mercredi 2 janvier 2013

Ce que cela pouvait être

Ayant appelé un serviteur, il s’informe de ce que cela pouvait être. Celui-ci lui dit : Ton frère est arrivé, et ton père a sacrifié le veau gras, car il l’a retrouvé en bonne santé.
Luc 15, 26-27

Viens Esprit de communion
Viens Esprit généreux
Viens Esprit du Père et du Fils

Ayant appelé un serviteur, il s’informe de ce que cela pouvait être.
Etonnant, plutôt que de se dépêcher pour aller à la fête, le fils ainé veut d’abord s’informer de quoi il retourne. Il ne semble pas vivre dans la confiance a priori, mais plutôt dans la méfiance.

Celui-ci lui dit : Ton frère est arrivé, et ton père a sacrifié le veau gras, car il l’a retrouvé en bonne santé.
Le serviteur fait un rapport rapide et fidèle au sujet de l’événement. Il met cet événement en lien avec le fils ainé : ton frère, ton père… La parole est assez neutre, elle ne l’oblige pas à se réjouir. Elle ne donne aucun jugement concernant la situation, le fils ainé est tout à fait libre de se positionner à son tour face à l’événement.

Seigneur, que nous dis-tu en ces versets ? sur quoi éveilles-tu notre attention ?

Je pense à ma manière d’accueillir les événements, les imprévus de la vie, à ma manière de m’informer, et à ma manière d’informer d’autres.

Comment toi, Seigneur, regardes-tu notre monde, comment vis-tu notre quotidien ? je voudrais aujourd’hui être attentive à ta manière divine de vivre, de partager.

Conduis-nous sur tes chemins Seigneur.

mardi 1 janvier 2013

Le fils ainé

Son fils ainé était aux champs. Et lorsque venant, il s’approcha de la maison, il entendit symphonie et chœurs.
Luc 15, 25

Viens Esprit de Dieu, viens Esprit d’amour et de tendresse
Viens Esprit de communion

Son fils ainé était aux champs.
Tiens, on l’avait presqu’oublié ce fils ainé. Depuis le début de la parabole des deux fils, verset 11, il n’était plus apparu. On savait juste que le père avait deux fils. Que le plus jeune était parti, on ignorait la situation de l’ainé. S'est-il marié depuis? a-t-il aussi quitté le toit paternel ?  voici que nous apprenons qu'il était aux champs, on peut comprendre au travail, sur les terres familiales… les terres de son père, ou sa part ?

 Et lorsque venant, il s’approcha de la maison, il entendit symphonie et chœurs.
Symphonie, ou orchestre. On a le choix pour la traduction. Toujours est-il qu’on ne s’y trompe il est question de fête, de réjouissance. Nous le savons par les versets qui précèdent. La fête a commencé sans tarder, dès le retour du plus jeune, le père a tout mis en œuvre pour l’accueillir, et l’accueillir bien vite ! Le fils ainé était aux champs, on ne l’a pas appelé ? ou il revient parce qu’on l’a appelé ?

J’observe ce fils qui rentre du travail, il est sans doute un brin fatigué du labeur accompli, mais sans doute aussi fier, heureux ce labeur. Voici qu’il entend la fête à la maison, comment va-t-il accueillir cela ? « chouette, on fait la fête là-bas… la soirée s’annonce bien »… ou « évidemment, il n’y a que moi qui travaille ici… » La Fontaine nous parlera de la cigale et de la fourmi !

Seigneur, dans le quotidien de nos existences, nous sommes ainsi soumis à la surprise, à l’inattendu… aide-nous à l’accueillir, à nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie, à accompagner ceux qui sont dans la peine !

lundi 31 décembre 2012

Festoyons

Et apportez le veau gras, sacrifiez-le, et mangeant festoyons, car celui-ci, mon fils, était mort, et il revit, il était perdu et il retrouvé. Et ils commencèrent à festoyer.
Luc 15, 23-24

Viens Esprit de Dieu, viens chanter en nous le cœur du Père,
Viens Esprit de Dieu, viens nous faire entrer en la fête du royaume.

Et apportez le veau gras, sacrifiez-le, et mangeant festoyons,
Le père ne laisse décidément pas la parole au fils, il l’a rétabli en sa dignité de fils, en lui donnant l’anneau, il l’a établi hôte d’honneur, en lui passant la robe de fête, il l’a rétabli en sa dignité d’homme libre en lui passant des chaussures aux pieds. Cela ne suffit, maintenant il faut célébrer, il faut fêter ce retour. Et pour cela le père ne lésine pas sur les moyens, il fait tuer le veau gras, celui qui était élevé et gardé pour une grande occasion ! « Festoyons »… telle est bien l’invitation que le père fait à son fils, et à toute la maisonnée. Il s’agit de fêter le moment si précieux du retour du fils !

 car celui-ci, mon fils, était mort, et il revit, il était perdu et il retrouvé.
Le père explicite alors le motif de la fête : le fils était perdu, il est retrouvé, et plus fort, il était mort, et il revit. Ces deux expressions montrent ce qu’a vécu le père en l’absence du fils : il l’avait perdu, il était dans le deuil et la peine. Ils disent aussi combien le fils ne vivait plus, il était dans la misère, la déchéance, il n’était plus ni fils, ni homme libre, ni considéré par qui que ce soit. Rappelons-nous : alors que les porcs recevaient leur nourriture,  personne ne lui donnait à manger, il était seul, affamé, oublié, comme invisible à tout regard. Il n’était plus l’objet d’aucune attention !

Et ils commencèrent à festoyer.
La fête doit durer. Et il est pressent pour le père de la commencer. Il ne peut attendre ! il a déjà trop attendu ce fils perdu, maintenant il faut par la fête célébrer sa nouvelle naissance.

