vendredi 9 juillet 2021

Liturgie de la Parole, 14e vendredi TO

 (Sr Samuel)

"Prenez garde aux hommes" (Père Jean Lévêque)

Mt  10,16-23

 ²Devant les épreuves que connaissent actuellement nos communautés, paroissiales, diocésaines ou monastiques, nous nous surprenons à dire à Dieu,  dans notre prière : "Seigneur, où es-tu ?", un peu comme les psalmistes, qui s'écriaient : "Pourquoi dors-tu, Seigneur ?"

L'Évangile d'aujourd'hui nous répond en nous replaçant devant deux certitudes, apparemment opposées :

          - le Seigneur Jésus continue de nous envoyer : "Voici que moi, je vous envoie " ...

          - le Seigneur sait que la mission dépasse nos forces; il sait que nous sommes démunis: " ... Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups".

 Mission risquée, mission dangereuse, mission impossible aux hommes seuls, et qui ne devient pensable qu'avec la force de Dieu .

Si nous regardions le rapport des forces uniquement du point de vue humain, il y aurait de quoi désespérer : brebis au milieu des loups, nous sommes battus d'avance, mangés d'avance. Et de fait, au cours des siècles, des milliers de disciples de Jésus ont payé de leur vie leur fidélité à l'Évangile. De nos jours encore des chrétiens sont enfermés, torturés, liquidés par les loups.

Pourtant, chaque  jour, comme au premier jour, nous entendons le Christ nous redire : "Je vous envoie".

 Quelle consigne nous donne-t-il pour cette confrontation avec le monde du refus ?

C'est une sorte d'énigme, une sorte de proverbe insaisissable, qui offre deux faces, mais dont on ne peut jamais savoir quel est l'endroit et quel est l'envers:

 "Soyez avisés comme les serpents, et candides comme les colombes".

 Non pas : tantôt avisés et tantôt candides, selon les personnes et les situations ; mais à la fois avisés et candides. C'est donc un équilibre sans cesse à trouver et qui n'est jamais donné une fois pour toutes ; c'est une non-violence volontaire, c'est-à-dire le refus de répondre à la haine par la haine, à l'agressivité par l'agressivité.

Nous aimerions écarter les résistances par les méthodes dont les hommes usent pour saisir le pouvoir et le garder, pour prendre la parole et l'imposer, pour se pousser en avant et occuper l'espace. Et Jésus nous suggère la douceur, qui est la grande force de ceux qui ne passent pas en force.

 Il est vrai que cette non-violence du cœur nous mettra parfois en position de faiblesse. C'est alors qu'agira la puissance de l'Esprit , au point que le disciple de Jésus ne devra même plus se soucier de sa propre défense ; il devra rester brebis jusqu'au bout : "Lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n'est vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous".

 Quelle force pour nous dans ces paroles du Seigneur ; quelle lumière pour la vie communautaire !

Nous pouvons aller jusqu'au bout de la douceur, nous pouvons chasser de notre cœur jusqu'à la moindre miette de violence, d'amertume ou de sévérité : si nous sommes dénigrés ou attaqués pour notre foi, l'Esprit de Dieu parlera en nous.

De même, lorsque nous nous sentons traînés devant le tribunal du jugement des autres, tout notre soin doit être, non pas de préparer notre justification ou de remâcher notre défense, mais de nous en remettre à l'Esprit de notre Père, qui veut parler en nous. C'est lui qui se charge de notre honneur, de notre droit, de la justice qui nous est due; et quand nous avons pris le chemin du pardon, c'est lui qui assume la tâche de liquider tous les conflits, d'effacer tout le passé d'ignorance et d'incompréhension entre deux frères ou deux sœurs ; c'est lui, l'Esprit de Jésus, qui tisse des liens nouveaux et recrée à neuf tous les liens distendus.

C'est lui qui peut nous garder dans la paix,

          sans illusions, comme le serpent, qui sait se taire, attendre et regarder,

          sans inhibition, comme la colombe, qui ose rester libre, malgré les pièges et les filets.

