Liturgie de la Parole 3e mercredi de Pâques Jean 6, 35-40
Voulez-vous encore du pain ?
Méditation
Depuis lundi, avec le chapitre 6 de saint Jean, nous sommes entrés dans le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Il y est question de pain.
Au fil des jours, nous passons doucement de la recherche du pain que l'on mange à la rencontre de Celui qui se donne comme pain. Mais peu à peu, le texte devient déroutant. Il nous « déplace ». Jusqu’à ces paroles radicales : « manger ma chair et boire mon sang » que nous entendrons demain (Jean 6, 51.53).
Je vais m’arrêter sur ces mots :
« Moi, je suis le
pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif »
« Je suis le pain de la vie »
Jésus ne dit pas qu’il est le pain qui nourrit. Il ne vient pas répondre à ce besoin.
Il se présente comme le pain de la vie - de la vie même de Dieu. Il se place à l’endroit même de notre manque. Il touche à ce lieu en nous qui cherche à vivre pleinement, à ce désir profond que rien ne suffit à combler.
«
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim »
Venir, c’est se laisser attirer. C’est plus qu’un simple mouvement, c’est consentir à se laisser déplacer par Dieu.
Jésus dit « n’aura jamais faim » et pas « n’aura plus jamais faim ». Cela ne signifie pas que la faim disparaîtra : il la rend impossible à combler ailleurs.
« Celui qui croit en moi n’aura jamais soif »
Croire, ce n’est pas seulement comprendre ou adhérer, c’est consentir à ce qui nous échappe, consentir à habiter cette relation et y demeurer.
Le « manque » n’est plus alors un vide à remplir mais devient un passage où quelque chose peut advenir.
« Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés» (Jn 6, 39).
Rien n’est perdu parce que tout — même ce qui semble manqué, abîmé, éloigné — peut être repris, relevé et conduit à la vie dans cette relation
Et l’Eucharistie apparaît alors autrement. Elle nous expose à la fidélité de Dieu. Elle engage. Elle nous tient dans cette relation où plus on lâche prise, plus on y consent, plus elle devient vraie pour nous.
N’est-ce pas cela entrer dans la vie éternelle ?
Isabelle Halleux le 22 avril 26
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