jeudi 19 août 2021

Liturgie de la Parole, 20e jeudi TO

Liturgie de la Parole 20e jeudi TO-I Matthieu 22, 1-14 ; Juges 11, 29-39a

(Danièle)

Introduction

Dans la première lecture, du livre des Juges, le vaillant guerrier Jephté a fait une promesse à Dieu « si tu livres les fils d'Ammone entre mes mains, je t'offrirai en holocauste la première personne qui sortira de ma maison », malheureusement, la première personne qui est sortie quand il est revenu, c'était sa fille. Avant de se sacrifier, elle a pu partir deux mois dans la montagne pour pleurer, elle aurait pu se sauver et ne pas revenir mais elle a obéi, elle a fait la volonté de son père qui a alors tenu sa promesse et ainsi n'a pas repris sa parole.

Dans l’Évangile, il y a aussi des morts, Matthieu nous raconte la parabole où le royaume de Dieu est comparable à un roi despote qui célèbre les noces de son fils, tout est prêt, Dieu a fait les premiers pas, mais les invités ne viennent pas, sans doute pensent-ils qu'ils ont mieux à faire... Dans l’Évangile de Luc, les invités donnent une raison et les serviteurs ne se font pas tuer. Dans Matthieu, le roi est intransigeant, habitué à une obéissance parfaite. On ne peut pas le comparer à Dieu qui nous aime et nous laisse libres.

Chantons les psaumes en lui rendant grâce, il nous invite à son festin.

 

Après l’Évangile

Dans sa générosité, Dieu nous appelle gratuitement tous et toutes. Aujourd'hui, le maître invite à un festin, un repas de noces, les bœufs et les bêtes grasses sont égorgées...

Un homme a t-il fait preuve d'insouciance ? Au moins lui, il a répondu à l'invitation, il a abandonné son travail pour venir et le malheureux se fait jeter, ligoté dans la nuit. Il n'avait pas le vêtement de noces. Il est venu en habit de tous les jours à un festin de roi où tout devait être luxueux, il n'a pas compris que ce festin était sacré, hors de l'ordinaire, que ce n'était pas un événement banal.

Parce que nous sommes invités, nous sommes responsables. Nous devons être dignes de ce vêtement de noces, vêtement qui est notre vie de fils et fille de Dieu, notre oui à sa demande de le suivre. Dieu est bon et généreux. Ne nous arrive t-il pas  parfois de considérer cette générosité comme acquise et de trouver des excuses pour ne pas répondre et remettre l'invitation à plus tard... Trop occupée pour le moment, pas le temps. Et c'est  ainsi que nous manquons le rendez-vous.

Le maître envoie ses serviteurs pour inviter tous ceux qu'ils rencontrent, les bons comme les mauvais. Il prend des risques, il n'a pas peur que les invités soient indignes de la fête. Est-ce la preuve que Dieu offre son salut à tout le monde ? La semaine dernière, Daniel Marguerat nous parlait du Christ qui se risque à devenir communauté, il se fait Église et accueille chacun en son corps. N'y a t-il pas similitude ? Encore faut-il accepter l'invitation...

Cette parabole est symbolique, le maître se montre intransigeant. Les premiers invités sont odieux, ils tuent les serviteurs qui n'ont fait aucun mal, ils ont autre chose à faire, ils préfèrent vaquer à leurs occupations quotidiennes et ne pas briser la routine.  Pour le maître, ne pas avoir le vêtement adéquat, c'était un manque de respect. L'invité n'est pas prêt pour être dans la lumière. Le maître pourtant l'appelle « mon ami », il ne le tue pas  mais le pauvre bougre se fait jeter dehors. J'aime espérer qu'une bonne âme viendra le délier... ça ne serait pas irréversible,  alors, le convive pourrait réfléchir, changer de conduite et peut-être revenir plus tard avec l'habit de fête... Tous sont invités, les bons comme les mauvais et par respect pour le maître, ils ont revêtu l'habit de fête, sauf un, peut-être par négligence. Il nous arrive aussi d'être négligent(e)s.

Anne Lécu faisait un rapprochement avec cet homme indésirable et Jésus qui lui aussi n'a pas été accueilli, a gardé le silence et a aussi connu les ténèbres.

