samedi 12 novembre 2011

Cette nuit-là

Jn 21

1Après cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur les bords de la mer de Tibériade. Voici comment il se manifesta. 2Simon-Pierre, Thomas qu'on appelle Didyme, Nathanaël de Cana de Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples se trouvaient ensemble. 3Simon-Pierre leur dit : « Je vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous allons avec toi. » Ils sortirent et montèrent dans la barque, mais cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Esprit saint, éclaire notre nuit et conduis-nous jusqu’au rivage où quelqu’un nous attend.

Après cela : après cette dernière manifestation de Jésus à Jérusalem, mais aussi après toutes les pages de l’évangile de Jean puisque cet appendice ne serait plus de sa plume. Mais qu’importe, transportons-nous à notre tour au bord du lac de Tibériade… D’après Matthieu et Marc, Jésus leur a donné rendez-vous dans sa Galilée natale mais Jean n’en dit rien.

Pas de suspens, d’emblée l’auteur nous annonce le récit d’une « manifestation » de Jésus ; cette fois, ce n’est plus le verbe « venir », très quotidien, qui est employé, mais bien « se manifester » répété d’ailleurs avec instance, verbe grec que l’on peut aussi traduire par « mettre au grand jour ». Le ton a donc changé…, en rapport avec l’ampleur de l’évènement… ? Pourtant cette fois, il n’y aura pas de murs traversés mais une simple présence sur la plage.

On retrouve la petite bande des Galiléens, ils sont 7, toutefois sans André et Philippe, deux inséparables. Ils sont revenus au pays, mais qu’y faire ? Reprendre le travail des jours ? Un peu désoeuvrés, un peu orphelins. La journée s’étire.

Nous allons avec toi : quand le plus entreprenant a une idée, tous s’empressent de le suivre, les pêcheurs et les autres. Le poisson séché n’est pas inépuisable…

cette nuit-là, ils ne prirent rien : l’énergie retombe vite : on a perdu la main, l’ombre recouvre le lac ; jamais nuit n’y fut plus obscure : le Messie est vivant, mais ailleurs.


Seigneur, tes apôtres sont unis, ils sont solidaires, mais, sans toi, ils sont perdus : leur nuit est profonde et ils travaillent en vain. Christ vivant, ressuscité, nous savons que tu n’es jamais loin, jamais indifférent, même si, parfois, les apparences nous trompent. Augmente notre foi en ta présence aimante.

vendredi 11 novembre 2011

Pour que vous ayez la vie

Jn 20

30Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. 31Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Esprit de connaissance, tu parles au travers de l’Ecriture où sont rapportés les signes, tu parles en nos cœurs aujourd’hui…

sous les yeux de ses disciples : oui, Jean et tous les apôtres ont vu vivre Jésus au jour le jour et toute sa vie n’était que signe : c’est son admirable expérience que Jean veut nous transmettre

pour que vous croyiez : vous ? Voilà que Jean s’adresse directement à ses lecteurs, à nous. Il a donc écrit tout son Evangile dans ce seul dessein : pour que nous croyons ! Mais on aura beau y chercher des preuves, des évidences… : Jésus lui-même est la seule preuve !

et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom : au nom de Jésus lui-même, et donc – puisqu’il est Fils – au nom du Père, de notre Père, a-t-il dit. C’est en croyant en un Dieu qui s’offre avec humilité et tendresse, en un Dieu qui resplendit dans l’extrême vulnérabilité du Crucifié, c’est en croyant en lui que nous recevons la Vie.


Seigneur Jésus, tu nous as dit « Recevez l’Esprit » : lui seul peut nous révéler tout ce que nous devons savoir pour être « croyants » et « vivants » : ouvre nos cœurs à ce don.

mercredi 9 novembre 2011

Bienheureux !

Jn 20

28Thomas lui répondit : "Mon Seigneur et mon Dieu." 29Jésus lui dit : "Parce que tu m'as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru."

Esprit de Joie, tu nous donnes en partage le bonheur de croire : nous sommes heureux !

Thomas lui répondit : certes Thomas n’a jamais sa langue dans sa poche, pourtant il n’est pas facile de parler face au Ressuscité. Au soir de la découverte du tombeau vide, les disciples sont restés muets devant Jésus, et ce sera souvent le cas (21,12). Seule Marie a dit : « Rabbouni ! » et voilà que Thomas s’exclame : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Au premier verset de l’évangile, Jean écrivait : « Le Verbe était Dieu », et Thomas reprend « Toi, mon Seigneur, tu es Dieu ! »

Parce que tu m'as vu, tu as cru : même cela n’est pas une évidence : voir le Vivant, ce n’est pas encore reconnaître en lui son Dieu. Thomas a fait le pas de la foi.

ceux qui, sans avoir vu, ont cru : « ont cru » ? : un temps au passé qui fait référence à l’expérience des premières communautés chrétiennes qui doivent croire sans avoir vu ; qui – comme nous bien sûr – bâtissent leur foi sur le témoignage de ceux qui ont vu.

bienheureux : voici l’ultime et belle béatitude qui nous concerne tous, nous qui voulons mettre notre confiance en Jésus le Christ : heureux sommes-nous !