 Très souvent, lorsque nous voudrions parler en laissant voir les crocs, pour nous protéger ou pour défendre des idées chères, les options que nous avons prises ou le style de vie qui nous passionne, mieux vaut redevenir brebis et nous ouvrir à la paix de l'Esprit, afin de mieux entendre, en nous et parmi nous, la voix du Berger.

mardi 6 juillet 2021

Liturgie de la Parole, 14e mardi TO

 

(sœur Jean-Baptiste)

Introduction :

Aujourd'hui la liturgie nous offre en 1ère lecture le combat de Jacob. Que peut  signifier ce combat pour nous ? L'évangile nous montrera Jésus guérissant un possédé sourd-muet, la foule est dans l'admiration, les pharisiens sont dans la critique négative. Ensuite un résumé de l'activité de Jésus, de son émotion devant les foules sans berger et l'invitation de Jésus à ses disciples de prier, ce que nous allons faire maintenant avec le chant des psaumes.

Méditation :

Qui de nous n'a pas eu un jour ou l'autre à combattre avec Dieu ? Le combat de Jacob préfigure celui de Jésus au jardin de Géthsémani mais aussi le nôtre.  De quelle manière ?

Après avoir fait passer en avant de lui ses 2 femmes, ses 2 servantes et ses onze enfants ainsi que tout ce qui lui appartenait, Jacob reste seul. Il a fui son beau père Laban et il retourne dans son pays mais il a peur car il a appris que son frère Esaü qui a juré de se venger vient à sa rencontre. Jacob a besoin de réfléchir, de prendre des décisions pour savoir comment  donner suite à son voyage. La  solitude, la nuit,  mais peut être aussi la nuit spirituelle,  celle des sens où tout est noir, on ne sait plus que faire, vers qui se tourner.  Jacob se trouve donc là, seul,  sans doute affolé à l'idée de devoir affronter son frère et voilà que quelqu'un lutte avec lui. Quelqu'un ! Un inconnu ! Cette incertitude quand à l'adversaire accroît encore son trouble. Combat physique ou lutte avec tout ce qui remonte en lui, ses pensées, ses souvenirs, les faits et gestes qu'il a posé. Combat que nous pouvons imaginer et que chacun a pu vivre à un moment décisif de sa vie, combats que l'humanité vit  également. Combat qui s'éternise où l'on a comme l'impression qu'il n'aura pas de fin, combat qui dure toute la nuit jusqu'à l'aurore.

Que fait cet inconnu avec lequel Jacob lutte ? Il le frappe au creux de la hanche. Ce combat est bien réel puisque Jacob en ressort blessé à vie, il restera boiteux. Marque indélébile de sa lutte. Jacob ne sait toujours pas avec qui il combat mais il lui demande de le bénir. L'inconnu lui demande alors son nom et lui dit : « Ton nom ne sera plus Jacob mais Israël c.à.d. Dieu lutte parce que tu as lutté avec Dieu et avec des hommes et tu l'as emporté. » Nous savons maintenant qui est cet inconnu, c'est Dieu lui-même. Ce grand combat de Jacob est le symbole du combat de la prière dans lequel nous sommes si souvent affrontés avec Dieu et avec nous-mêmes.
Pourquoi Jacob demande t-il à l'inconnu de le bénir ? Rappelons-nous comment Jacob avait usurpé à son père Isaac la bénédiction qui revenait à son frère Esaü. La rencontre avec son frère l'angoisse car il pense que Dieu l'a abandonné et il doute de cette bénédiction reçue. C'est pourquoi il va supplier Dieu, toute la nuit, vrai combat pour que Dieu lui redonne sa bénédiction et le délivre de la main de son frère. 
Dans notre vie après une rencontre plus profonde et intense avec Dieu dans la prière, nous ne sortons pas indemnes.  De l'épreuve, notre foi s'est affermie, plus confiante et abandonnée, nous sommes dépouillés, debout mais blessés, blessure qui nous rappellera toujours que Dieu nous est présent et ne nous abandonnera jamais.

Jacob a prié, il a poursuivi son voyage sans réponse directe et pourtant Dieu l'a entendu puisque les deux frères vont se rencontrer et se réconcilier.

Dans l'évangile, nous voyons Jésus demander à ses disciples de prier pour que Dieu, le « maître de la moisson » réponde à leurs appels et que les foules aujourd'hui comme hier ne manquent pas de pasteurs.

 Aux pères du désert à qui l'on demandait ce qui est le plus difficile dans leur vie,  ils répondaient la prière. Belle et magnifique tâche à laquelle nous sommes tous invités.

Notre Père

Comme Jésus nous l'a demandé prions Dieu avec les mots que lui même nous a donnés

Conclusion :

Père très bon, la prière est un des lieux privilégiés pour te rencontrer et pour porter auprès de toi les besoins de l'humanité et nos propres besoins. Fais nous la grâce de tenir bon et de  persévérer malgré l'aridité, les difficultés et aussi ton silence dans ce combat au coeur de notre vie.

Béni tous ceux qui se tournent vers toi et te prient parfois sans le savoir. Nous te le demandons par ...

lundi 5 juillet 2021

Liturgie de la Parole, 14e lundi TO

Liturgie de la Parole 14e lundi TO-I Matthieu 9,18-26 ; Genèse 28, 10-22a

 (Sœur Marie-Jean)

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

Vision, guérison, résurrection.

Trois manifestations de Dieu nous sont rapportées aujourd’hui en ce 14e lundi du Temps ordinaire…

Dans le premier Testament, l’extrait de la Genèse est celui du songe de Jacob et de la théophanie dont Dieu le gratifia à Béthel :

« Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac »

Les bienfaits que Dieu accorde à Jacob sont nombreux : une terre, une descendance, la bénédiction pour « toutes les familles de la terre » et, surtout, le compagnonnage de Dieu (« Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras… »).

Dans l’évangile de Matthieu, deux péricopes « en sandwich », comme disent les exégètes, c’est-à-dire imbriquées l’une dans l’autre :

·       Un notable qui supplie Jésus pour sa fille, morte à l’instant.

·       Une femme souffrant d’hémorragie depuis douze ans.

Les bienfaits ne sont pas moindres que dans la Genèse : Jésus leur accorde la vie, à l’une et à l’autre.

 Et nous, aujourd’hui ?

En cet aujourd’hui qui est nôtre, en notre quotidien, en notre monde, Dieu se manifeste, comme il le fit jadis.

Pour le percevoir, nous nous laisserons guider par un Spirituel du 17e siècle, le chantre de la « présence de Dieu ».

Commençons par tourner nos regards vers le Seigneur, en recueillant les intentions des hommes et femmes de notre temps.

Qu’il s’agisse des peines ou joies de notre humanité, Dieu s’en montre participant, compatissant, comme le chante le psalmiste :

« Il m’appelle, et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve »

 

Méditation

Pour accueillir l’intervention de Dieu en nos vies, il convient que nous nous montrions réceptifs, accueillants, disponibles…

Se tenir en la présence de Dieu.

Et, « à force de le considérer de la sorte, nous prenons une sainte liberté pour lui demander les grâces dont nous avons besoin »[1].

