Liturgie de la Parole 18e dimanche A Matthieu 14, 13-21
Beaucoup de
pain, peu de foi
Homélie
L’évangile
d’aujourd’hui commence avec une nouvelle dramatique : Jésus vient d’apprendre
l’atroce mort de son cousin Jean le Baptiste. Lui, le plus grand des prophètes,
le défenseur des pauvres, a été décapité par Hérode. Pire encore : Hérode vient
de proclamer que la grande puissance de Jean reste active en Jésus. Pour Hérode,
Jésus est devenu une menace.
Á l’écoute de
ces terribles nouvelles, Jésus s’en va vers un lieu désert. Il a besoin
de recul pour discerner. Qu’est-ce qu’il faut faire ? Quelle est la
mission que son Père Lui confie dans cette situation de crise ? Doit-Il
prêcher ailleurs ? Doit-Il adapter son message ? Doit-Il
se taire ? Comme chrétiens, voilà des questions qui nous
habitent aussi, quand nous sommes confrontés à l’incompréhension,
à l’indifférence ou, pire même, à l’hostilité. Devons-nous nous
retirer d’une société qui ne connaît pas l’évangile ? Ou devons-nous durcir
le ton du message chrétien ?
Laissons-nous nous
instruire par l’évangile d’aujourd’hui. Car tout le monde n’a pas réagi
comme Hérode. L’évangéliste Matthieu nous apprend qu’après le départ de
Jésus, des hommes et des femmes L’ont suivi : non pas en bateau
comme Lui, mais à pied le long de la côte. Ces foules courent si vite,
qu’elles sont déjà sur place quand Jésus descend de la barque. Et ce
sont ces gens simples qui donnent la réponse aux questions de Jésus
et Lui rappellent sa vocation. Car c’était pour être en Sa présence, que
ces foules se sont mises en marche. Pleines d’espoir, elles ont même amené leurs
malades. En voyant ces gens, Jésus est profondément ému. Lui, qui s’appelle
Jeshouah – le Seigneur qui sauve – prend pitié des malades ;
Il les guérit et Il leur proclame largement la Bonne Nouvelle.
Entretemps, le
soir tombe, donc les disciples les veulent tous envoyer
à la maison pour chercher de quoi manger. Mais Jésus ne veut pas se séparer
d’eux et Il demande aux disciples de leur donner eux-mêmes à manger. Avec
seulement cinq pains et deux poissons, cela semble impossible mais pour Jésus, ce
qui est petit est précieux. Il prend la nourriture dans ses mains,
Il la bénit, Il la rompt et la donne à ses disciples pour
la distribuer aux foules et le miracle se réalise : tous sont
rassasiés !
Pour les
premiers chrétiens, cette histoire faisait
tellement partie de la Bonne Nouvelle, que les évangiles ont raconté six fois
cet évènement : « Jésus, c’est le pain rompu en abondance ! »
Pour nous, les chrétiens des temps modernes, il y a surtout la question de
savoir si ce récit est véridique. Est-ce que cet évènement s’est passé réellement
et est-ce qu’il se passe encore aujourd’hui ? Eh bien, chers sœurs et
frères, je vous l’affirme : ce récit est vrai !
-C’est vrai que Jésus a vécu des moments de doutes et
de tentations, tout comme nous.
-C’est vrai que souvent les pauvres et les petits
nous révèlent notre vocation véritable.
-C’est vrai – et soulageant – que, parfois, les disciples
manquaient de foi en Jésus.
-C’est vrai malheureusement que nous, les chrétiens, renvoyons
souvent les pauvres, au lieu de leur « donner nous-mêmes à
manger ».
-Mais il est également vrai que Jésus reste parmi nous
et qu’Il voit la petitesse de nos « cinq pains et deux poissons ».
-Et il est vrai que le Seigneur est heureux d’accueillir
notre don ; qu’Il le bénit ; qu’Il le rompt pour le grand miracle
du partage et de la croissance.
-Oui, il est vrai que Jésus construit avec nous un
monde nouveau où tous sont rassasiés.
-Et il est vrai que nous le vivons maintenant à la
table du Seigneur.
+ Lode Aerts, Hurtebise le 2 août 26
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire