vendredi 8 octobre 2021

Liturgie de la Parole 27e vendredi TO

Liturgie de la Parole 27e vendredi TO-II Luc 11, 15-26 ; Joël 1, 13-15; 2, 1-2

(sœur Marie-Christine)

 Introduction :

Bonjour et bienvenue à la célébration de la Parole qui nous rassemble en Église.

Le texte de Joël est un appel à la conversion devant le désastre qui menace à cause de la négligence du peuple et de ses responsables. Le temple et le cœur des hommes sont envahis et négligés. Comme la maison dont l’esprit du mal a été chassé… mais qui n’est pas gardée. Gardée par qui ? Comment ?

Joël nous suggère déjà un remède : prier, prier ensemble. Si nous ne trouvons pas les mots, nous pouvons crier vers le Seigneur.

Jésus nous donne une piste complémentaire.

L’évangile d’hier se terminait par « combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. » (Luc 11,13). Pour faire la jonction avec celui d’aujourd’hui il manque la guérison du sourd-muet : un homme renaît à la parole et à l’écoute.

Si Jésus chasse un démon qui rend sourd-muet, il agit par la puissance de l’Esprit Saint qui donne de parler. Si c’était par Béelzéboul, le royaume de Satan serait divisé et donc proche de la ruine.

Une seule force peut s’opposer à l’esprit du mal : celle de Dieu.

N’ayons pas peur et prions avec confiance le Psaume 17 qui justement chante le Seigneur, ma force et mon salut.

 

Méditation :

Qui est Jésus, par quelle puissance agit-il ? C’est la question que se posent ses contemporains. Question toujours actuelle. « Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? … En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.»

 

« Le doigt de Dieu » c'est ainsi que les magiciens de Pharaon désignaient l'action de Dieu par Moïse et Aaron dans l'Exode (Ex 8,15). Matthieu dans le passage parallèle à Luc (Mt 12,28) parle explicitement de « l'Esprit de Dieu ».

 

« C'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous. » « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors, dit le Seigneur ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » chante le verse de l'alléluia. (Jean 12, 31b-32)

Le prince de ce monde, l'homme fort, Jésus l'a jeté dehors. C'est fait, mais…

 

Le retour en force de l’ennemi demeure une menace dont il faut se garder sans cesse. La victoire de Jésus est certaine (cf 10,18 ; 11,20) : mais une vigilance reste nécessaire. Si tout, est bien rangé, balayé mais non gardé, ce qui avait bien commencé peut mal tourner !

« Sois le portier de ton cœur, ne laisse entrer aucune pensée sans l’interroger? « Es-tu de notre parti ou du parti de l’Adversaire ?» Si c’est une pensée qui vient de Dieu, elle te comblera de joie. » a écrit Evagre le Pontique moine en Égypte au 4ème siècle.

C’est la garde du cœur dont aiment à parler les pères monastiques.

Si petite que soit une faute dans son germe, il nous faut l’arracher bien vite avant qu’elle ne mûrisse, n’acquière croissance et vigueur, et ne fructifie.

Si selon saint Séraphin de Sarov « La vie chrétienne consiste à acquérir l’Esprit-Saint » nous pouvons le demander avec constance pour qu’il nous fortifie et lutte avec nous dans cette garde du cœur si importante pour notre persévérance dans la vie chrétienne.

 

Introduction au Notre Père :

« l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » (Romains 8,26) « C’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » (Romains 8,15)

 

Prière d'envoi :

Seigneur Jésus sur toi repose l’Esprit Saint: « Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (cf. Isaïe 11,2).

Que ce même Esprit nous habite et nous garde.

Qu’il ouvre nos cœurs à l’écoute de ta Parole.

Qu’il nous aide à veiller sur nos pensées, nos paroles et nos actions.

Qu’il nous éclaire, nous soutienne et nous donne sa force pour te choisir jour après jour.

Nous te le demandons, toi, notre vie, notre joie.

