Liturgie 21e mercredi TO-II Matthieu 23, 27-32 ; 2 Thessaloniciens 3, 6-10.16-18
Introduction
L’extrait
de la lettre aux Thessaloniciens que nous entendrons n’est pas un plaidoyer à
l’encontre des migrants, des malades, des victimes d’une économie basée sur
l’élitisme, la performance et l’individualisme. Paul, au contraire, prône une solidarité
responsable. Il pose les bases d’une entraide saine. Il invite à soutenir ceux
qui sont dans le besoin réel tout en évitant d’encourager la dépendance de ceux
qui refusent de faire des efforts.
Il
invite à ne pas être un fardeau pour les autres en abusant de la générosité
d’autrui à travers la mise en place d’une sécurité sociale indispensable à la
vie et la dignité des plus vulnérables.
Il
s’insurge contre toute forme de paresse et s’adresse spécifiquement à ceux qui
choisissent délibérément l’oisiveté ou la passivité : « Si
quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus »
Paul
conclut en disant qu’une vie active et rythmée favorise la paix de l’esprit.
Commentaire
Je
vous invite à lire l’entièreté du ch 23 de l’Evangile de Matthieu qui n’est pas
ce qui semble être un réquisitoire pour un plaidoyer accusateur d’un procureur
à l’égard des Scribes et des Parisiens. Jésus n’accuse pas, il s’adresse à la
foule et aux disciples pour dénoncer et pointer du doigt leurs
dysfonctionnements et leurs incohérences dont ils sont les premières victimes :
« Malheureux êtes-vous !»
Malheureux
êtes-vous car votre aveuglement et vos actes insensés vous rendent malheureux à
l’intérieur puisque « vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal. Vous
témoignez contre vous-mêmes » dit Jésus.
Le
décor est planté mais je ne crois pas qu’il s’agisse d’une histoire ancienne.
Nous sommes tous concernés sinon quel intérêt à lire ce récit comme une BN pour
nous aujourd’hui ?
D’abord
comprendre que nous ne sommes pas accusés mais appelés puissamment à la
cohérence intérieure et à la vérité.
Jésus
secoue le cocotier de nos habitudes comportementales, qu’elles soient morales
ou religieuses. Bas les masques : L’image impeccable que nous montrons
trop souvent de nous-mêmes quand nous sommes face aux autres est l’apparence
d’une personne bien. Cette apparence est un maquillage qui n’est pas le reflet
de notre cœur.
Quand
Jésus dit un peu plus tôt : « Le plus grand parmi vous sera votre
serviteur », c’est une manière de nous inviter à l’humilité, à la
pauvreté, la fragilité qui n’est pas des faiblesses mais le terreau fécond de
notre croissance.
Son
appel est aussi celui des voix prophétiques que nous entendons aujourd’hui mais
que nous ignorons parce qu’elles dérangent. La violence des propos de Jésus est
sans aucun doute un électrochoc pour nous sortir de nos aveuglements.
Reconnaître que nous avons tous une part d’hypocrisie est le premier pas
nécessaire pour accueillir l’amour indéfectible et la miséricorde de Dieu.
Je
terminerai par une petite comparaison :
La
vie s’est chargé de faire travailler le bois des portes de grange que nous
sommes. Les planches ont séché et se
sont fissurées ; les montants ont rétréci et se sont tordus au fil du
temps en traversant les tempêtes de nos vies. L’âge n’arrange pas les choses.
Au contraire. Plus elles sont vieilles et plus elles sont fissurées et ça,
c’est une chance incroyable car la lumière du Christ va pouvoir
s’infiltrer et éclairer notre cœur pour le transformer et y remettre de la vie.
Invitation au Notre Père
Seigneur notre
Dieu, Toi la Source de la vie, toute joie nous vient de toi. Dans la foi et la
confiance, accueillons ces paroles d’un évangile difficile à entendre car elles
sont aussi des paroles de bienveillance. Tournons notre prière vers Celui qui
est notre Père.
Raymond le 26 août
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