Cette citation est de l’auteur annoncé dans l’introduction, un spirituel du 17e siècle, « un cuisinier, qui connaît le stress, la surexcitation des heures de pointe, le mécontentement des consommateurs et le manque de reconnaissance, la monotonie des gestes et la fatigue, le désordre auquel il faut remédier et les éternelles petites vaisselles…

C’est à partir de cette base-là… qu’il invite à se créer des moments d’intériorité et de Présence, à profiter des nombreux moments ‘perdus’ au cours d’une journée… »[2]

Il s’agit du frère Laurent de la Résurrection, frère convers des Carmes déchaux de Paris, cuisinier de la Communauté, qui appréciait sans doute la déclaration de la Madre Thérèse d’Avila :

« Le Seigneur se trouve aussi au milieu des marmites »[3]

 Pour recueillir le secret de sa vie, écoutons sa réponse à un religieux qui lui demandait un jour de quel moyen il se servait pour acquérir une habitude de la présence de Dieu :

« Au commencement de mes occupations, je disais à Dieu avec une conscience filiale : ‘Mon Dieu, puisque vous êtes avec moi, et que par votre ordre je dois appliquer mon esprit à ces choses extérieures, je vous prie de me faire la grâce de demeurer avec vous et de vous tenir compagnie, mais afin que cela soit mieux, mon Seigneur, travaillez avec moi, recevez mes œuvres et possédez toutes mes affections’.

Enfin, pendant mon travail, je continuais à lui parler familièrement, à lui offrir mes petits services et à lui demander ses grâces.

A la fin de l’action, j’examinais de quelle manière je l’avais faite ; si j’y trouvais du bien, j’en remerciais Dieu ; si j’y remarquais des fautes, je lui en demandais pardon, et sans me décourager, je rectifiais mon esprit et recommençais à demeurer avec Dieu comme si je ne m’en étais (litt. « fusse ») pas écarté.

Ainsi, me relevant après mes chutes, et par la multiplicité des actes de foi et d’amour, je suis venu à un état où il me serait aussi peu possible de ne point penser à Dieu qu’il m’a été difficile de m’y accoutumer au commencement »[4]

 Demandons à Dieu la grâce de nous familiariser avec cette présence, de la désirer, et, dans le sillage du frère Laurent, d’en apprendre « le métier »[5].

« Cette présence de Dieu… y attire en abondance les grâces du Seigneur »[6]

Tournons nos regards vers le Seigneur avec confiance et redisons-Lui, avec le psalmiste :

« Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

 

Temps de silence

 

Notre Père :

Avec Jésus, redisons la prière qu’Il nous a enseignée…


Oraison

Seigneur notre Dieu, les interventions du Dieu d’Israël, celles de Jésus lors de son ministère terrestre ont témoigné de la présence de Dieu auprès de chacun, pourvu que cette présence soit accueillie, désirée, sollicitée. Regarde notre désir, entends notre appel de ta manifestation en chacun de nous et en nos vies, aujourd’hui. Accorde-nous de nous tourner vers Toi, tout au long du jour. Alors, tu pourras nous offrir les grâces que tu nous destines. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils Ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

[2] Conrad De Meester, 1996, p. 43.

[3] S. Thérèse d’Avila, Le Livre des fondations, 5, 8.

[4] Conrad De Meester, 1996, p. 72-73.

[5] Conrad De Meester, 1996, p. 44.

[6] Conrad De Meester, 1996, p. 44.

samedi 3 juillet 2021

Liturgie de la Parole, saint Thomas

Liturgie de la Parole 3 juillet fête de saint Thomas Jean 20, 24-29 ; Ephésiens 2, 19-22

(sœur Marie-Christine)

Mot d'accueil:

Bonjour à chacun, à vous qui êtes à Hurtebise, à ceux qui nous rejoignent par zoom, à ceux qui ne peuvent nous rejoindre mais nous sont unis!

En ce 3 juillet nous fêtons l'Apôtre Saint Thomas. « Selon une antique tradition, Thomas évangélisa tout d'abord la Syrie et la Perse... se rendit ensuite jusqu'en Inde occidentale... d'où il atteignit également l'Inde méridionale. »[1] Il fut donc un missionnaire ardent de la Bonne Nouvelle de Jésus mort et ressuscité par amour pour nous, lui « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14,6).