Toi qui nous conduis au Père dans l’Esprit dès maintenant et jusque dans les siècles des siècles.

mercredi 6 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 27e mercredi TO

Liturgie de la Parole 27e mercredi TO-I Luc 11, 1-4 ; Jonas 4, 1-11

(Raymond)

Introduction

Ce 06 octobre, nous fêtons Saint Bruno, prêtre, fondateur de la Grande Chartreuse. Il a vécu au 11ème siècle, de 1030 à 1101. C’est un allemand qui vient de Cologne. Il s’établit à Reims pour étudier puis enseigner. Il se sent appelé à vivre comme ermite et, dans un endroit quasi inaccessible, avec six compagnons, ils construisent des baraques toutes faites de pailles où ils vont pouvoir vivre leur vocation.  Maintenant, Bruno peut passer sa vie dans le silence, en parlant seul à seul avec Dieu qu’il rencontre dans la prière et le recueillement. Lui et ses compagnons ne sont pas conscients de fonder quelque chose de nouveau, l’ordre des Chartreux. Ce n’est pas leur intention, ils veulent simplement rester loin des marchands du sacré et vivre radicalement l’Evangile.

L’Evangile de Luc que nous entendrons, nous donnera certainement de mieux comprendre l’intention de Saint-Bruno à vivre selon l’invitation de Jésus dans la prière, dans le silence et la relation à Notre Père : « Père que ton nom soit sanctifié et que ton règne vienne. »

Puis, comme Jésus le faisais à son époque là où il passait, entrons dans la louange par la prière des psaumes.

Commentaire

Ce mardi 05 octobre est publié le rapport de la commission sur les abus sexuels dans l’Eglise.  La parole du Seigneur nous est adressée comme elle le fut à Jonas.  Ce récit nous invite à une relecture des événements qui ont bousculé et jeté l’Eglise dans la tempête. Le récit en entier vaudrait vraiment la peine d’être revisité pour entrer dans une dynamique de compassion pleine d’espérance.  Cependant, ce qui est proposé aujourd’hui c’est une première étape d’un cheminement, une descente et une fuite de Jonas qui s’assimile à une sorte de descente aux enfers de l’Eglise.

Des pans entiers de notre Eglise ont des accointances avec Ninive.             

Au début du texte, Jonas est envoyé, porteur d’une parole de condamnation : « Crie contre elle, car le mal de Ninive est monté devant le Seigneur » Le Seigneur vient, aujourd’hui encore, susurrer à l’oreille de celui qui veut bien l’entendre, de se lever et de crier.  Il a le souci des hommes d’aujourd’hui de la même manière qu’il a le souci des gens de Ninive dont la méchanceté est montée jusqu’à Lui.

Au sein de l’Eglise, Jonas est apparu sur le visage de ceux qui fuient leur responsabilité. Ils entendent les cris de ceux qui souffrent et ils fuient vers Tarsis.  Ils descendent au fond du navire loin de la face du Seigneur et préfèrent dormir. Ces cris sont évidemment ceux du Seigneur souffrant puisqu’il nous dit : « Tout ce que vous faites à l’un de ces petits c’est à moi que vous le faites. »

Les milliers de victimes abusées souffrent toujours quand elles ont été sacrifiées aux raisons de cette institution dont le silence aura été leur seul secours ! La fuite vers Tarsis consiste à se préoccuper davantage de l’onde de choc que provoquera le rapport de la commission. Le principe de réalité voudrait que le choc atteigne en priorité et profondément ces responsables de l’Eglise qui ont usé d’artifices pour reporter, voire rendre difficile le travail de vérité.

Revenons au texte. Le mot qui caractérise les versets du récit que nous venons d’entendre, c’est le mot « descendre » : « Jonas descendit à Jaffa.  Il descendit à l’intérieur du bateau pour partir avec eux loin de la face de Yahvé. »  Autrement dit, Jonas fait des marins ses complices involontaires, il les embarque dans sa fuite.  Il est descendu au fond du bateau et prend en fait, la place de la cargaison jetée à la mer.  Devant le déchaînement des éléments, le déferlement des événements, il se désolidarise des marins et du bateau.  Bien plus, il s’est couché et dort profondément. Il s’est donc figé dans la mort, silencieux, privé de relations avec Dieu et aussi avec les marins.

Comment ne pas faire de rapprochement avec notre Eglise et cette descente aux enfers, là où amiral de vaisseau et autres seconds, autres marins, se sont faits complices, tous embarqués dans la fuite.