Thomas, pas plus incrédule que les autres, est celui qui a proclamé Jésus "Seigneur et Dieu" !

Avec lui et tous les croyants de l’histoire, je veux aussi te dire : Mon Seigneur et mon Dieu !

mardi 8 novembre 2011

Deviens !

Jn 20

26Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d'eux et leur dit : « La paix soit avec vous. » 27Ensuite il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d'être incrédule et deviens un homme de foi. »

Esprit de Vie, c’est le Christ Vivant qui se tient au milieu de nous, donne-nous de le reconnaître.

Une semaine est passée, les disciples n’ont pas encore déverrouillé les portes, ils ne sont pas encore partis pour la Galilée, où pourtant Jésus leur a donné rendez-vous… Ils restent en ce lieu où Jésus est déjà venu une fois… et s’il revenait ? Car, sinon, où aller… ?

Ils n’ont pas encore compris que Jésus rejoint les hommes, partout sur leurs chemins...vers Emmaüs ou ailleurs…

Jésus vint, il les retrouve dans la chambre haute, comme s’il venait de monter l’escalier… il vint : le verbe est aussi simple, et déjà employé deux fois… Jean ne parle pas d’apparitions ou d’autres manifestations extraordinaires… Il y a juste ces verrous… Mais Jésus fait fi de tous les verrous, surtout ceux de nos raisonnements, et aussi ceux de nos cœurs. Pour nous rejoindre, il est capable de franchir tous les obstacles si, derrière nos portes verrouillées, c’est lui que nous attendons, comme les apôtres.

Il leur dit : « La paix soit avec vous ». Toujours la même salutation, l’expression de son souhait le plus pressant : la paix, sa paix. C’est bien l’ordre qu’il avait lui-même donné en envoyant ses disciples : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord « Paix à cette maison » (Lc 10,5).

Puis il parle à Thomas. Simplement, sans reproche. Mieux, il répond à son souhait : regarder, toucher son Seigneur vivant.

Il répète : « Avance » : approche-toi, viens près de moi, viens goûter ma tendresse : c’est le moment d’intimité avant l’envoi : « Viens » et « Va », les deux mots qui rythment toute rencontre avec le Christ Jésus.

Puis un ordre, une direction à suivre : « Deviens ! » Devenir un homme de foi : un homme qui se fie à son Dieu ! Parole efficace comme toutes celles de Jésus : il a dit à d’autres : lève-toi, marche, viens dehors… à chacun sa parole de vie. A Thomas, il dit : Deviens ! Et Thomas, le « croyant » pourra partir témoigner à son tour… jusqu’en Inde dit la tradition.


A mon tour, je t’entends me dire : Approche ! Deviens ! Va ! Dans l’intimité ou sur les routes de la mission, jamais tu ne m’abandonnes, toujours tu te manifesteras selon ton bon vouloir de tendresse et d’amour.

lundi 7 novembre 2011

Nous avons vu

Jn 20

24Cependant Thomas, l'un des Douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. 25Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur ! " Mais il leur répondit : "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n'enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n'enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas !"

Esprit Saint, fais grandir en nos cœurs le désir de la rencontre avec notre Seigneur.

Thomas ! Voilà un apôtre au caractère bien trempé. C’est lui qui, à l’inverse de Pierre – et de tous les autres disciples – ne retient pas Jésus sur le chemin vers sa passion mais accepte même déjà la mort : "Nous mourrons avec lui" (11,16). C’est lui qui ose poser les questions, même lors du dernier soir : "Nous ne connaissons pas le chemin" (14,5). Il est cité dans les listes des apôtres des 4 évangiles, et chaque fois en compagnie de Matthieu, le publicain : ces deux là devaient être bons copains !

Ce soir, donc, il n’était pas là et, quand il est arrivé, les autres lui ont lancé la grande nouvelle : "Nous avons vu le Seigneur !" Exactement comme Marie de Magdala revenue du sépulcre ! Et qu’avaient alors dit les apôtres ? "Ils ne la crurent pas" (Mc 16, 11). Et quand ceux d’Emmaüs revinrent tout joyeux ? Ceux-là étaient deux, et des hommes, donc dignes de foi !! « Eux non plus, on ne les crut pas » (Mc 16,13) Tiens, tiens…

Maintenant, ils ont beau jeu de croire, puisque, eux, ils ont vu ! Mieux, ils ont touché ! (Lc 24,39).

Alors, que demande de plus notre Thomas ?

Non, Thomas n’est pas « l’incrédule », ce sont tous les apôtres qui ont douté, et nous à leur suite : nous sommes tous fait du même bois, marcheurs sur le chemin de la foi…

Avec Thomas, osons exprimer nos doutes sans doute, mais surtout notre immense désir d’approcher Jésus : car n’est-ce pas là toute la peine de Thomas, avoir manqué la rencontre ? Et son défi est surtout manière de l’espérer encore et toujours.


Seigneur, fais que je ne sois pas « absente » lorsque tu viens ! J’espère chaque jour ta venue : fais grandir ma foi.