mercredi 19 janvier 2022

Liturgie de la Parole – 2e mercredi TO

(Rosy)

Introduction

Les deux lectures de ce jour sont marquées par la peur, la haine, la volonté de mettre à mort…

On peut admirer le petit David, il n’empêche que cet épisode du combat contre Goliath - et donc les Philistins - est un sommet de violence sans retour. Jésus aussi se trouve face à un « clan » ennemi mais il vient nous montrer comment réagir dans l’adversité.

Que le chant des psaumes nous fasse entrer dans l’accueil de la Parole.

Commentaire

Comment vous représentez-vous David devant Goliath ? Petit berger, roux et beau, déjà oint pour le Seigneur… ? Tant d’artistes l’ont représenté !

Mais je parie que la plupart d’entre nous ont aussi l’image du David de Michel-Ange. Célèbre dès la création de l’œuvre par l’exploit du sculpteur d’avoir travaillé un bloc de marbre crevassé dont on  n’avait rien pu tirer.

Je suis frappée par le paradoxe que représente ce chef-d’œuvre. Une statue colossale – 5,17 m ! – pour représenter un « enfant » comme le dit Saül.

Ce qui est drôle c’est que Goliath, d’après la Bible, avait à peine 3 m !

Michel Ange est un des rares qui a choisi de représenter David au moment de sa plus grande vulnérabilité, avant le combat. Il est seul , sans protection, avec sa petite fronde, une arme de chasse, presque un jouet. Beaucoup d’autres ont préféré le représenter vainqueur, le pied sur le corps du géant décapité, son épée ensanglantée à la main… renforçant l’image de violence.

Michel-Ange a fait de David une statue immense ! Le récit souligne la disproportion entre la force de Goliath et la faiblesse de David !

Mais, en présence de Dieu, comme l’artiste le manifeste, le rapport s’inverse.

Jésus est le fils de David, car il fait triompher la vie de la mort, en dépit de sa propre fragilité.

Cet épisode est évidemment très connu : il faut dire qu’il occupe un chapitre entier du premier livre de Samuel. A noter que dans le second livre de Samuel, en un seul verset, David en tuera 4, de géants, tous plus menaçants les uns que les autres, tous venant de Gath comme Goliath !

Mais le dessein de David semble assez mitigé, car – nous ne l’avons pas lu – il s’est d’abord amplement renseigné sur la récompense promise par le roi !

« David contre Goliath » L’expression reste utilisée jusqu’à ce jour, mais dans un sens déformé : car aujourd’hui, dans le combat de David contre Goliath, c’est le plus souvent Goliath qui gagne !

Ce qui sauve cet épisode, ce sont les mots: d’une part, bien sûr, ce sont malédictions, insultes, menaces, mais dans la bouche de Saül et de David, c’est l’idée que le Seigneur accompagne, combat, sauve. Avec lui, osons donc défier les géants qui nous menacent !

 L’évangile nous rapporte un autre combat : celui du Fils de David qui sauve un homme de son infirmité, mais surtout qui tente de sauver ces interlocuteurs qui sont esclaves de la loi. Comme David, Jésus est vulnérable face à ses opposants qui vont en effet décider de sa mise à mort.

Le texte rapporte peu de paroles, et uniquement dans la bouche de Jésus. Les pharisiens ont peur de parler, et l’homme doit être bouche bée, déjà mal pris d’être ainsi au centre.

Par contre, nous connaissons les sentiments de Jésus : il est partagé entre colère et tristesse.

Il l’exprime clairement et longuement en parcourant le groupe des yeux.

Jésus est blessé par l’endurcissement des cœurs. Et pourtant, il ne désespère pas, il est clair qu’il veut encore faire une tentative, à ses risques et périls. A eux qui aiment discuter et palabrer, il pose deux questions qui n’en font qu’une, des questions en lien direct avec leurs convictions : « est-il permis ? » Et lui, le sauveur, demande : « est-il permis de sauver ? »

Quelle force dans cette question ! Je lis cela comme une porte ouverte, une dernière chance de changer leur point de vue, de se laisser interpeler, de se convertir.

Que nous apprennent les protagonistes de ce court épisode ?

Le groupe des pharisiens nous met en garde contre nos penchants légalistes, mais surtout – je pense – il nous invite à ne pas juger, même pas à traiter les pharisiens de… pharisiens !

L’infirme manifeste combien l’action de Jésus est sans condition. Connaît-il Jésus ? A-t-il la foi ? Qu’attend-il ? Il se contente d’exécuter les ordres de Jésus : lève-toi – viens – étends.

Il ne demande rien, ne déclare rien, ne remercie pas… A-t-il même reconnu son sauveur ? Mais c’est la première parole de Jésus qui le met debout ! Cela lui permet de s’avancer et d’affronter les regards. Jésus a besoin de chacun d’entre nous, et ce n’est pas à nous à juger du possible.

Et enfin, bien sûr, il y a Jésus qui n’a de cesse d’aller vers ceux qui refusent le Royaume, car c’est bien lui qui prend l’initiative.

Pour lui aussi, tout passe dans son regard quand il les regarde longuement…

Essayons de nous laisser interpeler par ce regard, laissons-nous regarder par Jésus !

Comment ne pas entendre ce désir de Jésus de nous voir marcher avec lui.

Il nous appelle sans fin à la conversion qui nous rapprochera de lui et de nos frères.

 Notre-Père

Jésus nous a montré toute la force de son amour pour les hommes. Il nous a invité à nous tourner tous ensemble vers son père qui est notre père. Prions avec les mots qu’il nous a appris.

 Oraison

Seigneur Jésus, tu viens sans cesse à nous, tu nous regardes, tu nous mets debouts, tu nous prends à ton service. Tu n’attends que notre acquiescement à ton dessein divin. Donne-nous de te répondre en nous levant, en nous avançant… en te faisant une totale confiance.

Nous te le demandons, toi qui es vivant, avec le Père et l’Esprit, aujourd’hui et pour toujours.


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