dimanche 6 novembre 2011

Recevez

Jn 20

21Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m'a envoyé, à mon tour je vous envoie. » 22Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l'Esprit Saint ; 23ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

Esprit Saint, Souffle de Jésus, je veux te recevoir !

La paix soit avec vous : Jésus s’est fait reconnaître, maintenant les disciples peuvent entendre son souhait de paix. Et ce désir devient don. Cette paix, sa paix, il la leur donne. C’est dans cette paix qu’ils pourront aussi entendre que déjà il les envoie.

Comme le Père m'a envoyé, à mon tour je vous envoie : Jésus s’adresse aux disciples, nous dit Jean. Les synoptiques, eux, parlent d’apôtres. Or « apôtre » signifie « envoyé ». C’est à partir de ce moment qu’ils deviennent véritablement « apôtres », en ce moment où Jésus leur donne part à sa propre mission, où il les envoie, comme il a déjà envoyé Marie de Magdala (Va !). La première rencontre avec le Ressuscité est pour chacun un envoi sur son propre chemin, vers sa mission propre.

il souffla sur eux : Jésus « souffle » sur ses disciples. Comme Dieu « a soufflé » l’haleine de vie pour faire de l’homme, à peine modelé dans la glaise, un être vivant (Gn 2,7). C’était la première création. Le souffle de Jésus ressuscité est celui de la nouvelle création. Il leur transmet sa vie elle-même.

Recevez : et il a ce mot magnifique : Recevez ! Jésus donne mais il invite les apôtres à se mettre debout à leur tour, à être « actifs », à accueillir pleinement et consciemment ce don de l’Esprit qui va les faire vivre, les porter en avant.


Seigneur Jésus, tu transmets à chaque instant ton Souffle de vie, tu es le vivant à nos côtés. Ce matin, j’entends ta demande : « Reçois ! » : ouvre mon esprit, ouvre mon cœur pour que je puisse accueillir ton Souffle.

samedi 5 novembre 2011

Jésus vint

Jn 20

19Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d'eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » 20Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie.

Esprit Saint, ouvre nos cœurs et nos yeux aux venues de Jésus.

Le soir : le soleil a achevé sa course, le soir est revenu, mais cette nuit-ci n’est plus la même..

le même jour : qu’il dut être long ce jour des énigmes et des espoirs…, qu’il dût être différent pour chacun : Marie de Magadala, les autres femmes, Jean, Pierre, les disciples… ceux d’Emmaüs et les autres… que d’évènements que chaque évangéliste raconte à sa manière.

qui était le premier de la semaine : insistance : on le sait mais on le redit. Car nous sommes au jour de la Résurrection, et les apôtres sont rassemblés, au "dimanche", au jour où se rassembleront les chrétiens au long des siècles en mémorial de ce jour unique.

les portes étaient verrouillées : bien sûr, ils ont peur, et c’est le réconfort qu’ils sont venus chercher. Mais ces verrous tirés soulignent surtout l’inexplicable : la venue de Jésus ! Car il leur faut appréhender cette nouveauté : Jésus vivant, mais plus comme «avant ».

Jésus vint : dorénavant, c’est Jésus qui a l’initiative : les apôtres ne savent ni quoi faire ni où le chercher ; l’attendent-ils ? Sans doute pas. Et voilà qu’il vient, comme il viendra toujours à la rencontre de chacun de ses frères.

il se tint au milieu d'eux : « il se tient debout » dit le verbe grec, il se tient "ressuscité". Et non pas face à eux, mais au milieu des siens, à la fois si proche et si différent : déjà à la fois présence et mystère.

il leur dit : « La paix soit avec vous. » : les apôtres sont muets, peut-être même effrayés, et Jésus les rassure. Mais ce premier mot qu’il leur dit va bien au-delà du petit groupe timoré : la salutation de Jésus est l’expression de son désir pour le monde et pour chacun.

il leur montra ses mains et son côté : il parle et il montre : le Seigneur glorieux est aussi Jésus crucifié. « touchez-moi, regardez… » précise Luc (24,39) : ce qu’ils devaient être incrédules !! La foi n’est donc pas évidente… même face au Christ ressuscité ! Il faudra toujours un acquiescement intérieur face à celui qui jamais ne s’impose.

les disciples furent tout à la joie : avec la paix, la joie est le second fil rouge de toutes les rencontres de Jésus ressuscité.


