dimanche 11 août 2019

L’œuvre du Seigneur est admirable à nos yeux


Mc 12
10  Et n’avez-vous pas lu cette Ecriture :
« La Pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue pierre de faîte ; 
11 c’est là l’œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? »

Qui sont les bâtisseurs ?  Ne serait-ce pas ceux à qui Jésus adresse sa parabole, c’est-à-dire les représentants du pouvoir en place mais aussi la foule dont ses représentants avaient peur :  « Ils craignaient la foule… » (11, 32)

Quelle foule ?  Celle qui était au Temple à ce moment, celle de Jérusalem.  Jésus est confronté, non seulement aux machinations des chefs religieux mais aussi à l’inconstance et la versatilité du peuple.  Il est évident que Jésus ne peut se faire aucune illusion sur la portée de sa parole.

« La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue pierre de faîte… »  
Cette parole tirée du psaume 118 aux versets 22-23 est pressentie comme une autre vision prophétique : Jésus ne voit pas sa mort comme un échec définitif mais comme le point de départ d’un redéploiement.  L’œuvre du Seigneur est la garantie de l’alliance… même si elle ne pourra se faire qu’à partir d’un ‘’petit reste’’, celui des communautés qui se convertiront et accueilleront Jésus comme sauveur. 

Quand nous renouons le dialogue avec Dieu,  ne serait-ce pas le début de notre conversion ?

Raymond

samedi 10 août 2019

Que fera le maître de la vigne ?


Mc 12
7  Mais ces vignerons se dirent entre eux : « Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. »  8  Et le saisissant,  ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.  9  Que fera le maître de la vigne ?  Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d’autres.

Jésus n’est pas dupe.  L’a-t-il déjà été ?  Chez les siens, il a déjà vécu l’expérience d’être rejeté : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa maison » (Mc 6, 4)  

Remarquons que, ce constat, chez les siens, est déjà la conséquence d’une incompréhension des chefs religieux sur ‘’l’autorité’’ de Jésus manifestée par rapport à sa connaissance des Ecritures : « D’où cela lui vient-il ? » Quoiqu’il en soit, Jésus connaissait la trajectoire et le destin des prophètes. Il avait conscience des persécutions et du sort qui l’attendait.           

Si la parabole présente en parallèle les persécutions subies, d’abord par deux serviteurs dont l’un est frappé et l’autre tué, ensuite par le fils, le rapprochement au sort malheureux des prophètes, comparable à son propre destin est un pas facile à faire.

Cependant, ce  qui distingue Jésus de ses prédécesseurs, les prophètes persécutés avant lui,  c’est sa qualité filiale. Il est ‘’l’héritier’’. Il ne se revendique pas comme le Messie mais comme ‘’l’héritier’’, c’est-à-dire le fils de celui qui a planté la vigne. Et, si comme ‘’héritier’’ il se donne à voir comme ‘’fils’’, il donne ainsi de percevoir Dieu comme ‘’Père’’.

Je suis touché par la manière dont Jésus révèle sa filialité. Il ne se dit pas « fils de Dieu »  -  bien dans la ligne du secret messianique propre à Saint-Marc  -  car cette révélation est pour celui qui a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et adhère à Jésus par la foi.

Que fera le maître de la vigne ?
Avec ses apôtres, ses disciples d’hier et d’aujourd’hui, nous percevons combien la réponse à cette question, combien cette parole est prophétique !

Seigneur, donne à chacun de te reconnaître dans nos rencontres, nos partages, au cœur de notre travail ou de nos vacances.
Raymond

vendredi 9 août 2019

Un fils bien-aimé


Mc 12
4 « De nouveau, il leur envoya un autre serviteur : celui-là aussi,  ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d’outrages.  5 Et il en envoya un autre : celui-là, ils le tuèrent ;  puis beaucoup d’autres : ils battirent les uns, tuèrent les autres.  6  Il lui restait encore quelqu’un, un fils bien-aimé ;  il le leur envoya le dernier, en se disant : ‘’ Ils respecteront mon fils’’.

Quand Jésus s’adresse aux chefs religieux,  il les rejoint sur un terrain qu’ils connaissent bien,  celui de la Torah.  Ces gens qui ‘’savent’’ connaissent intellectuellement les Ecritures. Et donc, quand Jésus parle de tous ces serviteurs maltraités, ils peuvent comprendre qu’il fait allusion  à tous ces prophètes qui,  à travers les siècles, ont eu le souci d’éveiller le peuple et leurs chefs par la parole et par le geste ;  Des prophètes qui sont morts assassinés, martyrisés, rejetés, incompris…          

L’histoire a bien révélé tous ces drames à partir d’un refus constant d’accueillir les prophètes.
Quand est venu le temps où Jésus, le fils bien-aimé, a été envoyé, ‘’le dernier’’, c’est-à-dire le dernier d’une série de serviteurs; on aurait pu espérer qu’il soit reconnu comme le Messie attendu.  Ce ne fut pas le cas !                    

Et aujourd’hui,  malgré tout ce que l’on ‘’sait’’ -  de nouveau ! – malgré toute sa vie, sa mort et sa résurrection, sa présence à travers les siècles, sommes-nous prêts à l’accueillir et le reconnaître comme notre Sauveur ?    
       
A l’évidence, l’analyse intellectuelle permet sans doute de comprendre les choses mais pas de les intégrer. Selon Bernard FRINKING, « Ce n’est que quand la Parole est venue dans les mains que l’homme la comprend. Il est absolument illusoire de vouloir comprendre le Parole de Dieu avec la tête. Il faut qu’elle soit dans les mains, c’est-à-dire qu’elle soit devenue la vie accomplie. »

Aujourd’hui encore chacun est habité de cette ambivalence, habité de cette part tragique et limitée qui nous enferme dans notre propre pouvoir,  aux dépens des autres ;  habité aussi de cette capacité d’être éveillé au mystère de la rencontre avec Dieu.  Accueil  de la lumière qu’il fait jaillir en chacun là où on est, petit à petit. Y aurait-il une autre Révélation que celle-là ?

Seigneur, donne à tes enfants la docilité d’écouter, voir et agir dans la confiance que tu inspires.

Raymond

jeudi 8 août 2019

Ils se saisirent de lui,

Mc 12
1 Il se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ;  puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.  2 Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d’eux une part des fruits de la vigne.  3 Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides. »

Des événements graves viennent de se passer dans le Temple.  Il est question de l’autorité de Jésus que les Grands-prêtres, les Scribes et les Anciens, ne reconnaissent pas.  La scène se passe dans le Temple, sur le parvis du Temple.  La parabole, dont il va être question,  sur les vignerons homicides est une clé de lecture qui révèle le sens des attitudes de Jésus lors de ces événements.

La parabole commence en s’appuyant sur le texte du prophète Isaïe - (Voir Isaïe 5, 1-23) – et la trajectoire se fait sur forme d’interpellation  par rapport au pouvoir.  Le système hiérarchique mis en place correspond bien au mécanisme habituel :    
- Un homme a le pouvoir de décider ce qu’il fait de ses terres ;                                    
- Il met en location et confie l’entretien à des vignerons ;                          
- Il envoie un serviteur pour récupérer sa part contractuelle… puis, c’est le sous-fifre qui « paye la facture » !

Ce qui est interpellant,  ce sont les comportements des personnages de la parabole.
Il y a bien évidemment plusieurs parallélismes à faire entre l’histoire au sens littéral, et, l’allusion à la situation du moment. En effet, par rapport à l’alliance établie entre Dieu et les hommes, les responsables religieux qui sont en place, s’approprient,  à leur manière, les fruits de la vigne sans tenir compte de la part qui revient à Dieu. Une alliance trahie !  

L’événement qui vient de se passer au Temple ne dit rien d’autre. L’autorité de Jésus est un discernement  d’une relation ajustée à Dieu. Et si Jésus ne veut pas dire ouvertement  « par quelle autorité il a fait cela », au moyen d’une parabole, il conduit la foule et le pouvoir religieux à se questionner et discerner… ainsi, peut-être,  trouveront-ils réponse à leur question !

A chaque controverse, on sent nettement combien Jésus n’est pas dupe quant aux conséquences de ses interventions diverses, pas plus qu’il ne l’est sur l’issue fatale qui sera la sienne. 
Les gens se laissent mouvoir au gré du vent et cette inconstance des foules, les machinations de leurs chefs religieux, ne peuvent pas aveugler le personnage prophétique qui est Jésus.

Seigneur, dans ta tendresse, dépose en nous ton Esprit de Sagesse, de discernement et de vérité sur nous-mêmes.  Donne-nous aussi  la grâce de l’humilité nécessaire.

Raymond

mardi 6 août 2019

"Moi non plus, je ne vous dis pas...!"


« Notre Dieu, Père de la lumière, Tu as envoyé dans le monde ton Fils Parole faite chair, pour te manifester à nous les hommes. Envoie maintenant ton Esprit-Saint, afin que je découvre Jésus-Christ dans cette Parole qui vient de toi, que je la connaisse plus profondément et que je l’aime plus intensément pour parvenir ainsi à la béatitude du Royaume. Amen »




Mc 11, 33

33    Ils répondent donc à Jésus :
« Nous ne savons pas ! »
Alors Jésus leur dit :
« Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »
Les autorités juives oscillent toujours concernant le baptême de Jean : de Dieu ou des hommes ? Prendre le risque de recevoir des reproches de Jésus à cause de leur incroyance ou ceux du peuple qui considérait Jean comme un prophète ? Quelle que soit leur réponse, ils encourront le danger de perdre la face. Ils ne le souhaitent pas… Alors, il ne reste qu’une solution : devant cette difficulté, ils préfèrent s’abstenir et répondent « Nous ne savons pas ».
Cette réponse a un double sens : en plus de la simple ignorance sur que répondre, s’y greffe une réelle ignorance sur l’origine du baptême de Jean.
Et Jésus, qui a bien compris leur manœuvre, leur refuse réciproquement une réponse sur l’origine de son autorité à lui.
On peut se poser la question de l’intention de Jésus lorsqu’il interroge ses interlocuteurs sur le baptême de Jean. Au fond, qu’est-ce qui leur donne autorité pour interroger Jésus, alors qu’ils n’ont pas l’autorité requise pour se prononcer à propos de Jean le baptiste ? En effet, leur réponse « nous ne savons pas » laisse percevoir combien ils ne peuvent se réclamer d’une autorité céleste dans leurs jugements. Ainsi, la réponse de Jésus est une façon de les refouler, car il n’a pas de compte à leur rendre…
Une autre réponse apparaîtra dans le récit du chapitre 12, par la parabole des vignerons meurtriers. Le verset 12 laisse percevoir qu’ils s’identifient clairement aux vignerons réprimandés : « Les chefs des Juifs cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent ». Notre récit aura donc un rebondissement et un prolongement au chapitre suivant…

Il ressort de l’échange du chapitre 11 que l’autorité juive attend une reconnaissance de la foule et en dépend. Par contre, Jésus peut se prononcer en toute liberté, sans cette peur qui paralyse si souvent nos actions ou orientent nos paroles.

Seigneur, tu sais mon désir d’authenticité, de justesse, de conformité entre ma pensée, mes paroles et mes actes… Tu sais aussi les obstacles à cette unité en moi. Afin que je puisse me tenir debout en face de mes frères et sœurs, libre et responsable, à ton image, Seigneur, envoie ton Esprit !