mercredi 13 avril 2022

Liturgie de la Parole, mercredi de la Semaine sainte

 (Isabelle)

 Introduction

 Nous allons entendre une première lecture du livre d’Isaïe, au chapitre 50 (Is 50, 4-9a). Avec ce verset 4 qui en a inspiré plus d’un : « Chaque matin, le Seigneur éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute ». C’est très bénédictin, ça !

 L’évangile du jour est de Matthieu, au chapitre 26. Il nous parle de Judas. Nous en avons entendu parler hier, par deux fois. Vous savez que les titres donnés aux lectures de l’évangile, reprennent en général un verset significatif du texte. Aujourd’hui, l’AELF donne : « Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit ; mais malheureux celui par qui il est livré ! » (Mt 26, 14-25). En effet, malheureux ce Judas, qui laisse à la postérité l’image d’un traître, possédé du démon.

 Chantons les psaumes et entrons en prière.

 

Méditation

 Si nous nous contentons d'une lecture au premier degré de ce passage de l’évangile de Matthieu, nous ne verrons en Judas que celui qui a livré le Christ et que l'on nous présente souvent comme un traître.

 Ne cherchons pas à comprendre la personnalité de ce disciple dont l'évangile ne nous dit pas grand-chose finalement, sinon que pendant plus de trois ans, il a été un proche de Jésus. Jésus l’appelait « mon ami ». C’est tout dire ! N'essayons pas non plus de tirer une leçon morale de ce texte, mais méditons-le dans une perspective théologique, pour nous plonger dans le mystère pascal et le triduum qui s'annonce. Nous y verrons alors un "Judas Soleil" comme l’appelle Anne Soupa[1].

 Judas, de la Tribu de Juda, le seul non galiléen des douze. L’ancêtre, Juda (sans « s »), rappelez-vous Gn 37, avait réussi, sans le vouloir directement, à transformer le projet de mort de ses frères en une source de vie, en s'interposant pour que Joseph ne soit pas tué. Joseph a été vendu à une caravane de passage. Il sortira les Hébreux d’Egypte. Joseph dira (c’est tout à la fin du livre de la Genèse - Gn 50, 20) : « Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux ».

 Ce Judas-ci (avec un « s ») va livrer Jésus. Jésus n'est pas mort parce que Judas l'a livré ! Jésus est mort parce que le dessein salutaire de Dieu s'accomplit par sa mort. Il s'accomplit à travers cette « livraison » par Judas, qui a presque le sens de « donné ». « Corps du Christ livré pour nous. Sang du Christ versé pour nous. », chantons-nous lors de l’eucharistie. « Corps du Christ livré pour nous ». Jésus se révèle Sauveur de l’humanité,  humanité dans laquelle le mal existe, un mal que Judas est sans doute incapable de combattre, un mal avec lequel il faut apprendre à vivre, sans le gommer.

 Dans cet évangile, Matthieu nous parle de celui qui est « le déclencheur » de la Passion du Christ : Judas. Tout ce que le christianisme apporte d’original sur le mal se lit dans ce texte, à travers le respect de Jésus envers Judas, de la liberté qu’il lui laisse, alors qu’il sait qu’il va le livrer. Cet évangile nous parle de foi, de cette possibilité que nous avons de choisir la vie, l’alliance avec un Dieu qui appelle à la liberté et au bonheur. De la liberté que nous avons de dire « oui » ou « non » à l’invitation à suivre le Christ. Judas semble avoir opté pour le « non ».

 « Malheureux celui par qui il est livré ». Malheureux Judas ! Humain trop humain, qui n’arrive pas à faire vivre cette amitié du Christ et qui, déçu sans doute et désespéré, n’a pas compris que le Christ l’a considéré comme un homme libre, un sujet à part entière – ne lui lavera-t-il pas les pieds, ne l’invitera-t-il pas à son dernier repas ? –. Malheureux Judas qui n’a pas compris que Jésus entend son malheur, le plaint de ce qu’il va endurer (« il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né »), ne le condamne pas et l’aimera, comme les autres, jusqu’au bout. Malheureux Judas qui n’a pas écouté la parole de Jésus.

 Et en même temps, Heureux Judas ! Heureux Judas qui n’est pas exclu. Heureux Judas dont Jésus prend sur lui le mal, Judas qui bénéficie, même s’il ne s’en rend pas compte, du pardon accordé à la multitude.  

 « Judas », lui dit Anne Soupa en conclusion de son livre, « nous autres, lecteurs des évangiles, nous t’avons accompagné et nous t’accompagnerons encore, de Semaine sainte et Semaine sainte, en silence et en paroles, car ton histoire pénètre jusqu’à la moelle de nos os. Et à chaque fois, il nous reviendra de transformer ce que nous aurons appris de toi, à cause de toi et avec toi, en une leçon de sagesse et de vie ».

 Notre Père

Nous nous tournons vers Toi, Seigneur, et avec Jésus, Ton fils, nous redisons la prière qu’il nous a enseignée : …

 Oraison

Seigneur, nous te prions avec les chrétiens d’Ukraine, en utilisant les paroles de la divine liturgie de Saint Jean Chrysostome :

Seigneur notre Dieu, toi dont la force est incomparable, la gloire incompréhensible, la miséricorde infinie et l’amour pour les hommes ineffable, toi, selon ta miséricorde, jette ton regard sur nous et sur cette sainte maison. Répands sur nous et sur ceux qui prient avec nous, l’abondance de ta miséricorde et de ta tendresse. Parce que Tu es un Dieu bon et ami de tous les hommes, nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.



[1] Anne Soupa, « Judas, le coupable idéal », Albin Michel, 2018, 232 p.

lundi 11 avril 2022

Liturgie de la Parole, lundi saint

Liturgie de la Parole Lundi Saint Jean 12, 1-11 ; Isaïe 42, 1-7

(sœur Marie-Christine)

 Introduction :

Bonjour et bienvenue à cette célébration de la Parole en ce Lundi Saint.

Le si beau texte d’Isaïe est comme un portrait de Jésus : nous ne pouvons que le ruminer en notre cœur.

L’évangile nous raconte l’onction de Jésus par Marie de Béthanie, six jours avant la Pâque. Pour cette onction Marie utilise un parfum très précieux et de très grande valeur que la traduction liturgique ne nomme pas mais qui est le « nard ». Nous méditerons sur ce parfum.

« je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations » dit le Seigneur à son Serviteur : chantons, au moyen des Psaumes, le Christ Lumière des nations.

 Méditation :

Autour de la Pentecôte nous avons eu la chance d’avoir une retraite prêchée en vidéo conférence par Sœur Anne Lécu « des parfums et des fruits ». Lors de la 1ère conférence elle a commenté l’onction à Béthanie d’abord chez Marc (14,1-11) puis chez Jean (12,1-7) : je vous en donne la transcription.

Ce qu’elle dit peut nous nourrir en ces premiers jours de la Semaine Sainte.

 « Le nard est très peu évoqué dans les textes bibliques. C’est une essence très singulière qui n’est mentionnée que dans le Cantique des cantiques, l’Onction à Béthanie chez Marc et Jean… Son odeur très forte ferait penser à la putréfaction des feuilles de la forêt. Elle a toujours été considérée comme une plante exotique archi précieuse.

L’essence de ce qu’est un parfum depuis toujours dans nos cultures, c’est que le parfum est là pour recouvrir l’odeur de la mort. Le nard est spécialement prisé pour embaumer les cadavres…

Grâce à cette femme le corps de Jésus est par avance préservé de la dégradation de la mort. À minima c’est une forme de proclamation de la résurrection de la chair, faite à son insu peut-être, par une inconnue dont on ne sait rien. (cf. Marc).

Lorsque la femme verse un nard pur, fiable, sur la tête de Jésus, les hommes qui sont présents évaluent ce parfum à 300 deniers. Le dernier est le salaire d’une journée, le parfum est très cher, presque un an de salaire.…

Lorsque Jésus sera livré on dira dans un autre évangile (Matthieu 26,15) qu’on peut en tirer 30 pièces d’argent (soit en gros 120 deniers, le prix fixé par la loi pour la vie d’un esclave). Ce parfum vaut 3 fois plus que la vie de Jésus !

