Liturgie 11e mardi TO-II Matthieu 5, 43-48 ; 1Rois 21, 17-29
Homélie
Pour faire un lien entre ces deux
lectures, je pense au Psaume 84 (85) : « Amour et Vérité se
rencontrent, Justice et Paix s’embrassent ». Elie sait bien qu’Acab est une
sorte de roi mafieux avant la lettre. Mais il va le trouver. Il va faire la
vérité avec lui. Cela donne des fruits d’ailleurs inespérés- ce qui n’est pas
toujours le cas !
Sa façon d’aimer Acab, c’est pour
Elie d’oser aller lui parler.
Aimer son ennemi ce n’est pas
éprouver le de l’affection pour lui. Ce n’est pas non plus chercher à l’excuser.
Ce serait jouer le jeu de son emprise.
Que cherche Jésus ? Sans
doute à délivrer du mal l’ennemi. Nous l’avons déjà entendu dans le Lévitique ce
matin : « Tu ne te vengeras pas. Moi, je suis le Seigneur ».
Jésus demande, invite à prier
pour son ennemi. C’est sans doute pour que le Seigneur lui-même vienne le
délivrer de sa violence. Mais le prier, c’est aussi chercher à délivrer les
autres, les victimes de cette violence, et les protéger. Et prier c’est
demander, sans doute aussi, d’être délivré soi-même de cette violence toujours
un peu tapie au fond de nous. Notre penchant à haïr.
Le Prieur de Thibirine, Christian
de Chergé, après sa rencontre tendue avec le chef d’un groupe Djihadiste disait :
« Mon Dieu, désarme-le », et puis il ajoutait : « mais je ne
peux demander cela que si je dis aussi :’’ Mon Dieu désarme-moi’’ ».
Et Etty Hillesum, devant l’horreur
du camp d’internement des Juifs où elle se trouvait, disait néanmoins qu’elle
ne se sentait pas haïr en retour. Ce serait ajouter de la haine à la haine et
rendre ainsi ce monde encore plus inhabitable qu’il ne l’est déjà maintenant.
Aimer dans la vérité et faire la
vérité, et faire la vérité sans violence, apprends-le-nous Seigneur !
Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le
16 juin 26
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