lundi 11 février 2013

Tous les dix


Luc 17
17 Alors Jésus dit : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ?

Esprit Saint, notre route n’est jamais toute tracée : que ta lumière nous permette de discerner où poser nos pas…

Alors Jésus dit : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Jésus sait que son action est efficace, qu’il a voulu accorder la guérison à tous les membres de ce petit groupe, bien que, sans doute, chacun avait des dispositions propres : ainsi les plus « croyants » ont porté les autres et tous ont pu répondre à la démarche de foi que Jésus leur demandait et bénéficier de la guérison. Bel exemple de ce qu’une communauté peut porter comme fruit !

Et les neuf autres, où sont-ils ? Mais, sur la route vers les prêtres évidemment ! Exactement là où Jésus leur a demandé d’aller !! Et voilà qu’il leur en fait quasiment le reproche… Eh oui, même vis-à-vis de lui, il demande tout sauf une obéissance aveugle ; il ne dispense jamais du devoir de discernement. La responsabilité de nos actes nous appartient et il serait vain de vouloir se dissimuler derrière tel ou tel ordre. Finalement, ici,  la reconnaissance officielle, les démarches adjacentes, c'est secondaire. Ce que Jésus salue chez le Samaritain, c'est qu'il a su lire l'essentiel de ce qui lui était arrivé : le Christ s'est manifesté comme son salut. Telle est sa démarche, et Jésus l’approuve. Et si les autres n’ont pas cette vision des choses, cela ne les empêche pas d’être purifiés et réintégrés dans la vie sociale et religieuse de leur village. Jésus ne conditionne pas non plus les dons qu’il nous fait à la parfaite compréhension que nous en avons : heureusement pour nous !!

Seigneur Jésus, tu dispenses largement tes dons : donne-nous de reconnaître tes bienfaits dans nos vies et de te chanter notre action de grâce.

dimanche 10 février 2013

Il revint


Luc 17
15 L'un d'entre eux, voyant qu'il était guéri, revint en rendant gloire à Dieu à pleine voix. 16 Il se jeta le visage contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce ; or c'était un Samaritain.

Esprit Saint, fais que nos pensées et nos actes – au-delà de la lettre – soient tout empreints de ton souffle.

L'un d'entre eux, voyant qu'il était guéri, revint : autrement dit, il désobéit à Jésus ! Il y a une petite pointe polémique dans ce récit. Les pharisiens étaient reconnus comme étant des gens très stricts vis-à-vis de la loi. On a souvent entendu Jésus leur reprocher leur rigidité. Tandis que les Samaritains, eux, obéissaient à la loi, mais avec plus de souplesse. Ici, les neuf Juifs guéris obéissent à la lettre. Celui qui fait demi-tour prend des libertés : avant de satisfaire aux exigences légales, il revient vers Jésus.

en rendant gloire à Dieu : et sur le chemin de retour, en plus de l’apparence de sa peau, c’est toute la dynamique de sa vie qui change. Elle n’est plus centrée sur son impossibilité de s’approcher de Dieu, ou des hommes, mais bien au contraire elle devient l’expression de la gloire de Dieu, de l’amour que Dieu lui porte et qu’il veut lui rendre. Déjà sur la route de retour, l’ancien lépreux se fait témoin.

à pleine voix : lui, qui devait crier « Impur ! Impur ! » pour prévenir les autres de sa maladie, lui qui élevait la voix pour supplier Jésus, le voilà maintenant qui peut utiliser toute sa voix pour glorifier Dieu.

Il se jeta le visage contre terre aux pieds de Jésus : lui, qui devait s’éloigner de tous, se tenir à distance, le voilà qui s’approche jusqu’aux pieds mêmes de Jésus.

en lui rendant grâce : dans son geste spontané de reconnaissance, dans l’expression de son bonheur, il montre qu’il perçoit mieux que quiconque le cœur de Jésus. Il ne craint pas un instant que Jésus le renvoie… chez les prêtres. Il est extraordinaire, ce Samaritain ! Il désobéit à l’ordre que Jésus lui a donné parce qu’il est moins important de réaliser cet ordre à la lettre que de lui rendre grâce !

or c'était un Samaritain : cette chute, qui pourrait aussi se traduire par « gare aux préjugés » et surtout « ne jugez pas », souligne en même temps la complexité du récit, Juifs et Samaritains n’ayant pas les mêmes critères sur la façon de se comporter face à la loi et donc aux prêtres.

