dimanche 9 octobre 2011

Pas de réponse...

Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une loi et selon la loi il doit mourir, parce qu’il se fait lui-même fils de Dieu ». Alors quand il entendit cette parole Pilate fut encore plus effrayé et il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse.
                   Jean 19, 7-9

Viens Esprit de vérité, conduis-nous à Jésus
Viens Esprit de sainteté, enseigne-nous tes chemins
Viens Esprit de paix, creuse en nous l’écoute du cœur.

Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une loi et selon la loi il doit mourir, parce qu’il se fait lui-même fils de Dieu ».
La loi donnée par Dieu pour la vie de l’homme, devient un appui pour tuer !  L’accusation des chefs religieux juifs est claire : Jésus se fait fils de Dieu. Telle est leur perception de Jésus, et cela leur est insupportable, cela ne rentre pas dans le cadre de leur compréhension de leur foi, et ils refusent de mettre cette compréhension en question. En fait leur erreur, est de penser que Jésus se fait fils de Dieu, ce qui serait de la part de Jésus une prétention exhorbitante. En fait, Jésus est fils de Dieu !

Alors quand il entendit cette parole Pilate fut encore plus effrayé
En quoi cela peut-il effrayer Pilate ? Jusqu’ici Pilate semblait mener la danse, en se moquant des Juifs par personne interposée. En faisant fouetter Jésus et en le présentant à la dérision sous son manteau de pourpre et la couronne, c’est de la nation juive qu’il se moquait, montrant comment il traitait leur roi ! Se laisserait-il atteindre par le mystère de la personne de Jésus, soupçonnerait-il soudain, que derrière cet homme aux allures si démunies, il y a un homme dont la personnalité, l’identité véritable lui échappe.  

et il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse.
C’est bien la question : d’où vient cet homme d’apparence si minable, mais qui déchaine de la part des chefs religieux juifs une telle haine ? Pilate serait-il enfin prêt à entrer dans son rôle qui est de juger en vérité et non de céder aux pressions, aux rivalités des pouvoirs ? Mais Jésus ne répond pas. Pourquoi ce silence ? Jésus ne se laisse saisir que par sa vie, et non en assénant une vérité qui s’impose. Il propose la foi, jamais ne l’impose. Il ne cherche pas à se justifier, à se prouver. Il est.

Seigneur, fais résonner en moi ce silence. Que je t’accueille vraiment, tel que tu te donnes.  

samedi 8 octobre 2011

Voici l'homme

Et Pilate sortit à nouveau dehors et il leur dit : « Voici, je vous l’amène dehors pour que vous connaissiez que je ne trouve aucun délit en lui ». Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Et il leur dit : « Voici l’homme ». Quand donc ils le virent, les grands-prêtres et les subalternes crièrent en disant :  « Crucifie ! Crucifie ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et crucifiez ! Moi, en effet, je ne trouve aucun délit en lui. »
     Jean 19, 4-6

Viens Esprit de justice et de paix,
Viens Espérance et salut des hommes,
Viens porter ta clarté en notre nuit.

Et Pilate sortit à nouveau dehors
A nouveau dehors… le cirque continue, entre ces hommes qui veulent rester purs pour célébrer la Pâque, et ce pseudo-chef qui va et vient. Il va dehors, si le prétoire est le lieu où il devrait rendre justice, dehors semble ici être le lieu de l’injustice totale.

et il leur dit : « Voici, je vous l’amène dehors pour que vous connaissiez que je ne trouve aucun délit en lui ».
Jésus à son tour est amené dehors, comme jeté à la haine des chefs religieux. Mais le motif de Pilate : montrer qu’il ne trouve en lui aucun délit. Cette double mention encadrant le fait qu’il le fait fouetter en dit long sur le peu de justice dans ses pratiques.

 Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Et il leur dit : « Voici l’homme ».
Non point on amène Jésus dehors, mais Jésus sortit. Comme s’il avançait souverainement libre, au milieu de cette scène de mascarade. Il vient revêtu des attributs royaux conférés par les soldats en dérision. Il vient d’être fouetté. Quel visage a-t-il alors ? La proclamation : « voici l’homme », est toujours attribuée à Pilate. Mais le texte grec laisse en fait un flou à ce propos. On n’imagine pas Jésus prononçant ce mot, donc on l’attribue à Pilate. Mais le fait que l’évangéliste laisse un « il dit » sans précision, est peut-être signe qu’aux oreilles de Jean cette déclaration vient d’ailleurs. Que l’Esprit parle en usant de la bouche de Pilate, pour désigner celui qui vient sauver son peuple. Pilate se moque des chefs religieux, en tournant en dérision celui qui aurait eu une prétention de roi ! L’Esprit désigne par devers lui, l’élu de Dieu.   

Quand donc ils le virent, les grands-prêtres et les subalternes crièrent en disant :  « Crucifie ! Crucifie ! »
Aucun délit ? alors pourquoi cette haine ? Pilate semble les avoir excités plus que calmés. Il n’y a pas d’objet au verbe « crucifie », comme si les grands prêtres se refusaient même à encore considérer Jésus comme un humain, portant un nom, ayant un être propre. Mépris total qui ne considère même plus l’objet du mépris comme digne d’être nommé !

Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et crucifiez ! Moi, en effet, je ne trouve aucun délit en lui. »
Pilate continue à se moquer des chefs, il sait très bien, qu’il n’est pas en leur pouvoir de crucifier quelqu’un. Cette condamnation est réservée aux Romains. Lui, seul, Pilate peut prononcer une telle sentence. Et devant les chefs religieux, il fait sentir son pouvoir !
C’est une querelle de chefs, une querelle de pouvoir,… et au milieu : Jésus, l’homme, fils de Dieu, jouet de ces êtres sans scrupules.

Seigneur, il n’y a pas de mot. Laisse-moi seulement te contempler, toi, traversant nos obscurités, traversant l’adversité totale, libre et désarmé.

vendredi 7 octobre 2011

Fouetté

Alors, Pilate prit Jésus et le fit fouetter. Et les soldats, tressant une couronne avec des épines, la posèrent sur sa tête, et ils l’enveloppèrent d’un manteau de pourpre. Et ils venaient vers lui et disaient : « Salut le roi des Juifs », et lui donnaient des coups.
             Jean 19, 1-3

Viens Esprit de paix et de douceur,
Viens Esprit de pardon et de réconciliation
Viens Esprit de compassion,
Eveille nos cœurs à ton amour

Alors, Pilate prit Jésus et le fit fouetter.
Absence de jugement, absence de condamnation, pour cause d’absence de délit… mais la conclusion est pour le moi folle : non point libération, mais châtiment. Il le fait fouetter. Pourquoi ? Il cède à la pression des Juifs ? Ou il se moque d’eux en traitant ainsi celui qu’il va leur présenter comme leur roi, et il tente d’humilier une nation à travers Jésus ? Toujours est-il que cette violence est gratuite, injuste…

Et les soldats, tressant une couronne avec des épines, la posèrent sur sa tête, et ils l’enveloppèrent d’un manteau de pourpre. Et ils venaient vers lui et disaient : « Salut le roi des Juifs », et lui donnaient des gifles.
Jésus livré aux mains d’une garnison en manque de divertissement ? Jésus livré à la moquerie, à la raillerie, à la violence verbale et physique. Elles sont dures ces lignes, et nous ne savons que trop bien toute la barbarie dont notre humanité est capable, toute la barbarie dont elle se rend coupable aujourd’hui encore.
La moquerie est centrée sur la royauté, royauté tournée en dérision. Mais oui, Jésus est roi, mais pas à la manière des hommes, mais pas pour ce monde de violence et d’injustice. Roi doux et humble, serviteur…

Et personne pour arrêter cet engrenage de la violence, personne pour se dresser et réveiller les consciences… personne. Dieu livré.

Aujourd’hui, je regarde ce prix de l’amour, cette voie de l’amour que Jésus a empruntée, jusqu’à en être ainsi traité. Qui donc es-tu Seigneur, pour nous aimer ainsi ? Je dépose devant toi tant d’innocents ainsi bafoués aujourd’hui, rejoins-les Seigneur, en ton amour plus fort que la mort. Aide-nous à hâter le jour, où tu seras tout en tous, où ton règne de justice et de paix l’emportera sur toute violence, toute haine. Je te contemple désarmé, livré, permets que je partage ta peine et ton offrande. Je te contemple abandonné à l’amour du Père, permets que je partage cette confiance.

Il n’y a pas de mots devant une telle barbarie, donne-moi seulement d’être avec toi, comme tu es avec moi.

jeudi 6 octobre 2011

Livré

Jean 18, 28-40  reprise

Viens Esprit de Jésus, traverse-moi de ta vie de ton amour,
Viens Esprit de Jésus habite mon existence de ton Souffle de vie,

Seigneur quand je relis ces versets, je suis impressionnée. Quelle légèreté dans la manière de te condamner ! Et en cela tu rejoins un cortège innombrable d’innocents bafoués, accusés, condamnés. Et  quelle souveraineté, quelle liberté en ta manière tranquille de persévérer en ta mission, A aucun moment tu ne te renies, tu ne dévies de l’appel que t’a lancé le Père. Sans provocation, mais avec humble fidélité, tu tiens l’annonce du Royaume, tu partages l’amour du Père.

Seigneur, je te confie tous les souffrants d’aujourd’hui, qu’ils trouvent en toi un appui, qu’ils reçoivent ta force tranquille.

Seigneur, je te confie tous les croyants, que nous soyons à ta suite, témoins de l’amour, en toutes circonstances.

Tu as donné ta vie pour nous, apprends-nous à donner notre vie pour nos frères et sœurs.
Tu as donné ta vie pour nous, tiens nous dans l’émerveillement de ton amour. Que ta vie porte fruit en nous, pour ta joie, pour ton Royaume, pour la joie du Père.

mercredi 5 octobre 2011

Pas lui, Barabbas

Et ceci dit de nouveau il (= Pilate) sortit vers les Juifs et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun délit. Il est pour vous un usage que je relâche pour vous quelqu’un lors de la Pâque, voulez-vous donc que je relâche pour vous le roi des Juifs ? » Ils hurlèrent donc à nouveau disant : « Non pas celui-ci, mais Barabbas. Et Barabbas était un brigand.
                Jean 18, 38b-40

Viens Esprit de vérité, viens clarifier nos consciences
Viens dévoiler les mobiles secrets, et manifeste que tu es Dieu en nos vies

Et ceci dit de nouveau il (= Pilate) sortit vers les Juifs
Etrange va et vient de celui qui détient le pouvoir. On aurait attendu qu’il siège à la place du juge, et fasse défiler devant lui les diverses parties : accusateurs, accusés, témoins… Non c’est lui, qui va d’un à l’autre…

et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun délit.
On ne peut être plus clair. Et cette parole il la prononce avec insistance : moi, je… Il va à l’encontre de l’opinion de ceux qui l’ont livré. Il devrait aller au bout de son constat, et relâcher Jésus puisqu’il le déclare innocent… Ce n’est pas exactement ce qui se passe. Il utilise Jésus comme un jouet en sa main, pour manifester son pouvoir face à ces chefs religieux. Les grands font sentir leur pouvoir avait dit Jésus !

 Il est pour vous un usage que je relâche pour vous quelqu’un lors de la Pâque, voulez-vous donc que je relâche pour vous le roi des Juifs ? »
Si Jésus est innocent comme il l’annonce, il ne devrait pas proposer de le gracier comme un coupable peut l’être ! Il utilise l’appellation roi des juifs pour désigner Jésus, manière sans doute de provoquer son auditoire ! Par trois fois revient le « pour vous » en cette phrase. Pilate rappelle une coutume juive, on aurait plutôt attendu que cette coutume soit rappelée par les Juifs eux-mêmes. Il est attentif au moment du calendrier religieux des Juifs ; c’est la Pâque. Mais il semble utiliser sa mémoire et sa connaissance pour provoquer au maximum les Juifs, leur montrer qu’ils sont comme jouets en sa main, eux aussi.

 Ils hurlèrent donc à nouveau disant : « Non pas celui-ci, mais Barabbas. Et Barabbas était un brigand.
La provocation a joué son rôle. La réaction est à la mesure : ils hurlent ! Et réagissent au quart de tour pour demander la grâce pour un autre condamné, pour lequel Jean ne donne guère de détails. Barabbas était un brigand ! Un brigand leur semble moins dangereux, que ce Jésus. Est-ce ironie, ce brigand porte un nom araméen, qui signifie « fils du père » ! Les chefs religieux, choisissent la liberté pour ce « fils du père », et la condamnation pour le véritable Fils, celui qui n’a cessé au long de sa prédication de pointer le regard vers celui qui l’a envoyé, vers son Père.

Seigneur, il y a quelque chose d’insupportable en ce genre de scène. C’est toute la manigance dont nous sommes capables qui transpire en ces versets, une manigance qui est lutte de pouvoir, mensonge (qu’est-ce que la vérité, avait soupiré Pilate !) pour parvenir à ses fins. Et dans cette lutte, c’est un innocent qui paie. C’est toi, Seigneur qui paie. Je vis ce jour avec toi, avec toi qui est aux cotés de tous les innocents d’aujourd’hui, qui partage leur condamnation. Seigneur prends pitié.