Liturgie 23e lundi TO-II Luc 6,6-11 ; 1Corinthiens 5, 1-8
Introduction
Nous
voici rassemblés en communauté, en Eglise.
Mort et
vie.
Le
ministère de Jésus oscille entre les deux et fait passer de l’une à l’autre.
Comme le
mystère pascal, qui opère un basculement décisif de la mort vers la vie.
Tel est
le thème unifiant les lectures de ce lundi de la 23e semaine.
Dans la
communauté de Corinthe, un scandale est évoqué par Paul : un cas
d’inconduite qu’il dénonce. Une situation de mort, à ses yeux.
Dans le
récit de l’évangile, c’est le jour du sabbat. Un homme dont la main droite est
paralysée. Et les regards inquisiteurs des scribes et des pharisiens portés
vers Jésus. Là aussi, situation de mort.
Comment
basculer de la mort à la vie ? La clé nous sera donnée dans ces lectures.
A
présent, rejoignons les situations de mort et de vie de nos contemporains, par la
prière des psaumes.
Méditation
Mort
et vie.
Dans
l’Eglise de Corinthe, un homme est enfoncé dans une situation répréhensible.
Sans issue.
La
réponse de Paul est radicale : « au nom du Seigneur Jésus… dans la
puissance de notre Seigneur Jésus, il faut livrer cet individu au pouvoir de
Satan ».
Mais
le verset qui suit oriente vers la vie :
« Ainsi,
son esprit pourra être sauvé au jour du Seigneur ».
Ce
récit de la première épître aux Corinthiens peut être interpellant pour les
question morales et éthiques d’aujourd’hui.
Comme
l’écrit Sr Véronique Margron, théologienne moraliste et présidente de la CORREF :
« Accueillir,
plutôt que d’être dans le soupçon et la condamnation sans appel d’une société
qui irait à vau-l’eau, qui perdrait tout repère. L’hospitalité éthique n’est
pas une ‘bénédiction’ de ces modes de vie ou pratiques, mais c’est entendre la
souffrance et le désir que portent ces évolutions, ces demandes, ces
mœurs »[1]
Il
ne s’agit donc pas de condamner, mais d’accueillir. De percevoir une aspiration
profonde à la Vie.
Et,
dans l’Evangile, Jésus pose la question fondamentale : « Je vous le
demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire
le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »
Pour
Jésus, la réponse coule de source : « … il dit à l’homme : ‘Étends
la main’. Il le fit, et sa main redevint normale »
Ce
qui compte pour Jésus, c’est de « faire le bien », de « sauver
une vie ».
Et
de prendre ainsi le contre-pied des « scribes et pharisiens »,
attachés à la lettre de la Loi.
La
question se pose, identique, en nos vies.
Face
aux situations « irrégulières », quel est notre sentiment ?
Pouvons-nous
découvrir derrière une situation qui s’éloigne de la « norme » un
appel à la Vie et contribuer à la faire triompher ?
Pouvons-nous
prendre distance par rapport au regard critique des scribes et des pharisiens
qui font de la Loi un absolu, sans poser leur regard sur l’homme et sa
situation concrète ?
Pouvons-nous
faire pressentir la proximité de Dieu à nos routes humaines, quelles qu’elles
soient ?
Comme
l’écrit encore Véronique Margron :
« Mon
souci est de rendre possible de croire à l’amour du Christ pour chacun et à sa
capacité, alors, de vivre le plus en conformité avec cet art d’aimer qu’il nous
offre. Il n’y a pas de circonstance qui interdirait le bonheur »
Prenons
un temps de silence afin de laisser descendre l’Esprit en nos cœurs qui nous
inspirera un juste discernement…
Temps
de silence
Notre Père
Le
rôle des chrétiens, écrit Véronique Margron est de « se faire, les uns
pour les autres, les compagnons d’une humanité, ébranlée et sauvée ».
Goûtons
cette commune humanité appelée au salut en redisant la prière que Jésus
lui-même nous a apprise.
Oraison
Seigneur,
face à la lettre de la Loi, ton amour s’offre, dans l’accueil de nos
existences, aux aspects forts et fragiles.
Tu
te fais solidaire et proche de chacun.
Accorde-nous
de toujours mieux en goûter la profondeur et l’intensité, afin que nous
répondions à ton amour et en soyons d’authentiques témoins.
Nous
te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et
le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.
Sr
Marie-Jean le 7 septembre 2020
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