Liturgie 4e lundi de Pâques Jean 10, 11-18 ; Actes 11, 1-18
Introduction
Bonjour, nous voici rassemblés en Église pour recevoir la Parole de Dieu, comme du bon pain, pour prier et rendre grâce. Pour laisser notre vie se transformer au grand souffle de l’Esprit. Aujourd’hui nous allons à nouveau découvrir une belle page du livre des Actes des Apôtres. La finale du jour nous montre la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, rendant gloire à Dieu pour la conversion des nations. Et nous où percevons-nous des appels à la conversion ? Demandons que l’Esprit nous envahisse.
Après l’évangile
Pauvre Pierre !!! voilà qu’il est amené à rendre des comptes à la communauté de Jérusalem pour avoir mangé avec des païens. La belle affaire ! Le crime par excellence. Pauvre Pierre, ce n’est pourtant pas de sa faute ! Et c’est toujours à lui que cela arrive des choses pareilles ! vous imaginez, ce solide gaillard, pêcheur de formation, les deux pieds bien au sol. Et voilà que le Seigneur le surprend en sa prière ! Pierre tombe en extase... imaginez un peu. Jean on aurait compris, on aurait dit : c’est le mystique de service ! mais Pierre ! Lui qui mène l’Église naissante. Et une extase pour quoi ? pour lui montrer une nappe emplie d’animaux impurs, et l’inviter à les offrir en sacrifice et à en manger ! est-ce parce qu’il logeait chez un tanneur... métier qui rend un homme impur ? Est-ce que cela rongeait la conscience de Pierre, lui le bon juif, de loger chez un homme impur ? au point que lorsqu’il prie, il a une telle vision ? Comme si le petit discours intérieur était : « mais vas-y mon gars ! tant que tu y es, offre à Dieu des animaux impurs, mange des animaux impurs après avoir fréquenté un homme qui se rend impur par son métier de tanner les peaux d’animaux morts ». Et Pierre là reprend tous ses esprits et son impulsivité, il répond la main sur le cœur : “Certainement pas, Seigneur ! Jamais aucun aliment interdit ou impur n’est entré dans ma bouche.” Et la vision reviendra par trois fois, et Pierre par trois fois réagira ainsi ! Là on le reconnait bien ! Non, c’est non ! Vient alors l’épisode de l’appel de Corneille un centurion, un païen. Et Pierre y répond avec une délégation, parce que l’Esprit l’y pousse nous dit le texte. Car non et non, Pierre ne se serait pas mêlé spontanément aux païens comme on lui reproche. Corneille raconte à Pierre qu’un ange lui a dit de l’appeler ! Pierre doit avoir le tournis, regretter sa barque et ses filets. Encore une histoire de vision. Mais Pierre n’est pas raide, il se laisse mener par l’Esprit. Et voici : à peine Pierre a-t-il ouvert la bouche, l’Esprit fond sur l’assemblée, l’Esprit fond sur l’assemblée de païens ! Et Pierre d’expliquer à ceux qui l’accusent qu’il ne pouvait pas une fois de plus résister à Dieu, qui venait de montrer son salut pour les païens. Et les Actes concluent que là-dessus les opposants se taisent, et rendent gloire à Dieu qui a donné la conversion aux païens.
Cela ne vous fait pas sourire ? vraiment il n’y a que les païens qui se sont convertis dans l’histoire ? la plus grande conversion n’est-elle pas celle de Pierre, et des judéo-chrétiens qui l’attaquaient ? n’est-ce pas eux qui doivent accepter que la voie chrétienne ne soit pas celle qu’ils avaient crue. Que les barrières qu’ils avaient posées n’étaient pas justes. Et que l’Esprit n’a cure de nos vues trop étroites !
Nous voyons se réaliser ce que Jésus a annoncé dans l’Évangile d’aujourd’hui : J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Alors prions pour que l’Esprit nous donne de cesser de cloisonner le monde entre croyants et incroyants, fidèles et infidèles, pratiquants et non pratiquants. Cessons d’enfermer notre foi dans des pratiques trop étroites, raides. Découvrons tous les chercheurs de Dieu, tous les chercheurs de sens, laissons-nous interpeller par eux, et reconnaissons la voix de l’Esprit en eux. Acceptons la conversion à laquelle Dieu nous convie aujourd’hui. Il en faut des pentecôtes et des pentecôtes pour former l’Église. Pourquoi parle-t-on toujours de « la » Pentecôte au singulier, alors que les Actes nous en rapportent tant ! Et qu’il en faudra encore plus d’une pour que nous discernions et acceptions les voies du Seigneur. Pour que nous nous convertissions au Seigneur plutôt que vouloir convertir les autres à nos vues.
Prière conclusive
Seigneur Dieu, au quotidien, ton Esprit a transformé tes apôtres, et leur a donné l’audace d’annoncer le Christ à tous les hommes. Ton Esprit les a envoyés à la rencontre de tous et toutes. Répands ce même Esprit sur ton Église aujourd’hui, qu’elle soit le signe d’une liberté nouvelle. Qu’elle discerne et ose les chemins nouveaux auxquels tu la convies pour que s’édifie ton peuple. Par Jésus Christ, ton Fils...
Sr Myrèse le 4 mai 2020
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