mercredi 11 mai 2016

Bénis soient les anges

Tb 11
11 Tobias marcha à sa rencontre, le fiel du poisson à la main, il lui souffla dans les yeux et lui dit, en le tenant bien : « Courage, père ! » Il lui appliqua le remède et le maintint. 12 Puis de ses deux mains il fit s’écailler les leucomes aux coins de ses yeux. 13 Alors Tobit se jeta à son cou et se mit à pleurer, en lui disant : « Je te revois, mon fils, lumière de mes yeux ! » 14 Et il dit :
« Béni soit Dieu !
Béni soit son grand nom !
Bénis soient tous ses saints anges !
Que son grand nom soit sur nous !
Bénis soient tous les anges dans tous les siècles !
Car le Seigneur m’avait frappé,
et voici que je vois mon fils Tobias. »

Viens Esprit saint, viens nous inspirer les mots de la louange, viens ouvrir nos yeux sur toutes les bontés de notre Dieu.

Tobias marcha à sa rencontre : il s’en passe du mouvement sur ce bout de chemin : l’apparition de Tobias et Azarias, la course d’Anna, les pas trébuchants de Tobit, la marche de Tobias à sa rencontre, et ce n’est pas fini !

le fiel du poisson à la main : Tobias applique toujours à la lettre les instructions de Raphaël (Garde le fiel à portée de la main au v. 4)

il lui souffla dans les yeux : avant même de le saluer, Tobias va au plus urgent : soigner son père, lui rendre la vue. Là, il s’embrouille un peu car l’ange avait dit de souffler après avoir appliqué le remède… mais il y a longtemps de cela puisque c’était le jour de leur départ et le processus n’est pas l’essentiel.

et lui dit, en le tenant bien : Courage, père : après avoir traversé tant d’évènements, le voici capable à son tour d’apporter courage et vie, et d’abord  à son propre père. De le tenir, de le soutenir de ses deux bras.

Il lui appliqua le remède et le maintint. Puis de ses deux mains il fit s’écailler les leucomes aux coins de ses yeux : et voilà que s’accomplit ainsi ce moment tant attendu.

Alors Tobit se jeta à son cou et se mit à pleurer, en lui disant : Je te revois, mon fils, lumière de mes yeux ! : comme sa femme, il se jette au cou de son fils et il verse des larmes de joie. Comme sa femme, il dit ces paroles « je te revois », mais, dans la bouche de Tobit elles prennent évidemment une force et une signification bien particulières.

 Et il dit : « Béni soit Dieu ! Béni soit son grand nom !
Bénis soient tous ses saints anges ! Que son grand nom soit sur nous !
Bénis soient tous les anges dans tous les siècles !
Car le Seigneur m’avait frappé, et voici que je vois mon fils Tobias :
immédiatement, là, sur le chemin, il se tourne vers son Dieu et lui adresse sa louange.  Il reconnaît l’action de Dieu au travers des mains de son fils. Il bénit Dieu pour la lumière retrouvée. Et il bénit aussi par deux fois tous les anges… mais il ne sait pas encore qu’il y en a un à côté de lui…


Seigneur Jésus, donne-nous de reconnaître tous tes dons, tes bienfaits, tes cadeaux au long des jours. 

mardi 10 mai 2016

Anna courut

Tb 11
9 Anna courut se jeter au cou de son fils et lui dit : « Je te revois, mon enfant, désormais je peux mourir ! » Et elle se mit à pleurer. 10 Tobit se leva et, tout en trébuchant, il sortit par la porte de la cour.

Viens Esprit Saint, viens Esprit de consolation, que ta parole vienne en aide à tous ceux qui vivent dans l’inquiétude et l’angoisse.

