Liturgie 27e samedi TO-II Luc 11, 27-28 ; Galates 3, 22-29
Commentaire
On
peut s’émerveiller du bonheur de Marie : « Heureuse es-tu Marie,
toi qui as cru en la Parole de l’ange et qui as porté Jésus, l’Emmanuel, dans
ton sein. » Mais la Bonne Nouvelle qui nous est annoncée est celle
d’un bonheur plus grand et plus large : sont heureux ceux qui écoutent et
gardent la Parole.
Il
ne faut pas de longues phrases pour dire beaucoup sauf que ces mots ne peuvent
trouver leur résonnance qu’à partir d’une expérience car c’est l’expérience qui
renseigne.
Ecouter
et garder la Parole. C’est l’expérience de Marie qui a écouté la parole de
l’ange avec foi et obéissance ; elle a aussi écouté et gardé dans son cœur
les paroles prophétiques du vieillard Syméon. Ensuite, elle a surtout écouté et
ruminé les paroles de son fils dans son cœur de mère. Oui, heureuse es-tu
Marie. Marie est un exemple de docilité et de fidélité à la parole reçue.
Les
difficultés, les souffrances qu’elle a endurées, la douleur vécue à la mort de son
fils, rien de cela ne lui a été épargné. Malgré cela, heureuse es-tu car tu as
écouté et gardé la Parole. Une parole qui donne vie et fait vivre, une parole
qui fait ce qu’elle dit. Ne serait-ce pas là une clé de la fidélité de Marie.
Les
Galates auxquels s’adresse Paul dans sa lettre ne sont sans aucun doute
nullement informés de l’attitude de Marie mais partout où Paul se rend, il
annonce le Christ vivant. C’est son expérience. Aux Galates, Paul avait certainement
parlé de son expérience, annoncé la Bonne Nouvelle et parlé de la puissance
agissante de la Parole proclamée par Jésus. Mais Paul rencontre comme
adversaires des juifs et certains judéo-Chrétiens encore prisonniers du
légalisme pharisaïque. Ils essayent de récupérer les hommes fraîchement
convertis au Christ. Paul dénonce leurs agissements et s’en plaint dans sa
lettre. Il ne peut admettre le caractère versatile des gens qui sont sous
influence et il leur fait savoir :
« J’admire
avec quelle rapidité, vous vous détournez de Celui qui vous a appelés par la
grâce du Christ pour passer à un autre évangile ». C’est le constat
sévère que Paul fait aux Galates quand il voit avec quelle facilité les gens
peuvent être détournés de l’essentiel. Pour être disciple du Christ, Il y a un
choix radical à faire entre la foi au Christ et l’attachement à la
pratique des règlements légalistes. Bien sûr, la Loi était une pédagogie, une
pédagogie nécessaire, dont le rôle était de préparer en affinant le sens du
bien et du mal dans les consciences. Loin de Paul l’idée de rejeter la
« Loi » mais Il en va de la Loi nous dit St-Paul, comme de la
première éducation des enfants où les premiers exercices de marche contrôlés doivent
un jour céder la place à un comportement radicalement neuf, celui de la liberté
donnée par l’Esprit de Jésus.
Aujourd’hui
on pourrait paraphraser tout en apportant une nuance importante : « J’admire
avec quelle rapidité vous choisissez d’écouter tous ces influenceurs,
politiques ou autres, qui prônent les marqueurs identitaires au lieu de rester
cohérents avec la vie en vous. Attention, ces gens vous recadrent, vous
encadrent dans un mode de pensée unique et leur code moral identitaire permet
de pénaliser et punir les récalcitrants. Bien sûr, leurs lois sont celles
régies par l’individualisme et le profit aux dépens des plus vulnérables. L’application
de leurs lois identitaires n’a bien sûr et vraiment rien à voir avec les règles
de conduite que l’on appelle les commandements du décalogue, des règles de
conduite qui ont servi de support à la Loi donnée au peuple de Dieu. Une Loi
que le psalmiste glorifie : « J’aime ta Loi » dit le psalmiste.
Alors,
quel est donc le sens du reproche que Paul adresse à ceux qui n’ont pas bien
entendu et écouté la Bonne Nouvelle qui leur a été annoncée ?
Avec
le Christ quelque chose a changé : Le Christ avec sa vitalité devient la
Loi vivante. Jésus, le Christ nous précède et accompagne par pure grâce pour la
mise en pratique de ses inspirations. Tout cela ne signifie pas que l’on ne
puisse codifier les règles de conduite du décalogue. Mais quand on est habité
par le législateur lui-même, on sent ce qu’il convient de faire avant de se
référer à ce qui est écrit dans les codes de la théologie morale. Sommes-nous
prêts à reconnaître que Paul a choisi de mettre le seul accent de sa vie sur la
pratique d’intimité avec Jésus-Christ ?
C’est à cela qu’il nous invite.
Invitation au Notre Père
Après
ce temps d’intimité avec le Seigneur, tournons notre cœur vers ce Dieu Père et
adressons-Lui notre prière.
Raymond
le 10 octobre 26
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