Liturgie 20e vendredi TO-II Matthieu 22, 34-40 ;
Ezéchiel 37, 1-14
Amour
Homélie
Il y a des maisons où, lorsqu’on entre, on sent
immédiatement que quelqu’un habite encore là. Et puis il y a ces maisons
abandonnées depuis longtemps : tout est encore en place, mais quelque chose
manque. La vie. C’est un peu le spectacle que Dieu fait voir à Ézéchiel : une
vallée immense, couverte d’ossements desséchés. Et Dieu lui demande : « Ces
ossements peuvent-ils revivre ? » Ézéchiel pourrait répondre : « Seigneur,
soyons sérieux ! » Il dit simplement : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais.
»
Nous connaissons, nous aussi, des vallées d’ossements. Une
relation qui s’est desséchée. Une famille qui ne se parle plus. Une confiance
qui s’est brisée. Une espérance qui s’est éteinte. Et parfois, à l’intérieur de
nous-mêmes, quelque chose qui ne chante plus. Alors Dieu dit : « Je vais faire
entrer en vous mon esprit, et vous vivrez. » Le mot biblique ruah signifie à la
fois le souffle, le vent et l’Esprit. Dieu ne vient pas simplement réparer
quelques os : il vient redonner un souffle.
Et voilà que l’Évangile nous révèle quel est ce souffle :
l’amour. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain
comme toi-même. » Les deux commandements n’en font en réalité qu’un. Car aimer
Dieu sans laisser cet amour atteindre nos frères serait une illusion. Et aimer
vraiment son prochain, c’est découvrir en lui quelqu’un qui appartient à Dieu.
Benoît XVI écrivait dans Deus caritas est : « L’amour est une lumière — en
définitive, la seule — qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans lequel
nous vivons. »
Nous faisons aujourd’hui mémoire de saint Pie X. Il avait
notamment à cœur que la foi soit réellement nourrie par la Parole et
l’Eucharistie. Car une foi qui ne nourrit plus la vie finit, elle aussi, par se
dessécher.
Alors la question de ce matin est peut-être toute simple :
Qu’est-ce qui, en moi, a besoin du souffle de Dieu ? Nous pouvons avoir de
beaux principes, prier, venir à la messe… et garder quelques petits cimetières
dans le cœur : des personnes que nous avons définitivement condamnées, des
blessures devenues des murs. Aujourd’hui, Dieu nous dit : « Je vais faire
entrer en vous mon souffle, et vous vivrez. »
Le miracle ne sera peut-être pas de retrouver ce qui était
autrefois, mais de recevoir un cœur nouveau pour regarder autrement ce qui est
là aujourd’hui. Laissons donc entrer le souffle. Et là où l’amour recommence à
circuler, la vie n’est jamais très loin.
Pierre Hannosset le 21 août 26
https://padrepierre.blogspot.com/2026/08/saint-pie-x-mettons-nous-en-presence-de.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire