lundi 11 mai 2026

Liturgie 6e lundi de Pâques Jean 15, 26-16,4a ; Actes 16, 11-15

Commentaire

Le livre des Actes nous propose de mettre en avant une femme dont on nous dit qu’elle s’appelle Lydie.  Ce fait n’est pas du au hasard. Il n’est pas un accident de l’histoire.  St-Paul rapporte un événement peu banal : « Le jour du Sabbat nous avons franchi la porte de la ville de Philippe en Macédoine pour rejoindre le bord de la rivière où nous pensions trouver un lieu de prière. » Certainement pas une synagogue puisque Paul vient de faire irruption en Europe, en Grèce, territoire païen, pour venir au secours des Macédoniens selon ce qu’il a perçu dans une vision.  « De Troas nous avons gagné le large et filé tout droit sur l’île de Samothrace puis le lendemain sur Néapolis (aujourd’hui Kavala) et ensuite sur Philippes » et c’est là que tout commence :

« Nous nous sommes assis et nous avons parlé aux femmes qui s’étaient réunies » Lydie, une femme d’affaire qui croyait au Dieu unique, écoutait avec passion.  Elle était toute ouïe et le Seigneur lui ouvrit l’Esprit pour la rendre attentive à la parole de Paul.

Après cela, elle fut baptisée et aussitôt, elle prend la parole et l’initiative courageuse de proposer à Paul et ses compagnons de venir loger chez elle.

« C’est ainsi qu’elle nous a forcé la main » dira Paul et moi je dis qu’elle force le respect et c’est peut-être aussi pour cela que Paul et les siens se laissent convaincre par cette femme.

Nous pouvons remarquer que l’annonce de la Bonne Nouvelle sur le territoire Européen est comme l’annonce de la résurrection. Elle est d’abord faite aux femmes.

Y-aurait-il vraiment un désir profond et une intuition, une perception féminine qui serait première dans le cœur d’une femme, dans les entrailles là où la vie est accueillie et mise au monde ? Ce qui arrive à Lydie est à rapprocher de ce qui s’est passé pour Marie. Une écoute attentive et un « oui », une adhésion au projet de Dieu d’où son baptême.

Evidemment, sans l’audace première de Paul à entrer dans une vie Nouvelle, sans son écoute, son intuition et son obéissance, nous ne pourrions comprendre la promesse de Jésus dans son discours d’adieu dont quelques mots nous sont rapportés dans l’Evangile de Jean.

Jésus avant l’ascension est au milieu des disciples, ou devant, les entraînant par son énergique « Suivez-moi, je suis le chemin, la vérité et la vie ». Puis il fait cette promesse : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je vous enverrai l’Esprit-Saint, l’Esprit de vérité qui vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit »

Jésus, après l’Ascension, se situe au cœur des disciples et les inspire par son Esprit pour devenir ses collaborateurs.

Comme Paul nous pourrions dire : « Il faut y être passé pour savoir ce que c’est ! »  S’il n’y a pas d’abord quelqu’un qui me dit que je suis quelqu’un !

Le langage et la trajectoire de Jésus c’est pour chacun d’entre nous. Paul a mis son assurance dans la présence du Christ. Nous venons d’entendre que Lydie fait de même.  Quant à nous, ce qui va nous permettre de devenir plus humain c’est de nous risquer et mettre notre confiance en quelqu’un qui nous aime, qui m’aime personnellement malgré mes faiblesses et mes pauvretés.

Je découvre alors quelque chose que je ne soupçonnais pas, je découvre que je jaillis à chaque instant. C’est une expérience humaine qui ne s’impose pas.

Il suffit d’accueillir cette unique expérience. Cela nous entraîne à oser suivre Jésus en tout lieu, là où investis intérieurement par lui nous annonçons cette Bonne Nouvelle par proclamation et témoignage, c’est-à-dire notre manière de vivre.

 

Invitation au Notre Père

Nous avons cette intuition profonde qu’une seule chose est nécessaire, la meilleure par qui ne nous sera pas enlevée :  écouter la Parole de Dieu et vivre avec Jésus dans l’élan des inspirations de l’Esprit puis de nous jeter en Dieu en osant crier « Abba » ou lui dire tout simplement Notre Père…

Raymond le 11 mai 26

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