Cet Évangile parle d'un festin de noces où nous sommes toutes et tous  appelé(e)s... Or, la dernière phrase dit « beaucoup sont appelés mais peu sont élus », là, ça casse l'ambiance, mon optimisme en prend un coup...

Nous sommes toutes et tous les bienvenu(e)s. Y aurait-il tant de négligents ?

Le rythme de la vie quotidienne nous rend parfois insouciant(e)s, sourd(e)s à l'invitation de Dieu.

En fait, ce n'est pas le maître qui décide, ça ne dépend que de nous , l'invitation est large, peu importe nos petits ou gros défauts, nous sommes invité(e)s, c'est à nous de dire oui ou non, à nous d'être attentif(ve)s à cette appel chuchoté en notre cœur. Dieu fournit aussi le vêtement de noces, vêtement du baptême, du pardon, de l'eucharistie, c'est à nous de l'entretenir, de changer, de ne pas trouver d'excuse pour ne pas répondre à son appel.

Mais aujourd'hui, à quoi Dieu m'invite-t-il ? Prenons le temps d'y réfléchir.

 

Invitation au Notre Père

Ensemble, nous pouvons chanter la prière que Jésus nous a apprise.

 

Prière de conclusion

Seigneur, nous te rendons grâce parce que tu es bon et miséricordieux, Tu nous donnes sans cesse, gratuitement, tu nous nourris de ta Parole.

Nous avons besoin de ton invitation de chaque jour.

Aide-nous à revêtir le vêtement de noces en nous débarrassant de nos vêtements d'égoïsme, de nos attitudes moralisatrices et de nos manques d'humilité.

Aide-nous à être attentif(ve)s à ton appel et à répondre oui, sans réserve, à ton invitation.

Nous te le demandons à toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. 

mardi 17 août 2021

Liturgie de la Parole, 20e mardi TO

Liturgie de la Parole 20e mardi TO-I Matthieu 19, 23-30 ; Juges 6, 11-24a

Célébration en présence des enfants de la retraite organisée à Htb

(sœur Elisabeth)

Introduction

Bonjour et bienvenue à tous et toutes, ici à Hurtebise ou dans vos maisons grâce à internet… Merci aux enfants d’être là avec nous pour chanter, pour écouter la Parole de Dieu, pour prier, pour dire merci à Dieu pour tout ce qu’Il fait pour nous.

Et aujourd’hui nous avons de la chance parce que les 2 lectures que nous allons entendre, nous parlent de la même chose. Toutes les 2 nous parlent de quelque chose d’impossible qui est possible pour Dieu et qui devient possible pour nous si nous les faisons avec Dieu.

Dans la 1ère lecture, Dieu demande à Gédéon de sauver son peuple qui a des ennemis autour de lui. « Impossible dit Gédéon, je suis trop petit ». Et Dieu lui dit : « C’est moi qui t’envoie, va, avec la force qui est en toi… »

Et dans l’Evangile, les apôtres demandent à Jésus ; « qui peut être sauvé ? qui peut entrer dans le Royaume de Dieu ?» Et Jésus répond : « pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »

Mais avant d’écouter ces lectures nous allons chanter un psaume, comme Jésus quand il allait à la synagogue pour prier. C’est un long psaume, si long qu’on le chante sur 4 jours… Et pourtant, dans ce psaume on répète toujours la même chose, c’est très facile à retenir. Ce psaume il dit : « ta parole Seigneur, elle est la lumière de mes pas, elle est la lampe sur ma route, elle est la joie de mon cœur »

La Parole de Dieu, nous apprend qui est Dieu et elle nous montre le chemin qui conduit à Dieu. Avec le psalmiste, nous disons merci à Dieu pour sa Parole.

 

Commentaire

Vous avez entendu l’histoire de Gédéon. Elle est un peu longue, et elle vient dans une grande histoire qui est peut-être un peu compliquée. Mais ce n’est pas grave. On va prendre juste un petit morceau : Dieu demande à Gédéon de sauver son peuple, de conduire son peuple sur le chemin de Dieu même s’il a des ennemis tout autour. Et Gédéon répond à Dieu : « je suis le plus petit dans ma famille, et ma famille est aussi très petite, comment pourrais-je sauver ton peuple ? » Et vous avez entendu la réponse de Dieu : « Je serai avec toi. Va, avec la force qui est en toi. Fais confiance à la force que moi je te donne. »

Vous vous souvenez de ce que Monique nous a dit hier au début de la célébration ?  Elle nous a dit de regarder la nature, la beauté de la nature, les couleurs si belles et puis… de revenir à soi, de regarder les couleurs que Dieu a mises dans notre cœur… Eh bien c’est ce que Dieu dit à Gédéon : « regarde les couleurs que je mets dans ton cœur, regarde la force que je te donne, Je suis dans ton cœur et ce qui te paraît impossible, si tu le veux, je vais le faire avec toi, en toi… Je serai ta force et ainsi tu pourras conduire le peuple sur mon chemin. »

C’est Dieu qui sauve mais il a besoin de nous, même des plus petits.

L’ennui c’est que quand on reçoit quelque chose, quand Dieu nous donne une force, un don, une grâce, on est tenté de dire : c’est à moi. J’ai beaucoup de qualités, je peux faire des tas de choses, je suis fort, je suis riche de tout ce que j’ai en moi… Et Jésus dans l’Evangile, nous dit : non, non ça ne marche pas comme cela. Les riches ne peuvent pas entrer facilement dans mon Royaume.

C’est presque impossible pour un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu… Alors les apôtres qui écoutent Jésus, ils ont peur. Ils se disent : « on est tous un peu riche, on a tous des qualités dont on est fier, comment entrer dans le Royaume ? »

Et Jésus répond : « tout seul vous ne pouvez pas mais avec Dieu tout devient possible. » Parce que Dieu nous donne la force de réaliser ce qu’il nous demande.

Et Dieu nous demande de faire de notre monde le Royaume de Dieu. Rien que ça !!

Et c’est quoi le Royaume de Dieu ? Le monde de Dieu ?

Le monde de Dieu, le monde de Jésus, c’est un monde où tout le monde reçoit parce que tout le monde donne… et tout le monde donne parce qu’il sait que tout ce qu’il a, il l’a reçu. Et parfois c’est difficile donner parce qu’on a peur, on a peur de perdre ce que l’on a, on a peur de donner et de ne pas recevoir, on a peur de partager. Et Dieu nous dit : fais-moi confiance. Je suis là dans ton cœur, je te donne la force pour construire avec les autres le monde nouveau que je voudrais tant. Et ta récompense, ce sera une grande joie que tu pourras aussi partager.

Le royaume de Dieu, c’est le monde de la joie partagée…

 ……………..

Parce que Dieu fait de nous une grande famille, que nous sommes frères et sœurs de Jésus, nous pouvons l’appeler Père et le prier avec les mots de Jésus…

Notre Père

 

Dieu, notre Père, en chacun de nous tu as déposé un beau crayon de couleur. Apprends-nous à le découvrir et à découvrir le crayon que tu as mis dans le cœur des autres… Donne-nous la force d’ouvrir notre cœur pour mettre ensemble tous nos crayons et dessiner sur notre terre, ton Royaume où tu nous attends avec Jésus, avec Marie, avec tous tes amis qui t’ont fait confiance et qui sont heureux de vivre avec Toi, aujourd’hui et pour toujours.

lundi 16 août 2021

Liturgie de la Parole, 20e lundi TO

Liturgie de la Parole 20e lundi TO-I Matthieu 19, 16-22 ; Juges 2, 11-19

 (sœur Marie-Jean)

 Introduction

En ce lendemain de la grande et belle fête de l’Assomption, nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

La liturgie nous propose d’abord une incursion dans le Premier Testament, avec un extrait du livre des Juges. J’en retiens la dernière phrase :

« Ils ne renonçaient en rien à leurs pratiques ni à leur conduite obstinée »

Le psaume graduel nous offre ensuite une variation sur le même thème :

« Tant de fois délivrés par Dieu, ils s’obstinent dans leur idée… »

Et, enfin, l’évangile qui commençait par un verset suggestif, ouvrant tous les possibles « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » se termine par un dénouement sans grande espérance : « Le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens »

 Hier, en la fête de l’Assomption, nous avons célébré celle dont la vie ne fut qu’un oui.

Certes, les résistances, les questionnements, les incertitudes devaient se bousculer en sa vie de jeune fille de Nazareth face à l’annonce de l’Ange et puis avec ce fiston pas comme les autres.

Mais Marie a témoigné d’un « oui » puisé dans sa foi et sa confiance.

Elle est donc aux antipodes des obstinations, des refus que la liturgie nous évoque en ce jour.

Cette même liturgie nous questionne aujourd’hui. Nous avons la liberté de notre réponse.

En recueillant les intentions de notre monde, laissons descendre en nous l’invitation pressante de Jésus : « Viens, suis-moi ! »

 

Méditation

Le livre des Juges dont nous venons d’entendre un extrait contient en un verset un thème qui traverse tout le Premier Testament :

« Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d’Égypte, et ils suivirent d’autres dieux… »

La sortie d’Egypte se situe au cœur de la foi du peuple d’Israël.

C’est l’acte sauveur par excellence, qui a conduit à sceller l’Alliance.

Face à ces bienfaits de Dieu (depuis l’élection d’Abraham jusqu’au don de la Terre promise), le peuple s’est montré régulièrement infidèle.

La cause de cette infidélité, c’est l’oubli.

Oubli des dons, des bénédictions, du secours de Dieu…

 Et nous, aujourd’hui, face à tous ces bienfaits de jadis, pourrions-nous manquer d’Espérance ?

Pourrions-nous oublier les passages de Dieu dans nos vies, sa présence au quotidien ?

Pourrions-nous douter de l’assistance de Dieu à l’avenir, après tous les secours opérés jadis ?

Pourrions-nous manquer de foi et de confiance ?

 Comme pour le peuple d’Israël, il en va du jeune homme de l’évangile…

Pourquoi ne suit-il pas Jésus ?

« Il avait de grands biens », dit l’évangéliste.

N’est-ce pas parce qu’il a peur de manquer ?

Parce qu’il met sa confiance dans son avoir et non en Dieu ?

Parce qu’il manque de foi en l’appel de Jésus ?

 Pour stimuler notre méditation sur le sujet, je vous propose de découvrir une issue possible de ce récit évangélique qui finalement, est peut-être inachevé.

Nous avons assisté à la tristesse du jeune homme qui « avait de grands biens ».

Dans un apophtegme, c’est-à-dire une sentence des Pères du désert[1], on trouve un autre dénouement à une histoire un peu similaire.

Ecoutons le récit :

« Un frère demanda à un vieillard : ‘Veux-tu bien que je garde pour moi deux pièces d’or pour le cas où je serais malade ?’. Et le vieillard, voyant que dans sa pensée, il voulait les garder, lui dit : ‘Oui’. Retournant à sa cellule, le frère avait l’esprit inquiet, se disant : ‘Le vieillard m’a-t-il, oui ou non, dit la vérité ?’. Et il se leva, revint chez le vieillard, fit la métanie et lui dit : ‘Au nom du Seigneur, dis-moi la vérité, car je suis tracassé par les pensées à cause de ces deux pièces’. Le vieillard lui dit : ‘C’est parce que je voyais que tu voulais les garder que je t’ai dit cela ; pourtant, il n’est pas bien de conserver plus que nécessaire à la vie. Si donc tu gardes ces deux pièces, c’est en elles que tu places ton espérance ; et si par hasard elles se perdent, Dieu ne se soucie plus de nous. Jetons donc notre souci dans le Seigneur, car il prend soin de nous’ »[2]

 

Temps de silence

 

Notre Père :

Avec le jeune homme de l’évangile qui, revenant sur ses pas, a peut-être mis sa confiance en Jésus, redisons la prière du Notre Père…


Oraison

Dieu notre Père, tu nous invites à garder mémoire de tes bienfaits, de tes passages dans nos vies. En ce quotidien qui est nôtre, tu veux approfondir notre confiance et notre foi. Tu connais aussi les entraves qui sont au fond de nos cœurs, les ‘richesses’ qui empêchent de nous abandonner à toi. Apprends-nous à ouvrir les mains pour recevoir de toi la confiance et à placer en toi notre Espérance.

Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils Ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.



[1] Situés pour la plupart au 4e siècle en Egypte.

[2] Les apophtegmes des Pères. Collection systématique, 1, Chapitres I-IX, Introduction, texte critique, traduction et notes par J.-Cl. Guy, SC n° 387, Paris, Cerf, 1993, n° 26, p. 333.

mardi 10 août 2021

Liturgie de la Parole, saint Laurent

 (sœur Jean-Baptiste)

Introduction :

En ce 10 août nous fêtons st Laurent. Il était diacre à Rome sous le pontificat du pape Sixte. Il avait la garde du trésor et distribuait généreusement aux indigents. Lors de la persécution de Valérien, il fut arrêté et comme on lui réclamait de livrer les biens de l'église,  il demanda un peu de temps pour le rassembler puis  « il se présenta devant le préfet de Rome les poches vides en lui montrant une foule de malades, d'estropiés et de sans-le-sou qui l'accompagnait en disant : « Voici les trésors de l'Église, sans compter les vierges et les veuves consacrées à Dieu ». Il avait distribué toutes les richesses de l'église selon la recommandation du pape martyrisé trois jours plus tôt. St Laurent fut martyrisé  le 10 août 258 par le feu.

Méditation :

Le 10 août est l'anniversaire de ma profession, c'était un dimanche, le 19è dimanche de l'année A mais j'ai choisi la date du 10 août  plutôt que le dimanche pour fêter. Je voudrais vous partager comment l'évangile de la fête de St Laurent que nous venons d'entendre a pris une couleur spéciale dans ma vie, il y a 40 ans.
Pour l'anniversaire de profession, nous avions l'habitude de prendre un jour de récollection. Donc  je suis partie le 13 août au lieu dit « les pointes » la partie la plus éloignée du monastère, avec mon pique-nique. Mère Prieure, Sr Jeanne d'Arc, que certains ont connue, m'avait demandé ce que j'allais prendre pour méditer. Sans réfléchir, je lui avais répondu: l'évangile de la fête de St Laurent. Je l'ai lu et relu, rien ne m'accrochait mais j'ai persisté. Je laissais tourner dans ma tête l'une ou l'autre paroles de Jésus et plus particulièrement celle-ci : «Si le grain tombé en terre ne meurt il reste seul, s'il meurt il porte beaucoup de fruits. » Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire dans ma vie. C'est long, très long une journée, je n'avais autours de moi que des champs de blé ou autres et devant moi le pré où les vaches qui paissaient  venaient de temps en temps près de moi derrière une clôture.  Pas de distractions pour faire passer le temps que cette Parole à ruminer. La journée allait se terminer quand brusquement la Parole s'est animée, elle a résonné en moi, elle est devenue vivante. Tout d'un coup, j'ai pris conscience que j'étais là parce que j'avais reçu un don : la vie monastique. Toute vie vient d'un autre, nous la recevons. Cette vie qui me l'avait donnée ?  Alors je me suis dit que beaucoup de personnes avaient, sans le savoir, participé  à ce don : elles avaient prié, souffert, offert  leur vie pour que moi j'ai la vie. Elles étaient « mortes » pour moi. Des noms, je pouvais en citer quelques-uns mais il y en avait une multitude d'autres, j'en suis sûre, car ce « oui » que j'avais dit à Dieu ne venait pas seulement de moi mais il était l'œuvre de beaucoup. Je me suis sentie reliée à toute une foule   
Que me fallait-il faire ? J'ai réalisé que c'était à mon tour de donner la vie. Comment ? Devenir comme le petit grain de blé, tout  nu, dépouillé de tout. Mais le grain de blé ne fait rien de lui-même, il est jeté en terre. Ainsi pour moi, c'était accepté le dépouillement, le renoncement à ma volonté propre comme le demande St Benoît, c'était remettre ma vie entre les mains d'un Autre, le  laisser me conduire. C'est une mort à soi-même, cela ne va pas de soi et la vie se charge elle-même de nous l'apprendre.
Rassurez-vous : Dieu a vu et entendu le désir qui est monté de mon cœur, il est toujours présent devant lui et je n'ai pas à me le rappeler chaque jour mais seulement consentir à ce qui m'est donné de vivre au quotidien, dans la simplicité, la confiance, pas dans les hauteur mais dans l'humus du jour après jour, là où la vie peut germer. Ce qui ne va pas toujours tout seul ni sans souffrances. Alors d''autres recevront la vie comme moi je l'ai reçue, il n'est pas nécessaire que je sache qui ni comment cela se fera, c'est l'affaire de Dieu. J'ai à être là, tout simplement, aujourd'hui. Rien n'est petit, Dieu transforme tout. N'ayons pas peur de donner, de nous donner, de mourir. Là est la vie. Là est la joie qui remplit le cœur et que seul Dieu peut donner.

 Notre Père : 

Avec les mots que Jésus nous a donnés, prions ensemble le Père.

 Conclusion :

 Avec St Laurent qui a donné sa vie, qui fut un serviteur attentif et zélé de ton Eglise, nous te rendons grâce Seigneur et nous te prions de savoir comme lui transmettre ta vie  à travers ce qui nous semble parfois une mort mais qui n'est qu'un passage par où la vie peut se faufiler et jaillir et faire porter du fruit à tout ce qu'elle rencontre. Nous te le demandons par J. ton Fils qui règne avec et l'Esprit de vie  pour les siècle des siècles.

samedi 7 août 2021

Liturgie de la Parole, 18e samedi TO

Liturgie de la Parole 18e samedi TO-I Matthieu 17, 14-20 ; Deutéronome 6, 4-13

 (soeur Marie-Raphaël)

Ouverture

Shema Israel, adonai elochenou, adonai echad. « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique ». Cette profession de foi est au cœur de la prière d’Israël. Il s’agira de foi dans l’évangile d’aujourd’hui. Une foi puissante comme celle d’une graine de moutarde, comme celle de sainte Julienne de Cornillon dont nous faisons mémoire en ce jour. Cette foi commence par « écoute ». Alors, écoutons, nous aussi, à travers les psaumes et les lectures d’aujourd’hui, la voix du seigneur qui nous invite à l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force !

Résonances

En descendant de la montagne de la Transfiguration, l’atterrissage est rude. Pas le temps de rester sur son petit nuage ! Voici de nouveau le combat contre les forces de mal qui reprend de plus belle.

« Jésus menaça le démon et il sortit de lui. A l’heure même, l’enfant fut guéri ».

Dans le récit de Matthieu, la guérison comme telle ne prend qu’un seul verset. Comme si elle n’était que le prétexte pour aborder une autre question : celle du « pouvoir » des disciples. Le père de l’enfant épileptique dit : « je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir ». Et les disciples eux-mêmes disent à Jésus : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »

En les envoyant en mission (au chapitre 10) Jésus leur avait pourtant donné « le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité ». Mais après, on ne voit pas les disciples exercer effectivement cette délégation, avant ce chapitre 17 où nous sommes arrivés : et c’est pour faire un constat d’impuissance. Cela cause d’ailleurs un certain énervement chez Jésus il leur reproche leur manque de foi. Mais qu’est-ce que la foi ? Pour nous le faire comprendre, Jésus montre une graine de moutarde.

Malgré ce que propose ici la traduction liturgique, Jésus ne dit pas : « si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde… », mais il dit : « si vous avez de la foi comme une graine de moutarde… ». Il ne s’agit pas de quantité (ou de grosseur), mais de qualité. La graine de moutarde est toute petite, mais sa foi est aussi grosse qu’elle-même, sa foi est totale. Car elle sait, la petite graine, qu’elle porte en elle la capacité de devenir un grand arbre. Et c’est pour cela qu’elle n’a pas peur de se laisser enfouir dans la terre du potager. La puissance de vie qui l’habite soulèvera les pierres, traversera les mauvaises herbes, s’élèvera vers le ciel. La foi fait partie de son identité. En est-il de même pour nous ? Dans ce cas, il ne s’agit pas d’acquérir ou de perdre la foi, mais de la réveiller, d’en prendre conscience, comme d’une force de vie qui nous habite, qui fait partie de nous.

Jésus demande à ses disciples – à nous – de prendre notre part dans le rude combat contre le mal. Pour ce faire, il ne nous donne pas un « pouvoir magique », qui nous permettrait, comme merlin l’enchanteur, d’échapper à toute situation dangereuse par un coup de baguette… Il nous dit simplement : « si vous avez la foi, la foi d’une graine de moutarde, vous déplacerez des montagnes. Cette foi, c’est notre attachement à lui, c’est notre capacité à le laisser agir, lui, à travers nous, à travers la confiance totale que nous lui faisons. Réveillons notre foi et rendons grâce pour la beauté de son appel !

Prière

Béni sois-tu, Seigneur, de nous emmener avec toi sur la montagne de la Transfiguration, et aussi de nous faire confiance pour participer à ton combat contre le mal. Nous ressentons notre impuissance. Donne à notre foi la puissance de la graine de moutarde. Donne à tes disciples de faire circuler au cœur du monde la puissance de ta résurrection.