Le nard pur versé ici est hors de prix. Quand on dit hors de prix, il s’agit de bien comprendre qu’on veut dire hors de toute valeur, hors du champ d’évaluation. Il nous indique que lorsque nous touchons aux graves questions de l’existence, la vie, la mort, l’amour, nous ne sommes plus dans le champ du quantifiable ou de l’évaluable, nous sommes ailleurs, hors valeur.

 En Marc le flacon est brisé. La femme joue par avance la scène que l'on découvre en son chapitre 14 dans la Passion du Christ : le véritable flacon brisé c'est le corps du Christ ; le véritable nard pur, l'unique nard fiable, c'est sa vie livrée : Il ne pourra embaumer qu'une fois vidé de lui-même (cf. Philippiens 2,6-11)

 Jean lui insiste sur l’odeur qui emplit la maison et son récit se situe lui aussi juste avant la Passion :

 Il semble que Jean s'inspire beaucoup du Cantique des cantiques comme dans de nombreux autres passages. En effet le seul autre endroit où il est question de nard c'est le Cantique.

La seule fois où, dans l'évangile de Jean, Jésus reçoit une onction, où il est reconnu comme Messie par une onction c'est de la part de cette femme Marie. D'une certaine manière, Marie, en oignant Jésus de parfum, le fait Christ ». [1] (Christ = celui qui a reçu l’onction)

 Laissons-nous pénétrer par la bonne odeur du Christ, et que cette odeur remplisse la maison, l’Église, la famille humaine.

 Prière d’envoi :

Seigneur Jésus, Prince de la vie, tu donneras ta vie librement par amour, comme un nard très pur et très fiable versé pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Libère notre cœur de tout ce qui l’entrave et donne-nous de répondre avec largesse et sans compter à ton mystère d’amour.

Toi le nard précieux du Père qui veut embaumer nos existences et nous conduire, dans l’Esprit, à la Vie avec Dieu dès maintenant et pour toujours.



[1] Sœur Anne Lécu « Des parfums et des fruits » retraite en vidéo conférence. 1ère conférence, Hurtebise 22 mai 2021

mercredi 6 avril 2022

Liturgie de la Parole, 5e mercredi de carême

(sœur Marie Raphaël)

Ouverture.

« La vérité vous rendra libres ». Liberté, vérité. Ces deux mots nous parlent à travers les lectures d’aujourd’hui. Qu’est-ce que la liberté ? la vérité ? La question est brûlante : aujourd’hui, la guerre est aussi la guerre de la communication. Les images que nous voyons, sont-elles vraies ou truquées ? trafiquées ? La communication est lieu de manipulation. La vérité ne va absolument pas de soi. Qui croire ? Car oui, il semble bien que la vérité soit de l’ordre de la foi, et donc d’un témoignage fiable.

 Résonances

Pour commenter ces textes, le missel de Clervaux propose une citation de Gustave Thibon : « L’homme n’est pas libre dans la mesure où il ne dépend de rien ni de personne : il est libre dans la mesure où il dépend de ce qu’il aime, et il est captif dans l’exacte mesure où il dépend de ce qu’il ne peut aimer. Ainsi, le problème de la liberté ne se pose pas en termes d’indépendance, il se pose en termes d’amour. Notre puissance d’attachement détermine notre capacité de liberté »[1].

La liberté est donc à la fois attachement et détachement. Le juste attachement et le juste détachement. Sidrac, Misac et Abdénago, les trois jeunes gens dans la fournaise, sont tellement attachés à leur Dieu qu’ils sont détachés de leur propre vie. Nabuchodonosor, au début, est prisonnier de sa colère, et aussi de son propre pouvoir et prestige. Il apprécie ces trois jeunes gens, mais il est pris au piège de sa propre parole et risquerait de perdre la face devant ses sujets s’il leur faisait grâce.  Mais il se laisse bouleverser par leur liberté intérieure. Une liberté qui les fait bénir Dieu au cœur de la fournaise. Et il acquiert lui-même la liberté de se remettre en question, d’aller à l’encontre de sa propre décision, de les délivrer et de bénir leur Dieu. Nabuchodonosor, roi cruel qui a provoqué la ruine de Jérusalem, apparaît dans le livre du prophète Daniel comme le modèle d’un roi païen capable de se convertir par rapport à sa propre violence et son attachement au pouvoir. Et cela, par la grâce de la liberté des autres.

C’est au nom de ce Dieu de liberté que Jésus invite ses interlocuteurs à croire en lui, à s’attacher à lui. « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples. Alors, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ». Thibon : « notre puissance d’attachement détermine notre capacité de liberté ». Jésus suggère que notre attachement à la vérité nous rendra de plus en plus libres. Mais qu’est-ce que la vérité ?

Le thème de la vérité parcourt tout l’évangile de Jean et culminera dans la question de Pilate : « qu’est-ce que la vérité ? » Pilate n’est pas libre, même s’il a le pouvoir. Il est prisonnier de son pouvoir, de son attachement au pouvoir. Jésus en paiera le prix. Jésus, lui, sera libre jusqu’au bout : « ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Et par sa liberté, il nous délivrera tous. Il nous délivrera de nos attachements mortifères, du mensonge, du goût du pouvoir, de la colère et de la jalousie. Engageons-nous à sa suite sur ce chemin de liberté et de vérité. Sur ce chemin de foi.

 Prière.

Seigneur, délivre-nous du mensonge, attache-nous à la vérité qui nous rendra libres. Marche dans la fournaise aux côtés de ceux qui témoignent de leur foi jusqu’à en mourir. Marche dans la fournaise aux côtés de ceux qui s’engagent pour la paix et résistent au mensonge. Avec eux, donne-nous de chanter ce cantique : « à toi, louange et gloire éternellement ».



[1] G. Thibon, cité par C. Chabanis, Gustave Thibon, témoin de la lumière, Paris, Beauchesne, 1967, p. 145

samedi 2 avril 2022

Liturgie de la Parole, 4e samedi de carême

 (sœur Marie Raphaël)

Ouverture

Dans la première lecture, le prophète Jérémie comprend qu’il y a un complot contre lui, qu’on en veut à sa vie. Il le dit à Dieu et lui remet sa cause. Au chapitre 7 de l’évangile de Jean, nous voyons que Jésus lui aussi est conscient du fait qu’on veut le tuer. C’est pour cela qu’il hésite à se rendre à la fête des Tentes. Comme nous l’avons vu hier, finalement, il s’y rend quand même, discrètement. Puis il va enseigner dans le temple. On voit que les avis, autour de lui, sont partagés. Ça discute beaucoup. Puis, le dernier jour de la fête, il prend la parole de façon plus solennelle : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ». L’extrait de l’évangile que nous allons entendre vient juste après. Mais commençons par chanter les Psaumes.

Résonances

Il en faut du courage à Nicodème pour sortir de l’ombre et prendre le contrepied des autres Pharisiens. Eux, ils ont trouvé l’argument choc : l’Ecriture dit que le Messie doit venir de Bethléem et de la descendance de David. Or, Jésus vient de Galilée. Il ne peut donc ni être prophète, ni messie. Point final. Voilà une belle façon de mettre l’Ecriture au service de ce qui nous arrange.

Nicodème part aussi de l’Ecriture, et même de la Loi : « notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? à cette question pleine de bon sens, les autres opposent une fin de non-recevoir, sur le ton de l’ironie : « cherche bien et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! C’est l’argument du « cela ne s’est jamais vu, donc cela ne se verra jamais ». Cet argument est très faible. Il révèle seulement leur mauvaise foi, leur préjugé, leur refus de se laisser instruire. Comme s’ils craignaient de se laisser séduire…

La peur, nous l’avons appris, est un puissant moteur d’action (ou d’inaction). Aussi puissant que la colère. Mais la peur n’est jamais bonne conseillère. Un autre moteur d’action est la curiosité, la décision consciente de se laisser étonner. Nicodème ose ouvrir cette porte. Nicodème apparaît trois fois dans l’évangile de Jean. Au chapitre 3, il montre sa curiosité, mais c’est encore de nuit. Au chapitre 7, sa curiosité se transforme en audace d’aller à contrecourant de ses confrères. Nous le retrouverons au chapitre 19 quand, après la mort de Jésus, cette audace le fera avancer vers la lumière et prendre l’initiative, avec Joseph d’Arimathie, d’offrir l’hommage dû au corps mort de Jésus.

