samedi 10 octobre 2026

Liturgie 27e samedi TO-II Luc 11, 27-28 ; Galates 3, 22-29

Commentaire

On peut s’émerveiller du bonheur de Marie : « Heureuse es-tu Marie, toi qui as cru en la Parole de l’ange et qui as porté Jésus, l’Emmanuel, dans ton sein. » Mais la Bonne Nouvelle qui nous est annoncée est celle d’un bonheur plus grand et plus large : sont heureux ceux qui écoutent et gardent la Parole.

Il ne faut pas de longues phrases pour dire beaucoup sauf que ces mots ne peuvent trouver leur résonnance qu’à partir d’une expérience car c’est l’expérience qui renseigne.

Ecouter et garder la Parole. C’est l’expérience de Marie qui a écouté la parole de l’ange avec foi et obéissance ; elle a aussi écouté et gardé dans son cœur les paroles prophétiques du vieillard Syméon. Ensuite, elle a surtout écouté et ruminé les paroles de son fils dans son cœur de mère. Oui, heureuse es-tu Marie. Marie est un exemple de docilité et de fidélité à la parole reçue.

Les difficultés, les souffrances qu’elle a endurées, la douleur vécue à la mort de son fils, rien de cela ne lui a été épargné. Malgré cela, heureuse es-tu car tu as écouté et gardé la Parole. Une parole qui donne vie et fait vivre, une parole qui fait ce qu’elle dit. Ne serait-ce pas là une clé de la fidélité de Marie.

Les Galates auxquels s’adresse Paul dans sa lettre ne sont sans aucun doute nullement informés de l’attitude de Marie mais partout où Paul se rend, il annonce le Christ vivant. C’est son expérience. Aux Galates, Paul avait certainement parlé de son expérience, annoncé la Bonne Nouvelle et parlé de la puissance agissante de la Parole proclamée par Jésus. Mais Paul rencontre comme adversaires des juifs et certains judéo-Chrétiens encore prisonniers du légalisme pharisaïque. Ils essayent de récupérer les hommes fraîchement convertis au Christ. Paul dénonce leurs agissements et s’en plaint dans sa lettre. Il ne peut admettre le caractère versatile des gens qui sont sous influence et il leur fait savoir :

« J’admire avec quelle rapidité, vous vous détournez de Celui qui vous a appelés par la grâce du Christ pour passer à un autre évangile ». C’est le constat sévère que Paul fait aux Galates quand il voit avec quelle facilité les gens peuvent être détournés de l’essentiel. Pour être disciple du Christ, Il y a un choix radical à faire entre la foi au Christ et l’attachement à la pratique des règlements légalistes. Bien sûr, la Loi était une pédagogie, une pédagogie nécessaire, dont le rôle était de préparer en affinant le sens du bien et du mal dans les consciences. Loin de Paul l’idée de rejeter la « Loi » mais Il en va de la Loi nous dit St-Paul, comme de la première éducation des enfants où les premiers exercices de marche contrôlés doivent un jour céder la place à un comportement radicalement neuf, celui de la liberté donnée par l’Esprit de Jésus.

Aujourd’hui on pourrait paraphraser tout en apportant une nuance importante : « J’admire avec quelle rapidité vous choisissez d’écouter tous ces influenceurs, politiques ou autres, qui prônent les marqueurs identitaires au lieu de rester cohérents avec la vie en vous. Attention, ces gens vous recadrent, vous encadrent dans un mode de pensée unique et leur code moral identitaire permet de pénaliser et punir les récalcitrants. Bien sûr, leurs lois sont celles régies par l’individualisme et le profit aux dépens des plus vulnérables. L’application de leurs lois identitaires n’a bien sûr et vraiment rien à voir avec les règles de conduite que l’on appelle les commandements du décalogue, des règles de conduite qui ont servi de support à la Loi donnée au peuple de Dieu. Une Loi que le psalmiste glorifie : « J’aime ta Loi » dit le psalmiste.

Alors, quel est donc le sens du reproche que Paul adresse à ceux qui n’ont pas bien entendu et écouté la Bonne Nouvelle qui leur a été annoncée ?

Avec le Christ quelque chose a changé : Le Christ avec sa vitalité devient la Loi vivante. Jésus, le Christ nous précède et accompagne par pure grâce pour la mise en pratique de ses inspirations. Tout cela ne signifie pas que l’on ne puisse codifier les règles de conduite du décalogue. Mais quand on est habité par le législateur lui-même, on sent ce qu’il convient de faire avant de se référer à ce qui est écrit dans les codes de la théologie morale. Sommes-nous prêts à reconnaître que Paul a choisi de mettre le seul accent de sa vie sur la pratique d’intimité avec Jésus-Christ ?  C’est à cela qu’il nous invite.

 

Invitation au Notre Père

Après ce temps d’intimité avec le Seigneur, tournons notre cœur vers ce Dieu Père et adressons-Lui notre prière.

Raymond le 10 octobre 26

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