Liturgie de la Parole 14 sept. Croix glorieuse Jean 3, 13-17 ; Nombres 21, 4b-9 ; Psaume 77

St Lioba Klooster Egmond-Binen (NL)
Méditation

Une belle liturgie, une fête qui
m’est très chère, comme vous le savez !
Une fête qui nous est chère, également
à Sr Élisabeth qui a choisi cette fête, des années avant moi, pour faire
Profession monastique… Un mystère qui nous concerne toutes et tous, dans notre
chemin de foi !
Des textes choisis pour la liturgie
de ce jour, je souhaite mettre en évidence la place qu’ils accordent à la verticalité.
Dans le livre des Nombres,
le peuple murmure contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait
monter d’Égypte ? ».
Une première verticalité, « monter »,
car, pour le peuple hébreu, l’Égypte est incontestablement plus au sud.
Cela étant, en rigueur de termes,
le texte originel des Nombres indique « sortir » ;
littéralement, « Pourquoi nous avoir fait sortir d’Égypte ? ».
Le fait de « sortir / monter »
signifie pour eux mourir, vu l’aspect désertique du désert, « où il n’y a
ni pain ni eau », à la différence du pays de servitude où régnait
l’abondance.
Mais la mort ne survient pas là où
le peuple la redoute.
La mort ne sévit pas dans l’absence
de nourriture, mais par ces serpents, qui mettent en exergue le péché de
non-foi, le refus de Dieu.
D’où la confession du peuple :
« Nous avons péché ! ».
Pour remédier à la mort, une autre
verticalité : un serpent de bronze se laisse monter au sommet d’un
mât.
Le serpent autour d’une perche
était le symbole du dieu guérisseur dans l’Antiquité, auquel fait référence en
notre temps le caducée des professions médicales et paramédicales.
Dans le périple du peuple dans le
désert, par le moyen de ce symbole païen, Dieu invite les membres de son peuple
à élever leur regard vers Lui.
C’est donc une montée pour
obtenir la vie.
Du 4e évangile, nous avons écouté quelques
paroles de Jésus pour Nicodème et, aujourd’hui, adressées à chacun(e) de nous.
Dans ces quelques versets, il
s’agit aussi d’une élévation, comme dans l’extrait des Nombres.
Bien plus, c’est un mouvement
vertical de montée et de descente.
Il caractérise d’ailleurs le
mouvement du Fils de l’homme dans le 4e évangile : ce Fils de
l’homme est l’Envoyé qui vient du ciel et qui y retournera.
Jésus s’identifie à ce Fils de
l’homme ; cette montée et cette descente signifient élévation et
glorification, mort puis Vie.
Nous pouvons être surpris que la
« montée » de Jésus précède la « descente » : « Nul
n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de
l’homme ».
C’est pourtant bien au mystère
pascal que Jésus fait allusion.
C’est bien Lui qui peut être
Révélateur de Dieu, puisqu’il a son origine auprès de Lui.
Son élévation, Jésus la compare à l’élévation
du serpent dans le désert.
De part et d’autre, l’élévation est
signe de guérison et de salut.
De part et d’autre, il y a une
nécessité : le serpent se laisse monter ; de Jésus, il est écrit :
« Il faut que le Fils de l’homme soit élevé »
Mouvement vertical de bas en haut, initié
par amour :
« Dieu a tellement aimé le
monde qu’il a donné son Fils unique »
Geste d’amour de Dieu, afin qu’il y
ait « vie », « vie éternelle ».
Et réponse de l’homme, au verset
15, où l’évangéliste nous fait passer à un autre registre ; il n’y est
plus question de vue comme dans les Nombres, mais de foi :
« afin qu’en lui tout homme
qui croit ait la vie éternelle »
Cette vie éternelle n’est pas
conçue comme une existence débutant après la mort naturelle, mais elle advient
déjà aujourd’hui sous la forme d’une vie en plénitude.
Cette vie en plénitude est
inséparable de l’appartenance au Christ.
Pour recevoir cette vie éternelle,
pour être sauvé, pour échapper au jugement, un seul acte est requis :
« croire » !
En cette fête de la Croix
glorieuse, nous sommes invités à croire en notre avenir : Jésus nous
précède ; avec Lui, nous pourrons passer par la mort pour obtenir la Vie.
Et si les souffrances ou les
adversités, de nous-mêmes ou de notre monde, nous font expérimenter la morsure
des serpents du désert, la fête de la Croix glorieuse nous ouvre un chemin
d’Espérance… Levons les yeux vers Jésus, ayons foi en Lui !
Sa montée ultime auprès de Dieu
précède la nôtre.
Et, avec Lui, nous serons pour
toujours… Rendons grâces !
Sr
Marie-Jean Noville le 14 septembre 26
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