Seigneur Jésus, que je revienne souvent vers toi au cours de ce jour afin de te rendre grâce pour tous tes bienfaits.

samedi 9 février 2013

Allez !


Luc 17
14 Les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Or, pendant qu'ils y allaient, ils furent purifiés.

Esprit Saint, fais croître en nous la foi en la parole de Jésus.


Les voyant, Jésus leur dit : impossible de les rater, de passer sans les voir ! Mais l’attitude de Jésus est toujours imprévisible ; cette fois, il ne fait rien, ne les touche pas, ne leur impose pas la main, ne leur fait pas de discours…

Allez vous montrer aux prêtres : cet ordre, Jésus l’a déjà donné à d’autres lépreux (5,14) mais après les avoir guéris. La guérison est une chose, la réinsertion dans la société, une autre, qui exige d’aller « se montrer » à un prêtre ; c’est un peu un euphémisme car le rituel prévu par le Lévitique (ch.14) ne prévoit pas moins d’une vingtaine de rites et sacrifices successifs ! En tous cas, cet indice montre que Jésus n’est pas en Samarie : on l’imagine mal envoyer les lépreux auprès des prêtres des sanctuaires hérétiques de Sichem ou d’ailleurs, là où l’on n’observe pas la loi de Moïse. Nous apprendrons d’autre part qu’il n’y a qu’un Samaritain dans le groupe, ce qui serait surprenant en pleine Samarie, région maudite pour les non-samaritains.

Or, pendant qu'ils y allaient : ils se sont donc mis en route pour montrer qu’ils étaient purifiés… alors qu’ils ne le sont pas ! Quel acte de foi demandé ainsi par Jésus ! C’est cette confiance même qui est comme la condition de leur guérison.

 ils furent purifiés : nous, on s’y attend, mais eux, là, sur la route… osons-nous ainsi nous mettre en route sur un ordre de notre Dieu, sur une simple promesse, nous engager sans preuve, sans certitude… ? Oui, avec son aide, nous le faisons aussi, ainsi le jour où nous avons répondu à notre vocation… Quand Jésus nous dit « allez », quand il me dit « va », il s’engage en même temps, il prend le chemin avec nous…

Seigneur Jésus, donne-moi d’être attentive aujourd’hui, chaque fois que tu me diras « Va ! », donne-moi d’avoir pleine confiance en toi à ce moment-là. 

vendredi 8 février 2013

Jésus, pitié !


Luc 17
11 Or, comme Jésus faisait route vers Jérusalem, il passa à travers la Samarie et la Galilée. 12 A son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance 13 et élevèrent la voix pour lui dire : « Jésus, maître, aie pitié de nous. »

Esprit Saint, fais-nous découvrir le cœur aimant de Jésus.

Or, comme Jésus faisait route vers Jérusalem : c’est depuis le chapitre 9 (v. 51) que Luc nous a décrit Jésus en route vers Jérusalem, et il l’a rappelé à d’autres occasions (par exemple en 13,22), ceci malgré quelques détours, tel celui par Béthanie… (10,38). Bien sûr, Luc ne nous décrit pas une randonnée mais l’accomplissement d’une mission. D’ailleurs les expressions « un jour » « quelque part » (11,1) nous sortent de tous soucis géographiques.

 il passa à travers la Samarie et la Galilée : voilà une précision qui n’en est pas : d’abord, sur la route de Jérusalem, c’est d’abord la Galilée d’où Jésus est parti et puis la Samarie qu’il faut traverser, du moins si l’on a choisi cette route-là. Ensuite, finalement, où est Jésus, lors de cet épisode, en Galilée ou en Samarie ? Vu la suite, ce n’est pourtant pas indifférent !