Pour terminer, je voudrais vous inviter à lire le récit jusqu’au bout et toucher à l’espérance dont je faisais mention au début de ce commentaire. En effet, à la fin du récit, Jonas est caractérisé par la compassion pour un ricin, un quiqaillon, tandis que le Seigneur revendique la possibilité d’être, lui aussi, caractérisé par la compassion, non pas pour un quiqaillon, mais pour Ninive. Ninive, comme l’Eglise, est peut-être en attente inconsciente, d’un Dieu qui la fasse vivre.

Notre Père

Comme Jésus nous l’apprend et nous y invite aujourd’hui dans l’Evangile, adressons notre prière et notre louange à Dieu Notre Père, ce Père que nul ne connaît si ce n’est celui à qui, lui, le Fils veut bien le révéler : « Notre Père…

 Oraison finale

« Enseigne-moi Seigneur tes voies, afin que je marche en ta vérité ; rassemble mon cœur pour craindre ton nom. Ô Dieu, des orgueilleux ont surgi contre moi, une bande de forcenés pourchasse mon âme, point de place pour toi devant eux.  Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, tourne-toi vers nous.  Donne à tes serviteurs, ta force et ton salut, fais pour nous un signe de bonté. » (Ps 85)

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde et nous donne sa Paix.

mardi 5 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 27e mardi TO

Liturgie de la Parole 27e mardi TO-I Luc 10, 38-42 ; Jonas 3,1-10 ; Psaume 129

(Rosy)

 Ouverture

 Nous sommes réunis en assemblée priante pour accueillir la Parole de Dieu.

J’ai reçu un récit évangélique auquel je suis très attachée.

Surtout depuis ce jour où l’on m’a demandé d’écrire une pièce de théâtre sur Béthanie.

A la même époque, j’ai rencontré, au monastère de Béthanie près de Bruges, sur le mur d’un couloir, une œuvre de Claúdio Pastro qui m’a séduite au point de demander à Claúdio de pouvoir en faire l’affiche du spectacle « Au jardin de Béthanie ».


Si vous prenez un peu de temps pour la contempler, vous découvrirez ces petits détails qui changent tout par rapport à l’icône classique dont il a pourtant conservé la structure.

Je pense, par exemple, à la proximité entre les personnages et au petit bol fumant qu’apporte Marthe. Nous sommes loin des raisonnements sur le rapport entre action et contemplation : nous sommes dans le registre de la fraternité, de l’amitié, de l’écoute.

Pour creuser cela, j’aurai aussi recours à une réécriture de ce récit par sœur Myrèse, réécriture qui est devenue un des tous premiers fascicules des « Petites éditions » sous le titre « Marthe et Marie, une école de communion. » C’est déjà tout dire.

Mais d’abord, chantons les psaumes et écoutons les lectures.

 Commentaire

 Pour rafraîchir notre regard sur ce texte, nous pouvons jouer avec différentes hypothèses : imaginer une variante, un autre déroulement … cela peut nous ouvrir ensuite plus profondément à  ce que dit le texte… Car, un peu à la manière des paraboles, ce récit suscite des surprises, des aspects qui ne tournent pas rond, en tous cas pas comme attendus… tout cela qui nous étonne révèle aussi, non pas une réflexion morale, mais quelque chose du Royaume et surtout du visage de Jésus.

 

Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle. .

A peine ouvert, le récit présente déjà deux incongruités :

Spontanément, on se pose la question : mais où sont les disciples qui faisaient route avec Jésus ? Jésus les a-t-il renvoyés ? Pourquoi Marthe ne reçoit-elle que Jésus ? C’est tout de même étonnant, « ils font route, Marthe le reçoit… » A noter que certaines traductions gomment tout simplement le pluriel : une manière de contourner le problème, qui montre surtout que problème il y a bien.

Alors, Marthe  aurait-elle dit inconsciemment,: « Sois bienvenu Jésus, mais tu viens seul... » Aurait-elle refusé d’accueillir Jésus « tel qu’il est » avec ses disciples... Or, pour entrer en communion avec lui, ne faut-il pas entrer en communion avec ses disciples, sans exclusion ?

