre poétique exprimant l’immense problématique du lien entre souffrance humaine et puissance divine. Cette question ne se résout pas en quelques lignes. Elle s’étend sur 42 chapitres. Elle utilise le langage de la poésie parce que c’est un langage qui exprime le fond des choses sans les épuiser, sans leur donner de réponse définitive. Tout reste ouvert.

Jérôme a donc traduit Job. Mais je me pose la question dans le cas d’un livre comme celui-là : est-ce que le traducteur, tout en traduisant les mots, est capable de traduire aussi le ton ? En effet, le passage de Job que nous entendrons peut être compris comme une magnifique méditation sur la puissance de Dieu et sa justice, mais peut signifier exactement le contraire, si on suppose que Job s’exprime ici sur le ton de l’ironie. Et il me semble qu’il ne faut pas exclure cette hypothèse.

Qu’est-ce que l’ironie ? C’est par exemple quand une maman a demandé à son ado de bien vouloir ranger sa chambre, que l’ado n’en fait rien, évidemment, et que la maman revient quelque temps plus tard, voit le bazar et s’écrie : « eh bien, c’est du joli ! ». La parole dit une chose qui veut dire exactement le contraire.

Je pense que pour entrer dans le livre de Job et ses paroles tellement paradoxales, il faut supposer que de temps en temps il manie l’ironie. C’est une façon, parfois, de se protéger contre un trop grand malheur. Et n’est-ce pas aussi un peu ce que Jésus fera dans l’évangile ? Mais d’abord, chantons les psaumes.

 

Commentaire des lectures

Ce passage de l’évangile nous déroute : Jésus a des paroles dures et exigeantes à l’égard de ses disciples. Ce passage se comprend mieux si on lit ce qui précède (et que nous aurions dû entendre hier) : « Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem ». Jésus va donc au-devant de sa passion. Il « durcit sa face », ce qui est une expression hébraïque marquant sa détermination. Alors, vis-à-vis de ceux qui expriment leur désir de le suivre, il ne cache pas que le chemin sera rude. Si tu cherches une vie de loisirs à écouter de beaux sermons, si tu cherches un cocon où vivre avec de bons copains, tu te trompes d’adresse. Si tu aimes m’écouter, mais que tu restes attaché à ton passé, coupe le cordon ! Nous sommes ici en présence d’un maître qui ne cache pas les aspérités du chemin… peut-être aussi pour ne pas s’embarrasser, sur sa route, de gens trop hésitants. Il va droit au but, il parle vrai.

Dieu parle vrai avec nous. Il attend aussi de notre part un parler-vrai avec lui. Et pour cela, nous avons dans la Bible un bel exemple : Job. Il faudrait lire l’ensemble du livre pour mieux percevoir les va-et-vient, les paradoxes des paroles de Job. Dans les versets que nous avons entendus, il reconnaît la grandeur de Dieu, il reconnaît le rien de l’homme et l’inutilité (voire le danger) de tenir tête à Dieu. Pourtant, la suite du texte le montrera, c’est exactement ce qu’il va faire : tenir tête à Dieu… au point de lui faire un procès, au point de l’accuser d’être responsable de tout le malheur du monde. Oui, dira Job, en exerçant sa justice, Dieu entraîne l’injustice ! C’est pour cela que je discerne comme de l’ironie dans le passage où il exalte la grandeur et la puissance de Dieu.

Mais il y autre chose dans le cheminement de Job : chose qui apparaît en filigrane dans la longueur du poème : c’est le passage progressif (pas linéaire !) de la lamentation à la plainte. La différence entre les deux est la clé de tout. La lamentation est un cri qui reste enfermé à l’intérieur. L’homme souffrant est replié sur lui-même, sur son malheur, et tourne en rond dans sa misère. Il n’a pas d’autre issue que de vouloir mourir. C’est ce qu’on voit dans le premier discours de Job. La plainte, en revanche, s’adresse à un autre, à l’autre qui est Dieu. Le malheur est le même, mais je le dis à quelqu’un, je ne le garde pas pour moi. Et celui à qui je le dis est quelqu’un qui peut l’entendre. Job parle à Dieu, il parle vrai, il ne parle pas pour flatter Dieu, ni pour lui faire plaisir. Il parle pour demander des comptes. Et c’est ce qui lui permet peu à peu de relever la tête.

Jérôme aussi avait son franc-parler. Peut-être pas toujours à bon escient. Peut-être que Jérôme avait des affinités avec Job. En tout cas, comme nous le voyons avec Jésus, il y a des moments de la vie où il faut se montrer déterminé. Pour que l’ironie grinçante se transforme en vrai dialogue où l’on va au fond des choses.

 

Conclusion

Dieu, tu es l’auteur d’innombrables merveilles, toi seul tu déploies les cieux, tu marches sur la crête des vagues… Révèle-nous aussi la hauteur et la profondeur de ton amour, rends justice au pauvre et guéris le cœur brisé. Apprends-nous la confiance en ton salut, entraîne-nous à la suite de ton Fils sur la route de Jérusalem, sur le chemin de la passion d’amour et de la résurrection. Lui qui…

Sr Marie-Raphaël le 30 septembre 2020

mardi 29 septembre 2026

Liturgie de la Parole 29 septembre Sts Archanges, Michel, Gabriel et Raphaël Jean 1, 47-51 ; Apocalypse 12, 7-12a

Introduction

Nous voici avec une fête quelque peu étrange... vous avez déjà croisé un archange vous ? Mais non, je ne parle pas de sr Marie-Raphaël, qui s’est super bien présentée ce matin... elle porte que le nom d'un des trois "super-vivants"... mais elle reste parmi nous, femme parmi les femmes. Mais avez-vous déjà rencontré un vrai archange, en plume et en os ? Non ? Alors laissons ces représentations pour les amateurs de fantastique, et demandons-nous plutôt ce que signifient ces textes que nous allons recevoir... et qui sont ces êtres mystérieux qui échappent à nos représentations mentales.

 

Méditation

Il y eut un combat dans le ciel... ah ! Pour qui pensait que les anges avaient un comportement angélique, c’est bien parti ! Ou alors, changeons le contenu de l’angélisme !!! Un combat, la Bonne Nouvelle n’est pas de tout repos aujourd’hui. Un combat, entre deux factions, Michel et ses anges, le Dragon, avec, lui aussi, ses anges. Comme quoi vouloir faire l’ange, ne garantit pas encore qu’on soit du bon côté !  La scène est campée. Mais tant pis pour les assoiffés de spectacle : 3 petits versets suffisent à l’auteur de l’Apocalypse, pour nous dire qu’il y a eu un combat, pour nous poser les adversaires, le lieu et donner le résultat. Ce n’est donc pas à un spectacle qu’il nous invite. Que veut-il nous dire ? Voyons les deux partis : Michel (dont le nom énigmatique est une question « qui est comme Dieu ?») et le Dragon. Pour lui l’auteur ne manque pas d’appellations variées : Serpent (bonjour le rampant de la Genèse), Diable (ce terme grec est on ne peut plus clair : il signifie le diviseur), Satan (l’adversaire), le séducteur, et enfin l’accusateur. Bref, l’ennemi dans toute sa splendeur. Le combat a lieu dans le ciel. C'est-à-dire ? dans les nuages, et on va voir voler les plumes ? pas vraiment ! Le ciel représente, il me semble, l’aspect invisible et transcendant de l’histoire. Il dit la vérité profonde, le lieu de Dieu, le lieu des esprits, donc un lieu qui n’est pas un lieu, mais une réalité profonde. On aurait pu dire la profondeur... Mais notre imaginaire en a décidé autrement, plaçant ce qui relève de l’esprit en haut. La terre figure l’aspect visible et humain. Au ciel se déroule le combat le plus important, le combat spirituel.

Et le texte de l’Apocalypse, qui est un livre d’espérance pour chrétiens vivant la persécution, nous dit : c’est vrai il y a un combat, mais Dieu en est victorieux, il a donné mission à ses anges de veiller sur chacun de vos pas. Et celui qui se prenait la tête à accuser constamment ses frères, le Satan, est réduit à rien, il est anéanti. Cette victoire est celle du Christ, et il nous la donne. Cette victoire nous mène à dépasser l’amour de nous-même pour nous donner jusqu’au bout. Tandis que nous choisissons d’aimer nos frères et sœurs plutôt que de les accuser sans cesse.

Cette victoire annonce aussi une réconciliation entre ces deux lieux : la terre et le ciel. L’homme a toujours rêvé de trouver l’échelle qui le mènerait dans les hauteurs, le songe de Jacob en témoigne. Une échelle plantée en terre qui monte aux cieux, une échelle que parcourent les anges. L’Evangile y fait allusion. Jésus annonce : Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme.  Et vous voyez l’échelle ? Écoutez ce que cela donne littéralement : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent sur le Fils de l'homme.  Elle n’est autre que le Fils de l’homme, c’est lui l’échelle qui unit terre et ciel. C’est par lui que les anges vont et viennent.

Célébrer cette victoire du monde céleste, c’est célébrer la victoire du Christ sur le mal. C’est aussi célébrer cette communion à laquelle nous sommes conviés. Il n’y a pas deux mondes : celui du ciel et celui de la terre. Il y a un seul univers, celui de Dieu : déjà nous y sommes de plain-pied et pourtant nous y sommes encore invités… Alors chantons le Seigneur,… en présence des anges !

 

Invitation au Notre Père

Seigneur Jésus, tu nous as confié ta prière, pour nous tourner vers le Père, donne-nous aujourd’hui de la redire encore, avec foi, espérance en ton salut.

Prière conclusion

Seigneur Dieu, tu veilles avec attention sur nos pas, tandis que nous vivons ce pèlerinage qu’est la vie sur terre. Aujourd’hui encore nous te bénissons pour ces êtres que tu places sur notre route, ils nous assistent et nous protègent. Qu’ils nous mènent jusqu’en la gloire, où tous ensemble nous chanterons les merveilles de ton salut.

Sr Myrèse le 29 septembre 2020

 

lundi 28 septembre 2026

Liturgie de la Parole 26e lundi TO-II Luc 9, 46-50 ; Job 1, 6-22

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Église.

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »

C’est bien le début de l’histoire de Job que la liturgie nous propose de découvrir à neuf en ce jour : à l’instigation de Satan, de l’Adversaire, des malheurs l’assaillent…

Pourra-t-il rester juste devant Dieu ? Si oui, comment favoriser cette justice ?

Dans l’Évangile, une discussion éclate : « Qui, parmi eux, était le plus grand ? »

Peut-on tisser un lien entre justice et grandeur ?

Emboîtons le pas du psalmiste et invoquons le Seigneur pour tous les hommes et femmes de notre temps :

« Seigneur, écoute la justice ! Entends ma plainte, accueille ma prière… »

 

Méditation

Job était un bien-aimé de Dieu, un « chouchou ».

Ce que Dieu dit de lui est éloquent :

« Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal »

Mais dans cette prospérité, le Malin trouve une brèche et glisse le soupçon :

« Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? »

Habileté de l’Adversaire qui dénonce :

« Tu (as) élevé une clôture pour le protéger… Tu as béni son travail… »

S’ensuit une invitation à l’éprouver :

« Étends seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te maudira en face ! »

Dieu laisse faire…

Par ce récit de Sagesse, une question nous est posée : quelle est l’attitude « juste » devant Dieu ?

Les épreuves peuvent nous atteindre, nous, ceux que nous aimons, notre Eglise, notre monde : où trouverons-nous une sécurité ?

Le psalmiste nous instruit :

« Mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres. J’ai gardé le chemin prescrit ; j’ai tenu mes pas sur tes traces : jamais mon pied n’a trébuché… »

Job se tient en silence et accueille.

Il ne prononce pas un flot de paroles imprécatoires ! Job se tait :

« Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête, il se jeta à terre et se prosterna »

Gestes de deuil, déchirure du vêtement qui exprime la déchirure du cœur, humilité, abandon à la volonté de Dieu.

Job s’en remet à Dieu, s’ouvre à Sa Parole, déploie un espace pour accueillir l’œuvre de Dieu en lui.

Il ne se place pas au-dessus de Dieu.

Dans son humilité, il accueille, comme Jésus invite dans l’Evangile :

« Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé »

L’enfant est symbole de confiance et d’abandon :

« Montre les merveilles de ta grâce ! », chante le psalmiste.

Alors, seulement, dans cette disposition d’accueil, une parole peut surgir :

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »

Job redit sa disponibilité…

Et il se montrera prêt, après 41 chapitres de dialogues avec ses amis, à recevoir la Parole de Dieu, comme un fruit mûr :

« Vous n’avez pas parlé de moi avec justesse comme l’a fait mon serviteur Job » (42, 7)

Ainsi, la vraie grandeur se situe dans cette attitude d’humilité, dans cet accueil de Dieu, de Sa Parole et de la parole de celui qui est envoyé en Son nom…

Garderons-nous nos cœurs ouverts à l’Inattendu de Dieu ?

Temps de silence. Notre Père


Oraison

Seigneur, l’expérience de Job nous montre où se trouve la justice, l’ajustement, dans l’écoute de ta Parole et l’accueil de Celui que tu es et de ce que tu veux nous dire.

Accorde-nous de garder le cœur disponible et de découvrir qu’en cet abandon réside la vraie grandeur, celle que ton Fils a vécue sur notre terre.

