Liturgie 24 août saint Barthélemy Jean 1, 45-51 ; Apocalypse 21, 9b-14
Accueil
Heureux sommes-nous qui fêtons aujourd’hui l’un des apôtres, Barthélémy,
alias Nathanaël dans l’évangile de Jean. Fêter l’un des apôtres, c’est fêter les
fondations de notre foi dans le Christ, qui est lui-même la pierre d’angle.
Cette pierre d’angle, cet autel, sur lequel je m’appuie. Heureux sommes-nous
qui célébrons aussi aujourd’hui le cinquième anniversaire de l’élection de Mère
Marie-Jean, prieure de ce monastère. Jour après jour elle se tient au plus près
de cet autel, qui est le Christ au milieu de la communauté. Entrons dans cette
eucharistie, en rendant grâce pour la figure de Barthélémy, et en entourant Mère
Marie-Jean de notre prière.
Mais reconnaissons d’abord notre péché : que le Christ, dans sa
miséricorde, recrée en nous le désir de le suivre et le servir.
Homélie
L’ange me montra la ville sainte, écrit saint Jean, la Jérusalem qui
descendait du ciel, d’auprès de Dieu. De cette ville, Jean précise : sa
muraille repose sur douze fondations portant les douze noms des douze apôtres
de l’Agneau. Voilà qui dessine dans un axe vertical. Du ciel de Dieu la ville
descend, dans sa beauté, vers le témoin de la vision. Cet acte vertical,
apocalyptique, nous l’avons retrouvé à la fin de l’échange entre Jésus et
Nathanaël : « Tu verras des choses plus grandes encore. Vous verrez
le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de
l’homme. »
La vocation de l’apôtre, de Barthélémy, alias, Nathanaël, la vocation de
chacun des douze apôtres, et la vocation de l’apôtre en nous, croise toujours cet
axe vertical, qui est la manifestation de Jésus « à ciel ouvert »,
dans l’éclaircie de Dieu. Chaque apôtre est témoin à sa manière de l’apocalypse
de Jésus, de la révélation fulgurante de son être de Fils de l’homme et de Fils
de Dieu.
Mais une vocation apostolique met en jeu, tout autant, un axe
horizontal, celui de nos histoires, de nos cheminements, celui des rencontres
et des paroles échangées à hauteur d’homme, à propos de Jésus et avec Jésus.
Dans l’évangile de ce jour, c’est d’abord la rencontre de deux hommes, liés par
l’amitié : « Philippe va trouver Nathanaël et lui dit… ». Nous
sommes dans l’axe d’une parole d’amitié, d’une confidence d’amitié à propos de
Jésus : « Celui dont il est écrit dans la Loi de Moïse et chez les
prophètes, nous l’avons trouvé ! ». Comme le mystère de Jésus est
confié à nos amitiés, à ce qu’un ami peut dire à son ami ! Nathanaël
répond à Philippe par une boutade, qui trahit des vues humaines, trop humaines :
« De Nazareth peut-il venir quelque chose de bon ? ». La réponse
de Philippe est celle d’une invitation fraternelle, basée sur sa propre
expérience : « Viens et vois ».
Paraît alors Jésus, et c’est lui qui voit Nathanaël, et lui dit :
« Voici vraiment un Israélite (un fils de Jacob), il n’y a pas de ruse en
lui ». L’ironie ne manque pas, mais elle est douce ; l’ironie ne
manque pas car le Jacob biblique était bel et bien un maître en matière de ruse.
Sourire de Jésus également dans sa référence au figuier. « Avant que
Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier – probablement le symbole de
l’étude, de la recherche – je t’ai vu ». Le rôle de l’ami, Philippe, a
compté, le rôle de l’étude a compté, mais, plus encore, le regard de Jésus –
« Je t’ai vu ».
Et puis la promesse, celle d’une
trouée, d’une lumière verticale : « Vous verrez le ciel ouvert, et
les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »
Dans la vocation de l’apôtres deux axes, donc, se rencontrent. Celui,
horizontal, de nos échanges dans l’histoire, dans l’estime et l’amitié ;
celui, vertical, des cieux ouverts sur le Fils de l’homme.
Il y a cinq ans, vous avez fait une expérience similaire, une expérience
johannique, lors de l’élection de Mère Marie Jean. Une expérience qui a mis en
jeu votre responsabilité de moniales, celle de chercher et trouver l’une
d’entre vous, qui servirait l’unité. Mais aussi l’expérience du choix de Dieu, dans
sa verticalité. L’expérience du Dieu qui se penche sur l’une de de vous, qui
servira l’unité de vous toutes – selon la Règle de saint Benoît. Pour elle,
pour mère Marie-Jean, nous prions : qu’elle soit mère et sœur, une figure
de l’amitié dans le Christ, comme le furent Philippe et Nathanaël.
Jésus a dit à Nathanaël « Quand tu étais sous le figuier ».
Relisant l’épisode avec vous à Hurtebise, je voudrais corriger le récit
johannique sur un point. Et faire dire à Jésus non plus « quand je t’ai vu
sous le figuier », mais « sous le tilleul ».
Père Jean-Pierre Sonnet, jésuite, Hurtebise le 24 août
26
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire