samedi 13 novembre 2021

Liturgie de la Parole, 32e samedi TO

 (sœur Jean-Baptiste)

Introduction :

Dans un raccourci très poétique le livre de la Sagesse nous décrit le passage de Mer Rouge, la 1ère Pâque. C'est la Parole toute puissante qui s'élançant du haut du ciel intervint dans cette action rappelant la parole créatrice à l'aube du monde.

St Luc nous rapporte dans la parabole de la veuve et du juge inique le conseil de Jésus sur la nécessité de la prière. Mettons le en pratique dès maintenant par le chant des psaumes.

 

Méditations :

« Prier sans se décourager » voilà ce que Jésus nous dit aujourd'hui, à travers une petite parabole. Nous sommes tout à fait d'accord. 

Mais qui de nous n'a pas fait un jour ou l'autre cette expérience de crier vers le Seigneur, de le supplier parfois avec des larmes, et pas de réponse comme si Dieu semblait ne rien entendre et faire la sourde oreille à nos demandes. Et pourtant Jésus nous a bien dit : « Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. » Alors, pourquoi ce silence ?

Pourtant, j'en suis sûre, Dieu répond. Sans doute pas de la manière dont nous le voudrions ni non plus tout de suite.  En nous demandant de persévérer dans la prière, Dieu nous apprend, la patience,  la fidélité, la confiance, il fait grandir notre foi car nous croyons que lui qui est bon va nous exaucer.

A la différence de la parabole, le juge a changé d'attitude vis à vis de la veuve parce qu'elle l'importunait un peu trop, Dieu, lui, ne change pas. Notre prière persévérante ne va pas changer Dieu mais elle sera efficace dans le sens qu' elle va nous changer, transformer petit à petit notre propre cœur et notre prière va s'ajuster au désir de Dieu. Lui sait où est notre bien, il sait ce qui est bon pour nous,  il veut le meilleur pour nous et nous, nous ne le savons pas. Certes, nous continuerons à crier mais avec les mots que l'Esprit mettra dans notre coeur, sur nos lèvres puisque « l'Esprit vient au secours de notre faiblesse car nous ne savons que demander pour prier comme il faut. » L'Esprit le fait selon les vues de Dieu.

Prions donc sans nous lasser et avec les yeux de la foi nous pourrons découvrir que Dieu répond effectivement à nos appels, au-delà de ce que nous attendions. Dieu nous aura fait justice c'est à dire qu'il nous aura ajuster à son projet à lui, plus grand, plus beau et autre que le nôtre et nous serons aussi surpris de ce cadeau qu'il nous fait : par cette prière confiante et persévérante se tisse un lien profond : l'amitié avec jésus.

 

Notre Père :

Avec les mots que Jésus nous a donnés, prions le Père comme il nous l'a demandé.

 

Conclusion :  

Père très bon, nous savons que tu nous écoutes et nous exauces toujours. Fais grandir notre foi pour que nous sachions nous tourner vers toi avec confiance et te prier sans nous décourager. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils et notre frère qui règne auprès de toi avec l'Esprit d'Amour maintenant et pour les siècles des siècles.

vendredi 12 novembre 2021

Liturgie de la parole, 32ème vendredi TO

(sœur Marie-Raphaël)

Ouverture

En communion avec toute l’Eglise, mettons-nous à l’écoute de la Parole qui nous est adressée aujourd’hui et laissons-la résonner avec notre actualité. Le livre de la Sagesse nous parlera de ceux qui sont fascinés par la beauté des choses créées : l’émerveillement peut être le point de départ d’un chemin de foi… mais encore faut-il le vouloir. Dans l’évangile, Jésus nous parlera des jours du Fils de l’homme… et si nous écoutons bien, nous comprendrons que nous y sommes !

 

Résonances

L’évangile d’aujourd’hui est la suite de celui d’hier, que nous n’avons pas entendu à cause de la fête de saint Martin. Jésus répond à la question des pharisiens : « quand viendra le Règne de Dieu ? ». Il répond : « La venue du Règne de Dieu n’est pas observable… en effet, voici que le Règne de Dieu est au milieu de vous ». Nous voulons avoir une vision sur l’avenir et Jésus nous ramène au présent. Comme aux jours de Noé : il n’y a apparemment aucun signe précurseur et soudain le déluge est là. Étonnante actualité de ces textes ! Tant pour la crise globale que vit le monde, pour la crise que traverse l’Eglise, que pour ce moment de la vie de notre communauté. La tension entre un avenir qu’il est nécessaire d’anticiper pour ne pas foncer vers le chaos, et la gestion d’un présent qui réclame notre confiance, notre foi, notre présence d’un jour à la fois dans la foi.

Le très beau texte du livre de la Sagesse nous parle aussi de cela : il invite à dépasser la beauté du visible pour découvrir l’auteur même de la beauté, le créateur de l’harmonie cosmique, et lui donner toute notre foi. Saint Augustin a très bien exprimé cette quête de Dieu qui – paradoxalement – risque de s’arrêter en chemin, de s’arrêter à la beauté du créé sans reconnaître Celui qui est la source même de cette beauté. Et il reconnaît que, pour lui-même, ce qui l’a amené à faire le pas de la foi, c’est le brûlant désir qui l’habitait.

Tard, je t’ai aimée, beauté si ancienne et si nouvelle, tard, je t’ai aimée !

 

Voilà que tu étais dedans, mais moi, je me trouvais dehors et c’est là que je te cherchais,

et je me précipitais, sans beauté, dans les beautés dont tu es l’auteur.

Tu étais avec moi, et moi, je n’étais pas avec toi.

Elles me tenaient captif, loin de toi, ces choses qui n’existeraient pas si elles n’existaient pas en toi.

 

Tu as crié, appelé, et déchiré ma surdité ;

tu as rayonné, resplendi, et balayé ma cécité.

Tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré, et maintenant j’aspire à toi.

J’ai goûté : j’ai faim et soif !

Tu m’as touché et je brûle dans ta paix.                                       

                                                                                   Augustin, Confessions X, 27

 Prière

Seigneur, tu nous fais signe à travers la beauté de la création : ouvre nos yeux.

Tu nous fais signe dans les visages de nos frères et sœurs humains : ouvre nos cœurs.

Tu nous dis que le Royaume est au milieu de nous et tu nous le confies : fortifie-nous.

Nous te le demandons par Jésus…

jeudi 11 novembre 2021

Liturgie de la Parole, st Martin

(Danièle)

 Introduction

Saint Martin dont c'est la fête aujourd'hui fut un soldat à la charité légendaire, puis ermite, puis évêque de Tours, il a fondé le monastère bénédictin saint Martin de Ligugé dans la Vienne, en France et il est un acteur principal dans l'évangélisation des Gaules, donc de notre pays.

 L’Évangile de ce jour nous enseigne comment recevoir le royaume en héritage, comment recevoir la vie éternelle. « Tout ce que vous avez fait aux plus petits, c'est à moi que vous l'avez fait » dit Jésus.

Chantons les psaumes en rendant grâce au Seigneur pour tous les dons reçus.

Après l’Évangile

Les choses qui nous sont demandées paraissent simples :  donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif ; vêtir ceux qui sont nus, rendre visite à ceux qui sont malades ou en prison... Chaque fois que nous prenons soin d'un frère ou d'une sœur dans le besoin, c'est Jésus lui-même que nous servons. On ne rencontre pas tous les jours des personnes dévêtues mais voici cinq petites choses qui me semblent faisables :

-      Entrer en relation avec l'autre, comme cela, sans intérêt, simplement parce qu'il est là, qu'il est vivant comme moi. »

-      Sourire au SDF qui tend la main à l'entrée du magasin,  respecter les éboueurs, tous ces gens qui nous servent par leur métier peu attirant mais tellement utile.

-      « Donner et recevoir la joie de vivre, écouter l'oiseau chanter, respirer le bon air de l'automne ».

-      Ne pas fuir quand les autres ont des difficultés, compatir et être là, simplement, avoir confiance malgré tout.

-      Écouter, prêter l'oreille de son cœur pour toujours donner une chance à l'autre.

La loi de Dieu, c'est la loi de l'amour. L'image utilisée par Mathieu pour décrire le jugement dernier, c'est celle du berger qui sépare les brebis des boucs. Ceux qui ont secouru leur prochain qui avait faim ou soif, qui était étranger, malade... seront mis à droite.

Cette parabole nous dit que nous serons jugés par Dieu sur la manière dont nous aurons aimé nos frères surtout les plus faibles et les plus démunis. Jésus s'identifie à la personne dans le besoin. Chaque fois que nous négligeons un « petit », c'est Jésus que nous négligeons. Ce n'est pas un code de conduite, c'est la solidarité. Cette parabole ne concerne pas l'avenir, il faut maintenant ouvrir les yeux sur les besoins des autres. Les conditions mentionnées dans ce récit sont valables à chaque époque, au 21° siècle aussi. Cette fois, Jésus ne dit pas aimer vous les uns les autres mais il demande des actions spécifiques comme le don, l'accueil, les soins à donner. Ce qui importe ce n'est pas l'amour théorique mais la compassion pour aider la personne dans le besoin.

La foi est un don de Dieu et nous sommes sauvés par sa grâce mais pour porter du fruit la grâce de Dieu nécessite notre réponse libre et concrète.

Soyons attentifs au murmure de notre cœur, c'est le Seigneur qui nous invite pour que nous entrions dans plus grands que nous, plus grands que nos projets, plus grands que nos soucis.

Notre relation à Jésus doit être à l'image de saint Martin qui a partagé son habit avec un homme qui avait froid.

 Agir de manière charitable envers nos frères et sœurs, c'est comme si nous agissions envers Dieu parce que Dieu habite dans le cœur des hommes.

Invitation au Notre Père

Avec les paroles que Jésus nous a apprises, nous pouvons prier Dieu qui est notre Père à tous.

Prière finale

Seigneur, le message de cette parabole est simple, tu nous demandes de prendre soin des petits. Tu es présent dans les pauvres, les malades, les étrangers. Aide-nous à reconnaître ton visage.

Que ton Esprit nous aide à discerner le bien que tu fais en nous.

Fais que nos actions envers les autres soient sincères et viennent du cœur.

Nous te rendons grâce pour tout ce que tu fais pour nous, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.

mardi 9 novembre 2021

Liturgie de la Parole - Dédicace de la Basilique du Latran

 (sœur Marie-Christine)

(pour l'introduction et la méditation) voir : https://moineruminant.com/2014/11/08/homelie-pour-la-dedicace-de-la-basilique-du-latran/

 

Introduction : (Yves Bériault, o.p.)

« Première église à être publiquement consacrée — le 9 novembre 324 par le pape Sylvestre Ier — elle prit progressivement le nom de basilique Saint-Jean-l’Évangéliste. Cette basilique deviendra la cathédrale et le siège de l’évêché de Rome, dont le titulaire n’est autre que le pape, et elle est la première en ancienneté et en dignité de toutes les églises d’Occident. Sur le fronton de la basilique, on retrouve l’inscription suivante : « Mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde ».En soulignant la consécration de cet édifice au culte chrétien, nous ne célébrons pas un édifice de pierre, aussi prestigieux soit-il, mais nous célébrons le Seigneur lui-même et son Église à travers cette basilique qui portait à l’origine le nom de « Saint Sauveur ». Quand le pape Sylvestre dédicace cette basilique, il l’offre avant tout aux chrétiens et aux chrétiennes de Rome, afin que ces derniers puissent y naître à la foi et y grandir, y offrir un culte vivant et ainsi faire Église. »

 Méditation : (Yves Bériault, o.p.)

...Cette fête de la Dédicace nous invite à contempler et à célébrer le mystère de l’Église. Elle nous rappelle que nous formons un temple spirituel dans le Christ et qu’il nous faut, comme le dit une vieille expression du Moyen Âge, placer l’ancre de notre espérance au ciel avec lui. C’est pourquoi nous ne devons pas avoir peur face à l’avenir en dépit du contexte de précarité et de menaces auquel font face nos institutions religieuses et nos églises aujourd’hui.

Cette fête nous invite à regarder au-delà de nos fragilités, au-delà des pierres et de l’aspect matériel de nos églises, et à contempler tout le chemin parcouru depuis la première annonce de l’évangile, depuis la création des premières communautés chrétiennes, et dont nous sommes les héritiers.

...Trop souvent nous parlons de l’Église comme d’un corps étranger, extérieur à nous-mêmes, alors que l’Église c’est nous avant tout, nous tous ensemble avec le Christ.

Quel que soit le lieu où les chrétiens et les chrétiennes se réunissent, de la chapelle la plus pauvre à la cathédrale la plus majestueuse, c’est toujours la vie même du Christ qui est reçue et célébrée par les fidèles, et ce à toutes les époques, même à la nôtre.