Nous pouvons porter tout particulièrement dans notre prière les chrétiens de ces régions et chanter les psaumes en union avec eux « membres de la même famille de Dieu. » (cf.1ère lecture : Éphésiens 2,19)

 Méditation:

La 1ère lecture nous résume notre vocation de chrétiens, membres d'un corps en « construction pour devenir par l'Esprit Saint la demeure de Dieu ». C'est vrai de l'ensemble du corps des chrétiens et de chacun d'eux. Chacun de nous peut se dire et se répéter « En Jésus toute la construction » que je suis « s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint le Seigneur », un lieu où il a choisi de demeurer. Même si nous nous sentons d'avantage une cabane des bois, que la demeure de Dieu!

En Jésus, toute la construction s’élève harmonieusement, oui harmonieusement malgré les apparences car Dieu ne regarde pas comme les hommes, Dieu regarde le cœur, Dieu construit du beau avec du matériel pauvre, ces pierres vivantes si variées, si ordinaires, qu’il intègre dans la construction de son temple, de sa famille.

Comme le chante le Psaume « son amour envers nous s'est montré le plus fort, éternelle est la fidélité du Seigneur » (Psaume 116).

 Cet amour s'est montré le plus fort pour saint Thomas dont l'évangile nous rapporte l'incrédulité si précieuse pour nous. Jésus est vivant, ce n'est pas évident ! Et Thomas, pour le croire, veut voir, non son visage, mais ses plaies de crucifié. Le visage cela pourrait être quelqu'un qui ressemble à Jésus, les plaies de crucifié impossible de les contrefaire !

« Thomas considère que les signes caractéristiques de l'identité de Jésus sont à présent surtout les plaies, dans lesquelles se révèle jusqu'à quel point Il nous a aimés. En cela, l'Apôtre ne se trompe pas. Comme nous le savons, huit jours après, Jésus réapparaît parmi ses disciples, et cette fois, Thomas est présent. Jésus l'interpelle: "Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d'être incrédule, sois croyant" (Jn 20, 27). Thomas réagit avec la plus splendide profession de foi de tout le Nouveau Testament: "Mon Seigneur et mon Dieu!" (Jn 20, 28). À ce propos, saint Augustin commente: Thomas "voyait et touchait l'homme, mais il confessait sa foi en Dieu, qu'il ne voyait ni ne touchait. Mais ce qu'il voyait et touchait le poussait à croire en ce que, jusqu'alors, il avait douté" (In Iohann. 121, 5)… Le cas de l'Apôtre Thomas est important pour nous au moins pour trois raisons:  la première, parce qu'il nous réconforte dans nos incertitudes; la deuxième, parce qu'il nous démontre que chaque doute peut déboucher sur une issue lumineuse au-delà de toute incertitude; et, enfin, parce que les paroles qu'il adresse à Jésus nous rappellent le sens véritable de la foi mûre et nous encouragent à poursuivre, malgré les difficultés, sur notre chemin d'adhésion à sa personne.»[2]

Le Seigneur construit sa demeure en nous, avec nous, par nous, avec nos doutes et nos professions de foi, avec nos peurs et notre confiance, avec nos désirs de toucher pour croire et nos acceptations de croire sans avoir vu… Quel que soit notre attitude intérieure il nous dit :’’ « la paix soit avec toi », ne crains pas, je suis le Vivant. Laisse l’Esprit Saint agir et te faire devenir ce que tu es : la demeure de Dieu. Laisse-le t’harmoniser à la grande demeure de Dieu qu’est le peuple de tous mes disciples’’.

 Introduction au Notre Père :

Nous ne sommes plus des étrangers ni des gens de passage, dans le Christ, par l’Esprit nous pouvons chanter en communion avec tous les baptisés la prière du Seigneur.

 Prière d’envoi :

Seigneur, tu es le Chemin, la Vérité et la Vie. En toi, toute la construction de la famille de Dieu s’élève harmonieusement. Ton amour se montre plus fort que les doutes, les incrédulités, les infidélités. Tes blessures d’amour nous guérissent et tu nous offres ta paix.