Tu viens ! Tu viens à nous, rassemblés en ton nom, tu viens, quels que soient les murs et les verrous. Tu viens, si forte soit notre incrédulité, si mince soit notre attente. Car c’est toi la source de notre foi, de notre espérance. Tu es venu, tu es au milieu de nous.


jeudi 3 novembre 2011

J'ai vu

Jn 20

18Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

Esprit Saint, toi qui parles par la bouche de tous les témoins de l’histoire, je veux entendre et recevoir tes paroles, sources de vie.

Et voilà Marie qui redescend une seconde fois le chemin vers la ville, le chemin que Jésus a gravi. Tandis que le soleil monte sur l’horizon et répand sa lumière… Est-elle étonnée de ne pas l’avoir reconnu ? Se demande-t-elle "pourquoi moi ?"… Aurait-elle tellement voulu le retenir… ? Elle apprend à vivre à la fois sans lui, et avec lui. Comme nous, elle a son chemin intérieur à parcourir.

Elle court encore, la Marie, mais maintenant, elle accomplit une mission, elle va porter le premier témoignage sur Jésus ressuscité ! Ils en feront ce qu’ils pourront : elle, ensuite, va s’effacer.

Qu’ont dit les apôtres, comment l’ont-ils reçue ? Cette fois, ils n’ont pas couru… ils n’ont pas bougé. Ils ont été bouleversés, nous dit Luc (Lc 24,22). Dans la finale de l’évangile de Marc, on lit même « ils ne la crurent pas » (Mc 16,11)

« Jésus est là, au jardin », n’y serions-nous pas allé au plus vite… ? La crainte des Juifs est-elle la plus forte ? Ou l’évènement est-il au-delà de leur entendement ? Une pierre roulée dans la nuit, on court voir. Mais Jésus vivant… que fait-on ?? La nouvelle fait son chemin dans les cœurs, chacun l’accueille comme il peut…

Le premier message de Marie disait : « Je ne sais pas », et maintenant, elle dit : « J’ai vu ! ». Comme Jean-Baptiste l’a proclamé (1,34), comme Jean lui-même l’écrira (1 Jn 1,1).

Marie témoigne car elle n’a pas retenu son « Rabbi » pour elle-même, elle l’a laissé partir, et elle est partie, pour « annoncer » qu’il est vivant : ce « j’ai vu » est un don fait à toute l’humanité, les mots sur lesquels peut se construire notre foi.

Et elle avait plus précieux encore : les paroles mêmes de Jésus, paroles fondatrices de notre existence de fils et de frères. Avec quel bonheur a-t-elle dû leur répéter mot pour mot les paroles du Bien-Aimé !


Merci, Seigneur, d’avoir choisi Marie de Magdala comme premier témoin, de lui avoir confié cette mission d’annoncer aux apôtres eux-mêmes la plus grande nouvelle de tous les temps. Pour chacun, pour chacune, tu as une mission spécifique dont toi seul as le secret. Tu nous appelles par notre nom pour nous la confier.

mercredi 2 novembre 2011

Mes frères

Jn 20

16Jésus lui dit : "Marie". Elle se retourna et lui dit en hébreu : "Rabbouni" — ce qui signifie maître. 17Jésus lui dit : « Ne me retiens pas ! Car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. »

Esprit Saint, révèle-nous qui est ce Dieu qui surprend, ce Dieu toujours inattendu.

Il faut sa voix pour percer la carapace de chagrin, il faut la note d’un prénom chantée par son Amour.

