lundi 7 janvier 2013

revenu à la vie


Alors il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voilà était mort, et qu’il a repris vie, et s’était perdu et il a été retrouvé.

Luc 15, 32

Viens Esprit de vie et de paix

Viens Esprit de joie

Viens Esprit de Jésus, sauveur

Alors il fallait festoyer et se réjouir,

Je retrouve ici le thème des deux autres paraboles : la brebis perdue et retrouvée, la drachme perdue et retrouvée, avaient mené à faire la fête. Ici c’est le fils perdu.

 parce que ton frère que voilà

Le père doucement remet les choses en place, il use cette fois du possessif : « ton frère ». Alors que l’ainé avait semblé couper le lien, le père doucement le réinstaure, le resitue. C’est ton frère !

 était mort, et qu’il a repris vie,

Le père ne nie pas la déchéance en laquelle était tombé son cadet, mais il se garde bien de confirmer la version de l’ainé qui parlait de prostituées. Le père constate, reconnaît que le cadet avait pris un chemin de mort ; aussi le contraste de l’instant est d’autant plus réjouissant : il a repris vie !

et s’était perdu et il a été retrouvé.

Le père continue, dans la même ligne : mort – vie ; perdu – retrouvé. Le passif : il a été retrouvé, est impressionnant. Il était d’actualité avec la brebis perdue que le berger avait retrouvée, avec la drachme que la femme avait retrouvée. Mais ici, c’est le fils qui est revenu, pourrait-on objecter. Il est revenu, il a fait une démarche, oui, mais le père l’a retrouvé. Et sans doute est-ce la mémoire du visage du père, de sa bonté, qui a permis au fils de revenir, le père est à l’origine même du retour, même si de manière non explicite.

Père, tu as envoyé Jésus pour nous chercher, et il nous trouve ! tu nous a donné ton fils, pour que nous soyons vivants. Fais-nous partager ta joie, chaque fois que tu retrouves un de nous ! Apprends-nous à reconnaitre en tout vivant, un frère, une soeur, que tu nous donnes.

dimanche 6 janvier 2013

Toujours avec moi

Celui-ci lui dit : « Enfant, toi tu es toujours avec moi et tout ce qui est mien est tien. »
Luc 15, 31

Viens Esprit de communion,
Viens Esprit de grâce et de partage
Viens Esprit de confiance

Celui-ci lui dit :
Le père a entendu son fils, il parle à son tour. Le texte ne nous dit rien du ton, mais on le devine dans la douceur et la compassion.

 « Enfant,
Parfois les traductions ajoutent un possessif : « mon enfant ». Le texte grec n’en possède pas. Mais on peut le comprendre comme sous-entendu. Mais on peut aussi lire sans le possessif : « enfant », et voir dans l’absence de possessif, l’infini respect du père face à la colère de son ainé. Celui-ci s’était démarqué de la famille en parlant de « ton fils » plutôt que de « mon frère ». Le père ne veut pas le réintégrer de force. Mais il lui dit combien pour lui père, il est toujours enfant.

toi tu es toujours avec moi
je me demande jusqu’à quel point le fils ainé est effectivement toujours avec son père. En écoutant sa colère, j’ai l’impression qu’il n’a pas vraiment pris conscience de la grâce qu’il avait à vivre auprès de son père, du « cadeau » de vie que cela représentait. Il semble avoir vécu chez son père, sans tenir de véritable relation filiale. Il semblerait qu’il a vécu comme serviteur, et non comme fils. Etre toujours avec le père aurait dû être la joie de ce fils, être sa récompense pour le labeur partagé,…

 et tout ce qui est mien est tien. »
Enfin, si le père a donné au fils cadet la part qui lui revient, tout ce qui reste revient à l’ainé. On pourrait objecter : raison de plus pour la colère de l’ainé, le veau gras lui revenait ! Mais dans cette communauté de biens, il y a plus de bonheur, il y a la joie du partage, la joie de savoir que tout est en commun. C’était la joie des premiers chrétiens (cf le livre des actes des Apôtres). Avoir tout en commun, c’est vivre comme sur pied d’égalité, le père reconnaît pleinement son fils et vit avec lui une relation qui n’est plus de la dépendance, mais du partage. Si telle est bien la manière dont le père vivait, on comprend qu’il n’a pas donné un chevreau à son fils,… le chevreau était déjà donné, il était déjà possession du fils, et en sa pleine jouissance. Mais l’ainé ne semble pas l’avoir compris. En lisant ce verset je repense au récit de la création, dans la Genèse : dès l’aube de la création, tout nous a été donné, confié, remis. Si le Père ne peut plus donner, c’est parce qu’il a déjà tout donné !

Seigneur, il est grand ce mystère, de ta vie partagée, donnée, participée. Aujourd’hui je veux vivre en ta présence. Que ton Esprit vienne me donner d’être toujours avec toi, puisque toi tu te tiens toujours avec moi. Apprends-moi à vivre en enfant en ta maison, confiant, ébahi du don qui lui est fait. Avec st Jean, je m’étonne : voyez quel grand amour nous est donné, que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes !

samedi 5 janvier 2013

ton fils que voici

Mais lorsque ton fils que voici, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, vient, tu sacrifies pour lui le veau gras.
Luc 15, 30

Viens Esprit de paix et de silence
Viens Esprit de communion et de partage

Mais lorsque ton fils
L’ainé rejette son frère, jusque dans ses paroles, il ne dit pas « mon frère », mais « ton fils ». Le serviteur lui expliquant la raison de la fête, lui avait dit « ton frère ». Mais lui se refuse cette expression. Il met ainsi de la distance entre son frère et lui, une distance qui risque la rupture.

que voici,
l’expression relève à la limite du mépris.

 lui qui a dévoré ton bien
voilà un reproche clair : le cadet a dilapidé la part de bien que le père lui a partagée. Cette part lui revenait. En soi, ce n’était plus le bien du père, mais le bien propre du fils. Mais l’ainé ne l’entend pas ainsi, c’est le bien du père, et le cadet l’a dévoré. Il utilise ici un vocabulaire de voracité.

 avec des prostituées,
Cette information ne nous a pas été donnée auparavant. Le texte qui nous a fait suivre le fils quittant la maison, ne nous l’a jamais décrit comme fréquentant les prostituées. On devine que l’ainé en rajoute une couche pour noircir son frère. Non seulement il a dilapidé les biens, mais il l’a fait avec des prostituées.

vient,
Il ne parle pas de retour, de revenir… Comme si dans la tête du fils ainé le retour n’était plus possible. Comme s’il ne l’attendait plus, comme s’il l’avait rayé définitivement de son existence. Alors qu’on voyait le père courir à la rencontre tandis que le fils cadet était encore loin, ce qui suppose qu’il scrutait attentivement l’horizon, qu’il guettait le retour de son fils, le fils ainé lui semble avoir exclu toute idée de retour, semble la refuser.

 tu sacrifies pour lui le veau gras.
Le veau gras, il n’y en avait qu’un, il était réservé pour un événement important…
La disproportion avec le petit chevreau du verset précédent est manifeste. Lui a toujours servi, sans la moindre désobéissance, et n’a jamais rien reçu, et pour le retour du fils perdu, c’est le veau gras qui y passe.

En deux petits versets, l’ainé nous brosse le résultat de la vie dans la comparaison. Jalousie, rivalité,… on se souvient de l’histoire de Caïn et Abel, des frères de Joseph,…

Seigneur, apprends-nous à accueillir ton cœur de père, pour chacun. A nous réjouir avec toi, de ta bonté envers tous les êtres. Délivre-nous de la vie dans la comparaison, qui assassine, étouffe, cultive la rancune.

vendredi 4 janvier 2013

Tant d'années

Celui-ci, répondant à son père, dit : voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai passé outre d’un de tes ordres. Et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour qu’avec mes amis je festoie.
Luc 15, 29

Viens Esprit de joie et de communion
Viens Esprit de service et de don de soi

Celui-ci, répondant à son père, dit :
Le père priait instamment son fils ainé d’entrer dans la fête pour le retour de son frère. Si nous n’avons pas les paroles dites par le père, l’évangile nous rapporte la réponse de l’ainé.

« Voici tant d’années que je te sers,
Tout d’abord le fils rappelle le service qu’il tient fidèlement depuis des années. On devine en contraste sa position par rapport au fils cadet qui vient de rentrer d’une longue absence…

et jamais je n’ai passé outre d’un de tes ordres.
Il atteste de son obéissance stricte aux ordres du père. Qu’en est-il du fils cadet ? Ici il n’est pas fait mention de lui… mais le fils ainé n’invite-t-il pas à comparer ?

 Et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour qu’avec mes amis je festoie. »
Pour le cadet le père a fait tuer le veau gras. Et jamais il n’a donné un chevreau ! Le contraste est on ne peut plus clair. D’un coté le zèle du fils ainé resté sans récompense apparente, de l’autre, la munificence de l’accueil du fils cadet qui revient après une longue errance.
Sans parler de son frère, celui-ci est comme toujours présent en contraste dans le discours de l’ainé.

Ce discours interpelle nos discours, nos ressentis, nos vécus. Qu’en est-il de nos relations aux autres ? Sommes-nous rivés sur les autres, pour nous comparer ?

L’invitation de Jésus n’est-elle pas à quitter le jugement, la comparaison, pour vivre simplement sous le regard du Père dans l’amour ?

Seigneur, purifie mon cœur. Apprends-moi à vivre le regard fixé sur ton amour, sur ta bonté, et à me réjouir avec toi, de ce qui fait ta joie !

jeudi 3 janvier 2013

Son père le priait

Il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père étant sorti, le priait instamment.
Luc 15, 28

Viens Esprit de paix et de bienveillance
Viens Esprit de communion

Il se mit en colère
La réaction du fils ainé est vive. Il sort de lui-même, se met en colère. On trouve trace d’autres colères dans la Bible. La colère de Samuel face au rejet de Saül. Celle de Jonas devant la miséricorde de Dieu pour Ninive, comme devant la mort de son ricin… Le psaume nous fait chanter : laisse ta colère, calme ta fièvre, il n’en viendrait que du mal…  

Et il ne voulait pas entrer.
Refuser d’entrer, c’est s’excommunier soi-même de la fête. Il se tient à l’égard, brise le lien. Et la fête qui était lancée risque d’être sabordée par son attitude.

Son père, étant sorti
Comme le père était sorti, avait couru à la rencontre du fils de retour, ainsi maintenant il sort à la rencontre de son aîné. Il a souci des deux fils, a pour eux la même démarche d’aller à la rencontre. Il quitte son chez soi, sort de chez lui, pour aller vers ses fils.

le priait instamment.
La démarche du père se fait prière, supplication.

Derrière le visage de ce père, je découvre en filigrane le visage de notre Dieu, c’est lui qui nous prie d’entrer en sa maison, c’est lui qui nous prie d’accueillir nos frères et sœurs. Il nous prie sans doute bien plus que nous ne le prions !

Seigneur, ouvre les oreilles de mon cœur, que je sois attentive à ta prière.