vendredi 10 avril 2026

Liturgie de la Parole vendredi de Pâques Jean 21, 1-14 ; Actes 4, 1-12

À l’eau

Méditation

 L’évangile de ce jour est presque une scène de bord de mer… On entendrait presque les vagues, on sentirait presque l’odeur du poisson grillé… Et au milieu de tout cela… des disciples un peu perdus. Pierre dit : « Je m’en vais à la pêche. » Traduction possible : “Je ne sais plus trop quoi faire… alors je retourne à ce que je connais.” Et les autres répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » C’est beau… et un peu humain. Quand on ne sait plus, on fait ce qu’on peut. Ils pêchent toute la nuit… et ne prennent rien. Rien.

 La nuit, dans la Bible, c’est souvent le moment du doute, du flou, de l’incertitude. Une nuit… stérile. Et puis, au matin — toujours ce matin de Pâques qui revient — quelqu’un est là. Sur le rivage. Mais ils ne le reconnaissent pas. Et Jésus leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque. » On pourrait presque sourire : après une nuit sans rien… un conseil de plus… Mais ils obéissent. Et là… le filet se remplit. 153 poissons. Pas 150. Pas “beaucoup”. Comme si Dieu comptait… ce que nous, nous aurions résumé. Parce que pour Dieu, rien n’est vague. Rien n’est anonyme. Chaque poisson compte… comme chaque vie. Pour saint Jérôme, il existait 153 espèces de poissons différentes. L'Église rassemble toutes les nations, toutes, sans exception.

 Et c’est à ce moment-là que tout bascule. Jean dit : « C’est le Seigneur ! » Et Pierre… fait quelque chose d’extraordinaire : il s’habille… pour plonger. Avouons-le : ce n’est pas la logique la plus habituelle. Normalement, on enlève ses vêtements pour nager… Pierre fait l’inverse. Pourquoi ? Parce qu’il ne veut pas arriver devant Jésus… n’importe comment. Il se “revêt”. Comme pour dire : “Je viens à toi… de tout mon être.” Et nous comprenons bien que c’est le vêtement du baptisé qu’il revêt. Adam et Eve découvrent leur nudité après le péché. Pierre est nu après son reniement, mais lorsqu’il voit le Seigneur ressuscité, il devient déjà un ressuscité. 

 Et surtout… il plonge. Sans calcul. Sans attendre. Sans vérifier la température de l’eau. C’est peut-être cela, la foi pascale : reconnaître le Seigneur… et oser plonger vers lui. Pierre ne fait pas un discours. Il saute.

Et pendant ce temps-là… les autres tirent le filet. Et l’Évangile précise : « Malgré la quantité, le filet ne se déchira pas. » Image magnifique de l’Église : pleine… diverse… et pourtant… tenue.

 Dans la première lecture, Pierre annonce : « Jésus est la pierre que vous avez rejetée… et qui est devenue la pierre d’angle. » Ce qui semblait inutile… devient essentiel. Ce qui était mis de côté… devient fondement. Et cela rejoint tout l’Évangile : une nuit vide… devient abondance ; une pêche inutile… devient mission ; un disciple fragile… devient témoin. Et peut-être que cela rejoint aussi nos vies… Ces moments où nous avons l’impression de “ne rien prendre”, de ne pas avancer, de ne pas réussir… Et pourtant… Dieu est déjà sur le rivage. Il dit simplement : « Venez manger. » C’est extraordinaire : le Ressuscité commence par inviter à la table.

 Et si vous avez l’impression de ne rien avoir “pris” ces derniers temps… rassurez-vous : avec Dieu, le matin arrive toujours. Et parfois… il suffit d’un pas. Ou d’un plongeon !

 Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Pierre Hannosset le 10 avril 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/04/vendredi-de-paques-mettons-nous-en.html

 


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