mardi 9 juin 2026

Liturgie 10e mardi TO-II Matthieu 5, 13-16 ; 1 Rois 17, 7-16

Méditation

« Le torrent où buvait le prophète Elie finit par être à sec ». C’est l’image de qui ne se nourrit plus de la Parole et du lien avec le Seigneur, ce qui est le cas du peuple et de son roi qui se sont détournés de Dieu en se tournant vers les idoles.

Puisqu’il n’y a plus moyen de vivre en Israël, le Seigneur envoie Elie à l’étranger et c’est une pauvre veuve que le Seigneur a chargé de le nourrir. Pas dans une grande ville, mais dans un petit endroit dont on ne parlera plus ensuite dans la Bible, autant que je sache, sinon en Luc 4, 24-26.

Cette veuve a faim, elle va mourir à cause de sa pauvreté. La sécheresse et la famine se font durement sentir. Pourtant elle a cette phrase magnifique « je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu » ! Elle reconnaît en Elie un Israélite dont le Dieu est vivant.

Cela m’a fait penser à la phrase de saint Paul dans la deuxième aux Corinthiens « Dieu… a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ » (2 Corinthiens 5,6).  Le Seigneur s’est déjà révélé à elle et elle l’a accueilli… ce qui met encore davantage en lumière le fait que le peuple d’Israël s’est détourné du Seigneur.

La réponse d’Elie paraît un peu égoïste : c’est un peu « sers-moi d’abord et ton fils et toi aurez ce qui restera ! » Mais elle est introduite par « n’aie pas peur » ! C’est une invitation à entrer dans la confiance. Et cette confiance ils vont la vivre tous les trois durant tout le temps de la sécheresse et de la famine : « Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie. » Autrement dit, c’est tous les jours qu’ils ont dû faire confiance que la petite provision ne s’épuiserait pas. Le Seigneur ne leur pas donné une grande réserve, mais la nourriture quotidienne.

Il agit de même avec nous, avec chacun : il nous donne sa Parole chaque jour et chaque jour je peux m’abreuver à cette source sans jamais qu’elle ne s’épuise.

 

Le lien avec l’Évangile ? Le sel et la lumière ! Elie, cette femme et son fils n’ont pas perdu leur saveur. Ont-ils rayonné autour d’eux ? Nous ne le savons pas.

Je vous cite quelques extraits du commentaire de Wolfgang Trilling, exégète catholique allemand (1925-1993):

Les versets qui précèdent immédiatement en Matthieu « ont montré de manière particulièrement évidente que rien ne sera épargné aux disciples, qu’ils devront se préparer aux tâches les plus rudes, aux fardeaux les plus lourds. La recherche du Royaume de Dieu n’apportera que des outrages et des persécutions. Mais si tout cela est accompli, les disciples seront « le sel de la terre »

(…) Le sel est comme une force intérieure de la nourriture, de toute la nourriture que nous prenons. (…) Comme la nourriture a besoin de sel, la terre elle aussi en a besoin, c’est-à-dire toute l’humanité. Elle attend d’être assaisonnée et fortifiée. C’est la vocation des disciples de le faire. S’ils réalisent ce qui vient d’être dit, s’ils sont doux et miséricordieux, s’ils sont artisans de paix et s’ils jubilent parmi toutes les persécutions, alors ils seront vraiment la force de cette humanité qui a perdu sa saveur.

(…) C’est une vocation élevée, glorieuse, pour le disciple lui-même et pour tous les hommes, d’être ainsi le sel de la terre. Mais c’est une vocation qui peut être manquée, qui peut perdre sa vigueur, qui peut se perdre dans l’indifférence, qui peut sombrer, qui peut ne plus servir à rien, qui peut être finalement l’objet du châtiment… » [1]…et ce fut le cas du peuple d’Israël au temps d’Elie.

Jésus invite donc ses disciples à rester vigilants !

L’autre image est celle de la lumière. En saint Jean, Jésus disait de lui-même qu’il est « la lumière du monde » (Jean 8,12). Ici il dit aux disciples qu’ils le sont ! Ils n’ont pas à s’en glorifier !  Ils ne le sont qu’en étant étroitement unis à Jesus… et en ne cachant pas la lumière sous le boisseau : une énorme mission et une responsabilité. Qu’elle ne nous écrase pas, mais qu’elle suscite notre désir de le laisser nous habiter de plus en plus profondément par Jésus. Car n’est-ce pas plutôt Lui qui agit et qui fait rayonner sa lumière par ses disciples ?

Seigneur que ta Parole nous fortifie et nous éclaire. Que, par Toi, nous ayons du sel en nous-mêmes. Que ta Présence illumine nos cœurs, nos vies, les fortifie et rayonne pour ta plus grande gloire et le salut du monde


Invitation au Notre Père

« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Par Jésus sel et Lumière du monde, nous nous tournons vers Toi, Père, pour te chanter en communion avec tous les chrétiens… Notre Père

Sr Marie-Christine le 9 juin 26

 



[1] W. Trillingl’évangile selon Matthieu, Desclée collection Parole et prière, Paris 1971, p.113-116

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