mercredi 8 avril 2026

Liturgie de la Parole mercredi de Pâques Luc 24, 13-35

Les disciples d'Emmaüs

Méditation

Après sa résurrection, le Seigneur Jésus rencontra en chemin deux de ses disciples qui parlaient ensemble de ce qui était arrivé, et il leur dit : De quoi parliez-vous en chemin, que vous soyez si tristes ? (Luc 24,17).

Ce passage de l'Évangile nous apporte une grande leçon, si nous savons l'entendre. Jésus apparaît, il se montre aux yeux des disciples, et il n'est pas reconnu. Le Maître les accompagne sur le chemin, et il est lui-même le Chemin ; mais eux ne sont pas encore sur le vrai Chemin : quand Jésus les rencontre, ils ont perdu ce Chemin. Lorsqu'il demeurait avec eux, avant sa passion, il leur avait bien tout prédit : ses souffrances, sa mort, sa résurrection le troisième jour. Il leur avait tout annoncé ; mais sa mort leur avait fait perdre la mémoire...

Nous espérions, disent-ils, qu'il délivrerait Israël (v.21). Comment, disciples, vous espériez, et maintenant vous n'espérez plus ? Mais le Christ vit, et en vous l'espérance est morte ! Oui, le Christ vit. Mais le Christ vivant a trouvé morts les coeurs de ses disciples. Il apparaît à leurs yeux, et ils ne le perçoivent pas : il se montre, et il leur reste caché. S'il ne se montrait pas, comment ses disciples pourraient-ils entendre sa question et y répondre ? Il chemine avec eux et semble les suivre, et c'est lui qui les con-duit. Ils le voient mais ne le reconnaissent pas, car leurs yeux, dit le texte, étaient empêchés de le reconnaître (v.16).

Eh bien ! mes frères, quand le Seigneur a-t-il voulu se manifester ? A la fraction du pain (v.35). Nous pouvons en être sûrs

en partageant le pain, nous reconnaissons le Seigneur. Il n'a voulu être reconnu qu'à ce moment à cause de nous qui ne le verrions pas dans la chair et mangerions pourtant sa chair. Qui que tu sois, croyant qui ne portes pas en vain le nom de chrétien et qui n'entres pas pour rien à l'église, toi qui écoutes avec crainte et espérance la Parole de Dieu, trouve ton réconfort dans le partage du pain. L'absence du Seigneur n'est pas une absence. Crois seulement, et celui que tu ne vois pas est avec toi. Quand Jésus leur parlait, les disciples n'avaient pas la foi ; et parce qu'ils ne le croyaient pas ressuscité, eux-mêmes n'espéraient pas pouvoir revivre. Ils avaient perdu la foi ; ils avaient perdu l'espérance. Morts, ils marchaient avec un vivant ; morts, ils marchaient avec la Vie. La Vie marchait avec eux, mais leurs coeurs n'étaient pas encore revenus à la vie.

Et toi, si tu veux la vie, fais ce qu'ils ont fait, et tu reconnaîtras le Seigneur. Ils ont reçu l'étranger : le Seigneur était comme un voyageur qui va au loin, mais ils ont su le retenir. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, ils lui dirent : Reste ici avec nous, car le soir approche (v.29). Retiens l'étranger, si tu veux reconnaître le Sauveur. Ce que le doute avait fait perdre, l'hospitalité l'a rendu. Le Seigneur a manifesté sa présence au partage du pain.

Saint Augustin Sermon 235, 1-3 : PL 38, 118-119.

fiche d'Orval n°I 59

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