Seigneur, béni sois-tu pour ton empressement à accueillir nos retours à toi. Béni sois-tu pour ton cœur de père, toujours ouvert, toujours prêt. Béni sois-tu pour la joie que tu as à mettre chacun au centre, à lui faire la fête. Fais-nous entrer dans ta joie !

dimanche 30 décembre 2012

Vite

Le fils lui dit alors : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » Le père dit à ses serviteurs : « vite, apportez la première robe et habillez-le, donnez l’anneau à sa main, et des sandales aux pieds ».
Luc 15, 21-22

Esprit de vie, de rencontre, viens habiter nos cœurs
Esprit de pardon et de résurrection, revêts nous de ta grâce.

Le fils lui dit alors : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. »
C’est bien la phrase qu’il avait préparée, en décidant son retour. Mais elle est abrégée… il n’a pas le temps de demander à son père, d’être traité comme un des salariés. Il n’a pas le temps parce que le père le coupe… ou bien, il s’arrête, car devant l’accueil de son père, il comprend que ce serait incongru qu’une telle déclaration !

 Le père dit à ses serviteurs :
Le père réagit immédiatement à la parole de son fils, qui vient d’avouer qu’il n’était plus digne d’être appelé fils ! Il veut démontrer le contraire aussi vite !

 « vite,
Le fils a erré longtemps au loin, on pourrait dire, maintenant qu’il rentre, il peut bien attendre un peu… mais non, pour le père la cause est urgente ! les serviteurs sont priés d’agir vite !

apportez la première robe et habillez-le,
la première robe, ce peut être la robe que le fils portait auparavant, et que le père a conservé jalousement ! ou bien, une robe d’importance, une robe précieuse, celle que l’on ne sort que les grands jours !

donnez l’anneau à sa main,
l’anneau plus qu’un bijou, est un signe d’appartenance à la famille, et un signe de pouvoir, c’est avec l’anneau (Pharaon partagera son anneau à Joseph signe du partage de pouvoir, en la Genèse)

et des sandales aux pieds ».
l’esclave va nu pieds, l’homme libre porte des chaussures.
Le père ne peut retarder d’un seul instant la restauration de son fils, son rétablissement en la famille.

Seigneur, tu nous attends ainsi sans cesse. Tu nous rétablis sans cesse en la dignité d’enfants de Dieu. Fais nous revenir à toi Seigneur, fais nous courir à ta rencontre, et garde nous fidèle à ton amour.

Aujourd’hui je veux faire mémoire de tout ton empressement en ma vie, de tous tes gestes de restauration ! Sans fin Seigneur, je chanterai ton amour.

samedi 29 décembre 2012

Le père fut ému aux entrailles

Etant levé, il alla vers son propre père. Tandis qu’il était encore éloigné, son père le vit et fut ému aux entrailles, et ayant couru, il se jeta à son cou et le couvrit de baisers.
Luc 15, 20

Viens Esprit de tendresse et d’amour,
Viens Esprit de compassion et d’accueil
Viens Esprit de résurrection.

Etant levé,
Jésus en sa parabole est un parfait conteur. Il nous a fait entrer dans le dialogue intérieur du fils, maintenant il nous décrit l’accomplissement. Il est levé, il est relevé, il est ressuscité ce fils.

 il alla vers son propre père.
Le voici en route, en marche. Il marche vers son père, peut-être comme il n’avait jamais auparavant marché vers lui. Que pense-t-il ? l’évangile n’en dit rien ! Il est en route, peut-être est-il tout à la joie d’avoir eu ce courage. Peut-être est-il dans sa détresse, tout à la joie, d’être déjà debout, et de marcher, et de savoir qu’au bout du chemin, il y a son père. Il y a une maison, du pain. Il vient intérieurement de renouer avec ses racines. Et il est en marche.

 Tandis qu’il était encore éloigné, son père le vit
Il faut avoir le regard aiguisé pour reconnaître au loin celui qui marche. Il faut le regard du désir, qui a longuement scruté la route, il faut le regard de l’espérance, qui attend celui qui est parti sans parole, qui a coupé les ponts.

et fut ému aux entrailles,
Il est loin, il ne peut encore voir dans quel état est son fils. Peut-être sa marche, sa démarche est-elle un peu perceptible ? Ou l’émotion est simplement celle de revoir un fils qu’il croyait perdu à jamais ? un fils dont il pensait ne plus revoir le visage ? Il est bouleversé, il frémit de tout son être.

 et ayant couru,
Le fils marche, fait le chemin du retour ! Le père court à sa rencontre. J’y pense lors du sacrement de réconciliation, le père à ce moment court à notre rencontre.
Il est peut-être âgé ; il n’a peut-être plus l’habitude de courir. Est-il bien raisonnable pour un chef de famille de se mettre à courir ? est-ce de convenance ? Le père est ému, pour lui, rien ne compte… les voisins peuvent rire s’ils le veulent, lui n’a qu’une urgence, retrouver le fils qui revient. Il n’a rien fait pour aller le rechercher, le laissant à sa liberté. Mais dès qu’il perçoit la démarche de retour, il se précipite à la rencontre !

 il se jeta à son cou et le couvrit de baisers.
Aucune  parole pour commencer… il est peut-être essoufflé ! Il est surtout pris par l’émotion, la joie : son fils est de retour ! Aucune parole, aucune question, d’abord, une expression spontanée de tendresse, d’amour.

Seigneur Jésus, en nous racontant cette parabole, tu nous dis le visage du Père ! Ainsi il est ému de compassion pour chacun de ses enfants ! Donne-nous d’être sa joie, en revenant sans cesse à lui !