Liturgie 8e lundi TO-II Marc 10, 17-27
Méditation
Aujourd’hui nous reprenons le temps dit ordinaire avec l’évangile de St Marc au Ch. 10 qui nous rapporte un épisode bien familier celui du jeune homme riche.
Pour cette méditation, je me suis inspirée du commentaire du Nouveau testament par le pasteur Antoine Nouis.
L’homme qui s’agenouille devant Jésus a tout pour lui : il est jeune, riche et vertueux. Et pourtant il est en quête de quelque chose, il est en manque. Il demande : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Dans cette question il y a déjà une contradiction entre : « Que dois- je faire » et « avoir la vie éternelle en héritage ». Car un héritage on le touche, on le reçoit, il n’y a rien à faire sauf être.
Jésus énumère les différents commandements mais ce jeune homme vertueux les pratique depuis sa jeunesse et semble donc un peu déçu par cette réponse car il espérait en faire encore plus. Il me semble que Jésus l’est également : ce jeune a maîtrisé sa vie jusqu’à aujourd’hui et il voudrait aussi maîtriser son salut. Alors, « Jésus posa son regard sur lui et l’aima ». Ce n’est pas en raison de sa vertu que Jésus l’aime mais parce que celle-ci l’enferme en lui-même comme une carapace et Jésus veut la faire éclater. A la radicalité de la vertu du jeune homme – depuis sa jeunesse il observe les commandements - Jésus oppose une générosité radicale : « Va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres puis viens et suis-moi». Jésus lui propose de devenir disciple à la seule condition : celle de s’appauvrir pour être libre et s’attacher à lui seul.
Par la radicalité de cet appel le jeune homme touche à ses propres limites : de jeune homme vertueux il devient jeune homme triste qui se découvre incapable d’obtenir la seule chose qui lui manquait : avoir en héritage la vie éternelle.
Nous pouvons nous poser cette question : Y a-t-il encore des richesses qui m’empêchent de suivre pleinement Jésus et quelles sont-elles ?
Un passage du livre « Laisse Dieu être Dieu en toi » du père Jean-Marie Gueulette (1), dominicain, peut nous inspirer :
"Il est plus juste de parler de détachement que de renoncement. Se
détacher, c'est se libérer, c’est ne plus s'attacher ou être attaché. Si on n'y
pense, c'est une situation, une expression terrible, "être attaché".
« Rien ne doit échapper au détachement, au sens où rien, dans la vie chrétienne n'est à l'abri de l’idolâtrie. Nous sommes capables de nous attacher, de nous bloquer, de nous arrêter aussi bien dans le péché que dans l'extase. Pour être vraiment libre, il faut apprendre le détachement non seulement à l'égard de ce qui est mauvais, mais aussi de ce qui est bon et beau.
Dieu ne veut pas que nos cœurs soient encombrés de biens, car il veut y habiter comme notre seul bien. Le péché, c'est de le mettre en concurrence avec d'autres biens. Le principal problème, dans la vie spirituelle, est l'occupation de l'espace : s'il y a déjà du monde, plus personne ne peut entrer. Si notre coeur est plein, si notre vie ou notre agenda sont pleins, il n'y a plus de place pour Dieu. On ne peut rien verser dans un vase déjà plein d'eau."
Mais devant Dieu ce ne sont pas tes travaux qui comptent, c’est toi. C’est toi qui as du prix à ses yeux, et non pas ce que tu fais. Tu n’as rien à prouver devant Dieu, tu es son fils, sa fille.
Pose ton regard sur nous Seigneur, et fais-nous découvrir ce qui nous retient encore loin de toi. Que notre générosité à tout donner nous procure la joie de n’appartenir qu’à toi seul.
Sr Jean Baptiste le 25 mai 26
(1) J.M
Guellette, Laisse Dieu être Dieu en toi. p. 42-43. 55
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