Liturgie de la Parole 26e jeudi TO-II Luc 10, 1-12 ; Job 19, 21-27
Résonnances
Les lectures de ce
jour nous invitent à faire dialoguer sainte Thérèse de Lisieux, Job, le
psalmiste, Jésus et ses disciples… et saint François d’Assise ! Pourquoi
saint François ? Vous le verrez !
En ce 1er
octobre, nous faisons mémoire de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui
« voulait tout », parce qu’elle ne voulait pas devoir choisir… On en
connaît d’autres comme ça… Mais du coup, elle est devenue, au plus secret de sa
vie contemplative, patronne des missionnaires. Et cela tombe bien, en ce 1er
octobre, qui inaugure le mois de la Mission. En plus, l’évangile que nous venons d’entendre ne pouvait pas mieux
tomber ! Voilà donc déjà un premier lien.
Mais quel lien
voyons-nous entre sainte Thérèse et Job ? L’extrait du livre de Job que
nous venons d’entendre est célèbre, car il est souvent lu en lien avec la foi
en la résurrection. « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le
dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on
m’arracherait la peau, de ma chair, je verrai Dieu ». Quelle foi !
Quel sursaut d’espérance que ces paroles de Job, par ailleurs si doué pour la
plainte, la lamentation, les reproches… En réalité, le texte hébreu ici est
difficile à traduire, et rien ne montre qu’il s’agit de la foi en la
résurrection. Mais ce que ce passage laisse émerger, c’est une relation toute
particulière de Job avec son Dieu. Un Dieu dont l’image ne correspond pas aux
conceptions qu’on en a généralement. Un Dieu qu’il espère un jour pouvoir
rencontrer face à face pour lui demander et lui rendre des comptes. D’où la
dernière phrase : « Je le verrai, moi, en personne, et si mes yeux le
regardent, il ne sera plus un étranger ».
Regarder, chercher la
face de Dieu, c’est aussi l’espérance du psalmiste qui dit, dans le psaume
26 : « Mon cœur m’a redit ta parole : ‘cherchez ma face’. C’est
ta face, Seigneur, que je cherche ; ne me cache pas ta face ! »
Chercher la face de Dieu : quel immense désir ! C’est ici que nous
nous souvenons que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a voulu qu’on l’appelle
aussi « et de la Sainte Face » …
Regarder Dieu en
face… C’est aussi ce qu’a fait François d’Assise, tant et si bien qu’il en est
devenu aveugle. Par l’intensité de sa vie et par la simplicité de son message,
il a beaucoup d’affinités avec sainte Thérèse. Mais pourquoi parler de lui aujourd’hui ?
Cette année, nous fêtons le 8ème centenaire de sa mort : grand
jubilé… qui tombera dimanche… et que du coup, nous ne fêterons pas… Alors,
j’anticipe, d’autant plus que l’évangile
du jour m’y invite fortement.
Saint François, au
moment de sa conversion, cherchait intensément à savoir ce que Dieu voulait de
lui : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » D’abord, il
a compris que Dieu lui disait : « répare mon église », mais il l’a pris au sens matériel, et il s’est
mis à réparer la petite église Saint Damien, qui tombait en ruines… en
utilisant notamment l’argent de son père… au grand dam de celui-ci !
Ensuite, quand le petit groupe de frères a commencé à s’étoffer, il s’est posé
à nouveau la même question. Il se trouvait dans l’église de la Portioncule. Il
a ouvert le livre des évangiles, qui se trouvait là, et par hasard, il est
tombé sur l’extrait que nous venons d’entendre (Luc 10). Pour lui, ce fut une
révélation ! Voilà ce que Dieu lui demandait : partir deux par deux,
porter la paix, prendre soin des malades, annoncer le Royaume.
Avec François, avec
Thérèse, laissons-nous toucher par la parole de Dieu qui résonne pour nous dans
la liturgie. Mettons-nous à l’écoute de notre désir le plus profond :
contempler la face de Dieu, la face du Christ. Continuons à
l’interpeller : « Seigneur, que veux-tu que je
fasse ? »
Sr Marie-Raphaël
le 1er octobre 26
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