Renouvelle-nous dans la relation vivante et vivifiante avec toi. Que nous te touchions et te voyions par les yeux du cœur. Qu’ensemble nous collaborions à l’édification de ta famille. Que celle-ci, enrichie par sa diversité, grandisse dans l’unité. Toi qui nous aimes et nous conduis au Père par l’Esprit dès maintenant et pour la vie éternelle.

[1]          -Benoit XVI audience générale 27 septembre 2006: https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060927.html

[2]          -Benoit XVI audience générale 27 septembre 2006:

jeudi 24 juin 2021

Saint Jean-Baptiste

 (sœur Jean-Baptiste)

Méditation :

Une naissance nous place devant le mystère infini de la vie, face à l'enfant nous sommes projetés vers l'avenir et nous pouvons redire avec tous ceux qui sont venus entourer Elisabeth et Zacharie lors de la circoncision de Jean Baptiste : « Que sera donc cet enfant ? »

Cet enfant que nous fêtons en ce jour, nous savons ce qu'il est devenu et en feuilletant les évangiles nous le redécouvrirons à nouveau.

Dès le Prologue  de son évangile St jean nous dit :

« 06 Il y eut un homme envoyé par Dieu ;son nom était Jean.

07 Il est venu comme témoin,

pour rendre témoignage à la Lumière,

afin que tous croient par lui.

08 Cet homme n’était pas la Lumière,

mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Deux traits caractérisent Jean le Baptiste : il est envoyé et il est témoin.

Sa mission, il l'a reçu de Dieu pour « rendre témoignage. »

Son témoignage nous est rapporté quelques versets plus loin, tout en négatif : Je ne suis pas le Christ, je ne suis pas Elie ni le prophète et une note positive : je suis la voix.
La voix qui annonce Celui qui vient derrière lui mais qui avant lui était. Il ne le connaissait pas mais envoyé pour baptiser dans l'eau, il le reconnu grâce à l'Esprit  qui reposa sur lui tel une colombe.

Après avoir reconnut celui qu'il annonçait, Jean le désigne comme :  « l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. ».

Poursuivant sa mission de baptiser Jean se présente lui-même à ceux qui l'interroge de nouveau comme « l'ami de l'époux :

« Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. 29 Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. 30 Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »

Jean a accompli sa mission, il a préparé le chemin, il a ouvert la voie au Christ  et il lui a rendu témoignage ; maintenant il s'efface pour laisser toute la place a celui qui venait après lui.

Si Jean Baptiste a rendu témoignage au Christ, celui-ci lui a également rendu témoignage. Toujours dans St jean au ch. 5 Jésus dit du Baptiste : « Jean était la lampe qui brûle et qui brille. » Jean a donc bien répondu a sa mission : il a rendu témoignage à la lumière mais il n'était pas la lumière. Jésus ne l'a pas appelé à faire partie de son entourage, ni à être un de ses disciples ni à vivre dans son intimité comme les apôtres mais cela n'est pas le signe  d'un moindre amour de la part de Jésus car il a fait, à la foule, un magnifique éloge de Jean alors que celui-ci était dans sa prison et se demandait si Jésus était bien celui qu'il avait annoncé :

«Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? 8 Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. 9 Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. 10 C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. 11 Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; Mt 11,7-11

Jean a cru a sa mission même si ce qu'il entendait dire de Jésus ne correspondait pas à l'idée qu 'il avait du Messie. Il a gardé confiance et jusque dans sa mort il a été le précurseur de Celui qu'il avait annoncé rendant témoignage à la vérité jusqu'au bout. Jean a vécu dans son être spirituel ce qu'il pressentait de sa mission et l'exprimait en disant : «  il faut que lui grandisse et que moi je diminue » vivant par avance l'idéal formulé par St Paul : «  Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Gal, 2,20 et ainsi Jean a achevé sa course se consumant comme la petite lampe qu'il fut et qui a su réjouir par sa lumière le cœur de ceux qui sont venus le trouver au bord du Jourdain.