mercredi 25 mai 2022

Liturgie de la Parole, 6e mercredi du Temps pascal

 (Isabelle)

 

Introduction - Mémoire de Saint Bède le Vénérable

Si vous le permettez, aujourd’hui, je vais commencer par une petite devinette : Quel est le point commun entre Harry Potter, Travis le dresseur de Pokémon et le Pape François ?

 


Saint Bède le Vénérable, bien sûr !

 Je vous explique :

-       Je ne dois sans doute pas vous présenter le jeune Harry Potter, le seul sorcier au monde à avoir résisté au sortilège de la mort. Dans le premier film[1], on nous présente la salle de classe de son école des sorciers de Poudlard : c’est la salle capitulaire de la cathédrale de Durham[2]. Cette cathédrale du NE de l’Angleterre est le monument le plus vaste et le plus impressionnant de l’architecture normande britannique ; elle a été construite à la fin du XIe siècle pour abriter les reliques Saint Bède et Saint Cuthbert. C’est dire l’importance de ces personnages et du monachisme bénédictin primitif en Angleterre ! C’est là j’ai rencontré pour la première fois Saint Bède le Vénérable. C’était un vendredi soir ; dans la ville, les étudiants fêtaient la fin du premier trimestre et les enfants des écoles primaires chantaient leur concert de Noël à la cathédrale. J’étais placée près de la chapelle de Galilée accueillant le tombeau de Bède.

-       Travis le dresseur de Pokémon[3] : En anglais on l’appelle Bède, prononcer (/biːd/ BEED). Il présente pas mal de caractéristiques communes avec le Vénérable : placé dès l’enfance à l’éducation d’autres, il acquiert très facilement des compétences multiples. C’est un vrai génie en tout !  Il est fidèle à ses engagements, s’efforce d’accomplir sa mission dans la confiance. Bede le dresseur de Pokémon mérite bien son nom - notez qu’il est beaucoup moins discret que notre Bède.

-       Le Pape François, lui, a choisi comme devise : « miserando atque eligendo », trois mots tirés d’une homélie de Saint Bède commentant la vocation de Saint Matthieu[4] (Hom. 21; ccl 122, 149-151) : « Jésus vit un publicain et comme il le regarda avec un sentiment d’amour et le choisit (miserando atque eligendo), il lui dit : Suis-moi ».

 St Bède fut l’un des principaux érudits du Moyen-âge,  et, indirectement - vous l’avez compris avec la devinette -, il reste présent à des millions de personnes aujourd’hui, même si elles ne s’en rendent pas compte. Nous qui en savons un peu plus, nous nous rappelons aujourd’hui sa contribution à notre foi, à notre Eglise, à celle de la Grande Bretagne. Saint Bède a été un moine bénédictin fidèle, humble, un travailleur invétéré. Il nous a légué de nombreux ouvrages en anglais, en particulier son « Histoire ecclésiastique de la nation anglaise », qui a fait connaître les premiers pas de l’Eglise britannique. Nominis[5] écrit : « L'Eglise dont Bède fit le portrait se caractérisait par sa catholicité, sa fidélité à la tradition et son ouverture au monde, mais aussi par sa recherche de l'unité dans la diversité (...), par son apostolicité et sa romanité ». De quoi nous interpeller. De quoi nous faire rêver ! Bède a laissé aussi une série d’homélies sur les évangiles de Luc et Matthieu ;  nous pouvons en lire quelques-unes, en français, dans un ouvrage de traductions dirigé par le Père Henri Delhougne de Clervaux– le monde est petit. Il a aussi donné à la postérité sa formule de calcul de la date de Pâques.  Saint Bède le Vénérable est monté au Père la veille de l’Ascension. Une journée comme aujourd’hui. Quand je vous disais qu’il nous est présent au quotidien !

 Après cette longue introduction, entrons en prière avec les psaumes puis mettons-nous à l’écoute de la Parole de Dieu.

 Méditation - Jn 16, 12-15

 Retenons de cet évangile que le Christ ne nous a pas tout dit, que nous n’aurons jamais fini de « saisir Dieu », et qu’il nous appartient de continuer la route à ses côtés. Vivons et témoignons de son amour.

Retenons que le Christ annonce la venue de l’Esprit qui nous conduira dans la vérité. « Dans » et pas « vers »  la vérité. C’est Lui, Jésus, qui est la Vérité de Dieu. Le mode « don » selon lequel Dieu existe, nous l’avons reçu. Vivons et témoignons de ce don.

Retenons enfin de ce texte de Jean que le Père a tout donné au Fils et que le Fils a donné sa vie, comme le Père le voulait.  Ce que Jésus vit dans le Père, ce que le Père vit dans son Fils, ce qu’ils vivent ensemble dans un même Esprit, nous y avons part. C’est dans cette expérience filiale que nous nous ancrons. Le reste est le travail de l’Esprit : « Ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » (Rm 8, 14), ceux-là s’ouvrent au mystère de la Trinité. Vivons et témoignons en Fils de Dieu.

 Prière finale

 Nous nous tournons vers le Seigneur avec une prière que nous a laissée Saint Bède[6] : « Poursuivons notre marche sur les pas du Seigneur, autant que nous le pouvons, et prions Dieu le Père de nous conduire par la grâce de son Esprit sur le chemin de la foi droite qui produit son effet par l'amour. Et pour mériter d'obtenir les biens que nous désirons, appliquons-nous à n'être pas indignes d'un Père si grand. Bien plus, gardons toujours intact, dans une âme et un corps purs, le sacrement de notre renaissance baptismale qui a fait de nous des fils de Dieu. Par Jésus-Christ notre Seigneur qui vit et règne avec lui, Dieu dans l’unité du Saint Esprit, pour tous les siècles des siècles. Amen.»



[1] Harry Potter à l’école des sorciers, film sorti en 2001, adapté du roman du même nom de JK Rowling, publié en 1997.

[3] Les Pokémon sont des animaux imaginaires qui vivent en harmonie avec les humains. Ils possèdent des capacités extraordinaires que valorisent les hommes qui vivent avec eux. Ils ont ravi nos enfants depuis 1996 et ravissent encore aujourd’hui nos petits-enfants. Qui n’a pas entendu parler de Pikachu ?

[4] C’est le jour de la fête de saint Matthieu que le jeune Jorge Bergoglio fit l’expérience de la présence pleine d’amour de Dieu dans sa vie et s’est senti appelé à la vie religieuse, à l’exemple de saint Ignace de Loyola.

[6] Homélies, 14 de St Bède le Vénérable in Les Pères de l’Église commentent l’Évangile, trad. dir. H. Delhougne, Abbaye de Clervaux, Brepols, 1991, p. 425.

 

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