mardi 9 mai 2023

Liturgie de la Parole, 5e mardi du Temps pascal

Liturgie de la Parole 5e mardi de Pâques Jean 14, 27-31a ; Actes 14, 19-28

(Isabelle Halleux)

 Introduction

Je me réjouis de ce dont l’évangile nous parle ce midi : il nous parle de paix, la paix de Dieu. Mais comme aujourd’hui, c’est le jour de la fête de l’Europe, celui où nous nous rappelons de la déclaration Schumann en 1950, « l’acte fondateur de la construction européenne», je vous propose un extrait de l’adresse d’Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne, aux jeunes qu’elle rencontrait il y a quelques mois[1] à Taizé. Elle y parle de paix.

« La génération de mes parents a hérité d'un continent divisé et détruit par la guerre. C'était la génération de Frère Roger, le fondateur de la communauté de Taizé[2]. C’est cette génération qui a jeté les bases de l'Union Européenne. De la dévastation et de la poussière, ils.elles ont construit la promesse d'un continent pacifié et unifié, où la guerre entre voisins deviendrait totalement impossible. Ils ont planté les graines qui ont fleuri dans les mains des générations suivantes, qui ont fait tomber le rideau de fer et réuni les deux moitiés de notre continent. (…), qui nous ont donné la liberté de pouvoir nous déplacer, étudier, travailler sans frontière en Europe. »

  Ma génération[3] a hérité d'un immense trésor des générations précédentes : une union de 415 millions de personnes, une démocratie de démocraties, en paix et prospère à l'intérieur de ses frontières. Notre union peut paraître imparfaite. Mais l'Europe est d'abord, et pour la plupart, une aspiration et en tant que telle, elle n'est jamais achevée, jamais réalisée une fois pour toutes. « (…) 

 « Il est de la responsabilité de chaque génération de faire avancer l'Europe et  (…) de manière solidaire) (…) de toujours la rendre meilleure. Chaque génération a une mission à remplir, façonnée par nos valeurs, par nos talents, par nos aspirations. Quand j'ai entamé mon parcours de présidente de la commission européenne, la première question que je me suis posée était : « Quelle est la mission de MA génération » ? Quelle sorte de continent ma génération va-t-elle vous laisser, à vous, la prochaine génération ? Que faisons-nous des talents que nous avons reçus ? » (…)

 « Notre Union est née d'un long chemin vers la paix. Elle a été créée pour que, plus jamais, des pays européens ne se fassent la guerre entre eux. Et jusqu'à présent, cela a été le plus grand projet de paix réussi dans l'histoire de l'humanité. La guerre entre nos 27 états membres est tout simplement impensable. Notre union a tellement bien réussi que beaucoup d'entre nous ont commencé à considérer la paix comme acquise[4]. »

 « En temps normal, nous avons des tas de discussions, les compromis sont difficiles - c'est la démocratie ! C'est un peu lent, mais nous nous écoutons les uns les autres, et chaque voix compte. Chaque état membre compte. Ce que j'aime en Union Européenne, pas seulement pendant la pandémie, mais maintenant avec la guerre de la Russie contre l'Ukraine, c'est que, quand on a un problème sérieux, on se serre les coudes ! Et c'est une bonne chose ! »

 A un jeune qui lui posait la question de savoir ce qu’ils pourraient faire, comme jeunes chrétiens, pour contribuer à un monde plus uni et faire face aux défis globaux, Ursula von der Leyen rappelait les bénéfices du programme Erasmus comme expérience d’ouverture et de rencontre. Elle ajoutait : « Continuez ce que vous vivez cette semaine ici à Taizé ! Défendez vos valeurs. Donnez l'exemple. Chérissez l'évangile et les talents qui vous ont été donnés. Et, partant de votre foi, ouvrez-vous aux autres religions (…) Vous trouverez beaucoup de valeurs communes. Ecoute et humilité : je crois que cela nous fera avancer. »

 Ecoute et humilité. Sur ces paroles très « bénédictines », entrons en prière en chantant les psaumes.

 Méditation (Jn 14, 27-31a)

« Je vous laisse la paix. Je vous donne ma paix. »  (Jn 14, 27)

« Donne-nous Seigneur la paix. Non pas celle qui vient du monde, mais la paix qui vient de Toi. » (Chant de Raymond Fau, 1989)

 Après la prière du Notre Père, quand le prêtre nous invite à nous donner mutuellement « la paix du Christ » et à faire un geste pour marquer cet échange, c’est un moment de grande de joie. On se sourit, on s’embrasse, on serre la main du voisin, on se retourne, on cherche un visage connu là-bas, derrière, pareil devant, on se salue. Personnellement, je regrette toujours que le moment soit trop court parce qu’il y a encore celui-là ou celle-là avec qui échanger[5].

Et pourtant… à chaque fois, il y a au moins l’un ou l’autre regard que je cherche à éviter, une personne que je veux, ou que je dois zapper ! Et à chaque fois, cela m’agace, ou cela m’attriste -cela dépend des jours. Je dois faire « avec ». Avec, encore une fois le goût amer d’une tension existante, d’une incompréhension non résolue. Avec la douleur d’une réconciliation manquée.  Avec la rage ou les larmes qui montent. Je dois faire « avec » : avec un combat intérieur à mener vite, là, tout de suite, pour dépasser cela et entrer vraiment en communion.

C’est à ce moment-là que je me souviens de ce verset de l’évangile de Jean. « Je vous LAISSE LA paix. Je vous DONNE MA paix ». Cette paix que l’on est invité à échanger, c’est celle que nous avons reçue de Jésus en héritage, celle qu’il a expérimentée par/dans sa relation spirituelle à son Père. C’est notre « paix intérieure », celle qui vient de notre confiance en Dieu, de notre foi, de notre prière. Elle peut toujours se vivre et se donner, même si la situation extérieure est difficile. Ce n’est pas la paix du monde. C’est la paix qui vient de Dieu. Alors, je retrouve la sérénité nécessaire pour entrer vraiment en communion et recevoir le Corps du Christ.

Que la paix du Christ soit avec nous ! Qu’elle nous accompagne tout au long de cette journée, tout au long de nos journées. Amen.

Prière finale

Seigneur, fais de nous des instruments de TA paix. Soutiens notre volonté d’être uni.es en toi par la confiance et la prière.  Fais de nous des instruments de la paix du monde. Soutiens notre volonté d’être uni.es dans le respect et la diversité. Aide-nous à toujours chercher et emprunter des chemins de réconciliation en commençant autour de nous, dans nos communautés, en accueillant l’autre tel qu’il est, tel qu’elle est, dans ce qu’il vit, ce qu’elle vit. Nous te le demandons, par Jésus, le Christ, qui règne avec toi et le Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

[1] 27/8/2023 – Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Taizé : https://www.youtube.com/watch?v=vrb5A7vFt2g; surtitrage en français : https://www.youtube.com/watch?v=v9JpjsyQupk

[2] C’est aussi la génération de celles qui ont bâti le monastère d’Hurtebise

[3] C’est aussi la nôtre !

[4] Le conflit entre la Russie et l’Ukraine nous rappelle que la paix et la réconciliation sont un effort permanent dans lequel les politiques ont des responsabilités à assumer

[5] Sauf quand c’est le Père Fernand Schreber qui célèbre l’eucharistie : il se déplace jusqu’au fond de l’église, prend le temps d’adresser à chacun.e un regard, un geste, une parole.

lundi 8 mai 2023

Liturgie de la Parole, 5e lundi du Temps pascal

 (sœur Marie-Christine)

Introduction

Le Seigneur nous réunit pour le célébrer et nous nourrir de sa Parole.

Tout d’abord les aventures de Paul et Barnabé en Lycaonie, (dans l’actuelle Turquie) : ils sont pris pour des dieux grecs et ont bien du mal à faire cesser le malentendu, à annoncer la Bonne Nouvelle : « détournez-vous de ces vaines pratiques, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent… Il vous a envoyé du ciel la pluie et des saisons fertiles pour vous combler de nourriture et de bien-être. »

Se tourner vers le Dieu vivant, le rencontrer au plus intime de nous-mêmes Jésus nous y invite dans l’Évangile, dans ce si beau passage de Jean 14 que nous creuserons tout à l’heure.

Mais avant cela entrons dans la célébration par le chant des Psaumes en communion avec l’Église et tant de croyants.


Méditation

Jésus disait à ses disciples : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Recevoir, garder, aimer, être aimé : cercle vertueux, spirale de la manifestation de Jésus au cœur de la personne, car plus il est accueilli, gardé, aimé, plus il se manifeste etc. Spirale qui monte vers le ciel ou qui descend au plus intime du cœur.

Qu’est-ce qui est premier ? La manifestation de Jésus ou l’accueil ?

Il me semble que c’est comme le soleil : il ne cesse de briller, même derrière les nuages, mais si je ferme les volets intérieurs, je ne peux le recevoir. Sans mon accueil, Jésus ne peut rien, il ne force pas la porte !

L’accueil est actif, il s’agit de garder les commandements de Jésus, non dans un coffre-fort, mais de manière vivante comme Marie qui gardait tous les événements et les méditait dans son cœur.[1] Méditer, ruminer la Parole, les commandements de Jésus, les événements.

Si je recherche le mot commandement en saint Jean, je m’aperçois qu’il a trait à deux attitudes concrètes : Pour Jésus c’est le pouvoir de donner sa vie et de la recevoir de nouveau, en Jean 10[2]. Pour les disciples, Jésus le dit un peu plus loin en Jean 15 « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »[3] Le commandement qu’il nous donne n’est pas un ordre, mais une invitation à entrer dans le mouvement d’amour de Jésus qui donne sa vie. Ces citations, qui se répondent et dans lesquelles tout est condensé, sont le premier et le dernier emploi du mot commandement en saint Jean.

Donner sa vie, parfois de manière forte comme les martyrs, parfois au jour le jour dans le don de soi au quotidien. Le martyre, tous n’y sont pas appelés, le don au quotidien, lui, est proposé à chacun.

Plus une personne vit ce mouvement de don de soi, plus la porte de son cœur est ouverte, plus elle est réceptive à la manifestation de Jésus en elle. Il peut demeurer en elle, non pas seul :

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » L’intime de la personne devient demeure de Dieu, lieu de vie, lieu de rencontre, de construction intérieure, de relation vitale. Le lieu où chacun peut consulter le Seigneur comme lors de l’Exode[4], lui parler de ce qu’il vit.

C’est enfin le lieu où demeure et agit le Défenseur, Celui qui nous soutient dans le combat spirituel, qui nous enseigne tout ce que Jésus a dit, et aussi « les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » selon les termes de la lettre de Paul aux Philippiens[5], pour qu’elles nous habitent et nous transforment comme un ferment de vie.

Que le Seigneur, présent au plus intime de chacun nous, n’arrête pas l’œuvre de ses mains ! Et que nous l’accueillions de plus en plus.

 Invitation au Notre Père

« L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout », que cet Esprit nous enseigne à entrer avec un cœur filial et fraternel dans la prière du Seigneur.

 

Prière d’envoi

 Seigneur, que ton Esprit agisse dans les cœurs et donne aux hommes et femmes de notre temps de t’accueillir, de garder tes commandements, et d’entrer dans le mouvement de don d’eux-mêmes par amour, au quotidien.

Viens faire chez nous ta demeure, lieu dynamique de vie et de rencontre au plus intime.

Toi qui nous aimes avec le Père et l'Esprit Saint dès maintenant et pour toujours.

 


[1] Luc 2,19.51

[2] Cf. Jean 10,18

[3] Jean 15,12

[4] Cf. Exode 33,7

[5] Phil 2,5

jeudi 4 mai 2023

Liturgie de la Parole, 4e jeudi du Temps pascal

Liturgie de la Parole 4e jeudi de Pâques Jean 13, 16-20

(Danièle)

Introduction

Dans les Actes des apôtres, Paul arrive à Antioche  et le jour du Sabbat, les chefs de la synagogue lui demande de dire une parole d'exhortation pour le peuple. Paul retrace alors l'arbre généalogique du roi David  et dit que de la descendance de David, Dieu a fait sortir un sauveur pour Israël. C'est Jésus.

Dans l'évangile, Jean nous redit l'enseignement de Jésus, lors du dernier repas précédant sa mort. Ce n'est pas uniquement son enseignement, mais c'est l'action de Jésus et son comportement que nous sommes invité(e)s à imiter.

« L'amour du Seigneur, sans fin je le chante - ta fidélité je l'annonce d'âge en âge » c'est ce qui est écrit dans le psaume 88 que nous dirons entre les lectures mais avant d'entendre la  Parole, commençons cette célébration en chantant les psaumes du jour.


Après l'évangile

Chaque année, la célébration de la Cène le jeudi saint nous rappelle les paroles et les gestes de Jésus, avant le dernier repas, lorsque Jésus a lavé les pieds de ses disciples. Aujourd'hui, saint Jean nous raconte ce que Jésus a dit après cela. « Un serviteur n'est pas plus grand que son maître … heureux êtes-vous si vous le faites... moi je sais quels sont ceux que j'ai choisis... » Heureux êtes-vous si vous faites comme moi. Jésus a choisi ses amis et il sait très bien que Judas va le trahir.  « Je suis », dit-il, il est Dieu et Il s'agenouille devant les apôtres, devant nous, les humains, il se met à genoux même devant l'homme pécheur puisqu'il a aussi lavé les pieds de Judas. Or, Il savait d'avance qu'il allait le livrer mais il l'a choisi quand même, malgré tout. Pendant le repas, il lui dira « mon ami, fais ce que tu dois faire... » Il l'aime quand même malgré l'impardonnable. A toutes nos faiblesses, nos erreurs, nos fautes, Dieu répond par la force de son infinie miséricorde. C'est « le renversement opéré par le Christ dans le don total de sa vie et de son pardon donné à tous les hommes sur la croix »(1)

Jésus se met à genoux mais de suite après, il dit « heureux êtes-vous si vous le faites », autrement dit, soyez vous aussi au service les uns des autres. Et pour que ce message soit diffusé dans le monde entier, il nous envoie en mission. « Si quelqu'un reçoit celui que j'envoie, il me reçoit moi-même ». Maintenant encore, Jésus envoie des témoins pour annoncer la bonne nouvelle. Jésus nous envoie et il nous envoie des tas de gens pour nous rencontrer : il envoie des visiteurs de malades, des infirmières, des médecins, des prêtres mais aussi nos familles, nos amis et tous ceux qui nous aiment.(2)

« Celui qui mange le pain avec moi m'a frappé du talon », Jésus pense sans doute à Judas mais en même temps, il nous avertit qu'aujourd'hui aussi, il y a des traîtres. Il suffit de voir toute cette violence dans le monde... Mais il y a aussi des ténèbres dans notre entourage, à nous d'y apporter une nouvelle lumière. Pour cela, Jésus nous accompagne, il nous donne son esprit d'amour pour affronter ces ténèbres : personnes isolées, jeunes en difficultés, malades...  Son esprit d'amour est plus fort que toutes ces souffrances, plus fort que la violence dans le monde, il a vaincu la mort.

Dieu est service. Il tombe à genoux devant l'humain, son « salut par en bas », son agenouillement, et c'est l'inconcevable mystère de ce « je suis ». Par ce geste, Jésus nous a appris que nous sommes le sanctuaire de Dieu... L'union avec Dieu ne peut se réaliser sans notre union avec l'homme ».(3)

Jésus ne se fait pas d'illusions sur les hommes sans compétence auxquels il s'adresse, égocentriques, ambitieux, c'est pour cela qu'il nous enseigne une attitude de service. Mais il ne désespère pas de ses apôtres, il les a choisis et il leur révèle même le chemin du bonheur, de la vraie vie.

