Liturgie de la Parole 24 juin Nativité de saint Jean-Baptiste Luc 1, 57-66.80 ; Isaïe 49,1-6 Psaume 138 ; Actes 13, 22-26
Dieu a été favorable
Homélie
Luc avait prévenu son destinataire
Théophile : 'je vais écrire pour toi un exposé suivi des événements qui se
sont accomplis parmi nous" (1,3). La
grossesse d'Élisabeth était annoncée. Elle
arrive à son terme pour le plus grand bonheur de la maman, de la famille et des
voisins. Quelle joie pour une femme de
sentir la vie grandir en elle ! Quel
bonheur plus grand encore de mettre au monde cette vie patiemment construite !
Le ravissement des nouveaux parents est d'autant plus contagieux que leur
entourage savait qu'ils ne pouvaient pas avoir d'enfant. Mais la miséricorde du Seigneur est sans
frontière, son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui jouent la
confiance. (1, 50)
La naissance de Jean-Baptiste
fut pour ses parents un événement inespéré.
Ils étaient âgés et à leurs yeux l'avenir ne devait plus leur offrir grand-chose.
Mais voilà qu'est survenu l'inconcevable : un fils. Déjà, de par sa naissance, Jean-Baptiste a
quelque chose à nous dire.
Un premier enseignement : Que
Dieu n'a pas encore dit son dernier mot dans notre vie et dans le monde. Lorsque l'on n'attend plus rien, Il a encore
de bonnes surprises à nous faire. Nous
sommes appelés à entendre ce message.
Dans nos vies, Dieu continue à faire de grandes choses.
Après les premiers jours d’extase, il faut passer à la phase publique :
déclaration de naissance et inscription du nom au registre. La circoncision est bien plus qu'une simple
étape administrative. Elle est le signe
de l'inscription de l'enfant dans une parenté particulière, celle qui vit de
l'Alliance conclue par Dieu avec Abraham
: {"Et toi, tu observeras mon alliance, de génération en génération : tous
les garçons devront être circoncis. Ce
sera le signe de l'Alliance entre moi et vous" }(Gn 17, 9).
Comment va-t-on appeler le petit ?
Tout le monde s'attend à ce que l'on perpétue un nom familial, comme le veut la
coutume. Pourquoi ne pas l'appeler
Zacharie, comme son père ? La réponse
d'Elisabeth est sans discussion : "Non, il s'appellera Jean" Son
entourage croit que la mère
divague. Alors il se tourne vers le père
toujours enfermé dans son mutisme. Si
Zacharie a perdu la parole, il a gardé toute sa tête. Il n'hésite pas à écrire sur une tablette :
"Son nom est Jean." Dans la conception de l'époque, le nom ne
désigne pas seulement un être mais il détermine aussi un projet. C'est pour cette raison que la fidélité au
patronyme est importante. Un changement
de nom marque donc un changement de destinée !
C'est ainsi qu'Abram devient « Abraham, le père d'une multitude ». Elisabeth signifie « maison de
Dieu ». Emmanuel signifie « Dieu
avec nous ».
Ce
ne sont pas les parents qui choisissent de s'écarter de la coutume en donnant
un nom original à leur enfant. C'est
l'ange du Seigneur qui a soufflé aux oreilles de Zacharie ce nom de "Jean"
(1, 13). Ce prénom est tout un
programme : Il signifie : Dieu a été favorable, Dieu aide !' Le message de l'Ange révèle une destinée
tout à fait inédite pour Jean-Baptiste.
La mission de Jean-Baptiste n'a pas été ni facile, ni de tout
repos. Il n'a pas connu que des succès
puisqu'il terminera sa vie en martyr. Jean-Baptiste a été audacieux dans sa
foi. Il a vaincu la peur. Cette attitude entraînera pour lui la mise en
prison et la mort.
Un deuxième enseignement qui devrait nous inspirer, à nous, qui
sommes envoyés dans le monde pour être les témoins et les messagers de ce Dieu
qui aime inlassablement tous les êtres humains, en particulier les pauvres, les
petits et les exclus.
Aujourd’hui,
notre mission est exigeante. Témoigner
de notre foi, reconnaître que nous existons aussi par notre relation à Dieu et
aux autres, c'est aller à contre-courant de la mentalité ambiante. Cette mission est souvent difficile. La vraie difficulté vient du fait que nous
nous heurtons tous les jours à des murs d'indifférence et des haussements
d'épaules. Cela finit par devenir décourageant
et épuisant. A ce moment-là, nous sommes
invités à prier le Christ pour qu'il nous donne force et courage en vue de vivre
notre foi et pour qu'il répande en nos cœurs l'amour qui bannit la peur.
Abbé STREBER Fernand, Hurtebise 24 juin 26
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