Lui, aujourd’hui ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 28 septembre 2020

samedi 26 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e samedi TO-II Luc 9, 43b-45 ; Qohèleth 11, 9-12,8

Méditation

« Vanité des vanités, disait Qohèleth, tout est vanité ! » Cette phrase est connue, beaucoup cependant  ignorent qu’elle vient de la Bible ! Tout est léger comme du vent, la brume, l’haleine de vie, et tout passe. Aussi le conseil que donne Qohèleth au début de la lecture de ce jour est-il si important : « Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu’approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ; avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie ».

Souviens-toi de ton Créateur, garde la mémoire de sa présence au plus intime de ton cœur, vis en sa présence, comme il invitait Abraham à le faire (Genèse 17, 1).

Tu peux suivre les sentiers de ton cœur et les désirs de tes yeux ! … Mais sois vigilant sur ce qu’ils sont. C’est à toi de choisir ces sentiers, d’orienter les désirs de ton cœur vers la vraie vie, car la vie présente a une fin, et pas forcément de la manière que tu voudrais.

C’est un peu ce que Jésus laisse entendre aux disciples : si je reste fidèle à ce que je suis, à ce que je porte au plus profond de moi, à cet amour du Père pour chacun, chacune, quel qu’il ou qu'elle soit, cela va se terminer mal ! Vous avez dû mal à l’admettre, cela va contre vos désirs, et pourtant…

 

Deux jours de suite la liturgie nous fait lire l’annonce de la Passion ! Hier Jésus annonçait aussi sa résurrection, aujourd’hui uniquement la Passion. Peut-être parce que l’espérance de la résurrection ne peut suffire à les soutenir en cette épreuve. Ils ne savent pas trop ce que c’est et nous, pas vraiment non plus ! Il faut autre chose…

Les foules sont dans l’admiration, dans l’émerveillement devant ce que fait Jésus, mais ses paroles, même les disciples ne les comprennent pas. Du moins, ils sont loin de tout comprendre !

Jésus est-il rabat-joie ?

Je ne le crois pas. Mais Il veut tout simplement les prévenir : c’est vrai, maintenant tout le monde est dans l’admiration. Mais l’opposition viendra et la foule oubliera son admiration. Vous, appuyez-vous sur votre admiration, sur votre émerveillement, sur l’amour que j’ai manifesté à tous, même à ceux et celles dont tout le monde pensait qu’ils ou elles ne le méritaient pas. Que ces souvenirs vous aident à accumuler de la confiance, de la foi. Vous en avez vu et entendu plus que tous les autres, puisque vous étiez toujours avec moi.

Cependant sachez-le, l’épreuve de me voir livré aux mains des hommes viendra. Ce seront des jours où vous direz, comme Qohèleth « je ne les aime pas ». Souvenez-vous alors de tout ce que j’ai fait, de tout ce que je vous ai dit et que je savais que mon comportement ne serait pas accueilli, pire, que je serai rejeté et livré. Souvenez-vous aussi quand vous avez entendu la voix du Père lors de la Transfiguration « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le » (Luc 9,35). Appuyez-vous sur tout cela pour essayer de traverser l’épreuve.

Ils ne comprennent pas, ils ont peur de l’interroger… Mais plus tard ils s’en sont souvenus, puisque Luc nous le rapporte.

Nous aussi, gardons présents dans nos cœurs le souvenir des moments forts où nous nous sommes sentis portés, où nous avons comme touché du doigt la grâce à l’œuvre, en nous, en d’autres personnes, en différentes situations. Et appuyons-nous sur l’action du Seigneur dans le passé, sur sa fidélité, pour garder confiance malgré tout dans l’épreuve, pour le présent et aussi pour l’avenir, pour nous-même, pour les autres...

Demandons au Seigneur cette grâce… et si nous constatons notre manque de foi, ne craignons pas. Avouons-lui tout simplement ce manque de foi, notre incompréhension, et venons à lui comme nous sommes. Cela lui suffit ! Il ne nous lâchera pas!

 

Invitation au Notre Père

Seigneur, dans la prière que Jésus nous a donnée, il nous invite à te demander de ne pas nous laisser entrer en tentation. Que nous soyons dans l’admiration ou dans l’épreuve, fais-nous la grâce de nous appuyer sur toi et de chanter en communion avec nos frères et sœurs chrétiens le Notre Père.

Sr Marie-Christine le 26 septembre 26

vendredi 25 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e vendredi TO-II Luc 9, 18-22 ; Qohèleth 3, 1-11

Introduction

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose. Beaucoup connaissent cet adage, mais si on interroge dans la rue, qui sait qu’il vient de la Bible ? de cet auteur assez moderne qu’est Qohéleth ? Et le sage d’enfiler une série d’activités, les unes après les autres, nous disant qu’il y a un temps pour chacune. Puis en finale du texte que nous allons recevoir, il y a cette parole qui me semble-t-il est trop méconnue : la traduction actuelle dit : Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, que l’on pourrait traduire en Dieu a mis l’éternité (l’infinité du temps) dans le cœur de l’homme. Ainsi vivant au cœur du temps, l’humain porte en son cœur un poids d’infini ! IL y a en l’homme comme l’écrit Noël Quesson un infini qui se construit. Et il me semble que la liturgie participe de cette construction. C’est déjà dans l’aujourd’hui que nous pouvons goûter l’éternité, tout ce que nous faisons, disons, reçoit déjà aujourd’hui son poids d’éternité. Alors nous pouvons même si nous éprouvons parfois durement notre finitude, percevoir combien en cette finitude même, s’inscrit l’éternité. Notre être dès aujourd’hui est appelé à participer à l’éternité de Dieu. Entrons en cette liturgie, en accueillant cette éternité en notre cœur. En laissant s’épanouir en nous la vie de Dieu qui déjà nous est donnée.