Nous sommes connues, aimées et choisies par lui pour être servantes et messagères. 

Invitation au Notre Père

Jésus nous a montré l'exemple du service.

Adressons notre prière à Dieu, notre Père.

 Prière finale

« Si quelqu'un reçoit celui que j'envoie, il me reçoit moi-même »

Seigneur, je voudrais être étroitement unie à toi et te reconnaître dans les personnes que tu m'envoies.

Aide-moi à accueillir ta lumière, à considérer mes frères et sœurs comme toi tu les vois et à servir en restant humble.

Fais que nous puissions montrer en actes que nous sommes une communauté, tous filles et fils du Père,

Nous te le demandons à toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.

(1)  Blog carmel st Joseph

(2)  Mgr Jean-Pierre Delville, Liège

(3)    Maurice Zundel, un autre regard sur l'Eucharistie

 

mardi 2 mai 2023

Liturgie de la Parole, 4e mardi du Temps pascal

Liturgie de la parole 4e mardi de Pâques Jean 10, 22-30 ; Actes 11, 19-26

(Sr Marie-Jean Noville)

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Église.

Nous poursuivons notre lecture continue des Actes des Apôtres et du 4e évangile.

J’épingle deux versets majeurs de ces extraits.

Dans les Actes, le narrateur déclare : « C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de ‘chrétiens’ ».

Dans le 4e évangile, Jésus déclare : « Le Père et moi, nous sommes UN ».

 

À ce verset de l’évangile s’articule harmonieusement la mémoire de ce 2 mai.

Nous célébrons un Père de l’église, St Athanase, Patriarche d’Alexandrie au 4e siècle.

Un des combats majeurs de ce grand homme fut de défendre la divinité du Christ contre l’arianisme, ce que Jésus atteste lorsqu’il affirme :

« Le Père et moi, nous sommes UN ».

Laissons résonner en nos cœurs cette confidence de Jésus.

Cette unité qui caractérise la relation qui l’unit au Père, Jésus l’espère pour chacun d’entre nous…

Dès à présent, unissons-nous à la prière des hommes et femmes de notre temps, par le chant des psaumes.

 

Méditation

Lorsqu’on parle de St Athanase, on est spontanément renvoyé à son œuvre majeure, un des classiques de la littérature monastique, la Vie de St Antoine.

Nous l’avons lue à l’Office de Vigiles pendant ce Carême 2023.

Je pourrais vous citer un extrait cette Vie d’Antoine.

J’y préfère un passage parallèle, glané dans les Apophtegmes des Pères du désert.

Il me semble qu’il peut éclairer notre propre expérience et orienter notre chemin. Je cite :

« Le saint abbé Antoine, assis un jour au désert, se trouva pris d’ennui et dans une grande obscurité de pensées. Il dit à Dieu : ‘Seigneur, je veux être sauvé, mais les pensées ne me laissent pas ; que ferai-je dans mon affliction ? Comment serai-je sauvé ?’.

Peu après, s’étant levé pour sortir, Antoine voit quelqu’un comme lui, assis et travaillant, puis se levant de son travail et priant, assis de nouveau en tressant la corde, puis se relevant encore pour la prière.

C’était un ange du Seigneur envoyé pour le diriger et le rassurer.

Et il entendit l’ange dire : ‘Fais ainsi et tu es sauvé’.

Ayant entendu cela, Antoine eut beaucoup de joie et de courage. Et faisant ainsi, il fut sauvé » (Antoine 1)

 

Dieu nous invite à poursuivre notre chemin, nos activités, notre vie… mais en nous sachant accompagné de Lui.

Comme Jésus le dit dans l’évangile : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main ».

 

Prenons un temps de silence pour découvrir à neuf et goûter la présence de Dieu, là où nous sommes et en ce que nous vivons.

Et soyons certains que Dieu ne nous abandonne pas, ni nous-mêmes, ni aucun de nos contemporains.