Anna courut se jeter au cou de son fils et lui dit : « Je te revois, mon enfant, désormais je peux mourir ! » Et elle se mit à pleurer : il s’en passe des évènements sur ce chemin…  dès que Tobias et Azarias (et le chien) y sont apparus, voilà Anna qui y court pour se jeter le plus vite possible au cou de son fils tant attendu. Elle pleurait à son départ, alors que Tobit lui-même lui promettait : tes yeux verront le jour où il reviendra (5,21). Ce jour est arrivé, et la voilà qui verse maintenant des larmes de joie en affirmant : « je te revois ! ». Elle dit simplement son bonheur.

Tobit se leva et, tout en trébuchant, il sortit par la porte de la cour : Anna est partie seule à la rencontre de Tobias, pas un geste pour aider Tobit… Le rôle de sa femme s’est-il limité à l’annonce ? Doit-il faire seul son bout de chemin ? En tous cas, le voilà qui se lève, qui se précipite comme il le peut, en trébuchant. La scène est émouvante. Puis, précise le texte, il sort de sa cour, cette cour où est arrivé son malheur, cette cour aussi où il a adressé sa prière à Dieu. Maintenant, le voilà capable de se lever pour sortir vers son fils.


Seigneur Jésus, nous te prions pour tous ceux qui sont séparés, pour les familles dispersées, pour tous ceux qui pleurent d’être loin des leurs, permets qu’arrive le jour où ils se trouveront réunis.

lundi 9 mai 2016

Il verra la lumière

Tb 11
7 Raphaël dit à Tobias, avant qu’il ne soit auprès de son père : « Je sais que ses yeux s’ouvriront. 8 Applique-lui le fiel du poisson sur les yeux : le remède fera se craqueler et s’écailler les leucomes de ses yeux ; alors ton père recouvrera la vue et verra la lumière. »

Viens Esprit Saint, viens nous apporter la lumière qui éclaire cette parole en notre aujourd’hui.

Raphaël dit à Tobias, avant qu’il ne soit auprès de son père : voilà l’explication de cette hâte à aller préparer la maison ! Il s’agit d’accomplir la seconde mission : « sauver » Tobit après avoir sauvé Sara.

Je sais que ses yeux s’ouvriront : ce n’est pas la première fois que Raphaël parle avec cette certitude, ainsi à propos du mariage de Tobias et Sara (6,16). Ses indications sont toujours claires et efficaces…

Applique-lui le fiel du poisson sur les yeux : le remède fera se craqueler et s’écailler les leucomes de ses yeux : la posologie et le résultat du remède ont déjà été donnés (16,9). Il y avait même cette indication supplémentaire de souffler sur les leucomes. Mais au moment où il va s’exécuter, il  est bon que Tobias réentende le mode d’emploi.

alors ton père recouvrera la vue et verra la lumière : nous avons déjà pressenti qu’il y avait plus en jeu que l’aveuglement matériel de Tobit, que cette « lumière » était sans doute plus importante qu’une « simple » cécité, c’est pourquoi l’affirmation de Raphaël est double : Tobit recouvrira la vue ET il verra la lumière. On peut penser qu’il s’agit de la « lumière de Dieu » déjà annoncée en 3,17. Raphaël continue à parler avec assurance: sa parole est promesse.

Seigneur Dieu, par ta lumière nous voyons la lumière, béni sois-tu !

dimanche 8 mai 2016

Elle l'aperçut

Tb 11
5 Or Anna était assise, en train de surveiller le chemin d’où viendrait son fils. 6 Elle l’aperçut qui venait et elle dit à son père : « Voici ton fils qui arrive avec l’homme qui l’a accompagné. »

Viens Esprit Saint, viens habiter nos longues patiences, nos temps d’espérance.

Or Anna était assise, en train de surveiller le chemin d’où viendrait son fils : elle est là tous les jours, elle est « assise », elle « demeure » en attente, ses yeux ne quittent pas le chemin… elle a dit que son fils était mort… mais l’attente a pourtant l’air d’avoir comme une certitude contraire en elle : elle regarde ce chemin « d’où il viendrait », seule la chronologie est inconnue, mais l’espoir est présent.

