dimanche 7 juin 2026

Liturgie Saint-Sacrement A Jean 6, 51-58 ; Deutéronome 8, 2-3.14b-16a ; Psaume 147 (147 B), 12-13, 14-15, 19-20 ; 1 Corinthiens 10, 16-17 ;

Méditation

En cette Solennité du Saint-Sacrement, un mot de chaque lecture proposée par la liturgie peut retenir notre attention.

Ces mots pourraient refléter l’invitation du Seigneur, son désir pour nos vies.

De l’extrait du Deutéronome, je retiens le verbe « souviens-toi ! ».

Cet impératif du souvenir est essentiel.

Dans l’histoire du peuple d’Israël, quelques événements majeurs sont connus, célébrés et transmis.

Objets de la mémoire, de la célébration et de la transmission.

Libération de l’esclavage d’Égypte, passage de la mer et, en corollaire, don de la Loi.

Ces événements n’appartiennent pas seulement au passé, mais ils soutiennent le présent et sont porteurs de toute une Espérance pour l’avenir.

En effet, si Dieu a libéré son peuple de l’esclavage, Il le fera encore.

S’Il lui a fait traverser la mer, Il renouvellera ses prodiges.

S’Il a nourri son peuple de la manne, Il ne l’abandonnera pas.

« Se souvenir » nous conduit dans un chemin opposé à l’oubli, à l’ingratitude.

Se souvenir, c’est exprimer de la gratitude et, dès lors, relancer notre Espérance, pour nous-mêmes et notre monde.

En cette libération de l’esclavage, en cette traversée de la mer, en ce désert, Dieu est dispensateur de dons : don de la manne, don de l’eau, don de la liberté…

 

Dans le psaume, je retiens l’invitation du psalmiste « glorifie ! ».

« glorifier » ou célébrer le Seigneur, c’est reconnaître Ses œuvres.

Le psalmiste énumère une série d’actions de Dieu : « Il a consolidé… Il bénit… Il fait régner… Il rassasie… Il envoie… Il révèle… »

Un Dieu qui agit.

Comme dans le Deutéronome, un Dieu qui donne !

Pourrons-nous reconnaître les dons de Dieu en nos vies, en notre monde et Le célébrer, comme le psalmiste ?

 

Dans l’évangile, je pointe le mot « vie ».

L’extrait du chapitre 6 de l’évangile de Jean se situe dans un long dialogue entre Jésus et la foule, tantôt favorable, tantôt scandalisée par sa parole.

Je vous invite à relire tout le chapitre qui forme une belle unité.

Notre extrait raconte une confrontation.

Les Juifs qui écoutent Jésus sont scandalisés par sa parole : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel »

Rappelons-nous que, dans l’extrait du Deutéronome, Dieu lui-même était donateur de la manne, le pain du ciel.

Dès lors, si Jésus déclare qu’il est « le pain… descendu du ciel », les Juifs peuvent légitimement en déduire que Jésus se prend pour Dieu. D’où leur contestation.

Or, nous savons que Jésus reconnaît la place de son Dieu et Père, et qu’Il se nomme « envoyé de Dieu ».

Les Juifs ne comprennent pas non plus la parole de Jésus : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Ils ne comprennent pas l’expression, mais la saisissent en son sens littéral.

Or, dans le sillage de son Père, Jésus est donateur : Il offre « (sa) chair, donnée pour la vie du monde ».

En fait, « donner sa chair, sa vie, partager son existence », c’est ce que Jésus n’a cessé de faire pendant son ministère terrestre, lorsqu’il accueillait, guérissait, secourait…

En tous ces gestes et ces paroles, c’était sa vie qu’il rompait pour ses contemporains.

 

C’est alors que l’évangéliste étend la perspective et s’adresse à un public plus large.

Il ne s’agit plus tant des Juifs, contemporains de Jésus, que de l’église d’après Pâques, dont nous sommes.

Telle est la raison du choix de cet évangile en cette fête du Saint-Sacrement :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson »

La « chair » est le symbole de la Vie.

Jésus livre sa vie, pour que la Vie de Dieu soit partagée.

Il l’a livrée dans le don de Lui-même jusqu’au bout, dans ce don qui l’a conduit à la Passion et à la Croix.

Ce don de Jésus, nous le contemplons, à chaque Eucharistie, dans ce pain qui est rompu et qui nous est partagé.

La fête de Pâques nous a fait découvrir que la Croix n’était pas le dernier mot de Dieu : Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts ! La Vie a triomphé !

Cette Vie, dont Jésus est donateur, cherche à se donner, à se répandre, à se diffuser.

L’Eucharistie que nous célébrons aujourd’hui est le lieu où Jésus veut se donner.

Et, au-delà du Sacrement, Il nous invite à demeurer en Lui, à nous enraciner en Lui : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui »

Jésus nous partage Sa Vie… pour que nous partagions à notre tour notre vie.

Alors, notre vie pourra porter fruit ! Telle est la Bonne Nouvelle de ce jour…

 

Dans le Deutéronome et le psaume, Dieu est le donateur.

Selon l’évangile, dans le sillage de son Père, Jésus se donne… Et il nous entraîne dans son don !

Dès lors, de l’extrait de la première lettre aux Corinthiens, je retiens le mot « communion ».

L’apôtre Paul déploie la perspective en nous engageant sur la voie du don de nous-mêmes, mutuel… pour que cette Vie de Dieu se répande, se partage, là où nous sommes, là où nous vivons !

Dieu nous rend coopérateurs de Son projet, le don de Sa Vie au monde.

Laissons-nous rejoindre par l’invitation de Jésus, par le rêve de Dieu, que notre vie transmette Sa Vie à notre monde… qui en a tant besoin !

Sr Marie-Jean Noville le 6 juin 26

Aucun commentaire: