jeudi 10 juillet 2025

Liturgie de la Parole 14e jeudi TO-I

Lectures Genèse 44, 18...29, 45, 1-5, Matthieu 10, 7-15

Introduction

Dans la lecture de la Genèse, on voit les frères de Joseph s'adresser au « seigneur » qui n'est autre que Joseph, le frère qu'ils ont vendu jadis et dont le papa croit que des bêtes sauvages l'ont attaqué. Joseph demande des nouvelles de son père et puis se fait reconnaître à eux. Il leur a pardonné « ne vous affligez pas de m'avoir vendu, c'est pour vous conserver la vie que Dieu m'a envoyé ici ».
Dans l'évangile d'aujourd'hui, Mathieu nous rapporte les paroles de Jésus qui envoie les apôtres en mission. Il nous donne les consignes, ce qu'il ne faut pas ou ce qu'il  faut faire. « Proclamez ! Guérissez ! Purifiez, donnez ! Etc.
Pour commencer cette célébration, saluons Dieu en le glorifiant par les psaumes !

Commentaire

La première consigne « proclamez que le royaume est proche », ce mot « proche » ne signifie pas que le royaume est proche dans le temps, qu'il arrive mais ça signifie qu'il est près de nous, au milieu de nous... Se plaindre ou critiquer le monde, là où se trouve le Royaume, ce n'est pas annoncer la Bonne Nouvelle. Témoignons plutôt de notre espérance et de l'amour de Dieu.
Les apôtres n'emportent rien, car ils n'ont besoin de rien, seulement d'une grande confiance en Dieu et aux autres. « l'ouvrier mérite sa nourriture ». Ils seront accueillis pour les services rendus...
« Donnez gratuitement » donnez une part de vous-mêmes par des actes et non par des paroles. 
Lâcher prise, se laisser accueillir, oser la dépendance vis-à-vis de ceux qui les accueillent, même si il y a plus de joie à donner qu'à recevoir, accepter l'hospitalité. 
« Votre paix viendra sur la maison qui vous reçoit » la paix qui n'a rien à voir avec la fin d'une guerre mais qui est plutôt une certaine joie sereine, une « plénitude » disait un prêtre un jour dans son homélie. 
Et si on ne vous accueille pas, ne vous découragez pas !
Dans notre quotidien, il nous arrive de rencontrer des gens fermés, butés, qui refusent d'entendre... 
« Secouez la poussière de vos pieds » dit Jésus, ne vous encombrez pas d'échecs, la paix revient sur vous, sur nous.
Jésus nous invite donc à nous mettre en route, comme les apôtres qui étaient pourtant des personnes ordinaires. Se mettre en route, quitter nos habitudes, nos idées préconçues, ne rien emporter, nous désencombrer, accueillir, mais aussi nous laisser accueillir. Il nous invite à nous déposséder de tout, de tout moralisme ainsi il ne nous restera qu'à nous donner...
Nous avons toute une liste de consignes, la route est longue. Pourtant, Jésus ne nous demande pas l'impossible, il nous juge capable de partir en mission dans notre quotidien, il nous accompagne, il maintient une relation d'amour avec nous.
Sur les chemins de crête, « il faut apprendre à marcher léger... mais bien les pieds sur terre, pour ne pas empêcher la rencontre du ciel en moi, du ciel autour de moi, du ciel si loin qui m'appelle au-delà de moi. » (Sr Marie-Raphaël dans « Chemins de crête »)

Invitation au Notre Père

Seigneur, à toi qui donnes et qui pardonnes, nous osons t'appeler Père et te chanter la prière apprise par Jésus.

Danièle F


mercredi 9 juillet 2025

Liturgie de la Parole, 14e mercredi TO-I Matthieu 10,1-7 ; Genèse 41,55-57; 42, 5-7a. 17-24a 

Ouverture

Bonjour, bienvenue à cette célébration de la Parole. Le Seigneur nous invite, il nous prie d’ouvrir nos cœurs à sa Parole. Écoutons son appel, écoutons, au profond de notre cœur, Jésus prononcer notre nom, pour nous inviter à partager sa mission. 

Méditation de la Parole 

Avec les extraits de la Genèse reçus aujourd’hui, Dieu nous invite à la fraternité. Comme André Wénin nous l’a commenté en long et en large, je ne vais pas y revenir, si ce n’est pour nous inviter à nous souvenir, que notre Dieu est un Dieu d’alliance. Dès le premier testament, il nous invite à vivre la communion avec Lui, la fraternité entre nous. La fraternité n’est pas une option facultative si nous voulons vivre notre foi. Elle est un incontournable. Et la Genèse nous dit qu’il faut savoir en payer le prix ! Celui d’un pardon et d’une confiance sans cesse renouvelés. 
Si nous n’avions célébré st Benoît hier, nous aurions entendu les versets d’évangile qui précèdent juste l’évangile reçu maintenant. Comme ces versets nous disent le contexte de l’appel des apôtres, je vous les relis : Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.     Priez donc le maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. ».  Nous pouvons nous laisser toucher par ce constat qui prend Jésus aux entrailles : les foules sont comme des brebis sans berger. Autrement dit, elles n’ont pas encore accueilli le Seigneur, comme leur berger. Et loin du Seigneur, elles sont désemparées, abattues. Alors suit l’invitation que Jésus nous lance, invitation d’abord à la prière. On aurait attendu : le troupeau est grand, mais les bergers sont peu nombreux, priez donc le propriétaire des moutons, d’envoyer des bergers pour son troupeau. Et bien non ! il y a un seul pasteur. Le Christ. Et Jésus invite plutôt à demander des ouvriers pour la moisson. Pour nourrir le troupeau, il faut une moisson. Et Jésus ne demande pas des semeurs, il est le Semeur, il demande des ouvriers pour la moisson. Des personnes expérimentées, qui auront le regard assez profond, pour discerner les fruits déjà là, au cœur de la vie de ceux qu’ils rencontrent. Et c’est alors, que Jésus appela les douze pour les envoyer. Les appelant non en tas, mais chacun par son nom. Oui, si vous priez que Jésus envoie des ouvriers… écouter bien dans le silence de votre cœur ! vous risquez bien d’entendre votre nom retentir, Jésus vous appelle, vous confie une mission. Mission limitée, comme le premier envoi des disciples était limité aux brebis perdues de la maison d’Israël. Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, il doit témoigner non de la toute-puissance, mais de la présence du Royaume, à travers même sa fragilité. Faisons silence, écoutons le Seigneur qui invite. Ecoutons-le prononcer notre nom. Et qu’il nous fasse la grâce d’y répondre. 

Invitation à la prière du Notre Père

Jésus quand tu nous invites à la prière, tu nous en donnes aussi les mots. Aussi avec toi, nous voulons redire cette prière que tu nous as confiée : Notre Père…

Prière de conclusion 

Seigneur Jésus, tu es notre force et notre espérance, aujourd’hui nous t’entendons au profond de notre cœur, tu prononces notre nom, et nous invite à être collaborateurs de ton œuvre. Que ton Règne, ta présence parmi nous soit notre joie. Permets qu’avec ta grâce nous hâtions la venue du jour où tu seras tout en tous. Nous te le demandons à toi qui vis et règne avec le Père, dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. 

Sœur Myrèse écrit le 12 juillet 2023


mardi 8 juillet 2025

Liturgie de la Parole 14e mardi TO-I

Méditation d'Isabelle et Mathias

Un ouvrier pour la moisson (Matthieu 9, 32-38)

https://www.la-licorne-medite.be/post/un-ouvrier-pour-la-moisson 

Lectures du jour : Genèse 32, 23-32, Psaume 16, Matthew 9, 32-38

Pas de texte écrit d'avance ce 8 juillet, pour cause de commentaire "en live" avec Mathias, 8 ans. Je n'ai pas enregistré le contenu de notre échange, hélas... mais mon youtubeur en herbe, lui, a bien planté le décor...

J'avais demandé à Mathias, en préparation, de lire le texte de l'Évangile du jour et de souligner les mots qui attiraient son attention soit parce qu'il les trouvait importants, soit parce qu'il ne les comprenait pas. Il a souligné "possédé", "sourd-muet", "les pharisiens disaient", "synagogues", "Évangile du Royaume", "guérissant toute maladie", "Acclamons la Parole de Dieu". J'ai rapidement vérifié pourquoi il avait souligné ces mots et lui ai expliqué le principe de notre intervention : je pose des questions sur ce qu'il a marqué et il répond brièvement. Pas davantage de préparation, pour garder la fraîcheur de l'enfance. Risque calculé 😋

Nous sommes montés à l'ambon. Le gaillard tremblait un peu. Il a grimpé sur le tabouret à côté de moi. Puis j'ai présenté notre démarche : on peut proclamer la Bonne Nouvelle à deux !

Possédé :

"Mathias, le premier mot de l'évangile que tu as souligné dans l'Évangile est : possédé."

Mathias : "Un possédé c'est quelqu'un qui fait des trucs chelous. Chelou, ça veut dire bizarre. Comme par exemple tuer des animaux, faire des sacrifices avec plein de sang et tout ça..."
Moi, à l'assemblée : "Chelou c'est louche, en verlan (à l'envers)."

Sourd-muet :
"Le deuxième mot est : sourd-muet"
Mathias : "lI y a des gens qui naissent sourds et muets. Il y en a qui deviennent sourds ou muets après une maladie ou après un accident. Et puis il y a ceux qui ne sont pas vraiment sourds mais qui n'écoutent pas ou qui font semblant de ne pas entendre. Par exemple, mon papa, quand il était petit, quand Papichou lui disait "A table", il continuait à jouer. Mais quand Papichou disait tout bas "tu veux du chocolat", il arrivait tout de suite."
Moi à Mathias : "Il y a donc sourd et sourd... Nous voici ainsi avec un mec chelou qui n'entend pas et ne parle pas. On le présente à Jésus. Et il se retrouve capable d'entendre, de parler et de changer sa manière de faire. 
"Remarque que ce n'est pas lui qui vient à Jésus. Il est dit qu'on le présente à Jésus... C'est important, le rôle des autres pour présenter quelqu'un à Jésus.
"

Les pharisiens disaient :

"Les foules n'ont jamais rien vu de pareil. Et les pharisiens..."
Mathias : "Ils sont méchants. Ils disent que Jésus est le chef des démons, mais ce n'est pas vrai."
Moi : "C'est un peu court de classer les gens en gentils et méchants [1]. Il existe des mots pour dire sa pensée avec plus de nuances. Que veux-tu dire ?
"
Et Mathias de préciser que les pharisiens ne comprenaient pas ce qu'il se passait. "Eux, ils parlaient pour dire que des bêtises sur Jésus".

Synagogues :
"Le texte nous dit ensuite que Jésus continue son chemin de ville en village, qu'il enseignait dans les synagogues..."
Mathias : "Ce sont les églises des juifs."
Moi : "Jésus enseignait, donc il apprenait des choses sur Dieu aux juifs."

Évangile du Royaume :
"Il proclamait l'Évangile du Royaume. Tu sais ce que veut dire Évangile ?"
Mathias : "Oui, ça veut dire Bonne Nouvelle."
Moi : "Tu connais cette Bonne Nouvelle que Jésus proclame ?"
Mathias : "C'est l'Amour. Dieu nous aime. Toujours."
Moi : "Il proclame en effet l'Amour de Dieu. Et il parle aussi de l'amour des uns pour les autres."
Mathias : "Oui !"

Il guérissait toute maladie :

Moi : "C'est important pour toi, cela ?"
Lui : "Oui."
Moi : "Tu veux parler des miracles ?"
Lui : "Pas que, vu que le sourd n'était peut-être pas vraiment sourd. Jésus, Dieu, guérit tout ce qui ne va pas chez les gens"

Moi : "Il y a un passage que tu n'as pas souligné et que moi je trouve important dans l'Évangile, c'est l'histoire de la moisson : La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux."
Mathias : «Ça veut dire que Dieu a besoin de gens pour s'occuper des mecs chelous. Il y en a beaucoup mais pas assez pour l'aider."
Moi : "Jésus invite chacun à être un ouvrier pour sa moisson. C'est ce que tu es aujourd'hui : un ouvrier de Dieu ! Quelqu'un qui parle de Jésus, qui dit sa Bonne Nouvelle : Aimer Dieu et aimer les autres. Chaque baptisé est invité à le faire. Même un petit garçon."

(...)

"Tu as souligné une dernière phrase. Tu vas nous la lire pour terminer ?"
Lui : "Acclamons la Parole de Dieu."

Isabelle et Mathias
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[1] C'est l'apanage des populistes de bas étage...


Méditation 

voici le lien vers la méditation écrite par Sœur Jean Baptiste en 2021

https://partage-de-lectio.blogspot.com/2021/07/liturgie-de-la-parole-14e-mardi-to.html 

 

Marc Chagall: La lutte de Jacob

 

lundi 7 juillet 2025

Liturgie de la Parole 14e lundi TO-I Matthieu 9, 18-26 

« La fille de Jaïre et l’hémorroïse » 

Méditation 

Nous voici en face de deux destins croisés : celui d’un homme et d’une femme.

I)   Deux épisodes en relation étroite mais où apparaissent des différences frappantes 

*   l’homme, …. Nous connaissons son nom « Jaïre », grâce aux évangélistes Marc et Luc ; la femme, elle, n’a pas de nom.
*   l’homme est un notable, un personnage important, sans doute responsable d’une synagogue … donc d’une communauté locale.
-…la femme, elle, est exclue de la communauté étant donné sa maladie : une impureté rituelle.
*   l’homme a une famille, une maison, un entourage nombreux.
-   la femme est esseulée, vu son état de santé.
*   Jaïre s’adresse publiquement à Jésus.
-   la femme agit en secret.

II) Ce texte suscite également un certain nombre de parallélismes importants 

-   Les deux personnes sont unies dans la détresse et toutes les deux désirent ardemment un retournement de situation.
-   Dans chaque situation, il est question de femmes : l’une, a un père protecteur, elle a 12 ans, l’âge de la puberté qui devait faire d’elle, une femme susceptible d’être promise en mariage, …. Mais, voilà, elle n’est plus là ! Le drame !
-   Pendant que cette fillette grandit durant 12 ans, une femme, durant 12 ans,  perd son sang et sa maladie tend à l’exclure, elle, du mariage et de la maternité !
Donc, en quelque sorte, elles sont mortes toutes les deux !


Alors, cet homme et cette femme n’ont qu’un but : s’approcher de Jésus.

Si nous les regardons, ils s’y prennent de façon totalement opposée :

Observons Jaïre :
-   Il s’approche de Jésus, se prosterne publiquement, il y a ses serviteurs et les disciples et formule sa supplication : « Viens lui imposer les mains et ma fille vivra ! »   
Jésus réagit, se lève et le suit. Et on connait la suite heureuse de cette démarche et la nouvelle qui se répand dans toute la région.

Ce récit de guérison peut se lire de deux manière différentes :
*   comme un MIRACLE DE RESURRECTION : Jésus est vainqueur de la mort.
Donc la pointe du récit est alors christologique. 

*   ou comme un récit de NAISSANCE : une fillette qui devient femme par la parole libératrice de Jésus. Elle devient une vivante à part entière.
La pointe du récit est alors anthropologique : une réflexion autour de l’identité d’un sujet.
 

Observons l’hémorroïsse.        
-   elle est discrète, elle s’approche par derrière, elle se cache même, à la faveur de la foule, elle se tait mais, pense intérieurement : « Si je parviens à toucher une frange de son vêtement, je serai sauvée. » 
… Mais … tout le monde te touche, Jésus ! …
Oui, mais elle, son toucher est un toucher conscient et rempli de foi !
Jésus réagit, il se retourne car une force est sortie de lui : « Confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée. » 

Tiens, il l’appelle « ma fille », comme Jaïre : « Et ma fille vivra ! »

Par sa foi, cette femme montre, en effet, qu’elle est bien une « fille de Dieu » … 
Et Jésus qui est la voix du Père, … en l’appelant « ma fille », la confirme dans ce qu’elle pense être réellement : une fille bien-aimée du Père.
De plus, Jésus ne dit pas qu’il est l’auteur de sa guérison ou de son salut ; 
Non, c’est sa foi à elle, qui en est l’auteur, et Jésus l’affirme : « Ta foi t’a sauvé ».
Elle devient même un modèle pour tous, …. Jésus ne dit-il pas à Jaïre « Crois seulement ! »

Le miracle est bien l’écoute d’une parole extérieure, efficace, celle de Jésus …
-   qui demande pour Jaïre, une rupture : perdre sa petite fille afin qu’elle devienne une femme à part entière, et réintègre la communauté des vivants.
ET
-   pour l’hémorroïsse, d’expérimenter un dialogue ouvert avec Jésus, afin de guérir de sa souffrance de femme pour devenir une fille en relation avec le Père et réintégrer, elle aussi, la communauté des vivants.

ET NOUS, DANS TOUT CELA ???
                Dans notre cheminement, n’avons-nous pas, nous aussi, comme Jaïre, 
                            à faire des ruptures, de temps en temps ?
                Alors, écoutons la parole efficace de Jésus et entrons avec lui,
                        dans un dialogue franc et ouvert comme l’hémorroïsse.

Invitation au Notre Père

En nous adressant au Père, nous allons souhaiter que son règne vienne.
Alors pour que son règne arrive vraiment en nous, demandons-lui quelle rupture, il souhaite nous voir faire, pour entrer le plus intensément possible dans une relation vraie et personnelle avec lui.

Sr Anne françoise


dimanche 6 juillet 2025

Liturgie de la Parole 14e dimanche C

Lectures: Isaïe 66,10-14c; Psaume 65; Galates 6,14-18; Matthieu 10, 1-12.17-20 

Homélie 

  L’été, les vacances, tant d’occasions de rencontres. Et le Seigneur nous indique un chemin très simple pour vivre la rencontre : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : Paix à cette maison. S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous ». Dans tout lieu où vous irez, à toute personne que vous rencontrerez, portez la paix. Ne soyez pas colporteurs de rumeurs, transmetteurs d’angoisses et de mauvaises nouvelles. Soyez témoins et porteurs de la paix qui vient de Dieu !
  
  Cette paix est un don de Dieu, mais elle est aussi un choix, une culture. Et elle a un prix. C’est ce dont Paul nous parle : la croix. Cela signifie être capable de prendre sur soi. Car il y a des simili-paix comme on faisait à une époque du simili-cuir. Une paix qui résulte de l’équilibre de la terreur comme les nations semblent vouloir la rebâtir aujourd’hui, une paix qui naît d’une profonde ignorance mutuelle, une paix qui résulte d’un grand centrement sur soi au mépris des autres… tout cela n’est pas la paix de Dieu. Sa paix surgit du fond du cœur, et c’est là qu’il nous faut descendre pour la trouver. Cette descente nous impose de prendre notre croix, de prendre sur nous-mêmes une part de l’injustice de la vie. Sinon, notre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens. « Les premiers franciscains s'opposèrent à l'injustice de leur temps en renonçant à tout pouvoir social, se dépouillant de leur statut social et prenant place, pauvres et sans pouvoir, aux côtés des vrais pauvres. La réponse minorite à l’oppression n’était pas de reprendre le pouvoir pour redresser les torts, mais d’avoir le courage d’ « absorber » en soi-même les coups d’un monde égoïste et violent, sans y répliquer par un geste réciproque ».[1] C’est la paix du combat gagné contre soi-même. Comme le disait le patriarche Athénagoras : « Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage ».
  
  Nous sommes également appelés à nous réjouir, à porter la joie ! « Réjouissez-vous car vos noms sont inscrits dans les cieux ». Nous vivons dans un monde chargé d’anxiété, de tristesse. Nos contemporains ont besoin que nous leur disions, que nous leur montrions que leur nom est inscrit dans les cieux, dans les profondeurs de Dieu. Leur faire « découvrir que sous le regard de Dieu, chacun trouve une raison de croire en lui-même, de s’aimer sans culpabilité et d’espérer une vie pleine et entière sous le signe du bonheur ».[2]
  
          Et pouvoir dire un jour, comme le fr Christophe :
  
                  Mon Christ,
                  Il n’y a rien de plus beau, je suis ton ami ;
                  il n’y a rien de plus vrai, je suis ton frère ;
                  Tu es mon Christ, il n’y a rien d’autre.
  

  Frère Benoît de Tibériade 6 juillet 2025-monastère d’Hurtebise

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[1] G. Lobrichon, recension de M. Cusato, La renonciation au pouvoir chez les Frères Mineurs au XIII e siècle, Thèse pour le doctorat soutenue le 9 janvier 1991 à l’Université de Paris-IV, dans Revue d’Histoire de l'Église de France, 1991, p. 319.
[2] J.-Fr. Gosselin, Sur la voie du désir… Dieu. La pensée d’Adolphe Gesché, Mediaspaul, 2025, p.18