A son entrée dans un village : donc, on ne sait rien de ce village, mais cela confirme le verset 13,22 : « il passait par villes et villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. » Les lépreux vivent en dehors du village, et c’est là, juste avant que Jésus n’y entre, qu’ils le rejoignent ; ils l’attendaient, ils avaient espéré son passage…

dix lépreux vinrent à sa rencontre : voilà qui a dû faire du charivari : des lépreux qui s’approchent ! Et un groupe de 10 en plus !

Ils s'arrêtèrent à distance  et élevèrent la voix pour lui dire : selon la règle, ils s’arrêtent quand même à distance et, pour se faire entendre malgré cela, ils doivent crier.

Jésus, maître : Ils l’appellent « maître ». Luc emploie « épistate », ce qui désignait à Athènes un magistrat ou un responsable politique. Il est le seul à utiliser ce terme et il le met partout ailleurs dans la bouche d’un disciple. Les autres évangélistes emploient pour le terme « maître » un mot signifiant plutôt « enseignant ». Ainsi les lépreux reconnaissent en Jésus, à l’instar de disciples, un personnage au pouvoir important. Mais ils le désignent d’abord de son nom, comme un proche. Deux mots accolés qui le rendent à la fois proche et lointain.

 aie pitié de nous :  il en a guéri tant et tant : chacun s’approche donc de lui le cœur plein d’espoir. Et les lépreux en appellent à sa pitié. Ils n’implorent pas la guérison, mais d’abord la condition du « miracle », c'est-à-dire la pitié.

Seigneur Jésus, tu n’exerces pas ton pouvoir à la manière des hommes qui en font si souvent un but en soi. Tu es d’abord ce Jésus qui vient à nous et à la rencontre duquel nous allons. C’est en ce lieu-là que nous pouvons t’implorer. Aie pitié de nous.

mercredi 6 février 2013

Nous sommes des serviteurs


Luc 17
10 De même, vous aussi, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites : “Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous avons fait seulement ce que nous devions faire.” »

Esprit Saint, ouvre nos cœurs à la parole, qu’elle y devienne vivante.


De même, vous aussi : après avoir constaté l’attitude des maîtres de son temps, Jésus passe à quelque chose de plus important : des conseils pour ses disciples

quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné : et d’abord celui d’écouter les ordres et de réaliser tout ce qui est demandé ; il y a sans doute les « ordres » de nos supérieurs mais plus souvent ce qui nous est imposé par les circonstances, demandé par nos proches, suggéré par l’Ecriture…

dites : “Nous sommes des serviteurs : se reconnaître serviteurs ! Voilà déjà une belle démarche, c’est nous mettre au côté de celui qui a dit « je suis venu pour servir ». C’est reconnaître notre vocation première !

des serviteurs quelconques : là, on s’embrouille un peu dans les traductions… elles sont multiples, preuve qu’il y a comme un problème. Littéralement c’est « des esclaves inutiles ». Chez Matthieu, à propos des talents, cela devient « bon à rien ». Chez Luc, les traducteurs jonglent avec « serviteurs quelconques, simples, inutiles, ordinaires… ». Tout notre travail serait-il donc inutile ??  Au-delà du vocabulaire, la suite nous donne clairement le sens :

Nous avons fait seulement ce que nous devions faire : si nous pouvions dire cela au soir de chaque journée… nous avons fait tout ce que nous devions, et seulement cela. Sans supposer que remplir notre tâche est en soi digne d’éloges. Sans y ajouter ces petites touches qui voudraient rendre notre action plus brillante, plus remarquable.
Si nous pouvons dire cela, si nous n’en attendons ni récompense ni même reconnaissance… alors, dit Jésus, heureux serons-nous ! (12, 37)

Seigneur Jésus, je te rends grâce, toi qui nous donnes d’avoir part avec toi si nous nous faisons serviteur à ta manière, toi qui, alors, nous promets tout simplement de partager ta joie !