vendredi 14 octobre 2011

Il sortit

Et portant lui-même la croix, il sortit vers le lieu dit du « Crâne », qui est appelé en hébreu : « Golgotha ». Là ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, ici et là, et Jésus au milieu.
                Jean 19, 17-18

Viens Esprit de force et de douceur,
Viens Esprit de vie et d’amour
Viens Esprit de Jésus

Et portant lui-même la croix, il sortit vers le lieu dit du « Crâne », qui est appelé en hébreu : « Golgotha ».
Il n’est pas fait mention de ceux qui emmènent Jésus. Jean nous présente Jésus comme s’il avait l’initiative. Il marque ainsi la liberté de Jésus : ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne.  Jésus dépose sa vie !  Il est condamné suite à une mascarade de procès cachant mal la haine des uns et des autres;  il est condamné, et fait de cette condamnation un chemin de vie et d’amour. Il porte lui-même la croix ; il va jusqu’au bout de l’amour. Il sort. Comme il est sorti du Père pour venir jusqu’à nous, maintenant il sort du monde pour retourner au Père. Il ouvre la voie, seul. La foule est-elle sur le chemin, les soldats sont-ils actifs ? Jean ne nous rapporte rien de cela. Il focalise toute l’attention sur Jésus. Tout se dit en ce chemin d’amour qu’il ouvre pour nous.

 Là ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, ici et là, et Jésus au milieu.
Sobriété du récit. Jean ne s’attarde pas à la cruauté de la crucifixion. Il nous invite à regarder Jésus avec les yeux du cœur. Jésus au milieu, au milieu de notre humanité blessée, au milieu de nos vies, de nos échecs et de nos refus, au milieu du monde : signe dressé, au milieu de nos désespérances, et de nos morts. Jésus au milieu, roi de l’autre monde,  roi du monde de l’amour donné sans retour. Mon royaume n’est pas de ce monde. Jean ne nie pas la souffrance de la crucifixion, mais il nous présente le cœur de Jésus qui la vit, la transcende en un geste d’amour, de don total. Moi, je suis au milieu de vous, comme celui qui sert. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime…

Aujourd’hui, en contemplant ta croix, Jésus, j’accueille ta vie donnée.
Au milieu de cette nuit de violence et d’injustice, j’entends s’élever ton chant d’amour.
Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.
Tu vas au Père, et nous ouvres le passage.

jeudi 13 octobre 2011

Crucifie-le !

Ils se mirent à crier : « Enlève ! Enlève ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands-prêtres répondirent : « Nous n’avons pas de roi, si ce n’est César. » Alors donc il le leur livre pour qu’il soit crucifié. Ils prirent donc Jésus.
            Jean 19, 15-16

Viens Esprit de douceur et de force
Viens Esprit d’Amour
Fais nous communier à l’offrande de Jésus
Viens Esprit de paix, habite nous de ta grâce.

Ils se mirent à crier : « Enlève ! Enlève ! Crucifie-le ! »
La provocation de Pilate « Voici votre roi ! » déchaîne l’ire des chefs religieux juifs. Les voici qui crient, hurlent, réclamant que Pilate enlève Jésus, l’ôte de leur vue, et de manière définitive : qu’il le mette à mort, le crucifie ! C’est le refus total d’accueillir Jésus, de le reconnaître envoyé du Père, d’accueillir son message de salut et de paix.  

Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? »
Pilate continue à tourner en dérision les chefs religieux, à leur faire sentir son pouvoir. Il siège et domine l’assemblée. Et il ne démord pas de l’appellation « roi ». C’est toute la nation juive qu’il entoure ainsi de sa moquerie.

Les grands-prêtres répondirent : « Nous n’avons pas de roi, si ce n’est César. »
Comble ! Ce sont les  chefs religieux qui prononcent une telle parole ! Comme un refus de l’attente du Messie-roi ! C’est une véritable soumission  au pouvoir romain, au mépris de la royauté de Dieu. Ils venaient avec un homme qu’ils voulaient voir condamner au nom de la loi Juive, et voici qu’ils argumentent avec la loi romaine, déniant la royauté à Dieu.

Alors donc il le leur livre pour qu’il soit crucifié. Ils prirent donc Jésus.
Pilate a peur, il ne peut sauver Jésus face à une telle accusation, sans risquer de perdre son poste. Si tu le relâches tu n’es pas ami de César… La haine d’un coté, la peur de l’autre… Jésus silencieux au milieu, Jésus livré, Jésus se livrant…

Seigneur, je te contemple au milieu de ce déchaînement. Je te vois, livré entre les mains des hommes, jouet de leur prétention, de leur peur et de leur gloriole. Je te vois rejeté, et avec toi le message de paix que tu portais. Quelle blessure en ton cœur, lorsque ceux-là même qui veulent défendre leur religion, renient la royauté de ton Père sur la création, pour s’incliner devant l’empereur romain. Seigneur je partage ta peine, donne-moi de partager ton amour et ta fidélité.

mercredi 12 octobre 2011

Voici votre roi

Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs crièrent en disant : « Si tu relâches celui-ci, tu n’es pas ami de César, car quiconque se fait roi soi-même, s’oppose à César ». Alors Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors, et s’assit sur l’estrade au lieu appelé le Dallage, en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, c’était environ la 6ème heure. Et il dit aux Juifs : « Voici votre roi ! »
                   Jean 19, 12-14

Viens Esprit fidèle
Viens Esprit d’amour
Viens creuser en nous, l’écoute du cœur,
Viens, fais nous entrer en ce royaume de justice et de paix, annoncé par Jésus.

Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ;
Il est assez clair que Pilate demeure convaincu de l’innocence de Jésus, mais se trouve à ne pas vouloir contrecarrer cette foule qui l’effraie.

mais les Juifs crièrent en disant : « Si tu relâches celui-ci, tu n’es pas ami de César, car quiconque se fait roi soi-même, s’oppose à César ».
Argument renversant. Les chefs religieux quittent leur domaine religieux, pour poser un argument politique. Chantage puissant, menaçant pour Pilate.

 Alors Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors, et s'assit sur l’estrade au lieu appelé le Dallage, en hébreu Gabbatha.
Il semblerait qu’ainsi, Pilate cesse son enquête, et veut prononcer le jugement. Il met en présence les deux parties, et siège.

C’était la préparation de la Pâque, c’était environ la 6ème heure.
Cette précision ramène au premier plan, la compréhension johannique sous-jacente à ce récit historique. C’était la préparation de la Pâque : l’heure à partir de laquelle on immolait dans le temple, les agneaux qui serviraient au repas pascal.

 Et il dit aux Juifs : « Voici votre roi ! »
Provocation de Pilate : il présente l’accusé, Jésus, avec le titre de roi ! Rien ne peut faire exploser plus ceux qui lui ont livré. Manière de se moquer de ces juifs. Voici votre roi… voici comment nous traitons votre nation. Moquerie, dérision adressée à ce peuple humilié.
Et par là, parole prophétique qui dépasse l’entendement de Pilate : oui, Jésus est le Roi-Messie attendu, libérateur de son peuple. Mais un Roi-Messie qui ne prend pas le pouvoir politique, un Roi-Messie qui n’a d’autre pouvoir que celui de l’amour, qui vient en serviteur. Toutes les conceptions de puissance s’effondrent face à cet innocent livré.

Seigneur, il nous faut contempler longtemps cette scène. Te laisser parler par ton silence, découvrir ta royauté qui n’est pas de ce monde. Dispose mon cœur à t’accueillir, à te reconnaître. Alors qu’éclate la bassesse du conflit entre Pilate et les chefs religieux Juifs, tu es là, manifesté dans l’humilité. Viens habiter nos jours.

mardi 11 octobre 2011

Voici

Reprise Jean 19, 1-11

Viens Esprit de Jésus,
sois la source qui murmure en nos cœurs assoiffés :
« Viens vers le Père ».
                  (Ignace d’Antioche)

Seigneur, tu es là livré entre nos mains. Nul n’a pouvoir sur toi, sinon celui que tu lui donnes. Tu ne t’imposes pas. Tu es là, librement, et tu consens à nos refus, à nos peurs, à nos condamnations.
Tu gardes silence face à qui ne veut pas entendre, tu partages la dérision et la haine que subissent tant de nos frères et sœurs aujourd’hui encore.

Aujourd’hui des innocents sont condamnés, des êtres brimés, tournés en dérision. Aujourd’hui tu es là, à leur côté, dans le silence, livré.
Jésus donne-nous de nous tenir à tes côtés, en nous tenant à côté de nos frères et sœurs les plus démunis, rejetés, bafoués.

Seigneur Jésus, ton amour pour le Père est plus fort que tout mal,
Viens en nos cœurs, sois l’amour en nous,
Que nous puissions traverser l’existence en fidélité à ton alliance, à ton don de toi-même

Seigneur Jésus,
Viens en nos vies, sois la patience en nous,
Qui guette l’aurore de ta victoire, et la hâte par le désir !

lundi 10 octobre 2011

Aucun pouvoir

Pilate lui dit alors : « A moi tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te relâcher et que j’ai le pouvoir de te crucifier ? » Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’avait été donné d’en-haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. »
          Jean 19, 10-11

Viens Esprit de liberté,
Viens Esprit défenseur,
Viens Esprit de vérité,
Conduis-nous toujours plus avant en l’accueil de la Parole

Pilate lui dit alors : « A moi tu ne parles pas ?
Pilate a pris peur devant la hargne des Juifs, il interroge Jésus, pour tenter de comprendre cette hargne sans doute. Et Jésus ne lui répond pas. Dehors les chefs religieux déchaînés hurlent, à l’intérieur, Jésus, humilié, bafoué se tait. Le contraste est saisissant. La vérité parle d’elle-même par le silence et la paix.

Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te relâcher et que j’ai le pouvoir de te crucifier ? »
Pilate s’étonne, il est là avec le pouvoir de décider de la vie ou de la mort de Jésus. Il a déjà vu défiler devant lui nombre d’accusés. Celui-ci ne semble pas réagir de façon habituelle. Il ne semble pas intimidé. Pilate lui rappelle son pouvoir.

Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si cela ne t’avait été donné d’en-haut.
Décidément, face à Pilate se tient un homme libre ! Jésus qui a échappé plus d’une fois à la mort en passant son chemin, tout simplement, sait que cette fois, sa vie est en jeu. Mais il sait aussi qu’elle est entre ses mains. Il lui suffirait de renier son Père, de proclamer qu’il est un imposteur, de donner raison à ses adversaires, pour que ceux-ci s’apaisent. Quel succès cela aurait été pour eux, si Jésus s’était mis à proclamer qu’il s’était trompé, s’il s’était mis à re-parcourir les routes de Judée et de Galilée en disant sa repentance, en invitant à se tourner vers les autorités religieuses en place pour tout ce qui concerne la foi. Pilate fait figure d’un piètre juge ! Jésus ne craint nullement de relativiser son pouvoir !

C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. »
Et voilà que c’est le juge qui se fait juger par l’accusé. Les rôles sont décidément inversés. Jésus en appelle à nouveau aux consciences.

Seigneur, donne-moi d’accueillir la vérité de ton message, aussi dérangeant puisse-t-il être. Donne-nous d’avancer librement à ta suite, quels que soient les obstacles sur le chemin. Que ton amour plus fort que la mort nous habite maintenant et toujours.