...Le Père Alexandre Men affirmait dans une homélie : « Au fil de son histoire, (le christianisme) peut traverser les crises les plus pénibles, se trouver au bord de l’extermination, de la disparition physique ou spirituelle, mais à chaque fois il renaît. Non pas parce qu’il est dirigé par des personnes exceptionnelles – ce sont des pécheurs comme tout le monde -, mais parce que le Christ lui-même a dit : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).»1

 Introduction au Notre Père : 

« vous êtes une maison que Dieu construit. La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ ». Appuyés sur Lui nous pouvons chanter en communion avec toute l'Église sa prière :

Prière d'envoi : 

Seigneur notre Dieu déjà tu habites au milieu de nous et tu nous donnes ton Esprit, Fleuve d'eau vive, qui assainit tout ce qu'il pénètre. Ouvre les coeurs à ton amour qui construit l'Église et unit tous ses membres dans la charité. Que les chrétiens parviennent tous ensemble auprès de toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.

[1]     Alexandre Men. Le christianisme ne fait que commencer. Cerf, coll. « Le sel de la Terre », 1996, p. 253

lundi 8 novembre 2021

Liturgie de la parole, 32ème lundi TO

 (sœur Marie-Christine)

 Introduction :

Bonjour et bienvenue à cette liturgie de la Parole qui nous ressemble en Église au nom du Seigneur. Le Seigneur a planté dans nos cœurs la graine de la foi. Toute petite graine mais qui ne demande qu'à grandir en nous et à porter du fruit. Du bon fruit. Pas de celui qui scandalise et fait tomber les plus petits.

Prions le Seigneur avec les psaumes qui sont un chemin pour nous apprendre à « aimer la justice » elle qui nous ajuste au Seigneur jour après jour. Elle qui nous tend la main et nous réajuste quand nous tombons.

 Méditation :

Jésus est réaliste : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive ! » Des scandales on ne peut malheureusement pas les éviter de même qu'il a dit juste avant sa Passion «  Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » ! (Jean 12,8)

« Mais malheureux celui par qui cela arrive ». Oui cette personne est malheureuse parce qu'elle fait du tord et aux autres et à elle-même. Les scandales, notre Église et la société n'en ont que trop. Et nous pouvons prier pour ceux qui les causent, pour les victimes et leurs familles.  Nous prendrons un temps de silence pour porter toutes les personnes blessées par les scandales d’abus.

Les scandales sont une plaie. Le mal causé, une blessure grave.

Durant la retraite sur Bach et les Psaumes j'ai entendu que, quand Bach va chercher dans les profondeurs de l'instrument, ce n'est pas toujours agréable, mais c'est constructif, cela ouvre pour un nouveau départ. Une crise, un scandale c'est très désagréable, inconfortable, déstabilisant, choquant.

C'est aussi une invitation à aller à nos fondements, à ce qui donne stabilité à nos vies, au rocher stable qui permet de rebondir, de repartir, de revivre d'une manière nouvelle, créative, constructive. D’avancer, même si c’est en boitant.

Ce fondement, pour moi, c'est le regard d'infinie miséricorde du Seigneur posé sur chacun, quel qu'il soit.

Et ce regard m'invite à mon tour à regarder l'autre avec miséricorde, avec bonté et surtout avec un infini respect et une délicatesse qui ne l'emprisonnent pas, mais suscitent en lui la vie.

Pour moi cela est impossible, mais le Seigneur veut et peut le réaliser en moi, en nous. Son Esprit saint, « éducateur des hommes » et des femmes, ne demande qu'à agir, nous travailler, nous féconder, nous vivifier.

Ne craignons pas de l'appeler encore et toujours et de redire avec les disciples déconcertés : «Seigneur, augmente en nous la foi ». La foi qui transporte le gros arbre qui bloque mon cheminement et le jette dans l'océan de la miséricorde.

 Introduction au Notre Père :

Tournons-nous vers le Seigneur le roc, le fondement de notre foi, de notre vie et prions avec les mots reçus du Seigneur Jésus :

 Prière d'envoi :

Viens Esprit Saint Éducateur des hommes et des femmes.

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut de ciel un rayon de ta lumière.

Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.

Nous te le demandons par Jésus le Fils Bien-Aimé qui règnes et agis avec Toi et nous conduis au Père dès maintenant et jusque