Liturgie de la Parole 22e mercredi TO-II Luc 4, 38-44 ; 1 Corinthiens 3, 1-9a
Accueil
Bonjour ! Quelle chance ! Nous
avons aujourd’hui deux beaux textes offerts sur la table de la Parole !
Le premier plat qui nous est servi est
amer : les divisions dans la communauté de Corinthe ! Pourquoi ?
Parce que chacun se réclame de SON Apôtre ou Évangélisateur. Rien de neuf sous
le soleil ! Mais Paul en profite pour donner l’ingrédient qui change
l’amertume en nourriture de vie. Il nous recentre sur l’essentiel : « Seul importe celui qui donne la
croissance : Dieu… Vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison qu’il
construit. » Laissons-nous construire !
Le plat de résistance, l’évangile, nous
présente Jésus qui guérit, par l’imposition des mains, tous ceux qui lui sont
amenés. Mais il refuse d’être mis au service de quelques-uns, « Aux autres villes aussi, il faut que
j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été
envoyé. ». Laissons-nous évangéliser.
Amenons maintenant à Jésus tous ceux que
nous portons dans notre cœur, les intentions de l’Église et du monde et
prions-le avec les paroles que lui-même nous a données dans les psaumes.
Méditation
À qui appartiens-tu ? Ou plutôt, à
qui choisis-tu d’appartenir ? Tel pourrait-être le résumé de la 1ère
lecture. Celui que se croit libre de tout maître est dans l’illusion, car il
est esclave de lui-même, de ses pensées, de ses envies, de ses pulsions. (cf.
Romains 6,6.15-18)
Nous avons un maître mais lequel ?
Choisis-tu un maître qui te ramène à lui, ou un maître qui te tourne vers un
Autre ? Les véritables maîtres sont des accompagnateurs : ils sont
« Des serviteurs par qui vous êtes
devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. »
Ils agissent en esprit de communion et non
de division. Ils sont des collaborateurs
de Dieu. Quelle belle mission : travailler avec Dieu ! Quoique
nous fassions, quoique nous disions, quoique nous pensions, si nous le vivons
en collaboration avec Dieu, avec l’Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu en nous, cela
change tout. Pas besoin d’une mission visible, dans la foi, gardons au cœur
cette certitude : nous sommes les collaborateurs, les collaboratrices de
Dieu ; il y a de fortes chances que nous ne voyions le fruit de cette
collaboration, que lorsque nous serons auprès de LUI. Qu’importe. Que la joie
de notre cœur vienne de lui, que notre confiance soit dans son Nom très saint.
Dans l’évangile, la belle-mère de Simon
est « oppressée par une forte fièvre ».
Il y a toutes sortes d’oppressions intérieures et extérieures. Que faire ?
« On demanda à Jésus de faire
quelque chose pour elle » : c’est magnifique comme non
précision ! ON, c’est-à-dire, n’importe qui, pourquoi pas moi ?
« Quelque chose » :
Jésus c’est toi qui sais ce qui est bon pour elle, pour la personne que je te
présente, pour moi aussi.
Que fait Jésus ? D’abord «
il se penche » vers la
personne : il la regarde, il n’y a plus qu’elle et lui en vis-à-vis. Puis
il menace ce qui opprime, et la cause du mal quitte la belle-mère. Quitter, c’est
partir pour au moins un temps assez long. Pas d’illusion : le mal peut
revenir nous tenter et entrer en nous si nous lui entrouvrons la porte, mais
Jésus est toujours là pour nous soigner. La traduction littérale est en effet « soigner » plutôt que « guérir »:
Guérir c’est instantané, voire magique ; soigner prend du temps et agit à
peu, le soignant et le soigné collaborent pour prendre le dessus de la maladie.
Conséquences de l’intervention de
Jésus : la femme se lève (et donc ressuscite, c’est le même verbe) et sert
Jésus ! Elle est pleinement réhabilitée dans sa vocation, sa mission. Le
sabbat ne pouvait être célébré puisque la mère de famille, qui doit allumer les
lumières qui inaugurent le Sabbat, était malade, au lit. Bien sûr, servir est
sa mission de femme telle que vue si souvent autrefois comme aujourd’hui !
Mais je pense aussi qu’elle vivait déjà ce que Jésus dira à ses disciples, dans
ce même évangile de Luc, la veille de sa mort : « Que le plus grand
d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert.
Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui
sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au
milieu de vous comme celui qui sert. »
(Luc 22,26-27). Jésus est le Maître et le Seigneur (Luc 22, 11 et 38), le plus
grand, et bien, il est au milieu des siens comme celui qui sert ! Et cette
femme devient à son tour la plus grande parce qu’elle sert !
Seigneur que je vive avec toi, que je sois
au milieu de celles avec qui je vis comme celle qui sert, et qui trouve sa joie
à servir ! Et quand il m’arrive de grogner intérieurement parce que
« c’est encore moi qui fais cela » viens pacifier mon cœur et vivre
en moi ta joie de servir dans l’amour. Que je vive de plus en plus la joie des
enfants du Père « servir Dieu rend
l’homme libre comme lui » comme le chante une hymne (Pour que l’homme
soit un fils à son image)
Introduction au Notre Père
« Seul
importe celui qui donne la croissance : Dieu » Tournons-nous vers
celui qui cultive nos cœurs, leur donne la croissance, leur fait porter du
fruit et chantons-lui…
Prière de conclusion
Seigneur Jésus, tu as été envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu à tous. Donne-nous, donne aux hommes d’aujourd’hui d’entendre cette Bonne Nouvelle et de l’accueillir ; qu’ils se laissent guérir par toi de tout ce qui les oppresse, qu’ils se lèvent et soient tes collaborateurs et tes serviteurs qui agissent selon tes dons à chacun d’eux. Que ta vie grandisse dans les cœurs et porte du fruit pour ta plus grande gloire et le salut du monde. Toi qui nous aimes et nous conduis au Père dans l’Esprit dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Sr Marie-Christine
le 2 septembre 26
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