 

Temps de silence

 

Notre Père

Avec St Antoine et St Athanase, redisons la prière de Jésus…

 

Prière

Seigneur Jésus, tu nous confies l’essentiel : « Mon Père… est plus grand que tout, et personne ne peut arracher (mes brebis) de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN ».

Maintiens en nos cœurs cette certitude de ta présence, de ta sollicitude, de ton amour. Que nous puissions vivre les événements de nos vies, en nous sachant accompagnés par toi, le Vivant de Pâques, aujourd’hui Ressuscité, qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 

Bénédiction

Que le Seigneur Ressuscité nous bénisse et nous garde…


lundi 1 mai 2023

Célébration de la Parole, 4ème lundi du Temps pascal.

Liturgie de la Parole 4e lundi de Pâques A Jean, 10, 11-18 ; Actes 11, 1-18

1er mai : saint Joseph patron des travailleurs.

(soeur Marie Christine)

Introduction

Bonjour et bienvenue en cette célébration du 4ème lundi de Pâques, mais aussi du 1er mai où l’Église fête saint Joseph, patron des travailleurs. Lui qui a fait tout avec cœur et dans un esprit de service, qu’il nous accompagne et qu’il accompagne tous les travailleurs dans leurs tâches quotidiennes parfois rudes et éprouvantes. Nous lui confions aussi nos bienfaiteurs, les personnes au chômage, celles qui sont exploités dans leur travail et celles qui n’en peuvent plus.

Les Actes des Apôtres nous rapportent un moment clé de la 1ère communauté chrétienne : celui où, pour la 1ère fois, des non Juifs accueillent l’Évangile. Tandis que Jésus annonce qu’il est le bon Pasteur, le vrai Berger qui donne sa vie pour ses brebis[1], d’où qu’elles viennent[2].

Préparons-nous à écouter sa voix par le chant des Psaumes en notre nom et au nom de l’Église et de toute l’humanité.

 

Méditation

L’événement rapporté dans les Actes des Apôtres est si important qu’il occupe tout le chapitre 10 (non repris par la liturgie et que je vous invite à lire personnellement) et la moitié du chapitre 11. Corneille est un centurion de l’armée occupante qui « faisait de larges aumônes au peuple juif et priait Dieu sans cesse » [3].Le Seigneur lui-même intervient auprès de Pierre pour qu’il n’hésite pas à aller chez cet homme, alors que les juifs évitaient d’entrer dans la maison d’un non juif. À la parole de Pierre, Corneille et les gens de sa maison reçoivent l’Esprit Saint, et Pierre commente « Si Dieu leur a fait le même don qu’à nous, parce qu’ils ont cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour empêcher l’action de Dieu ? »[4]

Cette action de Dieu, relation intime entre lui et les personnes, Jésus la décrit dans l’évangile avec l’image biblique des liens entre un berger et ses brebis.

Ces paroles sont si fortes que je vais simplement relire lentement. Par contraste avec les bergers mercenaires, chaque personne compte vraiment pour Jésus[5], nous sommes à Lui : que nos cœurs en soient fortifiés et encouragés au quotidien.

 Jésus déclara :

-« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.
-Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
-J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
-Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau.

-Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même.
-J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

 Que l’amour du Christ nous saisisse de plus en plus et que nous écoutions sa voix qui parle si doucement au plus intime de nous-mêmes.

 

Introduction au Notre Père

Jésus, le bon Berger nous connaît comme le Père le connaît et qu’il connait le Père : Par Lui, avec Lui et en lui nous pouvons chanter…

 

Prière d’envoi

Seigneur Jésus, Bon Pasteur qui as donné ta vie pour tes brebis, ne nous abandonne pas lorsque vient le danger, mais fais-nous entendre ta voix et donne-nous un cœur qui l’écoute. Entraînés par elle, nous cheminerons vers le Père en formant un seul troupeau sous ta conduite. Toi le seul Pasteur qui nous fais vivre dès maintenant et à jamais.



[1] Voir Jean 10,11

[2] Voir Jean 10,16

[3] Actes 10,2

[4] Actes 11,17

[5] Voir Jean 10,13