mardi 3 février 2026

Liturgie de la Parole 4e mardi TO-II Marc 5,21-43 ; 2 Samuel 18, 9-10.14b.24-25a.30 – 19, 4

Réveil

Homélie

 

Les lectures d’aujourd’hui nous font passer sans transition de la tragédie à l’espérance, des larmes à la vie, du cri d’un père à la main d’un Dieu qui relève. C’est une Parole pour les jours où la foi n’est pas triomphante, mais vulnérable, tremblante, humaine.

David pleure Absalom. Pas le roi. Le père. Son fils est mort, et avec lui une part de son cœur. Ce passage est d’une vérité bouleversante : la Bible n’édulcore pas la souffrance. Elle ne la spiritualise pas trop vite. Elle la laisse crier. « Mon fils ! Absalom, mon fils ! » Il y a des prières qui ne sont que cela : un cri. Pas une formule. Pas une belle phrase. Juste un cœur à nu. Dieu ne demande jamais que nos prières soient bien formulées… il demande qu’elles soient vraies.
Le psaume nous répond : « Amour et vérité se rencontrent. » Même dans la douleur. Même quand tout semble perdu.

Jésus s’arrête : l’amour ne se presse pas. Dans l’Évangile, tout est urgence. Une fillette meurt. Une foule presse Jésus. Une femme souffre depuis douze ans. Et pourtant… Jésus s’arrête. Il ne fonce pas. Il écoute. Il laisse la rencontre interrompre son programme.
Cette femme touche son manteau. Geste minuscule. Foi fragile. Espérance presque honteuse. Et Jésus ne la laisse pas repartir anonymement. Il la regarde. Il lui parle. Il la reconnaît.
Le pape François disait : « Dieu ne passe jamais sans s’arrêter sur la blessure humaine. » L’amour de Dieu ne soigne pas à la chaîne. Il rencontre. Il relève. Il appelle par son nom.

À Jaïre, Jésus dit une parole décisive : « Ne crains pas, crois seulement. » Pas : “explique”. Pas : “comprends”. Pas : “maîtrise”. Crois.
Et Jésus prend la main de l’enfant. Un geste simple. Presque banal. Mais chargé de toute la tendresse de Dieu. Talitha koum. « Lève-toi. » C’est peut-être la phrase que Dieu murmure le plus souvent à nos vies. Quand elles sont fatiguées. Quand elles sont couchées à terre. Quand elles n’y croient plus. Bonne nouvelle : Dieu n’a jamais abandonné quelqu’un parce qu’il doutait trop.

Aujourd’hui, la Parole nous dit ceci : Dieu n’a pas peur de nos larmes. Il n’est pas dérangé par nos retards. Il ne fuit pas nos morts intérieures. Il entre là où la vie semble s’être arrêtée et il murmure : « Lève-toi. »

Pierre Hannosset 3 février 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/02/mardi-de-la-4eme-semaine-du-temps-de.html 

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