Matthieu 1, 18-24 Liturgie de la Parole 4e dimanche de l’Avent année A
Lectures : Isaïe 7,10-16 ; Romains 1,1-7 ; Matthieu 1,18-24
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Je ne sais pas si cela a été dit dans les semaines précédentes, mais j’ai été étonné par l’ordre des bougies d’Avent. Je me serais attendu spontanément à ceci : on commence par le bas et puis on monte vers Noël. Ici, en allumant de haut en bas, on descend vers Noël. Symboliquement c’est très fort. Puisqu’il est question du mystère de l’Incarnation, de Dieu qui se fait homme, c’est bien d’une descente qu’il est question : une descente dans notre humanité. Et nous sommes invités, avec le Fils de Dieu, à descendre là où nous vivons, là où nous demeurons, là où il y a des ténèbres, là où il y a de la joie. Descendre vraiment au cœur de notre humanité.
1. « A vous grâce et paix »
Revenons à Achaz et à la première lecture. Celle-ci est peut-être un petit peu difficile à comprendre si on n’a pas le contexte. On peut se poser la question simplement à la lecture du récit : pourquoi la réponse d’Achaz a-t-elle été mal reçue ? Il dit : « je ne demanderai pas de signe et je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve ». Qu’est-ce qu’on peut lui reprocher ? Pour comprendre il est important de savoir que Achaz est un tout jeune roi, le roi de Jérusalem, et qu’il vit dans la peur et les angoisses d’être dépossédé de son royaume par les deux rois auxquels il est fait allusion à la fin de la lecture, et dont le prophète dit : « ne te tracasse pas avec eux, de toute façon ce sera bientôt fini cette histoire ». Pourtant Achaz est dans l’angoisse, il est habité par la peur, il est tracassé, et il cherche comment avancer, lui qui est héritier de la promesse de Dieu puisqu’il est de la lignée de David. Et voilà que, pris de panique, il va chercher un soutien, mais il ne va pas le chercher près du Seigneur, il ne va pas le chercher près du Dieu de ses pères, le Dieu qui a libéré Moïse et le peuple, le Dieu de David. Il va le chercher en offrant des sacrifices aux idoles de la région. Non seulement il offre des sacrifices, mais il va même offrir son propre fils en sacrifice c’est-à-dire l’héritier de la promesse. Il rompt donc la promesse. En plus en appelant une force militaire pour le soutenir. Il cherche du secours, mais il ne le cherche pas du côté de la promesse et de la fidélité de Dieu. Et donc son refus de demander un signe, c’est une confirmation qu’il n’a pas confiance, il ne veut pas mettre sa confiance en Dieu. Il cherche ailleurs.
Mais alors le récit nous montre que Dieu reste fidèle : toi tu as rompu la lignée, moi je la restaure. Ta jeune épouse aura un fils. Dans ces paroles nous voyons directement la figure de Marie. Mais à ce moment-là il n’y a pas de Marie. C’est de la jeune épouse d’Achaz qu’il s’agit. Elle va avoir un fils et donc la promesse va continuer son chemin, malgré ta trahison, malgré, le refus, la recherche d’autres sauveurs, la promesse va continuer son chemin. Et dans ce sens on peut dire « à toi Achaz, grâce et bonheur, à toi, pécheur, à toi qui as failli grâce et bonheur ».
L’Évangile d’aujourd’hui, dans l’annonce à Joseph, nous ramène à cette promesse de Dieu fidèle et reprend les mots de la première lecture. Pourquoi les reprend-on ? Serait-ce que nous sommes un peu comme Achaz ? Notre monde d’aujourd’hui n’est-il pas en train de chercher son salut ailleurs, dans les sacrifices d’enfants, bien sûr pas des sacrifices directs, mais pas si indirects que cela non plus : non-respect des enfants, travail des enfants, élimination d’enfants, … Et puis en ce qui concerne la recherche de la force des puissants, on y est aussi.
Et donc cela peut nous toucher d’entendre aujourd’hui : Dieu tient sa promesse ; la situation elle est ce qu’elle est mais il traverse nos peurs et nos infidélités. A nous donc « grâce et paix de la part de Dieu en Jésus Christ ».
2. « Appelés à être saints »
Pour développer ce point, je me réfère à Joseph. Joseph appelé à être saint, appelé à être le canal pour la promesse de Dieu. Qu’est-ce que cela va signifier pour Joseph ?
Joseph est celui qui n’engendre rien, qui n’enfante pas. Mais il est celui qui met au monde. Bien sûr, pas mettre au monde physiquement. Il va mettre au monde Jésus en lui donnant le nom. Le récit nous dit : « Tu lui donneras le nom de Jésus. » C’est ta responsabilité ». Et donner le nom c’est inscrire dans l’histoire, c’est inscrire dans ce chemin de salut qu’est l’incarnation. Et tu le feras en prenant chez toi Marie. De cette manière tu permettras au Fils de Dieu d’être l’Emmanuel, d’être Dieu-avec-nous. C’est donc bien Marie et Joseph, ensemble, qui permettent à Dieu d’être l’Emmanuel, d’être Dieu-avec-nous.
Nous sommes, d’une certaine manière, dans la position de Joseph. Ce n’est pas nous qui avons mis Jésus au monde, mais nous avons notre responsabilité pour lui donner sa place dans le monde, pour lui permettre d’être Dieu-avec-nous. Et donc à la fidélité de Dieu répond notre engagement. Et la fidélité de Dieu, comme la parole de Dieu, se dit de manière différente pour chacun. Ici, chez Joseph, c’est toujours pendant qu’il dort. Ne nous tracassons donc pas quand dans notre prière nous commençons à dormir. Cela n’empêche pas Dieu de venir. Mais ce qui est important, c’est que quand Joseph se réveille, il se met en route. Et pour nous aussi, d’entendre la Parole et de nous mettre en route.
Alors, oui, accueillons aujourd’hui, pleinement, cette parole et cette bénédiction, à vous, à nous, qui sommes appelés à être saints la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Homélie
À la fin de la deuxième lecture de la lettre de Paul aux Romains, nous avons entendu : À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. A vous donc et autres personnages que l’on a vu dans les lectures. A Achaz, à Joseph, à chacune et à chacun d’entre nous, un appel à la sainteté est lancé suivi du don de la grâce et de la paix.1. « A vous grâce et paix »
Revenons à Achaz et à la première lecture. Celle-ci est peut-être un petit peu difficile à comprendre si on n’a pas le contexte. On peut se poser la question simplement à la lecture du récit : pourquoi la réponse d’Achaz a-t-elle été mal reçue ? Il dit : « je ne demanderai pas de signe et je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve ». Qu’est-ce qu’on peut lui reprocher ? Pour comprendre il est important de savoir que Achaz est un tout jeune roi, le roi de Jérusalem, et qu’il vit dans la peur et les angoisses d’être dépossédé de son royaume par les deux rois auxquels il est fait allusion à la fin de la lecture, et dont le prophète dit : « ne te tracasse pas avec eux, de toute façon ce sera bientôt fini cette histoire ». Pourtant Achaz est dans l’angoisse, il est habité par la peur, il est tracassé, et il cherche comment avancer, lui qui est héritier de la promesse de Dieu puisqu’il est de la lignée de David. Et voilà que, pris de panique, il va chercher un soutien, mais il ne va pas le chercher près du Seigneur, il ne va pas le chercher près du Dieu de ses pères, le Dieu qui a libéré Moïse et le peuple, le Dieu de David. Il va le chercher en offrant des sacrifices aux idoles de la région. Non seulement il offre des sacrifices, mais il va même offrir son propre fils en sacrifice c’est-à-dire l’héritier de la promesse. Il rompt donc la promesse. En plus en appelant une force militaire pour le soutenir. Il cherche du secours, mais il ne le cherche pas du côté de la promesse et de la fidélité de Dieu. Et donc son refus de demander un signe, c’est une confirmation qu’il n’a pas confiance, il ne veut pas mettre sa confiance en Dieu. Il cherche ailleurs.
Mais alors le récit nous montre que Dieu reste fidèle : toi tu as rompu la lignée, moi je la restaure. Ta jeune épouse aura un fils. Dans ces paroles nous voyons directement la figure de Marie. Mais à ce moment-là il n’y a pas de Marie. C’est de la jeune épouse d’Achaz qu’il s’agit. Elle va avoir un fils et donc la promesse va continuer son chemin, malgré ta trahison, malgré, le refus, la recherche d’autres sauveurs, la promesse va continuer son chemin. Et dans ce sens on peut dire « à toi Achaz, grâce et bonheur, à toi, pécheur, à toi qui as failli grâce et bonheur ».
L’Évangile d’aujourd’hui, dans l’annonce à Joseph, nous ramène à cette promesse de Dieu fidèle et reprend les mots de la première lecture. Pourquoi les reprend-on ? Serait-ce que nous sommes un peu comme Achaz ? Notre monde d’aujourd’hui n’est-il pas en train de chercher son salut ailleurs, dans les sacrifices d’enfants, bien sûr pas des sacrifices directs, mais pas si indirects que cela non plus : non-respect des enfants, travail des enfants, élimination d’enfants, … Et puis en ce qui concerne la recherche de la force des puissants, on y est aussi.
Et donc cela peut nous toucher d’entendre aujourd’hui : Dieu tient sa promesse ; la situation elle est ce qu’elle est mais il traverse nos peurs et nos infidélités. A nous donc « grâce et paix de la part de Dieu en Jésus Christ ».
2. « Appelés à être saints »
Pour développer ce point, je me réfère à Joseph. Joseph appelé à être saint, appelé à être le canal pour la promesse de Dieu. Qu’est-ce que cela va signifier pour Joseph ?
Joseph est celui qui n’engendre rien, qui n’enfante pas. Mais il est celui qui met au monde. Bien sûr, pas mettre au monde physiquement. Il va mettre au monde Jésus en lui donnant le nom. Le récit nous dit : « Tu lui donneras le nom de Jésus. » C’est ta responsabilité ». Et donner le nom c’est inscrire dans l’histoire, c’est inscrire dans ce chemin de salut qu’est l’incarnation. Et tu le feras en prenant chez toi Marie. De cette manière tu permettras au Fils de Dieu d’être l’Emmanuel, d’être Dieu-avec-nous. C’est donc bien Marie et Joseph, ensemble, qui permettent à Dieu d’être l’Emmanuel, d’être Dieu-avec-nous.
Nous sommes, d’une certaine manière, dans la position de Joseph. Ce n’est pas nous qui avons mis Jésus au monde, mais nous avons notre responsabilité pour lui donner sa place dans le monde, pour lui permettre d’être Dieu-avec-nous. Et donc à la fidélité de Dieu répond notre engagement. Et la fidélité de Dieu, comme la parole de Dieu, se dit de manière différente pour chacun. Ici, chez Joseph, c’est toujours pendant qu’il dort. Ne nous tracassons donc pas quand dans notre prière nous commençons à dormir. Cela n’empêche pas Dieu de venir. Mais ce qui est important, c’est que quand Joseph se réveille, il se met en route. Et pour nous aussi, d’entendre la Parole et de nous mettre en route.
Alors, oui, accueillons aujourd’hui, pleinement, cette parole et cette bénédiction, à vous, à nous, qui sommes appelés à être saints la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Père Bernard Peeters s.j. Hurtebise le 21 décembre 25
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