Liturgie de la Parole 20e mardi TO-II Matthieu 19,23-30 ; Ezéchiel 28,1-10
Introduction
Bonjour à tous : nous voici assemblés au nom du Seigneur pour nous
nourrir de sa parole et le prier.
Dans le
livre d’Ézéchiel le prophète dénonce celui qui se croit un dieu et
qui habite au cœur des mers, lieu des forces mauvaises pour la Bible. Son cœur
s’est exalté par la conscience de sa sagesse et de son intelligence. Tentation
toujours actuelle ! Le prophète avertit au nom du Seigneur : cette
attitude conduit à la mort, et à la mort violente. Comme dit un psaume
« qui ouvre une fosse et la creuse tombera dans le trou qu’il a
fait » (Psaume 7,16). Qui se croit fort, risque de plonger dans
l’abîme !
Dans
l’évangile les disciples posent la question des questions : « qui
donc peut être sauvé ? » et Jésus donne une réponse surprenante :
« pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu tout est
possible ». Surprenante, mais encourageante.
Prions le
Maître de l’impossible et portons dans notre prière le cri de toute l’humanité.
Méditation
(traduction du Père Radermarkers « au
fil de l’évangile selon saint Matthieu » Institut d’Études Théologiques
1974)
Cet
évangile est la suite immédiate de celui d’hier. J’aime beaucoup la traduction
du Père Radermakers qui dans ces deux évangiles ne traduit pas « entrer dans
la vie ou le Royaume », mais entrer vers la vie ou le Royaume ! Il ne s’agit pas de
franchir un seuil, et hop, on est dans la vie ou le Royaume ! Il est
question d’être en chemin ; nous ne sommes jamais arrivés…sauf à la dernière
minute, et encore, car là, c’est Lui, le Christ, qui nous prendra par la main
pour nous conduire vers le Père.
Tout de
suite après le passage entendu hier Jésus dit à ses disciples : « Un riche entrera malaisément vers le
Royaume des cieux ». « Malaisément » je vois la personne
essayant de prendre le chemin vers ce Royaume, mais elle est encombrée, chargée
comme un chameau, quoiqu’elle fasse, elle ne peut franchir le passage étroit
qui conduit vers le chemin de la Vie. Il faut lâcher du lest, devenir léger et
souple sous l’action de l’Esprit Saint, accepter que le Christ me prenne dans
ses bras pour franchir la passe difficile. Bref avoir le cœur pauvre dont parle
la première béatitude qui, justement, ouvre au Royaume des cieux. (Matthieu
5,3). Quel programme !
Mais n’oublie
pas, dit Jésus, je ne te demande pas d’entrer dans le Royaume des cieux, mais
d’aller vers lui, vers la
vie, d’en prendre le chemin.
Tu ne t’en
sens pas capable ? « Qui peut être sauvé ? » demandes-tu avec
les disciples.
Comme
d’habitude Jésus ne répond pas à la question QUI peut être sauvé, mais COMMENT,
c’est bien plus précieux pour nous.
C’est
vraiment impossible à l’homme ! Heureusement Jésus n’a pas dit que ‘c’est
possible mais très difficile’, car nous nous serions découragés ou nous aurions
essayé d’y arriver à la force du poignet ! Si c’est impossible, tant mieux, car
ce n’est pas nous qui le ferons ! Jésus en effet ne s’arrête pas là.
« Fixant son regard sur eux, Jésus leur
dit :’ Chez les hommes, ceci est impossible, or chez Dieu, tout est
possible’. »
CHEZ, et non POUR ! Drôle de formulation littérale. Il me semble qu’elle
nous invite moins à faire qu’à demeurer. Et c’est si important que Jésus fixe
son regard sur eux pour les faire entrer encore plus dans cette relation
vivante avec lui. Chez qui demeures-tu, chez qui habites-tu ? Où es ton
cœur, ton regard, ton pôle d’attraction ? Essaie de rester orienté vers
moi, qui étais riche et me suis fait pauvre pour que vous deveniez riches par
ma pauvreté (cf. 2 Corinthiens 8, 9 verset de l’alléluia).
Si tu
tombes, reviens à moi, n’aie pas peur. Un pauvre sait qu’il est pauvre et qu’il
ne peut s’en sortir sans Celui qui le tient par la main. En saint Jean Jésus
nous le dit aussi : « Celui qui
demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car en
dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15,5).
Ton salut, n’est pas ton œuvre, mais la mienne en toi.
Tu dois seulement y consentir et y collaborer. Essaye d’entrer encore et
toujours dans cette relation d’alliance que je t’offre gratuitement ;
laisse-toi regarder et transfigurer à mon image. Petit à petit la ressemblance
va grandir sans que tu t’en rendes compte.
Oui c’est impossible chez vous d’être sauvé mais chez
moi, tout est possible. Rappelle-toi Jérémie le disait déjà : (Jérémie 32,17-18.
26-27) « J’adressai au Seigneur
cette prière : 17 « Ah ! Seigneur mon Dieu, c’est toi
qui as fait le ciel et la terre par ta grande force et ton bras étendu, et rien
n’est impossible pour toi. 18 Tu montres ta fidélité à des milliers…26
La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie : 27 « Moi,
je suis le Seigneur, le Dieu de tout être de chair. Y a-t-il quelque chose qui
me soit impossible ? »
C’est aussi la dernière parole de l’ange à
Marie lors de l’Annonciation : « car rien n’est impossible à
Dieu. » (Luc 1,37) écho de la Genèse au moment de l’annonce la
naissance d’Isaac : « Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne
puisse accomplir ? »(Genèse 18,13)
Prenons un temps de silence pour nous laisser
regarder par Jésus qui réalise en nous l’impossible, pour accueillir la part
qu’il nous offre, le centuple, la vie éternelle, la vie avec lui dès maintenant
et pour toujours.
Introduction au Notre Père
Tournons vers le Maître de l’impossible qui
nous aime comme un Père tendre et miséricordieux, et chantons-lui la prière que
Jésus nous a apprise.
Oraison de conclusion
Seigneur notre Dieu, tu es notre salut, notre
espérance, notre vie. Donne-nous et donne à tous les hommes et femmes
d’accepter nos impossibilités sans nous décourager. Que nous accueillions ton
regard d’amour posé sur nous et te laissions ressusciter et grandir en nous.
Toi chez qui tout est possible et qui veux
conduire toutes les personnes vers le Royaume et la vie avec toi dans le Christ
et l’Esprit Saint, dès maintenant et pour toujours.
Sr Marie-Christine le 18 août 2020
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