mercredi 5 juin 2019

Vous ne comprenez pas encore ?

Marc 8,1-21

17 Jésus s’en rend compte et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? 18 Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? 19 Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze. 20 – Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. » 21 Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »
Viens Esprit de lumière, viens ouvrir nos yeux, nos oreilles et notre coeur à l’intelligence des Écritures. Viens prier en nous.


Jésus secoue ses disciples ! Une cascade de questions… phrases déjà entendues !
« Vous ne saisissez pas ?  Vous ne comprenez pas encore ?» en 7,18 à propos de leurs questions sur les paraboles. « Vous avez le coeur endurci ? » comme le dit saint Marc après première fraction des pains et la marche sur les eaux en 6,52.
Reproche ? Non, plutôt appel à ouvrir les yeux du coeur, à se convertir, la suite le montre. Jésus avec pédagogie les renvoie à leurs expériences récentes : qu’ils creusent plus profond !

« Combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ?  ...combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? »… Combien ? Et vous vous inquiétez parce que vous n’avez qu’un seul pain !!! Mais je suis avec vous ! Je connais vos besoins et veille sur vous. Apprenez à me faire confiance. .. et entrez dans la mission que je vous confie : partager le pain de ma parole aux Juifs et aux païens, en prenant garde au mauvais levain qui risque de corrompre cette parole.

 Merci Seigneur Jésus de nous secouer de temps en temps pour nous rappeler à l’essentiel et nous faire entrer plus avant  dans la confiance. Merci de veiller sur nous.
 Merci pour tes disciples  lents à comprendre et à croire… Qu’ils intercèdent pour nous qui leur ressemblons tant !

mardi 4 juin 2019

Ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.

Marc 8,13-16

13 Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l’autre rive.
14 Les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. 15 Or Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ! » 16 Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
Viens Esprit Saint, viens prier en nous, viens en nous accueillir Jésus le seul Pain

Jésus passe sans cesse d’une rive à l’autre : invitation à n pas s’installer !

Les disciples sont préoccupés de leur manque : ils ont oublié de prendre du pain et ils ont oublié qu’ils ont « avec eux dans la barque » (comme en 6,51 quand Jésus monte dans la barque après avoir marché sur les eaux) « le seul pain » celui qui rassasie les foules !

Préoccupés ainsi ils n’écoutent pas Jésus : comme nous leur ressemblons !

Jésus leur fait une « recommandation » c’est le seul emploi de ce terme en Marc. Jésus voit qu’il lui faut leur mettre une balise très ferme sur leur chemin, pour qu’ils ne s’égarent pas.
« Attention! » Deux autres emplois : au lépreux qui doit prendre garde de ne pas parler de sa purification tant qu’elle n’a pas été constatée par un prêtre au Temple (1,44) ; et dans le discours en parabole :« Faites attention à ce que vous entendez ! »
À chaque fois c’est une mise en garde précise.

Le levain, principe de fermentation figurait dans le langage des rabbins les mauvais penchants ou inclinations de l’homme : en fermentant ils rongent le coeur de  l’intérieur. « Ne savez-vous pas qu’un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ? 7 Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque, celui qui n’a pas fermenté. » (1 Corinthiens 5,7)
Il y a aussi un jeu de mot entre le manque de pain et le levain : attention à la nourriture de votre coeur: le seul Pain, Jésus, - pain non fermenté, nourriture de voyage comme le pain qui n’a pas eu le temps de lever au moment où les hébreux ont quitté l’Égypte (Exode 12,34) . Ou le pain qui a reçu le mauvais levain des pharisiens ou celui d’Hérode.

Ce passage se termine sur l’incompréhension des disciples qui restent sur leur manque et leur inquiétude, sans vraiment écouter ni comprendre ce que Jésus leur dit. C’est une consolation pour nous, car nous leur ressemblons si souvent !

Seigneur ouvre mon coeur, dilate-le quand je reste enfermée dans mes inquiétudes ! Que je t’accueille, toi  le Pain de vie. Que ta parole soit nourriture pour aujourd’hui et chaque jour.
 

lundi 3 juin 2019

Ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.

Marc 8,10-12

10 Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.11 Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus ; pour le mettre à l’épreuve, ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. 12 Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. »
Viens Esprit de lumière : viens nous faire voir les signes que Jésus nous fait, sans en chercher d’extraordinaires qui nous dispenserait de la foi-confiance !

L’épreuve peut ici être comprise au sens de test. Moïse a promis : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez...Si le prophète parle au mon du Seigneur, et que la parole demeure sans effet et ne s’accomplit pas , alors le Seigneur n’a pas dit cette parole : le prophète l’a dite avec présomption. » (Deutéronome 18,15.22)

Pourtant Jésus vient de faire un signe étonnant avec la partage des pains et des poissons !  Mais ce signe a été accompli dans le territoire païen, de même la guérison de la fille de la Syro-phénicienne et du sourd muet.
La dernière rencontre de Jésus et des pharisiens était au sujet des traditions rituelles. Jésus s’était positionné d’une manière surprenante:  Jésus bouleverse leurs conceptions : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition » (Marc 7,9). « Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur » (Marc 7,15).
Face à cette grande remise en cause ils demandent un signe fort.