Second étonnement face à ce verset :

Il entre dans un village, Marthe le reçoit

Mais pourquoi n’est-ce pas « Marthe et Marie »? Marthe aurait-elle écarté de l’horizon sa sœur,: « c’est moi qui reçoit…» Pas étonnant alors que Marie ne soit pas dans l’équipe d’accueil !

 Voici, le décor de notre récit est planté. Alors quelle suite ? Essayons:

Une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison.

Elle s’empressa à le servir… Jésus se réjouit du bon repas, et la félicite: « Marthe, tu es merveilleuse, tu es un vrai cordon bleu !  » Et Marthe jubile … La vie solitaire est quand même aisée… Marthe a reçu Jésus, seule, pas de sœur pour la troubler ou faire monter en elle de mauvaises pensées… 

 Mais le texte poursuit autrement… reprenons : 

Elle avait une sœur, Marie qui, était absente. Marthe accueille le Seigneur, et en même temps, a une pensée pour sa sœur : « Dommage que Marie ne soit pas là »

Bel élan fraternel de Marthe ; Jésus aurait pu y penser et venir à Béthanie un jour où Marie était allée faire des courses ! Alors, nous pourrions vivre les uns à côté des autres... mais pas ensemble. On recevrait chacun en notre maison, et se disant, tiens dommage que l’autre ne soit pas là… et fini les bagarres… mais notre cœur en deviendrait-il plus disciple?

 Bon reprenons le texte…

Elle avait une sœur, Marie qui,  s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marie est dans la position du disciple. Elle écoute.

 Alors Marthe intervint. Elle fait une prière à Jésus, sous forme de question : une très belle question à laquelle j’aimerais m’arrêter un instant.

« Seigneur, cela ne te fait rien… ». Je crois que c’est une question que nous posons souvent et depuis toujours : face aux problèmes, aux souffrances aux difficultés de tous ordres…

Et déjà le psaume y répond :  Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens !

« Seigneur, cela ne te fait rien ? » C’est faire appel à la fibre compatissante de Jésus, à son émotion, à son amitié… Et Jésus l’entend bien ainsi qui répond à Marthe : « Oui, cela me fait quelque chose de te voir ainsi, préoccupée, toute absorbée par le service… ».

 Cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ». Ici aussi les traductions varient et certaines mettent la phrase au présent. Tiens, tiens, un autre point délicat ?

Mais le « dis-lui donc de m’aider »... est bien prononcé tandis que tout est déjà fait, il ressemble à une invitation mensongère... Marthe s’est assurée qu’il est trop tard pour aider !

 Ce « Dis-lui donc de m’aider ». montre bien que c’est une affaire entre Marthe et Jésus, pas entre les deux sœurs car Marthe aurait pu tout simplement demander à Marie de l’aider, mais, en fait, là n’est pas son but. C’est de Jésus qu’elle attend la reconnaissance, l’attention, l’amitié.

 Marie, au pied du Seigneur, est dans la position du disciple, celui qui, le cœur ouvert, écoute la parole, l’accueille…

On ne peut recevoir Jésus, sans avoir un cœur en communion. Si on rejette les disciples pour n’accueillir que Jésus seul, on ignore le véritable visage de Jésus.

 Comme une vraie parabole, ce récit n’a pas de fin : qu’a fait Marthe ?

Je peux vous proposer une réponse grâce à la représentation de Claúdio : Jésus accueille Marthe auprès de lui, avec son bouillon bien fumant. Les visages des deux sœurs expriment la même attention : Marthe est devenue disciple, elle aussi, à l’invitation de Jésus. Lazare aussi est là, ils sont tous les quatre si proches l’un de l’autre, réunis dans l’amitié, la tendresse, l’écoute. Ils sont lumineux dans le halo de leurs vêtements blancs. Jésus et ses amis de Béthanie !

 A chacun de voir si cette relecture le rejoint, si elle est bonne nouvelle pour nous, si elle nous dévoile une facette du visage de notre Dieu... 

 Invitation au Notre Père

Avec une âme de disciple mais aussi de fil et fille, tournons-nous tous ensemble vers notre Père.