Face à Jésus, chacun de nous fait un chemin de foi personnel. Puissions-nous cultiver la curiosité et le désir d’apprendre, puis sortir de l’ombre et remonter le courant des opinions méprisantes, puis affirmer clairement notre foi, quand l’occasion se présente, en offrant comme Nicodème les aromates d’une vie accordée à la grâce de notre nouvelle naissance.

Prière

Seigneur Jésus, devant ta Parole bouleversante, tu nous demandes de prendre position. Éveille notre curiosité, fais-nous cheminer vers toi, fais grandir notre foi. Ainsi, nous créerons une brèche pour que ton mystère pascal se prolonge dans notre monde et que ton salut advienne pour nous et pour l’humanité.

vendredi 1 avril 2022

Liturgie de la Parole, 4e vendredi de Carême

 (sœur Marie-Christine)

 Introduction :

Bonjour et bienvenue à cette célébration de la Parole qui nous rassemble en communauté, en Eglise. Nous sommes unies aux membres du chapitre général de notre Congrégation Bénédictine Européenne de la Résurrection qui se tient en ce moment à Omberg en Suède et élira aujourd’hui la présidente et les conseillères de la Congrégation.

La 1ère lecture met dans la bouche des impies, c’est-à-dire ceux qui ne croient pas dans le Dieu d’Israël, un raisonnement qui peut s’appliquer à tous ceux qui s’opposent à toutes formes d’oppression, d’injustice. Elle s’applique fortement à Jésus pour son attitude envers les pauvres, les petits, ceux qui « ne sont pas dans les clous » au niveau humain et religieux. En un mot sa miséricorde, sa compassion qui regardent la personne et non ses actes. « C’est ainsi que raisonnent ces gens- là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles. Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée. »

« Une âme irréprochable » : il n’y a que Jésus qui en a une.

Jésus ne veut pas provoquer ses opposants, et en même temps il ne peut pas ne pas annoncer la Parole qui l’habite et le fait vivre. Il parle ainsi parce qu’il est Envoyé. Il ne se vante pas « d’avoir Dieu pour Père » comme dit la 1ère lecture. Mais il sait qu’il ne vient pas de lui-même qu’il est Envoyé. C’est sa force et sa confiance malgré l’opposition des responsables religieux qui ne cessera de grandir jusqu’au Vendredi Saint.

« Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »

Célébrons par les Psaumes Celui qui est Véridique, qui ne trompe pas et nous donne de le connaître, au sens littéral, qui nous fait naître avec Lui, en Lui et par Lui.

 Méditation :

« Jésus … s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ?»

Saint Jean nous livre au chapitre 7 la réflexion des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens pour arrêter Jésus :

« 7,45 Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » 46 Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »

 Oui Jésus n‘est pas comme les autres hommes ! IL y a en lui quelque chose d’unique et de fascinant.

Une autre personne l’atteste, un homme qui est né aveugle. Un jour il a rencontré Jésus. Et cela a bouleversé sa vie. Il en a témoigné. Jean nous a rapporté ces évènements au chapitre 9. En voici un court extrait : 

« 9,24 Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » 25 Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. »

32 Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. 33 Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

 Que ces gardes et cet aveugle intercèdent pour nous et pour tous les chercheurs de sens, et nous accompagnent dans notre marche quotidienne avec Jésus. Que notre vie soit de plus en plus illuminée par Lui.

 Introduction au Notre Père :

Il « se nomme lui-même enfant du Seigneur. » Par Jésus, en Lui et avec lui nous osons chanter…

 Prière d’envoi :

Dieu, que personne n’a jamais vu, ton Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans ton sein c’est lui qui t’a fait connaître. Tous nous avons eu part à ta plénitude, nous avons reçu grâce après grâce. N’arrête pas l’œuvre de tes mains dans nos cœurs et dans tous les cœurs[i]

Par Jésus le Christ, ton Fils unique qui illumine les cœurs et nous conduit à Toi dans l’Esprit, Dieu par les siècles des siècles.

 

 



[i] Cf. Jean 1,18 et 16 ; et Psaume 137 (138),8