Liturgie 2 octobre anges gardiens Matthieu 18, 1-5.10 ; Exode 23, 20-23a ; Psaume 90 (Lectures propres)
Introduction
Nous
voici rassemblés, en communauté, en Église.
En
ce 2 octobre, nous fêtons la mémoire des Anges gardiens.
Comme
vous vous en doutez, cette fête ne remonte pas à la haute Antiquité !
Si
le culte des anges gardiens collectifs (patrons de villes, de corps de métiers
et de corporations) se développe à la fin du 14e siècle, la fête des
anges gardiens personnels n’est instituée par le pape Paul V qu’en 1608.
Et
un tel culte peut poser question, lorsqu’on lit un verset de la lettre aux
Colossiens, où saint Paul met en garde contre le culte des anges :
«
… La réalité, c’est le Christ. Ne vous laissez pas frustrer de votre récompense
par ceux qui veulent vous humilier par un culte des anges et qui s’évadent dans
des visions et se laissent vainement gonfler d’orgueil par des idées purement
humaines » (2, 17-18)
Certes,
une telle fête remporte un certain succès à notre époque : l’idée d’un
ange qui accompagne chacun, de sa naissance à la vie dans l’au-delà, qui guide,
protège et conseille, peut séduire. Sans compter les sites qui proposent de
trouver son ange gardien…
Si
cette mémoire est inscrite en notre calendrier liturgique, c’est que le
Seigneur a quelque chose de neuf à nous dire !
D’ailleurs,
les lectures du 2 octobre sont choisies en fonction de la fête…
Que
nous dit l’Évangile ?
Il
nous confronte à une question des disciples :
«
Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »
Cette
question peut nous interpeler, en notre époque où la grandeur ne cesse d’être
mise en évidence, en termes de succès, de beauté, de performance…
Laissons-nous
toucher par la Parole de Dieu.
Et,
en priant les psaumes au nom des hommes et femmes de notre monde, recevons déjà
la confidence qu’Il nous adresse : « Je vais envoyer un ange devant
toi… »
Méditation
La
question des disciples vise un certain contexte :
«
Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »
Ils
perçoivent bien que la grandeur humaine et la grandeur selon le projet de Dieu
ne reçoivent pas nécessairement le même contenu…
Pour
répondre à cette question, « Jésus appelle un petit enfant (et)
le place au milieu d’eux »
Mais
ne confondons pas : il ne s’agit pas de l’enfant-roi de notre 21e
siècle !
Le
portrait de l’enfant de l’Antiquité est tout différent : il doit servir
les grands, n’a pas la parole et doit obéir en tout.
Comme
le dit Paul dans la Lettre aux Galates :
« Tant
que l’héritier est un petit enfant, il ne diffère en rien d’un esclave… »
(4, 1)
Par
sa réponse, Jésus situe la vraie grandeur et ouvre l’accès du Royaume :
« changer
pour devenir comme les enfants… se faire petit comme cet enfant »
Retrouver
la voie de l’enfance – on fêtait hier Ste Thérèse de Lisieux ! -.
Vivre
sa vie dans la simplicité, l’humilité, la confiance.
Voilà
la vraie grandeur.
Tel
est celui qui a de l’importance aux yeux de Dieu et dans son Royaume.
Et,
à cette vraie grandeur, Jésus associe une autre dimension :
« Celui
qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi »
Ce
propos de Jésus dévoile le message qui est au cœur de la fête de ce jour.
L’humilité
de nos chemins d’hommes, l’accueil que nous réservons aux petits attire la
Providence de Dieu, sa proximité, sa protection, sa sollicitude :
« Gardez-vous
de mépriser un seul de ces petits… leurs anges dans les cieux voient sans cesse
la face de mon Père qui est aux cieux »
Invitation
à choisir la vraie grandeur, à revisiter notre accueil des plus petits, à
relire notre vie, pour en faire un chemin d’accès au Royaume de Dieu.
Sur
ce chemin, gardons confiance !
Par
le psalmiste, Dieu nous exprime une promesse :
« Le
malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure : Il
donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins »
Notre Père
Avec
les petits de notre monde qui nous appellent à la fraternité, adressons notre
prière à Notre Père…
Oraison
Dieu
notre Père, en cette fête des anges gardiens, nous avons perçu combien tu te
fais proche des petits, des humbles ; et de nous-mêmes, lorsque nous
choisissons le chemin de la simplicité, de l’humilité, de la confiance.
Inspire-nous un comportement, des paroles, qui s’accordent à la vraie grandeur,
celle qui nous ouvrira ton Royaume. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton
Fils Ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les
siècles des siècles.
Sr Marie-Jean le 2 octobre 2021