 

Méditation

Un jour Jésus priait à l’écart : sans doute, Jésus priait-il ainsi tous les jours. Mais saint Luc se plait à nous le rappeler aux moments clés de son évangile. Et aujourd’hui, ce qu’il y a de spécifique, c’est que ses disciples étaient avec lui. Souvent on pense Jésus se retire seul, sur la montagne pour prier. Et voici qu’aujourd’hui, ses disciples sont avec lui. Les disciples ainsi ont été formés par Jésus, à cette prière silencieuse qui porte la vie, la mission. Et puis voilà, Jésus fait sa petite enquête : qui suis-je au dire des gens ? et la réponse vient du groupe des disciples : la même que celle qui était donnée à Hérode quelques versets plus hauts dans l’évangile : certains disent Jean-Baptiste, d’autres Elie, d’autres encore un prophète qui serait ressuscité. Voilà le sondage d’opinion. Pourquoi cette question dans le fond ? Jésus ne s’arrête guère à cette réponse, il ne la discute pas. Il fait un tour de plus dans le sondage : et vous, que dites-vous ? pour vous qui suis-je ? Et Pierre répond : le Messie de Dieu. La première fois que Jésus avait interrogé, tous répondaient ensemble ; ici c’est Pierre qui prend la parole. Les autres ont-ils répondu ensuite ? ont-ils fait de Pierre leur porte-parole ? se sont-ils dispensés de réfléchir, puisque Pierre, avec son impulsivité habituelle, avait répondu ? souvent lorsque nous lisons cet évangile nous insistons sur l’aspect personnel de la réponse : et toi que dis-tu ? pour toi qui suis-je ? et on interroge : et pour toi Raphaël, pour toi Brigitte, pour toi René, pour toi Isabelle, ... qui suis-je ?  et dans la prière, nous tentons de répondre à Jésus. C’est bien, très bien même, ok. Mais avez-vous remarqué la question ? et vous, que dites-vous, pour vous qui suis-je ?  C’est vrai qu’il y a une réponse personnelle à donner, mais il y a aussi une réponse communautaire ! pour vous qui suis-je ? Jésus s’adresse aussi au groupe. En communauté d’Eglise ce matin, nous laisserons nous ensemble interpeller par Jésus ? sommes-nous venus en Église ? ou simplement comme des entités séparées, chacune venu pour un moment moi et mon Dieu ? C’est important de venir en Eglise, en communauté... ainsi aux jours de doute, notre foi sera portée par la communauté. Alors, dites-moi, répondrons-nous ensemble à cette question ? Prenons un temps de silence, pour renouveler notre acte de foi personnel en Jésus, Christ, fils de Dieu. Et puis inscrivons notre acte de foi personnel, en l’acte de foi communautaire, qui ce matin encore nous rassemble. Après le temps de silence, nous redirons cet acte de foi communautaire par le chant. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Qui décline en termes bibliques un peu le contenu de cette confession de foi. (Vigne, Pasteur, Chemin, Vérité, Vie, Résurrection, Lumière…)

Silence puis chant :

Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, louange et gloire éternelle.

 

Invitation au Notre Père

Jésus priait à l’écart, entouré de ses disciples, unissons notre prière à la sienne, remettons nos vies aux mains du Père

 

Prière de conclusion

Seigneur Jésus, aujourd’hui encore ta vie, ta parole nous interpellent. Et nous voulons avec tous tes disciples partager ta vie. Que ton Esprit dépose en nous cette foi que tu voudrais trouver en nos cœurs. Et que nous menions toujours davantage une vie qui te plaise. Nous le demandons par toi Jésus, Christ, Fils du Dieu vivant, qui vis et règnes avec le Père dans l’unité du Saint Esprit, notre Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Myrèse le 25 septembre 2020

jeudi 24 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e jeudi TO-II Luc 9, 7-9 ; Qohèleth 1, 2-11

Introduction

« Le soleil se lève, le soleil se couche, les fleuves continuent de couler », le temps passe et Dieu est là au cœur de ce monde jour après jour, depuis le commencement. Nous le chanterons après la lecture « d'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge »

Dans l’Évangile, Hérode se demande qui est Jésus.

Et nous ? Le connaissons-nous ? Quelle image de Jésus montrons-nous aux autres ? Est-ce que nous ne limitons pas Jésus à notre petite perception personnelle ? Allons-nous permettre aux autres de rencontrer vraiment le Christ ? Je pense que c'est à cette question que l’Évangile nous demande de réfléchir aujourd'hui.

 

Méditation

Qui est ce Jésus de Nazareth ? Au temps d'Hérode, tout le monde donne son avis... Jean-Baptiste ressuscité, un prophète... Au 21e siècle, c'est pareil, les gens « bien intentionnés », souvent des athées qui ne le connaissent pas, donnent leur avis.

« Une génération s'en va, une génération s'en vient et la terre subsiste toujours, l’œil n'a jamais fini de voir ni l'oreille d’entendre » dit Qohèleth, et aujourd'hui encore, certains se demandent qui est ce Jésus de Nazareth... Les non-croyants diront que c'est un philosophe ou un prophète et même un magicien. Ces gens ne connaissent pas Jésus.

Et pour nous, chrétiens et chrétiennes baptisés, qui est ce Jésus ?...

Hérode avait entendu parler de la personne humaine de Jésus, cet homme suivi par de grandes foules qui fait des miracles et il ne sait pas quoi penser. Par curiosité, il voudrait le voir. Il n'a pas la foi donc il ne pourra jamais savoir qui est réellement Jésus.

Zachée aussi voulait voir Jésus, et il l'a rencontré parce qu'il l'a regardé avec les yeux de la foi et parce qu'il est descendu de son arbre. Hérode lui, est resté sur son siège, sur ses idées de dirigeant, il n'accepte pas que Jésus soit le Messie or, pour rencontrer le Christ, il faut descendre jusqu'à Lui. Nous pouvons le rencontrer dans un vrai silence, ou dans son Évangile, ou en découvrant son amour. Parfois, il nous arrive d'être comme Hérode, d'attendre des miracles, de l'immédiat, des bienfaits à notre service. Myriam de Gemma nous dit ceci :

« L’Évangile d'aujourd'hui nous invite à ce regard de foi. Interrogeons-nous, qui est Jésus pour nous, qui est-il vraiment, nous qui connaissons Jésus, ne regardons-nous pas parfois avec les yeux du monde, en voulant que Dieu prenne notre parti, qu'il défende nos intérêts humains... Jésus alors n'est-il pas pour nous une espèce de paratonnerre devant les difficultés de la vie, celui qui doit tout nous donner comme nous le désirons ? Ne limitons-nous pas le Fils de Dieu à notre petite perception personnelle » ?[1]

Le fait de savoir quelque chose au sujet d'une personne, est très différent du fait de la connaître personnellement. Dieu nous donne la grâce de connaître Jésus. Quand nous prions, nous ne parlons pas à une simple connaissance mais à un ami. Saint Richard a dit « en Lui, j'ai trouvé le cœur d'un roi, le cœur d'un ami, le cœur d'un frère... »

Mais, pour nous, comment connaître Jésus ? J'ai posé la question au Pape François et voici ce qu'il dit :

« Le fait que la connaissance de Jésus à travers le catéchisme n'est pas suffisante, le connaître avec l'esprit est déjà un pas en avant mais il faut connaître Jésus dans le dialogue avec lui. En parlant avec lui dans la prière. La troisième voie pour connaître Jésus, c'est la « sequela », aller avec lui, marcher avec lui et tandis que l'on marche avec lui, on connait Jésus avec le langage de l'action. Si tu connais ces trois langages : de l'esprit, du cœur, de l'action, alors tu peux dire que tu connais Jésus ».[2]


Invitation au Notre Père

Nous sommes tous frères et sœurs de ce Jésus de Nazareth. Avec lui, nous pouvons prier notre Père en chantant les paroles qu'il nous a apprises...

 

Prière de conclusion

Seigneur, je voudrais te reconnaître dans les moments de grâce qui se présentent à moi. Aide-moi à te reconnaître là où je ne t'attends pas, au cœur de mes problèmes, au cœur de ceux qui m'apparaissent comme mes « ennemis ».

Aide-nous à montrer ton vrai visage aux autres pour leur permettre de te rencontrer vraiment.

Toi qui nous aimes, accompagne-nous sur le chemin qui mène à toi.

Nous te le demandons, toi qui vis et règnes avec le Christ et le Ssaint Esprit pour les siècles des siècles.

Danièle le 24 septembre 2020

mercredi 23 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e mercredi TO-II Luc 9, 1-6 ; Proverbes 30, 5-9

Introduction

Bonjour !

Comme les Douze, nous sommes rassemblés par et autour de Jésus, à l’écoute de ce qu’il veut nous dire personnellement aujourd’hui.

Le court passage du livre des Proverbes est un riche enseignement vital : « Éloigne de moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté ni richesse accorde-moi seulement ma part de pain. » Justesse de nos paroles et de nos actions, justesse de nos besoins, ni trop, ni trop peu, se contenter du nécessaire ! Pas si facile, mais quelle paix quand nous sommes heureux de ce que nous avons.

Jésus nous invite aussi à cette attitude et nous demande d’annoncer l’Évangile sans rien prendre pour la route : Accepter de recevoir le nécessaire d’autrui, quelle remise de soi entre les mains du Père ! Quelle confiance ! Quelle attitude filiale et fraternelle ! « Ils doivent espérer et attendre du père du monastère tout ce qui leur est nécessaire » nous dit saint Benoît au chapitre 33 (RB 33,5). Le Père du monastère ? C’est et le Père Abbé et surtout le Père du ciel.

C’est lui que nous prions ce midi par le chant des psaumes, en notre nom et au nom de l’Église et de l’humanité tout entière.

 

Méditation

Nous voici donc rassemblés par Jésus, convoqués par lui. « Convoqués » c’est-à-dire appelés de la voix : Il nous a regardés et appelés chacun personnellement. « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » reconnaît saint Jean dans sa 1ère lettre (1 Jean 4,10). Il est toujours le premier, tout vient de lui ! Quelle chance nous avons de le savoir. Quelle force vitale cela nous donne d’y revenir sans cesse.

Cette chance est une responsabilité. Annoncer la Bonne Nouvelle : voilà la mission que Jésus confie aux Douze, que Jésus nous confie aujourd’hui. Comment ? Les moyens n’ont guère changé depuis 2000 ans : Recevoir de lui ce que nous avons à vivre et à transmettre. Et donc rester « branchés » sur lui. Par un cœur à cœur. Ou du moins essayer de rester brancher !

Aux Douze il a donné pouvoir et autorité sur tous les démons : tous les démons, démons de toutes sortes qui rendent malades au sens propre et au sens figuré.

Et guérir, ou plutôt, soigner sans cesse! Soigner, être soigné, les deux à la fois. Actions de longue haleine qui demandent patience et persévérance de part et d’autre. C’est ensemble que nous avançons sur le Chemin de l’Évangile.

Le mode d’action : la pauvreté ! Non la misère, mais faire avec ce que nous avons, être heureux de la situation présente, Ce qui rejoint la première lecture, ce qui est un enseignement vital, qui donne la paix au cœur ! Nous savons tous que l’insatisfaction permanente ronge !

Alors qu’être heureux de notre quotidien et le vivre avec et pour le Seigneur et nos frères et sœurs donne un dynamisme incroyable, et ne nous empêche pas d’avoir de grands désirs, de grands rêves, au contraire.

De même savoir en qui nous avons mis notre foi, comme le dit si bien la 1ère lecture « Toute parole de Dieu est éprouvée au feu ; il est un bouclier pour qui s’abrite en lui ». En écho j’entends saint Paul : « Je sais en qui j’ai cru, et j’ai la conviction qu’il est assez puissant pour sauvegarder, jusqu’au jour de sa venue, le dépôt de la foi qu’il m’a confié » (2Timothée 2,12)

 

Ce dépôt dynamique de la foi que le Seigneur nous a confié, comment puis-je l’annoncer, moi qui n’ai pas d’apostolat visible ? Écoutons le Pape François : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours ». (La Joie de l’Évangile n°1)

Le Pape aime noter cette action évangélisatrice de la joie comme il l’a dit aux consacrés en 2014: « La joie, la vraie, est contagieuse, elle contamine... elle fait avancer » (Pape François « Réjouissez-vous »n° 10 lettre circulaire aux consacrés 2 février 2014)

Que le Seigneur soit et reste notre joie. Que cette joie rayonne et soit contagieuse.

 

Introduction au Notre Père

Seigneur toi qui veilles sur chacun de tes enfants et qui es un bouclier pour qui s’abrite en toi, toi qui nous donnes la vraie joie, nous te prions avec confiance…


Prière de conclusion

Seigneur Jésus, tu as aimé et choisi chacun de tes disciples.

Tu les as convoqués, envoyés pour annoncer la Bonne Nouvelle et lutter contre le mal.

Accorde-nous de marcher comme les Apôtres, dans la simplicité, l’enthousiasme et la joie, pour aider nos frères et sœurs à entrer dans le Royaume où tu accueilleras tous les tiens et seras leur joie pour les siècles des siècles. Amen.

Sr Marie-Christine le 23 septembre 2020

mardi 22 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e mardi TO-II Luc 8, 19-21

Méditation

Une des problématiques les plus vive dans notre vie est celle de la fraternité. Comment vivre en frères ? Or dans l’Ancien Testament et la Bible, ces questions sont particulièrement développées. Comment éviter de rester sur sa colère (Caïn et Abel), vivre avec son frère en vis-à-vis (Isaac et Ismaël), faire place et pardonner à son frère (Jacob et Esaü), comment gérer la jalousie (Joseph et ses frères) … Pour chacun d’entre nous, cette œuvre n’est pas simple.

Mais elle est œuvre de Dieu qui a ardemment désiré nous rejoindre pour nous apprendre à être Homme. Il nous aide car étonnement, il s’émerveille devant nous : « Et Dieu vit que cela était bon ». Jésus est devenu notre frère, en grande proximité, pour tous, pour chacun d’entre nous. Et Jésus ne limite pas ce don de la fraternité à quelques-uns de sa famille, ou de ses disciples ou de ses apôtres. Tous, nous avons part à un tel Trésor. Et donc tous, nous sommes invités à travailler à l’accueil de ce Trésor. Pour cela, Jésus nous indique deux clés pour devenir pleinement frères : écouter et mettre en pratique. Pas seulement écouter et pas seulement mettre en pratique sans plus écouter. La règle de vie du Carmel Saint Joseph reprend cette dynamique et invite à :

– écouter Dieu, se livrer à son écoute

– dire Dieu pour l’écouter encore.

Cet échange entre l’écoute et le faire (la mise en pratique) permet à tout homme de dilater son écoute, son attention à Dieu, à lui-même et aux autres, dans ces trois directions. Elle nous permet de grandir dans notre humanité, d’apprendre toujours plus à être frère, une tâche qui nous semble si difficile mais qui n’est pas impossible à Dieu.

Sr Marie, Carmel st Joseph le 20 septembre 2022

https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/luc-819-21-2/ 



lundi 21 septembre 2026

Liturgie de la Parole 21 septembre St Matthieu Matthieu 9, 9-13 ; Éphésiens 4, 1-7.11-13

Introduction

« Jamais ne manquent les témoins de cette joie au long des siècles… » Oui, on peut dire qu’à sa manière, Matthieu a été un témoin de la joie de Dieu, en nous laissant son évangile. Un évangile bien enraciné dans le 1er testament (comme nous le verrons dans le passage d’évangile d’aujourd’hui, où il cite le prophète Osée), mais rayonnant d’une nouveauté qui révèle en Jésus le Fils bien-aimé du Père et le Serviteur. Il ouvre l’accès de la Bonne Nouvelle aux exclus de la société, pécheurs et gens peu fréquentables, mais aussi à toutes les nations. Si Matthieu l’évangéliste est le publicain de Mt 9,9, on peut dire qu’l a converti ses talents de comptable en talents de conteur, qu’il a mis son intelligence au service de la Parole de Dieu et nous lui en sommes reconnaissants !

 

Commentaire des lectures

Matthieu 9,9 : c’est facile à retenir ! Un seul verset et tout est dit de la vocation de Matthieu le publicain. Un seul verset, mais riche de sens, riche comme l’était Matthieu. Verset très bref, où tous les mots comptent. Jésus est en marche : il passe d’un lieu à l’autre. Il passe devant un bureau et voit cet homme qui est assis / vissé sur sa chaise. Il lui dit : « accompagne-moi, viens avec moi » ; et l’homme aussitôt « s’étant mis debout », se met à l’accompagner. Le verbe « s’étant mis debout » (anastas) est l’un des verbes pour dire la résurrection.

 

Avant de voir la suite, voyons ce qui précède ce verset : c’est l’épisode de la guérison du paralytique. Là, un homme était couché, incapable de bouger. Et Jésus lui dit « lève-toi… et marche ! » En disant « lève-toi », il utilise l’autre verbe qui désigne la résurrection (egeirô). Nous avons donc ici deux épisodes de résurrection, toutes les deux déclenchées par une parole de Jésus. Un souffle de résurrection, de renouveau, accompagne le passage de Jésus. Pour ceux qui en bénéficient, il y a un avant et un après, une transformation radicale qui s’exprime par un changement de posture, un passage de l’immobilité au mouvement, de la position couchée ou assise à la marche.

 

Vient ensuite le récit du repas que Jésus prend avec les publicains et les pécheurs. C’est un beau prolongement de la vocation de Matthieu. Là, les convives sont assis. Mais la marche se poursuit… dans la tête. En effet, elle doit se produire dans la tête (et dans le cœur) de l’assistance. Car il y a les autres, ceux qui observent la scène et qui font leurs commentaires.  Des scribes qui assistaient à la scène avec le paralytique marmonnaient : « celui-là blasphème ! », parce que Jésus avait dit « tes péchés sont pardonnés ». Des pharisiens qui voient Jésus faire la fête avec les publicains et les personnes non fréquentables disent aux disciples de Jésus : « pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »

 

Pourquoi les pharisiens posent-ils la question aux disciples et pas directement à Jésus ? D’autant plus que les disciples sont incapables de répondre et que c’est quand même Jésus qui entend la question et qui répond. Il y a là, sans doute, le reflet littéraire de tout un débat intérieur qui se joue aussi dans le cœur des disciples. Les pharisiens disent à haute voix ce que les disciples pensent peut-être tout bas. Pensez donc : parmi ces disciples, il y a Pierre et André, des pêcheurs du lac de Galilée, des hommes qui ont dû trimer pour gagner leur pain et qui doivent détester, profondément, les publicains… Mine de rien, quand l’évangéliste écrit que Jésus était à table avec ses disciples et avec les publicains, cela devait représenter une fameuse conversion dans le cœur des disciples. Comment Pierre a-t-il pu s’asseoir sans réticence à la même table que Matthieu ?

 

Jésus répond en citant le prophète Osée. Il introduit sa réponse par les mots : allez apprendre ce que signifie la parole… ». Il vaudrait mieux traduire : « vous étant mis en route, apprenez ce que signifie etc », ou « avancez et apprenez… (poreuthentes mathete). Il les invite donc à un déplacement, une mise en route, une sortie de l’immobilisme. « Bougez-vous » … Ce n’est qu’en sortant des idées toutes faites et des jugements hâtifs qu’ils pourront comprendre. Apprenez … Ce verbe est le verbe du disciple et il est très important chez Matthieu. Pour apprendre, il leur propose de prendre appui sur une parole d’un prophète du 1er Testament : il les rejoint sur leur terrain pour leur ouvrir le cœur à une meilleure compréhension de leur propre foi. Tout Matthieu est là.

 

Et nous ? En recevant l’évangile de Matthieu, nous pouvons aussi nous mettre en route, ne pas rester assis ni couchés, mais marcher. Marcher avec Jésus, à ses côtés, comme le suggère le verbe de la vocation de Matthieu. Nous mettre à l’écoute des paroles de l’écriture, puis mettre nos talents au service de l’évangile, selon la mesure de la grâce que Dieu distribue à chacun, comme le suggère la lettre aux Éphésiens.

 

Conclusion

Seigneur, tu n’es pas venu pour appeler des justes, mais des pécheurs… fais de nous tes disciples, ressuscite-nous, envoie-nous proclamer l’évangile à toutes les nations, afin que la Bonne Nouvelle parvienne aux extrémités du monde, et change les cœurs ! Toi qui…

Sr Marie-Raphaël le 21 septembre 2020

dimanche 20 septembre 2026

Liturgie de la Parole 25e dimanche A Matthieu 20, 1-16

Homélie

Frères et sœurs,

-Le Royaume des cieux est comparable à, voilà une petite phrase qui est comme un refrain dans l’Évangile de Matthieu, et on pourrait jouer à qui retrouve le plus de comparaisons : le Royaume des cieux est comparable à un trésor dans un champ, à un négociant en perles fines, à un filet que l’on jette dans la mer, à un roi qui règle ses comptes avec ses serviteurs, à un roi qui célèbre les noces de son fils, à dix jeunes filles invitées à des noces, à un homme qui part en voyage et puis, aujourd’hui,  la Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sort embaucher des ouvriers à sa vigne. C’est comme si, pour dire le Royaume des cieux, il fallait l’approcher par différents côtés à la fois, pour comprendre peu à peu en quoi il consiste et de quoi il retourne.

