Liturgie de la Parole 1er samedi Matthieu 5, 43-48 ; Deutéronome 26, 16-19
Commentaire
« Vous avez appris »
Il y a tellement de choses, que l’on apprend ou que l’on a apprises, qui correspondent à des règles, des lois, bref, un cadre de vie à respecter pour notre bien. Des règles qui sont pourtant d’une logique implacable au niveau du raisonnement : Tu donnes, je te rends ou je te donne ; Tu retires, je reprends aussi ; Tu m’invites, je te retourne l’invitation ; Tu me fais du mal, je te fais du mal…
Et pourtant, ce qui est écrit dans le Deutéronome, ce livre qui déploie l’alliance de Dieu avec son peuple, c’est-à-dire avec nous, précise quelque chose d’essentiel : « Aujourd’hui, l’Eternel, ton Dieu, te commande de mettre en pratique ces lois et ces ordonnances et tu les mettras en pratique de tout ton cœur et de toute ton âme. » Le cœur n’incite pas à faire abstraction de notre intelligence, il l’englobe. Et ça nous devons l’entendre.
Le neuf avec Jésus, et qui nous est transmis comme une bonne nouvelle, est totalement incompréhensible pour la raison. Sa parole d’autorité : « Mais moi je vous dis » ne contredit pas la Loi mais la complète en lui donnant un sens inattendu et surprenant : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent »
C’est hors de toute logique et de toute compréhension. Ce que Jésus propose est pure folie. Et, grâce à St-Paul, nous le savons, « ce qui est folie dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ». Jésus dit aussi dans l’Evangile de Jean : « Et moi, je fais exactement ce que m’ordonne le Père, vous aussi faites de même »
Mais est-ce pour autant que nous devons nous exposer pour être victime de personnes qui savent comment nous blesser et qui parfois semblent même y prendre plaisir ! Nous sommes censés aimer et pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois.
Ecouter les détenus à la prison fait apparaître, comme dans un miroir, combien nous sommes avant tout prisonnier de nous-mêmes. Pardonner c’est libérer le prisonnier que nous sommes plutôt qu’accuser l’autre ou les autres comme la cause de nos malheurs.
Aimer ceux que nous considérons comme nos ennemis est un outil de discernement et un moyen d’accéder à notre propre libération. L’essentiel n’est pas de connaître tout l’histoire vécue avec cette collègue mais de comprendre que cette violence dans la manière de nommer, exprime une blessure profonde. Le véritable ennemi est le fruit de son ressentiment profond qui la blessait et non pas l’autre. Nous sommes tous confrontés à ce que le pardon exige de nous. Nous pouvons pardonner à quelqu’un avec une intention sincère de miséricorde, en pensant vraiment à nos paroles, et pourtant désirer aussi consciemment prendre nos distances avec cette personne afin de protéger ce pardon d’éventuelles attaques futures qui pourraient mettre à l’épreuve notre désir d’aimer.
Invitation au Notre Père
Seigneur notre Dieu, Toi la Source de la vie, toute joie nous vient de toi. Dans la foi et la confiance, accueillons ces paroles d’un évangile difficile à entendre car elles sont aussi des paroles de bienveillance. Tournons notre prière vers Celui qui est notre Père.
Raymond le 28 février 26
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