jeudi 18 février 2016

Plus possible

Tb 1
14 je voyageais en Médie où je fis pour lui des achats jusqu’à sa mort. C’est ainsi que je déposai chez Gabaël, le frère de Gabri, au pays de Médie, dix talents d’argent en sacs. 15 A la mort de Salmanasar, son fils Sennakérib régna à sa place ; les routes de Médie se trouvèrent en état d’insurrection et il ne me fut plus possible d’aller en Médie.

Viens Esprit Saint, sois présent en nos cœurs au fil des circonstances de ce jour, éclaire notre route.

je voyageais en Médie où je fis pour lui des achats jusqu’à sa mort. C’est ainsi que je déposai chez Gabaël, le frère de Gabri, au pays de Médie, dix talents d’argent en sacs : au temps de sa réussite, de sa position enviable auprès du roi Salmanasar, Tobit a donc déposé ses économies chez Gabaël. Qui est ce Gabaël a peu d’importance : plus loin il sera présenté comme le fils de Gabri – dont nous savons encore moins - , comme le cousin de Tobit, comme un « frère » ; en tous cas, la somme est importante… et encombrante : environ 300 kg d’argent en sacs ! Souligner ici la richesse de Tobit marquera le contraste avec sa déchéance, un peu comme pour un certain Job, parallèle qui reviendra à plusieurs reprises.

A la mort de Salmanasar, son fils Sennakérib régna à sa place ; les routes de Médie se trouvèrent en état d’insurrection et il ne me fut plus possible d’aller en Médie : l’auteur saute le règne de Sargon II pour arriver directement à Sennakérib. Celui-ci entreprit de nombreuses guerres, dont la tentative de prise de Jérusalem racontée dans le 2e Livre des Chronique (ch.32). Le résultat immédiat fut de rendre la « banque » inaccessible : le dépôt qu’y fit Tobit va y dormir une vingtaine d’années…


Seigneur Dieu, nous remettons ce jour entre tes mains, nous te le confions, tel qu’il sera. 

mercredi 17 février 2016

Je me souvenais

Tb 1
10 Après la déportation en Assyrie, alors que j’étais moi-même déporté, je vins à Ninive. Tous mes frères et les gens de ma race mangeaient de la nourriture des païens, 11 mais moi, je me gardai de manger de la nourriture des païens. 12 Et puisque je me souvenais de mon Dieu de tout mon être, 13 le Très-Haut me donna de plaire à Salmanasar et j’achetais pour lui tout ce dont il avait besoin ;

Viens Esprit Saint, que cette parole que nous recevons chaque jour garde vif en nous le souvenir de notre Dieu.

Après la déportation en Assyrie, alors que j’étais moi-même déporté, je vins à Ninive : Tobit continue à nous retracer sa biographie ; nous sommes bien dans un roman ! L’auteur commence par situer l’action, tracer le cadre où vont bientôt évoluer ses personnages.

Tous mes frères et les gens de ma race mangeaient de la nourriture des païens, mais moi, je me gardai de manger de la nourriture des païens : nous savons déjà qu’en terre d’Israël, les tribus s’étaient détournées du temple, avaient renié le vrai Dieu. Maintenant, en terre d’exil, au milieu des peuples « païens », il est sans doute assez évident de suivre les pratiques alimentaires locales et donc de manger de toutes viandes en dépit des prescriptions de ce fameux chapitre 14 du Deutéronome. Mais Tobit reste fidèle aussi par rapport à ces pratiques alimentaires.

Et puisque je me souvenais de mon Dieu de tout mon être, le Très-Haut me donna de plaire à Salmanasar et j’achetais pour lui tout ce dont il avait besoin : ce qui est beau ici est cette profession de foi de Tobit : « se souvenir de son Dieu de tout son être ». Voilà ce qui habite le cœur de Tobit, voilà le pourquoi de son agir. Si l’observance légale de ces prescriptions ne nous concerne plus, si la récompense (plaire au roi !) nous semble peu en adéquation avec notre foi… regardons seulement ce qui inspire Tobit, et, comme lui, tournons-nous de tout notre être vers notre Dieu.


Seigneur Jésus, toi-même nous as recommandé de nous souvenir de toi, de tes paroles, de tes gestes. Et nous savons que tu veilles sur nous, que tu nous donnes à chaque moment « notre pain quotidien », que tu nous combles de tout ce qui nous fait vivre. Bénis sois-tu.

mardi 16 février 2016

Je donnais

Tb 1
8 Je donnais la troisième aux orphelins, aux veuves et aux étrangers résidant avec les fils d’Israël ; je l’apportais et la leur donnais tous les trois ans, et nous la mangions selon la prescription faite à ce sujet dans la Loi de Moïse et les instructions données par Débora, la mère d’Ananiel, notre père – car mon père m’avait laissé orphelin, il était mort. 9 Parvenu à l’âge d’homme, je pris une femme de la descendance de nos pères et d’elle j’engendrai un fils à qui je donnai le nom de Tobias.

Viens Esprit Saint, ouvre nos cœurs à cette parole, ouvre nos cœurs à tous ceux qui demeurent parmi nous.

Je donnais la troisième aux orphelins, aux veuves et aux étrangers résidant avec les fils d’Israël ; je l’apportais et la leur donnais tous les trois ans : l’auteur continue de donner Tobit en modèle d’obéissance à la Loi : il pratique bien aussi la dîme triennale, celle qui est donnée directement et toute entière aux pauvres résidant parmi les tribus d’Israël : les orphelins, les veuves, les étrangers. Avant le Deutéronome, lorsque le culte avait lieu dans des sanctuaires locaux, les pauvres pouvaient  y avoir directement leur part. Mais depuis que tout le culte des sacrifices a lieu au temple de Jérusalem, il est impossible pour tous de s’y rendre et le partage a donc lieu sur place.

et nous la mangions selon la prescription faite à ce sujet dans la Loi de Moïse et les instructions données par Débora, la mère d’Ananiel, notre père : nous percevons ici tout le respect de cette référence à la Loi de MoÏse. Importante aussi est la référence à l’ascendance familiale : ce thème de la transmission s’imposera nettement dans la suite de l’histoire…  Ce n’est pas la seule fois dans la Bible où on se rattache ainsi aux dires d’un ancêtre. Intéressant ici que ce soit une femme, et dommage que l’on n’en sache pas un peu plus sur elle… sauf que, d’après Tb 1,1, elle devait être l’arrière-grand-mère de Tobit…

– car mon père m’avait laissé orphelin, il était mort. 9 Parvenu à l’âge d’homme, je pris une femme de la descendance de nos pères et d’elle j’engendrai un fils à qui je donnai le nom de Tobias : dans la présentation de Tobit, voici pour finir son contexte familial : son père est mort (encore une raison de solitude), il s’est marié, bien entendu avec une femme d’Israël, et ils ont un fils, Tobie.


Seigneur Jésus, permets que cette parole ouvre notre regard sur tous ceux qui nous entourent, qui vivent parmi nous et qui attendent notre geste de partage.

lundi 15 février 2016

J'accourais

Tb 1
6 Et moi, bien souvent, je me trouvais tout seul pour aller à Jérusalem au moment des fêtes, selon ce qui est prescrit dans tout Israël par un décret perpétuel. J’accourais à Jérusalem avec les prémices, les premiers-nés, la dîme du bétail et la première tonte des brebis 7 et je les donnais aux prêtres, fils d’Aaron, pour l’autel. Je donnais aussi la dîme du blé, du vin, des olives, des grenades, des figues et des autres fruits aux fils de Lévi en service à Jérusalem ; la deuxième dîme, je la prélevais en argent et j’allais la dépenser chaque année à Jérusalem. 

Viens Esprit Saint, que ta parole en nos cœurs nous éclaire sur ce que notre Dieu attend de nous, aujourd’hui.

Et moi, bien souvent, je me trouvais tout seul pour aller à Jérusalem au moment des fêtes, selon ce qui est prescrit dans tout Israël par un décret perpétuel : tension, contradiction entre les deux aspects exprimés dans ce verset : Tobit était « tout seul », et pourtant il partait à Jérusalem pour la fête, pour « être dans la joie » comme dit le Deutéronome qui énumère toutes ces prescriptions (ch 14). Ce « tout seul » nous montre la fidélité de Tobit, mais aussi combien il est isolé au milieu de sa tribu même, puisqu’elle s’est tournée vers les dieux païens.

J’accourais à Jérusalem avec les prémices, les premiers-nés, la dîme du bétail et la première tonte des brebis et je les donnais aux prêtres, fils d’Aaron, pour l’autel : il accoure… il s’empresse (malgré la longue route entre Thisbé et Jérusalem) d’apporter la part de son bétail qui est prescrite. Tobit n’a de cesse de respecter avec cœur les prescriptions de la Loi, exprimant ainsi sa volonté de reconnaître le Seigneur pour son Dieu.

Je donnais aussi la dîme du blé, du vin, des olives, des grenades, des figues et des autres fruits aux fils de Lévi en service à Jérusalem : après les prêtres, ce sont les lévites qui sont les destinataires de la dîme des cultures. Là aussi, Tobit apporte scrupuleusement la dîme de tout ce qu’il produit.

la deuxième dîme, je la prélevais en argent et j’allais la dépenser chaque année à Jérusalem : la Loi prévoit que si la route est trop longue, on peut, non pas tout transporter, mais échanger sa dîme contre de l’argent et l’apporter à Jérusalem ; là on échange alors l’argent contre du bétail, du vin, contre « tout ce qui fera envie » afin de manger, devant le Seigneur, avec toute sa maisonnée, à l’occasion de la fête.

Seigneur Jésus, rassemble-nous encore autour de toi, accepte nos offrandes « fruit de la terre et du travail des hommes », fais-nous accourir vers toi pour nous réunir dans ta joie.

dimanche 14 février 2016

La demeure de Dieu

Tb 1
4 Quand j’étais dans mon pays, la terre d’Israël, au temps de ma jeunesse, toute la tribu de Nephtali, mon ancêtre, s’était détachée de la maison de David et de Jérusalem, la ville choisie parmi toutes les tribus d’Israël pour leur servir de lieu de sacrifice, là où le temple, la demeure de Dieu, avait été consacré et construit pour toutes les générations à venir. 5 Tous mes frères et la maison de Nephtali, mon ancêtre, sacrifiaient, eux, sur toutes les montagnes de Galilée, au veau que Jéroboam, roi d’Israël, avait fait à Dan. 

Viens Esprit Saint, viens nous rappeler où est la demeure de Dieu parmi les hommes…

Quand j’étais dans mon pays, la terre d’Israël, au temps de ma jeunesse, toute la tribu de Nephtali, mon ancêtre, s’était détachée de la maison de David et de Jérusalem : Tobit a un sens de l’appartenance très fort : il parle de son pays, de sa terre, de sa tribu, de son ancêtre : ces racines sont fondamentales pour lui. Et le voici déporté au loin. Pourtant, bien avant cette déportation, les tribus du nord (« Israël ») s’étaient détachées – lors du « schisme » de -933 – de celles du sud, essentiellement de celle de Judas dont était issu David.  

la ville choisie parmi toutes les tribus d’Israël pour leur servir de lieu de sacrifice, là où le temple, la demeure de Dieu, avait été consacré et construit pour toutes les générations à venir : cela signifie donc la séparation d’avec la lignée de David, la ville sainte, le temple (la maison de David), ce lieu de la résidence de Dieu où l’on pouvait offrir les sacrifices.

Tous mes frères et la maison de Nephtali, mon ancêtre, sacrifiaient, eux, sur toutes les montagnes de Galilée, au veau que Jéroboam, roi d’Israël, avait fait à Dan : ainsi cette séparation entraîne l’apostasie des tribus du nord, y compris celle de Nephtali : s’étant détournés de Jérusalem, ils sacrifient maintenant dans les sanctuaires païens érigés par leurs rois. Nous retrouvons ici le veau de Baal. Mais cela nous en rappelle un autre, construit au désert…


Seigneur Jésus, nous te rendons grâce d’être venu nous révéler combien notre prière ne pouvait dépendre des montagnes ou des villes saintes. Redis-le nous aujourd’hui, apprends-nous chaque jour à « adorer le Père en esprit et en vérité ».