Et la voilà qui se retourne… une seconde fois ? Cela fait 360° ?!

Je préfère voir une Marie « retournée » par la parole de son Seigneur, remise debout, redevenue elle-même. Elle ne l’a pas reconnu, c’est elle qui a été reconnue, elle, Marie, dans tout son être aimant et souffrant. Et elle retrouve Jésus, elle lui retrouve la même attitude de tendresse, de compassion, de proximité. C’est son Rabbi, toujours aussi facétieux : prendre les traits d’un jardinier ! C’est le véritable jardinier de la nouvelle création, debout, à ses côtés, dans la brume de l’aube.

Première rencontre, premières paroles, première mission, toutes confiées à Marie.

Pour toi : chacun a sa mission, sa route : Jésus va vers son Père, Marie va vers les frères.

va trouver mes frères : Debout, toi aussi, Marie, relève-toi, dresse-toi, et va, va… dis-leur, annonce-leur… que je monte vers mon Dieu qui est votre Dieu.

vers mon Père qui est votre Père. Il les avait appelés « amis » et c’était inestimable. Mais ce n’était pas encore le sommet : voilà qu’ils deviennent frères, ses frères, nous devenons frères et sœurs parce son Père est notre Père.

Voilà Marie, ce que tu dois annoncer : parce qu’il est vivant, nous sommes ses frères, ses sœurs !


« mes frères » : quelle plus belle parole dans ta bouche, Seigneur. Je la reçois avec émotion et tendresse : tu es, tu veux être mon frère ! Tu nous veux tous frères et sœurs ! Fais que je puisse aller au-delà des mots pour vivre de cette réalité même si elle me dépasse tellement. En vivre en regardant vers notre Père qui est aussi ton Père.

mardi 1 novembre 2011

Qui cherches-tu ?

Jn 20

14Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui. 15Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ? » Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le prendre. »

Esprit Saint, donne-moi de « reconnaître » le Seigneur dans notre monde d’aujourd’hui.


Les anges ne l’intéressent décidément pas : elle se détourne de la pénombre mais elle ne sait vers où se tourner.

Pourquoi pleures-tu ? Deux fois la même question ! Marie, c’est Jésus vivant que tu pleures ! Marie, il est vivant ! Mais Marie ne répond pas aux questions, elle demande, toujours la même chose elle aussi.

Dis-moi où tu l’as mis ! Moi, j’irai le chercher, j’irai le prendre, l’embaumer, le parfumer. Je l’envelopperai du linceul comme je suis enveloppée de deuil. Serrée dans sa douleur, elle ne voit que le jardinier.

Tu ne le reconnais pas, Marie ? Le Messie est en vie mais plus comme "avant"; pourtant il reste le même, il agit de la même façon : il interpelle individuellement, il interroge… il pose des questions dont il sait si bien la réponse, il surprend quand on ne s’y attend pas, il est ailleurs que là où tu le cherches…

Jésus présent, si proche dans cette conversation, Jésus que l’on ne reconnaît pas ; car bien d’autres, après Marie, ne reconnaîtront pas le Ressuscité. Tant d’autres jusqu’aujourd’hui.

« Si c’est toi qui l’a enlevé » : mais à quoi pense-t-elle la Marie… comme si le jardinier avait déplacé le corps comme il range une bêche… Plus question des Juifs ou des Romains, de complot ou d’ennemis… Elle demande poliment l’endroit où elle peut aller le chercher ! Comme elle nous ressemble, Marie de Magdala, toute de tendresse et toute de maladresse. Vers où va-t-il, le chemin qui quitte le sépulcre ?

« Qui cherches-tu ? » C’est la 3e fois que le Messie pose cette question (1,38 et 18,4) mais cette fois, c’est une interpellation de personne à personne : à chacun d’y répondre « personnellement », du fond du cœur.

Oh, Seigneur, ta question résonne de siècle en siècle et je la reçois aujourd’hui.