-Alors, puisqu’aujourd’hui, le Royaume des cieux est comparable à un maître de vigne regardons-le ce maître pour comprendre ce que Jésus essaie de nous dire.

-D’abord, ce maître, nous le voyons embaucher des ouvriers non pas une fois, ou deux, mais cinq fois, tout au long de la journée en fait, depuis tôt le matin jusque peu avant le coucher du soleil. Qu’est-ce que cela nous évoque, à quoi cela nous fait-il penser ? Un maître de vigne qui, depuis la naissance du jour jusqu’au coucher du soleil sort sur la place pour appeler à sa vigne sans se décourager, encore et encore ; c’est comme si, pour ce maître, appeler, donner l’occasion d’être embauché était le plus important, était son vrai but. N’oublier personne, ne laisser personne en arrière, donner à chacun la possibilité de répondre à l’appel, que ce soit à la première heure de la journée ou à la dernière heure au moment où tout espoir de trouver du travail semble perdu. Qu’est-ce que cela pourrait vouloir nous dire du Royaume des cieux ?

-Et puis, il y a cette manière étrange de rétribuer les ouvriers qui semble défier les lois du l’économie. Donner le même salaire à ceux qui ont travaillé une heure seulement, qu’à ceux qui ont travaillé toute la journée. N’est-ce pas injuste ? Du point de vie économique, sans doute, mais quand il s’agit du Royaume des cieux, qu’est-ce à dire ?

-Prenons un exemple. Nous savons tous qu’une des choses qui donne le plus de sens à la vie, c’est de rencontrer l’amour, l’amour de sa vie ! Et nous savons bien que beaucoup, pour ne pas dire tous, cherchent, espèrent, attendent, de trouver l’amour qui va transfigurer la vie, et combien il manque quelque chose à l’existence tant que la vraie rencontre n’a pas eu lieu. Et quand elle a lieu, alors, précisément, la vie trouve soudain et en une fois tout son sens, les questions existentielles trouvent une réponse, et la vie prend un goût à nul autre pareil. La personne qui vit cette rencontre décisive change. Elle s’épanouit, prend de l’assurance, et tout semble s’ordonner, s’orienter : elle sait désormais pourquoi elle vit.

-Mais, remarquez-le, c’est là le point, que cette rencontre décisive ait lieu à 16 ans, à 25 ans, à 40 ans ou à 60 ans, le résultat est le même. La vie trouve d’un coup tout son sens dans l’amour vécu et partagé. La seule différence, c’est le temps passé à vivre de cet amour : toute la journée à la vigne ou seulement la dernière heure. Mais le salaire est le même : une vie pleine de sens et entière.

-Ainsi en va-t-il du Royaume des cieux et de la rencontre avec Dieu. Que j’ai la chance de découvrir l’amour de Dieu et son appel pour moi à 6 ans, à 15 ans, à 50 ou sur mon lit de mort, le résultat, le salaire, est le même. Ma vie est transfigurée, elle reçoit tout son sens, elle reçoit sa plénitude de cette rencontre. La différence, c’est que les premiers auront eu la chance de vivre de cette plénitude toute la journée à la vigne, alors que les derniers ne l’auront vécu qu’une heure. Mais tous auront le même salaire : la joie de connaître enfin la vie en plénitude et la communion avec Dieu, de connaître et d’entrer dans le Royaume. Marie et le bon larron réunis sur la même ligne d’arrivée. La joie du Royaume des cieux.

-Dieu ne cesse de sortir sur les places pour appeler et embaucher, toute la journée. À chaque heure du jour et de la vie. Certains l’y croisent plus tôt que d’autres. Mais tous son embauchés et tous reçoivent le même salaire, le fruit de la rencontre, la plénitude de la vie qui ne se compare pas et ne se mesure pas, mais se reçoit. Alors, si nous-mêmes nous avons déjà fait cette rencontre, d’une manière ou d’une autre, ne cessons pas de rendre grâce pour la chance que nous avons de pouvoir passer le reste de notre journée à la vigne, et de nous réjouir de tous ceux qui nous y rejoindront, tôt ou tard, jusqu’à la 11ème heure. Amen.

Père Paul Malvaux, jésuite, Hurtebise le 20 septembre 26

samedi 19 septembre 2026

Liturgie de la Parole 24e samedi TO-II Luc 8, 4-15 ; 1 Corinthiens 15, 35-37.42-49

Introduction

Vous croyez en la résurrection ? en la vie plus forte que la mort ? en ce lent cheminement, en ce lent murissement qui nous conduit vers la plénitude du Royaume ? c’est bien de cela que parlent les lectures d’aujourd’hui, comme merveilleux prélude de la célébration du Jour du Seigneur qui va s’ouvrir avec les vêpres ce soir. Jour du Seigneur, jour du Ressuscité, car c’est lui qui est capable de mettre en nous cette puissance de vie, si du moins nous l’accueillons ! Prenons donc le temps d’entrer en cette célébration, en cette liturgie de la Parole, le cœur ouvert, laissons-nous imprégner par l’Esprit de Dieu, qu’il nous conduise à la vie éternelle.

 

Après l’Évangile

Dans les deux lectures du jour, il est question de semence. St Paul utilise l’image de la semence qui meurt en terre, pour porter du fruit. Il essaie ainsi de nous dire le chemin qu’il nous faut prendre pour passer de cette vie terrestre à la vie éternelle : la vie éternelle est déjà en nous, elle se dit en notre corps, lieu-attestation de notre présence au monde, et un jour viendra où cette vie quittant ce corps recevra présence nouvelle, en un corps ressuscité. Tout cela est discours balbutiant. St Paul et tous ceux qui à sa suite ont tenté de dire la résurrection, se sont heurtés aux limites de notre vocabulaire, aux limites de notre entendement. La résurrection est partie de notre credo, elle nous ouvre une espérance, mais elle demeure pour une large part une inconnue en sa concrétisation, si ce n’est qu’elle s’appuie sur la vie de Jésus, aujourd’hui ressuscité.

Alors st Paul nous invite à la foi. Il nous invite par-là à prendre au sérieux notre vie terrestre, car elle prépare notre vie éternelle. Elle l’inaugure en fait. Elle est la vie spirituelle en germe, en semence.