 Prière finale

Seigneur Jésus, toi seul peux ouvrir largement nos cœurs afin qu’ils accueillent tes amis, tes disciples et tous les hommes que tu aimes. Nous te rendons grâce pour la merveille de ton amitié : donne-nous de la révéler autour de nous afin que soit touché le cœur de tous.

Nous te le demandons, à toi qui es vivant, avec le Père et l’Esprit Saint, aujourd’hui et pour toujours.

lundi 4 octobre 2021

Liturgie de la Parole, 27e lundi TO, St François d'Assise

Liturgie de la Parole 27e lundi TO Luc 10, 25-37

(sœur Marie-Thérèse)

Introduction

Aujourd’hui, nous fêtons la mémoire de St. François d’Assise. Malgré huit cents ans qui nous séparent de sa mort, les perles de sagesse de saint François s’adressent à nos vies contemporaines avec une actualité saisissante. À travers ses exemples, il nous encourage à aimer Dieu par-dessus tout, et à être empli de gratitude pour tous les dons que nous recevons de lui chaque jour ; il nous encourage également à simplifier nos vies, à retrouver Dieu en toutes choses. Rien de tel pour mener une vie à la fois pacifiée et épanouissante ! [1]Avec saint François, chantons la louange de Dieu.

 

Commentaire

Voici un extrait d’une homélie du Père Claude Étienne :

« Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le docteur de la loi pose une question importante à Jésus : Qui est mon prochain ?  Jésus la retourne en ces termes : Qui s’est fait le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ?

Celui qui a le mieux répondu, ce n’est pas le prêtre ni le lévite. Pourtant, tout les disposait à recevoir l’amour de Dieu et à le transmettre. Celui qui a su se faire proche, c’est un homme qui ne faisait pas partie du peuple élu, c’est un samaritain, un exclu.

Mais ce prêtre et ce lévite, il faut les comprendre. Ils vont à Jérusalem pour la célébration au Temple. En touchant du sang ou un mort, ils se seraient rendus impurs. Ils seraient donc devenus inaptes à célébrer le culte. C’est pour éviter cette impureté qu’ils passent de l’autre côté, à côté du geste humain du secours, à côté de la charité, à côté de l’évangile. Leurs mains sont pures mais ils n’ont pas de main, pas de cœur. En voulant rester fidèles à la loi, ils oublient le vrai commandement de Dieu.

Arrive un samaritain. Cet homme est totalement étranger à tous ces calculs. C’est aussi un exclu. Mais il ouvre tout grand son cœur. Il prend le temps de s’arrêter, de soigner et de transporter le blessé. Il va même jusqu’à donner de l’argent pour qu’il soit soigné correctement ! Lui qui était tenu pour désobéissant à la loi en est le vrai pratiquant. En nous le donnant pour modèle, Jésus nous montre le chemin à suivre pour avoir part à la Vie éternelle.

C’est lui qu’il nous donne comme modèle à imiter. Avec cette parabole, il nous montre que ce n’est pas à nous de décider qui est notre prochain. C’est à nous de devenir le prochain de celui qui est sur notre route, quel qu’il soit. Les docteurs de la loi faisaient des distinctions entre les différentes catégories de prochain. Avec Jésus, il y a un renversement radical. L’important c’est de nous faire proche de l’autre, de nous approcher de lui. »[2]

« La miséricorde a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et des mains pour réconforter. »

 

Notre Père

Avec St. François, louons Dieu par le Notre Père.

 

Oraison[3]

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l’amour.

Là où est l’offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l’union.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à

être consolé qu’à consoler,

à être compris qu’à comprendre,

à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,

C’est en s’oubliant qu’on se retrouve,

C’est en pardonnant qu’on est pardonné,

C’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.



[1] Inspiré du site ALETEIA : https://fr.aleteia.org/2018/10/28/ces-perles-de-sagesse-de-saint-francois-dassise-sont-dune-actualite-etonnante/

[2] Site CATH.CH : https://www.cath.ch/homelie-10-juillet-2016-lc-10-25-37/

[3] Prière de St. François d’Assise : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/prier/prieres/372202-priere-de-saint-francois-dassise/

samedi 2 octobre 2021

Liturgie de la Parole, Mémoire des Sts Anges gardiens

 (sœur Marie-Jean)

Introduction

Nous voici rassemblés, en communauté, en Eglise.