Elle l’aperçut qui venait et elle dit à son père : et son attente est enfin aboutie : elle l’aperçoit !  Elle va donc être la première porteuse de la grande nouvelle, et elle le fait bien sûr auprès de Tobit qui, rappelons-le nous, ne peut voir, lui.

Voici ton fils qui arrive avec l’homme qui l’a accompagné : tout dans ces deux versets est dit en fonction des liens : elle-même guette "son fils", elle annonce son approche à "son père" en lui disant "ton fils". Personne n’a de nom, surtout pas Azarias qui en est réduit à « l’homme qui accompagne »… même si ce fut bien sûr sa mission.


Seigneur Dieu, tu entretiens en nous la flamme de l’espérance, nous savons que ton temps n’est pas le nôtre, donne-nous de « demeurer », d’habiter avec toi la confiance.

samedi 7 mai 2016

Ils partirent

Tb 11
1 Comme ils approchaient de Kaserîn, en face de Ninive, Raphaël dit : 2 « Tu sais dans quelle situation nous avons laissé ton père. 3 Prenons de l’avance sur ta femme pour préparer la maison pendant que les autres arrivent. » 4 Ils partirent tous les deux ensemble ; Raphaël avait dit à Tobias : « Garde le fiel à portée de la main » Le chien suivit derrière eux.

Viens Esprit Saint, permets que cette parole nous accompagne aujourd’hui sur notre route.

Comme ils approchaient de Kaserîn, en face de Ninive, Raphaël dit : le voyage de retour touche à sa fin, Ninive est déjà en vue, et voici que Raphaël  revient en première ligne dans le récit. Il en a été peu fait mention chez Ragouël ou chez Gabaël, en tous cas le récit ne rapporte aucune initiative de sa part. Nous savons seulement que c’est lui qui a accompli la mission auprès de Ragouël pour récupérer le dépôt d’argent et qu’il a aussi poursuivi le démon jusqu’en Egypte. Sa dernière parole était un « ne te tracasse pas » en vue d’Ecbatane. Serait-il l’ange de la route ?

Tu sais dans quelle situation nous avons laissé ton père. Prenons de l’avance sur ta femme pour préparer la maison pendant que les autres arrivent : à ce moment, il reprend nettement les choses en main, soucieux du moindre détail. Il propose d’aller préparer la maison… un peu étrange que ce compagnon se sente responsable du bon ordre de la maison d’Anna… même si celle-ci a passé ses journées à guetter le retour de son fils plutôt que de ranger sa maison… De quoi parle Raphaël ? Peut-être faut-il que la « maisonnée » soit prête, que le cœur de Tobit et d’Anna soit libre d’eux-mêmes et de leurs soucis pour pouvoir vraiment accueillir cette belle-fille qu’ils n’attendent pas.

Ils partirent tous les deux ensemble : la boucle est en train de se boucler, nous revoilà au premier verset du chapitre 6, au moment de leur départ – et nous sommes ici à un nouveau « départ » (ils partirent), avec cette merveilleuse expression si fréquente dans la Bible : « tous deux ensemble ».

Raphaël avait dit à Tobias : Garde le fiel à portée de la main : encore une petite incise, juste pour nous préparer à la suite, mais qui interrompt plutôt le propos.

Le chien suivit derrière eux : car ce verset 6,1 nous avait aussi précisé la présence du chien ! Il était même dit qu’il les « accompagnait » ; décidément, le livre de Tobit est bien une histoire de cheminement et de compagnonnage !
Ainsi, à l’approche de la maison, avec la caravane qui reste loin derrière eux, nous retrouvons l’étrange trio de départ : un jeune homme, un ange, et un chien (qui n’était pourtant pas un animal de compagnie à cette époque !).


Seigneur Dieu, tu nous donnes sans cesse des compagnons de route. Fais que nous avancions tous ensemble vers ton Royaume, forts de ta promesse, soutenus par ta présence.