Dans l’évangile Jésus nous parle du Royaume en termes de semence, semée largement dans le champ de nos vies. A ses disciples il explique : la semence c’est la Parole de Dieu. Nous pouvons entendre : la semence c’est Jésus, parole de Dieu, semée en notre monde, en notre vie. Car à force de lire les textes sans les lire vraiment, on fait des mélanges entre les paraboles, et on mémorise, la semence est la Parole de Dieu, le semeur c’est le Christ… et bien ce n’est pas ce que Jésus dit dans la présente parabole. Ici, il dit la semence c’est la Parole. Et il ne précise pas qui est le semeur. Alors j’entends : la semence c’est la Parole de Dieu, c’est Jésus, le Verbe de Dieu. Et alors le semeur… je devine, je soupçonne la présence du Père qui envoie son Fils, qui donne son Fils, qui le confie à notre terre, sans réserver le don de son Fils aux seules bonnes terres. Non, c’est clair, le Père envoie son Fils pour tous et toutes. Alors voilà, quand Jésus vient en nos vies, que rencontre-t-il ? tantôt de la rocaille, tantôt des épines, tantôt une bonne terre. Et la parabole m’interroge sur l’accueil que je fais à Jésus en ma vie…

Dis-moi, Jésus est-il en toi, semence de vie ? es-tu d’accord qu’il puise en ta vie, la sève qui lui permettra de grandir en toi, de faire de toi, un nouveau Christ ? es-tu d’accord que c’est le Christ qui est la semence en toi ? et que c’est le Christ qui en toi peut, si tu l’accueilles, porter son fruit de vie pour le Royaume ? C’est bien plus que de consacrer quelques instants chaque jour à écouter la Parole… es-tu d’accord que le Christ fasse de toi, le lieu où il prend racine, pour déployer sa vie ?

Prenons le temps d’accueillir Jésus Ressuscité en nous, laissons-le au fil du temps, nous montrez les pierres et les ronces qu’il nous faut enlever, pour qu’il puisse s’épanouir totalement, Christ ressuscité, aujourd’hui vivant en nos vies. 

 

Invitation à la prière du Notre Père

Père, béni sois-tu pour ton Fils, Jésus, ta Parole vivante, semence déposée en la terre de nos vies. Par lui, nous vient le salut. Avec lui, nous voulons te prier : …

 

Prière conclusion[1]

Seigneur, en cette célébration de la Parole, la vie du Christ vient germer et grandir en nous. Nous t’en rendons grâces. Que nos vies deviennent de plus en plus une terre féconde pour qu’elles donnent au centuple des fruits d’amour, de justice et de paix, par Jésus ton Fils, notre Seigneur

Sr Myrèse le 19 septembre 2020



[1] Cfr Feu Nouveau 2020

vendredi 18 septembre 2026

Liturgie de la Parole 18 septembre fête de sainte Hildegarde de Bingen Matthieu 13, 10-17 ; 1 Co 2, 10b-16

Proposé en la journée de l'Europe 2021 avec l'ajout d'une méditation en 2026

 Chant d’entrée : « quand le jour est obscur »

 

Introduction :

« Nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a accordés ». Cette parole de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens s’applique particulièrement bien à sainte Hildegarde que nous fêtons aujourd’hui. Femme libre et ardente au cœur de l’Europe médiévale, elle se laissait guider par l’Esprit de Dieu qui dilatait ses dons naturels et sa richesse intérieure. Confions-lui notre prière pour l’Europe d’aujourd’hui et demandons-lui de nous aider à nous ouvrir à l’Esprit qui nous rendra inventifs en résilience et en solidarité

 

Lecture : 1 Co 2, 10b-16

Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu’il y a dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qu’il y a en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Or nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a accordés. Nous disons cela avec un langage que nous n’apprenons pas de la sagesse humaine, mais que nous apprenons de l’Esprit ; nous comparons entre elles les réalités spirituelles. L’homme, par ses seules capacités, n’accueille pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu ; pour lui ce n’est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c’est par l’Esprit qu’on examine toute chose. Celui qui est animé par l’Esprit soumet tout à examen, mais lui, personne ne peut l’y soumettre. Car il est écrit : Qui a connu la pensée du Seigneur et qui pourra l’instruire ? Eh bien nous, nous avons la pensée du Christ !

 

Temps de silence suivi du Notre Père

 

Prière :

Par l’intercession de sainte Hildegarde, fêtée en ce jour, nous te prions, Seigneur, pour l’avenir de l’Europe. Que ton Esprit de sagesse, de force, d’audace, de créativité vienne mettre au jour toutes les richesses de cœur présentes en chacun, afin que grandisse le désir de solidarité, de fraternité, de dialogue. Puisque nous croyons en toi, donne-nous de discerner les chemins d’évangile et d’y marcher humblement, fidèlement, en ta présence.


Sr Marie-Christine ajoute la méditation suivante en 2026

Méditation Sœur Catherine de Coster

Sur les routes de Galilée, Jésus parle en paraboles, guérit des malades, porte attention à ceux que personne ne remarque … Il sème partout à profusion, comme le semeur de l’Évangile que nous avons entendu hier. Mais, l’entendons-nous vraiment ? Comprenons-nous vraiment le message de sa Bonne Nouvelle ?

Il y a deux manières d’entendre et de voir, qui nous caractérisent : nous voyons et entendons, mais l’Évangile reste parfois obscur et d’autres fois il devient lumineux. Parfois, nous pénétrons les mystères du Royaume des Cieux et d’autres fois, cela ne nous est pas donné : Nous regardons sans regarder, et nous écoutent sans écouter ni comprendre.

Ce n’est pas une nouveauté ; Jésus disait déjà au chapitre 11 de l’Évangile de Matthieu : Je te bénis Père du ciel et de la terre d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits … Et Isaïe récriminait déjà contre ceux qui ne comprenaient pas : Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux.

Ainsi, quand nous sommes simples de cœur, ouverts, accueillants, nous comprenons, alors que quand nous croyons savoir, que nous enfermons l’Évangile et Jésus dans nos schémas de pensée, nous ne pouvons ni l’entendre ni le reconnaître.

De tout temps, le message de l’Evangile vient faire éclater nos outres anciennes et nous appelle à changer de regard sur le monde pour entrer dans le regard même de Dieu, regard d’amour et de miséricorde qui va jusqu’au geste fou de donner sa vie pour nous.

Alors aujourd’hui, changeons nos sens et reconnaissons Jésus qui se rend présent en chaque instant et en tout lieu. Et risquons avec lui d’entendre cet appel fou du don de nous-mêmes jusqu’à l’extrême ! 

https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/a-vous-il-est-donne-de-connaitre-les-mysteres-mt-13-1017