En ce 2 octobre, nous fêtons la mémoire des Anges gardiens.

Comme vous vous en doutez, cette fête ne remonte pas à la haute Antiquité !

Si le culte des anges gardiens collectifs (patrons de villes, de corps de métiers et de corporations) se développe à la fin du 14e siècle, la fête des anges gardiens personnels n’est instituée par le pape Paul V qu’en 1608.

Et un tel culte peut poser question, lorsqu’on lit un verset de la lettre aux Colossiens, où saint Paul met en garde contre le culte des anges :

« … La réalité, c’est le Christ. Ne vous laissez pas frustrer de votre récompense par ceux qui veulent vous humilier par un culte des anges et qui s’évadent dans des visions et se laissent vainement gonfler d’orgueil par des idées purement humaines » (2, 17-18)

Certes, une telle fête remporte un certain succès à notre époque : l’idée d’un ange qui accompagne chacun, de sa naissance à la vie dans l’au-delà, qui guide, protège et conseille, peut séduire. Sans compter les sites qui proposent de trouver son ange gardien…

 Si cette mémoire est inscrite en notre calendrier liturgique, c’est que le Seigneur a quelque chose de neuf à nous dire !

D’ailleurs, les lectures du 2 octobre sont choisies en fonction de la fête…

Que nous dit l’Evangile ?

Il nous confronte à une question des disciples :

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Cette question peut nous interpeler, en notre époque où la grandeur ne cesse d’être mise en évidence, en termes de succès, de beauté, de performance…

Laissons-nous toucher par la Parole de Dieu.

Et, en priant les psaumes au nom des hommes et femmes de notre monde, recevons déjà la confidence qu’Il nous adresse : « Je vais envoyer un ange devant toi… »


 Méditation

La question des disciples vise un certain contexte :

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Ils perçoivent bien que la grandeur humaine et la grandeur selon le projet de Dieu ne reçoivent pas nécessairement le même contenu…

Pour répondre à cette question, « Jésus appelle un petit enfant (et) le place au milieu d’eux »

Mais ne confondons pas : il ne s’agit pas de l’enfant-roi de notre 21e siècle !

Le portrait de l’enfant de l’Antiquité est tout différent : il doit servir les grands, n’a pas la parole et doit obéir en tout.

Comme le dit Paul dans la Lettre aux Galates :

« Tant que l’héritier est un petit enfant, il ne diffère en rien d’un esclave » (4, 1)

Par sa réponse, Jésus situe la vraie grandeur et ouvre l’accès du Royaume :

« changer pour devenir comme les enfants… se faire petit comme cet enfant »

Retrouver la voie de l’enfance – on fêtait hier Ste Thérèse de Lisieux ! -.

Vivre sa vie dans la simplicité, l’humilité, la confiance.

Voilà la vraie grandeur.

Tel est celui qui a de l’importance aux yeux de Dieu et dans son Royaume.

Et, à cette vraie grandeur, Jésus associe une autre dimension :

« Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi »

 Ce propos de Jésus dévoile le message qui est au cœur de la fête de ce jour.

L’humilité de nos chemins d’hommes, l’accueil que nous réservons aux petits attire la Providence de Dieu, sa proximité, sa protection, sa sollicitude :

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits… leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux »

Invitation à choisir la vraie grandeur, à revisiter notre accueil des plus petits, à relire notre vie, pour en faire un chemin d’accès au Royaume de Dieu.

Sur ce chemin, gardons confiance !

Par le psalmiste, Dieu nous exprime une promesse :

« Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure : Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins »


 Temps de silence


Notre Père

Avec les petits de notre monde qui nous appellent à la fraternité, adressons notre prière à Notre Père…


Oraison

Dieu notre Père, en cette fête des anges gardiens, nous avons perçu combien tu te fais proche des petits, des humbles ; et de nous-mêmes, lorsque nous choisissons le chemin de la simplicité, de l’humilité, de la confiance. Inspire-nous un comportement, des paroles, qui s’accordent à la vraie grandeur, celle qui nous ouvrira ton Royaume. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils Ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.