Jésus refuse ! Des signes, il ne cesse d’en faire! À chacun d’ouvrir son coeur pour les accueillir.
Nous pouvons entendre en écho la plainte de Dieu face à la première génération des fils d’Israël au désert « Et le Seigneur dit à Moïse :’ Combien de temps encore ce peuple me méprisera-t-il ? Combien de temps ce peuple refusera-t-il de croire en moi, de croire tous le signes que j’ai accomplis au milieu d’eux ?’ » (Deutéronome 14, 11)

Seigneur, ouvre mon coeur pour que je sache te reconnaître dans les humbles signes quotidien.  Que je n’attende pas de l’extraordinaire pour me décider à te suivre sur le chemin de l’Évangile et de la vie.

dimanche 2 juin 2019

Les gens mangèrent et furent rassasiés

Marc 8,8-9

8 Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. 9 Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya.
Viens Esprit Saint, viens me rassasier de la Parole ; viens m’apprendre à recueillir les morceaux qui restent, à les garder et méditer en mon coeur !


Ce passage de l’évangile me fait penser à ce verset de Psaume :« Ils mangent, ils sont rassasiés, Dieu contentait leur envie » (Psaume 77(78), 29)...avec en arrière fond la suite du Psaume : « Mais leur envie n’était pas satisfaite » (Ps 77, 30) : Suis-je satisfaite de ce que je reçois de toi, Seigneur ? Est-ce que je m’arrête à tes dons sans creuser plus profond ? Sans t’accueillir, TOI ? Oui cela m’arrive ! Donne-moi la confiance de ne pas me décourager et de tourner vers toi.

« On ramassa les morceaux qui restaient » Halte au gaspillage, y compris des dons de Dieu ! Ce que je ne sais manger ou utiliser tout de suite est recueilli : que je le garde dans la mémoire de mon coeur pour le « ruminer », le laisser tourner en moi et me nourrir, même inconsciemment.

« 7 corbeilles »… alors qu’il n’y avait que 7 pains (versets 5 et 6) : plus on donne, plus on reçoit… sur le plan matériel et sur le plan spirituel.

« 4000 »  4x 1000...1000 des 4 points de l’horizon ! C’est-à-dire que tous les hommes sont invités à la table de Dieu.

« Puis Jésus les renvoya » : après un temps fort, il s’agit de retourner à la vie quotidienne. Cet atterrissage est crucial, c’est lui qui transforme soit en nourriture de vie les dons reçus et les fait fructifier… soit en feu de paille qui ne porte pas de fruit.

Béni sois-tu Seigneur, toi qui nourris nos coeurs par ta Parole : aide-moi à la garder et à la méditer en mon coeur, comme Marie (Luc 2,19.51). Seigneur augmente mon désir et viens me nourrir de toi jour après jour.

samedi 1 juin 2019

Il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent

Marc 8,4-7

4 Ses disciples répondirent  à Jésus: « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » 5 Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » 6 Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. 7 Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer.
Viens Esprit de vie et de partage ! Viens ouvrir nos coeurs et nos mains pour que nous ne craignions pas de partager notre « peu ».


Les disciples manifestent à Jésus leur impossibilité. Ils ont les pieds sur terre : dans le désert, une telle foule ! Comment faire ???
Avant de se déclarer battus, Jésus leur demande de bien regarder ce qu’ils ont, même si c’est peu. 7, chiffre symbolisant le monde païen.
Comme en 6,39, Jésus « ordonna à la foule de s’asseoir par terre », mais ici il le les fait pas mettre par groupe de 50 ou 100 (répartition du peuple d’Israël au désert en Exode 18,21 et 29) ; il les laisse s’installer librement.
« S’asseoir » est une attitude de disciple. Rendre grâce, littéralement « eucharistêsas » comme lors de l’institution de l’Eucharistie en 14,23. Ainsi pour les Juifs, Jésus a béni les pains, et pour les païen il a rendu grâce : les deux termes utilisés en Marc 14,22-23. Le repas du Seigneur est pour tous.

«  Il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent » : que s’est-il passé exactement ? Nous ne savons pas, mais il est à noter que l’évangile ne parle pas de multiplication des pains ! Jésus rompt les 7 pains et les donne aux disciples pour qu’ils les distribuent. Peut-être, comme nous le pensons souvent, les pains se sont-ils multipliés entre les mains de Jésus au fur et à mesure qu’il les rompait. Peut-être aussi les coeurs se sont-ils ouverts et chacun a partagé et apporté à Jésus le peu qu’il avait avec lui, si bien que tous eurent à manger. De même pour les petits poissons. Le signe, vu ainsi, est plus fort… Il est si difficile d’ouvrir les coeurs !

Seigneur, je suis devant toi avec mon trop peu : mets en mon coeur la confiance que ce trop   peu te suffit ; sans toi je peux peux rien faire, mais tu ne veux pas agir sans moi ! N’arrête pas l’oeuvre de tes mains ! Ouvre mes mains et mon coeur pour que je distribue ce que je reçois de toi.