mardi 16 novembre 2021

Liturgie de la Parole – sainte Gertrude

 (Rosy)

Ouverture

Aujourd’hui nous fêtons Gertrude de Helfta.

Proche de nous en tant que moniale bénédictine, et plus distante en tant que mystique médiévale.

Elle brûle d’amour pour son Dieu, mais comment traduire cela en mots ?

Elle recourt donc aux images ; elle-même écrit :

« Les choses spirituelles et invisibles ne peuvent être exprimées à l’entendement humain que par des figures empruntées au monde sensible. Voilà pourquoi nul ne doit mépriser ce qui lui est révélé par le symbole de réalités matérielles »

Bien des formulations, des descriptions nous sont devenues étrangères car souvent du domaine du ressenti. C’est encore tout différent, par exemple, de Maître Eckhart, lui-même mystique rhénan, contemporain de Gertrude, mais qui conceptualise beaucoup plus. Ils sont donc très complémentaires dans leur approche christologique.

Nous allons nous laisser porter par la grâce de Gertrude et son amour dans le cœur de Jésus qui résonne si bien avec le « demeurer » de l’évangile.

Chantons les psaumes et accueillons ce que la Parole nous révèle aujourd’hui.

 

Commentaire

La vie mystique est un dialogue secret et silencieux entre un cœur aimant et son Dieu.

Que pouvons-nous en recueillir sinon quelques bribes portées par de pauvres mots…

Gertrude a connu la première de ses révélations à 25 ans : une vision de Jésus qui la bouleverse et la convertit, même si elle vivait déjà au monastère depuis ses 5 ans. Bloquée dans la routine, fut-ce celle des offices, elle connaissait une sorte d’acédie dont cette première vision l’a sortie. C’est une blessure d’amour dont elle ne guérira pas.

L’évangile du jour s’applique exactement à cette expérience de Gertrude : « tout sarment qui porte du fruit, il – le Père -  le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. » Oui, Gertrude fut comme émondée, elle pris distance avec ses études profanes pour se donner réellement tout à Dieu.

Désormais la liturgie, les sacrements sont autant de rencontres ardentes.

Surtout l’Eucharistie : « Tu prépares la table pour moi » dit le psaume du jour.

Les visions se poursuivent, qui lui révèlent l’amour débordant de celui qu’elle appelle « mon très doux ami ».

Jésus lui dit : « Celle qui consentira à m’aimer, je veux l’unir à moi, la chérir, l’aimer éperdument. Je la serrerai dans les bras de ma tendresse, je la presserai sur le cœur de ma divinité. Si tu veux être à moi, ma colombe chérie, il faut que tu m’aimes avec tendresse, avec sagesse, avec force. »


 
La vision centrale qui s’impose à la moniale est celle du cœur. L’iconographie ne se privera pas de représenter le cœur de Gertrude et celui de Jésus. On parlera d’échange des cœurs, ou surtout de leurs deux cœurs qui sont comme collés. C’est d’ailleurs le début de la dévotion au Sacré-Cœur.

Cláudio Pastro, lui, a supprimé la teneur doloriste pour joindre en une danse, les deux cœurs en un seul. Ainsi, celui de Gertrude demeure dans celui de Jésus, et celui de Jésus dans celui de Gertrude.

Demeurer ! Il nous reste sans doute à méditer longuement l’évangile de ce jour sous l’éclairage de la vie de Gertrude : ici aussi, Jésus parle, Jésus nous parle, et – comme avec Gertrue – il révèle toute la profondeur de son amour pour nous, l’ « attachement » de son cœur ; mais aussi comment cette intimité va porter fruit, comme le fut la vie de Gertrude.

 Je termine donc en relisant simplement 4 versets de l’évangile de Jean où le verbe « demeurer » est répété 8 fois !

Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit.

Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche.

Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.

 

Introduction  au Notre Père

Demandons donc au Seigneur la grâce de demeurer en son amour, et, avec lui, adressons-nous à notre Père.

 

Prière de conclusion

Que le Christ habite en nos cœurs par la foi ; que nous puissions rester enracinés dans l'amour, établis dans l'amour.

Nous connaîtrons alors ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ et nous serons comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu.

Voilà ce que nous dévoile Gertrude et tous les saints.

Permets-nous, Seigneur, de marcher sur cette route,

Nous te le demandons par le Père et l’Esprit Saint, avec qui tu vis et règnes aujourd’hui et pour les siècles.

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