vendredi 12 novembre 2021

Liturgie de la parole, 32ème vendredi TO

(sœur Marie-Raphaël)

Ouverture

En communion avec toute l’Eglise, mettons-nous à l’écoute de la Parole qui nous est adressée aujourd’hui et laissons-la résonner avec notre actualité. Le livre de la Sagesse nous parlera de ceux qui sont fascinés par la beauté des choses créées : l’émerveillement peut être le point de départ d’un chemin de foi… mais encore faut-il le vouloir. Dans l’évangile, Jésus nous parlera des jours du Fils de l’homme… et si nous écoutons bien, nous comprendrons que nous y sommes !

 

Résonances

L’évangile d’aujourd’hui est la suite de celui d’hier, que nous n’avons pas entendu à cause de la fête de saint Martin. Jésus répond à la question des pharisiens : « quand viendra le Règne de Dieu ? ». Il répond : « La venue du Règne de Dieu n’est pas observable… en effet, voici que le Règne de Dieu est au milieu de vous ». Nous voulons avoir une vision sur l’avenir et Jésus nous ramène au présent. Comme aux jours de Noé : il n’y a apparemment aucun signe précurseur et soudain le déluge est là. Étonnante actualité de ces textes ! Tant pour la crise globale que vit le monde, pour la crise que traverse l’Eglise, que pour ce moment de la vie de notre communauté. La tension entre un avenir qu’il est nécessaire d’anticiper pour ne pas foncer vers le chaos, et la gestion d’un présent qui réclame notre confiance, notre foi, notre présence d’un jour à la fois dans la foi.

Le très beau texte du livre de la Sagesse nous parle aussi de cela : il invite à dépasser la beauté du visible pour découvrir l’auteur même de la beauté, le créateur de l’harmonie cosmique, et lui donner toute notre foi. Saint Augustin a très bien exprimé cette quête de Dieu qui – paradoxalement – risque de s’arrêter en chemin, de s’arrêter à la beauté du créé sans reconnaître Celui qui est la source même de cette beauté. Et il reconnaît que, pour lui-même, ce qui l’a amené à faire le pas de la foi, c’est le brûlant désir qui l’habitait.

Tard, je t’ai aimée, beauté si ancienne et si nouvelle, tard, je t’ai aimée !

 

Voilà que tu étais dedans, mais moi, je me trouvais dehors et c’est là que je te cherchais,

et je me précipitais, sans beauté, dans les beautés dont tu es l’auteur.

Tu étais avec moi, et moi, je n’étais pas avec toi.

Elles me tenaient captif, loin de toi, ces choses qui n’existeraient pas si elles n’existaient pas en toi.

 

Tu as crié, appelé, et déchiré ma surdité ;

tu as rayonné, resplendi, et balayé ma cécité.

Tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré, et maintenant j’aspire à toi.

J’ai goûté : j’ai faim et soif !

Tu m’as touché et je brûle dans ta paix.                                       

                                                                                   Augustin, Confessions X, 27

 Prière

Seigneur, tu nous fais signe à travers la beauté de la création : ouvre nos yeux.

Tu nous fais signe dans les visages de nos frères et sœurs humains : ouvre nos cœurs.

Tu nous dis que le Royaume est au milieu de nous et tu nous le confies : fortifie-nous.

Nous te le demandons par Jésus…

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